LA CONDUITE EST LA VOIX DONT SE SERT LA VIE

Posté par othoharmonie le 20 mars 2014

 

téléchargement (6)«C’est de cette réalisation que naît la certitude de notre raison d’être individuelle, 

de la raison d’êtrede toute existence individuelle, qui est l’union avec la totalité,

où il n’y a pas de séparation, pas de sujet ni d’objet Naturellement, la vie dans sa totalité, 

la somme de toutes les vies, n’a pas de but. Elle est. Elle n’a pas de tempérament particulier, elle n’est pas d’une espèce particulière, elle est impersonnelle. 

Entre cette vie impersonnelle d’une part, et d’autre part la compréhension qu’en a l’individu, s’interposecomme une cicatrice douloureuse l’existence individuelle. 

 

Le but de cette existence individuelle est de limer, par usure pour ainsi dire, 

l’individualité (cet ego composé de réactions), par un recueillement constant, une concentration sans cesse alertée, qui projettent notre but et notre raison d’être sur tout ce que nous faisons. 

Alors notre action devient spontanée,  car c’est notre propre désir qui nous incite de plus en plus à purifier notre conduite, comme conséquence de la purification de nos émotions et de nos pensées. 

Notre conduite n’est plus dès lors que la mise en application de notre raison d’être, parce 

que celle‐ci nous apparaît clairement. 

Une telle conduite ne nous empêtre plus, n’agit plus comme une cage, mais comme un instrument de notre réalisation… 

 

La conduite est la voie dont se sert la vie.

C’est la voie vers la réalité suprême et sereine que chacun doit réaliser.

 Par le discernement, l’individu s’approche de plus enplus de l’essence de chaque chose, 

jusqu’au moment où la réalité  devient vivante pour lui.  

Une fois qu’il a saisicette réalitécentrale, principe fondamental de l’être,  qu’il s’en est emparé, qu’il l’a examinée, critiquée, analysée impersonnellement, 

et qu’il la vit — même partiellement —alors à travers son effort il illumine l’ombre qui entoure la vie de tous les êtres humains, 

cette ombre que j’appelle le non‐essentiel. 

Pour découvrir ce qui pour nous‐mêmes est essentiel et ce qui ne l’est pas, il nous faut 

comprendre clairement la raison d’être de toutes les existences individuelles. 

Sur cette raison d’être se basera notre jugement. Dès que nous ne trouvons pas en nous‐mêmes de résistance intérieure à une chose qui n’est pas essentielle, cette absence de résistance, nous pouvons l’appeler  le « mal ». 

 On ne peut guère établir une stricte démarcation entre le mal et le bien, puisque le « bien » n’est que la capacité de résister à ce qui n’est pas l’essentiel. La découverte de l’essentiel est un choix continuel, déterminé 

par la compréhension de notre véritable raison d’être.

 

Choisir, c’est continuellement découvrir la vérité. Or le choix est action, de sorte que c’est  par notre conduite, par notre comportement, que nous parvenons en fin de compte à l’être pur. 

 

Ainsi, ce n’est point seulement de la réalité ultime que nous devons nous préoccuper, 

mais encore de la façon dont pratiquement nous la traduirons en conduite.

 

 Chacun voudrait avoir l’esprit pratique, voudrait comprendre la vie pratiquement. 

L’homme libéré est l’homme le plus pratique qui soit, car il a découvert la vraie valeur de toute chose. 

Cette découverte est l’illumination.

 

 Vie veut dire conduite, action, la manière dont nous nous comportons envers les autres. 

Quand ce comportement est pur, il est la vie libérée en action. 

La vie, cette réalité indescriptible pour laquelle il n’est point de mots, est équilibre, et cet  équilibre ne s’obtient que par le conflit des forces en manifestation. 

 

Manifestation veut dire action. Pour parvenir à l’équilibre parfait dont je parle, 

qui pour moi est vie pure, être pur, on ne peut pas se retirer du monde de la manifestation; on ne peut pas, 

parce qu’on est las du conflit, chercher cet équilibre en dehors du monde. 

 

La libération se trouve dans le monde de la manifestation, non pas en dehors de lui; 

elle appartient bien plutôt à la manifestation qu’au non‐manifesté. 

Lorsqu’on est libéré, en ce sens que l’on connaît la vraie valeur de la manifestation, alors on s’est affranchi de la manifestation. 

 C’est dans ce monde‐ci que nous devons trouver l’équilibre. Toutes les choses autour, 

de nous sont réelles. Tout est réel, et non pas une illusion. 

Mais chacun de nous doit découvrir l’essentiel, le réel en tout ce qui l’entoure,

 c’est‐à‐dire discerner l’irréel qui enveloppe pour ainsi dire le réel.  

Le réel constitue la vraie valeur des choses. Dès qu’on reconnaît  l’irréel,  le réel s’affirme. 

On découvre la vraie valeur de chaque chose par le choix dans l’action. Par l’expérience

 l’ignorance se dissipe, l’ignorance n’étant qu’un mélange de ce qui est essentiel avec ce qui ne l’est pas.  

De l’accidentel, naissent les illusions et les désillusions, 

Pour nous en affranchir, il nous faut considérer notre désir, car le désir lui‐même s’efforce constamment de se libérer des désillusions. 

Pour cela, il traverse les différentes étapes de l’expérience et, toujours en quête de son équilibre,

 il pourra se transformer pour nous en une cage ou en une porte ouverte, en une prison ou en une voie menant à la libération. 

Il nous faut donc découvrir en nous‐mêmes ce désir fondamental, et le contrôler au lieu de le  réprimer.  

Réprimer n’est pas maîtriser. Maîtriser, c’est dominer par la compréhension, c’est établir une discipline personnelle basée sur la vision claire de la raison d’être de l’existence individuelle.

 

Celui qui en tant qu’individu a découvert pour lui‐même le vrai fondement de la conduite, établit désormais l’ordre autour de lui, l’ordre, cette véritable compréhension qui détruit les barrières entre les individus.

 

C’est pourquoi j’insiste sur la conduite. Une conduite vraie est celle que l’on s’est formée personnellement ; elle n’est pas basée sur quelque philosophie compliquée mais sur l’expérience personnelle; elle est la traduction d’une réalisation personnelle en termes d’activité. 

Cette traduction n’est pas une tentative que l’on fait de devenir, mais d’être.

 Aussi la conduite vraie est de l’être, non du devenir. On  peut  commencer  à faire  un  effort  clairement  conçu,  vigoureux,  vers  l’être,  lorsqu’on  a d’abord éliminé la peur…  

Ainsi que je l’ai déjà dit, l’existence individuelle n’est pas un but en soi, elle est dans le processus du 

devenir, jusqu’à ce qu’elle parvienne à l’être. Devenir signifie effort; être est la cessation de l’effort. 

Tout effort est conscient de soi, donc imparfait. « Etre », c’est être purement conscient, sans effort… 

Pour parvenir à cet être, il nous faut veiller aux désirs engendrés par l’existence consciente de l’individualité. Comprendre le désir, savoir d’où il surgit, vers quoi il tend, quelle est sa  raison d’être, c’est en faire un joyau Précieux et utile, que l’on affine et cisèle continuellement.  

Alors ce désir n’est plus une discipline imposée, mais devient une discipline authentique, qui se transforme progressivement jusqu’à nous faire parvenir à l’être pur. Le désir est sa propre discipline.

Le seul moyen que nous ayons de savoir si nous sommes axés sur l’essentiel ou l’accidentel, est de mettre en pratique le peu que nous avons compris de la réalité. En faisant cela, nous  évaluons rapidement la quantité de désir que nous avons en nous de conquérir la totalité.  

Anciennement, ceux qui partaient à la recherche de la vérité abandonnaient le monde pour mener

 une vie monastique ou ascétique. Si je voulais fonder un corps étroit et exclusif  d’ascètes, je trouverais sans doute des adeptes, mais ils ne manifesteraient ainsi leur vrai  désir que d’une façon superficielle. 

L’effort doit être fait là où l’on est, en soi‐même, au milieu de toutes les confusions, des idées les plus contradictoires, et de ce que l’on appelle les tentations (de mon point de vue la tentation n’existe pas).

Rejeter un vêtement et en adopter un autre ne raffermit point notre désir. 

Mais ce qui nous raffermit, c’est le désir lui‐même. Il nous faut observer le désir, le guider, 

être toujours présents à nous‐mêmes dans notre conduite, dans nos pensées, dans nos mouvements, dans notre attitude, afin de nous accorder constamment à la raison d’être de notre existence individuelle. L’épreuve positive de notre réalisation, c’est ce travail sur nous‐mêmes, et non pointnotre affiliation à des sectes, des sociétés, des groupes ou des ordres.  

Ce travail nous permet, au lieu de devenir l’esclave de l’expérience, de l’utiliser, donc de  nous conduire purement grâce à la pureté de notre pensée. 

Par pureté dépensée, j’entends la pureté qu’introduit la raison et non pas celle que voudraient introduire la sentimentalité et les croyances.  

La raison est l’essence de notre expérience (ou de l’expérience d’un autre si nous la savons examiner impersonnellement sans vouloir y trouver une consolation ou une autorité) que nous avons analysée et critiquée avec détachement.Ce travail est la seule manière dont nous puissions mettre à l’épreuve les valeurs de la vie…  

… Dans l’aboutissement de notre individualité est la totalité de la vie *. »

 

Extrait de KRISHNAMURTI ET L’UNITÉ HUMAINE - de CARLO SUARÈS – Nouvelle édition revue et augmentée   1962 – éd.     ADYAR – PARIS  http://www.revue3emillenaire.com/doc/livres/Carlo-Suares-Krishnamurti.pdf

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