Dessine-moi ton dieu

Posté par othoharmonie le 18 avril 2014

 

Un psy américain a analysé les dessins de 700 enfants du monde entier.
Sa conclusion : chacun a sa propre vision du divin et projette sur lui ses peurs ou ses espoirs face aux grands mystères de la vie.

Marie-Laure Uberti

téléchargementUn vieux proverbe hassidique dit que Dieu demeure là où l’homme veut bien le laisser entrer. Les enfants, eux, le laissent entrer volontiers, quels que soient leur religion, leur culture ou leur milieu social. Mais qui est ce Dieu ? D’où vient-il ? A quoi ressemble-t-il ? De quel sexe est-il ? Robert Landy, professeur de psychodrame à l’université de New York, figure importante du développement de cette thérapie, également comédien, écrivain et photographe, a posé ces questions à sept cents enfants du monde entier âgés de 4 à 12 ans. Il leur a demandé d’y répondre par un dessin accompagné d’une histoire.

A l’origine de ses recherches, une vilaine réflexion d’écolier.  » Un jour, ma fille Georgie revient très troublée de l’école : une de ses petites camarades l’accuse, elle et tous les juifs, d’avoir tué Jésus-Christ, raconte Landy. Après une discussion familiale autour de l’antisémitisme et de la tolérance en religion, mon fils Mackey, alors âgé de 5 ans, fait un dessin qu’il intitule : “Le juif est en prison parce qu’il a tué le Christ.” Visiblement, mon petit se débattait avec sa culpabilité amplifiée par les images du Christ crucifié. Son dessin me prouvait que l’intolérance religieuse le faisait réellement souffrir.

Cette histoire m’a beaucoup perturbé, et j’ai décidé de découvrir comment les autres enfants voyaient Dieu et supportaient cette intolérance. A la fin de mes recherches, j’ai emmené Mackey en Israël. Pendant ce voyage, il a dessiné une tout autre image de Dieu : un Romain tuait le Christ avec un sabre, un juif tuait le Romain avec un fusil, sauvait le Christ de sa croix et le conduisait dans un lieu où il trouvait la paix éternelle. Pour moi, la boucle était bouclée : mon fils avait fait la paix avec lui-même, sur un plan psychologique et spirituel. « 

L’enquête de Robert Landy

Au terme de deux ans d’enquête, Landy fait le constat suivant : le regard d’un enfant sur la spiritualité est déterminé par diverses influences, sociales, philosophiques et culturelles. Mais chaque enfant a aussi besoin de créer sa propre vision du divin pour expliquer les grands mystères du monde : d’où venons-nous, pourquoi souffrons-nous, qu’est-ce que la vie et la mort ? Pour les enfants, Dieu est  » vivant « . Et pas seulement à travers les religions traditionnelles mais aussi en tant que conscience spirituelle indépendante de toute convention. Pour nombre d’entre eux, le dessiner est un acte puissant et apaisant face à la mort, la guerre, la pauvreté. Dieu est vulnérable et très humain. Il a pourtant des ennemis. Il lui arrive d’être perdu et seul. Il travaille beaucoup et se fatigue. Il demande donc aux enfants de l’aider et le soutenir…

Les enfants projettent leurs espoirs, leurs peurs, leurs peines et leurs joies sur leur dieu. Le plus surprenant est la facilité avec laquelle ils en parlent. Peut-être parce qu’ils l’ont fait à travers des dessins, des histoires. Là se trouve le lien avec la vie spirituelle : Dieu vit dans l’imagination et non dans la partie purement rationnelle du cerveau. 
Pour illustrer son enquête, Robert Landy a choisi sept dessins parmi les plus beaux, les plus imaginatifs et les plus mystérieux. Représentant un large éventail de cultures et de religions, les petits auteurs partagent un sentiment paradoxal : Dieu est à la fois tolérant et intolérant, humain et divin, sérieux et joueur, présent et absent, créateur et créé, un et multiple, calme et agité, rationnel et irrationnel. Des représentations spontanées et sincères qui permettent à chacun de nous de se plonger dans ses propres croyances et ses propres doutes.

Comment parler aux enfants ?

Vous êtes agnostique ou vous pratiquez une spiritualité toute personnelle, d’où votre embarras face aux questions de votre enfant. Quelques réponses clés proposées par Marie Leban, psychanalyste.

Est-ce que Dieu existe ?

Soyez sincère. Dites-lui par exemple :  » Moi, je n’y crois pas, mais d’autres personnes pensent qu’il existe, comme ton grand-père. Tu peux en discuter avec lui.  » Vous pouvez aussi lui faire part de vos propres croyances :  » Moi, je ne crois pas en Dieu, mais en l’être humain.  » Cela le rassurera.

Quand et comment l’évoquer ?

S’il ne vous pose pas de questions, inutile de le devancer. S’il vous interroge, deux options : présentez Dieu comme quelque chose de merveilleux qui le dépasse, ou racontez-lui les histoires formidables d’Abraham, Moïse, Noé, etc.

Les erreurs à éviter ?

Dire que Dieu est au ciel (trop archaïque). Parler de Dieu comme l’exclusivité d’une religion (juifs, musulmans et chrétiens ont le même Dieu). Imposer des comportements ou des idées au nom de la religion.

Valérie Colin-Simard sur http://www.psychologies.com/

 

 

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