A la recherche des Incas

Posté par othoharmonie le 22 avril 2014

Païtiti, l’ultime refuge des Incas, un mythe ? Ce n’est pas l’avis de Thierry Jamin, un Indiana Jones, qui a consacré sa vie à cette quête.

L'eldorado des Incas bientôt découvert ?

« Nous l’avons localisée. Dans quelques jours, nous partirons là où nous sommes sûrs désormais de la rencontrer, quelque part au nord du sanctuaire national de Megantoni. » Dans un livre haletant, construit comme un polar, Thierry Jamin revient sur ses quinze années de recherches au coeur de l’Amazonie péruvienne pour percer les mystères de Païtiti. De cette cité d’or, ultime refuge des Incas persécutés par les conquistadors, devenue chimère des explorateurs et des archéologues, on ne se sait pas grand-chose. Les Incas n’écrivaient pas, du moins le pense-t-on, et s’ils ont eu la bonne idée de disparaître dans une citadelle d’or perdue dans la jungle, ils ont oublié de nous dire où elle se trouvait. Source LePoint.fr

À l’affût du moindre indice 

 

L’auteur et son équipe nous transportent dans leur quête sur les chemins de l’Inca, labyrinthe de sentiers empierrés, englués dans des jungles épaisses tantôt chaudes et étouffantes, tantôt humides et froides, où beaucoup de braves ont succombé. La nature retentit de leurs pas, de leurs coupe-coupe, du bruissement des insectes, de leurs descentes héroïques dans la boue grasse, de leur souffle qui commence à devenir laborieux. Le coeur de Thierry bat comme un régiment de pendules, ses yeux sont à l’affût du moindre indice, et ce n’est pas ce qui manque. Le Pérou est couvert de villes enfouies dans l’immensité oppressante de la canopée. « Nous voilà au coeur d’une cité perdue, une cité complète, avec ses rues, ses places, ses édifices. » Les paysans cultivent à l’intérieur des ruines et font la cuisine dans des récipients vieux de plusieurs siècles !

 

Terre promise

Bercé par les aventures de Tintin, intrigué par les mystérieux clichés satellites réalisés au Pérou dans les années 1980, révélant d’incroyables pyramides de pierre, l’auteur s’est jeté dans l’aventure, sans imaginer la place que cette terre promise prendrait dans sa vie et les écueils à surmonter. Il devra faire face à l’inertie de l’administration péruvienne qui ne voit pas d’un bon oeil qu’un gringo français parte à la conquête du Graal péruvien, où vivent des populations « non contactées » ; à la cupidité de certains ; à la malveillance d’autres ou encore aux tensions au sein de son équipe. Mais il pourra compter sur des amis. 

Ses recherches sur les pétroglyphes de Pusharo marquent un tournant. Certaines figures apparaissent puis disparaissent comme par magie à des moments bien précis de la journée. Il en va ainsi de trois soleils : un soleil levant, un soleil au zénith et un soleil couchant. « Les pyramides du Paratoari figurent sur la roche. La petite cité de Mameria, découverte par Nicole et Herbert Cartagena en 1979, aussi », explique Thierry Jamin, de passage en France. L’archéologue est quasi certain qu’il s’agit d’une carte géographique codée, imaginée par les Incas pour les guider à travers la forêt, jusqu’à une destination encore inconnue : Païtiti ? Peut-être. « La cité qui, selon moi, se cache près des pyramides y est également clairement indiquée. »

Huaqueros et narcotrafiquants

Le mirage d’une contrée fabuleusement riche en or a alimenté sur près de quatre siècles une sanglante course au trésor. La légende de Païtiti-eldorado est étroitement liée au « maudit trésor » de l’empereur Atahualpa. « C’est d’ailleurs tout son drame. Ce mythe nous a valu bien des ennuis de la part des huaqueros et des narcotrafiquants. J’ai essuyé des coups bas et l’on a plusieurs fois attenté à ma vie et à celle des membres de mon équipe. Des chercheurs sans scrupules m’ont fait des procès et j’ai été mis en prison. » Au Pérou, les huaqueros (pilleurs de tombes) sont organisés en véritables entreprises, avec vigiles, ouvriers, revendeurs. Dans certains villages du Sud, plus de 20 % de la population vit des ressources issues de fouilles clandestines.

La belle légende du lac Titicaca

Païtiti aurait été tenue secrète même au temps des Incas. « L’or n’explique pas tout, estime Thierry Jamin. Pour certains spécialistes, la cité, « soeur jumelle » de Cuzco, capitale politique de l’empire inca, aurait été la ville de la connaissance, la cité du savoir. L’endroit où l’on apprenait les secrets des sciences précolombiennes, telles que l’astronomie, les mathématiques et l’architecture. Mais surtout, c’est peut-être à Païtiti que l’on apprenait l’usage de la qellcca, la science de l’écriture. » D’anciennes traditions indiennes affirment qu’une écriture existait au Pérou avant l’arrivée des Espagnols. Des tablettes, dit-on, auraient été cachées à Païtiti, avant le saccage de Cuzco. 

Thierry Jamin penche pour une origine amazonienne des Incas. Des sources considèrent qu’ils sont les héritiers de la civilisation des Huaris, de grands bâtisseurs, qui développèrent la culture en terrasses et de nombreuses routes. « Sur le site inca de Vilcabamba, les archéologues ont trouvé des objets en argent dans des tombes huaries datant du IXe siècle. Païtiti pourrait avoir été la capitale des Incas, avant leur arrivée à Cuzco. » Cela voudrait dire que les Incas ne viennent pas du lac Titicaca. La belle légende des enfants du dieu Soleil, né de l’écume du lac pour apporter la civilisation aux hommes, en prendrait un coup.

La fameuse chaîne en or de Huascar

Juin 2012, des clichés, réalisés par la société Astrium, révèlent un étrange plateau culminant à 2 000 mètres, recouvert de végétation et bordé de précipices. « Un lieu stratégique impossible à envahir ». Païtiti ? Les chemins des sites incas de Lacco et de Cucirini vont droit dans cette direction. Une lagune carrée aux eaux noires et deux lacs jumeaux sont repérés six cents mètres à l’ouest, formant un ensemble que la tradition rattache à l’existence de Païtiti. « Les Incas y auraient jeté de grands trésors, dont la fameuse chaîne en or de Huascar. » 

Les grincheux diront que si Païtiti existait, quelqu’un l’aurait déjà trouvée. « On ne peut que réussir, insiste l’aventurier. On a deux ans d’avance sur nos concurrents. On rend des rapports techniques aux autorités, on a des contacts privilégiés avec les populations matsiguengas. La campagne Inkari 2013, financée par les internautes, aurait dû permettre d’atteindre le Graal, mais la pluie a fortement ralenti notre progression et nous avons dû faire demi-tour. » Plus que la découverte, c’est la quête qui est passionnante. La prochaine expédition se déroulera en juillet. 

 L’Aventurier de la cité perdue par Thierry Jamin, éditions du Trésor, 18 euros, 2014.

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