HISTOIRE DES HOMMES

Posté par othoharmonie le 25 mars 2014

 

 

imagesNous vivons dans un univers de mots et de symboles, souvenirs et mémoires qui masquent la véritable signification des êtres et des choses. Si nous persistons à vivre à leur périphérie, prisonniers des lois de l’habitude et de l’inertie, la Vie ne pourra jamais nous révéler sa force régénératrice d’Amour et d’épanouissement. 

Car la Vie est liberté, totale, inconditionnelle et notre marge de libre-arbitre sera directement proportionnelle à notre capacité de détachement à l’égard de la matière de surface, transitoire et changeante. Une quantité innombrable de forces et d’énergies naissent et s’expriment au niveau de l’Univers, alimentées et utilisées ensuite par notre conscience. Puis elles s’actualisent sur notre planète selon une répartition, une distribution, devenant des situations, des événements, devenant ce que nous nommons l’Histoire. 

L’Histoire est l’expression directe de ce que l’Humanité dans son ensemble élabore, puis génère sur un plan certes plus abstrait, mais cependant actif, c’est-à-dire celui des zones profondes de la psyché. A ce niveau, comme à bien d’autres, se pose de nouveau la question de la responsabilité de l’Homme ; nous constatons ici encore que la position individuelle et particulière de chaque constituant de cette humanité conditionne, de par ses nombreuses répercussions, la nature même et le contenu du déroulement historique. Ce déroulement qui nous semble parfois si déroutant et imprévisible — mis à part les facteurs économiques et toutes les notions de gloire ou d’orgueil — s’éclaire différemment à la lumière de notre lucidité. 

Nous percevons alors des mobiles tout autres qui au cœur même des choses, forment la trame d’un gigantesque écheveau. Il devient alors nécessaire de découvrir avec sérieux ce que nous montre et nous suggère le simple, ce qui implique le fait de ne plus nous considérer comme une entité inéluctablement séparée et distincte d’une totalité. Prenons cet exemple. Si nous lançons un pavé sur un plan d’eau nous distinguons tout autour du point d’impact, une série de cercles concentriques de plus en plus éloignés, qui se fondent ensuite au sein paisible de la surface. Ce pavé a exercé ce que nous pourrions appeler un « pouvoir d’influence » sur un rayon de dix mètres, mais cette distance une fois franchie, celui-ci n’a existé que d’une façon quasi imperceptible pour le restant du plan d’eau. Enfin, si nous nous écartons de quelques mètres de ce point d’impact nous pourrions admettre que le pavé ne participe pas à « l’Histoire » de ce restant de superficie. 

L’Histoire se matérialise et prend position dans notre monde dimensionnel — ceci, nous n’en sommes pas conscients — par le canal des énergies et des forces qui s’expriment à leur tour au travers des symboles, que nous font parvenir les couches profondes du psychisme. 

Ces énergies sont si nombreuses et diverses que nous ne reviendrons jamais assez sur la nécessité d’une remise en question continuelle. Le Moi inventera pour durer, des stratagèmes, plus subtils encore que ceux que nous avons déjà démasqués et anéantis. Ces stratagèmes ont pour repère les zones profondes de la Conscience. Ils se nomment : mythes, idées-forces, archétypes, croyances de toutes sortes et leur puissance de suggestion et d’hypnose est considérable. Ils imprègnent de leur aura les structures inconscientes de l’Homme et l’entraînent à commettre les pires erreurs. II nous faut préciser que ces puissances du monde intérieur — et nous serons amenés à en découvrir d’autres — ne sont dangereuses que dans la mesure où leur approche s’effectue de manière inappropriée et inadéquate. Car l’Homme a un fâcheux penchant utilisé à profusion : la mythification. 

En effet, tout ce qui est loin de lui dans le Temps comme dans l’Espace, tout ce qui est apte à s’auréoler de mystère, trouve en lui un prétexte de plus pour éprouver une quelconque signification qui permettra au Moi de conserver son autorité. Dans toute chose nous cherchons à nous prolonger, et c’est pourquoi nous vivons dans une sorte de vampirisme continuel, qui fait que tout être, tout objet appréhendés, deviennent un moyen de survie et de subsistance intérieure. 

Découvrir la substance même de nos démarches, la raison intime de nos faits et gestes, c’est simplifier à l’extrême notre approche de l’Autre, du Monde, de l’Univers tout entier. La pensée emprisonnée par la mémoire de l’expérience crée sans cesse la constatation d’un échelonnement spatio-temporel. Mais cet étalement n’est que fictif ; une simple illusion produite par toutes les accumulations de mémoires qui figent notre mental révélant notre incapacité de vivre la puissance inestimable du présent. Une perception intense de ce qui est, à tous les niveaux, entraîne donc une libération du milieu historique. Mais ce détachement ne se fait pas dans le sens d’un désintéressement ou d’une indifférence à l’égard de l’actualité historique au contraire, il tend à dévoiler sans équivoque possible son contenu comme ses causes profondes et véritables. Le milieu historique, comme les milieux familiaux et sociaux contribuent de façon plus ou moins discernable à endiguer tout processus de libération, nous contresignant — par faiblesse et fatalisme — à suivre le long cheminement de l’Évolution, qui, comme nous le verrons par la suite n’a pas plus de tangibilité que les concepts d’Espace, de Temps et de Pensée. 

Car l’Évolution est avant tout issue d’une approche nettement anthropomorphique du Moi et ne peut-être justifiée que par rapport à celui-ci. Car vue globalement, la conduite de ce dernier se détermine toujours en fonction d’un devenir, d’un perfectionnement, notions qui impliquent la création d’une certaine échelle de durée, d’Espace et de vitesse, tous trois résultants de la pensée. Il nous faut donc discerner avec une acuité extrême les répercussions et les conséquences que peuvent receler l’édification d’un décalage entre le présent, exprimant sa fulgurante authenticité des profondeurs, et cette retranscription et utilisation imparfaites des énergies, au niveau superficiel, pelliculaire de la Matière. 

C’est dans ce décalage que s’élaborent ce que nous appelons précisément le Temps, l’Espace et l’Évolution. D’ailleurs, si nous vivons totalement l’intensité même du présent, toutes ces notions relatives et subjectives de devenir, de but, d’évolution, disparaissent, balayées au niveau d’un « espace » existant par delà les couches ultimes de la Conscience, un « espace » où tout est Silence, compréhension et Amour. 

L’Univers agit entre autre selon le principe d’affinité faisant que le semblable attire le semblable. Donc, et comme nous l’avons déjà vu ces énergies en s’actualisant se manifestent par l’intermédiaire de situations et d’événements qui constituent l’Histoire. Quoiqu’il en soit, celle-ci fait partie d’un ensemble immensément plus grand qui est celui de l’Univers, et la direction qu’elle implique à la totalité du genre humain ne peut que nous intimer à poursuivre plus loin notre investigation. Ainsi, l’Homme est-il ce témoin silencieux, sans participation effective, demeurant de ce fait le jouet manipulé par l’orientation de son flot et de ses exigences. Complètement lié à son déterminisme rigoureux, à sa durée conditionnant, aux remous constants que les idées-forces et les énergies issues de la psyché collective, dispensent sans interruption. A moins que stimulé par des conditions éprouvantes, il ne se trouve dans l’obligation de réagir, de se révolter, mais hélas, cette action, qui sur le moment aura peut-être une certaine efficacité, perdra son impact au fur et à mesure qu’un idéal ou une doctrine l’emprisonneront dans son carcan. 

Il n’est pas question ici de discréditer, ni de porter un jugement sur une conduite, un comportement déterminé. Nous nous référons simplement au fait tel qu’il est sans y greffer de préférence particulière et subjective. Laissons plutôt les faits parler d’eux-mêmes afin qu’ils nous instruisent du contenu de leur histoire. Le domaine des idées est impuissant à changer l’Homme et le Monde dans son aspect fondamental, s’il n’est pas accompagné d’une purification et d’une simplification parallèle. Son efficacité se révèle dans la possibilité qu’elle nous offre d’exprimer et d’intégrer le mieux possible ce mouvement, cette Action pure et régénératrice. Cette intégration amène automatiquement l’Homme à se « décoller » progressivement du milieu historique — du moins dans cet aspect de surface, cette succession ininterrompue d’effets — et à casser ainsi tous processus de devenir qui nous enchaînent inévitablement à cette pseudo-évolution. Les tâtonnements, conquêtes et défaites de celle-ci demeurent un foyer continuel de douleurs et de déchirements.

Il nous est indispensable, autant au niveau individuel que collectif, de nous détacher de tout ce qui nous permet de durer, pour au contraire ressentir ce qui est réellement présent. La qualité se vit dans l’instantanéisation, dans la relation profonde au cœur du Temps et de l’Espace. Car c’est en elle seule que réside l’Action juste. Si nous n’acceptons pas de révolutionner totalement ce que nous sommes et le contenu de notre existence, alors, nous imaginerons des théories sur la Vie ; mais rien, absolument rien ne pourra remplacer cette capacité qui réside au cœur de chaque être, celle d’être ce Tout où il ne se différencie plus de l’Un. 

Un « lâcher-prise » intégral, décisif pour le Moi, se ressent alors à l’intérieur de notre conscience, allié à une vigilance de chaque instant. Une perception qui a le pouvoir de nous révéler dans toute son ampleur le déroulement de tout processus issu des profondeurs de l’Univers, de la profondeur même du psychisme. Si chaque être avait le courage de démasquer ainsi ce qui se vit en lui, avec lucidité et toute l’énergie qu’elle demande, alors, certainement, sa position serait-elle résolument engagée et responsable. 

Mais malheureusement, nous préférons profiter de ce que l’extérieur et le superficiel des choses peut nous apporter, malgré tout leur fardeau de contradictions, d’angoisse et de souffrance.

EXTRAIT de  L’Engagement Spirituel  – Conférences données en France, Suisse et  Belgique de Gérard Méchoulam  aux Edition Etre Libre Bruxelles 1974

http://www.revue3emillenaire.com/doc/livres/Gerard-Mechoulam-L-engagement-Spirituel-1974.pdf

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