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Cherchez l’info, chassez l’intox

Posté par othoharmonie le 27 septembre 2014

 

par Charline Nocart

Début février, La Libre titrait «Les Belges n’ont jamais consommé autant de médicaments». Depuis 2004, le nombre de médicaments prescrits a progressé de   5% en Belgique et les autres pays ne sont pas en reste ! Notre société a-telle fini par donner raison au célèbre Dr Knock selon lequel «les gens bien portants sont des  malades qui s’ignorent» ?

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Petit tour d’horizon d’une dérive sur ordonnance… 

Avant toute chose, il importe de définir ce qui déclenche tellement de passion, que cela soit auprès de ses producteurs, de ses consommateurs, comme de ses détracteurs… le médicament. Commune à l’ensemble des pays de l’Union Européenne, la définition du médicament va fixer les limites, mais aussi les enjeux de son utilisation et de sa mise sur le marché. Le code de la Santé publique [article L.5111-1] définit ainsi le médicament comme : 

«toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou  préventives à l’égard des maladies humaines ou animales, ainsi que toute substance ou composition pouvant être utilisée chez l’homme ou chez l’animal ou pouvant leur être administrée, en vue d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique». 

Dans cette définition, les notions de guérison ou de prévention des maladies sont fondamentales… mais correspondent-elles pour autant à la réalité du terrain ? Les chiffres alarmants de la hausse spectaculaire de consommation de médicaments sont-ils vraiment synonymes de meilleure santé ou sont-ils, au contraire, le reflet d’un état sanitaire de la population en plein déclin ? 

Des chiffres… entre grandeur et décadence

En 2012, le marché mondial du médicament représentait 856 milliards de dollars, soit environ 645 milliards d’euros ! Cela représentait, par rapport aux années ‘90, un triplement des budgets ! En tête de liste des plus grands consommateurs de médicaments : les USA, le Japon et, plus proche de nous, la France. Avec une dépense moyenne de santé de 350 euros par habitant et par an, la patrie de Pasteur est le berceau d’une longue tradition pharmaceutique, mais également un lieu de consommation médicamenteuse effrénée. Les classes de médicaments en tête de vente y sont : les médicaments à visée cardiovasculaire [hypocholestéroléminants, beta-bloquants,…], les anti-dépresseurs [leur consommation dans les pays de l’OCDE a augmenté de 60% ces dix dernières années !!], les médicaments du système  nerveux [anti-douleurs, anxiolytiques,…] et les antibiotiques. 

Sur les 36 milliards d’euros annuels de dépenses de médicaments en France, au moins un tiers serait, selon le Professeur Philippe Even - auteur du livre polémique «Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux» [voir encadré page 19] - injustifié au regard de leur utilité pour la santé ! Entrer dans l’examen de la ruine du système de santé et du «trou de la sécurité sociale» engendré par cette consommation serait certes intéressant, mais moins sans doute que son impact sur la santé publique.

Car si, comme le décrit le Prof. Even et comme vient encore de le défendre l’association belge de défense des consommateurs Test Achats, près de 40% des médicaments ont une efficacité faible, voire nulle en terme d’amélioration de la santé du patient, 19% des médicaments présenteraient des effets secondaires notables et 5% des risques majeurs pour la santé ! 

Dans un document datant de 2010 et traitant de l’usage rationnel des médicaments, l’Organisation Mondiale de la Santé [OMS] déclare également que «Plus de 50% des médicaments ne sont pas prescrits, délivrés ou vendus comme il convient et la majorité des patients ne prennent pas correctement leurs médicaments. La consommation exagérée, insuffisante ou erro née des médicaments a des effets nocifs pour les personnes et dilapide les ressources». 

Santé en danger ?

Ces chiffres posent la question de l’intérêt sanitaire d’une telle consommation médicamenteuse. On désigne par «iatrogénèse [littéralement : «provoqué par le médecin»] médicamenteuse » l’ensemble des conséquences néfastes sur la santé individuelle ou collective de la prise de médicaments. Ces conséquences peuvent avoir plusieurs origines : le médicament lui-même, son association avec d’autres médicaments ou aliments, son incompatibilité  avec l’état du patient, ou encore une erreur de prise. 

images (9)Aux Etats-Unis, près de 1,5 million d’hospitalisations par an en découleraient ! Avec entre 150.000 et 300.000 hospitalisations et près de 15.000 décès annuels, la France affiche également des chiffres qui font frémir ! Parmi les victimes, les personnes âgées sont les plus touchées, le nombre de maladies augmentant avec l’âge, de même que le risque de se tromper lors de la prise du traitement. Souvent polymédiqués, les seniors sont donc deux fois plus touchés que le reste de la population. La moitié des effets indésirables des médicaments [EIM] seraient imputables aux médicaments à visée cardiovasculaire [statines,  betabloquants,…]  et un quart aux médicaments du système nerveux. Aux USA, les «EIM» sont la 4ème à 6ème cause de mortalité et leur impact  économique va de 30 à 130 milliards de dollars annuels… mais que dire de leur impact humain ? 

A qui la faute ?

Si la responsabilité est partagée en matière de surconsommation de médicaments et de risques associés, de nombreux scandales ont mis en lumière la responsabilité écrasante de l’industrie pharmaceutique dans la survenue d’accidents médicamenteux. Citons notamment le cas du Thalidomide. Commercialisé sous le nom de Softénon, ce médicament, prescrit comme anti-nauséeux aux femmes enceintes et mis sur le marché en 1958 en a été retiré en 1962. Il avait été administré à de futures mamans dans 48 pays et fut responsable de nombreuses et graves malformations de naissance [les «bébé softenon» sont pour la plupart nés sans membres ou avec des membres atrophiés]. Ce drame est d’ailleurs à l’origine du changement de législation dicté par la FDA [«Food and Drug Administration», agence du médicament américaine délivrant les Autorisations de Mise sur le Marché [AMM] aux Etats-Unis] à partir de 1962 et qui obligea désormais les firmes pharmaceutiques à prouver l’innocuité de leur médicament, son efficacité dans le traitement de la maladie pour lequel il est conçu. La firme doit aussi faire état des effets indésirables du médicament et fournir aux médecins toutes les informations permettant l’évaluation de la balance bénéfice risque liée à sa prise. 

De nombreux scandales suivront tels que ceux du Distilbène [médicament prévenant soi-disant les fausses couches et responsable de dysfonctionnements gynécologiques sur plusieurs générations], du Vioxx [anti-inflammatoire commercialisé de 1998 à 2004 et responsable d’un risque cardiovasculaire majoré]. Plus récemment, le Médiator [coupe-faim responsable d’un triplement du risque d’atteinte cardiaque par valvulopathie et laissé sur le marché… 33 ans !!] montre hélas que la synergie des mensonges, corruptions de médecins, falsification d’études et autres malversations des industries pharmaceutiques, alliée aux dysfonctionnements des agences de contrôle du médicament [FDA aux USA, AFSM en France, AFMPS en Belgique,…] et au laxisme des gouvernements, génèrent une machinerie titanesque au sein de laquelle même les meilleures volontés médicales se retrouvent broyées… et que dire des victimes ?! 

Le Réseau Cochrane a ainsi montré que les résultats d’études financées par les industries pharmaceutiques sont 5 fois plus favorables aux médicaments que ceux d’études financées par des organismes indépendants ! A titre d’exemple, le laboratoire Merck est transforment de nombreux bien-portants en malades imaginaires déjà détenteurs de «LA» solution… qu’il ne reste plus qu’à se faire

prescrire par un médecin, autant victime de la loi du marché que bourreau de patients qu’il n’a pas su recadrer ! 

Tous malades ???

Comment continuer à vendre plus de médicaments lorsqu’on n’en découvre plus de nouveaux, que les brevets juteux pris sur les molécules actives prennent fin et que celles-ci tombent dès lors dans le domaine public [ceci permet d’ailleurs la production de génériques, moins parvenu, en 2007, à un accord de 4,85 milliards de dollars – par lequel il n’admet pas sa culpabilité ! - afin de régler plus de 95% des 26.000 plaintes déposées à son encontre concernant le Vioxx ! Dans la majorité des cas, ces accords à l’amiable imposent aux plaignants qui l’acceptent, outre l’abandon de la plainte, un silence total sous peine de représailles en justice ! A côté de cela, la Mafia semblerait presque inoffensive ! Mais la responsabilité des patients que nous sommes n’est pas à négliger dans cette dérive ! 

Nombreux sont les médecins à dénoncer la pression mise par le patient déçu s’il ne ressort pas de la consultation avec une prescription ! La crainte de perdre sa clientèle au profit d’un collègue plus prompt à dégainer son carnet d’ordonnances est donc bien présente ! L’alliance de l’Internet comme source de renseignements sur les maladies et le matraquage publicitaire des firmes pharmaceutiques, chers que le médicament original] ? C’est simple ! Il suffit de «créer des malades» ! Comment ? C’est encore plus simple ! En modifiant les normes qui définissent la maladie ! Ces 30 dernières années, on a ainsi vu baisser les seuils du cholestérol, de la glycémie et de la tension artérielle. Des millions de personnes de par le monde sont donc devenues subitement «malades » et donc susceptibles de prendre un traitement

! Pour ne prendre que l’exemple des maladies psychiques répertoriées dans la bible de la psychiatrie, le DSM [Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders] : le nombre de celles-ci est passé de 60 dans la première édition de 1952 à plus de 400 dans la 5ème édition de 2013 !! Progrès du diagnostic pensez-vous

? Non ! Simple médicalisation du moindre de nos comportements «déviants» ! 

Les enfants sont les premiers visés ! En trente ans, l’enfant «plein de vie ayant besoin de se dépenser» s’est transformé en «hyperactif avec déficit d’attention» ! L’enfant «impertinent répondant à ses parents» est devenu porteur d’un «trouble oppositionnel avec provocation» !! Et bien sûr, la balade en forêt prêtant au défoulement et le moment de partage avec les parents ont été balayés et remplacés par des anxiolytiques, des anti-dépresseurs et, cerise sur le gâteau, la camisole chimique de la sacro-sainte Rilatine ! Rappelons quand même que celle-ci a pour effets secondaires : insomnies, dépendances, dépressions, accidents cardiaques, auto-mutilations, tentatives de suicide… et que sa molécule active est sur la liste officielle des subtances prohibées du Code Mondial Anti-Dopage ! 

Alors que faire ?

Au propre comme au figuré, il s’agit pour toute personne «d’arrêter d’avaler n’importe quoi» ! Retrouver la responsabilité de sa santé et la certitude que la solution aux problèmes de santé vient essentiellement «de  ’intérieur», surveiller son hygiène de vie et surtout interroger le système ! Le service de pharmacovigilance

belge de l’AFMPS met en outre, depuis septembre 2012, une fiche signalétique à disposition des patients afin de signaler tout effet secondaire d’un médicament. Même si des doutes sont émis sur le réel suivi apporté à ses plaintes et si une démarche similaire sur le site européen d’EudraVigilance implique d’accepter une décharge de responsabilité [!!], autant en faire usage ! 

Rappelons aussi que la loi du 22 août 2002 relative aux droits du patient implique que le bénéfice/risque de tout traitement lui soit expliqué. Quant aux médecins, il s’agit peut-être de leur rappeler comme le déclare le Dr Healy dans le documentaire cité ci-dessus [citation du Dr. Pinel] : «c’est bien de savoir donner un médicament pour traiter une maladie, mais c’est un art encore plus grand de savoir quand il ne faut pas traiter». 

Maladies à vendre…

Pneumologue français, Professeur Emérite de l’Université Paris Descartes et Président de l’Institut Necker, Philippe Even dénonce aujourd’hui les dérives de la médecine. Dans une récente émission diffusée par la chaîne ARTE, plusieurs intervenants, dont le directeur de la revue médicale «Prescrire» et le Professeur Even [auteur de l’ouvrage «Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux»] s’expriment sur  cette création arbitraire de maladies maximisant les profits colossaux de l’industrie pharmaceutique. En modifiant les normes du cholestérol, l’industrie a ainsi multiplié par 3 [soit 36 millions d’Américains !] le nombre de « malades » potentiels ! Une aberration !!

 

A voir sur  Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=HXJlB7WESmw

 

A lire et à voir pour en savoir plus :

«La Face cachée des Médicaments» du Dr Nicole Delépine aux Editions Michalon

«Ces médicaments qui nous rendent malades» du Dr Sauveur Boukris aux Editions Cherche Midi

«Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux» des Pr Philippe Even et Bernard Debré aux Editions Cherche Midi

• Documentaire sur Internet : «maladies à vendre». 

Publié dans Auto-Guérison, UNE TERRE D'ALLIANCE, Zones erronées | Pas de Commentaire »

A CHACUN SA SPIRITUALITE

Posté par othoharmonie le 27 septembre 2014

 

 

Le choix des activités et l’importance relative donnée à chacune permettent d’approcher la «spiritualité » qui diffère selon chaque courant spirituel.

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Témoignage : Hubert Boumendil

Brièvement quel est votre parcours spirituel ?

J’ai commencé mon parcours en recevant très jeune les initiations des principales traditions initiatiques spirituelles occidentales et en les pratiquant intensivement. Aujourd’hui, je transmets les enseignements d’une tradition ancienne issue du désert d’Egypte et donne des formations qui portent sur la connaissance et la compréhension élargies de ce qu’est la spiritualité. 

Comment définiriez-vous la spiritualité ?

Ce sont les moyens, fiables, efficaces et complets qui nous permettent d’éveiller notre conscience, d’accéder au sens profond de notre vie par la réalisation intérieure et de matérialiser cette richesse dans notre vie quotidienne. Ces moyens sont transmis par les traditions spirituelles qui ont toujours existé, en plus des religions, et sont à notre disposition pour atteindre cette réalisation. 

En quoi la spiritualité change-t-elle votre vie ?

La spiritualité lorsqu’elle est pratiquée, apporte la liberté dans la manière d’appréhender la vie, au quotidien, dans les petites comme dans les grandes choses, ce qui change tout : comprendre ce que l’on vit, choisir la direction que l’on prend en fonction du sens qui nous parait correct, c’est considérablement différent que de « subir » sa propre vie, vous ne trouvez pas ? 

Témoignage : Pierre-François de Bethune

Brièvement, quel est votre parcours spirituel ?

J’étais moine bénédictin depuis 15 ans quand j’ai découvert le bouddhisme grâce à la cérémonie du thé (chadô) et au zazen. J’ai beaucoup investi pendant plusieurs années dans une recherche sur cette voie. C’est ainsi que, vingt ans après être entré au monastère chrétien, je suis entré dans un monastère zen, pour quelques mois à peine, mais, avec ma formation préalable et la préparation intense, je crois avoir pu établir un contact vrai. 

Comment définiriez-vous la spiritualité ?

Le mot ‘spiritualité’ est piégé. Je préfère chercher l’unité. En effet, il ne s’agit pas de privilégier une partie de notre être, l’esprit, — éventuellement même au détriment du corps, — mais au contraire de permettre à tous les éléments qui nous constituent (sensations, sentiments, volonté, pensée, instinc, mémoire, habitudes, etc.) de s’accepter, de s’harmoniser. Il s’agit finalement de réussir une belle synergie au service de l’essentiel : l’amour. 

En quoi la spiritualité change-t-elle votre vie ?

Je ne puis pas dire en quoi la ‘spiritualité’ change ma vie. Car, d’après mon expérience, la ‘spiritualité’ n’est pas un élément extérieur qui serait venu un jour s’ajouter, avec plus ou moins de succès, à ma vie-tout court, pour la changer, la qualifier, etc. Mais je constate que mon souci d’harmoniser toute mon existence apporte une grande paix. Dans la vie monastique, tout se joue dans le quotidien. La devise des bénédictins est : «Qu’en tout Dieu soit glorifié». L’important n’est pas de réaliser des performances remarquables, mais de vivre toute sa vie comme une ‘voie’ (dô, en japonais) ou une unité (yoga), à la gloire de Dieu. 

Témoignage : Ilios Kotsou

Brièvement quel est votre parcours spirituel ?

Je suis tombé dans la marmite tout petit : j’ai découvert la méditation et le bouddhisme tibétain dans une communauté ou ma maman avait été vivre. Après en être sorti, j’ai pris mes distances avec l’aspect religieux qui y était vécu tout en restant connecté à la dimension spirituelle. Enfin, il y a quelques années je m’y suis connecté sous un autre angle : celui de la recherche scientifique sur les thérapies dites de 3ème vague qui englobent la méditation de pleine conscience et  l’acceptation. J’essaie de me relier au quotidien à cette manière d’habiter de manière concrète le moment présent. 

Comment définiriez-vous la spiritualité ?

Pour moi, la spiritualité c’est avant tout cultiver une vie intérieure, mais c’est aussi les liens : le lien avec soi, les autres, la nature. La spiritualité n’est pas un exercice intellectuel : c’est une pratique, une expérience. A titre d’exemple, la méditation de pleine conscience propose, notamment par l’attention au souffle, d’habiter de manière plus consciente notre expérience du présent. Elle nous rapproche et nous rend plus sensible aux autres, en apprenant à cultiver davantage la bienveillance et la compassion. 

En quoi la spiritualité change-t-elle votre vie ?

La spiritualité éclaire et change ma vie, c’est ce qui me permet de rester connecté au monde et aux autres, plus spécialement lorsque les moments sont difficiles et où la tendance naturelle serait de se replier. Elle me permet d’apprendre à accepter ce qui vient et de cultiver une joie qui ne dépend pas des circonstances extérieures de la vie, mais de notre ouverture à la vie.

 

Publié dans Chemin spirituel | Pas de Commentaire »

Comprendre que la colère est l’expression de la souffrance

Posté par othoharmonie le 27 septembre 2014

Comprendre que la colère est l’expression de la souffrance la rend non pas plus recevable, mais plus «humaine»

Au même titre que la peur, la tristesse et la joie, la colère est une émotion de base. Chacun a maille à partir avec elle dans sa vie, souvent ou peu. Ce n’est cependant pas une émotion qui a la cote. En effet, si la tristesse est une émotion acceptée par tous, la colère ne l’est pas. Elle fait l’objet d’une réprobation à peu près générale, vu qu’on l’associe à des comportements très souvent blessants à l’égard d’autrui. Et pourtant, il est normal de l’éprouver. Elle fait partie de la palette des émotions, y images (7)compris de celles des personnes équilibrées.

Un chemin…

Sa nature et son fonctionnement dans notre vie, la place qu’elle prend ont cependant avantage à être compris. Et il est important que son mode d’expression soit adéquat, c’est-à-dire non violent. En ce sens, elle peut devenir un chemin de progression. Un chemin, oui. Que faire d’autre d’ailleurs, si l’on est colérique ? Et que faire quand on est confronté à la colère d’une personne proche ? La langue a des expressions parlantes pour décrire la colère. Lorsque la colère monte, on dit que la personne «bouillonne», qu’elle est «prête à exploser», qu’elle est «rouge de colère» ! Explosion, donc. Le plus souvent. Explosion difficile à endiguer. Difficile à vivre des deux côtés. 

Menacée

La personne colérique est d’abord quelqu’un qui se ressent comme vitalement menacée et injustement traitée. Elle attaque !? Il serait plus adéquat de dire : «Elle se défend». Dans son vécu, son vis-à-vis ne la respecte pas, ou essaye de l’annexer, de l’envahir, de le dévaloriser. Son territoire est mis en péril. Et son territoire, c’est là où intérieurement, elle se sent en sécurité.  Quelquefois, il arrive que ce soit très peu de chose qui mette une personne en colère. Mais ce peu est vécu comme un séisme qui bouleverse des bases. 

Parents colériques

C’est éventuellement le cas lorsqu’il y a présence d’un parent colérique. L’enfant, et plus tard l’adulte, peut réagir par le biais de ce type d’émotion comme étant la réponse aux situations difficiles. Lorsqu’un bébé ou un enfant est continuellement confronté à un père ou une mère colérique, il a «appris» cette émotion au quotidien. 

Compassion envers les colériques…

Carolle et Serge Vidal-Graf, dans leur remarquable petit ouvrage «La colère, cette émotion mal-aimée» [Editions Jouvence], attirent l’attention du lecteur sur la souffrance des colériques. Ceux-ci expriment leur souffrance par la colère, comme d’autres l’expriment par la plainte. Comprendre que la colère est l’expression de la souffrance la rend non pas plus recevable, mais plus «humaine». Car la compassion peut avoir lieu lorsque l’on se rend compte que le colérique ne choisit pas d’être en colère. Il est agi par une souffrance. Or, nous souffrons tous. Et nous souffrons avec nos composantes et notre histoire. On ne souffre pas de façon idéale. On souffre comme on peut. Pas comme on veut. 

Se protéger

Mais se protéger est légitime. Se protéger des paroles blessantes, haineuses, humiliantes, qui peuvent être criées durant une colère. Paroles auxquelles il est nécessaire de ne pas répondre. Sinon, une escalade de violence verbale des plus dommageables peut avoir lieu. En colère, on ne peut tout simplement pas  couter, possédée par une énergie puissante qui ne laisse pas place à autrui. Cela n’empêche que les colériques souffrent, et beaucoup. Ils souffrent parce qu’ils se sentent injustement traités, d’où leur colère. Mais ils souffrent aussi de s’être mis en colère, ce qui donne lieu à une intense sensation de honte. 

Honte et occultation

Qui a connu la honte sait combien elle est cuisante, voire insupportable, car elle touche au sentiment de sa propre dignité. La ressentir, «La repérer», dites-vous, «mais elle est tellement envahissante qu’elle est immédiatement repérable !». Détrompez-vous. La colère n’atteint pas tout de suite le pic du non-retour.

Elle ne projette pas directement la personne dans les cris, les paroles blessantes, voire la violence physique. 

Dans le corps…

La colère s’annonce. Elle monte graduellement. Elle est présente dans le corps tout d’abord. Le corps se prépare au combat avec l’adversaire : l’attaque est la seule réponse que l’organisme a trouvé face à ce qui est ressenti comme une menace. Il envoie des doses massives d’adrénaline qui donne l’énergie nécessaire pour une action forte et rapide. Les pupilles se dilatent pour mieux voir. Les muscles c’est avoir honte de   qui l’on est. Tellement qu’il arrive que le colérique nie les paroles blessantes qu’il a pu prononcer. Il ne s’en souvient tout simplement plus. L’occultation a lieu car la souffrance de la honte est trop forte. Celle-ci s’accompagne, en outre, d’un sentiment de culpabilité par rapport aux mots injurieux ou aux actes violents commis envers autrui. 

Autrui que l’on aime. C’est ça, la bonne nouvelle, que les Vidal-Graf mettent en évidence.

La colère et l’amour ne s’excluent pas. La colère, même récurrente, ne met pas fin à l’amour, pourvu qu’elle ne soit pas niée. 

La repérer…

L’essentiel pour vivre la colère sans en être totalement possédé est de la rendre consciente. Il s’agit d’abord de la repérer et de la nommer. Dès que le corps se met à envoyer l’un de ses messages, il est nécessaire d’en tenir immédiatement compte et d’exprimer la cause de ce début d’irritation à autrui. Car si la cause de cette irritation n’est pas exprimée dès son apparition, elle peut dégénérer. 

Degrés et modes de la colère

La colère n’a pas un visage définitif dès le départ. Elle se décline sous divers modes et elle a différentes intensités. Il est profitable de les identifier. Et de les identifier précisément, c’est-à-dire avec les mots les plus appropriés possibles. Car une contrariété n’est pas de l’hostilité. On peut acter une différence entre contrariété, frustration, amertume, aigreur, énervement, irritation, exaspération, aversion, hostilité, haine, rage, fureur et enfin rancune lorsqu’elle s’installe pour un long temps. Repérer les signes avant-coureurs de la colère, c’est ne pas attendre que le «vase déborde ». Ne pas attendre qu’il y ait accumulation.

«C’est la goutte qui a fait déborder le vase.» Eh bien non, il est préférable de ne pas attendre jusque-là. Dès que le vase commence à se remplir, il y a danger potentiel … 

Des termes précis et concrets

On peut donc, après avoir repéré les premiers signes d’irritation, s’exprimer. Exprimer la cause de la colère, ce qui l’a fait naître, et cela en termes précis et concrets, en décrivant la situation. Et en n’en sortant pas. Pas de «toujours », de «jamais», de «personne», de «tout le monde», et de «chaque fois que…» ! Pas de généralisation. On reste dans l’expression de la cause. 

S’exprimer en «je»

Encore faut-il que l’expression soit adéquate. Ici, on ne peut que souligner le bien-fondé de l’expression en «je», comme le met en valeur la Communication Non Violente. Plutôt que de dire «tu as tort, tu m’as traité[e] comme une quantité négligeable, c’est dégoutant, tu es nul[le] !» Mieux vaut dire : «Je ne me suis pas sentie respecté[e], j’ai eu la sensation d’être traité[e] comme une quantité négligeable lorsque tu ne m’as pas offert un verre de vin, alors que tu en offrais un à chaque convive…». Bref, le plus adéquat est de prendre en charge la colère comme étant sa responsabilité. La colère est ainsi exprimée sans injure blessante à l’égard d’autrui. Ceci dit, il ne s’agit pas d’adopter un ton de voix lénifiant. Quand on est en colère, le surplus d’énergie doit sortir. Les propos sont généralement exprimés vigoureusement, avec un ton de voix élevé. 

Se retirer

Parfois, la colère monte rapidement. Dans ce cas, la fuite peut être salutaire. Le colérique, s’il sent que son émotion va devenir violente, peut se retirer. Si possible, en exprimant cette nécessité : «Je pars me promener car ma colère monte.» Ceci pour revenir plus tard et exprimer ce qui l’a mis en colère, sans se trouver submergé par elle. Le retrait temporaire, tant du colérique que de celui qui reçoit la colère, est parfois la solution la plus sage. 

Que faire avec l’absence ?

Malheureusement, il n’est pas toujours possible de s’exprimer. Supposons que le destinataire destinataire de la colère soit absent, décédé ou qu’une rencontre ne soit pas souhaitée par lui, ou impossible… On peut alors avoir recours à l’écrit en écrivant une «lettre de colère» où la cause de la colère et les griefs sont clairement exprimés. Franz Kafka y a eu recours lorsqu’il a écrit sa fameuse «lettre au père». Cette lettre exemplaire comporte plus d’une trentaine de pages. Elle est émouvante, lucide, extrêmement sincère et détaillée. Franz Kafka avait demandé que toute son oeuvre écrite fut brûlé après sa mort. Il n’en fut pas ainsi, son œuvre fut publiée et la lettre aussi. 

Au feu et à l’eau…

Cette lettre connut un destin exceptionnel et qui sait si le témoignage qu’elle offre ne réconforta pas plus d’une personne aux prises avec un père brutal… ? Ceci dit, nous ne sommes pas tous des «Kafka ». La lettre de colère, une fois écrite… il y a une de bonnes raisons de la jeter au feu, de la voir se consumer, ou de la laisser aller au fil de l’eau… car la détruire, c’est aussi laisser aller symboliquement la colère qu’elle contient… Et si l’écriture n’est pas aisée pour certains, il est toujours possible de l’exprimer et de la travailler dans un espace thérapeutique. 

De l’utilité de la colère…

Si la colère existe, c’est qu’elle a une utilité. C’est un signal d’alarme strident qui nous signale que «la limite est dépassée» ou va l’être. Lorsqu’on est en colère, c’est qu’on se sent injustement traité, c’est que l’on estime ses droits bafoués. On est utilisé, on est abusé, on est envahi, on n’est pas respecté. «Stop», dit la colère. «Stop, je refuse cela». Pour cela, elle doit être écoutée et prise en compte. En son absence, certaines personnes risquent de s’enfoncer dans la passivité ou l’impuissance à mettre fermement leurs limites. La refouler ne fait qu’en accroître la force inconsciente. Il s’agit aussi de ne pas la subir et la faire subir sauvagement car elle s’avère, dans ce cas, destructrice. On est sur le fil du rasoir. Avec le temps, se modifie-t-elle ? De colérique, devient-on non colérique ? C’est rare, semble-t-il. Mais on peut modifier son rapport avec elle et l’exprimer de façon non violente et sauvage. 

Ne pas la nourrir…

Pour Deepak Chopra, et pour le Dalaï Lama, l’accepter est une étape. L’autre étape est de ne pas la nourrir, de ne pas en faire un automatisme. «Notre mental se développe à partir de nos habitudes et plus nous utilisons les centres qui émettent reproches, colère, intolérance et violence, plus leur croissance est favorisée» explique Chopra. Alors, que faire ? 

Un processus…

Pour Chopra, il faut construire de façon continue d’autres conditionnements où l’amour est prépondérant. Il s’agit d’«alimenter la moindre raison d’avoir des pensées d’amour». Cette transformation intérieure est à replacer dans un processus, bien évidemment. On ne peut en faire un précepte unique et irréaliste car l’amour ne se force pas ! Il est vrai qu’on peut au moins en avoir l’intention. Bref, ce changement de conditionnement est très lent. Il demande pratiquement toute une vie.

Cette démarche va de pair avec le fait «d’adoucir  son coeur et de soigner tendrement ses blessures ».

Traiter sa colère avec tendresse

téléchargement (10)Thich Nhat Hanh, moine bouddhiste, explique que la colère a droit à être traitée «avec le plus grand respect et la plus grande tendresse ». C’est ce dont Olivia, belle jeune femme de 40 ans, humoristique, intelligente et sensible, engagée dans un processus assidu de méditation bouddhiste, témoigne :

«Je ne savais pas ce que c’était que la colère. Car elle avait été fortement contenue, cachée, occultée. Il y a peu, sans savoir vraiment à quoi j’avais affaire, j’ai commencé à ressentir la colère, à la vivre. Ce fut d’abord très inconfortable, elle se retourna contre moi par divers symptômes. Ensuite comprenant de quoi il s’agissait, pouvant la nommer, j’ai tenté de l’accueillir, d’en prendre soin, de respirer, de marcher avec elle. Un peu comme une maman prend soin de son bébé qui pleure… Cela a permis de l’apaiser, d’en voir les causes.» 

Olivia explique qu’elle fit ensuite l’expérience d’en parler en «je» à la personne concernée et qu’elle ressentit l’énergie circuler en elle. L’énergie de la colère ne fut pas détruite mais transformée dans ce cas. On ne peut espérer mieux : développer son attention et sa présence à ce qui survient pour que le rapport

en soit allégé. Mais encore une fois, la règle unique ou l’idéal sont illusoires. A chacun de se frayer un chemin en tenant compte de sa propre réalité, avec la colère, cette émotion significative. 

Livres à lire : La colère, cette émotion mal-aimée, Carolle et Serge Vidal-Graf, Editions Jouvence – Cessez d’être gentil, soyez vrai, Thomas d’Ansembourg, éd. de L’Homme.

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