Quel credo spirituel votre vision alimente-t-elle ?

Posté par othoharmonie le 30 décembre 2013

 

Question posée à Serge Tribolet

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S.T. : Je suis d’abord très touché et concerné par les philosophes Grecs, Platon, Plotin, etc.? Pour les Grecs d’avant Socrate, pas d’ambiguïté, l’extériorité de la pensée est encore totale. La Pythie de Delphes, par exemple, n’a pas à se consulter elle-même, mais juste à s’ouvrir au monde : elle voit un oiseau passer, ou un nuage d’une certaine forme, et elle parle, car le sens lui est directement dicté par le dehors. Avec le « Connais-toi toi-même » socratique démarre un mouvement d’intériorisation. Celui-ci va s’accentuer dans le christianisme et ne cessera de s’intensifier jusqu’à nos jours. Personnellement, je nourris mon âme à ces deux sources : la source grecque et la source judéo-chrétienne. Entre l’extériorité et l’intériorité. Mon rapport au christianisme passe par son gigantesque fonds philosophique, mais pas seulement. Je suis très sensible à l’esthétique chrétienne et tout ce qu’elle a engendré dans les domaines pictural et architectural. Tous ces domaines sont autant de pistes pour avancer dans ma réflexion clinique et dans mon approche thérapeutique. La connaissance des religions et de l’art devrait être impérativement au programme des études psychiatriques. Je constate que, sous le masque de la laïcité, se cache l’athéisme dont les ravages se font sentir non seulement sur le plan social mais aussi sur le plan individuel. Je ne crois pas à l’athéisme. Il me semble que c’est l’une des grandes impostures de notre époque, parce qu’en réalité, il y a toujours une transcendance. L’humanité en l’homme est la transcendance même. Qui pense quand je dis « je pense » ? Qui est ce « je » ? D’où vient ma volonté ? C’est une volonté intime, certes, mais d’où vient la volonté de cette volonté ? Il y a toujours un amont, une transcendance. Refuser d’entendre la question mystique revient à se boucher les oreilles quand on écoute un patient délirant. C’est le comble en psychiatrie !

N.C. : Vous voulez dire qu’il y a toujours une incomplétude, un trou noir au centre de celui qui dit « je », un « sujet manquant », comme aurait dit Lacan ?

S.T. : Selon la théorie lacanienne, le sujet fait l’épreuve de son manque dans le langage. Vous connaissez la célèbre formule de Lacan « Je dis toujours la vérité », et il ajoute « mais pas toute, parce que les mots manquent », et c’est justement par ce manque que la vérité tient au réel. Qu’est-ce que cela signifie ? Le réel est le hors langage, l’impensable. La réalité est langagière c’est-à-dire qu’elle peut être dite, imaginée, pensée. Autrement dit la vérité ne pourra jamais être « comprise » du fait de notre incomplétude. Notre condition langagière limite la portée de nos ambitions.

N.C. : Toute cette pensée ne sonne-t-elle pas très juive, l’Absolu inatteignable se laissant enfermer dans les lettres de la Torah et ne pouvant, partiellement, être connu que par celui qui lit et interprète ces lettres ?

S.T. : Bien sûr ! Nous revenons toujours d’une manière ou d’une autre à cette autre question biblique : « Qu’est-ce que la vérité ? ». Il ne faut pas oublier que le mot grec est aléthéia c’est à dire le « non oublié ». Or, l’Inconscient, c’est cela : le non oublié.

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