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Sexe et spiritualité ça s’apprend

Posté par othoharmonie le 31 mars 2014

 

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L’homme « intégré » est-il totalement affranchi du désir sexuel ?

Afin de répondre à cette question, plusieurs mises au point sont nécessaires. Disons immédiatement que dans la mesure où nous réalisons l’état d’amour véritable nous sommes libres de tous désirs. Cette libération qui se situe d’abord sur le plan psychologique finit par se matérialiser sur le plan physique. Il est évident qu’un homme « intégré » est totalement libre de la question sexuelle. L’activité sexuelle pour lui n’est plus un problème. Ceci ne signifie pas nécessairement qu’un tel homme vive une vie complètement chaste. Nous définirons exactement ce que nous pensons à ce sujet en invoquant à l’appui de notre point de vue certaines citations de Krishnamurti. En cette matière, l’opinion du psychologue hindou diffère assez de la plupart des mystiques d’Orient. 

L’état d’intégration se manifeste par une convergence progressive de toutes les énergies psychologiques vers le cerveau et le cœur. Cette convergence entraîne une sublimation progressive des énergies sexuelles qui subissent de ce fait une diminution de leurs exigences. « Le désir de sensations tue l’amour », nous dit Krishnamurti. Pourquoi la recherche de sensations sexuelles domine-t-elle la plupart des esprits de l’époque actuelle ? 

A cette question Krishnamurti répondait :

« Après tout, quand il n’y a pas d’expression créatrice vivante, nous attachons une importance exagérée au sexe qui devient un problème aigu. La question n’est pas de savoir quelle suggestion je pourrais donner, ni de savoir comment dominer la passion, le désir sexuel, mais de savoir comment libérer cette vie créatrice et non pas s’attaquer simplement à un de ses aspects qui est le sexe. En somme il s’agit de comprendre la totalité, la plénitude de la vie.

Dans votre travail vous êtes empêchés de vous exprimer vous-même fondamentalement, d’une façon créatrice, par les circonstances, par votre condition, donc il vous faut une issue et cette issue devient le problème sexuel… Vous n’avez aucune possibilité de vous exprimer réellement vous-même et vous donnez une importance anormale à des choses qui doivent être normales ». 

Ce texte indique clairement notre point de vue. Le sexe est devenu pour la plupart un problème tellement écrasant que nous ne pouvons concevoir la possibilité d’une vie sexuelle chez l’homme intégré. Nombreux sont ceux qui parleraient de trahison en apprenant qu’un homme de réputation « intégré » aurait une vie sexuelle. Nous pourrions poser la question d’une autre façon. L’acte sexuel, est-il un bien ou un mal pour l’homme « intégré » ? 

Nous avons dit ailleurs que rien n’est à priori bon ou mauvais. Ce qui détermine le caractère positif ou négatif, bon ou mauvais d’une chose, dépend non de cette chose en elle-même, mais de la façon dont nous l’utilisons. Tout dépend de notre attitude mentale, de notre intention. Il s’agit d’examiner quels sont les mobiles profonds qui président à l’acte sexuel. Sont-ils fait de mille complexes érotiques qui encombrent le mental? Sont-ils la manifestation d’une intense passion émotionnelle ? Sont-ils l’expression irrésistible d’une habitude sensuelle dont l’absence nous torturerait ? Sont-ils la manifestation d’un désir de puissance, d’une soif de domination, d’une avidité possessive ? L’acte sexuel ne serait-il seulement que le résultat de tous ces complexes psychologiques ? Dans ce cas, l’homme « intégré » se trouverait automatiquement dans l’incapacité de procréer, par le fait que son « intégration » le libère de façon définitive de tous les mobiles auxquels nous venons de faire allusion. 

La véritable pureté ne réside pas seulement dans l’attitude extérieure d’une chasteté parfaite.

Le « péché » dans l’amour ne se trouve pas au niveau sexuel, mais au niveau mental. Nous employons évidemment le terme « péché » péjorativement. Le « péché » en amour se trouve précisément là, où personne ne pense à le situer. Le péché en amour réside dans l’attachement.

Voilà qui scandalise nos concepts de moralité traditionnelle ! Mais avant de nous émouvoir des suites soi-disant « désastreuses » d’une telle façon d’envisager les choses, examinons le problème de plus près. Nous savons qu’à l’échelle amoureuse ordinaire la profondeur d’un sentiment se mesure par l’attachement réciproque des amants. Mais nous entrevoyons ici une étape ultérieure réclamant un certain dépassement des niveaux précédemment acquis. 

Nous pourrions dire, en reprenant le langage de Sri Aurobindo que « l’attachement fut une aide » mais que l’attachement est l’entrave. Que signifie exactement pour nous, ce terme « attachement ». Par lui nous désignons précisément tous les complexes mentaux d’auto-identification, image de l’être

aimé, projections mentales érotiques, réminiscences mémorielles de voluptés passées déterminant l’appel des désirs futurs, complexes émotionnels libidineux, dépendance et désir de dépendance, complexes d’auto-identification possessifs, assouvissement d’un instinct de puissance, etc., etc.

Tels sont les éléments essentiels du « péché » dans l’amour. 

Nous nous excusons de citer une fois de plus Krishnamurti à ce sujet, mais il se trouve être — à notre connaissance en tous cas le seul à partager le point de vue que nous développons ici.

Nous lisons (Krishnamurti, conférences Madras-Bénarès 1947-49 p. 334 et suivantes) :

« La chasteté n’est pas le produit de l’esprit, elle n’est pas engendrée par la discipline, elle n’est pas un idéal à atteindre. L’esprit qui s’efforce de devenir chaste, n’est pas chaste…  Voyons pourquoi pour la plupart d’entre-nous, le sexe est devenu un problème, et aussi comment il est possible d’aborder intelligemment les exigences sexuelles et de ne pas les transformer en problème ? 

 Qu’entendons-nous par sexe ? Est-ce simplement l’acte physique, ou la pensée qui excite, stimule et prolonge l’acte ? Assurément, la sexualité relève de l’esprit ; et de ce fait, elle doit chercher son accomplissement, sinon il y a frustration… Ne devenez pas nerveux ; vous voilà brusquement tendus, je le vois. Parlons de cela comme s’il s’agissait d’un autre sujet. Plus un problème est complexe plus il exige de clarté de pensée et plus nous devons l’aborder simplement et directement ». 

La majeure partie de nos avidités sexuelles prend naissance dans l’esprit. Dans l’état d’amour véritable, il y a cessation de tout processus d’auto identification, de toute soif de dominer, de toute recherche de sensation. La sérénité parfaite du mental de l’homme intégré l’affranchit par conséquent de tous les problèmes posés par le sexe et diminue considérablement le rythme des exigences sexuelles. 

Si un tel être est totalement détaché, cette libération de tout attachement ne pourrait aucunement engendrer une licence quelconque. « La licence n’est pas chaste », nous dit Krishnamurti (Madras-Bénarès, p. 234), « elle conduit à la dégradation et à la misère ». Autrement dit, il est certain que dans la mesure où un homme approche de son intégration, les appels de la vie sexuelle diminuent de façon considérable, la source psychologique qui les détermine en grande partie étant tarie. Il est même très probable qu’au bout d’un certain nombre d’années la vie sexuelle s’éteigne totalement chez la plupart des êtres « intégrés ». N’existe-t-il pas en cette matière un critère en vertu duquel nous pourrions savoir ce qu’il faut et ce qu’il ne faut pas ? 

Dans la mesure où l’homme approche de son intégration, il se libère précisément de tous les critères. Ne cherchons pas si loin. La solution du problème est bien plus simple et plus proche. Si la réalisation de cette intégration est pour nous véritablement essentielle, nous remarquerons qu’une transmutation spontanée et progressive des énergies sexuelles s’opère en nous. Notre sensibilité s’affine considérablement et par elle nous accédons à des perceptions de plus en plus élevées, de plus en plus profondes qui nécessitent un bon équilibre de notre structure physique et nerveuse. Nous constatons en général qu’à cet échelon évolutif de notre être, les rapports sexuels constituent une dépense d’énergies physiques et nerveuses considérables dont l’abus perturberait immédiatement nos facultés de sensibilité et d’attention supérieures dont le rôle est éminemment précieux. 

« Plus vous éprouverez de plaisirs, plus vous vous émousserez », nous dit Krishnamurti (Madras-Bénarès, p. 202). Envisagé sous cet angle, le problème consiste simplement à veiller au bon équilibre physique et nerveux par une hygiène sexuelle de plus en plus sévère. Il s’agit en cette matière, d’un processus de discernement purement individuel dépendant non seulement d’une nouvelle optique spirituelle mais aussi de notre constitution physiologique propre.

EXTRAIT de : L’Amour Humain  A L’Amour Divin de Ram LINSSEN -  Editions ETRE LIBRE  1953 –  

 

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Le détachement affectif

Posté par othoharmonie le 31 mars 2014

 

 

images (3)Beaucoup de personnes confondent le détachement et l’indifférence. Si l’état d’amour véritable libère l’homme de l’attachement, cet affranchissement ne doit jamais être pris pour de l’indifférence.

Nous avons une tendance générale à supposer que l’amour détaché comporte quelque chose de glacial, de distant. 

Cette attitude résulte du désir que nous avons de nous sentir appartenir à l’être que nous chérissons. Ceci nous montre à quel point nous nous sommes repliés sur nous mêmes. L’amour véritable est libre, mais cette liberté ne peut être confondue avec la licence. En dépit de ses prétentions, l’être licencieux n’est pas réellement libre. Une soif insatiable de sensations l’emprisonne dans les limites d’un égoïsme qui s’affirme progressivement par elles. 

Nous perdons de vue que si l’amour humain possessif connaît certaines joies, l’amour divin en connaît d’autres. Et si les premières sont évanescentes, les secondes sont infiniment plus durables.

L’abus des premières entraîne la décadence mais la participation aux secondes apporte un enrichissement de tout l’être. Ne perdons cependant pas de vue, que la joie de l’état d’amour véritable n’est jamais un but en elle-même. Elle n’est qu’une conséquence d’un état d’équilibre supérieur. Elle ne peut être en aucun cas recherchée. Toute convoitise secrète d’une expérience de joie supérieure nous conduit à une forme de sensualisme subtil dont la volupté nous empêche de vivre l’expérience véritable. Dans la mesure où nos états de conscience s’affranchissent des limites familières de l’égoïsme, nous tendons vers la perception d’énergies spirituelles d’une puissance exceptionnelle. 

Ce n’est donc que lorsque notre amour sera libéré de ses attaches qu’il se révélera dans la plénitude de sa félicité.

Un tel amour est libéré de toutes distinctions. Il peut être comparé à un soleil illuminant tout ce qui tombe sous ses rayons. Qu’il s’agisse du brin d’herbe, de la fleur, du rocher, de l’oiseau, du chien galeux ou de l’homme, tous reçoivent une égale clarté. Par contraste avec l’éblouissement de lumière de l’Amour véritable, l’amour possessif auquel nous nous accrochons désespérément, fait figure de petite flamme timide et vacillante. Le cœur de l’homme « intégré » accorde le rayonnement de son amour d’une égale façon à ses amis ainsi qu’à ceux qui se disent ses ennemis. Dans une comparaison pleine de poésie, Krishnamurti compare l’attitude d’un tel homme à celle des fleurs accordant la plénitude de leur parfum également à ceux qui les vénèrent comme à ceux qui les écrasent. 

L’amour véritable ne doit plus être une « réaction » personnelle.

Libéré des limitations de l’égoïsme il devient une force de vie créatrice émanant spontanément du plus profond de nous-mêmes et embellissant toutes les choses sur lesquelles tombent ses rayons.

Le détachement affectueux n’est donc pas de l’indifférence. Ce n’est que dans cette suprême liberté que l’amour nous révèle la plénitude de son charme divin. De ce charme divin émane une magie capable de nous transfigurer dans une merveilleuse recréation de nous-mêmes dont les échos lointains semblent atteindre l’ultime profondeur des choses et des êtres de l’Univers entier. 

Il faut avoir l’intelligence et l’audace de briser les liens de l’attachement pour se laisser porter à l’ultime pointe de l’aile du pur amour. Chacun peut avec ce guide étrange, entreprendre un voyage fantastique aux imprévisibles étapes le menant aux profondeurs insondables de l’être dont les rythmes fulgurants forment la substance d’un Eternel Présent. 

L’énergie spirituelle inhérente à l’état d’amour véritable recèle un caractère d’intensité de recréation et de jaillissement en regard duquel l’amour possessif — avec ses limitations, ses attachements, ses habitudes — semble pétrifié.

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Un autre préjugé profondément ancré dans la plupart des esprits est celui en vertu duquel nous pensons que lorsque l’être qui nous aime, témoigne soudainement une affection à une tierce personne, cette dernière nous « vole » quelque chose. Si nous aimons profondément quelqu’un, nous n’enlevons rien à l’amour que nous lui donnons en aimant une autre ou plusieurs autres personnes. Dans l’amour véritable, ce n’est pas « nous » qui dirigeons le rayonnement de cette capacité d’aimer. On demandait à Krishnamurti s’il n’y avait pas parmi ses amis certaines personnes qu’il affectionnait particulièrement. Il répondait : « Pour moi l’Amour est un état intérieur constant, j’éprouve le même sentiment d’affection pour tous… c’est un amour qui est toujours en moi et que je ne puis m’empêcher de rayonner sur tous ceux qui m’approchent. Ne comprenez-vous pas que ce n’est pas moi qui dirige mon Amour vers une personne, l’intensifiant ici, l’affaiblissant là ? L’Amour en moi existe simplement comme la couleur de ma peau, le son de ma voix, quoi que je fasse… ». 

téléchargement (3)Nous perdons de vue un fait essentiel : l’état d’amour véritable affranchit l’homme « intégré » du processus du choix. Nous ne choisissons plus tel ou tel objet de notre amour en vertu de mobiles d’intérêts ou d’attraction personnels. A partir du moment où nous nous dépassons nous-mêmes, nous aimons l’objet de notre amour plus que nous-mêmes. Ceci confère au détachement affectueux un caractère de richesse et de profondeur très éloigné de l’indifférence.

 Les hommes « intégrés » que certains de nos amis ainsi que nous-mêmes avons pu longuement observer sont des êtres dont l’attitude est toute simplicité. De leur présence se dégage un rayonnement d’amour intense ainsi qu’une puissance de vie intérieure et une sérénité exceptionnelles. Le détachement dans lequel ils se trouvent par rapport aux liens normaux de la vie personnelle ne les rend pas insensibles. De tels êtres sont au contraire doués d’une sensibilité parfaite, mais encore faut-il dire qu’ils sont totalement libres des auto-identifications qu’une telle sensibilité pourrait engendrer chez l’homme ordinaire. 

EXTRAIT de : L’Amour Humain  A L’Amour Divin de Ram LINSSEN -  Editions ETRE LIBRE  1953 - 

 

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