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Les animaux de pouvoir

Posté par othoharmonie le 19 août 2014

 

téléchargement (7)Après avoir travaillé pendant plus de huit ans avec mes animaux de pouvoir intérieur, et mené plusieurs centaines de personnes à travers cette expérience, j’ai assisté à des transformations spectaculaires. Ainsi, un homme d’une quarantaine d’années avait des problèmes de relation avec les femmes : il sentait aussi une grande tension dans son corps entre son côté gauche et son côté droit. Nous avons découvert qu’il avait dans son côté droit (masculin) un léopard féroce et du côté gauche (féminin) une biche toute douce. La biche, bien sûr, était terrorisée par le léopard. Après un travail d’apprivoisement et de dialogue, ses deux animaux ont pu finalement s’approcher et se parler. Il a pu noter une diminution rapide de sa tension physique ; sa nature masculine a commencé à s’exprimer avec davantage de douceur.

Plus la relation est ouverte entre l’individu et l’animal, plus la personne réalise ses dons intérieurs. Ainsi, une jeune femme assez coupée de ses émotions découvrit dans la région de sa poitrine un poisson froid et statique. Après avoir écouté («enfin», dit-il), et accepté ce qu’il avait à dire, elle l’a vu alors se transformer en un lapin chaud, doux, et affectueux, rentrant en contact avec la tendresse intérieure qu’elle avait toujours cherchée jusque-là à l’extérieur d’elle-même.

En fait, tout ce travail intérieur est relié au phénomène de l’état de transe – mot technique très simple du domaine de l’hypnothérapie et qui fait allusion à un état de conscience altéré avec, en général, rétrécissement du champ de conscience. On n’est plus conscient de l’environnement physique autour de soi, mais on se trouve absorbé par une expérience intérieure. On se représente souvent la transe comme un état échevelé : on confond en fait l’état de conscience et la technique d’accès à la transe – comme la danse, la mélopée, le battement du tambour. Ainsi, nous sommes tous, très souvent, dans un état de transe légère. Un exemple : en travaillant à un article sur son ordinateur, un écrivain oubliera l’heure du dîner et le petit bruit agaçant du robinet qui fuit. Son attention sera concentrée sur son écran, le texte qu’il écrit et le train de pensées qu’il suit. Les recherches en psychologie transpersonnelle et psychologie quantique (Cette approche applique au domaine de la psychologie les récentes découvertes en matière de physique quantique, théorie du chaos, etc) ouvrent un champ formidable à l’étude des états de conscience altérés.

Steve Wolinsky (Trance People Live, Quantum Psychology et The Dark Side of the Inner Child) , directeur du Quantum Institute, a une vision très orientale et disons même bouddhiste de la transe : pour lui, nous sommes en quasi permanence dans divers états de transe qui ont été induits dans l’enfance et que certaines situations, ton de voix par exemple, suscitent à notre insu, nous replongeant ainsi dans un état intérieur qui n’a souvent rien à voir avec la situation du moment. Nous réagissons non pas en rapport avec la situation présente, mais avec une situation passée que nous fantasmons : c’est ce qui expliquerait phobies, obsessions, etc. Wolinsky ne cherche pas à induire une transe que l’on utilisera de manière thérapeutique comme dans le modèle ericksonien (Milton Erickson est considéré comme un des maîtres de l’hypnose moderne et a inspiré à Grinder et Bandier le modèle de la PNL – Programmation Neuro-Linguistique) , mais bien à aider le sujet à se sortir de sa transe habituelle, à se réveiller, afin de rentrer dans la réalité de son être. Cela rejoint l’idée de l’éveil spirituel : nous ne sommes pas les multiples personnalités, masques créés depuis l’enfance, mais un être complet bien au-delà de nos identités sociales, familiales ou professionnelles.

par Maud Séjournant

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Notre spiritualité remonte aux pulsions vitales des bactéries

Posté par othoharmonie le 19 août 2014

 

images (6)“La cause essentielle du désarroi – de l’effroi – de l’époque actuelle est le conflit entre les religions et les sciences.” Est-ce précisément parce qu’il tentait d’ouvrir une voie allant au-delà de cet antagonisme que Paul Diel fut aussi peu reconnu ? À première vue, il paraît presque scientiste, tant il croit en la science et pense que la psychologie peut atteindre le même degré d’objectivité et de rigueur. Dans sa cure, il fait appel à l’introspection et tente d’élever notre capacité d’auto-observation au rang de méthode scientifique. On peut aussi le qualifier de matérialiste car, pour lui, il ne peut y avoir d’esprit sans matière. L’esprit n’a rien de transcendant, il est une émanation de la matière et s’est développé au fil de l’évolution, en interaction avec le milieu. Dès le départ, dans les organismes vivants les plus élémentaires, la faculté de réagir au milieu ambiant (réflexe d’excitabilité-réactivité) a un sens : l’amibe absorbe le corps étranger qui la nourrit et se ferme devant celui qui va lui nuire.

Pour lui, l’origine du désir remonte à la faculté de nos ancêtres, les organismes primitifs, à réagir au milieu pour satisfaire leurs besoins. Le premier des besoins est de se conserver soi-même. Diel l’appelle « pulsion matérielle ». Le second est celui de conserver l’espèce : la « pulsion sexuelle ». Le troisième, la « pulsion évolutive », conduit les espèces à se transformer sous la pression du milieu, donnant naissance à de nouvelles formes, psychiques et physiques. Au fil du temps, ces trois pulsions primitives s’élargissent. Chez l’homme, la pulsion matérielle devient sociale, la pulsion sexuelle se fait affective et la pulsion évolutive se transforme en pulsion spirituelle. Cette dernière devient même prédominante et prend la forme de ce que Diel appelle le « désir essentiel », en opposition aux désirs multiples, plus matériels, dictés par les pulsions sociales et affectives.

Paul Diel explique donc que l’acte réflexe des êtres primitifs s’est ralenti au fil de l’évolution. Il s’est créé un décalage temporel entre l’excitation et la réaction. L’information a été retenue et son énergie gardée en mémoire sous la forme de ressenti émotionnel auquel sont venus s’ajouter, chez les êtres dont les organes perceptifs sont développés, des images mentales et des concepts. Par ce processus, le réel s’est transformé progressivement en un monde intérieur possédant sa vie propre. C’est ainsi que se sont formés, pour Paul Diel, la psyché humaine et son plus beau fleuron, l’imagination, faculté de se représenter mentalement le monde extérieur afin de pouvoir y réagir.

Selon lui, pour que nous trouvions l’accomplissement, nos désirs multiples doivent être harmonisés par notre désir essentiel. Sinon, une part de nous ne sera jamais satisfaite. Ainsi, la réussite purement professionnelle sera trop chèrement payée si l’on a gâché sa vie affective à la gagner ; les prouesses purement sexuelles finiront par générer le dégoût de soi ; l’amour exclusif de l’esprit théorique conduira à l’échec, par dessèchement. Mais ce nécessaire travail d’harmonisation autour du désir essentiel nous coûte et nous inventons de fausses raisons de nous y soustraire. Ainsi naissent les défauts, qui sont des déformations de nos qualités. Ainsi, derrière la vanité, qui est une sur-valorisation de soi, se cache l’estime de soi ; derrière la culpabilité, qui est une sous-valorisation de soi, se trouve l’humilité ; derrière la sentimentalité, sur-valorisation des autres, veut s’exprimer la possibilité de les aimer ; derrière l’accusation, sous-valorisation des autres, se camouflent la tolérance et la compassion… Si vous voulez suivre la piste ouverte par Paul Diel, faites la liste de vos défauts et découvez la qualité cachée derrière chacun.

La première condition de l’accomplissement est de connaître notre désir essentiel. Comment faire ?
L’originalité de Paul Diel fut de rétablir l’introspection , qu’il appelle « délibération », comme moyen d’accès à la connaissance de soi. Pour éviter les illusions, il propose de placer l’imagination sous le contrôle de deux gardiens : l’esprit intuitif et l’intellect pratique. Le premier, descendant de l’instinct animal, « flaire » ce qui convient à la satisfaction de notre désir ; l’intellect, lui, prend en compte la réalité. S’il y a trop de décalage entre désir et réalité, ou si le prix à payer pour changer le réel est trop fort, le désir doit être dissout par un travail d’acceptation, qui n’est pas résignation, car l’énergie ainsi libérée fait rebondir la vie vers de nouveaux projets.

À la question métaphysique du sens de la vie, Diel répond qu’il suffit d’observer cette dernière. Que veut-elle, dès sa plus basique expression ? Tout simplement continuer à exister. Pour cela, l’être vivant doit se nourrir, se reproduire et s’adapter le mieux possible au milieu ambiant. Les processus réflexes ont donné naissance à trois pulsions, nutritive, sexuelle et évolutive, qui se transforment chez l’homme en désir social, affectif et essentiel. Paul Diel admet que les pulsions sont l’expression d’une force psychique dont l’origine nous échappe, mais de la même manière que la notion de force, en physique, n’est étayée par aucune explication, il n’est pas nécessaire d’en connaître l’origine pour pouvoir l’utiliser. Cette force vitale fait partie du mystère qui “ n’est pas une chose ‘matière absolue’ ni un être ‘esprit absolu’ mais simplement la limite de l’esprit humain ”. Mythes et religions ont été inventés par l’imagination des hommes pour calmer l’angoisse que crée cette frontière. “ Rien ne peut empêcher l’envol imaginatif de transcender les bornes de l’espace et du temps, de s’évader dans l’infini et de concrétiser l’indéfinissable, mais rien non plus ne peut faire que la réponse ainsi obtenue ait une portée réelle. ” En un mot, l’homme invente Dieu. Du matérialisme pure souche mais pourtant, malgré l’appui d’Einstein, Diel n’a jamais pu rentrer au Collège de France, les matérialistes s’y étant opposés parce qu’ils le trouvaient trop spiritualiste !

C’est que pour lui, s’il n’existe pas d’esprit sans matière, il n’existe pas non plus de matière sans esprit. “ Le monde commence avec la vie, la vie commence avec le monde. Elle est une apparition structurée du mystère à laquelle l’esprit humain appartient ”, écrit-il. Cette apparition est à la fois intérieure et extérieure car psyché, soma et ambiance évoluent en interaction permanente. Les trois pulsions fondamentales qui manifestent le mystère ont été explorées par la psychologie des profondeurs : la sociabilité par Adler, la sexualité par Freud et les représentations spirituelles par Jung.

Mais Diel va plus loin. Il cherche à les harmoniser. Toute l’angoisse et le mal-être des humains se trouvent selon lui dans le manque d’harmonisation entre les désirs multiples (matériels et sexuels) et le désir essentiel, forme élargie prise par la poussée évolutive lorsqu’elle atteint le stade humain. Cette pulsion venue du surconscient nous souffle l’envie de spiritualiser la matière, de l’orienter vers des valeurs guides telles que le Bon, le Juste, le Beau. Intuitivement, les hommes pressentent la satisfaction et la joie que cette démarche pourrait leur apporter. Et si Dieu est avant tout un symbole mythique, il n’en reste pas moins que mythes et religions représentent l’expression imagée de cette intuition. Mais sortir de l’animalité n’est pas facile.

L’esprit humain, encore semi-conscient, tiraillé entre les pulsions matérielles du subconscient et les pulsions spirituelles du surconscient, croit qu’il doit choisir entre le ciel et le terre au lieu de chercher à harmoniser ces deux pôles. Il passe d’un excès à l’autre, il s’invente de fausses motivations à l’origine de tous ses défauts et de toutes ses névroses. Il devrait plutôt, et ce sera l’objet d’une cure diélienne, développer un “ égoïsme conséquent ” qui, “ sous sa forme saine ”, ne peut trouver l’ultime satisfaction que par “ l’union réjouissante avec la vie entière ” (et avec autrui). Tout en partant d’une vision matérialiste du réel, Paul Diel nous conduit donc vers la sublimation de la matière. Mais les spiritualistes, choqués de voir la transcendance reléguée au rang de symbolique, ne voulurent pas non plus de lui au Collège de France, le trouvant trop matérialiste ! Rejeté par les deux camps, Paul Diel aurait-il réussi son pari d’une troisième voie ?

téléchargement (6)Extrait des paroles de Paul Diel (1893-1972) : le plus sensible et le plus mal connu des psychothérapeutes autrichiens d’avant-guerre. Cet autodidacte que la vie n’a jamais ménagé a une étonnante aptitude à la compassion. Il admire Freud, mais n’est pas d’accord avec lui. Que la sexualité soit un moteur majeur, certes, mais il faut accorder une importance équivalente à cette extraordinaire capacité de l’homme : l’imagination, grâce à laquelle nous pouvons désirer et littéralement inventer des mondes. Cela fait de nous des sortes de dieux… à ceci près que cette imagination prend sa source sans le simple réflexe de survie de la bactérie !

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Tragique destin d’une petite sorcière

Posté par othoharmonie le 19 août 2014

 
 
Le XVIIe siècle est émaillé de procédures d’où ressort une grande foi en la sorcellerie, tant du peuple que des magistrats chargés de l’administrer et de poursuivre sans pitié les personnes convaincues du « détestable crime de sorcellerie, magie et semblables inventions diaboliques ». Les archives du nord de la France nous révèlent par exemple le tragique destin de Marie, petite « sorcière » d’une dizaine d’années habitant le village de Préseau.

The_Queen-mother_looked_over_the_garden_wall._There_an_old_woman_hobbled,_muttering_to_herself.Greffes et archives recèlent de nombreuses procédures à l’encontre des sorciers et sorcières qu’une législation traquait. Le 24 avril 1606, le conseil souverain d’Artois écrivit dans ce sens à la ville de Saint-Omer et aux autres juridictions de la province. Les résultats ne se firent pas attendre.

L’année suivante Jean Bucquet, paysan d’Inchy-en-Artois, accusé de jeter des sorts fut condamné au bûcher par le conseil souverain d’Artois et livré aux flammes avec sa femme. Leurs enfants, Jean et Françoise Bucquet, âgés l’un de dix et l’autre de huit ans, également convaincus du crime de sorcellerie, obtinrent, vu la tendresse de leur âge, d’échapper à la mort, mais le conseil souverain compensa bien largement cette tolérance en ordonnant « qu’ils assisteroient aux supplices de leurs père et mère et seroient fustigés de verges ; qu’ils seroient détenus en prison dedans certaine maison qui seroit acquise aux frais etdépens de la gouvernance ou bailliage, y commettant un geolier, et où ils seroient souvent catéchisés et punis, s’ils s’obstinoient à nier leur crime. »

Le même conseil d’Artois déclara par arrêt, en 1635, la malheureuse Pasquette Crespin, atteinte et convaincue de sorcellerie, et la condamna pour ce fait à être brûlée vive sur la Place d’Arras. A Morbecque, on montre encore la butte sur laquelle furent dressés les bûchers qui, à deux reprises, consumèrent deux femmes réputées sorcières.

 

Enfin, le parlement de Flandre, par arrêt du 13 septembre 1679, soit trois ans seulement avant l’ordonnance libérale de 1682 — qui portera que les sorciers ne seront poursuivis que comme trompeurs, profanateurs et empoisonneurs —, condamnait la femme N*** à faire amende honorable, à être étranglée à un poteau, son corps brûlé, et ses cendres jetées au vent, pour avoir renoncé à son baptême, avoir été plusieurs fois, de nuit, aux assemblées des sorciers, avoir charnellement habité avec le diable, et en avoir acheté de la graisse avec quoi elle a maléficié Marie Boulanger.

Mais il est un fait dont les annales ont conservé tous les détails, et qui mérite d’être relaté avec quelques développements. Une jeune fille (car il est à remarquer que presque tous les personnages accusés de sorcellerie appartiennent au sexe le plus faible qui semble appelé, en diverses occasions à remplacer la force par la ruse), une jeune fille donc, nommée Marie Carlier, naquit en 1630, au village pittoresque de Préseau (Nord), situé entre les villes de Valenciennes et du Quesnoy.

Sa mère habitait une modeste chaumière ombragée par les hautes murailles du vieux château possédé jadis par les illustres maisons de Mérode et de Beaufort : cette femme, dont on ne connaissait pas le mari, avait dans la contrée une réputation faite en sorcellerie ; la petite Marie devait être une sorcière de pur sang ; aussi fut-elle, au dire des gens de l’endroit, initiée de bonne heure dans les secrets de la magie et les mystères sataniques. Voici ce que raconte à cet égard la procédure dont elle devint plus tard l’objet.

Le 20 novembre 1639, la jeune Marie, alors âgée de 9 ans, retournant avec sa mère de Valenciennes à Préseau, un samedi jour de marché, aperçut de loin un gros de soldats qui erraient par la campagne ; c’étaient des coureurs Français de la garnison de Landrecies qui profitaient du repos de l’hiver pour mettre le temps à profit, et qui, vrais corsaires de terre ferme, rançonnaient sans lettres de marque, tous les habitants qu’ils rencontraient isolément. L’endroit paraissait merveilleusement choisi pour des détrousseurs de passants ; c’était au lieu dit les Fontinettes, dans un endroit désert et enfoncé au dessus du village de Marly. Les soldats, oubliant leur qualité de militaires et de Français, dévalisèrent les deux pauvres femmes et Tragique destin d'une petite sorcière dans Astrologie et Esotérisme 250px-Persecution_of_witchesemportèrent tout ce qu’elles possédaient.

La petite Marie se désolait, non de cette perte qu’elle ne comprenait pas, mais de l’affliction où elle voyait sa mère, quand celle-ci l’arrêta court dans un lieu où le chemin est aride et profondément creusé par lés ravins, sécha tout-à-coup ses larmes et lui dit : « Ma fille, veux-tu servir une belle demoiselle à laquelle toi obéissant toujours, tu seras en repos et à ton aise toute ta vie ? — Oui, mère, fit la petite. »

A l’instant même une elle dame, vêtue de blanc, apparut devant elle sans qu’elle eut pu voir d’où elle sortait, et lui renouvela la même question en ajoutant à sa demande si elle renoncerait à crême et à baptême ; ce qu’ayant fait incontinent la petite, la dame blanche la marqua au bras, non sans une grande douleur de la part de Marie, selon le rapport qu’elle en fit. Le même jour, elle fut rencontrée, dit l’instruction, par quelque diable qui avait pris la forme d’un serviteur nommé Joly, lequel la déshabilla, l’oignit d’un certain onguent diabolique, puis la conduisit à la danse où se trouvait sa mère et d’autres femmes. D’après sa confession, Marie resta l’espace de deux ans tranquille et sans user de maléfice.

A I’âge de onze ans, elle revit son diable Joly, qui lui fit réitérer sa renonciation au baptême et au saint-crême, et lui remit une poudre précieuse pour accomplir tout sortilège. Marie vint alors demeurer à Valenciennes chez un sien beau-frère, habitant sur la paroisse Saint-Jacques et qui avait deux fils. Ce parent l’ayant fortement battue un jour pour quelque désobéissance, elle conçut des projets de vengeance contre lui et, pour essayer son pouvoir magique, elle fit languir l’un de ses fils à l’aide de sa poudre, et donna la mort à l’autre.

Peu de jours après, elle voulut faire ses Pâques en l’église Saint-Jacques sa paroisse ; elle se confessa au chapelain, comme cela fut prouvé par le registre de l’église, mais au moment d’avaler la sainte hostie, il sembla qu’une puissance surnaturelle s’opposait à son introduction dans le corps d’une sujette de Satan ; elle fut obligée de la rejeter de sa bouche pour la cacher sous une pierre. En outre, elle confessa d’avoir cohabité plusieurs fois avec son diable Joly.

Elle déclara aussi qu’à la suite de quelque mécontentement, elle souffla un peu de sa poudre dans la bouche de la fille de la veuve Pésin, marchande de draps demeurant dans la rue Cardon ( aujourd’hui rue du Quesnoy), laquelle depuis ce temps partit possédée et fut diverses fois exorcisée dans l’église des révérends pères Jésuites, non sans une grande admiration du peuple Valenciennois qui se portait en foule à ce spectacle édifiant. Elle a fait languir plusieurs enfants, voire même mourir la fille de l’aumônier Hallier et d’autres encore, soit par haine, soit par jalousie.

Tous ces faits, énumérés dans l’instruction, avaient pris quelque consistance dans un public crédule et passablement ignorant ; ils avaient été répétés parmi le bas-peuple, exagérés par les béates craintives et cancanières ; bref, ils attiraient déjà l’attention des autorités civiles et ecclésiastiques sur la brune Marie, quand un dernier fait, plus positif que tous les autres, vint décider son arrestation.

 

Arrestation d’une sorcière au XVIIe siècle

 

Le 4 octobre 1643, jour de Saint-François, Marie ayant une velléité de se confesser, se rend à l’église et entre dans un confessionnal ; parvenue là, sa langue se glace dans sa bouche, sa parole refuse à se faire entendre ; elle ne peut prononcer un seul mot, si bien qu’elle est obligée de battre en retraite devant cette nouvelle marque de la puissance du démon. Sortie de l’église, et voyant que son diable qui l’avait empêchée de faire sa confession, la moleste encore, elle déclare elle-même aux pauvres qui se tenaient sous le porche du temple qu’elle est ensorcelée.

Elle veut entrer dans le parloir des Récollets pour demander des secours aux Révérends frères contre le mal dont est elle atteinte ; ceux-ci accueillent sa confiance et la consolent spirituellement. Elle se retire alors plus calme, du moins en apparence, et va trouver un échevin en lui répétant qu’elle est ensorcelée, qu’elle a fait mourir son neveu et d’autres enfants de la ville.

Le magistrat la voyant si jeune et si petite (elle avait alors treize ans), hésite de l’appréhender au corps, mais cependant dans l’intérêt du bien public , pour la décharge de sa conscience et surtout pour satisfaire aux ordres de la cour, il la fait conduire à la prison de la ville où elle continua ses aveux en déclarant avoir usé de maléfice envers la fille Pésin à l’aide d’une poudre qu’elle avait cachée dans les draps de sa boutique , où l’on pourrait encore en trouver un paquet. En effet, un zélé père Jésuite, envoyé chez la mère Pésin, rapporta le paquet de poudre.

Cette malheureuse enfant, qu’on aurait dû mettre entre les mains d’un médecin instruit et prudent, plutôt que de la livrer au bras séculier, resta un an et demi en prison tandis qu’on envoya toutes les pièces de son procès aux universités de Douai et de Louvain, où les docteurs Wallons et Flamands s’évertuèrent longtemps sur cette cause délicate. Les facultés de médecine, les seules compétentes vu l’âge de la jeune fille, ne furent même pas consultées.

On fit passer les avis des théologiens et des légistes à la cour de Bruxelles qui manda sans délai au magistrat de Valenciennes de faire exécuter Marie secrètement, vu sa jeunesse et sa petitesse. Le secret de l’exécution fut tout l’adoucissement qu’on crut devoir apporter à l’âge tendre de l’accusée et à son tempérament délicat. Il ne s’agissait pas d’atténuer la peine, mais 300px-Schiltach_Flugblattseulement d’éviter d’émouvoir le public et d’exciter une pitié qui pût devenir embarrassante pour l’autorité.

D’après ces ordres cruels, un beau matin de l’année 1645, les magistrats de Valenciennes se levèrent avant le jour, comme pour mettre à fin une entreprise utile, et se portèrent en corps vers la cour Saint-Denis, derrière l’Hôtel de Ville dont l’aurore dorait à peine les plus hautes murailles. Là la jeune Marie Carlier fut extraite du cachot où elle languissait depuis dix-huit mois, et amenée devant l’échafaud chargée de plus de fers qu’elle n’en pouvait porter. Elle venait précisément d’atteindre sa quinzième année, et ce jour, qu’elle aurait dû solenniser comme celui d’une fête de printemps qui ouvrait pour elle la vie de jeune fille, elle ne devait plus le voir finir.

Le bourreau de la ville s’empara de sa tendre victime ; il parvint sans de grands efforts à la bâillonner, ses cris étant la seule opposition qu’elle eut pu mettre à ses desseins ; puis il l’attacha fortement à un pilori élevé dans la cour de la torture dont les portes avaient été soigneusement fermées pour rendre l’exécution plus sûre et plus secrète. L’on vit alors la douleur du serrement des cordes rappeler pour un moment, sur le visage décoloré de Marie, la couleur de la santé. Elle ne dura qu’un instant : l’exécuteur releva d’une main sa longue chevelure et de l’autre, d’un coup de son damas, il sépara du tronc la tête de la jeune fille au moment où le premier rayon du soleil levant venait de l’éclairer.

Le soir, on fit enlever le corps de la petite sorcière, comme on l’appelait, et on l’enterra à petit bruit et à la lueur des torches dans un fossé près l’Attre-Gertrude, sur le glacis de la ville entre les portes Cambrésienne et Cardon, lieu qui était déjà de funeste mémoire dont la terre paraissait destinée à recouvrir toutes les grandes infortunes.

D’après « Archives historiques et littéraires du nord de la France et du midi de la Belgique », paru en 1837

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