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Vivre Le Silence en conscience

Posté par othoharmonie le 3 janvier 2014

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Il peut sembler paradoxal de parler du silence, mais le silence dont il est question ici n’est pas une absence de pensées, de mots ou de bruits. Il est la substance même de l’univers et englobe tout. Il est un espace vide, qui ne peut être atteint comme un objet. Toujours présent, il n’y a rien de particulier à faire pour le trouver. Celui qui le cherche est l’obstacle.
Car le silence est ce que nous sommes. C’est un autre mot pour dire la conscience.

Plus le silence croît en nous, plus la conscience se déploie, s’élargit, occupe la place prise par le mental. Chacun de nos actes est alors éclairé par la lumière de la conscience.

Tous les êtres sont capables de laisser croître le silence en eux. Il s’agit simplement d’avoir confiance en sa propre capacité. La méditation peut être une aide pour percevoir notre capacité à nous fondre dans le silence, le corps et le mental naturellement en repos.

Lorsque, ainsi, nous sommes réceptifs aux sensations du corps, aux perceptions de l’esprit et que nous les accueillons avec un regard et une écoute neutres, nous nous ouvrons à notre être profond qui est silence. L’existence nous offre à chaque instant maintes occasions, si nous voulons bien être attentifs à chaque intervalle de silence qui apparaît subrepticement au milieu de notre vacarme mental ou du brouhaha extérieur, à ce fond immuable sur lequel se surimpose tout bruit.

Le silence n’est donc pas une absence de sons. D’ailleurs, certains sons nous révèlent le silence sous-jacent, le soulignent, et parfois nous y conduisent. Observons comme des notes de musique ou des chants d’oiseaux ne le dérangent pas, mais le rehaussent…

Le silence n’a rien à voir avec le fait de ne pas penser ou de ne pas parler. Il est ce qui sous-tend la pensée pleine d’humilité et la parole juste. La vie jaillit de ce fond et y retourne, la pensée ou la parole qui n’a nulle part où aller consent à y retourner… Que des mots soient utilisés ou non, que des actes jaillissent spontanément ou non, tout revient au silence. Quand aucune volonté personnelle n’intervient pour cristalliser le mouvement énergétique du mental, la perception pure se dissout naturellement dans le silence… Cela ne laisse aucun résidu, car il n’y a personne pour s’approprier la pensée ou l’action. L’énergie y est puissante, sans personne pour la tordre ou la dissiper, une grande créativité y est à l’oeuvre, sans aucune pensée pour la restreindre ou la manipuler.

Le silence n’est pas non plus juste une notion de bien-être. Comme la paix, il est la nature de notre être véritable. Nous devons arriver à le sentir à l’arrière-plan, à vivre constamment avec cette subtile attention qui transcende le temps. Les pensées ne sont plus alors projetées à partir de la mémoire, les actions surviennent spontanément, sans peur. Comment pourrons-nous le percevoir si nous ne calmons pas l’hyper-excitation de nos cerveaux, ce mal dont souffre l’homme contemporain et qui le coupe de son fond ? Nous ne comprenons plus ce que la vie, jaillissant perpétuellement de ce fond, a à nous dire. Nous ne nous entendons plus les uns les autres. La vraie communication est une interconnexion au sein de ce silence.

Seul l’être au cœur purifié, à l’âme dépouillée par sa marche dans le désert, est digne de rencontrer Cela qui l’attend de toute éternité et qui lui fera entendre ce qui naît du silence. C’est par le son d’un silence subtil, par le souffle d’une brise légère, un murmure doux et léger, qu’Elie eut la révélation du divin, après une marche de 40 jours et 40 nuits dans le désert. Sur le mont Horeb, celui-là même où eut lieu la rencontre de Moïse avec Je Suis, Elie entendit l’Eternel… Il n’était ni dans le vent violent, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu, est-il écrit…

Le contact avec la vraie réalité ne se produit que dans le silence, lorsque le mental est calme, lorsque ce n’est plus le moi qui agit. La nature de la pensée et de l’ego ayant été perçue, il est dès lors possible que soit franchi le seuil menant au silence originel, cette vibration éternelle qui continue de tout envelopper et de tout pénétrer à chaque instant. Ce n’est que dans ce silence que le saut en notre profondeur peut se produire… Un espace vide, où il n’y a personne, pas de moi, donc pas d’objet à nommer.

Au début, nous expérimentons un état silencieux. Pour y parvenir, nous sommes juste observation de chaque pensée, de chaque phénomène, sans qualifier, sans juger. Juste un regard paisible, détaché, sans motif particulier. Cette vision ralentit naturellement le fonctionnement du mental. Nous devenons cette contemplation silencieuse… Peu à peu, l’observateur se dissout dans le silence. Un jour, nous sommes le silence, qu’il y ait absence ou non de manifestations. Le sujet ultime est ce silence. L’esprit vide, nous continuons de penser, de parler, d’agir. Le processus est spontané. Tout provient directement de ce fond silencieux, et tout se déroule en lui. Notre attention, notre vision, notre écoute, sont silence. Nous sommes établis dans notre être profond, nous pouvons parler ou agir, cela ne change rien. Le silence est l’essence de notre être profond. Il est continu. Nul besoin d’effort pour l’obtenir. Il est le cœur, la matrice d’où émerge le souffle indifférencié et où convergent les énergies manifestées, où tous les objets disparaissent (y compris le moi). Il est le lieu où se rencontrent et se dissolvent les opposés. Il se déploie en nous lorsque se révèle l’exacte identité entre l’absolu et le relatif, entre la source et l’expression.

Le silence est l’un des noms de la conscience vide, sans objet. Il est sa substance, l’espace rendu à sa vacuité originelle, lorsque l’esprit se repose en sa vacance. C’est nous-mêmes. Nous ne sommes pas le contenu souvent bruyant qui encombre notre espace intérieur. Nous sommes le contenant dont la nature est silence. La conscience est pure perception, libre de tout commentaire, le contenant qui contient tous les bruits. Ce contenant – sujet ultime, silence, vide – n’est pas perceptible, objectivable. Dès que nous le percevons, c’est le reflet du silence – conscience – sujet ultime – qui est perçu…

Lorsque, par l’expérience de la mort proche, fut réalisé le saut dans l’espace de la conscience pure, sans objet, tout mon être se trouvant dans un état d’abandon total, l’esprit vide, les sens retirés, ce fut le silence. Il n’y eut aucun son lorsque ma conscience s’immergea dans la Conscience cosmique. Ce n’était pas effrayant. On se sent pleinement en vie dans ce vide qui est paix et joie… La perception était celle d’une respiration unique, comme une pulsation continue. L’intelligence de l’énergie cosmique se tient là, dans cette vacuité silencieuse. C’est elle qui enseigne. En ce vide d’une profondeur sans limite, le silence, sorte de chuchotement divin, communique le mystère de la vie. C’est par le silence que se révèle ce qui nous conduit au Silence. La Réalité n’est accessible que par et dans le silence. Tout est alors connu dans la lumière et par la lumière… Lorsque nous revenons à la perception du monde terrestre, le silence est vécu en continu comme notre véritable demeure, comme la matrice de l’univers. Il imprègne tout notre être, accompagne tous nos gestes, englobe tout.

Il nous est seulement demandé d’entendre ce que nous dit l’univers. Pour cela, aucune religion, aucun dogme, aucun système organisé n’est nécessaire… Chaque être humain est capable, seul, d’écouter le message ininterrompu. Ce son du silence qui est perçu, entendu, est semblable à celui qui perçoit, entend. Cette vibration est sans commencement ni fin, éternelle et toujours renouvelée, immobile et en mouvement, puissante et subtile. Elle est en chaque être, de façon substantielle. Elle est lui-même…C’est seul, aspiré du dedans, qu’il peut se découvrir être l’univers entier.
« Tiens-toi en silence et ta parole sera Sa parole.» (Rûmî)

Le silence est la substance éternelle dans laquelle baigne l’univers. Il est l’origine. Il ne faut pas avoir peur de lui lorsque nous le découvrons. Il émane du plus profond de ce que nous sommes et nous y mène. Il est le souffle cosmique qui nous traverse. Il est la liberté de notre espace intérieur. Il est là dès que nous sortons de nos petits moi, dès que le mental diviseur entre le monde et notre réponse au monde se calme. Il nous révèle ce qui est réellement manifesté. C’est cette voix sans son qui chante la mélodie d’amour de l’univers. Le silence est le couronnement de l’amour, son exaltation et son repos. S’absorber en lui n’est autre que réaliser notre nature éternelle. Couler en lui, c’est se fondre dans l’océan et disparaître, comme la goutte d’eau.

Prés de Pondichéry, se trouve le sanctuaire du Natarâja, qui représente Shiva accomplissant sa danse cosmique, cette pulsation éternelle de création et destruction. A côté, se trouve, dit-on, le vrai dieu de la danse dissimulé derrière un voile. Lorsqu’on tire ce voile, il n’y a qu’un espace vide…

extrait de Vivre en Conscience Christiane Singer http://www.laconscience-espace.com/index_fr.html

 

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Jacob BOEHME Ou la noble vierge

Posté par othoharmonie le 3 janvier 2014

 

 « Sa devise ou son inscription ordinaire, particulièrement dans ses lettres, fut : notre salut dans la vie de Jésus-Christ en nous, pour marquer la réunion sublime de l’homme avec Dieu, par la foi dans l’amour de Jésus-Christ, où est la noblesse véritable originelle et la consolation suprême des âmes fidèles, selon le degré le plus parfait, avec une allégresse inexprimable et une paix éternelle. »

220px-Jacob-BöhmeL’œuvre de Jacob Boehme constitue une somme de connaissances traditionnelles qui ne peuvent être ignorées : qu’il s’agisse de la naissance de Dieu, de la régénération de l’âme, ou sa seconde naissance, et du temps présent, qui est le temps des lys.

             Parmi les voies d’accès à l’ésotérisme occidental, en effet, c’est-à-dire en lien avec le centre de la Tradition occidentale, à côté de la voie de « Dieu dans l’Unité pure », selon Maître Eckhart, et de la tradition hermétique et alchimique, on rencontre une troisième voie, la plus proche de nous, au moins historiquement, qui est la voie de la Sagesse divine, ou encore de « la chaste vierge de la Sagesse divine ou Sophie », d’après Jacob Boehme.

En fait, il serait beaucoup plus exact de parler d’une confluence de ces deux voies venant se rejoindre effectivement dans l’œuvre magistrale de Jacob Boehme. C’est ainsi que ce dernier dira, d’une part – pour marquer la parenté de la voie hermétique et de la voie théosophique : « La régénération de l’homme après la chute d’Adam s’accomplit de la même manière que la naissance de la nature éternelle, et l’œuvre des Sages à la recherche de la pierre philosophale ne se déroule pas autrement » (De la signature des choses, VII, 78). Et d’autre part, – on se souvient que pour Maître Eckhart, il n’existe d’autre mode de réalisation que le détachement, de soi et de tout le créé : « Celui qui veut sonder le fond divin, c’est-à-dire la manifestation divine, doit réfléchir d’abord à quelle fin il l’entreprend, s’il est aussi bien résolu à pratiquer ce dont il veut s’instruire, s’il veut s’en servir à la gloire de Dieu et au bien de l’humanité: s’il demande à mourir au monde et à sa volonté propre, à vivre dans ce qu’il cherche et désire, et à être un seul esprit avec lui » (Clef ou Explication des divers points et termes principaux).

            Cette voie de la Sagesse divine, inaugurée par Jacob Boehme, né en 1575, en Saxe, sera prolongée après lui par des disciples nombreux, dans toute l’Europe et jusqu’à nos jours. Même s’il convient de remarquer que l’influence de son œuvre fut parfois plus superficielle que réelle, et même que, parfois, elle fut confondue avec la voie mystique, la voie de l’Union. Or, il s’agit bien d’une voie de l’Unité, quand même le terme de la voie de la Sagesse divine n’est pas le « baiser de la Déité », comme pour Maître Eckhart, mais vise les « tréfonds de l’acte créateur trinitaire » : il est question dans les deux cas d’une expérience libératrice de tout le monde créé. 

            Cette voie nous rappelle, enfin, que « tout homme, fût-il philosophe, fût-il théosophe, ne désire que Sophie », cette Sophie dont Jacob Boehme affirme que « son époux est l’âme de l’homme » et qui représente effectivement pour ceux qui on reçu son appel, et qui, ayant répondu à cet appel, ont eu connaissance de son visage qui est à la ressemblance du visage de leur propre âme, le premier terme de leur ascension spirituelle, à l’orient de leur âme, avant le face à face avec la divine Sophia qui en forme le second terme, à l’orient de leur être, là où cessent les théophanies. Car, comme le remarque Marie-Madeleine Davy, « le retour n’inaugure pas un conjointement avec l’état d’Adam avant l’apparition d’Eve (donc de la connaissance sensible), mais un retour à la condition de l’âme en Dieu avant sa création ».

Notice biographique

 Jacob Boehme est né en 1575, près de la ville de Görlitz, à la frontière actuelle de la Pologne et de l’Allemagne, de parents qui étaient de simples paysans de Haute-Lusace et qui, ayant remarqué qu’il manifestait quelques dispositions, l’envoyèrent à l’école, et lui firent apprendre le métier de cordonnier. C’est alors qu’il se trouvait en apprentissage que Jacob Boehme reçut la visite mystérieuse d’un Etranger de qui il recevra son initiation :

 « Il me raconta lui-même que pendant qu’il était en apprentissage, son maître et sa maîtresse étant absents pour un moment, un étranger vêtu très simplement,  mais ayant une belle figure et un aspect vénérable, entra dans la boutique, et prenant une paire de souliers, demanda à l’acheter. Mais il n’osa pas les vendre; l’étranger insistant, il les lui fit un prix excessif, espérant par là se mettre à l’abri de tout reproche de la part de son maître, ou dégoûter l’acheteur. Celui-ci donna le prix demandé, prit les souliers, et sortit. Il s’arrêta à quelques pas de la maison, et là d’une voix haute et ferme, il dit : Joseph, Joseph, viens ici. Le jeune homme fut d’abord surpris et effrayé d’entendre cet étranger qui lui était tout à fait inconnu l’appeler ainsi par son  prénom de baptême; mais s’étant remis, il alla à lui. L’étranger, d’un air sérieux mais amical, porta les yeux sur les siens, les fixa avec un regard étincelant de feu, le prit par la main droite, et lui dit : Joseph, tu es peu de chose, mais tu seras grand, et tu deviendras un autre homme, tellement que tu seras pour le monde un objet d’étonnement. C’est pourquoi sois pieux, crains Dieu, et vénère Sa parole; surtout lis soigneusement les Écritures saintes, dans lesquelles tu trouveras des consolations et des instructions, car tu auras beaucoup à souffrir, tu auras à supporter la pauvreté, la misère et des persécutions; mais sois courageux et persévérant, car Dieu t’aime et t’est propice. Sur cela l’étranger lui serra la main, le fixa encore avec des yeux perçants, et s’en alla, sans qu’il y ait d’indices qu’ils se soient jamais revus. Jacob Boehme n’en faut pas peu étonné et de cette prédiction et de cette exhortation. La physionomie de cet inconnu lui planait toujours devant les yeux. »

 Après avoir terminé son apprentissage, Jacob Boehme voyagea, se maria à Görlitz – il aura quatre enfants de ce mariage.

A l’âge de 25 ans, en 1600, un nouvel épisode spirituel survient : « Après avoir gagné sa vie à la sueur de son front, comme un ouvrier laborieux doit le faire, raconte Abraham de Frankenberg, il fut de nouveau saisi, au commencement du 17ème siècle, c’est-à-dire en 1600, à l’âge de 25 ans, de la lumière divine, avec son esprit astral animique, par l’aspect subit d’un vase d’étain, dans le fond le plus profond, ou dans le centre de la nature secrète. Voulant bannir, dans le doute où il était, cette idée de son cœur, il passa le pont de Görlitz, qui était près de sa maison, pour se dissiper dans les champs couverts de verdure, et néanmoins il ressentit de plus en plus l’aspect qui venait de se présenter à lui, en sorte que par le moyen de ses empreintes ou figures naturelles, des ligaments et des couleurs, il avait pu, pour ainsi dire, pénétrer dans le cœur et dans la nature la plus secrète de toutes les créatures »  .

Peu après, «il est appelé une troisième fois, selon la volonté et le conseil secret de Dieu; il est inspiré de l’Esprit Saint, doué et fortifié par une lumière nouvelle et par un don nouveau. Pour ne point oublier une si grande grâce qu’il venait d’obtenir, et pour ne point désobéir à un maître si saint et si consolateur, il se mit à composer en 1612 (cependant uniquement pour lui-même) » .

Le premier ouvrage de Jacob Boehme est son Aurore naissante. Mais, ce livre « ne devait jamais voir le jour, et encore moins être imprimé. » En effet, « le bruit s’en répandit dans le public, et parvint jusqu’aux oreilles du premier pasteur de Görlitz, appelé Grégoire Richter, qui, sans l’avoir vu ni examiné, le condamna du haut de la chaire »  . A la suite de cet épisode, Jacob Boehme se trouve réduit au silence pour de longues années.

1618-1624

Cependant, « ayant été fortifié et réveillé par une quatrième impulsion de son fonds intérieur, et ayant été excité par des gens craignant Dieu et versés dans les sciences naturelles, à ne pas cacher la lumière sous le boisseau, mais à la répandre de plus en plus, il se décida à reprendre la plume »  .

Voici ce qu’il dira de cette « impulsion » :

« La vierge ou SOPHIE m’a fidèlement promis de ne point m’abandonner, dans aucun besoin ; elle veut venir à mon secours dans le fils de la vierge ; il faut seulement que je m’attache à lui, il saura bien me ramener à elle dans le paradis : c’est où je veux entreprendre d’aller, au travers des ronces et des épines, au travers de toutes sortes de dédains et de mépris qui peuvent m’assaillir, jusqu’à ce que je retrouve ma patrie, d’où mon âme est émigrée, et où ma chère vierge SOPHIE demeure. Je me repose sur sa fidèle promesse, lorsqu’elle m’apparut, me disant qu’elle voulait convertir en de grande joies toutes mes tristesses ; et lorsque j’étais sur la montagne vers le nord, et que tous les arbres tombèrent sur moi, que tous les vents orageux m’assaillirent, et que l’Antéchrist ouvrit sa gueule devant moi pour me dévorer, elle vint à moi pour me rassurer et se marier avec moi »

            Commence alors la vie aventureuse de Jacob Boehme, au cours de laquelle il rédigera tous ses ouvrages et qui s’achèvera en 1624, puisqu’il meurt cette année-là, à l’âge de 49 ans : « Après avoir fait une profession de foi évangélique et avoir usé du gage de la grâce, il est mort le dimanche 17 novembre (1624). Ayant fait appeler et demandé à son fils aîné : s’il entendait aussi la belle musique? Sur sa réponse négative, le moribond ordonna d’ouvrir la chambre afin qu’on entendît mieux le chant mélodieux »  .

Extrait sur le site http://www.moncelon.com/boehme.htm

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La magie des chants de Taizé

Posté par othoharmonie le 1 janvier 2014

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Impossible d’évoquer Taizé sans parler de tous ces chants méditatifs qui rythment les temps de prière commune. Des formules brèves et répétitives (reprises longuement en latin, en français et dans toutes les langues) qui s’inspirent à la fois des litanies orthodoxes et des chants populaires du Moyen-Age ou de la Renaissance. Reprenant les paroles des psaumes, des Pères de l’Eglise, de sainte Thérèse d’Avila, de saint Jean de la Croix ou de Frère Roger, ces refrains colorent les célébrations d’une manière très particulière. Edités dans les cahiers Chants de Taizé, les textes et les mélodies sont d’une grande simplicité. C’est aussi ce qui explique leur succès. Diffusés dans plus de 150 pays, et traduits récemment en coréen, en chinois et en slovaque, ils contribuent encore à la renommé de Taizé. 

« Pour ouvrir les portes de la confiance en Dieu, rien ne remplace la beauté des voix humaines unies par le chant », témoigne Frère Jean-Marie, chantre de la communauté, originaire de New-York. « Cette beauté peut faire entrevoir la joie du ciel sur la terre, comme l’expriment les chrétiens d’Orient. » Très pacifiants, ces chants font découvrir aux jeunes qui les entonnent un monde qui leur est souvent inconnu, celui de leur propre intériorité. Car ces refrains n’ont pas seulement pour but d’animer la prière, mais de conduire au silence. 

Les premiers cantiques de Taizé (des psaumes et des hymnes monastiques) datent du début des années 1950. Ils sont l’œuvre du père Joseph Gelineau, liturge et musicien, l’un des principaux artisans de la réforme liturgique en France. Dans les années 1960, l’afflux de jeunes venus du monde entier oblige les frères à développer un répertoire multilingue. Ils traduisent leurs hymnes en différentes langues et font appel à des musiques populaires de différents pays. S’appuyant sur la tradition des canons des Eglises d’Europe centrale, la communauté adopte le chant Jubilate Deo, du compositeur luthérien Michel Praetorius (1571-1621). Bien connu des Allemands, ce refrain va connaître un succès considérable et se répandre dans toute l’Europe.

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http://youtu.be/sKVsQCkfvZI

Fort de cette expérience, les frères font appel à Jacques Berthier, organiste à l’église Saint Ignace à Paris, pour qu’il compose des chants méditatifs sur le même modèle. Nous sommes en 1974. C’est le début d’une longue et fructueuse collaboration avec Frère Robert, le responsable de la musique de l’époque. Pendant près de vingt ans, celui-ci va envoyer à Jacques Berthier des textes litaniques avec des directives de mise en forme. La capacité de ce dernier à trouver l’accent juste des mots, même dans des langues qui lui sont étrangères, et la créativité dont il fait preuve dans la mélodie et l’harmonie des voix vont contribuer à la renommée des chants de Taizé. Ensemble, ils signeront près de 80 titres. Aujourd’hui, quatre frères musiciens (dont Frère Jean-Marie), conseillés par un compositeur suisse pour les harmonisations, ont repris le flambeau. Chaque année, de nouveaux chants sont ainsi édités et font l’objet d’un enregistrement sur CD diffusé dans le monde entier. Le dernier en date, « O Toi, l’au-delà de tout » a déjà été vendu à plusieurs milliers d’exemplaires.

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http://youtu.be/U8cbNAwwQhU

article paru sur http://www.lavie.fr/religion/spiritualite

 

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Oui, la souffrance a une fin

Posté par othoharmonie le 1 janvier 2014

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Nous abordons la vie en fonction de ce qui nous plaît et nous déplaît. Cette attitude est à l’origine de toutes les formes de souffrances psychiques, car elle génère un conflit entre celui qui vit l’expérience et ce qui survient. Le désir de fuir l’évènement ou de vivre autre chose que ce qui est, crée une division entre celui qui expérimente et la réalité des choses. Il y a alors volonté de dépasser cette contradiction, en l’évitant ou en tentant d’agir sur l’évènement. Pour comprendre la souffrance, nous devons découvrir ce conflit, cette dualité entre celui qui rejette, contrôle, ou même accepte, et l’évènement tel qu’il est. Dans cette division, le temps intervient et la souffrance commence à courir le long de cette distance créée par la pensée.

Le contact avec la réalité de l’évènement est rompu, car c’est à partir de la mémoire que la pensée surgit. Tout est alors regardé à partir de cette mémoire, c’est-à-dire d’un savoir et d’expériences du passé, et ce sont eux qui dictent leur loi à la réalité du moment présent. Il n’y a plus de contact direct avec ce qui est. Toute notre existence devient une suite de conflits entre ce qui est et ce qui devrait être, ce qu’il faudrait faire ou ne pas faire pour satisfaire nos désirs de bonheur. Cette agitation mentale nous empêche de regarder l’évènement tel qu’il se présente, la situation telle qu’elle est, mais aussi la souffrance telle qu’elle a pris forme en nous, et qui n’est souvent devenue qu’une idée que nous nous en faisons…

Nous nous voyons comme un paquet d’expériences accumulées qui s’oppose à tout ce qui pourrait le perturber. Cette empreinte mémorisée fait que nous nous pensons en termes de temps, d’évolution, de devenir. Donc, la frustration et la peur sont là. La souffrance est étroitement liée à la peur. La peur nous emprisonne dans une structure mentale sécurisante qui n’est pas digne de ce que l’être humain est appelé à vivre. Chacun de nos actes est entaché d’anxiété, accompagné d’émotions perturbantes créées par une pensée qui s’affole devant l’inconnu. Notre esprit résiste, bataille contre l’incertitude, se raccroche obstinément au connu, se met en fuite de crainte de perdre ce qu’il connaît, par peur de souffrir et… nous mène tout droit à la souffrance !

Nos vies sont sous l’emprise de nos esprits submergés de bavardages, imprégnés de théories et de croyances qui édifient et consolident nos détresses. Nous nous infligeons à nous-mêmes de la souffrance en laissant le mental nous diriger. Nous ne voyons plus que ce que notre esprit nous autorise à voir, à travers le voile tissé du flot ininterrompu des pensées. Il se produit une fausse perception de ce qui est vécu, car ce n’est pas la vraie réalité qui est vue mais sa représentation mentale, fruit de nos multiples conditionnements. Le défilement des pensées qui reviennent sans cesse pour condamner ou répéter les expériences qui nous sont proposées recouvre la pure perception de ce qui est. Notre mental vient sans cesse se surimposer au simple fait de voir ou de sentir. Il exerce une pression sur chaque chose, saisit la vie à l’aide de concepts au lieu de la laisser s’accomplir en nous. Il voudrait que tout soit certain dans les théories qu’il échafaude, dans tous les aspects de la vie quotidienne. Il est incapable d’affronter l’incertitude et fuit le présent à chaque instant renouvelé, dans une perpétuelle et illusoire poursuite d’un devenir stable. Il n’y a jamais de contact profond avec la vie, qui est ainsi traversée sans que nous soyons véritablement conscients de sa beauté. Elle est sans arrêt fragmentée, divisée par notre esprit en bien/mal, bonheur/malheur, moi/autre. Toute notre douleur – et celle de l’humanité entière – est contenue dans cette fausse conception de la vie.

La cause principale de nos douleurs psychiques est la résistance mentale que nous créons face aux changements proposés par la vie. Notre souffrance se nourrit de nos réactions de fuite ou d’opposition, de nos angoisses et de nos espoirs, conséquences de tous nos conditionnements. Elle repose sur la croyance que quelque chose nous manque et qu’il faut l’obtenir, ou que quelque chose de mauvais s’impose à nous et qu’il faut s’en débarrasser. Cette illusion que nous devons modifier ou supprimer ce qui est fait partie de notre processus mental, et la souffrance engendrée n’appartient donc qu’à lui. Elle est une spéculation mentale. Ce qui ne signifie pas qu’elle est une chose abstraite : elle est bien réelle pour celui qui la vit. Lorsque nous souffrons, nous souffrons. Tant que nous ne parvenons pas à laisser notre esprit en paix, à observer simplement ce qui nous est proposé, sans implication mentale entrainant jugement, résistance, fuite ou culpabilité, nos souffrances nous apparaissent réelles. 

C’est par le sentiment d’un moi solide, mais aussi vulnérable, donc craintif, qu’apparaît la souffrance. Tant qu’il y a ce moi rempli de peurs, qui se prend pour l’acteur de la vie, il y a division et conflit. Ce sentiment d’une identité qui existe à travers une histoire nous fait vivre sans cesse dans un rapport conflictuel avec les autres, mais aussi à l’intérieur de nous-mêmes. Tout est vu et vécu à partir de ce centre .Or ce moi si précieux n’a pas d’existence indépendante. Il apparaît seulement dans le champ de la conscience comme une fonction mentale en rapport avec une situation et a vocation à y retourner. Découvrir ce qu’il est exactement, le connaître pour comprendre ses peurs et ses angoisses, revient à découvrir les racines de notre souffrance.

La première chose à voir est que notre petit moi veut durer, à l’abri de toute insécurité, de tout changement, alors que vivre c’est mourir à chaque instant à toute chose. Ainsi, nous n’osons plus vivre, nous ne sommes plus en contact direct, intense, avec la vie. La mort à chaque chose vécue est la nature même de la vie, qui ne peut être qu’en se renouvelant. Nous ne savons pas intégrer ce mouvement continu, nous tenir prêt à mourir à notre plaisir, à notre chagrin, à l’expérience proposée, à notre histoire personnelle, à notre moi. Vivre, c’est accepter la perte de nos proches, de nos biens, de notre travail, de notre réputation… la perte de tout, qui sera à la fin inévitable. Nous devons consentir à vivre avec la mort à chaque seconde afin que notre esprit ne soit pas entrainé à donner une continuité aux choses, inéluctablement emportées dans le courant d’énergie. C’est notre désir de permanence au sein du mouvement d’apparitions et de disparitions qui nous fait tant souffrir.

Il nous faut découvrir ce qu’est ce moi, l’observer et le comprendre. Tant que nous n’aurons pas vu que c’est cette entité sous influence, éduqué socialement pour la lutte et la compétition, à la recherche constante d’innombrables plaisirs, que nous prenons pour notre véritable identité, nous souffrirons. La souffrance signifie que nous vivons à partir de ce que nous ne sommes pas. Nous ne sommes ni la succession de nos désirs, ni l’addition de nos expériences. Tant que nous vivrons avec une représentation personnelle de la vie à travers des pensées, des émotions et des actes, nous connaitrons la souffrance. Or, il n’y a rien de personnel que ce moi puisse faire, si ce n’est s’insérer dans le flux de la vie, accueillir le mouvement, consentir au changement. Tout est vécu alors à partir d’un espace qui se révèle en nous, paisible et libre. C’est son mouvement universel qui nous anime, et sa liberté devient notre liberté. Notre essence est cette énergie de la vie, cette réalité pure, immuable, infinie, vide et lumineuse à sa source. Comment découvrir ce qu’est la réalité, comment remonter jusqu’à la source de la vie si nous avons peur de la puissance du flot d’énergie qui porte notre existence ? Osons vivre, soyons passionnés, ressentons chaque chose intensément, la beauté comme la misère, embrassons chaque occasion que la vie nous donne de comprendre et d’aimer. Ainsi la vie prend son véritable sens, qui n’est pas celui d’un progrès, d’un avantage ou d’un gain quelconque. 

Notre esprit trop rempli déborde d’idées, juge, condamne selon d’innombrables fluctuations mentales qui sont autant d’identifications réflexes. Mais si nous arrivons à nous placer dans une position d’extrême attention à ces automatismes de la pensée, si nous les observons, sans nous engager, sans chercher à nous en débarrasser, les regardant simplement, notre mental s’apaise peu à peu, de lui-même. Il calme son fonctionnement parasite et ne nous emporte plus dans ces réactions amplifiées de peur, d’agressivité ou d’abattement que nous connaissons habituellement. Seule la partie fine, sensible, pénétrante de l’esprit est alors utilisée, et elle nous place dans une vraie réceptivité. Les pensées n’ont plus d’emprise sur notre conduite et se révèlent telles qu’elles sont en réalité : des impressions qui apparaissent dans le vide de la conscience. Il ne s’agit pas d’essayer de les supprimer, car elles sont un moyen d’expérimenter la vie et cet effort produirait un autre conditionnement, mais de cesser de les entretenir et de les considérer comme réelles, solides, permanentes.

Vivons avec attention. L’attention n’est autre que la prise de conscience de l’apparition puis de la résorption de chaque chose, à l’instant où cela se produit. Par le regard pénétrant dirigé vers la source du flot mental, nous entrons en résonance avec le point d’origine de la vie, avec la réalité ultime. Cette réalité est hors de portée de la pensée liée au temps et soumise aux désirs de l’ego. Elle est un espace silencieux, vide. Elle est ce qui, en nous, accueille comme une coupe largement ouverte, ce qui, affranchi du corps/mental, a la capacité de voir, d’intégrer et de guérir. En ce lieu de paix, les peines et les angoisses se dissipent d’elles-mêmes, sous l’effet de notre ouverture, de notre vision intégrale, de notre conscience totale de ce qui est. Il n’y a plus la moindre distance créée par la pensée, mais contact direct avec les faits tels qu’ils sont proposés par la vie. S’ouvre alors un espace immense de liberté où il n’y a plus le moindre conflit possible entre ce qui est et ce qui devrait être, et donc plus de souffrance possible. Cette fusion entre l’observateur et l’évènement proposé ne peut avoir lieu que lorsque l’esprit est calme, immobile, sans effort pour essayer de l’être. Ce n’est pas quand le penseur n’existe plus, mais quand la pensée s’est libérée de toute réaction générée par ses conditionnements. 

Aucun évènement qui survient n’est en lui-même souffrance, pas même la grave maladie ou le handicap. Toutes les circonstances de la vie sont l’occasion d’une silencieuse découverte de la paix inhérente à chaque expression de la réalité. C’est notre regard alourdi par nos pensées et nos émotions qui est porteur de souffrance. Nous sommes incapables de poser sur les évènements une attention profonde et aimante. Nous aimerions tellement que la réalité soit autre ! Par exemple, dès que notre corps devient faible ou douloureux, notre esprit génère aussitôt une angoisse due à notre identification au corps et à la peur de ne plus pouvoir contrôler notre vie comme nous l’entendons. Nous regrettons l’état de santé antérieur, nous imaginons le pire et nous nous infligeons une fuite ou une bataille désespérée devant ce qui est. Vouloir guérir à tout prix est signe que nous refusons le changement, l’impermanence au sein de tout phénomène. Pourquoi le corps, qui n’est rien d’autre qu’une forme apparente et limitée de notre être véritable, ne connaitrait-il que l’état de santé ? Même dégradé, il est un moyen par lequel la vie s’expérimente, avec une finesse de perception qui va bien au-delà de cette forme. Il s’agit de l’accepter changeant, d’admettre sa dégradation, de l’aimer aussi et, bien sûr, de le soigner. A notre mort, l’abandon de ce corps vient nous rappeler que seule la conscience demeure, de toute éternité. C’est lors d’une grave maladie, tandis que je me tenais dans un état de disponibilité totale, sans attente de quoi que ce soit, que j’ai pu découvrir la réalité de notre nature véritable. Mon corps sur le point de périr fut l’instrument par lequel l’énergie cosmique investit ma conscience, la déploya jusqu’à ce qu’elle se fonde dans l’espace infini.

Nous avons tous la capacité de percevoir la maladie exactement telle qu’elle s’exprime à travers ses symptômes, sans l’interférence de pensées parasites. Nous pouvons tous comprendre la maladie, c’est-à-dire la prendre en nous, l’intégrer, afin d’abolir tout conflit, toute dualité, source de souffrance. La lutte, l’attente obstinée de la guérison provoquent tensions et angoisses. Allégeons-nous, apaisons ce qui en nous recherche un but, ne nous attachons pas à notre douleur, nous ne sommes pas elle. Il existe une dimension qui n’est jamais dégradée. Au niveau absolu, celui de notre véritable nature, la maladie n’existe pas. Il n’y a rien à guérir. Sur le plan de notre destinée terrestre, la maladie nous offre l’occasion d’avoir une générosité d’abandon de soi, sans condition, sans exigence. Nous ne la voyons plus alors comme une manifestation pénible, mais comme une invitation à creuser au plus profond de la vie, à découvrir son sens au plus intime de notre être. Nous ne voyons plus seulement la déchéance physique mais notre véritable nature qui se tient derrière, intacte, vide de toute croyance en une souffrance. Quelle que soit l’évolution de la maladie, nous acceptons qu’elle fasse partie de notre voyage terrestre car nous savons que notre nature fondamentale demeure inchangée. Ainsi vue, la maladie développe notre capacité de patience, de douceur, de sagesse, de compassion envers tous ceux qui souffrent. Elle a un sens profond, comme chaque chose que nous expérimentons ici. La maladie est toujours porteuse d’un message qui nous indique une voie de transformation, de réajustement à ce que nous sommes ou de libération de notre identification au corps. Quelle que soit la dégradation de celui-ci, ne nous sentons pas misérables, car nous sommes aimés tels que nous sommes… 

La douleur physique est une réaction nerveuse et nous disposons maintenant de moyens pour l’adoucir. La douleur psychologique survient lorsque nous nous accrochons à notre petit tas personnel d’accumulations, constitué de savoirs et d’expériences que nous avons fait nôtres, et que nous nous opposons à tout ce qui vient le déranger. Il faut parfois de nombreux coups pour que nous acceptions d’être dérangés et de nous interroger sur l’origine et la nature de notre souffrance. Ce que nous appelons épreuve nous est proposé pour nous sortir de notre torpeur, nous bousculer dans nos certitudes, nous arrêter dans nos conquêtes extérieures et nous placer sur la voie qui mène à soi. Les évènements sont parfaitement accordés à ce que nous devons vivre, à notre intériorité, mais par notre incompréhension, nous préférons fuir ou nous isoler, nous replier sur nous-mêmes ou nous révolter. L’épreuve est une proposition d’ajustement ou de dépouillement qui nous est faite, mais nous l’accueillons rarement comme une invitation à nous transformer, à faire retour sur ce que nous sommes véritablement. Nous ne la comprenons pas car nous voulons y échapper, en comptant sur un sauveur ou un idéal, en nous étourdissant dans les distractions, en nous réfugiant dans le travail ou en sombrant dans une névrose… Alors la souffrance finit par engourdir notre esprit, insensibiliser notre cœur. Nous nous y habituons et devenons indifférents, autant à notre propre souffrance qu’à celle des autres. Nous ne la reconnaissons plus et nous nous fermons à toute compréhension profonde de ce qu’elle est, et donc à toute possibilité de nous en libérer.

Car oui, la souffrance a une fin, et sa fin donne la paix… Elle se trouve dans sa rencontre, dans son contact direct, sans l’intermédiaire d’un moi séparé qui la rejette ou l’accepte. Si je peux comprendre ce qu’elle est véritablement, c’est-à-dire l’intégrer totalement, la regarder sans division, sans la verbaliser, sans émettre de jugements dessus, l’esprit complètement vide à son sujet, elle se dissout. Dans le contact direct avec elle, sans fuite, sans évasion, sans explications ni espoirs non plus, sans tout ce processus mental complexe qui se met en route, il n’y a plus de place pour la peur. C’est cela, la vraie libération, et non le refuge dans des solutions superficielles qui ne satisfont que nos egos.

La vie nous manifeste sans cesse son amour, même à travers le pire des malheurs. Mais nous, nous avons pris l’habitude de sélectionner ce qu’elle nous offre, nous lamentant si elle ne satisfait pas nos désirs égotiques… Il s’agit d’arriver à nous abandonner à son énergie de compassion, avec une confiance absolue en tout ce qu’elle nous présente. Il n’est pas d’autre intelligence.

extrait de Vivre en Conscience Christiane Singer http://www.laconscience-espace.com/index_fr.html Revue 3e Millénaire n° 99  

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