Nous avons 4 corps

Posté par othoharmonie le 20 mai 2013

Didier Dumas, psychanalyste : “Nous avons quatre corps…”

Cette vision du psychanalyste Didier Dumas explique pourquoi donner un sens à notre vie stimule notre santé.

la rédaction de « Psychologies Magazine »

 

Nous avons 4 corps dans Etat d'être 45Psychologies : Pour le psychanalyste formé à l’acupuncture que vous êtes, que vous signale votre double regard, à la fois occidental et oriental, sur le rapport corps-esprit ?

Didier Dumas : Toutes les grandes traditions chamaniques et ésotériques (dont le taoïsme) disent que la vie implique plusieurs niveaux d’existence et que l’incarnation terrestre concerne les quatre premiers. Nous aurions donc quatre corps.

Le premier est le corps physique. Il est constitué de molécules ; nous pourrions l’appeler  » corps moléculaire « . C’est le seul dont les frontières soient visibles et que reconnaît la science.

Le deuxième corps est fait de cette  » énergie  » très particulière qui différencie un être vivant d’un paquet de viande. Au XIXe siècle, on l’a baptisé  » corps étherique « , parce qu’à l’époque, ce mot sonnait scientifique – on pensait alors que le vide était rempli d’éther. A mon sens, il faudrait simplement l’appeler  » corps de vide  » : c’est uniquement parce qu’il y a du vide dans la matière que les choses peuvent s’animer, vivre. L’acupuncture, qui agit sur ce corps-là, l’a bien compris : l’idéogramme qui désigne un point d’acupuncture signifie vide, cavité.

Le troisième corps a été appelé  » corps astral  » , parce que cette enveloppe mentale permet de se projeter  » jusque dans les astres  » par la pensée. Il est constitué de tout ce qui est de l’ordre de la représentation : images visuelles, acoustiques, tactiles, que nous avons élaborées pour nous représenter le monde. On le nomme également  » corps émotionnel « , car il est le siège des affects. Ce corps est à rapprocher de l’ » image inconsciente  » du corps de Françoise Dolto. C’est à bord de ce corps-là que nous nous embarquons pour le monde des rêves… ou pour vivre une NDE (near death experience, ou expérience de mort imminente).

Mais la représentation seule peut être absurde, la folie autrement n’existerait pas. Le plus étrange des mystères mentaux est que nous puissions donner un sens à notre vie, au monde et aux choses. C’est le quatrième corps : appelons-le notre  » corps de sens « . Il correspond à ce que les psychanalystes appellent la construction du je. D’autres diraient  » corps mental « , tout en reconnaissant qu’il ne s’agit pas vraiment d’un corps, mais plutôt de ce qui structure les trois autres.

Ces  » corps  » s’engendrent-ils les uns les autres ?

Tenter d’expliquer les relations entre ces différentes instances est le but, atteint tant bien que mal, de cette forme moderne de l’initiation qu’est la psychanalyse. Tant pour Freud que pour des visionnaires comme Rudolf Steiner, toute la vie humaine a pour objectif la construction du « corps de sens ». A la base, cette construction repose tout simplement sur le couple plaisir-déplaisir. Chez le bébé, va dans le bon sens, donc a du sens, tout ce qui fait plaisir. A l’inverse, ce qui cause du déplaisir signale une chose qui va dans un sens inverse à celui de la vie et met donc le sujet en danger d’involution. Il est possible de dire comment, pour un psychanalyste, se conçoit l’élaboration de nos corps invisibles :

La première  » enveloppe mentale  » , qui se structure à la naissance, est celle des sensations qui gèrent le rapport à l’interne, à notre dimension la plus intime, d’où la place prépondérante qu’elles occupent dans la sexualité.

A l’inverse– à travers lequel se joue la dimension sociale de notre existence.

Entre les deux, l’enveloppe qui établit le lien entre l’univers des sensations et celui de la parole, est celle des images – visuelles, mais aussi olfactives, auditives, tactiles…

L’imagerie serait la façon dont le corps et l’esprit se parlent ?

La construction de notre appareil psychique implique que les sensations, qui dominent chez le bébé, puissent progressivement s’associer et se connecter au langage – ce qu’elles font par l’intermédiaire des images. A sa naissance, l’enracinement du bébé dans la structure de l’autre est tel qu’il ne différencie pas son propre corps de celui de sa mère. Les yeux jouent, à cet âge-là, un rôle très important pour différencier le moi du non-moi. En connectant les sensations à des images visuelles, ils permettent de se vivre, peu à peu, comme un sujet séparé. Cette structuration du mental perdure toute la vie et se retrouve dans la pensée adulte. Ainsi Einstein pouvait-il dire que ses découvertes lui arrivaient d’abord sous forme d’images et de sensations musculaires.

A LIRE :

Didier Dumas : “La Sexualité masculine”. Grâce à l’acupuncture et au taoïsme, le psychanalyste corrige la grande absence de la théorie freudienne : celle du corps (Albin Michel, 1990).

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