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Pensée magique : Les Symboles

Posté par othoharmonie le 8 décembre 2013

Les Symboles Extraits

Jardin

images (16)« Le jardin naît de l’intimité d’une main touchant le sol, tamisant et retournant la terre, répandant des semences ou enfouissant des tubercules, arrachant distraitement une forme de végétation pour offrir plus d’espace à une autre. Nous plantons, soignons, nourrissons nos jardins, les taillons et cueillons leurs fruits, négociant avec les exigences de la nature. « 

« Généralement, les portes du jardin secret sont invisibles, étroites, difficiles à trouver. Tout comme, dans les processus d’individuation, on tourne longuement autour des aspects accessibles de la personnalité, ne se rapprochant que progressivement du centre, dans les rêves ou le mythe, il faut décrire de nombreuses cir-cumambulations autour du jardin extérieur avant que la porte du jardin intérieur soit révélée. « 

Serpent

« Vaillants, révélateurs et terrifiants, les serpents jaillissent de terre, de sous un tapis de feuilles ou un lit de pierres, des eaux sombres des rivières ou des ténèbres du psychisme. Leur demeure mythique, le monde souterrain de morts, est également le terrain fécond d’où émerge la vie nouvelle ; un lieu de guérison, d’initiation, de révélation; le royaume de l’ancienne Grande déesse. »

« Également consacré à Asclépios, le dieu de la médecine de la Grèce antique, le serpent incarnait le démon ou le «génie» du médecin et était souvent représenté entortillé autour de son bâton. Les patients se rendaient dans le temple du dieu pour y être guéris par incubation. Ils s’endormaient dans une salle située en son centre ; là, les profondeurs les plus intimes du malade pouvaient «accomplir leurs potentialités curatives» sous la forme d’un rêve. »

Loup

« Le loup est sans doute la créature qui a le plus éveillé en nous une communion profondément mystique avec la nature ou une peur noire de ses sombres réalités. Écouter la magie brute de son hurlement invoque des paysages oniriques où des meutes s’agglutinent au pied d’un abîme, errent dans les rues d’une ville déserte ou surgissent subitement devant notre porte. « 

« Que la louve primordiale ait nourri la naissance d’une civilisation en dit long sur l’importance des énergies voraces chtoniennes à la base du processus créatif, de la construction de la culture et de notre capacité à engager les énergies de dissolution et de renaissance du psychisme dans nos cycles de transformation. »

Commérage

« Deux valets cancanent, l’un chuchotant dans le creux de l’oreille de l’autre qui l’écoute attentivement en savourant le moindre détail. Il arque ses sourcils avec ravissement et son sourire exprime la satisfaction suffisante que lui procurent ces informations. Avec ce tableau, Daumier capture le pouvoir du commérage qui lie ses participants dans une sorte de feinte intimité dont la matière ne tardera sans doute pas à se propager. »

« La projection sur les femmes en tant que commères invétérées et sur le commérage comme étant intrinsèquement néfaste découle sans doute de la peur ancestrale du féminin et de son association avec le destin, la lune et la cuisine des choses. [...] le commérage n’est certainement pas l’apanage des femmes; le vestiaire, le club réservé aux hommes et les corps politiques et corporatifs essentiellement masculins sont des foyers de commérages… qui ont bénit ou maudit bien des destins. »

Clé

« La clé a pour fonction de nous laisser entrer ou sortir, de fermer ou d’ouvrir toutes sortes de choses : dépôts de provisions, habitations, prisons, pavillons hospitaliers, coffrets à bijoux, tiroirs remplis de vieilles lettres, connaissance, souvenirs, dimensions interdites ou cachées de la psyché… »

« La clé renvoie à la tension entre recherche et découverte, restriction et relâchement, rétention et don. interdit et consentement. À l’individu qui a trouvé la clé revient la mission temporaire d’ouvrir le chemin. La conscience humaine n’en finit jamais de chercher la clé qui lui donnera accès à l’objet de sa quête – découverte de soi, tranquillité d’esprit, mystère du cœur aimé… »

Tour

« Les murs épais des tours en faisaient autrefois des forteresses au sommet desquelles on pouvait voir l’ennemi arriver de loin. [...] Ces donjons sont symboliquement devenus les structures de nos sociétés dont les organisations nous protègent contre le retour du chaos qui semble toujours menacer au loin. Les gratte-ciels de nos villes modernes continuent d’être les emblèmes fiers de la civilisation, attirant une concentration de gens, de culture et de commerce. »

« L’épisode biblique de la tour de Babel nous met en garde contre l’orgueil démesuré de vouloir construire trop près des cieux et les conséquences de vouloir aller au-delà des limites humaines. L’effondrement des tours jumelles du World Trade Center à New York et les krachs boursiers d’hier et d’aujourd’hui semblent étrangement refléter cette histoire ancestrale. » 

Sépulture

« Devant la tombe, les vivants doivent irrémédiablement abandonner les derniers restes corporels de la présence physique de l’être aimé au silence et au mystère du monde souterrain. « 

« Pour les alchimistes, l’iconographie de la tombe relève de la mélancolie sombre du nigredo. À l’instar du corps corruptible qui retourne à la terre et se putréfie, la matière morte du psychisme – les désirs et les tendances dépassées de l’ancienne vie – est abandonnée et cesse d’exercer son pouvoir. Dans l’espace et le temps liminaux de la tombe métaphorique, l’ancienne manière d’être se décompose tandis que la nouvelle n’a pas encore émergé. »

Extrait de « Le livre des symboles » aux  éditions Taschen – 808 pages – 17 cm x 24 cm x 6cm

 

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RESONANCE et CREATION : relation entre vibrations et formes

Posté par othoharmonie le 8 décembre 2013

 

Alexander Lauterwasser habite Heiligenberg près du lac de Constance. Il a consacré une grande partie de sa vie à l’étude de la relation entre vibrations et formes. « Le son est créateur de la forme » nous dit-il. « Au commencement était le Verbe… ». Voici la maxime que son DVD illustre en images et en musique. Un document émouvant tant par sa portée scientifique que par ses qualités esthétiques.

Ernst Flory Chladni à l’origine de son travail.

home1Tout a commencé lorsqu’il avait 12 ans. Alexander Lauterwasser a trouvé une tortue en forêt. Il s’y est consacré pendant des années. Il en a élevé. Il doit y en avoir entre 80 et 100 dans son jardin aujourd’hui. Un beau jour, il a découvert les figures de Chladni, un chercheur contemporain de Goethe. En frottant avec un archet des plaques de métal saupoudrées de sable, celui-ci obtenait des structures magnifiques, similaires à des formes de la nature et entre autres à la carapace de tortue. 

Intrigué par les résultats de formes si proches de formes naturelles existantes, Alexander L. cherche des appareils pour reproduire ces figures vibratoires.

Avec les figures sonores de Chladni, là où les surfaces sont noires, la vibration de la plaque est si forte que le sable y est balayé. La surface est déformée, un peu comme une tôle ondulée. Les lignes claires, comme nous l’enseignent les physiciens, sont des zones de maillage où règne le calme, et où le sable peut se concentrer et rester. La loi régissant ce phénomène est très fortement liée à la fréquence propre de la plaque, à l’instar des poêles dont chacune a sa propre sonorité. De la même façon, chaque plaque a sa propre vibration. Les tons bas donnent peu de structures étendues. Plus les fréquences montent haut, plus les formes sont complexes.

Recherche technique personnelle

Avec l’aide du spécialiste en haut-parleurs,  M. Lua , Alexander L, a réalisé un générateur de vibrations et de fréquences, capable de les transmettre directement à une plaque. Cette plaque d’acier ou de laiton ultra fine est accouplée directement à ce transformateur de sons. Elle doit être parfaitement horizontale, ce qui peut être réglé avec un niveau à bulle, et lorsque tout est prêt, on la saupoudre uniformément de  sable tamisé très fin, du sable de Heiligenberg par exemple, pour un rendu maximum. L’expérience est filmée avec une caméra vidéo.

Lorsque l’on soumet une plaque à une fréquence allant de 200 à  20 000 Hz, il se forme des structures très particulières et très nettes, jusqu’à 200 différentes dans une plage de fréquence. Ceci témoigne de certaines lois bien particulières, en l’occurrence la répétition de formes et motifs. Ces formes sont très facilement reproductibles sur les corps solides, si l’on emploi les mêmes matériaux, les mêmes épaisseurs, les mêmes vernis dans un environnement où le climat est identique à + ou -5°C, on obtient, à des variations minimes près, les mêmes images aux mêmes fréquences.

Similitude avec les formes de la nature, la carapace de tortue

A. Lauterwasser a commencé à découper des plaques métalliques elliptiques et à les soumettre à des fréquences. Les éléments de base formant la structure de la carapace de tortue apparaissaient à certaines fréquences bien précises sur ces plaques elliptiques en vibration. Il obtient une couronne de 24 champs périphériques avec une articulation intérieure très marquée, ainsi qu’une structure correspondant à la colonne vertébrale de la tortue. Mais il fut vraiment surpris par la ressemblance exacte, entre les formes de base de la nature et celles qui apparaissent sous forme de vibrations. La forme d’un animal, son aspect extérieur est une propriété fondamentale du vivant, de telle sorte que l’on devrait plutôt voir et comprendre son apparence comme une composition. Le Docteur jenny a dit, de belle façon, que l’animal est une réflexion qui, par son aspect extérieur, nous montre quelque chose du monde intérieur.

Application des figures de Chladni à l’eau

En poursuivant ses recherches, A.Lauterwasser est tombé sur les travaux du Dr Hans Jenny. Actif dans les années 60 en Suisse, celui-ci a appliqué les travaux de Chladni, à des supports liquides. Après une étude intensive des figures sonores de Chladni, A.L tente de nombreuses expériences avec l’eau, le plus universel des résonateurs, dans sa capacité à réagir aux sons, aux vibrations, à différentes fréquences et même à la musique. Comme disait Novalis, « l’eau, c’est le chaos sensible », donc extrêmement ouvert et réceptif à toutes les influences, aux vibrations en particulier. Il conçoit des récipients spéciaux couplés à un transformateur de sons, pour que les vibrations puissent être transmises directement, sans perte, à l’au. La sensibilité de l’eau implique précision et équilibre. Une coupelle d’eau distillée est remplie et mise d’aplomb. La moindre inégalité conduit à une répartition irrégulière de l’eau, ce qui perturbe aussitôt la clarté des images. L’épaisseur de la couche d’au joue un rôle très particulier, on doit développer beaucoup de doigté, pour déterminer quelle est l’épaisseur d’eau optimale selon le type d’expérience que l’on veut faire. le même système de caméra permet de filmer l’expérience. La loi fondamentale régissant les figures sonores de Chladni s’applique très similairement aux images sonores d’eau. A savoir que les sons bas provoquent des structures d’ondulations plus étendues, avec un son sinusoïdal unique donnant un motif ondulant large. En changeant la hauteur du son, il se densifie en conséquence.

15.1Cela fait partie d’un principe tout à fait fondamental de l’eau, qui implique qu’à un endroit de l’espace, différents mouvements et impulsions peuvent se superposer et s’interpénétrer. De cette façon, il est possible que des structures et schémas très complexes puissent se former.

« Rilke a dit, lorsque les premiers microsillons sont apparus, gravés sur un rouleau de cire, en voyant les traces d’un son : « Mon Dieu, ne devrait-on pas retranscrire pour ainsi dire toutes ces structures dans la nature, en sons et quel bruit originel retentirait alors partout dans le monde… « 

Quelques exemples d’ondes comparées à des végétaux

Ces images sont révélatrices du principe de fonctionnement de « l’onde statique ». Le physicien l’appelle justement ainsi parce que, bien que tout le système soit en vibration et se meuve continuellement, l’ordonnancement de la structure dans l’espace présente une image visuelle stable. Nous remarquons deux types d’ondes de base, une radiale, linéaire, passant par le centre, et une annulaire émanant du centre vers la périphérie et y retournant.

Toutes ces figures, ces images sonores d’eau se forment à partir d’une superposition de ces structures radiales et annulaires. Dans tous ces phénomènes apparaissent des schémas vibratoires dont la parenté avec des schémas et des structures trouvées dans la nature surprend et ne finit pas d’étonner.

 

A.Lauterwasser a commencé cette recherche de façon fondamentale dans les années 88-89. il a rassemblé environ 10 000 clichés, dispos ou négatifs et plus de 200 heures e vidéo. Ces films l’ont entraîné dans une recherche approfondie de la pénétration de la musique dans l’eau, et à l’observation des formes de mouvements dans les structures sonores complexes. Après des années de travail intensif, il a eu le sentiment que ce travail était suffisamment avancé pour être montré. Il se déplace pour de nombreuses conférences avec de  nombreux appareils. Il participe depuis trois ans au symposium de l’eau de Lucerne.

L’onde, phénomène originel de création.

La belle représentation indienne antique de Shiva Nataraja, montre la représentation de la marche du monde telle la danse d’un Dieu. La vibration est dans tout, tout est rythme, tout est musique. Il tient un petit tambour. Le mythe dit que ce sont les vibrations de ce tambour qui ont déclenché les premières vagues sur l’océan primordial, l’Okeanos, puisqu-là absolument calme. C’est pourquoi on pourrait dire que l’onde est le phénomène originel par excellence de tous les phénomènes vibratoires et de création. Si nous examinons notre propre culture, nous avons ici sur cette gravure sur bois de la fin du moyen-âge une très belle représentation de l’idée de la Genèse ; Et Dieu parla, ou comme au début  e l’évangile de Jean, « Au commencement était le Verbe ». Nous voyons tout autour la plus grande sphère, le Ciel, les anges, les étoiles et Dieu. Et puis, ce qui est capital dans notre sujet, un grand cercle, l’okéanos des anciens Grecs, le liquide primordial dont notre H2O n’est plus, d’une certaine façon, qu’un écho. Ce fluide représente exactement cette dimension, ce champ de force qui fait le lien entre ce spirituel originel, ce cosmique périphérique et le processus de formation, de  matérialisation du monde, qui ici se densifie, s’accomplit au centre, puis nous pouvons aisément le constater. ( Image Sur CLE : SHIVA ET SON)

L’exemple de la goutte d’eau

Décrivons un autre exemple, lorsque l’on met une goutte d’eau isolée en oscillation. Prenons une goutte d’eau, telle qu’on la trouve sur un pétale ou bien une goutte de rosée. Nous voyons, au départ, un mouvement très simple de montée et de descente, Goethe aurait parlé de phénomène premier, le plus simple. Le premier phénomène de formation se manifeste par un bombage et un affaissement. Le bord reste encore parfaitement rond, mais nous avons déjà un processus polaire. Nous voyons qu’il s’est formé au centre, dans le liquide, une petite bulle d’air qui nous montre à nouveau que la substance de l’eau à l’intérieur décrit un mouvement d’écoulement et de circulation complètement différent du mouvement plastique à l’extérieur.

Si nous augmentons maintenant légèrement la quantité d’eau, disons 2 – 3 – 4 gouttes, ainsi que la fréquence, il se passe un phénomène identifié par Chladni : les structures deviennent multi-cellulaires. Nous n’avons pas seulement 3-4 dômes, mais 5n10 et plus, avec des articulations intérieures. Nous n’avons donc pas simplement un cercle à l’extérieur, et un dôme au milieu, mais des cercles intermédiaires. Ceci constitue, comme je viens de le dire, une loi tout à fait générale. Si nous coupons le son, nous retrouvons la goutte telle qu’elle était au départ, parfaitement ronde. L’eau est ici quelque peu épaissie avec de la glycérine, et nous constatons très nettement qu’il se forme au centre une structure quasi cristalline. Ceci est un processus vraiment prépondérant : le degré de la fluidité de l’eau dans notre monde a un rapport avec la forme des êtres vivant,s leurs corps, leurs  organes, qu’il s’agisse de plantes, d’animaux ou de l’homme.

Tenter de comprendre le monde autrement

Observons un cas très spécial, dans une plage de fréquence bien particulière, autour des 11 388 Hz. Nous avons un phénomène particulier : la plaque vibre « en elle-même ». Elle flotte de façon spéciale, ce qui donne de petites zones sur l’ensemble de la plaque où le sable ne se rassemble pas « au calme » le long de lignes, mais où il commence à tourner, à virevolter. Nous voyons très bien, comment différents tourbillons dextrogyres et lévogyres se croisent et s’interpénètrent. Avec cette expérience se dégage une loi fondamentale. La forme ne se crée pas de façon additive à partir des différentes parties, mais c’est au contraire le mouvement qui leur donne leur positon dans l’ensemble. Donc, la forme n’est pas issue d’une addition de petites briques atomiques, mais d’un tout da s lequel les parties s’incorporent et d’où naît la forme.

 A.Lauterwasser pense que le temps est venu de rassembler et d’intégrer les différents courants dissociés de l’art, des sciences naturelles et de la philosophie. Ces différentes façons de comprendre le monde, peuvent s’enrichir les unes les autres afin d’accéder à une compréhension plus profonde. Lorsque l’on observe attentivement la nature, on découvre partout les traces et les signatures de vibrations et de rythmes. Chaque bord de feuille a son propre code, son propre rythme, dans sa dentelure, on peut le voir sur le pissenlits et dans beaucoup d’autres cas. C’est le cas par exemple dans les sutures osseuses de notre crâne.

Grâce à Alexander Lauterwasser, la maxime de la Bible, « Au commencement était le Verbe » se trouve ainsi parfaitement illustrée sous nos yeux et nous le remercions pour ce document où se rejoignent science et métaphysique.

 DVD « RESONANCE ET CREATION«  images sonores d’au d’Alexander Lauterwaser – Les expériences sont filmées en temps réel. La forme apparaît sous nos yeux ! 70 mn doublé en français – en vente dans la boutique du site Alexander Lauterwasser :  http://www.wasserklangbilder.de/

 

 

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Le détachement, un parfum de Paix

Posté par othoharmonie le 8 décembre 2013

 

images (15)L’idéal prôné par les Sages de la Grèce antique était de parvenir à une vie apaisée, libérée des tourments intérieurs. Parvenir à cette félicité nécessite selon eux de pratiquer des exercices cathartiques ou de purification, au nombre desquels compte en particulier l’apprentissage du détachement. Découvrons ce qu’il faut entendre pas « détachement ».

Marie-Claire Daupale – Enseignante de philosophie

Le terme « détachement » est explicite, il s’agit de rompre les liens qui nous attachent et donc, restreignent notre liberté. De quels types de liens faut-il se déprendre ? De tous ceux qui reposent sur des sentiments possessifs ou égoïstes, sur des désirs immodérés ou vains, des pensées perturbantes ou néfastes, bref se libérer de tous les éléments psychiques qui, en nous décentrant de notre Esprit ou Moi profond, génèrent illusions et disharmonie. Un cheminement spirituel commence par l’expérience vécue d’une « conversion » ou d’un retournement intérieur qui s’accompagne d’un changement de regard. Ce changements se manifeste par un éveil s’apparentant à un envol : il convient de se délester de poids inutiles et encombrants qui alourdissent les ailes de la conscience afin de pouvoir se hisser vers des réalités métaphysiques radieuses. Voilà pourquoi il importe d’apprendre à se détacher. Une double question peut être soulevée concernant le sens même du détachement, ainsi que les moyens mobilisés pour l’actualiser.

Devenir transparent

Nous allons tout d’abord évoquer ce que le détachement serin n’est pas, afin d’éviter des malentendus. La prise de recul inhérente au détachement ne s’apparente pas à une froide indifférence, émanant d’un cœur sec ou aigri. Le retrait ou l’intériorisation du sage n’est ni mouvement de fuite craintive, ni passivité de la paresse ou de l’inaction. Un détachement lumineux est sensible, profondément empathique, présent au monde et à autrui, il évite la dispersion d’un activisme décentré, ainsi que les méandres des labyrinthes intérieurs où la pensée s’égare et les sentiments se fourvoient. Se détacher demande de s’exercer à devenir transparent ou pur en cultivant un attachement profond à Dieu, père de toutes les bontés, pour accueillir Sa lumière douce et puissante qui propulse la volonté dans des actes porteurs de beauté car portés par la Grâce. Le détachement est ce qui permet de soulever la tête du disciple trop souvent courbée vers la terre en lui dévoilant le ciel étoilé, cet infini de perfections silencieuses, pour lui signifier combien les préoccupations « humaines, trop humaines » sont médiocres, futiles, insignifiantes ; il n’est pas sensé de s’en soucier tant. Se défier des servitudes et emprisonnements multiples, aussi bien intérieurs qu’extérieurs, condamnant l’homme à s’identifier à son petit moi ou ego, ce qui le prive des ressources infinies de son Esprit et le même inévitablement à la souffrance, voilà le mérite du détachement authentique.

Audace et intégrité

Le détachement n’est pas non plus une forme de résignation triste ou de renoncement subi. Les mécontents se donnent parfois l’apparence du détachement pour essayer de faire passer pour sagesse ce qui n’est qu’un défaut, une incapacité à orienter librement le cours de leur vie. L’indécision et la lâcheté, deux formes d’irresponsabilité trop largement répandues, mènent effectivement à une attitude distante vis-à-vis d’autrui ou des événements, mais il s’agit-là d’une démission qui n’a rien en commun avec la vocation lumineuse d’un homme accompli. L’impassibilité du sage ne résulte ni de l’accumulation de déceptions solidifiées, en amertume, ni d’une abdication résignée devant les efforts nécessaires à fournir afin de se construire un caractère audacieux et intègre. Sa calme confiance résulte de sa capacité à ramener toute réalité  une cause divine et ainsi, à lui donner un sens sacré. Comment être morne, froid, désenchanté ou désabusé lorsque la présence continuelle de Dieu dans la conscience se manifeste comme une réenchantement permanent ? Les louanges de saint François d’Assise au Créateur n’illustrent-elles pas cette profonde joie qui resplendit dans le cœur de l’homme habité par la présence divine ? « Que je sois si bienveillant et joyeux que tous ceux qui m’approchent sentent Ta présence » demandait le poverello dans sa prière matinale.

Un état de conscience adaptable

Le détachement éclairé n’est pas campé sur une posture rigide, un ascétisme mortifère ou une austérité excessive. Malmener volontairement le corps ne peut conduire à l’ »aponie » (absence de troubles physiques), constitutive de la sérénité du sage. Si le cheminement spirituel invite à une ascèse mesurée et à une discipline sérieuse, la finalité n’est autre qu’un équilibre dynamique, intelligemment et noblement adapté aux circonstances. « Rien de trop », disaient les sages grecs, signifiant ainsi que la démesure est rarement bénéfique. Le détachement ascétique, s’il peut s’apparenter à une déprise à l’égard des plaisirs matériels, ne reçoit ses lettres de noblesse que s’il est transfiguré par l’éclat resplendissant  de l’union de conscience à Dieu, donc relié à des degrés mystiques très élevés. Ces voies de spiritualité ardues sont le plus souvent réservées à des vocations en retrait du monde, consacrées à la sainteté. Mais pour l’homme de nos sociétés postmodernes, les renoncements à effectuer afin de se forger une conscience libérée sont plus en adéquation avec les obligations de sa condition. La privation exagérée qui rend inapte à remplir ses devoirs est contraire aux attentes spirituelles. Ainsi, le détachement tentateur qui reviendrait à abandonner le poste dans lequel Dieu nous a placés (situation personnelle et professionnelle) est raisonnable et illusoire. En effet, c’est au sein de nos obligations humaines que nous avons à travailler pour nous perfectionner et découvrir ainsi le vrai détachement qui est un état de conscience adaptable à toutes les situations de vie. Si la méditation ou le recueillement contribuent grandement à instaurer un apaisement et un resourcement intérieur, ils doivent être pratiqués en harmonie avec une vie active et responsable. Le détachement authentique est donc moins un retrait de l’action ou du monde qu’un recul intérieur qui permet de se relier à son Esprit et ainsi, de dédramatiser les situations auxquelles nous sommes confrontés, en les évaluant avec justesse.

Quelques outils simples

Nous allons maintenant envisager quelques moyens qui permettent de parvenir à un détachement véritable, solide et stable, épanouissant et fécond. Il convient tout d’abord d’essayer d’éviter d’être obnubilé par des désirs et des passions qui, ainsi que le dit la sagesse populaire, « tournent la tête », autrement dit, détournent du droit chemin. Bien des convoitises fascinent nos consciences en focalisant notre attention sur des objectifs extérieurs. Soumis aux désirs insatiables, l’homme décentré s’épuise et s’empêtre dans d’inextricables complications. Cette constante insatisfaction matérielle, affective ou intellectuelle, si elle n’est pas mesurée et maîtrisée par la raison, se transforme en tourment, en sentiments destructeurs et en pensées obscurcies, autant de dérives qui déstabilisent la conscience et la font souffrir. Une dépression n’est autre qu’un accablement où toutes les facultés sont immobilisées par les idées sombres, récurrentes, durcis en habitude. Il convient donc d’avoir du discernement et d’effectuer un tri dans nos habitudes psychiques. Se détacher de tout ce qui, en nous, constitue une tendance néfaste, voilà une petite clé en or pour ouvrir la porte du bonheur. Remarquons d’ailleurs que bien souvent les hommes se trompent quant à l’origine de leurs désagréments ; ce sont moins les situations en elles-mêmes que les jugements négatifs qu’ils se forgent à leur sujet, c’est à dire leurs interprétations nocives qui constituent une difficulté. Les stoïciens demandaient de distinguer ce qui dépend de nous (nos représentations) de ce qui n’en dépend pas (les faits) et d’agir en sorte de maîtriser ce qui est de notre ressort, sans s’inquiéter de ce qui nous échappe inévitablement. Pourquoi associer systématiquement un jugement qui nous perturbe à telle ou telle situation que nous ne pouvons de toute façon pas changer ?

Ta volonté soit faite.

Un second moyen pour actualiser un détachement bienfaisant, c’est de consentir à ce qui est, plutôt que de la subir en regimbant. Seul le fou se révolte contre sa condition ou se lamente sur son sort, enseignent les sages stoïciens. Quelle que soit l’épreuve : un décès, une maladie, un échec, une rupture, voilà autant de faits qui s’imposent, à nous de les accepter humblement, de les transformer patiemment pour en faire des occasions de perfectionnement. L’univers est orchestré de façon parfaite par le Logos (ou la Raison cosmique), si bien que tout a sa raison d’être, même si nous ne le comprenons pas toujours vu nos limitations. Nous voudrions que le monde se soumettre à nos désirs pour pouvoir enfin accéder au bonheur ; notre relation à la création divine est donc conditionnelle : si.. alors ce serait bien. Pourtant, le Christ nous enseigne dans sa prière (« que Ta volonté soi faire sur la Terre comme au Ciel ») qu’il faut offrir à Dieu une acceptation inconditionnelle ; tout est bine, même si… Les sages de l’Antiquité prônaient l’amor fati, l’amour du destin, ce qui ne revient pas à adopter une attitude fataliste en suivant l’argument paresseux « tout est déjà joué d’avance, il est donc inutile de faire des efforts », mais à découvrir une science joyeuse qui réinscrit notre marge de liberté dans les plans de la volonté divine ; « Dieu me demande de m’ennoblir et me présente des occasions pour m’y exercer ». La Providence guide et oriente les destinées tout en laissant à l’homme l’usage de son libre arbitre si bien qu’il lui est possible d’acquiescer à la volonté divine ou de lui résister. Le détachement spirituel est donc fidèle à un engagement sacré, il est à l’écoute d’un appel transcendant qui invite à voir les événements autrement : découvrir un ses profond derrière les apparences trompeuses permet de consentir à ce qui est en transformant ce qui s’impose en occasions de perfectionnement.

Ce qui revient à Dieu

Un troisième moyen pour mettre en pratique un vrai détachement, c’est d’apprendre à se décentrer. « Le moi est haïssable », disait Pascal. Effectivement, le petit moi susceptible, autocentré et barricadé dans ses peurs, ses dévergondages et autres déviances, doit être attelé au service volontaire du Divin, ce qui permet une sublimation progressive des pulsions et impulsions. Ainsi, le détachement conçu comme abnégation radieuse permet de mettre en pratique un amour désintéressé et généreux, dégagé des vicissitudes et des oscillations, des atermoiements et des contradictions. La plénitude radieuse qui émane du visage du sage provient de son aptitude à se libérer des « filets de l’oiseleur », c’est à dire des entraves du moi. Il s’agit de ne pas ramener à soi ce qui revient à Dieu ; comme toute perfection en nous participe d’un attribut divin, lorsque nous agissons bine, nous devons être conscients que le mérite en revient à Dieu présent en nous. Le vrai détachement est en fait un attachement constant et humble au service du Très Haut. Il en résulte une libération bienheureuse qui permet, ainsi que l’indique Spinoza, de considérer toute choses « subspecie aetermitatis » : du point de vue de l’Eternité.

Un parfum de paix

Pourquoi importe-t-il d’apprendre à se détacher ? Pour laisser l’Esprit agir à travers nous et, ce faisant, obtenir une sérénité stable, affranchie de bien des troubles. Le détachement constitue une ascèse spirituelle qui permet de prendre du recul face aux situations générant des perturbations mentales et affectives, tout en nous obligeant à rester fidèles à Soi et présents au monde. Cet état d’esprit dégagé et souriant, ouvrant l’âme à la béatitude, ne peut advenir que progressivement grâce aux enseignements et initiations qui jalonnent le cheminement d’une vie. C’est à travers les événements d’une vie engagée au service du bien commun, par amour de Dieu et des hommes, que se construit doucement en état de conscience lumineux, serein, détaché. Cette impassibilité créatrice, qui confère un parfum de paix à toute action tout en comblant l’âme de joie, n’est autre que l’apanage de la Sagesse.

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