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L’âme devrait apprendre à ne plus dis­tinguer entre l’intérieur et l’extérieur

Posté par othoharmonie le 2 décembre 2015

 

Dans les siècles à venir, nous devrions apprendre à pénétrer consciemment dans cette dimension sainte où nulle dualité n’existe, où nous cesserons d’être séparés de notre origine et où, même, nous n’aurons plus d’origine car l’ayant alors retrouvée, nous la serons redevenus ; l’ayant réintégrée, nous en serons indissociés. Nous serons un avec ce que, depuis le début, les religions nous ont permis d’évoquer et vers quoi nous n’aurons cessé de marcher sous le rou­lis majestueux des nébuleuses. Nous n’aurons plus besoin de prières ni de sacrifices. Nous n’aurons plus besoin d’adorer. La barrière sera enlevée, qui nous sépare de l’Être pur dont nous sommes les effigies. La frontière sera franchie, que des millénaires de labeur et de souffrance nous auront aidés à atteindre. Nous serons passés de l’autre côté.

Conscience3

Peu à peu, nous passerons de l’autre côté. Peu à peu, nous nous ouvrirons à de nouveaux influx. Peu à peu, nous serons transmués. L’espérance ancienne sera récompensée. De notre mémoire, sera effacée l’horreur qu’il nous aura fallu traverser depuis le commencement des choses. L’aveugle monstruosité de la vie au cours des âges qui nous ont précédés est tombée dans l’oubli lorsque nous sommes apparus. De même la fièvre et la violence où nous sommes aujourd’hui obligés de vivre seront-elles balayées de notre conscience, lorsque, rompant les chaînes du Temps, nous envolant plus haut que l’Espace, dominant les lois ultimes de la Matière, nous pénétrerons physiquement dans l’Éternité et vivrons à l’intérieur de Dieu. 

Comment passer de l’autre côté sans mourir ? Comment, à bord de ce vaisseau qu’est notre forme physique, nous lan­cer sur l’océan de l’invisible ? Comment pénétrer intégralement dans ce qui, pour nous, est aujourd’hui le royaume de la Mort (ou celui de la Vie éternelle seule­ment accessible par les portes de la Mort) ? Comment vivre au-delà avec tout notre être, et non plus seulement par l’esprit, dans un corps que nous imaginons immaté­riel ? Comment, sans nous faire disparaître, fendre l’écorce qui nous enveloppe ?

Toutes nos recherches, depuis un siècle et davantage, convergent dans ce sens : artistes et savants se penchent fiévreusement sur ce que leur alloue leur milieu et rompent les digues les unes après les autres, détruisent les structures, brisent les formes musicales, poétiques, pictu­rales et autres, ou bien décortiquent la Matière et divisent l’atome. Et sous les doigts des uns et des autres, il semble que rien ne doive subsister. 

Et en vérité, quelque chose va disparaître — et quelque chose apparaître. Ce qui, peu à peu, va s’évanouir, c’est ce qui ne peut entrer de plain-pied dans l’au-delà, ce qui ne peut vaincre la Mort, ce qui ne peut devenir immortel. Et ce qui va, peu à peu, se manifester, c’est justement ce qui est physiquement capable d’immortalité, ce qui, en demeurant sur cette Terre matérielle, est capable de savourer l’Éternité, ce qui, corporellement, peut être à la fois nous-mêmes et l’infini cosmique. Ce qui va, peu à peu, se révéler, c’est Dieu en sa splendeur ludique et sa jeu­nesse inaltérable, Dieu s’exprimant de nous, de chacun d’entre nous, et comme s’extirpant patiemment du vête­ment obscur de notre forme qui le déguisait, de notre être qui nous le cachait et nous empêchait de voir que nous étions lui et qu’il était nous.

Folie ? Peut-être. Mais si c’était la folie que l’on attend de nous ? Si c’était à la folie de nous sortir des impasses de la raison ? Si, une fois de plus, la folie d’aujourd’hui était la sagesse de demain ?

Ni religieux, ni scientifique, ni théiste, ni athée, un nou­veau mode de pensée se prépare où vont se fondre les deux tendances actuelles de notre esprit. Jusqu’à présent, elles se sont tenues à distance, se méprisant et s’estimant tour à tour, mais refusant de s’allier : d’un côté, le monde et, de l’autre, Dieu. Même pour ceux qui devinaient que le monde est Dieu sous un visage étranger, le monde n’en était pas moins inférieur, négligeable, ou vaguement mau­dit. Quant à ceux pour qui le monde était le seul souci, Dieu, s’il existait, leur semblait ne rien avoir à faire avec ce qu’enseignaient les religions : comment parler en termes de Bien et de Mal, de compassion, de rachat, quand il s’agit d’établir que la Terre tourne ou que l’effon­drement gravitationnel d’une étoile peut aboutir à un autre univers, ou quand on veut enregistrer la mort d’un proton pour savoir si le monde se désintégrera ?

Cependant, les deux lignes se rapprochent, au point de sembler parfois n’être que le reflet l’une de l’autre. Le point sacré de leur tangente est-il illusion créée par la dis­tance dans un Espace courbe et fermé ? Ou bien l’illusion n’est-elle pas dans ce dédoublement d’une seule ligne que notre pensée ne peut saisir qu’à condition d’en séparer les deux principes — de séparer l’Esprit de la Matière, le Jour de la Nuit, la Vie de la Mort, l’Éternité de l’Espace-Temps, et Dieu de son expression sidérale ?

 

(Extrait de Alexandre Kalda: Le Dieu de Dieu. Flammarion 1989)

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