L’hindou ne veut que préserver sa culture

Posté par othoharmonie le 3 décembre 2012

 

 

Extrait de ET SI L’INDE ÉTAIT LE MÉDECIN DE L’EUROPE ?
par Michel Danino

Paru dans la revue « Éléments » n°106, septembre 2002

     Aujourd’hui, ces énergies sont à l’ascendant, mieux informées, plus sûres d’elles-mêmes : c’est ce que bien des journalistes « libéraux », parfaitement ignorants de l’Inde, se sont empressés d’appeler l’« intégrisme hindou », oubliant volontiers que L'hindou ne veut que préserver sa culture dans VOYAGE EN INDE inde3l’hindou ne veut que préserver sa culture dans son pays d’origine, et ne demande que le droit de la vivre en paix, sans discriminations religieuses ou culturelles, et sans les constantes agressions des prosélytismes islamique et chrétien orchestrées par de puissantes organisations internationales financées depuis le Vatican ou l’Arabie saoudite. Aucun hindou ne menacerait d’enfer éternel un chrétien ou un musulman, un parsi ou un juif, ou ne rêverait de le convertir à l’hindouisme – ces notions sont étrangères à sa nature. La preuve en est la façon totalement pacifique dont hindouisme et bouddhisme se sont répandus au-delà des frontières de l’Inde, de la Grèce au Japon, sans dégainer une épée – quel contraste avec l’expansion sanglante du christianisme ou de l’islam !

     Si l’Inde est aujourd’hui à un tournant, l’Occident aussi se trouve face à un choix. Non, il ne s’agit pas d’un « choc des civilisations », plutôt d’un « choc des barbaries ». Quelles valeurs l’Occident a-t-il à offrir à l’avenir, sinon l’avidité, moteur de la conquête qu’il a toujours pratiquée : conquête de la nature, des nations, de l’espace, des marchés – toujours agresser et absorber, pour ne répandre que sa géophagie et son autophagie. Là où l’Inde absorbait pour assimiler et recréer, l’Occident absorbe pour détruire.

     Si l’on assiste aujourd’hui à une protestation croissante contre cette course vers nulle part, c’est que de plus en plus d’esprits réalisent que cette façon d’être est foncièrement instable, auto-condamnée : la courbe actuelle ne peut pas être maintenue (heureusement), elle se heurte à une impasse à tous les niveaux : qu’il s’agisse des ressources « naturelles » ou de l’environnement, des tensions sociales, commerciales, internationales, des conflits culturels, de la mécanisation de la vie, ou simplement de nos piètres idéaux humanitaires, la faillite est en train de ronger toutes nos fondations. La seule question, au fond, est de savoir si le paquebot occidental achèvera sa course sur un quelconque écueil, comme le Titanic, ou saura changer de cap avant. Ce n’est pas pour rien que Sri Aurobindo, élevé en Angleterre et qui connaissait la culture européenne à fond, parlait en 1920 du « soir rouge de l’Occident ».

     C’est là où les valeurs de l’Inde (qui, selon Sri Aurobindo encore, pourrait être « le médecin des maladies de l’Europe ») peuvent catalyser le processus. Et il n’est guère étonnant de voir yoga et méditation devenir si populaires partout (15 millions de pratiquants aux États-Unis seuls), ou le bouddhisme comme en France. On sait bien tout ce que la vague du New Age devait à l’Inde, et elle n’a pas fini de déferler. Mais au-delà d’un engouement plus ou moins ignorant (bien qu’important), il faut revenir sur ces piliers qui ont survécu au temps : le sens de l’unité humaine, de la pluralité des cheminements (que l’on nomme « multiculturalisme » en langue intellectuelle, ou, abusivement, « tolérance », mot qui suinte le dégoût), mais surtout notre essence divine à incarner dans la vie de chaque jour, et sans laquelle tout ce que nous pensons ou faisons est vain.

     Cette façon d’être de l’Inde a toujours été pratique, vécue, c’est pour l’Occident « pratique » qu’elle appartient au monde du rêve. Ou se pourrait-il que notre « crise évolutive » soit faite justement pour nous éveiller enfin à cette réalité que nous sommes ?

Michel Danino

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