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Notre divinité oubliée

Posté par othoharmonie le 30 mai 2015

 

 
IncarnationJadis, l’homme connaissait son héritage et son lignage. Jadis, l’homme connaissait Dieu non pas comme une essence distincte de son être mais comme la qualité d’Être sublime de la vie et de la pensée perpétuelles qui était la force de vie même de son soi divin et éternel. Jadis l’homme connaissait cela. Il érigea de gigantesques pyramides afin qu’à travers les âges elles témoignent à l’humanité du feu intérieur, du Dieu den l’homme. Malgré tous les avatars de votre histoire, ces pyramides demeurent debout comme symboles de la grandeur et de la divinité de l’homme.
 
Dans les débuts de l’homme sur ce plan – alors qu’il se rappelait encore être Dieu il vivait dans la même enveloppe durant des milliers d’années car la puissance qui donnait au corps l’immortalité était la pureté de la pensée illimitée que l’homme exprimait dans son état d’être.
 
L’homme, le Dieu-homme, commença à oublier qu’il était Dieu dès sa première expérience de vie sur ce plan. Pour quelle raison ? Parce qu’il aima ce merveilleux terrain de jeu de matière ; y faire des expériences et créer devinrent ce qui lui importait le plus. Et dans les efforts qu’il fit pour exprimer sa créativité ici – et pour préserver le véhicule qui lui en donnait la possibilité l’homme, cette magnifique créature dotée de mécanismes de pensée illimités commença à faire l’expérience des pensées limitées de la survie, de la jalousie, de la possessivité.
 
L’être de l’homme – son âme et son Esprit dure à jamais. Rien ne pourra jamais changer cela. Mais l’enveloppe que les Dieux créèrent pour eux-mêmes depuis la glaise de la terre est vulnérable aux pensées de l’être immortel qui l’occupe. Toute pensée que l’homme accepte et se permet de ressentir se manifeste immanquablement dans le corps, car l’enveloppe est la dernière partie du royaume de l’homme et se maintient grâce aux mécanismes de pensée du Dieu qui l’habite.
 
Lorsque le Dieu-homme se mit à faire l’expérience d’attitudes dictées par la survie, son pouvoir de pensée lui permettant de faire jaillir une force vitale éternelle au sein du corps se mit à diminuer. Le corps commença donc à défaillir. Alors que le corps commença à défaillir, la faculté de l’homme de raisonner avec son cerveau diminua. Perdant son pouvoir de raisonner, la peur s’empara graduellement de sa conscience. L’élément de peur devenant une attitude au sein des mécanismes de pensée de l’homme, l’enveloppe commença à souffrir de la force et des effets de la peur, et survinrent les maladies et la mort.
Bien que l’homme des premières civilisations de votre plan fût doué de grande intelligence, l’aspect illimité des ses mécanismes de pensée commença à s’amenuiser et à devenir limité du fait de son attente de la mort et de ses attitudes de survie. Ces attitude se survie, issues de la peur de la mort, seraient transmises aux générations futures comme ce qu’on appelle les instincts de survie, cat tout ce que l’homme pense s’inscrit au sein de ses structures cellulaires et génétiques…
 
« … Alors que les Dieux revinrent ici en tant qu’homme, encore et encore – afin d’y poursuivre leurs aventures dans la vie, leur concept de la vie se borna graduellement à ce plan et ils oublièrent leur ascendance et leur divinité…
 
« … Lorsque les Dieux, en tant qu’homme, eurent oublié leur divinité et leur immortalité, qu’ils eurent oublié qu’ils possédaient en eux la toute puissance et l’omniscience, ils commencèrent d’être vulnérables aux egos de leur entourage. Des entités en tardèrent pas à apparaître qui cherchèrent à s’élever au-dessus des autres en disant qu’eux seuls, par leurs pouvoir surnaturels et la source immense de leur connaissance, avaient la compréhension de Dieu. Et comme l’homme était devenu une créature craintive et grégaire, ces voyants et ces prophètes et ces oracles cherchèrent à augmenter leur pouvoir en prononçant des prophéties de ruine et de péril. Et si les gens écoutaient d’une oreille distraite, ils lançaient des imprécation set les menaçaient de damnation.
 
Ainsi la religion naquit sur ce plan, qui sépara un plus l’homme de sa beauté intérieure et son éternelle divinité. Et la religion fut très habile, car ils ne recoururent pas aux armes pour gouverner et diriger les peuples. Il leur suffisait de perpétuer l’enseignement selon lequel Dieu se trouvait hors de portée de l’homme, selon lequel l’homme ne possédait en lui ni l’omniscience ni la toute puissance.
 
Maintenant, l’homme est une mémoire éternelle. Elle se souvient de toutes les expériences de chaque vie. Si on répète à l’homme une chose asses souvent – aussi fausse que puisse être cette compréhension celle-ci deviendra éventuellement pour lui une réalité ancrée, car l’homme, qui, dans son désir désespéré d’être accepté, recherche timidement la vérité, prêtera l’oreille à n’importe quel propos déraisonnable. En conséquence, si vous dites inlassablement à l’homme que Dieu est en-dehors de lu et qu’il est misérable et mauvais dans son âme, le jour viendra où ces pensées deviendront des compréhensions établies dans la mémoire de l’âme de l’homme, et il lui sera très difficile de les changer. Et c’est ce qui s’est produit durant des milliers d’années sur ce plan…
 
« …Lorsque l’homme cessa d’accepter sa propre faculté de connaissance intime comme essence de vérité, il renonça à sa souveraineté et à son pouvoir, et fut éventuellement partie d’une masse collective, ce qui, au cours des âges, permit aux religions et aux gouvernements de gouverner les gens comme s’ils étaient une seule entité. Or ils ne le sont pas. Chacun est unique et a une destinée unique à accomplir ainsi que des aventures uniques à vivre. L’homme a droit à ses aventures.
 
« … L’incarnation n’a pas été conçue pour être un piège. Elle a été conçue simplement comme un jeu auquel il faille participer, comme une nouvelle aventure dans l’exploration de la créativité de la vie. Mais vous vous êtes rapidement perdus dans votre expérience sensorielle et votre corps devint votre unique identité. Vous vous êtes immergés si profondément dans la matière de ce plan que vous êtes devenus hommes, homme de l’insécurité, homme de la peur, homme de la vulnérabilité, élément mortel, car vous avez oublié le pouvoir de l’essence qui existe en vous. Tant et si bien que vous avez appris la mort et oublié la vie. Vous avez appris la tristesse et oublié la joie. Vous avez appris l’homme mais oublié Dieu, votre intelligence sublime vous permettant de créer des illusions de votre choix….
 
« …A ce jour, la plupart d’entre vous ne savent toujours pas que Dieu est vous, que vous possédez en vous le pouvoir de connaître et d’être toutes choses. C’est pourquoi vous permettez à des professeurs et à des religions et à tous les autres de diriger votre vie et d’interpréter pour vous la vérité. Vous laissez la compréhension des autres compliquer et obscurcir la simple vérité qui est proclamée depuis des siècles dans votre temps, à savoir que le Père et le royaume des cieux sont en vérité en vous. Pourrait-il y avoir vérité plus belle ? Mais beaucoup d’entre vous qui ne savent toujours pas cela croient qu’il vous faut passer par les dogmes et certaines mécaniques, pour ainsi dire – rites, prières, chants, jeûnes, méditations pour entrer en contact avec Dieu et atteindre l’illumination. Cependant, plus vous pratiquez ces choses-là, plus vous convainquez  votre âme que vous n’êtes pas ce que vous tentez de devenir, que vous êtes éloignés de l’amour de Dieu et de la compréhension que vous cherchez à obtenir, car vous devez peiner afin d’y arriver…
 
« … Je suis revenu ici simplement pour vous dire qu’il existe une voie meilleure et aussi pour vous dire que vous êtes déjà Dieu, et que vous n’avez jamais failli, et que vous n’avez jamais rien fait de mal, et que vous n’êtes pas des créatures misérables et mauvaises, et que vous n’êtes pas des pêcheurs, et que cette merveilleuse invention appelée le diable n’existe pas. Lorsque vous prendrez conscience de ces réalités, vous pourrez commencer à vous occuper d’être heureux, ce qui est être comme Dieu. Le Père n’est pas une créature colérique, lugubre, méditative, pieuse. Il est l’essence, qui est complète, et joie infinie.
 
Je vous le dis, Dieu est en vous. Il l’a été durant toutes vos vies. Vous êtes d’ores et déjà Dieu, car Dieu est l’intelligence créatrice qui réside dans les profondeurs de votre être, l’essence qui vous a aimés jusqu’à vous permettre de faire l’expérience de la limitation et vous permettra de redevenir illimité de par son amour.
 
La limitation a été une aventure. Elle a été une expérience et la grande majorité des entités sur ce plan en font encore l’expérience manifeste. Vous avez malheureusement oublié qu’il existe quelque chose de mieux, et vous avez fait de la limitation votre mode de vie. Si vous pouviez seulement savoir que, grâce à un mode de pensée illimité, vous pouvez transcender l’enveloppe et tous les univers et tous les plans, vous ne  choisiriez plus jamais d’être limité. Si seulement vous le saviez et vous autorisiez à accueillir et embrasser toutes pensées, vous auriez la joie et la paix dans votre vie plus abondamment que dans vos plus sublimes rêves…
 
« … Lorsque vous saurez que vous êtes Dieu, ce sentiment de certitude en vous créera les expériences et la compréhension qui vous feront comprendre la véracité de cette connaissance en vous. Personne ne peut vous donner cette connaissance. Vous seuls pouvez obtenir cette compréhension, au moyen de vous propres mécanismes de pensée et de votre être émotionnel.
 
Lorsque vous connaissez que Dieu et vous êtes un, les attitudes de séparation disparaissent de vos mécanismes de pensée et vous êtes réunis avec la divinité. Lorsque vous comprenez que l’intelligence du Père, toute sagesse et omniscience, est la totalité de la pensée – le fondement de toutes les choses qui sont et que vous vous permettez d’être toutes pensées, alors vous êtes tout ce que Dieu est, toutes choses. Alors vous recouvrez votre liberté, votre grandeur, et votre gloire. Alors vous n’aurez plus à revenir à ce ciel encore et encore mais vous pourrez vous rendre en d’autres cieux plus grands où vous attendent des aventures plus grandioses….
 
«  Le temps est venu pour l’émergence d’une nouvelle compréhension, qui, à vrai dire, n’est pas neuve du tout. Dans les profondeurs de votre âme, vous saurez qu’elle est la vérité car la vérité vous permettra de voir par-delà la stagnation des croyances dogmatiques, vous menant dans le paradis de la pensée et de la compréhension qui a toujours été là. Tandis que la corde autour de votre cou se dénouera et que les sentiments de joie commenceront à faire surface et devenir saillants en votre âme, vous commencerez à être ce Dieu magnifique que vous êtres, en état d’être.
 
L’Âge actuel, l’Âge de la Chair est à sa fin. Le nouvel âge est déjà à l’horizon, et il a pour nom l’Âge de la Lumière, l’Âge du Pur Esprit, l’Âge de Dieu. C’est l’âge durant lequel l’homme sait que tous sont égaux et que le royaume des cieux a de tout temps été en lui. L’Âge de la Lumière verra l’homme faire retour à la pensée illimitée, au sublime royaume de l’amour, de la joie et de la liberté dans l’être. Ceux qui seront le nouveau royaume ne seront ni des seigneurs de la guerre ni des tyrans au milieu des hommes, mais des hérauts de la paix qui s’élèveront au-dessus de la stagnation de la limitation pour dire : « Je suis Dieu et tous ceux que je vois, je les aime, car je suis tout ce que je vois et j’aime ce je suis. » Ceux qui parviendront à cette compréhension élèveront chacun la conscience dans sa totalité grâce à leur lumière solitaire. Et un à un vous ferez retour à un état illimité, enrichis par les perles de la sagesse, ce qui vous permettra de créer avec plus de sagesse dans l’éternité de l’amour…. 

 » Aimez-vous vous-même, maître, complètement. Aimez la vie, toute la vie. Si vous faites cela, vous recouvrirez votre union, je peux vous l’assurer ; grâce à une attitude et en un instant seulement. Cela n’est pas plus compliqué que cela. Simplement, sachez….»

Ramtha – Le Livre Blanc, aux éditions AdA (extraits des p187 à202-Chap 15)

 

Publié dans DIEU, Etat d'être | Pas de Commentaire »

RITUEL de célébration / A la lueur de la CHANDELLE

Posté par othoharmonie le 30 mai 2015

 

ba9c17abLa bougie est allumée dans sa coupe décorative, nichée au creux de la mousse et des aiguilles de pin à même le couvert de la forêt. Assis quelques minutes, nous regardons la flamme prendre et grandir, sa danse reflétée dans le petit bol d’eau à ses côtés. Nous respirons profondément dans le silence du bois. Nos sens s’inclinent afin de toucher le sol spongieux et la roche dure qu’il recouvre; notre souffle s’ouvre au ciel qui nous surplombe, la pâle lumière du soleil d’un début de printemps coule à travers les arbres encore nus. Soudain, à l’ouest, voici un battement d’ailes.

Un pivert fond à travers notre espace sacré et se joint nous, en sautillant jusqu’à la souche pourrissante, juste à quelques pas de notre méditation silencieuse. Comme un seul homme, nous retenons notre souffle, ne pouvant pourtant pas masquer un sourire qui s’élargit. Le petit prêtre de la montagne coiffé de rouge est arrivé. Il bat son homélie d’un rythme syncopé et le tambour évidé de l’arbre mort lui répond. Sans un seul mot, notre rite a commencé. L’auteure Anne Lamott affirme qu’il y a trois prières essentielles :  À l’aide !, Merci, et Ouah ! Les théoriciens du rituel, de Durkheim à Turner en passant par Rappaport et Bell ont suggéré toutes sortes de manières de classifier l’activité rituelle.

Une approche commune distingue les rituels instrumentaux des rituels expressifs – en un mot, d’un côté les rituels dont le but est d’accomplir quelque chose, et de l’autre les rituels destinés à communiquer quelque chose. Durkheim a proposé une autre classification binaire : les rituels négatifs (qui séparent le règne humain du surnaturel par le biais de tabous et de restrictions du même ordre), des rituels positifs (qui mettent les êtres humains en contact ou en communion avec le sacré). D’autres théoriciens ont recherché des manières plus détaillées et plus complexes pour catégoriser l’activité rituelle. Bell a proposé six types de bases : les rites de passage; les rites calendaires et commémoratifs; les rites d’échange et de communion; les rites d’affliction; les rites de fête, de jeûne et de festivals, enfin, les rites politiques. Nous pouvons encore affiner ces classifications si nous le désirons. Par exemple, les rites de passage incluent les rites de naissance, de don de nom, les rites de passage à l’âge adulte, les cérémonies de mariage et les rites funéraires, entre autres.

Chacun de ces rites de passage, où une personne passe d’un stade à l’autre de cycle de vie, est la reconnaissance d’une tension entre le biologique et le social, le naturel et le culturel. Lincoln a vu ces tensions exprimées dans un motif de transformations (clôture, métamorphose et émergence), alors que van Gennep y a vu une sorte de parcours (séparation, liminarité, et réincorporation). Chacun de ces aspects peut être perçu comme l’une des dix sept étapes du parcours du héros comme l’a défini Campbell, et reflété dans de nombreux récits mythologiques à travers le monde; en fait, chacune des étapes de Campbell peut être mise en scène comme un rituel, personnel comme social. La liste des nombreuses manières dont les savants ont catégorisé et organisé la multitude désordonnée des formes et des activités rituelles dans la société humaine est presque sans fin. Mais malgré toute sa complexité, je pense que ce sont les trois lois de Lamott, simples et essentielles, que je préfère : À l’aide !, Merci, et Ouah ! Et de ces trois lois, Ouah ! est ma préférée.

Le rituel en tant que célébration Ma spiritualité est davantage tournée vers la célébration que vers l’expiation. Peut-être parce que je ne suis jamais très efficace quand il s’agit de demander de l’aide, même quand j’en ai besoin. Un jour, à l’université, une sandale usée et un bout de tapis mal tissé m’ont envoyé rouler le long d’un escalier – pendant ma chute, alors que mes os se brisaient et que ma peau se déchirait, et que le temps ralentissait jusqu’à durer une éternité, je n’eus pas la présence d’esprit de hurler. Je n’avais qu’une pensée en tête : Alors c’est ça, tomber dans un escalier… Ouah !*

Le monde est un endroit incroyable, même dans son désastre et son indifférence. Mais plus encore quand nous réalisons que cette indifférence apparente est un voile qui peut à certains moments s’écarter pour révéler une réalité intimement interconnectée. Ce battement d’ailes venu de l’ouest nous rappelle que chaque chose participe aux mélodies tortueuses et entremêlées de l’existence, une écologie du sacré.

Voilà le but premier du rituel dans ma vie. Je ne recule pas devant les mots « adoration » ou « dévotion » pour décrire ce que je fais, car je pense que le monde et sa somme d’êtres – les dieux, les chers disparus, les esprits de la terre, et les autres personnes, humains comme non-humains – sont profondément dignes d’amour et de respect. Lors d’un rituel, je prends un moment pour affirmer cet amour par le biais de l’attention et du mouvement, de la poésie dans le domaine des actes, afin de prendre pleinement part au monde autour de moi et à ceux qui le partagent avec moi. | Pour moi, le rituel est une sorte | de don de soi créatif. Récemment, je faisais des recherches sur l’idée de cultus, mot que l’on utilise souvent pour parler d’une forme spécifique de dévotion ou d’adoration tournée vers une déité (ou, dans le catholicisme romain, un saint – comme, par exemple, dans « le cultus de Sainte Anne »). Le mot cultus vient du latin, généralement utilisé pour traduire simplement l’adoration ou la révérence, mais il peut aussi évoquer l’idée de prendre soin et de nourrir. Il est lié à des mots tels que « culturel » et « cultiver ».

Cultus est le participe passé du verbe colere, signifiant « travailler la terre », mais aussi « habiter » et « se déplacer ». en remontant encore plus loin, ce verbe latin vient de la racine indo-européenne *kwell- – « rouler, déplacer, retourner » – qui a engendré une somme impressionnante de mots associés, tels que colonie, collier, cycle, poteau, polir, et même chakra, ainsi que que les mots signifiant roue en vieil anglais, en vieux norrois et en vieux russe. Ramener à la vie cette riche histoire linguistique me fait penser à ce vieux proverbe gallois : « Ce n’est pas en le retournant dans sa tête qu’un homme laboure son champ ». Le rituel n’est pas simplement une attitude ou une intention, tout comme l’amour n’est pas seulement un sentiment. Dans son acception la plus simpliste, le rituel est quelque chose que l’on fait. Un homme ne peut labourer un champ rien qu’en y pensant, il doit aller sur place et se mettre au travail. Toutefois, s’il est pleinement à son labeur et agit avec conscience et une attention pleine d’amour – en un mot, s’il s’y donne de tout son être – alors au moment où il retourne le sol riche sous sa charrue, il le retourne aussi dans son esprit et dans son cœur. Labourer la terre revient à labourer son âme. C’est là l’un des aspects essentiels du rituel de célé- bration. Quand nous allumons une bougie dans notre espace rituel, nous éveillons une flamme au fond de nous-mêmes. Quand nous répandons de l’eau, que nous faisons brûler de l’encens comme offrande, nous nous offrons aussi, pour couler dans la terre ou nous élever en douces volutes de fumée vers le ciel. L’imagination ne suffit pas – le travail exige que nous nous engagions non seulement avec notre esprit et notre cœur, mais aussi avec notre corps.

C’est là la signification originelle de la célébration : un rassemblement, un moment pour être ensemble. Nous en sommes venus à imaginer la célébration comme une occasion de bonheur et de joie, parce que ce sentiment de plénitude que nous trouvons en compagnie de nous-mêmes et des autres nous nourrit et nous rend profondément joyeux. Mais la spiritualité de cé- lébration signifie aussi être pleinement présent dans les moments de chagrin et de souffrance, nous donner totalement aussi bien dans le labeur et la discipline que dans le plaisir et le la joie. La spiritualité de célébration se résume à notre volonté d’être pleinement présents face au monde et à ses dieux. Mais il y a une autre raison pour laquelle il est si important de faire d’un rituel une activité qui engage le corps. Le rituel nous porte au-delà de nous-mêmes et nous met puissamment en phase avec le monde qui nous entoure. Ou plutôt, il nous rappelle que nous sommes toujours en phase avec ce monde et que nous y participons; il restaure en nous la conscience de cette interconnexion. Lorsque nous abordons le rituel avec des intentions pleines d’amour, nous rendant totalement présents et disponibles pour nos dieux et l’univers plus vaste, nous nous ouvrons au possible. Le rituel de célébration est une invitation. L’esprit jaillit de nulle part avec des ailes bruyantes (ou, parfois, cela ne se produit pas et nous nous retrouvons plongés dans le silence inconnu du mystère). Ceci n’est pas qu’une métaphore.

14Quiconque pratique depuis longtemps le polythéisme naturel ou quelque forme que ce soit de spiritualité centrée sur la terre sait ce qu’il en est quand un rituel parfaitement planifié est interrompu par une pluie torrentielle, ou quand le feu sur l’autel s’emballe ou s’éteint du fait d’une rafale de vent. Mais celui-là connaît aussi l’émerveillement de ces moments où les nuages s’écartent soudain pour révéler un coin de ciel clair, ou quand un animal sauvage surgit en plein milieu de l’espace sacré pour honorer la communauté de sa présence.

Dans ces moments, nous murmurons : Ouah ! – une prière frappée d’admiration. Quand nous sommes complètement investis dans un rituel, ces moments inattendus nous modèlent. Je crois que ce n’est pas un hasard si cultus, l’adoration, est le participe passé du verbe colère, cultiver. Non seulement nous nourrissons nos relations sacrées par le biais du rituel, mais ces relations nous nourrissent aussi. Lors d’un rituel, nous sommes en mouvement et sommes mis en mouvement. Nous retournons la terre afin de préparer l’âme à être ensemencée, et nous-mêmes sommes retournés et transformés. Nous connectons, et sommes connectés. Nous ouvrons, et sommes ouverts. Nous sommes présents de tout notre être, afin que notre être tout entier soit mis en leur présence.

Retrouvez les articles de Alison Leigh Lilly en anglais sur son site : http://alisonleighlilly.com

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