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Changer de regard sur ce qui nous entoure

Posté par othoharmonie le 13 juin 2014

 

images (1)Vivre différemment, oui, mais par où commencer ? Dans son livre « La spirale initiatique », Maud Séjournant nous propose de changer notre regard sur la Terre afin de renouer avec la nature… Loin d’un ensemble de choses statiques, la nature regorge de vie et de merveilles dans lesquelles nous, en tant qu’êtres vivants, trouverons toujours bonheur à plonger.

Le rapport au temps est totalement à l’inverse chez les mayas qui disposent de deux calendriers, l’un de deux cent soixante jours et un autre basé sur les mouvements de la Terre par rapport au Soleil de trois cent soixante jours, plus cinq jours « pour rien », hors temps. Les deux calendriers fonctionnent simultanément. Tous les cinquante-deux ans, ils recommencent le même jour. Je n’entrerai pas dans les détails de ces cycles très complexes, disons seulement que tout mouvement fait partie d’un plus grand mouvement et nous rappelle ainsi la notion de fractale mais dans le temps et non dans l’espace.

 
Les prophéties des diverses traditions de toute l’Amérique annoncent en tout cas une période de purification intérieure et de grand changement de conscience. Le cycle du Cinquième Soleil se termine pour voir l’avènement du Sixième Soleil. De nombreux mondes ont disparu avant celui qui est le nôtre, mais comme pour les cérémonies de reconsécration des temples balinais ou de célébration des esprits alliés qui ont fait un pacte avec nous, il est peut-être nécessaire maintenant de renouveler en conscience notre accord avec les esprits de la nature qui nous entourent pour recréer une alliance. Il est essentiel que nous les traitions en alliés et non pas comme des objets utilisables et corvéables sans fin. Nous le voyons se manifester au travers de nouvelles recherches scientifiques qui examinent la nature pour apprendre ce qu’elle sait si bien faire naturellement et l’adapter à notre monde humain. 
La situation présente de la Terre ouvre enfin les yeux de l’homme occidental. S’il n’était pas prêt, il y a quelques centaines d’années, à écouter les enseignements de ses frères rouges, il semble maintenant disposé à s’asseoir avec eux pour apprendre une nouvelle manière de se relier aux énergies de la nature. Ils allumeront le feu qui pourra éclairer les peuples, disent certaines prédictions, et créeront ensemble une alliance pour une nouvelle Terre. C’est l’automne. Cette année, l’été indien se prolonge étonnamment tard dans la saison. Nous sommes début novembre, et les arbres sont dans leur phase flamboyante ; les bouleaux en haut sur la montagne sont presque nus et plus bas les cottonwoods, sorte de peuplier aux branches épaisses dont la peintre Georgia O’Keefe a su magnifiquement rendre l’esprit dans ses peintures du Sud-Ouest américain devenues célèbres. Ces arbres énormes poussent en général autour des rivières ou des arroyos car ils ont besoin de beaucoup d’eau. Leurs feuilles arrondies répondent au vent par un frissonnement dont le bruit ressemble à de l’eau qui coule. Ils passent en automne par une phase dorée, je dirais même jaune d’or pur. 

Je pratique ce que m’a enseigné mon ami chasseur : voir la nature non pas comme les choses ou des objets autour de moi, mais comme un ensemble mouvant dont je fais partie et qui est en relation avec moi. J’ouvre ma porte intérieure pour que les arbres, les animaux, les pierres puissent entrer en moi, communiquer, et donc me toucher. Les cadeaux sont prêts pour ceux qui savent être vulnérables et les accepter. Je vais en recevoir un de taille. Il y a un cottonwood majestueux au bord de la route que je prends pour aller au centre-ville ; à chaque passage, il accroche mon regard d’abord par sa forme à la fois puissante et élégante, majestueuse et douce en même temps, puis par sa couleur d’or qui se détache sur le ciel bleu roi si typique de Santa Fe, un bleu qui tire sur le pourpre avec une densité que seul l’air de la montagne à deux mille mètres sans pollution peut offrir ; de tous les lieux de la Terre que j’ai visités, je n’ai pas vu un seul autre endroit qui offre un ciel pareil. 


L’or s’étale sur le bleu, un léger frémissement de feuilles légères et mouvantes. Tout est là, rien à imaginer de plus : la perfection de la beauté. Y rentrer, et se laisser pénétrer ; se taire et ne plus entendre de discours, être avec cet arbre, tout simplement ; plus de description, juste de l’appréciation, un silence de bonheur total ; le temps n’existe plus.

Autrefois, je l’aurais peut-être entendu me parler, se lancer dans une conversation, prise dans la compréhension que j’avais alors de la communication chamanique. Maintenant, seul le silence existe, au-delà de tout mot, de tout message, de tout enseignement ; car lentement je deviens lui, je réalise que je suis cet arbre, que je suis cet or qui frémit dans le soleil automnal ; je suis riche à jamais de cet or qui va disparaître dans quelques jours, personne ne peut m’arracher cette abondance extrême qui déborde dans des larmes si douces. Le monde s’arrête comme dit Castaneda, les apparences tombent comme ces feuilles pour laisser briller l’essence ; l’essence de l’arbre, l’essence de l’espèce, l’essence du végétal, l’essence des saisons qui passent et se renouvellent, l’essence du temps qui devient alors éternel. Je suis cela ; je suis cela, et résonne à mes oreilles la prière de la Voie bénite de la Beauté : Je marche dans la Beauté, Devant moi, la Beauté, derrière moi, au-dessus de moi, sous mes pas.

Changer de regard sur ce qui nous entoure dans Nouvelle conscience couv_1233La spirale initiatique, Maud Séjournant
Albin Michel (Mai 2013 ; 350 pages) 

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Voyage dans le monde d’en-haut

Posté par othoharmonie le 13 juin 2014

téléchargement (3)Nous avons tous entendu parler d’un royaume situé au-delà des nuages, peuplé d’âmes défuntes et d’êtres spirituels. Un lieu idyllique bercé de douceur, d’amour, de lumière… Fariboles éculées, gentilles allégories, ou récit authentique d’un monde non-matériel ? 

Anthropologue mondialement reconnu, Michael Harner a consacré sa vie à l’étude et à la pratique du chamanisme. Dans le cadre de sa fondation, il a initié des milliers d’occidentaux aux techniques du voyage chamanique dans les mondes d’en bas, « celui qui se situe en dessous de nous », d’en haut, « au-dessus de nous », et du milieu, « où nous vivons ». Tous expérimentent-ils la même chose ? Pour le savoir, Michael Harner a collecté plus de 2500 récits d’ascensions entreprises au son du tambour, sans l’aide de substances psychotropes, par des personnes qui n’en avaient généralement jamais fait l’expérience, et qui n’avaient reçu aucune information sur ce qui les attendait. 

« On s’est contenté de leur expliquer comment parvenir à leur destination », indique l’anthropologue dans Caverne et Cosmos. La technique est simple : s’allonger calmement dans l’obscurité, se bander les yeux, visualiser son point de départ, puis répéter mentalement l’objectif de se rendre dans le Monde d’en haut et de l’explorer par l’esprit. Le son répétitif du tambour modifie l’état de conscience, jusqu’à ce que d’étranges images apparaissent, comme indépendantes de notre volonté, souvent bien différentes de ce qu’on avait pu mentalement en imaginer. Quel est donc cet univers subtil, appréhendé par le filtre complexe de notre subjectivité ? 

Les barrières de la réalité ordinaire

Première sensation : s’élever jusqu’à rencontrer une « zone de transition » : strate nébuleuse pour certains, membrane perméable pour d’autres… « J’escalade l’arc-en-ciel, témoigne un participant. Je sens qu’un pouvoir me tire vers le haut. En dessous, je vois les collines, une route. Je continue à grimper. Il y a des nuages au-dessus de moi. J’atteins le sommet de l’arc-en-ciel. Je pose le pied sur un nuage. Je suis étonné de voir qu’il supporte mon poids. » Ainsi franchit-il la lisière entre les mondes. Au fil de l’ascension, les niveaux s’enchaînent, toujours séparés par une fine couche. « J’ai l’impression que je cherche le soleil, poursuit le participant. Je franchis un autre niveau. Je me sens très puissant, mais très doux, aussi. Je continue à voler de plus en plus haut. Il y a toutes sortes d’énergies dans l’espace. Des vents solaires. De la lumière. Je ne fais que monter en flèche. On dirait que le temps ralentit. Tout paraît vraiment apaisé. Je vole, c’est tout. De plus en plus haut, une barrière après l’autre. Je ne sais pas s’il existe une limite au nombre de niveaux. » 

Un lieu magique

Le Monde d’en haut n’est pas qu’éther ; beaucoup disent y avoir perçu des paysages surprenants de beauté, dotés d’une grande sacralité : fleurs de lotus, montagne dorée émergeant de la brume, « splendide cascade bleu vif ornée de pierreries », prairies et forêts d’un vert « incomparable » sentant « divinement bon », ruisseaux de lumière, palais et cités de cristal… « J’avais l’impression de pénétrer dans un tableau, témoigne un participant. Les traînées de lumière et leurs couleurs étaient extraordinaires. » Un univers tout à la fois paisible et éclatant, apparaissant au fil des niveaux de plus en plus épuré et lumineux – comme si l’ascension permettait de se rapprocher d’une essence. 

Une musique céleste

Une autre surprise attend certains : la distinction très nette d’une musique, de chants « paradisiaques », de chœurs « absolument exquis », aussi clairement que si quelqu’un jouait dans la salle. « A mon grand étonnement, j’ai commencé à entendre de la musique alors que je me trouvais parmi les étoiles, explique un homme, psychologue de profession. J’ai cru que l’un des collègues du Pr Harner avait mis un enregistrement. J’ai été frappé par la beauté et la clarté du son. C’était tellement divin que j’aurais aimé pouvoir en retenir chaque note. » Michael Harner lui-même dit avoir fait l’expérience du « plus beau son » de sa vie alors qu’il « flottait dans les airs », la première fois qu’il a bu de l’ayahuasca (un breuvage psychotrope) chez les Conibo d’Amazonie. 

Des esprits à visage humain

« Un homme m’a rejointe, explique ensuite une participante. Il portait une cape bleue à galons d’or et une coiffe d’or, et il avait un aigle posé sur l’épaule. J’ai marché avec lui jusqu’a ce qui ressemblait à un palais majestueux, dans une longue salle où de très nombreuses personnes formaient un cercle. L’homme m’a dit qu’il était Odin. Je lui ai demandé qui étaient ces gens, il m’a répondu que c’était ma famille, et que j’avais déjà rencontré beaucoup d’entre eux. » Les occidentaux, comme les chamanes autochtones avant eux, visualisent souvent des esprits compatissants, semblant les attendre et les accueillir, sous la forme de déités anthropomorphiques, de personnalités décédées ou de parents défunts – un père, une mère, une arrière grand-mère qu’on reconnaît sans l’avoir jamais connue, avec qui on interagit « par une sorte de langage mental ».

Le temple du savoir

Certains ont aussi parfois l’impression, au gré de leur voyage, de pénétrer dans le temple du savoir, représenté selon les cas par une pagode bouddhiste, une sorte de « laboratoire d’enchanteur », ou un lieu ressemblant à la « bibliothèque d’Alexandrie ». Là, beaucoup disent voir des livres ou des parchemins couverts d’écriture et de symboles indéchiffrables. « Il se peut que les écrits qu’ils ont trouvés dans le Monde d’en haut soient en réalité le Livre céleste, remarque Michael Harner. Depuis la Mésopotamie antique, il est dit qu’il traite de divers sujets, parmi lesquels : les dieux, le mystère du ciel et de la terre, le destin, la sagesse, la loi de la terre et du ciel, la vérité, le secret de la création et l’origine de toute chose, la vie, la mémoire du bien et du mal accomplis. » Les étudiants de Michael Harner auraient-ils abouti au même endroit que Moïse et autres prophètes ? 

Transformation intérieure

Une chose est sûre : le son du tambour les emporte au pays de la bienveillance infinie. « J’ai senti l’amour de la forêt m’envahir tout entière, me nourrir et m’aimer, indique une femme. Puis j’ai vu des cercles entourant d’autres cercles, et encore des cercles, rien que des cercles d’amour, et combien nous ne sommes qu’amour. Je n’avais jamais vu ou éprouvé un amour de ce genre-là ! » L’univers tout entier paraît lui aussi « fondamentalement bon », comme une force de vie irrésistible, une pulsation qui englobe et unit tout. « On dirait qu’il n’y a pas d’intelligence individuelle, ici, aucune notion de séparation, poursuit un participant. Ce n’est qu’une présence incroyablement vaste, qui est, tout simplement. » Au gré du voyage, certains vivent aussi une métamorphose. « J’arrive près d’une fontaine aux teintes luminescentes et j’entends des voix, puis j’aperçois les visages d’un homme et d’une femme qui semblent me dire d’enlever mes vêtements et de m’avancer dans l’eau de la fontaine pour m’y purifier, explique un homme. Je palpe alors mon corps. Il est désormais transparent et rayonne d’énergie. Je deviens la fontaine. Tout se réarrange et j’ai la sensation d’être totalement libéré de la maladie. » L’expérience est troublante : devenir squelette, se sentir mort puis renaître, « transformé en énergie à l’état pur », doté d’une force et d’une compréhension nouvelles… « Je savais tout, je comprenais tout, dit un participant. J’éprouvais un sentiment de paix au-delà de tout ce qu’il est possible de croire. J’étais le pouvoir, la douceur, l’amour inconditionnel, la lumière, l’espoir, l’enthousiasme, la vie nouvelle, tout. » 

Une expérience personnelle

Ces récits, aussi étranges qu’ils paraissent, font écho à ceux des premiers mystiques, ainsi qu’à ceux des chamanes autochtones des 4 coins du globe. Leurs similitudes ancrent l’idée d’une expérience commune. Le vécu est réel, partagé, mais que démontre-t-il : l’existence du paradis dans un autre versant de la vie, ou simplement notre adhésion à un inconscient collectif, ancré dans nos têtes ? « Dans le monde d’en bas, les occidentaux n’ont pas trouvé l’enfer ! » rétorque Michael Harner, mais un univers très similaire à celui d’en haut, avec ses jardins d’Eden, ses musiques, ses esprits enseignants. 

Pour lui, l’expérience ne serait donc pas le fruit d’une « programmation » ni d’une « projection culturelle ». Est-elle imaginaire ? A cette question, l’anthropologue répond : faites-en vous-même l’expérience. « Près de 90% des occidentaux sont capables d’accéder au Monde d’en haut, s’ils se conforment sérieusement aux instructions. La pratique personnelle est ce qui fait la différence entre l’approche chamanique et la religion. »Si tout le monde ne voit pas la même chose, c’est que « personne n’est issu du même contexte. La réalité non-ordinaire est taillée sur-mesure pour s’adapter à chaque individu », afin d’en assurer la portée. « Ne vous découragez pas si votre premier voyage est vague ; cela évoluera avec la pratique, conclut Michael Harner dans Caverne et CosmosLe succès du voyage repose sur l’association de persévérance sans effort et de concentration détendue. » A vos tambours, prêts ?

Voyage dans le monde d'en-haut dans Astrologie et Esotérisme couv_1826Caverne et cosmos, Michael Harner
Mama Editions (Mars 2014 ; 436 pages) 

Publié dans Astrologie et Esotérisme, PENSEE MAGIQUE - LEITMOTIV et RITUELS, TRANSFORMATION INTERIEURE | Pas de Commentaire »

 

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