UNE APPROCHE ESSENTIELLE DE L’UNIVERS

Posté par othoharmonie le 22 mars 2014

 

 

téléchargement (4)La Vie est relation. Relation entre l’Un et l’Autre, les êtres et les choses, le Monde intérieur et le Monde extérieur, le visible et l’invisible, le connu et l’inconnu. 

Un jeu subtil de connexions trace sa trame au cœur même de la Vie de l’Univers tout entier. Les expériences se font mémoires auxquelles viennent s’ajouter en une progression voulue et dictée par la pensée, l’Espace et le Temps, l’idée d’un Moi qui adhère, s’accroche à tout ce qui se présente à l’entendement et qui sera vécu d’une façon incomplète. 

La Vie est relation et détermine par sa qualité et son contenu, les événements, les situations que l’Humanité vivra par la suite. D’ailleurs, si nous nous plaçons au niveau Universel et collectif des choses, nous pouvons immédiatement constater que seules existent les relations, dont la manifestation nous livre une quantité innombrable de faits que l’être humain utilisera ensuite en fonction de son libre-arbitre. Pour celui qui véritablement a rencontré le Silence et retrouvé l’épanouissement que confère une relation juste avec ce qui l’entoure, il demeure un événement profondément marquant, conséquence d’une perception dépourvue de tout désir de résultat. La perception d’un Univers — celui dans lequel nous vivons — qui se meut, se transforme dans une succession vertigineuse de faits et d’actions étant à eux-mêmes leur propre signification. 

Il s’agit d’une approche essentielle du monde, où l’observateur s’est effacé. Le monde se révèle alors dans son mouvement grandiose de renouvellement.  L’effacement de l’observateur n’est ni le fruit d’un effort particulier, ni celui d’une discipline, ni d’un stratagème d’une imagination délirante. 

Une relation parfaite s’est établie entre celui qui perçoit et ce qui est perçu, noyant la relative distinction entre les mondes extérieurs et intérieurs, au bénéfice d’une trajectoire directe qui n’implique plus l’idée d’une mesure ou d’une distance. Nous pouvons constater qu’au niveau purement physique, le figé et le compact n’apparaissent qu’en tant que phénomènes pelliculaires, flottant continuellement à la surface des choses ; ensuite tout devient mouvant, rapide et changeant.

Ainsi la frontière érigée par nos sens entre le visible et l’invisible s’avère totalement arbitraire et dérisoire lorsque nous en franchissons les limites. 

Tous nos gestes, nos attitudes, nous sortent de cette impalpabilité des profondeurs pour un

instant, quelques années sans plus, marquant de leurs empreintes la relation, l’acte, le fait. Tous les repères, toutes les limites élaborées par notre Moi ne sont que des conventions, des symboles destinés à nous faciliter — jusqu’à un certain point — cette approche tant redoutée de l’inconnu et des profondeurs de notre conscience. Le Moi se cramponne entre des infinis, celui des galaxies et celui de l’atome, suspendu aux fragiles certitudes de son savoir et de ses connaissances toutes pétries de passé et de sécurités diverses. La peur préside à la continuité du Moi, bloquant ainsi notre faculté de percevoir au delà de ses emprises. Notre Moi est une prison que nous avons décorée, rationnalisée, mais où parfois la place manque et alors nous suffoquons, tant la sensation d’être isolé et oublié nous accable. Par la suite, pour nous persuader que notre prison n’en est pas une, nous arrangeons tout un univers, créons toute une série de théories destinées à nous faire croire libres. 

Ces théories deviendront des croyances, des convictions qui se nomment Dieu, l’Evolution, la Mort… 

 Et naissent les conflits, les guerres, les atrocités, parce que nous ne réalisons pas que notre Moi est cette prison où nous inventons l’espoir dont les murs demeurent l’inévitable obstacle, l’entrave à franchir. Sinon rien de fondamental ne peut être abordé, vécu dans sa plénitude. Lorsque s’établit cette relation, toute notion de Temps, d’Espace, toute pensée s’abolissent intégralement. Nous voici directement au cœur de la chose, percevant sa nature intime dans l’épanouissement et la compréhension. Nous ne sommes plus l’observateur qui transforme, mais le mouvement lui-même sans aucune identification. Quand deux êtres se rencontrent, une relation s’établit, imparfaite généralement, car ce sont le plus souvent les tendances, les préjugés et les convictions qui en déterminent et en conditionnent l’expression. Le passé de l’un, entre en contact avec le passé de l’autre. Rien de neuf, de créatif, ne peut intervenir dans cet événement. 

C’est la qualité et l’authenticité d’une relation qui se révèlent plus importants que le contenu, aussi brillant, aussi érudit puisse-t-il être. Car le savoir intellectuel devient une entrave à partir du moment où nous sommes incapables de répondre aux circonstances offertes par le présent. La vigilance, la disponibilité, la lucidité nous permettent de découvrir le « ton » exact approprié à la relation du moment, et de développer en conséquence la profondeur illimitée de l’instant.

EXTRAIT de  L’Engagement Spirituel  – Conférences données en France, Suisse et  Belgique de Gérard Méchoulam  aux Edition Etre Libre Bruxelles 1974

http://www.revue3emillenaire.com/doc/livres/Gerard-Mechoulam-L-engagement-Spirituel-1974.pdf

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