Croire, est-ce si facile

Posté par othoharmonie le 16 avril 2015

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tumblr_lsw7z4xXos1qjim1vDepuis Feuerbach, Nietzsche et Freud, l’opinion s’était rapidement répandue, dans la pensée occidentale : Dieu était mort. Et l’on s’était habitué à cette mort. Dans une telle situation, pour peu que l’on suive de près ou de loin une telle proposition, il semblait de plus en plus difficile de croire. La civilisation contemporaine pousse d’ailleurs les individus sur les voies d’un matérialisme pratique et athée, sans souci de Dieu, matérialisme caractérisé particulièrement par le souci du confort, par une vague d’érotisme et de sensualité, par une mentalité critique, voire sceptique à l’égard de tout ce qui ne peut pas être expliqué par les seules voies de l’intelligence humaine.

Et, il n’en demeure pas moins vrai, malgré le retour du divin sous toutes ses formes, que croire n’est jamais si facile. Il faut d’ailleurs dire que la foi n’a jamais été facile, pas même pour ceux qui ont pu bénéficier d’expériences spirituelles d’une présence de Dieu au coeur de leur existence concrète, pas davantage pour ceux qui, au moyen de raisonnements philosophiques abstraits, ont essayé de prouver son existence. Il faut du courage pour croire, il faut du courage pour risquer son existence sur ce que, depuis pascal, il est convenu d’appeler un « pari ». Il faut du courage à un homme, quel qu’il soit, pour accueillir une Parole qui ne vient pas de lui-même, ni d’un homme semblable à lui, pour recevoir une réalité qui dépasse infiniment la mesure de son propre esprit. Car, croire, ce n’est pas savoir des choses sur Dieu ou sur ses envoyés, ce n’est pas connaître son message, ni admettre les dogmes des sociétés religieuses. Croire ne relève pas d’une expérience intellectuelle. C’est simplement accueillir le don que Dieu fait de lui-même et accepter de la laisser agir à travers la vie humaine.

Ainsi qu’il a été souligné précédemment, l’athéisme se répand de plus en plus dans la pensée occidentale, dans toutes les couches de la société. Autrefois réservé à une élite intellectuelle qui faisait fi de toute démarche religieuse, il devient maintenant partagé dans tous les milieux. L’idée de Dieu est exclue par la répression des formes extérieures de la religion dans les pays sous obédience communiste, selon une fidélité aux pères du mouvement : Marx, Engels, Lénine. Et une atmosphère athée se développe dans les pays occidentaux : il n’y a certes pas un refus systématique de l’idée de Dieu. On ne le combat pas directement, pas plus d’ailleurs que l’on ne combat les croyants et les formes extérieures de la religion ; on laisse simplement la foi en dehors de tout circuit, en dehors du champ de la pensée et de la vie.

On pourrait caractériser la place de Dieu dans le monde contemporain par la marque de l’absence. Autrefois, il n’était pas davantage perceptible immédiatement, mais les hommes ressentaient, au plus profond des réalités concrètes, une sorte de présence divine. La religion était une forme de la culture, une institution sociale, caractérisée par l’existence d’une communauté d’individus unis par l’accomplissement de certains rites réguliers et par l’adoption de certaines formules, par la croyance en une valeur absolue avec laquelle rien ne pouvait être mis en balance.

La communauté avait pour tâche essentielle de maintenir cette croyance en mettant l’homme sous là domination d’une puissance spirituelle qui lui était supérieure ; cette puissance était considérée soit comme diffuse, soit comme multiple, soit enfin comme unique. Somme toute, la religion était un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c’est-à-dire séparées du profane, croyances et pratiques qui unissaient en une même communauté morale tous ceux qui y adhéraient. Même si certains esprits plus intellectuels percevaient déjà que ces conduites étaient magiques, la plupart des hommes se souciaient de la présence divine. A l’heure actuelle, le souci des hommes se trouve presque uniquement cantonné dans les réalités immédiatement perceptibles : Dieu et la religion sont situés en dehors de tout ce qui peut relever de l’intérêt immédiat. L’athéisme est devenu pragmatique, et sous ce régime il est évidemment bien difficile d’exprimer la foi. Le courage de la foi, c’est le courage du croyant qui accepte de se soumettre, non pas comme un esclave, mais comme un homme libre face à Celui qui lui permet de devenir chaque jour un peu plus homme. Mais ce courage est en quelque sorte contrebalancé, dans la pensée moderne et contemporaine, par la crainte que l’homme éprouve face à la mort et par son angoisse vis-à-vis de l’au-delà.

Une certaine forme de la pensée présente volontiers l’homme religieux comme un être effrayé devant l’invisible, apeuré devant la nécessité de la mort et essayant de contrecarrer son angoisse, son insécurité au cours de l’existence présente – dont le terme irrémédiable est la mort – par un réconfort ultime placé dans ce que Nietzsche appelait un « arrière-monde ».

Le courage du croyant, à l’heure actuelle, c’est un renoncement à tout ce qui pourrait être considéré, d’une manière ou d’une autre, comme un refuge dans un ciel paradisiaque, pour travailler à l’établissement d’un monde où règne plus de justice et de solidarité entre les hommes, non seulement entre les partisans d’une foi identique, mais encore entre tous les hommes. Courage de vivre ce qui est pensé, à savoir le fait que la relation subjective de l’homme avec son Dieu ne peut trouver son efficacité que par une médiation objective, en l’occurrence une relation avec les autres hommes, dans un travail effectué pour l’avenir de ce monde présent.

Dire sa foi aujourd’hui, pour le croyant quel qu’il soit, c’est se mettre au travail pour faire advenir, dès le monde présent, la justice et la solidarité entre tous les hommes. Ainsi, la foi n’est plus une idéologie sans fondement : croire, c’est fonder son existence dans le monde sur une action positive commandée par le souci du bien de l’homme.

Extrait Source : http://ilmsil.free.fr/branche6/les_grandes_religions

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