Une musique étrange

Posté par othoharmonie le 4 juillet 2015

 

musiqueEn 1845, Mr Herwig, un musicien allemand d’une grande valeur, domicilié depuis longtemps à Boston, a été frappé de mort subite dans cette ville. J’étais alors une toute jeune fille, je ne le connaissais que par sa réputation, ayant assisté plusieurs fois à ses concerts publics de violon, qui soulevaient en moi une grande admiration pour l’artiste. Ma seule relation personnelle avec lui consistait en ceci, qu’au cours de l’hiver précédent, époque de sa mort, je le rencontrais presque chaque jour dans la rue, en allant à mon école. C’était un pur hasard, mais ces rencontres devinrent si fréquentes, qu’il finit par les remarquer. Il commença par me sourire quand je passais. Ensuite, il me salua respectueusement, j’en faisais autant.

Durant l’automne, il mourut soudain. Ses obsèques eurent lieu le 4 novembre 1845, dans l’église de Trinity, alors rue Summer. Ce fut une cérémonie solennelle et émouvante à laquelle assistèrent tous les musiciens de Boston, en même temps, qu’un grand nombre d’autres citoyens éminents. En effet, on déplorait universellement sa mort. J’y assistai avec ma soeur et, vers le milieu de la cérémonie, j’ai été saisie d’un pressentiment inexprimable et inexplicable qu’il pourrait en ce moment et dans ce milieu se relever du cercueil et apparaître au milieu de nous, comme s’il était vivant. Sans me rendre compte de ce que je faisais, j’ai pris la main de ma soeur en disant presque à haute voix: « Oh! il doit ressusciter à une nouvelle vie! » Ma soeur me regarda avec étonnement et me murmura: « Mais tais-toi donc! »

Durant la soirée du même jour, je me trouvais dans la salle à manger avec ma mère, mes deux soeurs et un ami cubain. On causait des obsèques auxquelles nous venions d’assister, et ma soeur raconta l’incident singulier de mon exclamation, en répétant mes paroles. Tout à coup, voilà que retentit dans la pièce un flot de musique merveilleuse, telle que personne parmi nous n’en avait jamais entendue. Je vis les visages des assistants prendre une attitude de stupeur, presque mêlée à de la peur. J’étais moi-même saisie par une sorte d’effroi de l’invisible, mais je continuais d’une façon incohérente les propos que j’avais commencés. Alors, pour la deuxième fois, s’éleva un flot d’accords musicaux sonores et merveilleux, qui s’affaiblirent et disparurent, peu à peu. Ma soeur et moi nous nous précipitâmes à la fenêtre pour nous assurer si quelque musique ne passait pas dans la rue, mais celle-ci était déserte. On n’entendait pas un bruit, hormis le bruissement d’une petite pluie. Alors, j’ai monté les escaliers, je suis entrée dans le petit salon qui se trouvait au dessous de la salle à manger. Il y avait là, assise, en train de lire, une dame, notre hôte, appartenant  à la secte des Quakers. Un piano se trouvait dans la pièce et, quoique l’instrument fût fermé, j’ai demandé: « Quelqu’un a peut-être joué du piano ? » – « Non, répondit-elle, mais j’ai entendu tout à l’heure une musique étrange. Qu’est-ce que c’était donc? « .

Or il faut vous dire qu’aucune de nous n’a jamais été superstitieuse. Au contraire, nous avons toutes été élevées à nous moquer des histoires de revenants. Aussi personne parmi nous ne songea à considérer l’événement comme transcendantal. Malgré cela, nous ne pouvions pas nous empêcher de nous regarder mutuellement dans les yeux, en nous demandant l’une à l’autre: « Qu’est-ce qui s’est passé et d’où venait cette musique? »

Madame S., en bonne quakeresse, se montra aussitôt très préoccupée et agitée. Lorsque ses filles rentrèrent, elle parla avec elles de ce qui s’était passé. Toutes ensembles, elles firent le tour du voisinage, en demandant si on avait fait de la musique à cette heure de la soirée. On sut d’une façon absolue que personne n’avait joué des instruments de musique ni n’en avait joué dans la rue. D’ailleurs, la musique que nous avions perçue s’était élevée dans notre ambiance même, elle était différente de toutes les musiques que nous avions entendues. Sur ce point, nous étions tous complètement d’accord. ‘Signé: Sarah Jenkins.)

Journal of the S.P.R. par le Dr Hodgson

Francesca du Forum « La Vie Devant Soi » sur le blog http://othoharmonie.unblog.fr/

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