Un nouveau débat s’ouvre avec les sceptiques

Posté par othoharmonie le 17 février 2014

 

imagesN. C. : Le moment serait propice à un changement de fond ?

R. S. : Oui, C’est ainsi que j’ai pu lancer une collaboration avec mon vieux challenger, le Pr Lewis Wolpert, qui a systématiquement attaqué mes travaux depuis des années. Ce biologiste est l’un des défenseurs les plus acharnés de l’interprétation matérialiste et mécaniste de la vie. Début 2009, il a expliqué que, lorsque l’on possèdera l’intégralité d’un génome humain particulier, il sera possible de prévoir chaque détail des formes de cette personne et, bien mieux, de transformer ces formes, en manipulant ses gènes. De mon côté, je pense qu’il n’y a à peu près aucune chance pour que cela se produise jamais. Notre débat sur « La nature de la vie » constituait la conclusion du Festival des sciences de l’université de Cambridge, en mars 2009. C’est un athée militant. Je lui ai dit : « Le problème, c’est qu’il est très difficile de discuter avec vous, Lewis, tellement vous êtes un homme de foi. » Il a sursauté : « Un homme de foi ? Mais je me bats justement contre les gens de foi ! » J’ai insisté : « Si ! Vous croyez qu’un jour, dans l’avenir, le décryptage complet du génome nous permettra de tout savoir sur les formes d’une personne, mais vous n’en avez aucune preuve. Vous en êtes pourtant convaincu. Comme la plupart des matérialistes, vous croyez que la science va transformer vos convictions en faits. Et votre foi est si forte que ne pouvez même pas envisager que tout ceci n’aura peut-être jamais lieu ! »

Puis je lui ai proposé : « Je vous parie une bouteille de champagne que votre prédiction ne se réalisera pas, même dans dix ans. » Il m’a répondu : « Cela pourrait prendre un peu plus de temps, disons vingt ans. » J’ai accepté. Il a réfléchi, puis il a corrigé : « Attendez, l’humain est tout de même très complexe. Le comprendre intégralement pourrait prendre, disons cent ans. » J’ai ri : « Dans cent ans nous serons morts et ne pourrons plus boire de champagne. Voyez, comme vous êtes un homme de foi ! »

N. C. : Tout être humain fonctionne sur un système de croyances.

R. S. : Encore faut-il le reconnaître. Finalement, j’ai décidé de formaliser la chose. Quelques jours plus tard, je l’ai appelé pour lui proposer un pari officiel, sur vingt ans – un délai plus long ne rimerait à rien. Il m’a dit : « Dans vingt ans, on ne pourra pas encore expliquer entièrement les formes de l’être humain. Disons plutôt celles d’une souris. » J’ai accepté nous avons rédigé un courrier où il pariait donc que, d’ici vingt ans, connaissant l’intégralité du génome d’une souris, on pourrait prédire chaque forme de son organisme. Après une longue discussion, nous avons ensuite décidé de payer chacun la moitié d’une caisse de bon porto – qui prendra de la valeur en vieillissant, quand le vainqueur du pari la recevra (en attendant, elle a été stockée gratuitement dans les caves de la Wine Society de Londres). Les termes du pari ont été publiés en juillet dans le New Scientist . Mais auparavant, il m’avait rappelé : « Ça ne pourra pas être une souris, c’est un peu trop compliqué. Parions plutôt pour un poulet. » J’ai dit ok, mais au bout de quelques jours, il a encore demandé une correction : « Disons plutôt une grenouille. » J’ai encore accepté, mais cela n’a pas suffi et après quelque temps, il a rappelé derechef : « Je préfèrerais que nous disions un ver nématode. » Si bien que les termes du pari officiel ont finalement été les suivants : « D’ici vingt ans, connaissant l’intégralité du génome d’un ver nématode, on pourra prédire chaque détail de ses formes, ce qui signifie les structures tridimensionnelles de ses acides aminés et de ses protéines.» Il prétend que oui, je prétends que non.

Mais cela n’allait toujours pas. Son prochain email disait : « Il y aura quand même un problème pour prédire les formes des protéines en fonction de la séquence d’ADN… » Je le sais bien : à partir des mêmes acides aminés, vous pouvez obtenir des millions, voire des milliards de formes possibles – c’est précisément pourquoi je prétends qu’il nous manque une donnée essentielle, qui seraient les « champs morphogénétiques », dont je pense qu’ils guident les acides aminés directement dans la bonne direction, en se mettant en « résonance morphique » avec la moyenne des formes semblables ayant déjà existé. Le Pr Lewis Wolpert me demandait donc de ne pas mentionner la structuration des protéines dans les termes de notre pari. Cette fois, j’ai refusé : « Vous ne pouvez pas faire ça, c’est le cœur même de notre affaire. Si vous ne réussissez pas à prédire la formation des protéines à partir de la connaissance d’un génome, alors, c’est que j’aurai gagné mon pari. »

Finalement, j’ai tout de même accepté un compromis, en n’évoquant qu’implicitement la forme des protéines. Mais on bute bien là sur le problème qui m’intéresse depuis le début. Comment passe-t-on précisément de la séquence d’ADN aux formes des acides aminés, puis à celles des protéines, puis à celles des cellules, puis à celles des tissus, puis à celles des organes et du câblage du système nerveux…

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