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Et l’homme créa les dieux

Posté par othoharmonie le 7 décembre 2014

530823_371900562850011_190048441035225_1125165_348327284_nIntroduction et contexte

Cet article abordera simultanément deux questions à la fois brûlantes et se tenant au centre des préoccupations de nombreuses religions et systèmes de pensée, à savoir celle de la théogonie (l’origine des dieux) d’une part, et celle de la genèse de l’homme. 

Questions à la fois brûlantes et préoccupantes pour un certain nombre de raisons : la première étant qu’il est aujourd’hui difficile pour un certain nombre de systèmes conceptuels d’envisager l’un sans l’autre, c’est-à-dire d’envisager l’origine de Dieu sans envisager l’origine de l’homme  et vice versa, je m’explique : La plupart des religions, cela va de soi, n’envisagent aucunement une genèse de l’homme en faisant abstraction du divin, et donc de son origine à lui aussi. Là où la question devient intéressante, c’est que même au sein de l’athéisme, l’origine de l’homme n’est que très difficilement envisagée indépendamment  du divin, ne serait-ce que par le fait qu’on les met alors en opposition. Ainsi, l’athéisme, en se basant sur une émergence de l’homme indépendante du divin, inclut obligatoirement ce dernier dans l’équation, ne serait-ce qu’en le niant en tant que source de l’existence humaine. 

Quels que soient les systèmes donc, la question de l’origine de l’homme, et celle de l’origine de Dieu, demeurent prépondérantes, comme une réactualisation du problème de la poule et de l’oeuf, où l’on est bien en peine de savoir lequel est venu en premier, et lequel a créé l’autre…

Dans ce contexte, et comme nous le verrons, on dégagera deux positions dominantes, et nous tenterons d’avancer une troisième réponse, externe à ces deux positions, mais se situant malgré tout dans l’optique d’une certaine conciliation entre ces deux rapports conflictuels. 

Je tiens à préciser que les propos qui suivent sont plutôt personnels, et je ne doute pas qu’ils ne seront pas partagés par une majorité de lecteur. Le but n’est pas là au fond, mon objectif résidant essentiellement dans le fait de proposer une alternative à un dualisme persistant, et laissant un certain nombre de gens dans une certaine aporie, qui plus est pouvant conduire à un relativisme qui me paraît à la fois stérile et écartant tout à la fois un certain nombre d’autres hypothèses, parmi lesquelles celle que je vais tenter de développer dans les lignes qui suivent. 

Deux positions dominantes :

Au sein de la question qui nous préoccupe donc, à savoir l’origine du Dieu ou des dieux d’une part, et celle de l’homme d’autre part, les deux étant envisagées conjointement, on peut dégager actuellement deux positions dominantes qui se font front mutuellement : la première consiste à considérer le divin comme « LA substance », à la fois unique en tant que telle, originelle, parfaite, incréée et génitrice. En d’autres termes, cette position partagée par une majorité de religions, en particulier par les religions monothéistes, consiste à considérer le divin d’une part comme l’unique substance de l’univers, et d’autre part, à partir de là comme quelque chose d’à la fois spontanée, incréée, bref à la fois sans origine et à la source de sa propre origine, mais également comme génératrice de tout le reste. Résumons et simplifions à l’extrême cette position pour plus de clarté : Dieu ou les dieux sont à la source de tout, ils n’ont jamais été créés mais ont créé le monde et les hommes. 

La seconde position, qui est celle qui domine largement l’athéisme, consiste à dire que l’homme est le produit d’une évolution naturelle (ce que l’on ne remettra pas en cause ici, ça n’est, au final, pas le sujet), et que pour des raisons différentes et multiples (ces théories avancent le besoin de croire en quelque chose de supérieur, de se rassurer, de se donner des béquilles, etc…), il a créé Dieu/les dieux de toutes pièces. Celui-ci ou ceux-ci se résumeraient alors à un pur produit de son imagination, sans existence ni vie propre, une fiction en somme, une chimère, ravalée au même rang que la licorne ou le Léviathan. Dans cette conception, les divinités en tout genre ne se contentent alors pas de n’avoir d’existence que dans l’esprit des hommes, car outre le fait qu’elles soient un pur produit de l’imagination humaine, on ne leur confère pas même d’existence tangible. 

Partant de ce constat, de ces deux positions à la fois parfaitement antagonistes et hautement inconciliables, j’émets le souhait de proposer une position médiane, une sorte d’intermédiaire faisant la jonction entre les deux, même si de fait, de par son caractère médian, cette théorie pourra être considérée comme ayant « le cul entre deux chaises », et ne prenant pas véritablement position. 

Ça n’est pourtant pas le cas, la thèse que je vais développer dans la suite de cette article étant à la fois très personnelle et, j’en ai conscience, hautement subversive, elle me paraît pouvoir s’inscrire de manière tout à fait légitime comme une véritable base à un système global, et non simplement comme une tentative de réconciliation entre athée et religieux de tous bords. 

Une thèse intermédiaire, légrégore

Ne faisons pas durer le suspens plus que de raison, et afin de parler clairement, l’idée que je soutiens ici consiste à considérer les divinités de tous bords, monothéismes et polythéismes confondus, comme des égrégores. Bon, très bien me direz-vous, mais qu’est-ce qu’un égrégore ? 

Un égrégore, pour faire simple (même si cela n’a rien de compliqué en soi), est une entité, à la fois intégralement créée par l’esprit humain, et en même temps dotée d’une existence, d’une vie et d’un pouvoir d’action propre une fois sa création effective. On citera pour exemple les élémentaux notamment, et un certain nombre d’entités similaires dont on admet qu’elles ont  été créées par l’esprit humain mais, qu’une fois cela fait, elles ont acquis une forme de vie propre, et l’autonomie qui va avec. 

Voyez-vous où je veux en venir à présent ?

Ce que je soutiens ici donc, c’est que les deux  positions majeures décrites précédemment ne s’opposent finalement pas tant que cela dans la mesure où, pour moi en tout cas, elles ont  toutes les deux partiellement raison. En effet, le fait de considérer les divinités de tous bords comme des égrégores, c’est-à-dire comme des entités à la fois créées par l’esprit humain, mais en même temps autonomes et douées de puissance à partir de là permet d’affirmer d’une part que l’homme a bel et bien créé les dieux, mais d’autre part que Dieu, ou les dieux, existent aussi bel et bien, et ont même une forme d’existence propre, s’accompagnant d’une autonomie certaine. 

En effet, la force et l’autonomie d’un égrégore sont traditionnellement proportionnelles à la puissance de l’esprit qui l’a créé. Donc si l’on admet que les dieux sont des égrégores, on  admet du même coup que ce sont là les égrégores les plus puissants qui soient, tant le nombre d’êtres humains ayant foi dans ces entités est colossal, on a là une foule de piles spirituelles alimentant constamment ces égrégores et en faisant des entités véritablement à part, même selon cette conception. 

Car généralement, un égrégore reste une entité relativement dépendante de la personne qui l’a créé, et doué d’une autonomie très relative. Ici, en considérant les divinités quelles qu’elles soient comme des égrégores, on en fait certes des entités bel et bien créées par l’esprit humain, mais investies malgré tout d’une puissance tout à fait particulière dans la mesure ou aucun autre égrégore ne peut bénéficier de la puissance de la foi de millions de fidèles. 

L’ambiguïté est donc posée, et c’est précisément là que cette théorie permet de faire la jonction entre les conceptions religieuses ou athées traditionnelles : oui les dieux on été créés par l’homme, mais dans le même temps, ils se retrouvent doués d’une existence, d’une puissance et d’une autonomie propres, tant leurs créateurs sont nombreux. Ces entités, ces égrégores que l’on appelle des dieux, ne sont donc des égrégores que dans leur genèse, c’est-à-dire dans le fait qu’ils puisent la source de leur existence dans l’esprit humain, mais leur puissance, proportionnelle au nombre de leurs fidèles est devenue telle, qu’ils ne partagent précisément avec les égrégores classiques que cette genèse, leur autonomie étant devenue totale, et leur puissance d’action infiniment plus importante que ce que l’on a coutume de voir chez un égrégore. 

Conclusion

Afin de résumer un peu les choses, je pourrais dire que cet article a essentiellement pour but de tenter de s’extraire de la dichotomie constante opposant athées et religieux, et consistant à considérer que les dieux de toutes sortes ont été créés par l’homme et sont donc totalement fictifs, ou qu’ils sont omnipotents et donc à l’origine de tout. Je crois avoir montré que l’on peut, en sortant de ce conflit, considérer les divinités comme étant à la fois créées par l’homme et pour autant douées du même coup d’une existence, d’une autonomie et d’une puissance propres, et qu’au final les deux propositions ne sont pas incompatibles. 

Cette thèse, j’en ai conscience, est complètement personnelle et pour le moins subversive, mais en plus de faire grincer pas mal de mâchoires, elle aura peut-être le mérite d’ôter un sacré mal de crâne à certains lecteurs qui ne se retrouvent dans aucune des positions radicales énoncées ci-dessus.

Rien que pour ça, ça valait le coup de soulever un peu de vase, non ?

SOURCE : Magazine Lune Bleue

Publié dans DIEU, Nouvelle conscience | Pas de Commentaire »

« Le Discernement » Un attribut Divin et clef du Nouveau Monde

Posté par othoharmonie le 6 décembre 2014

 

Par Dominique-Claire Germain

 

Where-is-the-Key-to-Paradise-71287Cette transition que traverse l’humanité, nous pousse chaque jour à faire preuve de Discernement. Et Saint Germain, grand sage et grand enseignant, nous guide toujours vers cet aspect de nous-même, celui qui nous permet d’avoir une perception belle, sage, noble et juste en toute situation. 

Voilà un mot, plus exactement une vertu qui mérite que l’on s’y arrête, que l’on prenne le temps de découvrir les trésors qui se cachent derrière ce concept. Face à aux divers torrents d’informations qui circulent sur la planète, il est parfois difficile de discerner le vrai du faux, le bon du mauvais, le sage du fou. Alors, afin d’aiguiser notre perception, il est sain de prendre le temps d’affiner sa réceptivité et son Discernement afin de mieux appréhender les qualités vibratoires de ce qui nous anime et de ce qui nous environne. 

Parmi les 12 initiations spirituelles (les 12 aspects de la Déité), se tient celui du Discernement et de la  Clarté :  Huitième aspect de la Déité. Vertu peu évoquée, mais pourtant si précieuse dans notre processus d’évolution. 

Le discernement nous pousse à évaluer quelqu’un, quelque chose ou une situation, sans jamais, jamais basculer dans le jugement. Discerner, c’est pouvoir différencier des vérités entremêlées et extraire la vérité la plus élevée.. Cela signifie que l’on ne va pas basculer dans la simplicité du binaire : vrai ou faux, du bien ou du mal, mais que l’on va pouvoir capturer des nuances, saisir ce qui est bon de ce qui est nocif. C’est cerner avec clarté toutes les facettes de ce qui se présente sans jamais sombrer dans le processus réactif. C’est estimer avec justesse les vibrations qui nous animent et qui nous entourent. 

Le Discernement évite les processus réactionnels d’adaptation, ou de protection, ainsi nous pouvons aisément nous positionner avec justesse : CREER et non de Réagir. Le discernement évite les pièges, de se fait, il guide sainement celui qui aime à l’utiliser. Le discernement s’oppose à la confusion, car la confusion est source de peurs et engendre bien souvent le désordre et le chaos. Et parce que le Nouveau Monde est affranchi de confusion, ce Nouveau Monde peut, grâce au Discernement s’épanouir dans la confiance souveraine. 

Enfin, le Discernement c’est la voix (voie) du coeur, celle qui ouvre et trace des chemins conduisant à une profonde sérénité. Le Discernement c’est toujours le chemin de L’AMOUR. Le chemin de l’Amour est toujours le bon chemin. C’est pour cette raison que cette vertu qu’est le Discernement se veut si indispensable dans la mise en place de ce Nouveau Monde ! 

J’ai déjà évoqué les 12 aspects de la Déité, les douze qualités Divines qui sont les matrices de notre Présence JE SUIS. Le Huitième aspect de la Déité est celui de la Clarté, de la Perception Divine, de la Lucidité (lucidité =lumière), de la Noblesse et du DISCERNEMENT. Sa couleur, d’un limpide aigue marine, chasse tout type de confusion et déchire bien des voiles. Par le prisme du Discernement, il n’y a plus de bien, ni de mal, de bon et de mauvais mais uniquement une qualité vibratoire. Le Discernement élargit la compréhension d’une situation, d’une personne ou de circonstances. Le Discernent favorise le recul, l’analyse, et engendre bien souvent la compassion. 

Le Discernement divin c’est le regard bienveillant de celui qui créé en conscience une situation nouvelle. Notre humanité s’est érigée petit à petit sur des systèmes de croyances et de fonctionnements qui l’ont propulsée dans une réalité illusoire. Cette illusion l’a éloignée de La Vérité Eclairée et nous avons perdu notre capacité à « voir » clair tant nos pensées, nos émotions, nos actes et nos paroles étaient brouillés par des dysfonctionnements multiples.

« L’ignorance est la source de tous les maux » et le manque de discernent aussi. 

Le Discernement s’oppose à l’Illusion !

En ces temps si instables, beaucoup d’informations circulent, beaucoup de messages sont proposés, trop de vérités sont assénées et il est difficile au coeur de ce brouhaha d’informations de distinguer où se tient la Vérité. La Vérité est un recueil de vérités..et les vérités restent des vibrations. Mais La Vérité qui semble essentielle aujourd’hui est bien celle qui nous rappelle que nous sommes puissants et que nous créons à chaque instant notre réalité, réalité qui devient vite vérité. Nous créons individuellement et collectivement.et le choix de notre création va être façonné par notre capacité à discerner ce qui est juste et bon pour nous, ce qui est beau et élévateur pour nous. Il est si facile de se tromper, ou de croire que l’on s’est trompé.. Si nous croyons que nous nous sommes trompés, c’est bien qu’à un moment donné, nous avons manqué de Discernement, de Clarté et que des éléments nous ont brouillé les pistes. Si nous voulons faire preuve de bien plus de Discernement, si nous désirons apprendre à discerner divinement, la solution est de faire appel à notre PRESENCE DIVINE « JE SUIS ». 

images (4)Car si notre « moi extérieur » patauge parfois dans le doute et l’incertitude, notre Présence, Elle, sait et sait toujours où se tient notre vérité. Elle créera alors des avenues d’opportunités pour que nous puissions saisir la vérité du moment et avancer dans la Lumière. Faire appel au Huitième rayon, et se sentir envelopper de lumière aigue-marine facilite considérablement la clarification d’une situation. Ce Huitième rayon nous aide à dissoudre le voile de l’illusion. 

Il est également judicieux de faire appel à L’Archange Michaël afin qu’il nous aide à nous libérer d’éléments qui nous empêchent de faire preuve de perception fine ! 

Le Discernement Divin, renforce notre aptitude à être des êtres très responsables, sages, sereins et puissamment Créateurs.

 

Publié dans Nouvelle TERRE, SAGESSE | Pas de Commentaire »

Celui qui rêve est un petit peu chamane

Posté par othoharmonie le 6 décembre 2014

 

Proverbe des Indiens kagwahiv

Le chamanisme repose sur la croyance en un monde et un individu doubles. D’un côté nous avons la réalité ordinaire et profane, nos corps solides et tangibles, les structures démontrables par la science. De l’autre, nous trouvons des concepts canstockphoto7803217incertains – «brumeux» entendra-t-on, voire «fumeux» – d’une réalité non ordinaire, qui parfois correspond à notre univers et qui est le lieu de résidence et d’action des esprits, des divinités, de forces ressenties – et par là même «vraies» – bien que leur existence soit invérifiable. L’homme renferme en lui cette dualité, ou bipolarité, puisqu’à son corps se rattache une autre forme immatérielle que nous nommons de façon générique : «âme». Parfois, cette âme est multiple : ainsi la croyance que la petite âme s’en va lors du sommeil et visite les rêves pour revenir au réveil, et que la grande âme nous quitte à notre mort. Ce concept s’avère un pré-requis à la pratique du chamanisme. Comme il est très souvent accepté par les communautés païennes et, plus largement, par les personnes qui vivent une spiritualité, nous ne nous étendrons pas plus longtemps dessus. Mais il faut garder à l’esprit que la raison d’être du chamane réside dans cet autre monde, jumeau du nôtre, inaccessible aux profanes : seul le chamane peut passer les frontières, chevaucher le tambour et marcher sur la piste du Rêve… 

Le passage d’un monde à l’autre

L’ethnologue Michel Perrin constate que l’une des plus importantes caractéristiques du chamane réside dans son statut de passe-muraille : «Le chamanisme suppose que certains humains savent établir à volonté une communication avec l’invisible»1. Les événements qui annoncent et valident l’accession d’un homme profane au rôle de chamane sont des marqueurs de cette ouverture à la réalité non ordinaire. 

Il existe deux façons d’interférer vis-à-vis de cet autre monde : on peut construire une relation privilégiée avec des «esprits auxiliaires» (l’image d’Épinal nous les présentera en tant qu’animaux de pouvoir, mais il peut aussi s’agir de défunts, d’esprits des plantes, d’esprits vaincus et soumis à la volonté du chamane-guerrier…) ou envoyer (une partie de) son âme dans la réalité non ordinaire. Pour cette dernière, les métaphores du voyage sont couramment employées : on «chevauche le tambour», et le merveilleux cheval Sleipnir, monture d’Odin, serait une représentation du savoir chamanique de ce dieu connu pour pratiquer la magie. Souvent, les deux méthodes d’interaction sont employées. 

En tant qu’interlocuteur privilégié de cet univers inaccessible et qui, pourtant, pèse de son poids et des actes de ses habitants sur le nôtre, le chamane a un rôle social de premier ordre. Il agit pour le bien de la communauté dans son entier (bonnes chasses, récoltes abondantes, pluies, guerres, protection contre les épidémies…), mais aussi à la demande de particuliers. Dans ce cas, son office consiste à guérir, libérer du mauvais sort, accompagner un défunt ou protéger une naissance. De façon plus générale, à ces deux échelles, sa responsabilité est de trouver et d’expliquer la raison des malheurs ainsi que le cheminement qui les a rendus effectifs afin de les dénouer et de les éviter. Le chamane «veille à l’équilibre du monde et au bien-être des hommes». 

Les pétales de la marguerite

Les signes qui indiquent l’intérêt des esprits pour un humain en particulier peuvent prendre diverses formes. 

Néanmoins, toutes sont reliées à la même cause : l’ouverture à la réalité non ordinaire. Il est aussi important de souligner qu’on n’est chamane qu’une fois que les esprits (esprits animistes, âmes des défunts, divinités…) ont reconnu et accepté l’aspirant. De plus, l’importance sociale du chamane, l’envie et la défiance qu’il suscite rendent l’épreuve nécessaire afin que la communauté admette le nouveau statut du prétendant. Trois voies mènent au titre de chamane : la génération spontanée, provoquée par une divinité ou non ; la quête de savoir, la recherche active de ces connaissances ; la transmission familiale. Parfois, elles se cumulent. Et quelle(s) qu’elle(s) soi(en)t, elle(s) doi(ven)t être validée(s) par les esprits. On peut susciter ce choix par des actes, des pratiques, des comportements, le mot de la fin reste indépendant de notre volonté et de nos efforts. La sensibilité d’un homme ou d’une femme à l’autre monde pourrait être représentée comme le coeur d’une marguerite : ouvert, vibrant et entouré de pétales. Chacun de ces pétales naît du coeur et chacun est un symptôme, distinct des autres. Les signes d’élection peuvent se manifester sous la forme de : 

– rêves particulièrement forts et de visions ;

– maladies qui sortent de l’ordinaire, particulièrement longues ou dont on ne peut se débarrasser (maux de gorge à répétition…). Les syncopes et les crises d’agitation intenses ont une place privilégiée dans le creux de ce pétale-ci. Les premières seraient provoquées par le passage instantané de l’âme dans la réalité non ordinaire, les secondes par la rencontre brutale de l’âme avec l’esprit qui s’associera bientôt au futur chamane. La nature de la maladie et la zone touchée (gorge, oreilles…) présageraient de pouvoirs spécifiques que le malade acquerra par la suite ; 

– intolérance à certains aliments (dans ce cas, les aliments en question appartiennent à un système symbolique propre à la société de la personne) ;

– une presque mort (noyade, hypothermie…) ou un évanouissement prolongé. Ce signe représente une apothéose dans la ronde des symptômes puisqu’il signifie, chez certains peuples, que les esprits réclament l’initiation de la personne. 

Plus un individu accumule de ces preuves d’une sensibilité exacerbée vis-à-vis de la réalité non ordinaire, plus la

probabilité est grande qu’il devienne chamane. 

images (2)L’apprentissage

En théorie, le savoir essentiel est le savoir transmis par les esprits. La communication avec les habitants de la réalité non ordinaire ouvre les portes à un apprentissage distillé par l’autre monde. La légitimité du chamane ne repose-t-elle pas sur son respect et sa compréhension de leurs coutumes, de leurs modes de fonctionnement ? Toutefois, dans la pratique, un apprentissage a lieu. Il peut durer très longtemps, jusqu’à plusieurs années, parfois à l’écart du monde des hommes (d’ailleurs, le jeûne et l’abstinence auxquels se soumettent certains disciples dénotent une volonté de rompre avec la réalité ordinaire). Le passeur de frontière doit en effet assimiler rites et pratiques, mais aussi développer une grande connaissance des mythes de son peuple, qui l’aideront dans ses interprétations et qu’il mettra en actes vis-à-vis des siens afin d’apporter une nouvelle optique à tel ou tel événement, dans l’éclairage de la logique des esprits. 

Des artifices permettent à l’apprenti de voyager plus facilement. Les rythmes joués par des hochets ou des instruments de percussion – les fameux tambours chamaniques – sont les montures les plus fréquentes dans nos contrées. Des tribus et des peuples utilisent de manière traditionnelle certaines substances qui modifient l’état de conscience : les Huichol du Mexique consomment le peyotl ; les Yagua du Pérou une décoction à bases de lianes d’ayahuasca, dont les effets sont combinés aux propriétés du tabac ; les Guajiro utilisent le tabac et les Desana, en Colombie, le vixó et le yajé. Il existe d’ailleurs des plantes interdites, comme le kieri chez les Indiens huichol : si un chamane est soupçonné d’en prendre, on en déduit qu’il s’est engagé sur la voie de la sorcellerie. Il ne met alors plus ses connaissances en oeuvre pour le bien de la communauté et l’équilibre du monde, mais selon ses propres désirs. 

Dès que le chamane atteint un certain niveau de maîtrise, il abandonne ces truchements végétaux et déclenche les passages par sa propre volonté. De même, on remarquera que l’une des différences entre un candidat potentiel et un impétrant, indépendamment des terreaux culturels, réside dans le contrôle par le chamane de la communication, qui se fait alors de façon «volontaire et actif5». Le chamane est donc caractérisé par son rôle de pont entre deux mondes, y compris entre celui des hommes et celui des femmes. Afin d’obtenir une connaissance totale, il expérimente et vit les deux genres : on prête souvent au chamane des attitudes et/ou des accoutrements ambivalents, voire une pratique du travestisme. La nature mixte ou bisexuelle des esprits auxiliaires ou des chamanes mythiques des origines renforce et légitime cette vision traditionnelle. En outre, une telle complémentarité lui permet de représenter le genre humain dans son entier face au monde des esprits. La compréhension et la réunion de cette distinction si profonde entraînent un savoir global, «une totalité autrement impossible». 

Parler aux esprits, parler aux hommes

Afin de communiquer avec les esprits, les chamanes doivent se rendre dans la réalité non ordinaire. Dans le même temps, ils inscrivent leur voyage dans notre propre monde grâce à des sons, des attitudes, voire à de véritables mises en scène de leurs péripéties. Les ethnologues voient là une façon de guérir par le théâtre, dans la continuité des catharsis provoquées par les représentations antiques. À l’opposé, nous nous rappellerons une pratique commune dans le néochamanisme qui consiste à danser avec son animal de pouvoir afin de l’incarner dans cette réalité, ce qui permet au chamane de se rapprocher de lui tout en faisant plaisir à l’animal, et donc de raffermir leur lien. 

Il existe aussi des chants chamaniques qui se divisent en deux types, chacun ayant son utilité. Le premier correspond à des chants structurés, parfois très longs, et enseignés à l’identique de génération en génération. Il éclaire les chemins qui mènent à l’autre monde. Le second type ne s’apprend pas, il consiste en une  improvisation qui véhicule la parole des esprits. Souvent, les deux s’entrecroisent dans une même séance. Ces chants s’adressent à la fois aux esprits, aux puissances de l’autre monde, et aux humains qui assistent à la cérémonie et participent ainsi par leur simple présence à la transcription des volontés issues de la réalité non ordinaire dans le profane. 

La communication dirigée vers les hommes peut passer par des formes extrêmes qui correspondent à la transe et à l’extase ou, plus discrètement, par une modification corporelle, par un changement de langage, du rythme du chant ou des instruments, par l’imitation d’un animal, par des mouvements spécifiques… Bien sûr, il ne s’agit pas là d’une communication claire, mais qui participe plutôt d’un langage symbolique (tant par le corps que par les sons). 

Homme-médecine : traquer et chasser

Comme nous l’avons vu, les rôles du chamane auprès de la collectivité sont nombreux : aider à la bonne chasse et aux récoltes abondantes, à la guerre et, en temps de paix, à la protection des siens (certaines pratiques consistent à échanger l’âme des animaux tués avec des âmes humaines, que le chamane va chercher dans un village lointain, ou encore à extirper les maladies et à les envoyer sur une autre tribu afin de l’affaiblir et de purifier son propre village). Il veille à ce que les esprits soient satisfaits, tant ceux des plantes et des bêtes que ceux des défunts. Enfin, il oeuvre à un niveau individuel en soignant les maladies et les troubles mentaux. L’un comme l’autre ont deux causes possibles : le départ de l’âme ou l’introduction dans une personne d’un esprit pathogène.

L’âme est amenée à se scinder lors d’événements ressentis comme choquants. Il peut s’agir d’un traumatisme de guerre, d’un viol, de harcèlement moral, d’une humiliation, d’une douleur importante (se casser la jambe) ou de la première expérience infantile du «non». La partie de l’âme qui est porteuse de la violence de cette expérience s’en va alors dans une des strates de la réalité non ordinaire. La scission peut aussi se produire sous le coup d’un vol, un rapt psychique commis dans le but de s’approprier la force vitale d’un autre. Dans notre société, ce méfait est souvent commis en toute inconscience par des personnes pour qui le concept d’âme est étranger et qui ne réfléchissent pas sur les fluctuations d’énergie qu’elles peuvent ressentir. Dans ce cas, le chamane devient traqueur, il suit la piste du morceau d’âme disparu et la ramène au malade. Il s’agit d’une technique d’«endorcisme» (terme utilisé par M. Perrin) que l’on nomme couramment le recouvrement d’âme. 

Un esprit peut entrer dans notre corps, souvent pour combler un vide créé par le départ d’un morceau d’âme ou par un affaiblissement de notre condition, comme ceux provoqués par le stress. Il faut alors le chasser, l’exorciser,soit en se rendant dans la réalité non ordinaire, soit en retirant le mal par une technique comme la succion, laquelle aspire l’intrus qui doit ensuite être neutralisé. Les questions que pose le néo-chamanisme par rapport à ces pratiques se concentrent sur les méthodes à utiliser. Chez les peuples pour qui chasser est une question de survie et l’astuce le meilleur moyen de s’adapter aux aléas de la nature, la fin justifie souvent les moyens. Les chamanes ne se préoccupent pas de considérations morales comme nous avons pu en développer et utilisent volontiers la ruse et la force pour obtenir le rétablissement de leur patient. Les néo-chamanes préféreront la  patience et la négociation. Ils ne chercheront pas à détruire l’esprit pathogène mais à l’éloigner, au moins le temps de consolider le trou dans l’âme qui constituait sa niche. 

Animal totem ou animal de pouvoir ?

images (3)Sans oublier les autres époux non ordinaires…

Maintenant, penchons-nous sur les esprits auxiliaires, et dans un premier temps, sur les animaux. Tout le monde connaît l’expression «animal totem». Cependant, ce terme renferme de nombreux sens, parfois accordés à tort.

L’animal totem est l’animal qui nous correspond. Il résume nos qualités, nos défauts, nos capacités et les dons que nous possédons dans tel ou tel domaine. Il demeure le même tout au long de notre vie, puisqu’il est nous. 

Le néo-chamanisme parlera plus facilement d’animal de pouvoir. Il s’agit cette fois-ci d’esprits qui nous aident tant qu’on a besoin d’eux, dans un domaine et pour des tâches auxquels ils sont liés symboliquement. Un chamane en aura plusieurs, attachés à des capacités différentes (untel pour les interactions avec les hommes, un autre pour la magie, encore un pour approcher les défunts…) et avec des caractères distincts. Ils n’existent pas nécessairement dans notre réalité, mais habitent au moins l’imaginaire collectif, tels les licornes et les sphinx. Un animal de pouvoir, comme son nom l’indique, apporte conseil, secours et puissance dans la réalité non ordinaire. 

Il ne reste en principe qu’une partie de l’existence, mais certains peuvent se tenir à nos côtés jusqu’à la fin.

L’esprit auxiliaire peut s’avérer unique – ou, du moins, un esprit principal et incontournable. Celui qui exige qu’un homme ou une femme soit initié(e) en l’accablant de malheurs et/ou d’une maladie, qui le réclame, deviendra l’époux(se) de cet élu(e). Souvent, un tel guide appartiendra à l’autre sexe, même s’il s’agit d’un animal ou d’une plante. Et on les dit jaloux… Le pendant de cette exclusivité accorde un lien plus fort entre le chamane et son esprit auxiliaire grâce à cette intimité. Une intimité qui peut être provoquée, dans le cas d’esprits adjuvants multiples, par des pratiques telles que la danse d’incarnation, dont nous avons déjà parlé. Les esprits auxiliaires se présentent aussi comme des éléments (pluie, soleil, arc-en-ciel…), de simples voix ou des petits hommes vivant dans une montagne. Certaines traditions chamaniques où l’on consomme des substances afin de faciliter les voyages auront des plantes comme interlocuteurs. Ainsi, l’absorption d’ayahuasca a pour but la rencontre avec l’esprit de cette plante. Une fois que l’aspirant a montré patte blanche, il va pouvoir interagir avec l’ensemble des esprits végétaux et apprendre leurs propriétés. Dans d’autres régions, l’aide va apparaître sous l’identité d’un aïeul, ancien chamane lui-même. Ailleurs encore, le chamane devra conquérir des esprits qui seront alors ses subordonnés, à moins qu’ils ne l’approchent et ne demandent à se mettre à son service une fois que preuves auront été données de ses compétences ! 

De très nombreuses possibilités existent et il serait fastidieux de toutes les énumérer. Nous terminerons avec un dernier cas intéressant : les chamanes huichol ont tous pour auxiliaire principal le dieu cerf Kauyumari. Je ne peux m’empêcher de comparer cette approche avec l’hégémonie de la figure du loup en France. Beaucoup de personnes qui s’intéressent à une spiritualité liée à la nature rapportent leur amour du loup, l’affection qu’elles portent pour diverses raisons à cet animal qui parcourt davantage notre paysage culturel que l’humus de nos forêts. Il existe une tradition très forte de l’homme-loup en Europe, qu’on parle de bisclavret, du roi Lycaon ou d’úlfhedhnar (l’un des aspects du berserkr), et particulièrement dans notre pays. De là à prétendre que le loup serait une sorte d’esprit auxiliaire constitutif de notre coin de continent, il y a un grand pas que je ne franchirai point, mais qui me donne envie d’enfiler mes bottes ! 

Le rôle social dans le néo-chamanisme

Nous avons vu que la légitimité du chamane en ce monde-ci se fonde sur sa reconnaissance par sa communauté.

Mais qu’en est-il au sein du néo-chamanisme, quand l’essentiel de la fonction sociale se résume à la participation à des stages et à des réunions, qui tournent parfois à une vingtaine de participants reclus dans une salle peu éclairée d’un immeuble parisien ? Vous me direz que vingt, c’est déjà une petite communauté. Alors, quand les sessions se déroulent à six ou sept personnes, ou quand on «chamanise» pour soi-même ? D’autant que le chamane, dans son acceptation traditionnelle, n’est pas censé exercer au milieu de ses confrères (bien qu’il existe des rassemblements – les chamanes mongols en profitent même pour se lancer des défis et décider lors de concours qui est le plus puissant d’entre eux), mais être une exception au coeur des siens, qu’il aide par son ouverture singulière à la réalité non ordinaire. 

«On a constaté que dans certaines sociétés soumises au changement naissait un chamanisme pour soi : chacun exprime son désir d’être chamane ou chacun se prétend chamane sans avoir été reconnu par un chaman confirmé3.» Comment comprendre cette génération spontanée massive ? La perte de la spiritualité explique-t- elle à elle seule cette ruée vers le chamanisme ? Ne pourrait-il pas s’agir plutôt d’immenses semailles dont l’autre monde espère que naîtront quelques grands chamanes, qui pourront guider leur communauté ? Une hypothèse improbable, qui laisse néanmoins rêveur… 

Quoiqu’il en soit, le néo-chamanisme diffère profondément du chamanisme par cette coupure sociale. Les adeptes du premier ont une approche individuelle des pratiques, centrée sur un mieux-être personnel. S’ils viennent à en parler autour d’eux, une réaction de rejet peut se produire car les gens percevront ces idées comme quelque chose d’étranger à leur société, une menace. Alors que les gardiens du second se trouvent au coeur de leur communauté et assurent la continuité des rites et des croyances. Dès lors, comment ceux qui soutiennent un chamanisme occidental peuvent-ils se positionner ? Doivent-ils se revendiquer d’une tradition du terroir – même à moitié inventée sur des bases reconstituées – de concepts chamaniques encore vivaces tels ceux des Mongols ou des Amérindiens, ou ne vaudrait-il pas mieux qu’ils jettent aux orties ces miroirs de fumée pour en revenir aux conseils et aux révélations des esprits auxiliaires propres à nos régions ? D’ailleurs, peuvent-ils se permettre, tout simplement, de revendiquer quoi que ce soit et de briguer une place dans notre société ? D’un autre côté, cela ne constituerait-il pas une sorte de devoir, de passage obligé pour valider son statut de chamane ? 

Cheminer sur les sentiers de l’autre monde

Quoiqu’il en soit, le simple apprentissage d’arpenter la réalité non ordinaire ne fera pas de nous des chamanes, au sens où l’entendent les ethnologues et ces peuples qui ont su garder leur tradition vivante. Par contre, nous expérimentons l’autre monde et affinons notre sensibilité à celui-ci, qui peut alors nous toucher même lorsque nous nous croyons entièrement revenus dans la réalité ordinaire. Cela s’avère souvent perturbant… Mais si vous avez le bonheur de vous lier à un (ou plusieurs) esprit auxiliaire, alors vous vous sentirez soutenu, plus fort et plus sûr de vous. 

S’initier au néo-chamanisme est un merveilleux voyage, plein de surprises et de rencontres pas toujours agréables ; toutefois, il ne faut pas hésiter à prendre la route si les paysages décrits dans ce modeste guide vous ont interpellé ! Que vos guides soient perspicaces et votre périple extraordinaire ! 

L’origine du mot «chaman»

Le terme de «chaman» provient de «çaman», un mot issu de la langue des Toungouses, ou Evenk, une ethnie du peuple mongol. Une étymologie possible, bien que fort contestée, se réfère au mot «ça» qui signifie «connaître», le çaman étant alors «celui qui sait». Une autre possibilité serait la dérivation à partir d’une racine verbale signifiant «s’agiter, bondir, danser». On estime encore qu’il s’agirait d’une corruption du mot sanscrit «sramanas» («ascète»), qui désigne des prêtres bouddhistes qui oeuvrent dans des tribus au Nord de la Chine. De nos jours, le terme s’est répandu au point de représenter un générique pour des pratiquants qui portaient des noms traditionnels, notamment en Amérique latine et du Nord (les fameux medecine men). 

Texte issu du Magazine « Païens d’aujourd’hui » 

Publié dans L'Esprit Guérisseur, Nouvelle conscience, Rêves | Pas de Commentaire »

La rationalité de la foi

Posté par othoharmonie le 4 décembre 2014

 

Depuis le début de ce que les schémas historiques appellent l’époque moderne (XVIIè siècle), nous avons pris l’habitude de séparer rigoureusement l’attitude scientifique de l’attitude religieuse, et même de les opposer en les considérant parfaitement incompatibles. Beaucoup de gens s’offusquent par exemple en entendant un scientifique avouer sa foi, jusqu’à remettre en question son professionnalisme et ses compétences de chercheur justement, estimant que science et religion ne peuvent raisonnablement cohabiter. 

OLYMPUS DIGITAL CAMERACe qui m’intéresse ici, c’est d’examiner rapidement les sources de ce conflit, et la manière dont on renvoie face à face ces deux perspectives que sont l’attitude scientifique et l’attitude spirituelle. Mais ce que j’aimerais surtout montrer, en m’appuyant précisément sur des recherches scientifiques et mathématiques notamment, c’est que l’acte de foi peut être considéré comme tout à fait rationnel, voire logiquement incontestable, ce qui peut même, à l’extrême, nous conduire à désigner une attitude athée comme allant à l’encontre de toute logique rationnelle.

Bien sûr, je n’irai pas jusqu’à défendre cette position, car j’estime que même si l’attitude consistant à opposer foi et raison est en même temps infondée et indéfendable sur un plan purement logique, le fait d’établir une rationalité d’ordre scientifique à l’acte de foi n’autorise pas à faire preuve du même type d’obscurantisme dans le sens opposé. Au contraire de la position agnostique (ne pas se prononcer sur l’existence de Dieu), l’athéisme, en tant que conviction en la non-existence d’un Dieu, relève pleinement d’un acte de foi, puisque parfaitement indémontrable, et n’a pas non plus en ce sens à se légitimer dans la mesure où cette croyance doit relever d’une conscience purement individuelle et intime. 

LES SOURCES D’UNE OPPOSITION

A priori, ce qui caractérise l’opposition entre science et religion, dans la conscience commune, c’est une sorte de face à face binaire entre deux schémas à la fois erronés et très restrictifs : d’un côté la science, associée à la raison, la logique, la vérité, l’objectif, et de l’autre la religion, assimilée à la croyance, l’imaginaire, l’incertitude et le subjectif. Présenté comme ça, on se rend bien compte que cet oxymore science/religion est à la fois incomplet, artificiel, voire intenable, mais c’est pourtant ce qui semble animer au quotidien le débat entre « purs scientifiques » et « purs croyants ». Il est d’ailleurs dommageable que les uns et les autres s’excluent mutuellement ainsi, mais le nerf de la guerre et les arguments avancés par chaque camp sont plus ou moins redondants : d’un côté les scientifiques vont se parer d’un savoir complètement rationnel, logique et par là même irréfutable, ne supportant aucune objection puisque parfaitement objectif. A l’opposé, les religieux vont utiliser au fond le même argument, mais à l’appui d’un relativisme absolu qui va consister à soutenir que leurs propos relèvent de la foi, que chacun est seul maître de sa propre croyance, et qu’en ce sens aucun énoncé ne peut la réfuter. 

Vous l’aurez compris, ces deux postures me paraissent aussi extrêmes l’une que l’autre, mais surtout bêtement restrictives. Je ne suis pas convaincu par exemple que la science soit toujours rationnelle, et il est avéré que ses énoncés n’ont qu’une durée de vie limitée, de la même manière que je suis tout à fait persuadé que l’on peut trouver des arguments rationnels tout à fait solides en faveur de la foi. Ce sont ces deux aspects que je voudrais creuser à présent. 

RELATIVITÉ DE LA SCIENCE ET RATIONALITÉ DE LA FOI 

La première des choses qu’il faudrait vraiment remettre en question, c’est ce caractère à la fois rationnel, immuable, universel et parfaitement incontestable des « vérités » scientifiques. Pour commencer, la science repose davantage sur une attitude empirique (expérimentale) que véritablement rationnelle. Les énoncés scientifiques sont « démontrés » a posteriori, mais au départ de chacun de ces énoncés, il n’y a rien de plus qu’une hypothèse, une opinion, une intuition même. On part donc d’une idée complètement subjective que l’on va chercher à démontrer scientifiquement pour voir si cela fonctionne ou pas. Il faut noter également que la « preuve » de ces énoncés scientifiques n’est valable qu’au sein de ce qu’on appelle le « paradigme » scientifique, c’est-à-dire au sein de ce schéma. Par exemple, un théorème mathématique ne peut être prouvé que via les mathématiques. Sortez du cadre mathématique, vous aurez beaucoup de mal à montrer que la somme des angles d’un triangle est toujours égale à 180°, ce qui remet sérieusement en question le caractère universel de ce type d’énoncé. 

En second lieu, et par-delà le fait que la science s’auto- valide au fond elle-même, en ayant beaucoup de mal à sortir de son paradigme, il faut également considérer que ce qui caractérise un énoncé scientifique, c’est sa faible durée de vie. Là, soyons clair, je n’énonce pas une théorie personnelle, cette idée est communément admise en épistémologie depuis que Karl Popper a établi, comme critère de scientificité, la possibilité d’invalidation d’un énoncé. En clair, un énoncé ne peut être considéré comme scientifique s’il ne peut être réfuté. Pour reprendre l’exemple précédent, ce qui a permis de considérer comme scientifique le fait que la somme des angles d’un triangle soit toujours égale à 180°, c’est le fait que cet énoncé  puisse être invalidé par la suite, ce qui n’a pas manqué d’arriver, et à deux reprises (on sait aujourd’hui que la somme des angles d’un triangle peut aussi être supérieure ou inférieure à 180°). Dès lors qu’on a cela en vue, on a donc beaucoup de mal à considérer les énoncés scientifiques comme des vérités à la fois universelles et immuables. Pour les scientifiques eux-mêmes, de telles vérités relèvent du domaine de la mystique, la science étant caractérisée par la caducité de ses propositions. 

Envisagé comme ça, on peut donc considérer que le domaine des « vérités immobiles » relève de la croyance, en ce sens qu’elles sont parfaitement subjectives, mais ça n’est pas ce qui m’intéresse ici. Je ne vais pas non plus m’attarder sur des arguments purement spéculatifs et relevants plus ou moins du jeu d’esprit comme le fameux pari de Pascal (cf Pascal, Les Pensées, fragment 233 de l’édition Brunschvicg). Ce qui m’intéresse, c’est de montrer que la foi en un dieu par exemple peut être considérée comme tout à fait rationnelle, voire davantage en adéquation avec la logique que la position athée (qui au fond, je l’ai dit, relève elle aussi de l’acte de foi). Pour cela, je m’appuierai essentiellement sur l’idée que l’univers est né d’un hasardeux concours de circonstances plutôt que d’une « cause première », c’est-à-dire d’une certaine forme d’agencement ordonné, pour montrer que la première position est beaucoup moins défendable sur le plan logique que la seconde. 

Je serai volontairement assez bref, car je vais exposer ici une idée qui n’est pas de moi, et qui est expliquée de manière très complète dans un ouvrage écrit conjointement par Jean Guitton, philosophe chrétien réputé pour son sérieux et son érudition, et Grishka et Igor Bogdvanov, physiciens et astrophysiciens qui ont malheureusement, malgré leurs compétences certaines, beaucoup soufferts de leur surexposition médiatique. Pour ceux que ça intéresse je vous renvoie donc à l’ouvrage : Dieu et la science, Editions Grasset et Fasquelle, Paris, 1991. 

Très rapidement donc, l’idée défendue dans l’un des chapitres est la suivante : la naissance de l’univers, et a fortiori l’éclosion de la vie, résultent d’une foule de combinaisons et de facteurs et, si le plus infime d’entre eux avait été légèrement modifié, n’auraient jamais pu voir le jour, ce qui remet fortement en question le fait que ces combinaisons aient eu lieu au hasard. Je cite un passage, ce sera plus clair : 

« Il est vrai que le calcul des probabilités plaide en faveur d’un univers ordonné, minutieusement réglé, dont l’existence ne peut être engendrée par le hasard. Certes, les mathématiciens ne nous ont pas encore raconté toute l’histoire du hasard : ils ignorent même ce que c’est. Mais ils ont pu procéder à certaines expériences grâce à des ordinateurs générateurs de nombres aléatoires. A partir d’une règle dérivée des solutions numériques aux équations algébriques, on a programmé des machines à produire du hasard. Ici, les lois de probabilité indiquent que ces ordinateurs devraient calculer pendant des milliards de milliards de milliards d’années, c’est-à-dire pendant une durée quasiment infinie, avant qu’une combinaison de nombres comparable à ceux qui ont permis l’éclosion de l’univers et de la vie puisse apparaître. Autrement dit, la probabilité mathématique pour que l’univers ait été engendré par le hasard est pratiquement nulle. » 

L’extrait est limpide, il n’y a pas grand-chose à ajouter, mais on voit bien que d’un point de vue purement mathématique, statistique et logique, il est beaucoup plus rationnel de soutenir que l’univers, et la vie, ont été créés à l’initiative d’une forme de conscience extérieure, ou du moins d’un ordre naturel réglé, que par le fruit du hasard via une accumulation de coïncidences fortuites. 

UNE OPPOSITION RENVERSÉE ?

OLYMPUS DIGITAL CAMERACe que l’on peut tirer des observations que l’on a examinées jusqu’à présent, c’est que le schéma simpliste consistant à associer la science à la raison, à l’universalité et à l’objectivité, en l’opposant au subjectif et au relatif de la foi n’est pas aussi évident que ce qui paraît au premier abord. 

En voulant caricaturer le débat dans l’autre sens, et en étant un peu provocateurs, on pourrait même dire que la science repose finalement sur beaucoup moins de certitudes que la religion. D’une part car, on l’a vu, la posture scientifique se fonde sur une démarche empirique et elle se construit de manière perpétuelle en détruisant ce qu’elle a énoncé précédemment, là où la religion a de son côté une fâcheuse tendance à ne jamais vouloir remettre en question ses énoncés. Mais de manière plus intéressante, on a même pu envisager le fait que l’avènement du monde et de la vie n’avait quasiment aucune chance, en matière de probabilités, de reposer sur le hasard, ce qui plaide au minimum, de manière presque scientifique, pour une conception ordonnée et réglée de l’univers, voire pour une impulsion extérieure à sa source. 

Sans vouloir remuer trop de vase et rentrer dans des provocations inutiles, tout ceci peut au moins, je l’espère, permettre à chacun, scientifiques et religieux, de se montrer un peu moins dogmatiques en ce qui concerne leurs positions respectives. Une telle attitude pourrait permettre de dépasser cette ambivalence un peu frustrante, et pourquoi pas, de penser conjointement le monde selon ces deux modèles qui n’ont rien d’antagonistes, comme les auteurs de l’ouvrage que j’ai cité plus haut ont tenté de le faire. 

QUELQUES DOUTES DE PLUS POUR TERMINER…

Pour terminer, j’aimerais insister sur le fait qu’il ne s’agissait surtout pas ici, à mes yeux, de faire l’apologie de la religion en dénigrant la posture scientifique. Je voulais simplement proposer une alternative au schéma un peu trop restrictif qui a malheureusement pignon sur rue, en montrant que la foi pouvait aussi avoir des fondements tout à fait rationnels, de la même manière que la science pouvait également être construite sur beaucoup d’incertitudes, de tâtonnements et d’hésitations. 

Mais surtout, je trouve dommage de vouloir aujourd’hui bâtir un monde que l’on s’imagine parfaitement systémique, sur des vérités périssables par essence, en se berçant d’une illusion qui relève elle aussi, au fond, de quelque chose de très mystique. Mais histoire de jeter encore un peu plus de doutes dans la marmite, si l’on considère l’acte de foi comme rationnel, peut-on encore, au final, appeler ça de la foi ? C’est un autre débat en tout  cas…

par Shaël Texte issu du Mag des Païens d’Aujourd’hui

Publié dans En 2012-2013 et après 2016, LECTURES Inspirantes, Philosophie de la VIE, SPIRITUALITE c'est quoi ? | Pas de Commentaire »

Travail rituel avec le Centre

Posté par othoharmonie le 4 décembre 2014

 

par B. T. Newberg, traduit par Boadicée et Siannan 

Mon dernier rituel de Samhain1 expérimentait une nouvelle technique pour créer un moment et un espace spécial (par exemple l’espace sacré) : travailler avec le centre. En résumé, les  participants circumambulent autour d’un point focal. Cela parait assez simple, n’est-ce pas ?

Maintenant, approfondissons un peu. Pourquoi créer un espace et un temps spéciaux ? Pourquoi proposer de nouvelles techniques ? Qu’est-ce que le centre ?

 

htableau1_01POURQUOI CRÉER UN ESPACE ET UN TEMPS SACRÉ ? 

Le but ultime du rituel est de réaffirmer ou de modifier les schémas de perception et de comportement. A cette fin, il est utile de créer le sentiment d’un espace et d’un temps sacrés. Quelle que soit la nature du temps et de l’espace dans l’absolu, notre expérience d’eux est malléable. Le temps peut sembler plus long ou plus court, l’espace peut sembler plus vaste ou plus vital, et les deux peuvent atteindre une signification plus élevée, dépendant de votre niveau de conscience. Le temps et l’espace peuvent parfois apparaître spéciaux. Dans ces moments, les schémas comportementaux habituels sont interrompus lorsque l’inconscient réévalue la situation. Ce sont donc ainsi des instants privilégiés pour introduire de nouvelles informations dans le système. En bref, la fonction d’atteindre le sens d’un temps et d’un espace spéciaux est de signaler à l’inconscient que ce qui va arriver est significatif, de façon à ce qu’il le privilégie désormais dans la mémoire et le processus décisionnel. 

Théologiquement parlant, il s’agit de créer un espace qui est sacré, ce qui veut dire «distinct». L’espace et le temps rituel sont distincts car spéciaux et significatifs.

 

POURQUOI CRÉER UN ESPACE ET UN TEMPS SACRÉ ? 

Le but ultime du rituel est de réaffirmer ou de modifier les schémas de perception et de comportement. A cette fin, il est utile de créer le sentiment d’un espace et d’un temps sacrés. Quelle que soit la nature du temps et de l’espace dans l’absolu, notre expérience d’eux est malléable. 

Le temps peut sembler plus long ou plus court, l’espace peut sembler plus vaste ou plus vital, et les deux peuvent atteindre une signification plus élevée, dépendant de votre niveau de conscience. Le temps et l’espace peuvent parfois apparaître spéciaux. Dans ces moments, les schémas comportementaux habituels sont interrompus lorsque l’inconscient réévalue la situation. Ce sont donc ainsi des instants privilégiés pour introduire de nouvelles informations dans le système. En bref, la fonction d’atteindre le sens d’un temps et d’un espace spéciaux est de signaler à l’inconscient que ce qui va arriver est significatif,  de façon à ce qu’il le privilégie désormais dans la mémoire et le processus décisionnel. 

Théologiquement parlant, il s’agit de créer un espace qui est sacré, ce qui veut dire «distinct». L’espace et le temps rituel sont distincts car spéciaux et significatifs.

 

POURQUOI UNE NOUVELLE  TECHNIQUE ? 

Mais attendez ! quel est l’intérêt d’expérimenter de nouvelles méthodes pour ce faire ? Ne sommes nous pas en train de réinventer la roue ? Il y a déjà plusieurs techniques éprouvées pour créer un espace sacré dans la communauté païenne, telles que tracer un cercle ou ouvrir les portails. Elles évoquent habituellement une sorte de déplacement entre «les mondes», et les naturalistes peuvent facilement comprendre cela comme se mouvoir entre différents états de conscience. Les naturalistes gagnent à se familiariser avec ces techniques, car cela nous permet de prendre part à des rituels dans différentes traditions, côte à côte avec d’autres païens dans une communauté plus large. Et si ça fonctionne avec vous, hé pourquoi donc ne pas l’utiliser ! 

En même temps, ces techniques peuvent laisser à désirer. Leurs supports théoriques sont hautement métaphysiques. Par exemple, le but d’un cercle est prétendument de maintenir les énergies hostiles à l’extérieur ou celles désirées à l’intérieur. L’ouverture des portails (une technique de l’ADF2 et de ses ramifications) est destinée à accroître la communication avec les divinités, les esprits et les ancêtres. Bien que cette théorie ne doive pas empiéter sur la pratique, elle me laisse m’interroger sur ce que ce serait que d’expérimenter une technique entièrement naturaliste, faite maison et inspirée par les motifs de la nature. Par conséquent je vous présente : le centre.

images (4)QU’EST-CE QU’UN CENTRE ?

Où que vous regardiez, les centres (avec un petit «c ») imprègnent la nature. Ce sont des centres au sens littéraire, tel le noyau atomique entouré par ses électrons ou l’étoile par ses planètes. Il y a aussi des centres au sens figuré comme le trou d’eau entourée par des troupeaux ou le séquoia géant par un mini- écosystème de vie. Sur un plan domestique, il y a le feu du foyer de la maison. Sur un plan cosmique, il y a le point d’origine omnicentrique du Big Bang (qui est partout). Les centres sont partout. Point crucial, le centre n’existe qu’en relation avec ce qui tourne autour. Sans cela, il n’a aucun sens. Les centres sont profondément relationnels. 

Ainsi, la caractéristique qui distingue le centre est que c’est le centre de quelque chose. Il unit ce quelque chose autour d’un objectif partagé. C’est le nexus, la source, ou le coeur d’une communauté. Et c’est ce qui le rend intéressant comme schéma rituel. 

Le Centre (avec un grand « C ») est un langage liturgique pour concentrer de manière réelle et symbolique l’activité rituelle. Il est réel dans la mesure où il est réellement ce sur quoi se concentrent tous les participants, et symbolique dans la mesure où il reproduit les motifs majeurs de la nature. Son rôle dans les rituels est d’altérer la conscience suscitant la relation entre l’ego individuel au groupe et au cosmos. Comme tout bon langage liturgique, le Centre est plus suggestif qu’indicatif, évocatif plus que précis, de sorte que chaque personne puisse s’y retrouver. Pratiquement tout peut être vu comme un centre si l’on regarde d’assez près, et c’est l’intérêt : il est partout, mais il requiert un changement de perspective pour pouvoir être vu.

 

Comment réaliser un rituel avec le Centre ? 

La technique de base est de choisir un point focal approprié, de le marquer comme le Centre, et circumambuler autour en pleine conscience trois fois. Cela peut s’accompagner de gestes, de phrases, et/ ou d’hymnes appropriés (voir le texte du rituel de Samhain pour un exemple). Bien que cette technique soit simple, elle élabore beaucoup de choses.

 

1. LA JUSTESSE

Le choix du point focal devrait être approprié, doublement. Tout d’abord, cela signifie qu’il doit être un vrai centre d’activité réelle, ce qui nécessite une réflexion des participants sur l’écosystème local. En quel sens le point focal est-il un centre ? Est-ce un arbre autour duquel se rassemblent diverses créatures, un puits dont la communauté tire sa subsistance, ou l’étoile polaire autour de laquelle notre perspective terrestre tourne ? 

En même temps, la justesse signifie aussi qu’il doit être adapté aux intentions du rituel. Cela requiert des participants de lier leurs intentions au centre. Par exemple, un rituel pour de nouveaux commencements peut encercler le point de départ d’un chemin, ou un rituel de mort autour d’un champ récemment récolté.

Au cours de la planification d’un rituel, vous pouvez passer des heures, des jours ou même des semaines à apprendre à connaître la région et trouver le lieu parfait. Le fait de penser ainsi au lieu va vous ancrer en lui, faire couler votre inspiration et rendre le rituel plus concret et significatif. De plus, cela commencera à transformer votre perspective ordinaire des objets et intérêts vers une perspective holistique de relations et de symboles. 

2. MARQUER

Quand les rituel est sur le point de commencer, le point focal choisi est marqué comme le Centre. Un corde peut être ceinte autour d’un arbre, une pierre installée dans un champ, un sigil tracé à la craie sur un chemin pavé, et ainsi de suite. Ça peut être élaboré ou spartiate, mais quel que soit le marquage, il ne doit pas éclipser mais plutôt compléter la beauté naturelle du Centre. Cela a des fonctions à la fois pratique et symbolique. D’un point de vue pratique, ça marque clairement pour tous les participants où se trouve exactement le centre. D’un point de vue symbolique, ça confirme votre relation à lui, en y contribuant par une part de vous-même. Cette rencontre entre soi et l’autre établit le lien initié par la considération précautionneuse du lieu le plus adapté. 

3. CIRCUMAMBULATION EN PLEINE CONSCIENCE 

Circumambuler veut dire tourner autour du Centre. Qu’il s’agisse d’une procession solennelle ou d’une danse musicale, c’est à vous de voir. Dans tous les cas elle doit être faite en pleine conscience, trois fois. A la fin du rituel, circumambulez une fois dans le sens inverse pour signifier à votre esprit le retour au temps et à l’espace  normaux. En imagination, laissez ce centre devenir le Centre, symbole de tous les centres dans votre vie, et même de tous les centres de l’univers. Laissez-le devenir un lieu d’interprétations infinies, une source d’où coule l’inspiration comme les motifs et relations se suggèrent elles-mêmes à vous. Laissez toute pensée vagabonde passer sans y prêter attention, ramenant gentiment votre concentration sur le Centre. 

Cela peut être supporté par l’usage de phrases rituelles appelant à songer à des relations spécifiques tandis que vous circumambulez. Par exemple, le texte de Samhain invoque trois relations de la transcendance naturaliste. Au premier tour, les participants lèvent un bras vers le Centre et disent : « Ceci est le Centre, autour duquel tout tourne. Il ne tourne pas autour de moi, je tourne autour de lui. Tandis que je passe j’affirme ma place dans l’esprit.» 

Au second tour, la phrase est répétée, en affirmant «ma place dans la communauté », et enfin, la troisième fois : « ma place dans l’univers ». Traditionnellement, les néopaïens marchent deosil (dans le sens des aiguilles d’une montre) pour créer l’espace sacré. Cela reproduit le mouvement du soleil tel qu’il est vu d’une perspective terrestre dans l’hémisphère nord, où le soleil traverse le ciel du sud. Pour dissoudre l’espace, ils marchent widdershins (en sens inverse des aiguilles d’une montre), ce qui pourrait représenter une nouvelle perspective acquise pendant le rituel. 

COMMENT LE CENTRE FONCTIONNE-T-IL EN PSYCHOLOGIE ? 

Les actes répétitifs symboliques comme ceux-ci peuvent sembler sans intérêt et vides au premier regard pour certains. Toutefois, de récentes recherches dévoilent comment et pourquoi le rituel fait appel au cerveau, de sorte qu’il se retrouve de manière universelle à travers les cultures, que ce soit dans des contextes religieux ou séculiers. Comme expliqué plus loin, le travail avec le Centre tire profit de la connaissance incarnée, de l’association pavlovienne et de la psychologie cognitive pour réaliser un changement de conscience. 

Au niveau le plus primitif, la circumambulation crée ce que l’historien Willian McNeil appelle un « lien musculaire » entre les participants : bouger ensemble dans le temps. Les mouvements synchrones créent l’impression d’un super-organisme, et initie l’immersion de l’ego individuel au sein d’une identité plus vaste. A travers une telle connaissance incarnée, le mouvement du corps façonne la conscience. Au niveau pavlovien, la triple répétition est significative. C’est un nombre dénotant la plénitude dans la culture occidentale, de même que la diversité (la triplicité s’opposant à l’unicité). Ces associations culturelles, instillées en nous depuis notre  enfance, constellent l’état d’esprit désiré selon une association pavlovienne. 

Enfin au niveau cognitif, la pleine conscience monopolise ou « emplit » la mémoire de travail, ne laissant pas de place pour les pensées mondaines ou intrusives, avec pour résultat un état de concentration légèrement altéré.

De plus, le fait que la procédure semble inutile, du moins pour l’observateur non averti, et redondante, encerclant trois fois au lieu d’une, est également important. Lienard et Boyer proposent que l’observation de pas apparemment inutiles signale un danger non apparent à l’inconscient, laissant peut être entendre que la raison des pas doit être une menace potentielle connue des autres mais non de soi. Cela active un module mental qu’ils appellent « le système de risque de danger », qui a probablement évolué pour éviter les dangers mal compris mais mortels, tels que les pathogènes ou parasites. Suivre une coutume d’éviter rituellement les cadavres ou de se laver après avoir touché du sang, par exemple, a des avantages évolutifs, même si l’on ne connaît pas la vraie raison pour laquelle ces gestes doivent être effectués. 

Ce qui nous intéresse ici n’est pas pourquoi le système de risque de danger a évolué, mais comment nous pouvons nous en servir. Son activation éveille un état d’attention particulier, produisant un état de conscience légèrement altéré. Il éloigne l’attention des buts et vers les étapes spécifiques du rituel, qui sont typiquement des actions si automatisées qu’elles deviennent mortes pour la conscience, telle la marche. L’attention supplémentaire donnée à la marche en cercle trois fois réanime cet acte, le rafraîchit, et encourage ainsi une sorte de vivacité et de présence « dans l’instant ». Des signaux rituels, comme les pas inutiles, peuvent déclencher inconsciemment une activation. 

L’état résultant de conscience approfondie peut faciliter significativement le pouvoir émotionnel et le sens d’inspiration d’un rituel. Il est important de noter que ce système est inconscient et intuitif, une partie de ce que Daniel Kahneman appelle Système 1 de pensée. Il y a aussi le Système 2 : la conscience, la pensée délibérée, dont l’effet est souvent d’inhiber des processus intuitifs. Dans ce cas, par exemple, une pensée critique peut questionner la nécessité rationnelle de tourner trois fois, et ainsi inhiber le système de risque de danger et déjouer le  changement de conscience désiré. La question a du mérite, mais nous entrave pour le moment. C’est pourquoi les ritualistes recommandent souvent de mettre de côté tout scepticisme pendant la durée du rituel. Les questions critiques peuvent et devraient être développées avant et après, mais pas pendant le rituel. Ce n’est pas réprimer la critique, mais laisser les systèmes intuitifs fonctionner efficacement. 

Si tout va bien, la technique devrait produire ce que le langage théologique appelle « sacré ».

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VERS UN RITUEL NATURALISTE

Le travail rituel avec le Centre peut être utilisé comme une méthode viable et avec un support scientifique pour créer un espace et un temps sacrés. C’est fait maison selon une perspective naturalise sans exclure qui que ce soit. Il n’est pas non plus lié à une quelconque tradition culturelle, de sorte que les naturalistes spirituels de tous genres pourront le trouver utile. Cette technique en est encore au stade expérimental, aussi sentez-vous libre d’offrir vos commentaire ou vos critiques constructives.

Retrouvez les articles de HumanisticPaganism en anglais sur le site http://humanisticpaganism.com   .

Publié dans APPRENDS-MOI, PENSEE MAGIQUE - LEITMOTIV et RITUELS, Travail sur soi ! | Pas de Commentaire »

Pour un enseignement qui favorise l’Epanouissement

Posté par othoharmonie le 2 décembre 2014

 

 

portesbienetrePrésident d’honneur de l’association « Droit au logement » et du « Comité Radicalement Anti-Corrida » (CRAC Europe pour la protection de l’Enfance), il était aussi membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la décennie de la culture de paix et de non-violence. Il était également connu pour ses engagements citoyens, parmi lesquels la défense du concept de la décroissance soutenable, le soutien aux mouvements du logiciel libre, à la langue internationale espéranto, aux laissés pour- compte et à l’environnement. Voici un texte qu’il publia en faveur de l’épanouissement humain, libéré des conditionnements de compétition, de conflit et de haine. 

Albert Jacquart maintenait une vision haute et noble de l’éducation, de la relation et de la vie. Si nous nous unissons à cette perspective, nous renforçons ces égrégores et nous permettons ainsi leurs manifestations. En lisant ce texte, nous fortifions la vision d’une toute autre éducation et de ce fait nous accroissons considérablement les opportunités de manifestations. Que de puissance dans cette vision !

« L’Éducation nationale ne doit pas préparer les jeunes dont l’économie ou la société ont besoin. La finalité de l’éducation est de provoquer une métamorphose chez un être pour qu’il sorte de lui-même, surmonte sa peur de l’étranger, et rencontre le monde où il vit à travers le savoir. Moi, ministre de l’Éducation nationale, je n’ai qu’une obsession : que tous ceux qui me sont confiés apprennent à regarder les autres et leur environnement, à écouter, discuter, échanger, s’exprimer, s’émerveiller. À la société de s’arranger avec ceux qui sortent de l’école, aux entreprises d’organiser les évaluations et la formation de leur personnel à l’entrée des fonctions. Il faut que les rôles cessent d’être inversés : l’éducation nationale ne produira plus de chair à profit. 

Article premier : Il faut supprimer tout esprit de compétition à l’école. Le moteur de notre société occidentale est la compétition, et c’est un moteur suicidaire. Il ne faut plus apprendre pour et à être le premier. 

Article deuxième : L’évaluation notée est abandonnée. Apprécier une copie, ou pire encore, une intelligence avec un nombre, c’est uni-dimentionnaliser les capacités des élèves. Elle sera remplacée par l’émulation. Ce principe, plus sain, permettra la comparaison pour progresser, et non pour dépasser les camarades de classe. Mettre des mots à la place des notes sera plus approprié. 

Article troisième : Les examens restent dans leur principe, sachant que seuls les examens ratés par l’élève sont valables. Ils sont utiles aux professeurs pour évaluer la compréhension des élèves. Mais les diplômes ou les concours comme le baccalauréat sont une perte de temps et sont abolis. Sur tous    les frontons des lycées figurera l’inscription : « Que personne ne rentre ici s’il veut préparer des  examens. 

Article quatrième : Les grandes écoles (Polytechnique, l’ENA…) sont remises en question dans leur mode de recrutement. La sélection, corollaire nécessaire de la concurrence, et qui régissait l’entrée   dans ces établissements, ne produisait que des personnalités conformistes, incapables de créativité et d’imagination. Pour entrer à l’ENA, des jeunes de vingt-cinq ans devaient plaire à des vieux de   cinquante ans. Ce n’était pas bon signe. 

Article cinquième : Les enseignants n’ont plus le droit de se renseigner sur l’âge de leurs élèves. Les dates de naissances doivent être rayées de tous les documents scolaires, sauf pour le médecin de  l’école. Il n’est plus question de dire qu’un enfant est en retard ou en avance, car c’est un instrument de   sélection. Chacun doit avancer sur le chemin du savoir à son rythme, et sans culpabilisation ou fierté par rapport aux camarades de classe. Par contre, un professeur a le devoir de demander à l’élève ce qu’il sait faire pour adapter son enseignement, éventuellement programmer un redoublement. Le redoublement est d’une réelle utilité s’il n’a pas de connotation de jugement. 

Article sixième : Chaque professeur sera assisté d’un professeur de philosophie. Il faut en effet doubler l’accumulation des connaissances d’une approche par les concepts. Il faut en particulier passer par l’histoire des sciences, resituer les connaissances par rapport aux erreurs historiques  d’interprétation des savoirs. Il faut que les élèves aient conscience des enjeux politiques qui se cachent derrière le progrès scientifique. On pourra rester quelques semaines sur un même concept, plutôt que de saupoudrer du savoir dans chaque cours. 

Article septième : Le travail des professeurs par disciplines est annulé au profit du travail en équipe. La progression du travail des classes ne doit pas être perturbée par des impératifs de programme. 

Article huitième : Chaque personne disposera dans sa vie, vers la fin de la trentaine, de quatre années sabbatiques afin de faire le point, se réorienter, apprendre d’autres choses. Chacun a le droit de vouloir changer de métier ou de vocation, parce qu’il n’est pas évident de se déterminer  définitivement à dix-huit ans. 

Article neuvième : le ministère de l’Économie ne dictera plus ses besoins au ministère de l’Éducation. Dorénavant, le ministre de l’Économie donnera tous les moyens nécessaires à l’Éducation nationale pour réussir sa vocation.»

écrit par  Albert Jacquart

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Le Sanctum (Sanctuaire intérieur)

Posté par othoharmonie le 2 décembre 2014

 

Les lieux sacrés ont le bénéfice d’être des sanctuaires, des espaces où l’on peut se ressourcer, des lieux protégés où l’on accède facilement à des énergies particulières. Toutefois, avant d’en rechercher à l’extérieur, commençons à l’intérieur. Non pas dans votre maison mais dans votre psyché. Allez à la rencontre, créez celui qui puisse être totalement à votre image : le sanctum.

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QU’EST-CE QUE LE SANCTUM ?

Il s’agit tout simplement du sanctuaire intérieur, une projection intentionnelle mêlant volonté et imagination.

Créer un tel lieu lui donne une réalité sur un plan plus subtil (manifestation astrale à l’instar des pensées, d’émotions créant des égrégores ou des formes-pensées), ayant à son tour une incidence sur le plan physique.

Pour qu’il soit pleinement efficace, lui consacrer régulièrement un temps renforce son énergie (sa présence en quelque sorte) et permet d’en retirer plus facilement des bénéfices.

CRÉER SON SANCTUM

Le sanctum est avant tout une création personnelle. Cependant, il est possible qu’en voulant le créer, vous vous aperceviez que vous le connaissiez déjà (élaboré pendant l’enfance par exemple), que vous l’associez à un lieu  matériel. Voici plusieurs étapes possibles pour sa création : Explorez un lieu, un type de lieu avec lequel vous vous sentez confortable, qui éveille un sentiment de bien-être, de pouvoir, d’harmonie en vous. Vous pouvez prendre un temps pour chercher autour de vous, dans les lieux que vous avez fréquentés (pensez au type de nature, aux éléments présents, aux couleurs, à la chaleur, au sentiment de liberté ou de confort). Des recherches sur le web, dans des livres de géographie ou d’oeuvres imaginaires peuvent vous inspirer. 

Explorez vos atouts, vos pouvoirs, votre médecine. Quels sont vos symboles, quelles sont vos qualités à ajouter dans un tel lieu pour le personnaliser. Explorez votre voie spirituelle : quelles en sont les concepts, les alliés (que vous pouvez présenter physiquement ou non), les symboles, quels sont les objets, l’ambiance qui correspond à votre vision du Sacré. Ajoutez les éléments que vous souhaitez pour la décoration, pensez à explorer chaque sens  afin de rendre le lieu plus réel (douceur des étoffes, fraîcheur de l’eau de source, chaleur de bougie, parfum des plantes alliées, couleurs d’une aurore éternelle…). Ajoutez des seuils, des accès pour vous faciliter l’exploration de votre psyché et des multimondes (portes sur le passé, le futur, les différents univers (vous pouvez vous baser sur votre roue de médecine – voir l’article consacré à ce sujet – ou un lieu de pouvoir de votre connaissance dont les portes sont distinctes). 

Pensez à mettre des protections (symboles par exemple) qui vous fassent vous sentir totalement en sécurité et à votre aise. Concrétisez : vous pouvez visualiser à 360 degrés, dessiner, peindre, poser chaque élément que vous souhaitez présent par écrit (dans votre grimoire par exemple ou sur un parchemin codé dans votre alphabet personnel d’affinité – voir article sur les symboles du précédent numéro – puis camouflé dans un lieu connu de vous seul-e). Posez une intention claire et précise mais sentez-vous libre d’y effectuer des modifications quand bon vous semblera.

 

UTILISATION DU SANCTUM

Nombreuses sont les utilisations possibles. La limite ne s’arrête probablement qu’à votre imagination. Voici quelques exemples : 

• Se recentrer facilement et rapidement quel que soit le lieu où vous vous trouvez.

• Accéder plus aisément à des énergies (notamment sacrées), se recharger, se régénérer.

• Retrouver rapidement et exploiter plus profondément sa médecine.

• Explorer les mondes subtils, notamment par la visualisation.

• Explorer sa psyché, les connexions avec son passé plus ou moins lointain, son futur, son moi supérieur, l’enfant et le couple intérieur, l’ombre chamanique…

 

EXEMPLE DE SANCTUM

04-Intérieur de la caverne © Tristan MillerPour les personnes qui auraient un peu de mal à se faire une image de cette pratique, voici un exemple personnel. Mon tout premier sanctum se trouvait dans une caverne avec une ouverture sur une roue de médecine, délimitée par des pierres gravées de runes. J’y avais visualisé quatre puits emplis de ce que j’estimais l’énergie de chaque élément principal pour m’aider à me connecter à chacun. Au-delà de la roue s’étendait une forêt dans laquelle il m’arrivait de partir pour trouver la réponse à certaines de mes questions ou faire des voyages de type chamanique.

Dans la caverne, parmi d’autres éléments, j’avais créé un coffre dans lequel je mettais des objets de pouvoir dont je souhaitais pouvoir évoquer l’énergie rapidement et facilement. Enfin, j’avais créé un accès au sommet, une colline verdoyante où je pouvais retrouver mes alliés, ainsi qu’un autre vers les profondeurs de la terre et le monde du dessous (partie que j’ai peu explorée alors). 

Pour conclure,

Rappelez-vous que le sanctum ne peut qu’être personnel. Si vous hésitez, commencez par quelque chose de simple que vous pourrez élaborer au fil du temps. L’important est qu’il soit à votre image, que vous vous y sentez bien et en connexion avec le sacré (quelle qu’en soit votre vision).

Source : Magazine « les Païens d’aujourd’hui »

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