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les vieilles habitudes

Posté par othoharmonie le 17 novembre 2013

 

Question du visiteur Harideva :


Osho, les vieilles habitudes ont la vie dure, peux-tu parler de nos habitudes ?

les vieilles habitudes dans Zones erronées telechargement-5

Harideva, ce que tu dis est vrai… mais pourquoi ?

Pourquoi est-ce que les vieilles habitudes ont du mal à mourir ? Parce que vous n’êtes rien d’autre… que vos vieilles habitudes ! Si elles meurent, VOUS mourez !

Vous n’êtes rien d’autre, vous n’êtes rien de plus.

Vous êtes juste vos vieilles habitudes, vos vieux modèles.Vous êtes un mécanisme, pas encore un homme ; c’est pourquoi les vieilles habitudes ont la vie dure. C’est très rare qu’un homme existe, il y en a très peu, un de temps en temps.

Un Bouddha est un homme réel, authentique. Un Zarathoustra est un homme réel, un homme digne d’être appelé un homme. L’humanité ordinaire est seulement robotique : elle vit dans l’inconscience, mécaniquement. Et les habitudes sont tout ce que vous êtes.

Si vous laissez tomber toutes vos habitudes, vous allez simplement vous évaporer…, vous n’allez plus vous trouver…
Qu’est-ce que vous êtes ? Regardez ! Et vous n’allez voir qu’un paquet de vieilles habitudes ! Pour l’instant vous n’avez rien de plus.

C’est tout l’effort de la méditation : d’apporter quelque chose de plus à votre vie, quelque chose qui ne soit pas une habitude, quelque chose qui soit spontané, qui ne soit pas mécanique, quelque chose qui vous transforme – de robot en être conscient !

George Gurdjieff avait l’habitude de dire que tout homme ne naît pas avec une âme.
Au premier abord cela n’est pas croyable puisque pendant des siècles il vous a été dit par les prêtres que tout homme naissait avec une âme, et vous l’avez cru.

C’est très confortable de croire que vous avez une âme. Ça paraît très bien, douillet, réconfortant, que profondément en vous, vous ayez une âme, éternelle, immortelle !

Et Gurdjieff dit qu’en fait vous n’avez pas d’âme du tout !

À l’intérieur, vous êtes tout simplement… vide ! Il n’y a rien à l’intérieur de vous – juste des habitudes et encore des habitudes… un tas d’habitudes, et au centre lui-même, il n’y a personne !

La maison est vide. Le maître n’est pas encore arrivé, ou il est complètement endormi.

Et Gurdjieff a raison, vous n’êtes seulement que potentiellement un être humain. Cette possibilité est là, mais cette possibilité peut être ratée très facilement. Et des millions de gens la ratent parce que pour devenir conscient, pour devenir une âme, des efforts ardus sont nécessaires. Ce n’est pas une tâche facile, c’est d’un niveau de difficulté élevé.

Rester dans vos habitudes est bon marché, facile, il n’y a qu’à suivre la pente, la gravitation suffit, elle vous entraîne d’elle-même. C’est pareil que lorsque vous descendez une pente avec une voiture, vous pouvez couper le contact, vous n’avez pas besoin de carburant pour aller en bas de la pente, la force de la gravitation suffit. Mais cela ne peut pas marcher quand vous devez gravir une pente, là vous avez besoin de puissance.

Vous allez avoir besoin d’une certaine intégrité, d’un certain pouvoir, et seule la conscience donne du pouvoir.
La conscience en éveil est la clé, la clé de contact, qui libère la puissance en vous, et vous devenez capable de vous élever très haut.

Autrement, Harideva, ce vieux dicton est juste… les habitudes ont la vie dure ! – parce qu’il n’y a personne pour tuer ces vieilles habitudes.

Au petit déjeuner, la femme de Feinberg lui dit : « On va avoir le petit ami de Sonia pour dîner, pour la première fois. On va se faire un super repas avec nos meilleurs plats. Alors s’il te plaît, tiens-toi bien ! Ne mange pas avec ton couteau ou tu vas bousiller toutes ses chances de mariage ! »

Au souper, tout se passait bien. Feinberg faisait très attention de ne pas mal utiliser un couvert… Et puis le café arriva. Feinberg prit la tasse et commença à verser le kawa dans la soucoupe. La famille le foudroya du regard ! Feinberg continua à verser… et finalement la soucoupe fut remplie. Feinberg l’éleva vers ses lèvres, jeta un regard autour de la table et dit : « Un seul mot de l’un d’entre vous… et je me mets à faire des bulles ! »

C’est difficile, c’est très dur. Vous devez être conscient, alerte, sur vos gardes. Vous devez vous rappeler continuellement. Et le rappel est la chose la plus difficile de l’existence.

On ne peut pas abandonner les habitudes en luttant contre elles. C’est ce que les gens font ordinairement. S’ils veulent changer une habitude, ils en créent une autre pour lutter contre la première. D’une habitude ils passent à une autre. Si vous voulez arrêter de fumer, vous vous mettez au chewing-gum, mais cette habitude est aussi stupide que la première. Vous passez d’une habitude à une autre, mais vous restez la même personne inconsciente !

Laisser tomber une habitude, sans la compenser par autre chose, et rester absolument vigilant, alerte – afin de ne pas tomber dans un substitut ou un autre – est une des choses les plus difficiles de la vie.

Mais ce n’est pas impossible ; autrement il n’y aurait aucune possibilité d’un Bouddha, d’un Christ, d’un Krishna. Puisqu’il existe des bouddhas c’est possible, bien que difficile, très difficile, c’est un grand challenge qui doit être accepté. Et tous ceux qui ont un peu de respect pour eux-mêmes acceptent toujours le défi de ce qu’il y a de plus élevé, de ce qu’il y a de plus dur.
Atteindre la lune n’est pas aussi dur, pas aussi difficile. Atteindre l’Everest est un jeu d’enfant, comparé à se rappeler constamment d’être conscient de ce qu’on est en train de faire. Mais le jour où cette conscience vigilante arrive, vous connaissez l’extase d’être, la bénédiction d’être. Vous connaissez alors quelque chose qui ne peut pas être imaginé.

Et qui est tellement vaste… inépuisable… !

AES DHAMMO SANANTANO ! Bouddha dit : c’est la loi ultime de la béatitude, de la joie, de l’extase. Et c’est illimité ; une fois que vous entrez dedans, c’est à vous pour l’éternité ! Jésus appelle cela ‘le royaume de Dieu’, c’est sa façon de le nommer. Mais on doit être assez vigilant, assez conscient, pour pouvoir se désidentifier des habitudes, des patterns, des structures qui se sont incrustées dans notre être.

Un homme très riche, mais très avare, était en train de mourir. Il demanda à trois hommes du clergé de venir le voir sur son lit de mourant : un prêtre, un rabbin, et un pasteur.

Quand ils arrivèrent il leur dit : « Messieurs, vous connaissez le vieux dicton : ‘on ne peut pas l’emmener avec soi !’ Bien ! mais l’emmener avec moi est justement ce que je me propose de faire ! Et vu votre formation religieuse je pense que je peux vous faire confiance. Voici ces trois boites, dedans il y a la plus grande partie de ma fortune. Mon dernier vœu est que chacun de vous mette une de ces boites dans ma tombe. »

Ils acquiescèrent tous les trois à sa demande, après quoi le mourant distribua les boites et mourut ! Et comme convenu, le jour des funérailles, ils étaient là tous les trois pour mettre une boite dans la tombe. Après cela, ils décidèrent d’aller au pub le plus proche pour boire un verre. Après un long silence, le prêtre se mit finalement à parler. « Mes amis » dit-il, « j’ai peur d’avoir quelque chose à confesser : je n’ai pas mis la totalité de l’argent dans la tombe. Vu que les rentrées sont en diminution ces derniers temps et que l’église a besoin de réparations, cela m’aurait paru être un péché de ne pas mettre cet argent là où il pouvait être bien utilisé. »

Le Pasteur dit alors : « Mon père, je suis heureux que vous ayez pris la parole. Comme vous le savez j’anime plusieurs œuvres de charité, et de plus, ça m’aurait paru un tel péché d’en venir à enterrer tout cet argent ! Alors j’ai moi aussi gardé une partie de l’argent, oh, seulement une petite part ! pour contribuer à ces louables, et bien nécessaires charités dont je m’occupe ! »
Après un nouveau long silence, le prêtre et le pasteur demandèrent au rabbin, qui n’avait pas cessé de regarder par la fenêtre pendant tout ce temps, ce qu’il pensait de leur action.

« Eh bien ! » dit le rabbin, « je dois dire que je suis très surpris, pour ne pas dire choqué ! En tant que rabbin, respectant les dernières volontés d’un homme, je ne pouvais que mettre dans la tombe la somme entière ! En fait… je lui ai donné un de mes propres chèques ! »

Un Juif est un Juif ! Qu’il soit rabbin ou pas ne fait pas grande différence : les vieilles habitudes ont la vie dure !

Mais elles peuvent mourir !

Et vous devez faire tous les efforts possibles pour qu’elles meurent, car c’est dans leur mort que se trouve le début de votre vraie vie.

OSHO : Le Dhammapada : Le Chemin du Bouddha
volume 8, chapitre 8, question 2

Le matin du 28 décembre 1979 dans le Bouddha Hall à Poona – © Osho International Foundation

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Partout, je sens monter l’intolérance

Posté par othoharmonie le 17 novembre 2013


 Partout, je sens monter l’intolérance dans Travail sur soi ! images-41

Dans notre société individualiste et ultralibérale, la confiance en l’autre n’a pas sa place. C’est là que naît la violence qui gangrène le lien social. Mais la philosophe ne désespère pas, elle croit en “nos jeunes”. Biberonnés au culte de la réussite, ils ont, d’après elle, soif de justice et de fraternité.

Clés : Pourquoi vous être lancée dans la réalisation d’un dictionnaire sur la violence ?

Michela Marzano : Après m’être intéressée au corps, à la sexualité et aux violences qui peuvent les accompagner, du point de vue de la victime, j’ai voulu comprendre les choses du point de vue du bourreau, appréhender la violence globalement, comme une composante de la nature humaine évoluant au fil de l’histoire. Mais je me suis vite rendu compte que je n’y arriverais pas toute seule. C’était trop compliqué, il fallait croiser les regards des philosophes, des psychanalystes, des historiens, des juristes, des artistes, etc. Le meilleur moyen était un dictionnaire. J’en avais déjà dirigé un sur le corps. C’est une formule intéressante, où le lecteur peut cheminer à son gré. Mais je ne recommencerai pas : faire travailler deux-cents-vingt auteurs pendant quatre ans est une tâche éreintante ! Elle m’a heureusement beaucoup appris.

Vous avait rédigé vous-même quatre articles de ce dictionnaire. Le premier est le mot « Confiance ». Quel rapport entre confiance et violence ?

La confiance constitue la base du lien social. Elle endigue donc les pulsions de violence. Le problème, c’est que si je fais confiance, je m’en remets à une instance extérieure à moi, une personne ou une institution, et cela me met en situation de vulnérabilité : faire confiance, c’est rendre possible un abus de confiance, une trahison, qui est une forme de violence très contemporaine. Aujourd’hui, la confiance fait défaut. On constate sa disparition progressive partout. Depuis la crise financière de 2008, la crédibilité des sociétés occidentales et de l’économie libérale s’effrite de plus en plus. La multiplication des scénarios conspirationnistes en est un signe : on remet en question la parole des experts, des chefs d’entreprises, des journalistes, des politiques.

Mais la confiance ne s’établit-elle pas d’abord entre individus ?

L’idéologie néolibérale a induit une mentalité ultra individualiste. Depuis trente ans, on hyper valorise ceux qui, ayant appris « l’estime de soi », ne font plus confiance aux autres. Du coup, on perd la coopération. Les entrepreneurs le disent : il y a perte de confiance au sein des équipes, parce qu’on a poussé les gens à l’excellence en solo, avec cette issue violente : d’un côté les winners, de l’autre les loosers, incapables d’entreprendre. C’est un modèle social à courte vue : seule la coopération permet de développer des projets communs, donc un vrai développement.

Autre exemple d’extension de la défiance : les rapports entre malades et médecins. C’est un domaine où la relation de confiance est essentielle – on la mesure scientifiquement dans le phénomène du placebo : l’efficacité d’un remède est proportionnelle à la confiance qu’on a en celui qui le prescrit. Or que s’est-il passé ? Ne pouvant plus traiter son patient comme un enfant, le thérapeute a dû prendre en compte son autonomie individuelle et son consentement – à juste titre. Mais progressivement, l’esprit sécuritaire de nos sociétés a fait que ce consentement s’est trouvé pris dans une méfiance croissante et réciproque : le patient est prompt à envisager de porter plainte contreson médecin et ce dernier lui fait signer force formulaires de décharges, pour se protéger d’éventuelles poursuites. 

On pourrait prendre aussi l’exemple des contrats de mariage, qui se multiplient, même si nous n’en sommes pas au stade des États-Unis. Là-bas, le jour où l’on se marie, il faut prévoir, dans les moindres détails, tout ce qui se passera le jour où l’on divorcera. Imagine-t-on manque de confiance plus criant ? Le même phénomène atteint peu à peu le rapport entre enfants et parents, ou entre étudiants et enseignants.

Vous parlez de vos étudiants ?

Entre autres. Que les enseignants soient évalués par leurs élèves, cela fait partie du jeu. Mais bientôt, il faudra signer un contrat en début d’année pour garantir un taux de réussite aux examens. Or, la voie contractuelle ne peut pas tout réguler ; son extension excessive signale que la confiance a disparu. Le philosophe Georg Simmel disait que, dans l’acte de confiance, il y avait forcément un moment où la personne devait s’abandonner et sauter dans le vide. On n’est pas obligé d’en arriver à la foi absolue du dévot prêt à mourir pour sa secte, mais la confiance suppose une prise de risque, un pari sur l’autre, sans quoi on fige les relations. 

Méfiance et violence vont de paire, parce que la méfiance suppose une certaine peur et qu’il est beaucoup plus facile de devenir violent quand on a peur. Les êtres les plus violents sont les paranoïaques, qui pensent que le monde entier leur en veut. Dans une société globalement paranoïaque comme la nôtre, la violence est latente. Aujourd’hui, la tendance montante est de systématiquement considérer l’autre comme dangereux. Ce n’est pas nouveau, l’histoire de l’humanité est traversée par le refus de l’altérité, de l’autre en tant qu’autre, différent, étranger. Mais aujourd’hui, l’esprit du tout sécuritaire, associé à la crise économique, accentue la diabolisation d’autrui. Et l’idée d’un « risque zéro » pousse à négliger l’éducation et la prévention sociale, qui sont pourtant les seuls instruments capables de faire diminuer la violence à terme. 
Bref, nous assistons à une régression. Au lendemain de la seconde Guerre Mondiale, on pouvait s’imaginer que la Déclaration des droits de l’homme allait vraiment être appliquée et que tous les humains seraient bientôt traités à égalité. Depuis trente ans, c’est l’inverse qui se produit. Traiter nos congénères comme des esclaves reste possible. Cela se produit tous les jours sur cette planète.

Cela dit, dans nos sociétés, la violence physique, les crimes de sang notamment, ont considérablement diminué, ne serait-ce qu’en un siècle. Ne faut-il pas le rappeler pour contrebalancer ce que vous dites ?

Vous n’avez pas tort. D’ailleurs le premier but de notre « Dictionnaire de la violence » était de donner la parole aux sociologues qui montrent que certaines violences sont clairement en train de diminuer. Leurs études expliquent combien les médias nous désinforment, en alimentant les rumeurs de banlieues violentes ou de quartiers infréquentables, ou extrapolent tel fait divers barbare et en rendent potentiellement responsables tous les jeunes issus de l’immigration. Il est nécessaire de déconstruire ces clichés.

Mais il ne faut pas pour autant nier que la vie dans certaines zones sensibles est ressentie comme très violente, parce que la situation socio-économique y devient épouvantable. Et qu’il peut effectivement en surgir des explosions d’ultra violence, comme en France en 2005 ou en Angleterre en 2010. Quand tout votre immeuble est au chômage et que vous suivez à la télévision ou sur Internet les péripéties de l’économie mondiale, la crise des subprimes, les bénéfices des banquiers ou des traders, etc., ce n’est plus seulement une violence physique, que vous subissez, c’est une violence sociale et symbolique. La violence symbolique ne passe pas par des gestes, mais par des mots. Et quand on analyse le langage de nos contemporains, on découvre qu’il est de plus en plus violent et injurieux. L’injure est une violence qui efface l’autre, tente de l’empêcher d’exister. Aujourd’hui, la violence symbolique est notamment liée à l’abus du pouvoir politique.

Le langage politique n’était-il pas beaucoup plus injurieux dans les années trente, quand fascistes et communistes se traitaient de tous les noms, chacun appelant au meurtre de l’autre ?

Oui, mais les démocrates ont été très fiers, ensuite, de dire, avec sincérité : « Plus jamais ça ! » Or, même si je suis influencée par ce qui se passe en Italie, mon pays, d’une façon générale, je sens monter un peu partout des discours d’intolérance : contre les étrangers, contre les homosexuels, contre les nomades, contre les marginaux, contre les assistés, contre tous ceux qui ne sont pas « compétitifs ».

Le pouvoir politique n’est-il pas violent par nature, comme dirait Machiavel ?

Une chose est la violence acceptée, liée au fait que chacun doit nécessairement abandonner une partie de sa liberté pour permettre une vie commune ; une autre est un État de droit qui met en place un système légitimant la violence. Quand l’État démocratique des États-Unis décide de justifier officiellement la torture à Abu Ghraïb ou à Guantanamo, on voit des philosophes s’associer à cette dérive, au nom de l’efficacité et du pragmatisme. L’utilitarisme est une idéologie qui peut mener terriblement loin des droits de l’homme.

Est-ce pour cela que, dans l’introduction au « Dictionnaire de la violence », vous trouvez « naïve » l’idée du XVIII° siècle, selon laquelle la raison pourrait suffire à dissoudre en nous la violence ?

Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont tous les travaux de l’école de Francfort, qui ont montré qu’une rationalité implacable était présente derrière les projets d’extermination des juifs. Il faut donc faire très attention de ne pas hyper valoriser la raison. Une raison froide et sans empathie peut planifier l’extermination d’un peuple. Dans un article qui a fait scandale, intitulé Survival Lottery , le philosophe John Harris a tenté d’explorer les justifications dont disposerait une médecine idéale, devenue maîtresse des transplantations, pour disposer du droit de tuer une personne tirée au sort, dont les organes serviraient à en sauver de nombreuses autres. Un tel comportement serait peut-être « rationnel ». Il oublierait juste la compassion, qui est le fait de prendreen compte l’autre comme mon alter égo. La question est de m’identifier à l’autre, et donc de ne pas lui faire subir ce que je ne voudrais pas endurer moi-même.

La nature humaine n’est-elle pas violente en soi ?

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Michela Marzano

Certes. Freud a bien montré – de façon, je pense, définitive – que la pulsion violente des êtres humains ne pouvait être effacée. C’est en quelque sorte notre moteur d’action. Jusqu’où peut aller l’expression de cette pulsion vis à vis des autres ? Il est certain que nous avons besoin de « digues psychiques » pour la canaliser, la sublimer, limiter son pouvoir de cruauté et de destruction. D’où l’importance cruciale de l’éducation, pour enseigner comment endiguer et métamorphoser la pulsion violente – dans le sport, l’art, la recherche, l’exploration, la résistance, l’endurance… L’éducation doit bien sûr utiliser les outils de la raison, mais seule la compassion peut rendre celle-ci humaine. La compassion n’est pas innée, on l’apprend. Or, nous avons un gros problème : notre système éducatif sait de moins en moins transmettre cette capacité. Je le vois quand arrivent mes nouveaux étudiants de première année. L’esprit individualiste a pris une telle ampleur chez eux qu’ils sont immédiatement en négociation contractuelle : « Je te respecte, si tu me respectes. » Mais l’idée que l’on doive respecter l’autre en tant qu’autre leur est à peu près étrangère.

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