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La spiritualité, un parcours individuel

Posté par othoharmonie le 19 juin 2014

 

Son premier roman, Loin de Chandigarh, a fait de Tarun Tejpal un des souffles de la littérature indienne contemporaine. Son nouveau roman, La vallée des masques, interroge les prêts-à-penser, y compris en matière de spiritualité.

images (18)Il était une fois Aum. Maître spirituel, guide éclairé, « pur des purs » mythique aux idées séduisantes de vérité : se détacher du fardeau de la possession et de l’ego, trouver la paix intérieure, bâtir une société où tous les hommes seraient libres et égaux… Il était une fois un homme. Sans nom. Sans visage non plus, car dans la confrérie d’Aum où il naît et grandit, tout le monde porte un masque, en signe d’unité et de fraternité.

Le héros de La vallée des masques parle de méditation, d’éveil, de sixième sens, de connexion à la nature. Pourtant, le nouveau roman de Tarun Tejpal n’a rien d’une quête mystique et initiatique.« Ce livre explore plutôt les dangers du dogmatisme, commente son auteur. Dans toute l’histoire de l’humanité, même les plus belles idées, parées des meilleures intentions, finissent par engendrer des systèmes où règne la domination. »Tarun Tejpal sait de quoi il parle : son expérience de journaliste nourrit depuis plus de vingt ans sa compréhension des organisations humaines, qu’elles soient sociales, politiques ou spirituelles. « Grandes ou petites, le schéma est toujours le même. Au départ, le discours semble plausible, les idées attractives. Et puis, petit à petit, tu ressens un malaise. » Soit parce que le leader « instrumentalise le mythe pour lui faire dire ce qui l’arrange », acquérir un pouvoir et maintenir une emprise. Soit parce que certains fidèles, par besoin de trouver un cadre et de s’en remettre à quelqu’un, tombent dans la soumission et la superstition.

« Le doute toujours alterne avec la foi, commente Tarun Tejpal. Pour aller de l’avant, on a besoin de croire en quelque chose. Mais sans vigilance, la foi est la porte ouverte à toutes les chimères, toutes les manipulations. La spiritualité doit être une quête individuelle. Personne ne peut prétendre détenir la vérité et te dire quoi faire. »

Clés pour avancer : curiosité, libre-arbitre, mais aussi empathie et capacité à embrasser le monde dans sa diversité. « La perfection n’existe pas ! L’homme est complexe, le monde aussi. Je suis terrifié par les gens qui disent savoir ce qui est bon, non seulement pour eux, mais pour les autres. D’où vient ce besoin de contrôler ? » Et cette capacité à se conformer, s’enfermer dans des postures… « Il n’y a pas un seul chemin. A chacun de faire sa propre expérience et d’inventer ses propres règles. »
Comme lui le fait : « Je suis un mélange de civilisations, et ce mélange me rend heureux. Dans ma tête, je me sens très occidental. Je suis agnostique, je crois à la logique, à la raison, j’écoute Mozart et Beethoven, mais dans mon cœur, je suis complètement oriental. Mes impulsions sont très indiennes. J’adopte la philosophie hindoue parce qu’elle célèbre la vie, ne la dénigre pas. Des chapitres entiers parlent de sexe et célèbrent l’amour ! »

L’amour… « Dans un monde en peine, dont on a du mal à comprendre le sens, c’est la seule chose qui peut nous sauver ! » Peu importe de quoi, « c’est une attitude ». S’ouvrir, accueillir, comprendre, accepter, être là, s’engager…
Une manière d’être que Tarun Tejpal cultive au quotidien. Dans sa maison secondaire de l’Himalaya, « où règne indubitablement un haut niveau de spiritualité ». Dans son amour de la musique qui, par sa capacité à« nous ébranler, nous habiter, nous libérer », est selon lui « ce nous rapproche le plus du divin. » Dans l’écriture, enfin. « Quand je commence un livre, j’ai une idée du sujet, des situations, des personnages, mais je ne sais jamais comment ils vont évoluer. C’est un processus organique, une exploration intérieure. » Une« conscience en expansion » qui le guide dans tout ce qu’il entreprend. Notamment en tant que fondateur et rédacteur en chef de Tehelka, un magazine d’investigation réputé. « Les journalistes doivent être des guerriers, s’engager dans les batailles de la société ». En restant fidèles à ce qu’ils souhaitent raconter,« car toute histoire, au final, est un médicament dans la grande pharmacopée des histoires du monde : peu importe ce qui te pousse à l’écrire, elle finira par trouver écho chez quelqu’un, le soulager face à ses propres difficultés. »

La spiritualité, un parcours individuel dans SPIRITUALITE c'est quoi ? couv_936La vallée des masques, Tarun Tejpal
Albin Michel (Août 2012 ; 464 pages) 

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maîtriser notre mémoire sensorielle

Posté par othoharmonie le 19 juin 2014

images (17)Notre mémoire sensorielle, véritable réservoir de ressentis passés, aurait plus que son mot à dire quant à l’expérience que nous faisons des évènements. Le livre « Guide de la communication sensorielle » décrit comment cette mémoire peut être rééduquée, nous permettant de maîtriser l’interprétation de nos sens.

« Nous ne sommes pas toujours conscients d’émettre ni de recevoir des messages et pourtant, pas une seconde ne passe sans qu’un message ne soit capté, reçu, émis et mémorisé. » Paul Valéry. 

Nous ignorons le plus souvent les effets de notre mémoire dans nos comportements, nos pensées, nos actes posés ou nos paroles. Les expériences passées influencent inconsciemment nos perceptions, nos pensées, nos actions et construisent ainsi un monde caché à la mémoire consciente. Cette mémoire reçoit des informations par nos sens, propose des ressentis qui renvoient à des souvenirs sensoriels présentant des similitudes parfois très approximatives avec un événement qui cause et déclenche des réactions souvent inappropriées. Nous n’exploitons pas à bon escient cette mémoire. Sans instruction particulière de notre part, notre mental se laisse guider par nos états d’âme, nos ressentis créés et déformés par les énergies du présent, mariées arbitrairement à nos émotions du passé. 

« C’est notre mémoire qui attribue aux objets et aux évènements présents une connotation d’angoisse ou de plaisir venue de notre passé. » Boris Cyrulnik. Nous voyons le verre tantôt à moitié plein, tantôt à moitié vide selon l’humeur que notre mémoire sensorielle nous renvoie dans un instant T. Or, notre mémoire enregistre tout et n’analyse rien. La plupart des grandes traditions spirituelles affirment que la mission de l’homme sur terre est d’atteindre la conscience. Pour cela, nous avons à rééduquer, « reformater » notre mémoire sensorielle à l’image d’un disque dur en informatique. Reprogrammer notre mémoire sensorielle consiste soit à changer notre relation émotive à un événement, soit à regarder l’événement sous un autre angle. 

Les peurs de l’enfance ne se justifient plus nécessairement à l’âge adulte. Elles ont, bien sûr, laissé des traces et quand elles se manifestent dans l’instant présent, une certaine confusion émotionnelle peut nous envahir. C’est à ce moment que l’on peut agir pour discerner les sensations que l’instant déclenche, les ressentis que la mémoire fait remonter afin de les « reprogrammer » de façon plus adaptée. La mémoire sensorielle reprogrammée peut devenir la clé de notre bien-être. Dans la « mémoire sensorielle », rien ne se perd, les moindres stimuli sont recensés, la capacité de stockage est illimitée. C’est là que sont stockées toutes les perceptions transmises par nos cinq sens depuis le premier jour. Un processus qui démarre dès la vie intra-utérine. 

Nos ressentis témoignent de cette double appartenance à l’information et au souvenir. Quand nous disons que nous « sentons » quelque chose en nous, que « notre corps nous parle », nous évoquons une réalité subjective. Cela nous évoque des images, des bruits, des odeurs, des souvenirs. Maîtriser l’interprétation des sens est un atout précieux et devient vite une habitude une fois qu’on en a goûté les fruits. On ne demande qu’à reproduire les conditions favorables à la future récolte. 

L’exemple le plus célèbre de la capacité qu’ont nos sens à réveiller notre mémoire est la madeleine de Proust, ce petit gâteau trempé dans le thé qui rappelle à l’auteur de A la Recherche du Temps Perdu un épisode de son enfance. Ce qui est remarquable, c’est que le romancier hésite un long moment avant d’identifier ce souvenir : ce qui lui vient en premier, c’est l’émotion, ce « plaisir délicieux » qui éclaire son humeur du jour, plutôt morose, et dont il ne comprend pas la cause. Il lui faut goûter et regoûter cette madeleine, faire le vide en lui-même, combattre la « lâcheté qui nous détourne de toute tâche difficile », pour que « tout d’un coup » revienne le souvenir de sa tante Léonie et qu’il revive la scène de son enfance. 

maîtriser notre mémoire sensorielle  dans LECTURES Inspirantes couv_1278Guide de la communication sensorielle, Olivia des Moutis, Daniel Boublil, Patrice Levallois
Editions Josette Lyon (Juillet 2013 ; 251 pages) 

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