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LES ORIGINES DE LA SOLITUDE

Posté par othoharmonie le 4 juin 2014

 

images (10)Nous nous trouvons dans une société qui développe la communication, mais parallèlement à cela, nous savons qu’un des grands fléaux de l’humanité actuelle est le suicide. Nous devons examiner le problème fondamental de la solitude dans son ensemble, de manière à pouvoir régir notre existence dans des conditions plus favorables.

Quand on examine la situation de départ, celle du nouveau-né, on s’aperçoit que cette créature traverse l’épreuve de l’accouchement dans une solitude un peu particulière, puisqu’elle arrive dans un environnement dont elle ignore tout. Elle ne connaît ni sa mère, ni son père, et elle se retrouve, en un instant, dans un état de solitude totale vis-à-vis de l’environnement. Assez vite, des gens l’accueillent, mais elle ne les connaît pas. Elle apprendra progressivement à les connaître. Petit à petit, elle saura qui est la personne qui lui donne le biberon, qui lui change ses langes, qui lui fait des petits mamours, etc. A partir de ce moment-là, elle dira ; « C’est ma maman, c’est mon papa ». Donc, au départ de la vie, il y  a une solitude, vécue dans un moment très spécial. A la fin, il y a également une solitude chez les vieux mourants, plus ou moins dans les mouroirs ou sur les lits d’hôpitaux, dans leurs derniers moments ; tout autour, l’environnement, indifférent, regarde disparaître une créature totalement seule dans sa situation. Voilà, curieux voyage ; très seul au départ, très seul à la fin.

Entre ces deux instants existent des essais de contact avec l’environnement. C’est quelque chose de tout à fait bizarre : il s’agit d’accorder des créatures qui, en fait, sont au départ complètement seules et à la fin complètement seules. Il faut établir une législation de rapports, apprendre les cris, les gestes, les mimiques, les langages, les lois sociales pour s’adapter à un groupe humain. On ingurgite toutes sortes de choses pour pouvoir communiquer avec d’autres solitudes. Dans les moments bénis de la vie, tout à coup, il arrive qu’on découvre l’Amour avec un grand A, et là, commence la communication, on en parle et on dit : « Voilà, j’ai découvert l’amour » ! Un amour qui se poursuit par une compénétration réciproque pour faire naître quoi ?… une prochaine solitude. Une fois que cette grande conjonction amoureuse, l’éclair mental, la décharge affective et puis la suite sont réalisés, on voit parfois le couple se dissoudre et chacun s’éloigner de son côté. Cela se pratique de plus en plus à notre époque, et chacun retourne à sa solitude particulière. Bien sûr, il peut y avoir un bref moment où papa et maman dialoguent avec leur enfant, mais dès que vient l’âge ingrat… retour à la solitude, si cela ne se solutionne pas par un parricide ou un fratricide quelconque pour bien estampiller l’isolement assez important de chaque créature… Enfin on essaie, dans la zone intermédiaire, de pallier cette espèce de condamnation particulière. On fonde des familles et, si cela ne suffit  pas, on crée des groupes, on vit en communauté, on se côtoie tous les jours, on fait des repas fastueux avec vingt ou trente personnes et on n’est pas seul !

C’est vrai que, dans une partie de soi-même, n ne peut pas dire que l’on soit seul… Mais la nature étant ce qu’elle est, quelque fois on n’est jamais aussi seul qu’au milieu de la foule. Il se produit des phénomènes d’équilibration ; ce que l’on augmente d’un côté se réduit de l’autre…

Il faut examiner tout cela avec tranquillité et lucidité. Il ne faut pas condamner la famille, ni condamner un groupe, ni condamner une société, il faut simplement constater l’arrivée et le départ de la créature, et voir entre les deux les diverses négociations possibles pour sortir de son isolement.

La solitude, un état d’immaturité.

Mais qu’est-ce que la solitude ? Il faut se demander si l’impression de solitude est le résultat d’un progrès de la conscience de l’être ou le résultat d’une condamnation. Si c’est un progrès, il faut que la personne ait passé un certain nombre d’étapes pour envisager une bonne utilisation de ce que l’on appelle la solitude. Si c’est une condamnation, l’être doit se demander alors s’il est seul parce qu’il ne peut pas faire autrement ou s’il y a quelques chose qui le conduit à la solitude.

La deuxième question que va se poser l’être est la suivante : « Est-ce que je suis nul, imbécile » ? S’il se considère comme imbécile, le problème de la solitude se solutionnera d’abord par celui de l’imbécillité. Il se trouve qu’en latin imbecillus veut dit « enfant ». En fait, l’impression d’imbécillité peut être le résultat d’une immaturité de l’être. Dans la mesure où une partie de lui-même est immature, elle n’émerge pas, elle a des difficultés à communiquer et elle reste tapie en dessous, dans une impression impuissante de solitude. Elle n’a pas la force de s’émerger, de s’affirmer face à l’environnement et de déclencher une ambiance qui puisse donner à l’individu l’impression d’être présent dans le monde, d’être important, déterminant, fécondant et rayonnant. Il est certains que tous les êtres sensibles ont une partie fragile qui peut facilement tomber dans le plan de l’imbécillité et, lorsque cette partie fragile est coincée dans un plan inférieur, cet être va se sentir dans une triste impression de solitude.

Solitude pourquoi ? Parce qu’il a perdu sa maman, son papa, sa tétine, son biberon, parce que son hochet est cassé, etc, et c’est le désespoir. Le biberon, c’est la voiture, le hochet, c’est la maison de campagne, enfin chacun a son petit truc, mais de toute façon, cela se prolonge jusqu’à cinquante, soixante-quinze ans, et c’est toujours les mêmes réflexes ; on n’a pas ce qu’on veut et c’est le caprice. En fait, il faut se poser des questions : quelles sont les sources d’insatisfaction du bébé ? Quels sont les caprices qui ne sont pas satisfaits ? Qu’est-ce qui va le conduire à se réfugier, désespéré, au fond de son lit, pleurant à en mouiller les draps ?

Ce qui conduit à avoir une attitude aussi infantile, c’es tune série d’impuissances s’enfilant dans une autre série d’impuissances, mais en réalité, c’est aussi le fait de ne pas utiliser ses qualités, de ne pas les galvaniser au point d’en faire quelque chose de sensationnel. En général, on voudrait être aimé dans la partie de soi-même qu’on ne peut pas aimer. C’est-à-dire qu’on voudrait que l’amour des autres nous nettoie de l’amour qu’on n’a pas pour soi. On refile aux autres ce que l’on ne peut supporter en soi et ensuite on s’étonne qu’on ne soit pas aimé. On se dit : « Comment se fait-il qu’on ne m’aime pas, alors que moi je ne m’aime pas » ? C’est un enchaînement inconscient. C’est logique ! Alors que la première question que l’on devrait se poser est : »Est-ce que je m’aime ou est-ce que je ne m’aime pas » ? Car si on fait cadeau à quelqu’un d’une chose que l’on n’aime pas, on est quand même bigrement malhonnête.

Responsabilité de sa nature.

Il ne faut pas prendre les autres pour des idiots. Demandez-vous s’il y a quelque chose en vous susceptible d’être aimé. Cherchez-le à travers tous les détritus, vous trouverez certainement. Et c’est ce premier point qu’il faut galvaniser. Cela tient à un parfum, à un vêtement, à des petites délicatesses diverses. Examinez la manière dont vous traitez et enregistrez les plans profonds de l’home avec qui vous êtes sans pour cela aller jusqu’à mâcher ses bottes comme le font les femmes esquimaux, pour assouplir le cuir. Et puis, au lieu de vous laisser aller, essayez de réaliser de petits efforts, d’améliorer votre look en le transformant s’il n’est pas du goût de ceux qui vous entourent. Enfin, des détails qui ne sont pas toujours perceptible de prime abord, car on est conditionné depuis sa plus tendre enfance à vivre d’une certaine manière, qui n’est pas forcément intégrable par les autres.

Pourquoi ne s’aime-t-on pas ? Pour diverses raisons : la cellulite, un doigt de pied incarné, une bouche tordue, des boutons sur la figure, une odeur exécrable, une peau comme celle d’un caïman, il y a des détails qui font que l’on se supporte difficilement. En fait, certaines personnes font une mauvaise utilisation des éléments que la nature leur a donnés. Cela commence par un laisser-aller, puis aboutit à un renoncement. On s’installe dans un ronronnement et on est vieux à vingt-cinq ans. Mais en fait, c’est faux, complètement faux.

Il arrive que parfois, enfermé dans sa solitude, on voudrait ouvrir des portes et des fenêtres. On cherche alors quelqu’un de l’autre côté pour tirer sur la porte ou la fenêtre scellée, de manière à voir une autre lumière, une autre couleur. Mais est-ce bien cela ou est-ce simplement un réflexe profond de l’être qui veut respirer, boire et manger, et qui sait que respirer, boire et manger, cela se trouve dehors ? Par voie de conséquence, tout ce qui se trouve dehors est bon à respirer, à boire et à manger. D’ailleurs, si on examine bien tous les phénomènes annexes de l’amour, on s’aperçoit qu’il ya du boire et du manger dans l’histoire, et que cela peut très vite tomber dans le cannibalisme pur et simple.

L’être humain est un organisme qui s’échange avec son milieu. Il respire de l’air, boit de l’eau, mange des aliments…. mais l’homme ne se nourrit pas que de pain. Il se nourrit de toute parole, de toute énergie, de toute vibration sortant des créatures de Dieu et des portes de la création. De sorte que vus devez comprendre qu’en vous échangeant avec le milieu, vous ne faites pas qu’inspirer, vous expirez aussi. Vous assimilez des éléments et vous en rejetez.

Ainsi, lorsque vous avez assimilé l’énergie, quand vous l’avez intégrée et stabilisée dans votre nature, il y a un déchet qu’il faut gérer. Vous avez « mangé » l’énergie, mais si vous renvoyez l’excrétion dans la direction d’où vous avez reçu l’alimentation, vous vous trompez. Il y a des zones qui sont faites pour l’alimentation et il y en a d’autres qui sont faites pour l’excrétion. Vous ne buvez pas de l’eau prise dans le caniveau ; vous la prenez au robinet, et le caniveau c’est autre chose. Si par absence de lucidité, de courage et d’honnêteté, vous ne ovulez pas vous regarder en face, vous polluez tout le reste, vous remettez tout en question, vous excrétez là où il faut assimiler, vous assimilez là où il faut excréter, vous vous mettez la tête à l’envers. Le résultat, c’est que vous devenez immondes et inintégrables à cause de cette impureté qui existe dans votre système. Mais il y a des gens qui confondent, qui mélangent tout, qui se trompent. Ce qui fait qu’un jour leur source d’alimentation est complètement polluée, ils se sont empoisonnés et c’est fini, ils s’inversent. Au lieu de s’alimenter à l’endroit, ils le font à l’envers et ils deviennent de plus en plus l’envers.

D’autre part, lorsque nous nous échangeons les uns avec les autres, comme cela arrive parfois, dans un climat de lucidité, nous devons examiner jusqu’où nous entrons en communication, et jusqu’où nous n’entrons pas du tout, et jamais, en communication avec les autres. Nos nous maintenons toujours soit sous notre carapace de tortue, soit dans notre char d’assaut, soit dans notre poubelle, et nous n’en sortons pas. Demandons-nous s’il est sain de rester ainsi.

Equilibre dans la solitude.

Si l’on examine son passé, son présent, son futur, il s’agit en fait d’un ressourcement à l’intérieur de soi-même. On doit se poser les questions suivantes : a-t-on réussi à trouver un bon équilibre dans sa solitude, dans son feeling de solitude, ou n’a-t-on pas trouvé cet équilibre, et en souffre-t-on alors ? Tout compte fait, si on a trouvé les moyens de s’acclimater à sa solitude, on peut toujours essayer de donner des conseils aux autres. L’équation étant posée, on est débarrassé d’un complexe fondamental. On est né seul, on mourra seul. Entre les deux, on fait des négociations pour se donner des impressions. Tout ce qu’on peut alors se demander, c’est si l’on va réussir sa négociation.

En fait, l’impression désagréable de solitude se trouve dans la zone intermédiaire, là où l’on ne s’éclate pas dans une communication désordonnée, toutes fenêtres et toutes portes ouvertes à l’extérieur, et quand on n’a pas encore réussi à entrer dans ce milieu intérieur où finalement on a tout, tout ce que l’on peut demander, et même mieux. Ce milieu intérieur, il faut, d’une certaine manière, l’avoir extrait du milieu environnant en ayant suffisamment maîtrisé celui-ci pour que tout soi là, à disposition quand on le désire. Le fait d’avoir un environnement satisfaisant à sa solitude demande déjà un travail élaboré, dans la mesure où l’on veut garder un contact avec des impressions extérieures. Mais son ferme toutes les écoutilles pour rester uniquement dans un monde intérieur, à ce moment-là, c’est encore un autre niveau, on est nettement sur le chemin du retour.

En étudiant la question de plus près, il apparaît que certains êtres suffisamment intelligents réussissent à sortir de l’impression de solitude en organisant leur monde intérieur et leur environnement de façon satisfaisante et intéressante. D’autres sortent de la solitude en parvenant à communiquer avec l’environnement extérieur. d4autres, enfin, n’arrivent pas à sortir de l’impression de solitude. Lorsque l’on examine la raison de cet enfermement, on s’aperçoit que la sensibilité intérieure de ces derniers n’arrive pas à communiquer correctement avec l’environnement, et ceci pour deux raisons : soit ils téléchargement (8)ont pris l’habitude de se présenter sous une certaine forme, soit ils sont animés par des pulsions de réalisation qui leur demandent une démarche volontaire et puissante pour créer des choses qui les satisfassent. Or, l’environnement ne les reçoit pas toujours avec le niveau de sensibilité dont ils sont le siège.

A l’intérieur de toute collectivité se créent très vite des habitudes qui font que l’être se trouve, par le phénomène de réactions contre-réactions, enfermé dans un rôle qui ne lui permet pas toujours de faire respirer correctement sa sensibilité. Si quelqu’un a une dimension intérieure très sensible et qu’il doit, toute la journée, donner des ordres et mener des combats très difficiles pour que son environnement ne le choque pas trop, il pourra en arriver à durcir son caractère, et on le considérera alors comme quelqu’un d’extrêmement bourru, désagréable et autoritaire. Mais son attitude ne sera, en fait, que la simple expression d’une sensibilité intérieure très délicate et qui doit se défendre en permanence.

texte issu du livre FEMME REPONSES ESSENTIELLES de Apple Guéry aux Editions Trajectoire

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Un Passeur de sagesses

Posté par othoharmonie le 4 juin 2014

 

téléchargement (6)Il a rendu les traditions spirituelles orientales accessibles aux esprits occidentaux en quête de sens. Il a également fondé le premier ashram français, puis est devenu l’un des grands médiateurs de la quête intérieure.

Bien qu’il ait écrit une vingtaine de livres de référence, Arnaud Desjardins se veut plutôt homme d’images : réalisateur télé pendant vingt-deux ans, ce sont sa capacité à observer le monde et son âme de journaliste qui lui ont permis de s’immerger dans les grandes traditions spirituelles.

Participation aux groupes de réflexion et d’enseignement ésotérique créés par G. I. Gurdjieff, séjours en ashrams, retraite dans un monastère trappiste, périples au cœur du bouddhisme tibétain : ce fils de protestants, diplômé de Sciences Po, multiplie les expériences intérieures. Sa rencontre avec le maître indien Swâmi Prajnanpad sera décisive : cet ancien professeur de physique, au fait de l’œuvre de Freud, l’initie à la voie d’une transformation intérieure inéluctable.

De retour en France, il publie ses “Chemins de la sagesse”, qui transmettent son expérience personnelle et l’essence des textes sacrés.

Pensées

La connaissance de soi
Grande leçon issue de l’adyatmayoga, l’enseignement de Swâmi Prajnanpad : le fondement de ce qu’on appelle « vie spirituelle » n’est autre que la psychologie, c’est-à-dire la connaissance du mental, qui englobe pensées et émotions. Mais la comparaison s’arrête là, car si le but en psychologie est de se connaître et d’essayer de devenir ce que l’on est, dans l’adyatmayoga, on recherche la disparition de l’ego. Dans les deux cas cependant, le propos reste de mieux vivre.

L’état sans ego ou la non-dualité
Essentiel, mais difficile, car il est inadmissible pour l’homme moderne de concevoir une réalité où son individualité n’aurait plus de place. Le paradoxe est le suivant : chaque être est unique, mais chacun voudrait inconsciemment que l’autre lui ressemble, qu’il agisse en conformité avec ses désirs, donc son ego. De cette dualité naît la souffrance. Le travail consiste donc à rechercher l’unité, à ne faire qu’un avec l’univers, car l’énergie est unique. Pour cela, il ne faut pas tenter de « tuer » l’ego mais, au contraire, assumer tous ses désirs, puis réaliser que la plénitude parfaite et durable ne peut être atteinte dans cette voie. Alors, seulement, les désirs tombent d’eux-mêmes. « La disparition de l’ego consiste en une mort à soi-même tel que nous nous connaissons aujourd’hui, une mort et une résurrection déjà si totales, que la mort du corps physique n’y enlève rien. »

L’état sans émotions
Les émotions définissent l’ego. Distinguer entre ce que l’on aime ou pas est source de joies et de souffrances. La libération consiste à s’affranchir de ces réactions : une chose n’est ni belle ni laide, elle est seulement à sa place. Sans émotions, est-on encore vivant ? « Oui, répond Arnaud Desjardins, car la mort de l’ego est la véritable naissance, la découverte de ce qui est au fond de nous. » C’est l’éclatement de la prison étroite du « je » qui libère une perception plus juste du monde.

La vigilance
téléchargement (7)Etre présent, attentif, conscient, savoir à chaque instant ce qui se passe en nous et autour de nous. Cette aptitude se développe et croît peu à peu par l’exercice de la méditation. Seule la vigilance permet de ne plus se laisser emporter par les émotions. Cette attitude n’a rien de spectaculaire, mais elle change tout. Ces moments de conscience, Arnaud Desjardins les appelle des « souvenirs » : on se souvient de soi-même, de son but, dusens de sa vie, et on reste maître de soi. Ainsi, on n’est capable de sentiments qu’en abandonnant les émotions.

 Trouver son maître
Comme en thérapie, on ne peut s’engager sur les chemins de la sagesse sans être guidé par un être d’expérience ayant fait le chemin. Il stimule, bouscule, écoute et répond aux questions. « Si une personne ne réunit pas ces compétences, elle n’est en aucun cas un maître, mais un de ces aveugles guidant les aveugles… » Le maître ne révèle pas sa qualité par des prodiges spectaculaires, mais par sa réponse à une demande juste. Comment trouver son maître ? Par recommandation, en lisant des livres sur le sujet, au gré de retraites, etc. Puis le disciple s’arrête à celui qu’il reconnaît comme tel.

De même que nous sommes déjà nus sous nos vêtements, l’amour est déjà notre réalité fondamentale voilée par les craintes et les espoirs de l’ego.

Arnaud Desjardins

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Les Chercheurs de Vérité

Posté par othoharmonie le 4 juin 2014

 

images (9)Se méfier de l’opinion
La première chose à faire pour le chercheur de vérité, c’est ne pas être dupe de l’impression première : l’opinion, c’est l’ennemie de la science. S’il arrive que les deux disent la même chose, c’est toujours l’effet d’une coïncidence, et pour des raisons diamétralement opposées. L’opinion ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l’opinion : il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter.

Surmonter l’obstacle
Mais l’opinion est une condition de la connaissance : c’est en surmontant nos mauvaises habitudes de pensée que l’on parvient à la science véritable. Ainsi, le réel n’est pas la représentation qu’un sujet peut en avoir, mais surgit de l’aptitude à surmonter nos préjugés sur lui, pour accéder à ce qu’ils dissimulent. Le progrès scientifique n’est pas un chemin harmonieux, qui va, sans encombre, des perceptions sensibles aux concepts, mais un processus discontinu, qui surmonte l’obstacle des impressions premières pour accéder à la connaissance objective.

Laisser grouiller les microbes
Néanmoins, pour rompre avec l’illusion, il faut, non pas la balayer d’un revers de la main, mais comprendre la logique de son déploiement. « Il n’est pas question de se rallier aux chevaliers de la Table rase, ces philosophes qui se font mérite de tout recommencer, de s’affirmer par un commencement absolu. » La méthode de Descartes aseptise le mouvement par lequel on se tourne vers la science. Et prive la raison de la dynamique que donne la compréhension des erreurs initiales. Descartes oublie qu’il n’y a pas de sujet pur, alors que Bachelard laisse « grouiller les microbes » et s’intéresse à nos erreurs.

L’illusion : vouloir se passer d’illusions
De fait, pour le philosophe poète, l’eau, l’air, la poésie et le feu n’ont pas moins d’intérêt que la science elle-même, puisqu’ils en livrent en quelque sorte la préhistoire. Bachelard est l’adversaire de ceux qui cèdent à une conception naïve et magique du réel, mais aussi de ceux qui méprisent leurs émotions, pour s’installer d’emblée dans la science. Pour bien connaître la nature, il faut se défaire de ses opinions, de ses rêves, de ses illusions, mais pour ce faire, il faut les examiner. La connaissance est d’abord connaissance de la méconnaissance. Aucune erreur ne mérite l’anathème, l’illusion est de penser qu’il faut se passer d’illusions pour commencer à penser. Loin d’opposer sommairement la science et la poésie, Bachelard prend le risque de « les unir comme deux contraires bien faits ».

Dormir éveillé
Le rêveur n’est que l’ombre de lui-même ; l’homme éveillé, à l’inverse, est sourd aux hallucinations de l’imaginaire… Entre ces deux états, entre le songe oublieux et l’abstraction rationnelle, entre l’inconscient opaque et la « surconscience » diaphane, il y a la rêverie, ce juste milieu du savoir humain, qui menace, à chaque instant, de s’évaporer en rêve ou de se condenser en savoir objectif, mais qui révèle à la fois le monde tel qu’on l’imagine autant que les mécanismes qui nous font l’imaginer ainsi. Ce qui entrave la connaissance est aussi ce qui la rend possible. Le rêveur, que Bachelard appelle « dormeur éveillé », devient ainsi la figure, par excellence, de l’homme total, diurne et nocturne à la fois, celui par qui la science trouve peut-être le chemin des cœurs.

L’homme qui aurait l’impression de ne se tromper jamais se tromperait toujours.

téléchargement (5)Gaston Bachelard

« C‘était un soir d’hiver, au coin du feu, dans un hameau normand. Recroquevillé sur le canapé de cuir qui faisait face à la cheminée, le menton posé sur les genoux, et l’oreille attentive au sifflement du bois, je me laissais aller à la douceur d’un rêve éveillé, né des braises, du suintement des bûches et de la cendre chaude.

C’est alors que mon père prit dans la bibliothèque un exemplaire de La Psychanalyse du feu et me le mit entre les mains. L’émerveillement fut immédiat. Les premières pages étaient comme la répétition enchantée de ma propre rêverie. Au feu du hameau se juxtaposait, sans le remplacer, l’âtre dans lequel le philosophe raconte que sa grand-mère faisait cuire tout ensemble les pommes de terre, la soupe, les œufs… 

J’étais devenu moi-même un peu du petit qui croyait manger du feu en dévorant une gaufre. C’est à Bachelard, décrivant dans ses détails une émotion qui était pourtant « la mienne », que je dois ma première expérience littéraire. Quelques années plus tard, j’appris avec lui que l’on pouvait être à la fois scientifique et poète, et qu’il existait des foyers chaleureux où l’imaginaire et la connaissance, le plaisir et le sérieux, le cœur et la raison faisaient bon ménage » .

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