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Prendre au sérieux le deuil d’un animal

Posté par othoharmonie le 28 juillet 2014

 

Aujourd’hui, le lien existant entre un propriétaire et son animal de compagnie est davantage admis et compris. La perte de celui-ci est désormais considérée comme un véritable deuil. Une nouvelle conscience qui se retrouve dans la pratique des vétérinaires. Devenus les accompagnateurs de fin de vie de ces animaux, leur pédagogie et leur écoute permettent aux propriétaires de mieux vivre la situation.

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Trente ans après les faits, Véronique en est encore traumatisée. Elle était venue soutenir sa meilleure amie, qui venait de perdre son chat. « Je tâchais de la consoler. L’animal, empoisonné, reposait sur le carrelage, se souvient-elle. Soudain, mon amie s’est levée, a pris le chat mort et… l’a jeté dans la poubelle. Je ne m’en suis jamais remise. » Choquée, Véronique avoue que cette manière d’agir a sérieusement endommagé le lien qu’elle avait avec son amie. « Traiter ainsi un animal avec qui on a vécu de longues années, c’est inhumain, non ? »

L’attitude expéditive de cette propriétaire envers son chat correspond à une époque révolue: celle où l’on ne prenait pas en compte la profondeur du lien qui peut unir un maître à Médor ou Mistigri. « Pendant longtemps, la question de la condition animale n’a pas suscité grand intérêt en Occident,rappelle la journaliste Karine-Lou Matignon, qui vient de publier le beau livre Enfants et animaux. Des liens en partage (Éditions de La Martinière). L’attachement que l’on pouvait éprouver pour un animal a été souvent jugé sinon indécent ou dérisoire, en tout cas symptomatique d’une époque et d’une société malades, en perte de repères. Dans un tel contexte, il était même difficile de montrer sa peine lors de la mort de son chien ou de son chat. »

Les pays anglo-saxons ont été les premiers à changer la donne, avec la création de groupes de parole pour propriétaires endeuillés * et l’émergence de pet loss therapists, qui accompagnent ceux dont la douleur s’éternise. Internet a aussi ouvert de nouveaux espaces pour toute une population qui ne savait pas où communiquer son chagrin: les cimetières virtuels pour animaux y fleurissent, ainsi que les forums de discussion autour d’un chat ou d’un chien perdu.

Les étapes du deuil

Pour la journaliste Karine-Lou Matignon, pas de doute, il s’agit bien d’un deuil à traverser. « On peut retrouver envers l’animal les réactions typiques en cas de décès d’un humain: attitude de déni à l’annonce de la mort, suivie de colère, puis de culpabilité et enfin d’acceptation… »
Cette nouvelle conscience du deuil des propriétaires est notamment en train de changer le rôle du vétérinaire, devenu un tiers essentiel. « En trente-trois ans de pratique, j’ai vu une grande évolution dans la manière de vivre la fin de vie de son animal de compagnie, témoigne Jean-Pierre Kieffer, vétérinaire en Ile-de-France. Des personnes âgées de plus en plus isolées sont extrêmement attachées à leur animal, des couples sans enfant considèrent leur chien comme “leur bébé”, des ados s’accrochent à ce hamster offert par un parent qui a désormais quitté le domicile familial… Tous ces nouveaux liens ont transformé notre clinique. »

Car le vétérinaire est désormais celui qui accompagne la fin de vie de l’animal, soit que ce dernier, malade ou accidenté, lui ait été confié pour être soigné, soit que des propriétaires lui amènent le corps pour incinération. Consultation particulièrement « sensible », celle où il faut euthanasier l’animal. Tout un protocole et même des rites permettent aux maîtres de vivre au mieux la situation, notamment en exprimant leur culpabilité : « Je les préviens que leur animal va d’abord être anesthésié et ne souffrira pas, explique Jean-Pierre Kieffer.Je les invite à rester un dernier moment seuls avec leur chien ou leur chat, puis je les écoute me parler de lui, de ce qu’il a apporté dans leur foyer et leur vie, car un animal représente pour beaucoup un moment précis de leur existence. Enfin, je leur propose, après rasage de la patte où sera pratiquée l’injection létale, une touffe de poils à emporter chez eux. » Et le vétérinaire de reconnaître qu’il a dû acquérir cette expérience sur le terrain, car la formation dispensée jusque-là ne prévoyait pas la nécessité d’écouter les maîtres éplorés.

Écouter la peine de l’enfant
Auprès des enfants aussi, l’écoute et l’attention s’avèrent essentielles. « Si l’on porte intérêt à la peine de deuil1l’enfant en évoquant les bons moments passés avec l’animal de son vivant, les raisons de sa mort, puis en organisant avec lui un petit rituel de deuil, l’épreuve sera alors mieux vécue et la place de l’animal intégrée sous le signe du respect », conseille Karine-Lou Matignon. Un poème, des fleurs, une petite tombe dans le jardin ou des caresses avant de laisser le corps chez le vétérinaire… Pour la journaliste, dans tous les cas et quelle que soit l’espèce animale, l’entourage doit accompagner l’enfant dans cette étape. « Et il faut respecter un temps avant d’envisager l’acquisition d’un autre animal, précise-t-elle, ceci afin de ne pas projeter sur le nouveau compagnon le souvenir du précédent. »

Nouvelle preuve que la singularité de l’animal et la peine provoquée par sa perte sont désormais prises en compte: quelques jours après l’euthanasie, les vétérinaires sont invités à envoyer une lettre de condoléances à ses propriétaires.

Lire l’article sur Le Figaro.fr

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Aux côtés des enfants maltraités

Posté par othoharmonie le 28 juillet 2014

 

images (14)Psychanalyste suisse, Alice Miller lutte depuis vingt-cinq ans contre les châtiments corporels – claques, fessées – infligés aux enfants. Un combat repris par le Conseil de l’Europe, qui se mobilise pour leur interdiction. Les enfants humiliés et maltraités ne deviennent pas des monstres, mais tous les monstres ont été des enfants humiliés et maltraités. Devenu une évidence, ce constat n’allait pas de soi quand Alice Miller le formula au début des années 1980.

Petite femme brune au regard pénétrant, Alice Miller marque un avant et un après dans l’existence de ceux qui la rencontrent ou la lisent. Elle-même brimée par des parents meurtris par leur propre éducation, elle trouve refuge dans la peinture (www.alice-miller.com/gallery) et prend conscience de la charge d’angoisse imprimée dans son psychisme par son enfance. Après quelques années d’intense production créatrice, elle se met à écrire pour partager les fruits de sa réflexion.

Dans C’est pour ton bien, l’ouvrage qui fonde en 1984 l’acte de naissance de sa pensée, elle prend pour exemple la trajectoire d’Adolf Hitler : l’origine de sa cruauté serait à situer dans son enfance.

Sa pratique de la psychothérapie l’amènera aussi à explorer sa propre expérience, qu’elle raconte en filigrane dans ses livres, notamment dans Images d’une enfance (Aubier-Montaigne, 1987), autoportrait en mots et en aquarelles, ou Bilder meines Lebens, qui établit un parallèle entre son parcours psychique et artistique.

Son profond désaccord avec les thèses freudiennes au sujet du caractère « naturellement sexué et destructeur » de l’enfant la conduira à rompre avec l’Association psychanalytique internationale. Soutenue par l’Unesco et l’Unicef, sa thèse est aujourd’hui relayée par de nombreux thérapeutes ainsi que par des associations qui militent contre les violences « ordinaires » faites aux enfants (Ni claques ni fessées.org , Vaincre la violence…).

Agée de 84 ans, Alice Miller continue à publier livres, articles et réponses à des courriers de lecteurs pour propager son appel au changement des mentalités en matière d’éducation.

Le mal ne peut pas faire du bien
A l’origine de la violence que l’on s’inflige à soi-même ou que l’on fait subir à autrui, il y a toujours le meurtre de l’âme enfantine infligé aux petits par les adultes. C’est ce qu’Alice Miller appelle la « pédagogie noire », qui brise la volonté de l’enfant pour en faire un être docile et obéissant. La pierre angulaire de ce type d’éducation consiste à faire accepter à celui-ci qu’on « lui fait mal pour lui faire du bien ». Cette idée, développée par Alice Miller dans plusieurs de ses livres, dont Le Drame de l’enfant doué et C’est pour ton bien, met en relief le douloureux conflit intérieur que vit l’enfant : il souffre de la conduite de ses parents, mais l’accepte par amour pour eux.

 

Le droit de ne plus aimer ses parents 
S’appuyant sur les parcours de Dostoïevski, Virginia Woolf ou Arthur Rimbaud, frappés d’épilepsie, de dépression ou de cancer, Alice Miller défend l’idée qu’il existe une relation irréfutable entre le manque de « nourriture affective » et les maux dont notre corps souffre à l’âge adulte. Avec le temps, les émotions réprimées dans l’enfance (par peur des punitions) se transforment en maladies et dépendances diverses. Pour rompre ce cycle malheureux, la thérapeute préconise de briser les interdits, et en particulier de nous autoriser à ne pas aimer nos parents. Tout comme les victimes doivent cesser de trouver des circonstances atténuantes à leur bourreau, les enfants ont le droit de rompre avec le commandement biblique : « Tu honoreras ton père et ta mère. » Le thérapeute, un « témoin éclairé » « Nous bâtissons de hautes murailles pour nous protéger de la douloureuse histoire de notre propre enfance. Il nous faut abattre ce mur du silence, en nous-même et dans le monde qui nous entoure, retrouver l’enfant méprisé, abandonné, trahi que nous étions jadis. Nous devons apprendre d’où viennent nos souffrances, et que l’on peut en guérir. » Pour ouvrir les yeux sur ce que nous avons vécu enfant, nous avons besoin d’un « témoin éclairé », un thérapeute conscient des répercussions des carences affectives précoces. Ce principe d’empathie est à la base de la pratique thérapeutique d’Alice Miller. En nous aidant à ouvrir les yeux, ce témoin éclairé vient à bout de notre « cécité émotionnelle ».

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Extrait
Revenant sur sa propre histoire, Alice Miller montre combien on peut souffrir en essayant en vain de combler les attentes de ses parents. « Je ne dois aucune reconnaissance à mes parents pour m’avoir donné la vie, car je n’étais pas désirée. Leur union avait été le choix de leurs propres parents. Je fus conçue sans amour par deux enfants sages qui devaient obéissance à leurs parents et souhaitaient engendrer un garçon, afin de donner un petit-fils aux grands-pères. Il leur naquit une fille, qui essaya, pendant des décennies, de mettre en œuvre toutes ses facultés pour les rendre heureux, entreprise en réalité sans espoir. Mais cette enfant voulait survivre, et je n’eus d’autre choix que de multiplier les efforts. J’avais, dès le départ, reçu implicitement la mission d’apporter à mes parents la considération, les attentions et l’amour que leurs propres parents leur avaient refusés. Mais pour persister dans cette tentative, je dus renoncer à ma vérité, à mes véritables sentiments. J’avais beau m’évertuer à accomplir cette mission impossible, je fus longtemps rongée par de profonds sentiments de culpabilité. Par ailleurs, j’avais aussi une dette envers moi-même : ma propre vérité – en fait, j’ai commencé à m’en rendre compte en écrivant Le Drame de l’enfant doué, où tant de lecteurs se sont reconnus.

Néanmoins, même devenue adulte, j’ai continué des décennies durant à essayer de remplir auprès de mes compagnons, mes amis ou mes enfants la tâche que m’avaient fixée mes parents. Le sentiment de culpabilité m’étouffait presque quand je tentais de me dérober à l’exigence de devoir aider les autres et les sauver de leur désarroi. Je n’y ai réussi que très tard dans ma vie. Rompre avec la gratitude et le sentiment de culpabilité constitua, pour moi, un pas très important vers la libération de ma dépendance à l’égard des parents intériorisés.

Mais il en reste d’autres à franchir : celui, surtout, de l’abandon des attentes, du renoncement à l’espoir de connaître un jour ces échanges affectifs sincères, l’authentique communication, dont j’avais tellement manqué auprès de mes parents. Je les ai finalement connus auprès d’autres personnes, mais seulement après avoir déchiffré l’entière vérité sur mon enfance, avoir saisi qu’il m’était impossible de communiquer avec mes parents et mesuré combien j’en avais souffert. C’est alors seulement que j’ai trouvé des êtres capables de me comprendre et auprès desquels il m’était permis de m’exprimer librement et à cœur ouvert. Mes parents sont morts depuis longtemps, mais j’imagine aisément que le chemin est sensiblement plus difficile pour des gens dont les parents sont encore de ce monde.

Les attentes datant de l’enfance peuvent être si fortes que l’on renonce à tout ce qui nous ferait du bien pour être enfin tel que le souhaitent les parents, car on ne veut surtout pas perdre l’illusion de l’amour. » In Notre corps ne ment jamais (Flammarion, 2004).

Nous devons apprendre d’où viennent nos souffrances, et que l’on peut en guérir.

Alice Miller

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L’honnêteté, au risque d’être soi

Posté par othoharmonie le 28 juillet 2014

 

 

Entretien entre Jean-François Vézina et Jean-Claude Genel

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Le célèbre adage de Socrate  »Connais-toi toi-même » nous oriente sur une valeur que nous avons régulièrement à côtoyer sur le chemin de la vie : l’honnêteté. J’ai demandé au psychologue Jean-François Vézina son point de vue.

Jean-François, comment perçois-tu l’honnêteté ?

l’honnêteté est la base sur laquelle doit se construire notre quête, de la plus petite réflexion à la plus grande remise en question. L’honnêteté nous invite à rentrer en nous-mêmes pour aller explorer l’univers qui nous habite, apprendre à être bien avec soi, quelles que soient nos imperfections.

Mais devant ce risque « d’être soi », de voir nos imperfections, il est difficile d’être toujours honnête envers soi-même.

Être malhonnête avec soi ne mène nulle part ! Cela nous maintient dans l’illusion de vivre. Il faut au contraire développer une attitude de vigilance qui consiste à nous questionner : « Qu’est-ce que je fais en ce moment pour que ma vie ait un sens, pour qu’elle soit la plus vraie possible ? » L’honnêteté nous permet de développer ce réflexe d’aller voir ce qu’il y a en soi, donc de se faire confiance d’abord et de faire confiance au processus naturel de vie qui cherche à nous trouver.

En effet, la personne qui est honnête avec elle-même est plus ouverte, plus sensible et plus disponible aux phénomènes de synchronicité. Elle sait reconnaître le sens réel d’un événement qui se présente à elle sans être obligée d’en inventer… C’est un peu comme si par lessynchronicités, l’univers cherchait continuellement à faire émerger le vrai en nous.

Une autre des dimensions de l’honnêteté, est de nous inviter à entrer dans le mystère de la vie et de nous dire que nous ne savons pas tout, que nous ne pouvons pas tout connaître. Je crois que se connaître, c’est en partie reconnaître qu’on ne peut pas complètement se connaître (rires !). Sans honnêteté, nous fabriquons des réponses abusives qui nous éloignent des véritables questions.

Dans ce processus du « Connais-toi toi-même », l’honnêteté nous aide-t-elle justement à nous poser les bonnes questions ?

Oui et le travail du thérapeute est aussi d’aider la personne à découvrir quelles sont les vraies questions à se poser dans des situations spécifiques. Il serait facile pour le thérapeute d’imposer une réponse alors que la personne n’est pas prête à la recevoir. Elle pourrait prendre cette réponse comme étant sa réponse, l’éloignant de plus en plus de sa vérité.

Peut-on aussi voir le thérapeute comme un passeur entre le mensonge que l’on se raconte et la vérité que l’on porte ?

Je compare souvent mon travail de thérapeute à celui d’un éditeur : la personne me présente en quelque sorte le manuscrit de sa vie. Je me dois de lui indiquer les incohérences de son récit et de l’accompagner dans les rectifications à opérer. En ce sens, oui le thérapeute est un passeur qui permet à la personne de trouver le véritable sens de sa vie.

Dans son travail, le thérapeute est-il conduit à faire un travail sur lui-même qui implique également l’honnêteté ?

Comment peut-on aider quelqu’un à être honnête dans sa démarche sans l’être soi-même ? Le thérapeute doit accepter de quitter son confort pour aller voir ce qui se passe dans le monde de l’autre. Ce n’est pas toujours évident parce que cela lui demande parfois de changer. Une thérapie est « réussie » quand l’analysant et l’analysé se transforment tous les deux, et cela passe par la « vérité ». En face d’une personne qui souffre, je me dois d’entrer dans le bain avec elle, très honnêtement, sans savoir où cela va nous conduire . Je ne peux pas lui assurer qu’elle va guérir, mais je peux lui garantir que je vais faire ce que je peux pour plonger avec elle dans l’expérience pour l’aider à y voir plus clair.

Peut-on considérer l’honnêteté comme la voie qui mène à la guérison ?

La guérison est un mécanisme complexe qui nous demande d’être le plus vrai possible avec soi et avec les autres. Ce processus n’est jamais complètement terminé. Il y a un paradoxe : on tend à être de plus en plus honnête, mais il faut être honnête pour réaliser qu’on ne peut pas toujours l’être ! (rires)

J’aimerais que l’on revienne à la synchronicité par rapport à l’honnêteté.

La synchronicité arrive souvent en période de grandes transitions, de grandes désorganisations dans nos vies. Elle veut nous ramener au centre de nous-mêmes.

L’honnêteté nous aide à percevoir ce qui nous arrive comme quelque chose d’utile à notre progression. La personne qui fait preuve d’honnêteté enclenche elle-même une adéquation entre ce qui lui arrive et le message que cette expérience transporte. Pour elle, ce qui est à l’extérieur fait écho à ce qui est à l’intérieur. Il faut être honnête pour le reconnaître.

En définitive, à toute personne qui choisit d’emprunter la voie du « Connais-toi toi-même » pour retrouver le sens de sa vie, l’honnêteté est indispensable à la réussite de sa quête. Être vrai avec soi est une valeur sûre, le reste n’est qu’illusion !

 

Jean-Claude Genel Texte issu du magazine medi@me n°1 

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