Vivre en conscience

Posté par othoharmonie le 7 août 2013

Vivre en conscience dans APPRENDS-MOI 23

Pour découvrir ce que c’est que de vivre, il nous faut avoir non seulement l’énergie, mais encore une qualité de passion soutenue, et ce n’est pas l’intelligence qui peut soutenir la passion. Pour qu’existe cette passion, il faut nous demander d’où vient le gaspillage de l’énergie. Il est aisé de voir que c’est un gaspillage d’énergie que de suivre quelqu’un – vous comprenez ? – d’avoir un leader, un gourou, parce que quand vous suivez, vous imitez, vous copiez, vous obéissez, vous établissez une autorité, et votre énergie est par conséquent diluée. Observez ceci, je vous en prie, faites le. Ne retournez pas vers vos gourous, vos sociétés, vos autorités, laissez les tomber comme des objets brûlants. Vous pouvez voir comment vous gaspillez votre énergie quand vous acceptez un compromis. Vous savez ce que c’est qu’un compromis ? Il y a compromis quand il y a comparaison. Or, depuis notre enfance, nous sommes entraînés à comparer ce que nous sommes avec celui qui est le meilleur de la classe ou le meilleur de l’école : ou encore nous comparer avec ce que nous étions naguère, nobles ou ignobles, nous comparer aux moments heureux par lesquels nous avons passé hier, qui sont survenus sans que nous soyons prévenus, mais subitement ce bonheur nous est arrivé, la joie de contempler un arbre, une fleur, le visage d’une belle femme, d’un enfant ou d’un homme, et nous comparons l’état d’aujourd’hui avec celui d’hier. Une telle comparaison, une telle mensuration, c’est le commencement d’un compromis. Je vous en prie, voyez ceci par vous-même. Voyez-en la vérité, voyez que, dès l’instant où vous mesurez, c’est à dire où vous comparez, vous être en train de négocier avec ce qui est. Quand vous dites qu’un tel homme est fonctionnaire, qu’il gagne tant, qu’il est à la tête de ce département ci ou de celui-là, vous comparez, vous jugez, vous situez certaines personnes comme étant importantes, oubliant leurs qualités humaines, mais les jugeant selon des diplômes, leur qualité, leur valeur économique, leur job et toutes les lettres de l’alphabet qui figue après leur nom. Et ainsi vous comparez, vous vous comparez à un autre, que l’autre soit un saint, un héros, un dieu, une idée ou une idéologie – vous comparez, vous mesurez – et tout ceci donne naissance à des compromis qui ne sont rien d’autre qu’un immense gaspillage d’énergie. Il ne s’agit pas ici de votre vie sexuelle et de toutes les traditions qui accompagnent cette idée. Donc, quand on voit que tout ceci constitue un gaspillage d’énergie et que cette énergie est complètement perdue, quand vous vous complaisez à des activités purement intellectuelles, des théories, vous demandant s’il existe ou non une âme, tout cela c’est du temps perdu, de l’énergie gaspillée. Quand vous lisez ou que vous écoutez les sempiternelles citations d’un saint quelconque, ou d’un sanyasi, ou les commentaires qu’il a pu faire de la Gita, ou des Upanishad, mais pensez combien c’est absurde, combien c’est enfantin ! Voilà quelqu’un qui donne une explication d’un livre, lequel est lui-même mort et écrit par un poète qui est mort, pour lui attribuer une signification immense. Tout ceci montre l’infantilisme d’un tel gaspillage d’énergie.

Seul un esprit infantile se compare à ce qui est et à ce qui devrait être. Un esprit mûr ne compare pas, ne mesure pas. Je ne sais pas si jamais vous vous êtes regardé vous-même pour constater comment vous vous comparez à une autre en disant : « il est tellement beau, il est si intelligent , si habile, si éminent : moi je ne suis rien du tout et j’aimerais tellement être comme lui »

Ou bien encore : « comme elle est belle, comme elle est bien faite. Elle a un esprit vraiment intelligent, séduisant, bien supérieur au mien ». Toujours nous pensons et nous fonctionnons dans un mode de comparaison et de mesure. Et si jamais vous vous êtes examiné, peut-être que vous vous êtes dit :« maintenant plus de comparaison, plus de comparaison avec n’importe qui, même pas avec l’actrice la plus prestigieuse ». Voyez-vous, la beauté ne se trouve pas dans l’actrice, la beauté est une chose totale, qui n’est ni dans le visage, ni dans la taille, ni dans le sourire, mais là où il y a une qualité de compréhension totale, la totalité de son être ; quand c’est là ce qui apparaît, là est la beauté. Voyez la chose en vous-même, s’il vous plait, essayez, ou plutôt faites-le.

Extrait des écrits de krishnamurti

Publié dans APPRENDS-MOI, LECTURES Inspirantes, Nouvelle conscience | Pas de Commentaire »

Etre libre : qualité de l’esprit

Posté par othoharmonie le 7 août 2013

Etre libre : qualité de l'esprit dans APPRENDS-MOI images11

La liberté est la qualité de l’esprit qui est absolument nécessaire quand il s’agit de voir. Ce n’est pas liberté de quelque chose. Si vous êtes libre de quelque chose, ce n’est pas la liberté, c’est une réaction. Si vous fumez et renoncez à fumer, et vous dites alors : « je suis libre », vous n’êtes pas tellement libre, mais vous êtes libéré de cette habitude particulière. La liberté intéresse tout le mécanisme de la création des habitudes, et pour comprendre ce problème de la création des habitudes, il faut être libre d’observer, de regarder ce mécanisme.

Nous avons peut-être peur de cette liberté là aussi, et c’est pourquoi nous la reléguons dans un paradis hypothétique. C’est donc peut-être la peur qui est cause de ce que nous n’avons pas cette énergie dans la passion, énergie qui nous permettrait de découvrir pour nous-mêmes pourquoi cette qualité d’amour nous fait défaut. Nous avons bien d’autres choses : l’avidité, l’envie, la superstition, la peur, la laideur d’une vie triviale, la routine consistant à aller au bureau tous les jours pendant les 40 ou 50 années à venir, ce n’est pas dire qu’il ne faut pas aller au bureau, malheureusement on y est contraint, mais cela devient une routine et cette routine, cet éternel bureau, cet accomplissement de la même tâche jour après jour, interminablement, pendant 40 annnées, moule l’esprit, mais dans une seule direction.

Il se pourrait, et c’est probablement vrai, que chacun de nous a tellement peur de la vie parce que, faute de comprendre tout ce processus, nous ne pouvons absolument pas comprendre ce que c’est que de ne pas vivre. Vous voyez ? Ce que nous nommons vivre, l’ennui quotidien, la lutte, le conflit journalier qui se produisent en soi-même et en dehors de soi-même, les exigences cachées, les besoins dissimulés, les ambitions, les cruautés et ce fardeau énorme de souffrances conscientes et inconscientes, voilà ce que nous appelons vivre, n’est-ce-pas ? Nous pouvons chercher à fuir tout cela, à fréquenter le temple ou le cercle, ou suivre un nouveau « gourou, ou devenir un hippie, ou nous mettre à boire ou faire partie d’une société quelconque qui nous promet quelque chose, n’importe quoi, tout cela pour nous évader. C’est la peur qui constitue le principal problème de ce que nous appelons vivre, la peur de ne pas exister, d’être lié avec toute la souffrance qui s’ensuit, comment se détacher, savoir s’il existe une sécurité physique, émotive, psychologique, la peur de tout cela, la peur de l’inconnu, du lendemain, de voir votre femme vous abandonner, d’être sans croyance aucune, de se sentir isolé, solitaire et, à chaque instant, profondément désespéré en soi-même ; voilà ce que nous appelons vivre, c’est une lutte, une existence torturée, pleine de pensées stériles. Et c’est ainsi que nous vivons, parce que telle est notre existence avec de rares moments d’équilibre, de clarté, auxquels nous nous attachons avec fureur.

Extrait des écrits de krishnamurti

Publié dans APPRENDS-MOI, LECTURES Inspirantes | Pas de Commentaire »

Le rire du Sage

Posté par othoharmonie le 2 août 2013

 

 Le rire du Sage dans APPRENDS-MOI images-6Par Omraam Mikhaël Aïvanhov

« Le rire du sage est le rire de la liberté. Ce que le sage a compris l’a débarrassé des fardeaux inutiles de l’existence, pour le projeter jusqu’aux régions où brille un éternel soleil. Et cette lumière qu’il a conquise au prix de tant d’efforts, le sage n’a pas d’autre souhait que de la transmettre à ceux qui vivent auprès de lui, ou qui viennent le visiter. Mais que de temps il faut pour qu’ils puissent l’assimiler ! La seule chose que le sage peut donc communiquer immédiatement, c’est la joie qu’il puise dans cette sagesse, cette joie qui remplit son cœur, qui déborde de son cœur, et son rire est l’expression de cette joie qu’on peut aussi appeler amour. »(*)

L’attitude des sages : un modèle à atteindre

Dans son dernier ouvrage, Omraam Mikhaël Aïvanhov dévoile le vrai sens des comportements du sage ; comment ces attitudes, dont celles de la joie et du rire, sont le résultat vrai d’un travail intérieur immense. Ce travail lui donne alors le pouvoir d’exprimer pleinement sa nature divine ; le sage devient ainsi un miroir de ce vers quoi nous devons aller, un modèle à atteindre.

Les ouvrages d’Omraam Michaël Aïvanhov représentent un véritable enseignement de Vie basé sur une connaissance complète de la science initiatique, ces lois éternelles qui organisent l’univers, avec lesquelles nous vivons et évoluons sans cesse, et devons être en harmonie pour se comprendre et comprendre l’essentiel de notre existence. En nous habituant à voir tout ce que l’on vit ou ce que l’on observe d’un autre point de vue, parfois surprenant, ces livres éveillent l’être humain à l’importance d’un travail intérieur.

« Dans une maison, combien d’appareils on peut mettre en marche en les branchant sur des prises électriques … combien d’activités sont possibles grâce au courant électrique distribué par une centrale ! Il en est de même pour vous, du moment que vos récepteurs sont en état de fonctionner : grâce au courant céleste, toute une vie intérieure s’éveille et se met en marche. Mais tellement de gens ressemblent à des immeubles au moment d’une panne d’électricité ! Les ascenseurs, l’éclairage, plus rien ne fonctionne. Pourquoi ? Parce que ce fil tendu entre le Ciel et eux ne les intéressent pas. Seules comptent les réalisations visibles et tangibles … »(*)

Une lumière nouvelle sur la psychologie humaine : l’homme à la conquête de sa destinée

Par son savoir étonnant de la psychologie humaine, Omraam Mikhaël Aïvanhov nous aide à comprendre pourquoi nos attitudes et nos comportements nous empêchent souvent de comprendre le vrai sens de ce qui nous arrive. Mais, en même temps, il apporte méthodes et conseils qui donnent à chaque être humain les moyens de se prendre en charge et par-là même maîtriser sa vie et sa destinée. « Dans tout ce qui vous arrive, les peines comme les joies, il y a quelque chose à découvrir pour votre épanouissement, votre compréhension de la vie …Sans la vigilance, aucune acquisition spirituelle durable n’est possible : la vigilance dans la pensée, le sentiment et la volonté. J’ai compris qu’elle était essentielle, car elle représente ce frein qui permet de maîtriser le monde chaotique que chaque être humain porte en lui. La vigilance est comme une lampe allumée qui marche devant nous. C’est pourquoi rien n’est plus important que de travailler avec la lumière. » (*)

L’évolution de chaque être contribue à l’évolution de tous

Cet aspect de la pensée d’Omraam Mikhaël Aïvanhov reste primordial, un idéal de la fraternité universelle à laquelle tous aspirent consciemment ou non. Là, l’auteur n’est pas utopiste. Le travail intérieur individuel de chacun, cet apprentissage des lois de la morale cosmique qu’il dévoile, est la base pour aboutir à un tel idéal. Alors seulement, l’objectif d’un monde fraternel, d’un âge d’or, peut être envisagé. Il précisera toujours dans ses conférences : « Chacun doit travailler à son propre développement, à condition qu’il ne le fasse pas uniquement pour lui-même, mais pour le bien de la collectivité. A ce moment-là, la collectivité devient une fraternité. Une fraternité est une collectivité où règne une véritable cohésion, parce qu’en travaillant sur lui-même, chaque individu travaille aussi consciemment pour le bien de tous. »

« Le sage travaille pour le bien de la collectivité, il est comme un ouvrier dans le champ du seigneur … il est marqué , comme s’il était inscrit sur une liste, et chaque jour, il reçoit une courrier, on peut dire aussi « un salaire ». Ce salaire prend différentes formes : force pour l’esprit, dilatation pour l’âme, lumière pour l’intellect, chaleur pour le cœur, santé pour le corps physique. … Par vos pensées, vos sentiments, vos actes, efforcez-vous de participer à la vie divine et de répandre cette vie autour de vous : votre nom sera inscrit et vous ne serez plus privé de rien. »(*)

<La richesse des sujets développés par Omraam Mikhaël Aïvanhov dans « le rire du sage », donne à ce nouveau livre un intérêt à la portée de tous pour la vie quotidienne. La cohérence de la pensée de l’auteur, la clarté et la beauté de son langage pour exprimer la nature humaine, ses ressources et ses limites pour notre développement intérieur, et les moyens d’en faire le meilleur usage pour un mieux-vivre et un mieux-être sont des constantes dont beaucoup d’auditeurs et de lecteurs témoignent chaque jour.

(*) Textes extraits du livre « Le rire du sage ».

Le Maître Omraam Michaël Aïvanhov (1900-1986) philosophe et pédagogue français d’origine bulgare, vint en France en 1937. Sur la base de plus de 5000 conférences données en français entre 1938 et 1985, les Editions Prosveta éditent, et ce depuis 1976, une oeuvre écrite de l’auteur de près de 100 ouvrages en langue française et plusieurs dizaines traduits en 32 langues. Celui-ci n’a jamais écrit, mais a transmis son enseignement oralement. Ses ouvrages sont la retranscription de l’essentiel de ses conférences. Ces livres composent ensemble les multiples aspects d’une véritable science de la vie très actuelle prenant conscience de la dimension spirituelle de l’être humain, sa place dans notre existence, afin de pouvoir se comprendre, résoudre nos difficultés, maîtriser et ainsi transformer sa vie dans tous les domaines, par un travail complet sur nous-même.

« Le rire du sage », collection Izvor, paru au printemps 2006 aux Editions PROSVETA, prix public 8,90 euros TTC. www.prosveta.com

Publié dans APPRENDS-MOI, LECTURES Inspirantes | Pas de Commentaire »

Ouverture d’un BLOG SUR LE DIVIN avec Omraam

Posté par othoharmonie le 1 août 2013

Ouverture d'un BLOG SUR LE DIVIN avec Omraam dans APPRENDS-MOI banniere

Au travers de plus de 4500 conférences, il explore la nature humaine dans son environnement, à l’échelle individuelle, familiale, sociale, planétaire. Celui que nous appelons Maître, dans l’acception orientale du terme se référant à la maîtrise personnelle et au talent pédagogique, nous dit : « ce que je souhaite par cet enseignement, c’est vous donner des notions sur la vie, sur vous-même, comment vous êtes construits, quelles relations vous avez avec l’univers tout entier et quels échanges vous devez faire après entre vous et l’univers qui est la Vie ».

Aider l’être humain à retrouver sa dimension spirituelle (qu’il appelle sa nature supérieure ou divine), à se perfectionner, se renforcer et s’épanouir au cœur du monde où il se trouve, voilà son objectif prioritaire. Omraam Mikhaël Aïvanhov précise : « Je me suis surtout efforcé d’éclairer un sujet : les deux natures de l’être humain, sa nature supérieure et sa nature inférieure, parce que c’est la clé qui permet de résoudre tous les problèmes. 

Mais le travail intérieur, individuel, s’inscrit dans une perspective plus large et universelle : il permet d’acquérir la conscience que nous sommes citoyens du cosmos, membres de la grande famille humaine, la fraternité universelle, fils et filles d’un même créateur. Au-delà encore, l’enseignement du Maître Omraam Mikhaël Aïvanhov nous invite à participer à la réalisation d’un nouvel âge d’or sur la terre.

Par son rayonnement et son enseignement, le Maître Omraam Mikhaël Aïvanhov a ouvert à d’innombrables personnes le chemin de l’épanouissement intérieur.

Pour suivre les enseignements de Omraam Mikhaël Aïvanhov :

fleche-a-droite1 dans DIEUVoici le lien : http://herosdelaterre.blogspot.fr/ 

omraam.mikhael.aivanhov-106x150 dans LECTURES Inspirantes

Publié dans APPRENDS-MOI, DIEU, LECTURES Inspirantes | Pas de Commentaire »

UNE TORNADE DE LIBERTÉ

Posté par othoharmonie le 25 juillet 2013


Dialogue avec Francis Lucille

Après des études scientifiques à l’École Polytechnique et à l’École Nationale Supérieure de l’Aéronautique et de l’Espace,  Francis Lucille découvre en 1973 la sagesse orientale à travers les textes védantiques et bouddhistes. Cette découverte déclenche une profonde quête d’identité qui trouve sa résolution peu de temps après sa rencontre avec son maître spirituel qui a lieu en 1975. Pendant plus de quinze ans, à Bordeaux puis à San Francisco,des groupes se réunissent pour dialoguer avec lui et méditer. Ayant cessé ses activités professionnelles, il voyage désormais de par le monde, partageant son expérience avec les chercheurs de vérité qui viennent le rencontrer.

UNE TORNADE DE LIBERTÉ dans LECTURES Inspirantes printemps-300x150

Que pouvons-nous attendre de nos rencontres?

Apprendre à ne pas attendre. Ne pas attendre est un grand art. Quand vous ne vivez plus dans l’attente, vous vivez dans une nouvelle dimension. Vous êtes libre. Votre mental est libre. Votre corps est libre. Comprendre intellectuellemnt que nous ne sommes pas une entité psycho-physique tendue vers le devenir est une première étape nécessaire, mais cette compréhension n’est pas suffisante. Le fait que nous ne sommes pas le corps doit devenir une expérience réelle qui pénètre et libère nos muscles, nos organes internes et même nos cellules. Une compréhension intellectuelle qui correspond à une re-connaissance subite et fugace de notre vraie nature  nous apporte déjà un éclair de joie pure, mais, lorsque nous avons pleine connaissance que nous ne sommes pas le corps, nous sommes cette joie.

Comment puis-je percevoir sensoriellement que je ne suis pas le corps?

Nous éprouvons tous des moments de bonheur qui s’accompagnent d’une perception d’expansion et de relaxation. Avant cette perception corporelle nous nous trouvions dans une expérience intemporelle, une joie sans cause et sans mélange, dont la sensation physique n’est que le contre-coup ultérieur. Cette joie  se perçoit elle-même. A ce moment, nous n’étions pas un corps limité dans l’espace, nous n’étions pas une personne. Nous nous connaissions nous-même dans l’immédiateté de l’instant. Nous connaissons tous cette félicité sans cause. Quand nous explorons en profondeur ce que nous appelons notre corps, nous découvrons que sa substance même est cette joie. Alors nous n’avons plus le besoin, ni le goût, ni même la possibilité de chercher le bonheur dans les objets extérieurs.

Comment accomplir cette exploration en profondeur?

Ne refusez pas les sensations corporelles et les émotions qui se présentent à vous. Laissez-les s’épanouir complètement dans votre vigilance sans but, sans aucune interférence de la volonté. Progressivement, l’énergie potentielle emprisonnée dans les tensions musculaires se libère, le dynamisme de la structure psycho-somatique s’épuise, et le retour vers la stabilité fondamentale s’effectue. Cette purification de la sensation corporelle est un grand art. Elle requiert patience, détermination et courage. Elle se traduit au niveau de la sensation par une expansion graduelle du corps dans l’espace environnant et une pénétration concommitante de la structure somatique par cet espace. Cet espace n’est pas vécu comme une simple absence d’objet. Quand l’attention se libère des perceptions qui la fascinaient, elle se découvre elle-même comme cet espace auto-lumineux qui est la véritable substance corporelle. A ce moment la dualité entre le corps et cet espace s’abolit. Le corps s’est dilaté à la mesure de l’univers et contient en son sein toutes les choses tangibles et intangibles. Rien ne lui est extérieur. Nous avons tous ce corps de joie, ce corps d’éveil, ce corps d’accueil universel. Nous sommes tous complets, sans aucune pièce manquante. Explorez seulement votre royaume et prenez-en possession sciemment. Ne vivez plus dans cette hutte misérable qu’est un corps limité.

J’ai de brefs aperçus de ce royaume dans des moments de tranquillité, puis je vais au travail et me trouve dans un environnement qui n’est ni royal, ni paisible, et ma sérénité me quitte aussitôt. Comment puis-je garder mon équanimité en permanence?

Tout ce qui apparaît dans la conscience n’est rien d’autre que conscience, vos collègues de bureau, les clients, vos supérieurs, absolument tout, y compris les locaux, les meubles et le matériel. Comprenez-le d’abord intellectuellement, et vérifiez ensuite qu’il en est bien ainsi. Il vient un moment où ce sentiment d’intimité, cet espace de bienveillance autour de vous ne vous quitte plus; vous vous trouvez partout chez vous, même dans la salle d’attente bondée d’une gare. Vous ne le quittez que lorsque vous allez dans le passé ou dans le futur. Ne restez pas dans la hutte, cette immensité vous attend ici même, en cet instant même. Informé de sa présence et ayant goûté déjà une fois à l’harmonie sous-jacente des choses, laissez les perceptions du monde extérieur et vos sensations corporelles se déployer librement dans votre attention bienveillante jusqu’au moment où l’arrière plan de plénitude se révèle spontanément.

Ce renversement de perspective est analogue à celui qui permet de reconnaître soudainement une figure angélique dans l’arbre d’une de ces gravures qui faisaient la joie des enfants du début du XXème siècle. D’abord, nous ne voyons que l’arbre, puis, informé par un message au bas de l’image qu’un ange s’y cache, nous procédons à un examen minutieux du feuillage, jusqu’au moment où nous voyons enfin l’ange qui avait toujours été devant nos yeux. L’important est de savoir qu’il y a un ange, où il se cache, et d’avoir expérimenté une fois le processus au cours duquel l’arbre se désobjectivise progressivement jusqu’au moment où les lignes de la gravure qui en constituaient la substance apparaissent  en tant que telles et se recomposent pour nous livrer le secret de l’image. La voie ayant été frayée, les renversements ultérieurs de perspective sont de plus en plus aisés jusqu’au moment où nous voyons pour ainsi dire simultanément l’arbre et l’ange. De manière similaire, une fois notre nature profonde re-connue, les distinctions résiduelles entre ignorance et éveil s’estompent progressivement pour céder la place à l’ainsité fondamentale de l’être.

Je commence à me rendre compte que je suis englué dans mon corps, mes sensations et  mon impression d’être un individu séparé.

Comment cet engluement se manifeste-t-il?

Je me sens comme hypnotisé, à la fois par mes pensées d’orgueil, mes émotions, la colère surtout, et par l’agitation de mon corps.

Bien. Dès que vous prenez conscience que vous êtes hypnotisé, l’hypnose cesse.

Pourquoi cela ? Ce point n’est pas clair pour moi.

Demandez-vous qui est hypnotisé. Interrogez-vous profondément. Qui est-ce? Où est-il? Vous allez voir qu’une telle entité est introuvable. Si vous explorez votre psychée et votre corps, vous allez trouver quelques concepts auxquels vous vous identifiez tels « je suis une femme », « je suis un être humain », « je suis une avocate », etc; vous pouvez aussi trouver certaines sensations dans votre corps, certaines zones plus opaques, plus solides auxquelles vous vous identifiez également, mais quand vous y regardez de plus près, il devient évident que vous n’êtes pas cette sensation dans votre poitrine, ni cette pensée d’être une femme, car sensations et pensées vont et viennent et ce que vous êtes réellement est permanent. A ce moment précis l’hypnose cesse. Le problème est moins l’occurrence de ces pensées et sensations que votre identification avec elles. Dès que vous prenez conscience d’elles, vous vous distanciez, vous êtes libre. Dans cette liberté, vous ne vous situez nulle part. Il est important de demeurer dans cette non-localisation, car nous avons tendance à nous empresser de saisir une nouvelle identification dès que nous avons lâché prise de la précédente, tel un singe qui ne lâche pas une branche avant d’en avoir saisi une autre.

Vous allez voir combien il est merveilleux de vivre en l’air de cette manière, sans saisir, sans attaches. Au début cela semble un peu étrange, bien que votre nouvelle attitude n’empêche rien. Vous pouvez toujours remplir vos fonctions de mère ou d’avocate, sentir votre corps, etc… En fait, n’être rien, en l’air, nulle part, est très pratique. Cela simplifie beaucoup la vie. Ne vous contentez pas de comprendre, mettez en pratique votre compréhension. Essayez de n’être personne. Lâchez les branches.

N’est-il pas difficile de revenir ensuite dans son corps pour vivre le quotidien?

Vous n’avez jamais été dans votre corps, donc la question d’y revenir ne se pose pas. Votre corps est en vous, vous n’êtes pas en lui. Le corps vous apparaît comme une série de perceptions sensorielles et de concepts. C’est ainsi que vous savez que vous avez un corps, lorsque vous le sentez ou lorsque vous y pensez. Ces perceptions et ces pensées apparaissent en vous, pure attention consciente. Vous n’apparaissez pas en elles, contrairement à ce que vos parents, vos éducateurs et la quasi totalité de la société dans laquelle vous vivez vous ont enseigné, en contradiction flagrante avec votre expérience réelle. Ils vous ont enseigné que vous êtes dans votre corps en tant que conscience, que cette conscience est une fonction émergeant du cerveau, un organe de votre corps. Je suggère que vous n’accordiez pas une confiance démesurée à cette connaissance de seconde main et que vous interrogiez les données brutes de votre expérience. Vous souvenez-vous des recettes de bonheur qui vous ont été données par ces mêmes personnes quand vous étiez une enfant, faire de bonnes études, avoir une bonne profession, épouser un homme  de qualité, etc? Ces recettes ne marchent pas, sinon vous ne seriez pas ici, posant ces questions. Elles ne marchent pas parce qu’elles sont fondées sur une perspective fausse de la réalité, perspective que je vous suggère de remettre en question.

Voyez donc par vous-même si vous apparaissez dans votre corps ou dans votre mental, ou si au contraire ils apparaissent en vous. C’est un renversement de perspective analogue à la découverte de l’ange dans l’arbre. Bien que ce changement puisse paraître minime au début, c’est une révolution aux conséquences insoupçonnables et infinies. Si vous acceptez honnêtement la possibilité que l’arbre soit en fait un ange, l’ange se révèlera à vous et votre vie deviendra magique.

Pourriez vous nous parler de la pratique qui consiste à vivre intuitivement depuis le coeur?

Ne soyez personne, ne soyez rien. Ayant compris que vous n’êtes personne, vous vivez la vérité depuis l’intelligence. Lorsque la notion ou la sensation d’être une personne ne vous troublent plus, que vous pensiez ou non, perceviez ou non, agissiez ou non, vous vivez la vérité depuis la plénitude du coeur.

A ce point, je suis dans une relation juste avec moi-même et avec le monde?

Oh oui. Vous êtes dans la juste relation qui est l’inclusion. Le monde ainsi que votre corps et votre mental sont inclus dans votre soi réel. L’amour est inclusion. La compréhension est une étape intermédiaire, mais la destination finale, le centre réel, est le coeur.

Le coeur est-il l’endroit entre cette branche et la suivante, pour reprendre l’analogie du singe?

Si vous acceptez de lâcher la branche à laquelle vous vous cramponnez sans en saisir une autre, vous tombez dans le coeur. Vous devez accepter de mourir, de laisser filer tout ce que vous savez, tout ce qu’on vous a enseigné, tout ce que vous possédez, y compris votre vie, ou du moins ce que vous croyez à ce stade être votre vie. Cela demande de l’audace. C’est une sorte de suicide.

Est-ce vraiment ainsi? Par exemple, est-ce que vous vous rappelez les moments qui ont précédé votre re-connaissance?

Oui.

Etait-ce ainsi?

Oui.

Merci. Aviez-vous auparavant une idée de ce qui allait se passer?

Oui et non. Oui, parce que je sentais l’invitation. Non, parce que jusqu’alors je n’avais connu que bonheurs relatifs, vérités relatives, connaissances relatives et je n’aurais pas pu imaginer l’absolu, l’ineffable. Le soi est au delà de tout concept, de toute projection. C’est pourquoi nous ne pouvons pas nous diriger vers lui de notre propre chef et devons attendre qu’il nous sollicite. Mais quand il nous invite, nous devons dire oui joyeusement, sans hésiter. La décision nous appartient, la seule dans laquelle nous exercions un réel libre-choix.

L’une des raisons pour lesquelles je remets à plus tard et je ne me rends pas à l’invitation est ma crainte que ma vie ne soit radicalement changée.

Oh oui, elle le sera.

Ainsi que ma famille?

Votre famille aussi. Tout sera changé.

Je crains que certaines personnes  ne me quittent et soient remplacées par d’autres.

Je puis vous assurer que vous ne regretterez rien.

Est-il possible d’avoir reçu l’invitation et de l’avoir refusée?

Oui, vous êtes libre.

Serai-je invité à nouveau?

Oui. Tenez-vous prêt. Soyez disponible. Vous êtes disponible quand vous comprenez qu’il n’est rien que vous puissiez faire par vous-même pour vous rendre chez le Roi. Quand vous réalisez votre impuissance totale, vous devenez une salle vide. Dès que vous devenez une salle vide, vous êtes un sanctuaire. Alors le Roi entre, prend place sur le trône et vous gratifie de sa présence immortelle. 

Publié dans LECTURES Inspirantes | Pas de Commentaire »

Un dialogue entre deux mondes

Posté par othoharmonie le 25 juillet 2013

Les chamanes ont développé depuis des millénaires des pratiques thérapeutiques qui interpellent de plus en plus la médecine occidentale et notamment la psychiatrie. Dans un dialogue plein d’humour, un chamane et un psychiatre atypique comparent leur vision du monde et leurs techniques de soins.

Un dialogue entre deux mondes dans LECTURES Inspirantes arbres

Laurent : Avant de me présenter, je vais rebondir sur tes paroles, Olivier… Tout à l’heure, tu as parlé d’Internet et de la manière dont cet outil change notre manière de travailler, de nous informer, de communiquer, etc. J’utilise parfois Internet comme métaphore auprès des personnes qui viennent me voir pour leur expliquer le fonctionnement du chamanisme. Cela me permet d’expliquer ce que sont les autres mondes, parce que la réalité invisible dans laquelle voyagent les chamanes a beaucoup de points communs avec Internet : c’est une réalité dans laquelle sont « stockées » toutes les informations possibles et imaginables – et même au-delà –, et ce que nous faisons, ce que font les chamanes, c’est d’aller chercher ces informations. Un chamane fonctionne comme un programme de navigation sur Internet, comme Internet Explorer, si tu veux. Il peut par exemple passer d’un ordinateur à un autre, c’est-à-dire d’une personne à une autre, et naviguer dans le réseau. 

Donc un chamane voyage dans l’autre réalité et revient ensuite « chez lui », dans son corps. D’où cette métaphore informatique que j’utilise assez souvent, et cela même si c’est, comment dire ?… moderne. D’ailleurs, je pense que le développement d’Internet a commencé au même moment que le (re)développement du chamanisme en Occident. La révolution informatique, les substances psychédéliques, l’écologie et les diverses approches spirituelles qui ont pris de l’ampleur dans nos pays, tout cela nous vient directement de la deuxième moitié du xxe siècle. 

Olivier : Entièrement d’accord avec toi. Les médecins holistiques dont je parle fonctionnent un peu de cette manière aussi. En effet, nous sommes comme interconnectés entre nous, les autres et notre environnement, ce qui forme un réseau d’informations similaire à Internet. 

Laurent : Cette allégorie informatique est très utile, même si elle n’est pas très poétique… 

Olivier : Moi, j’aime bien. 

Laurent : Donc les chamanes voyagent dans une toile, dans un réseau, et accèdent à de l’information, comme dans le Web 1. Mais ce n’est pas quelque chose de virtuel : c’est une facette invisible de la réalité dans laquelle nous vivons et dans laquelle tout est relié. Nous pouvons l’appeler le « psychocosmos », l’« inconscient collectif », l’« au-delà », la « réalité non ordinaire » ou tout simplement l’« autre monde ». Peu importent les mots. Les chamanes sont des spécialistes du « surf » dans cette facette invisible de la réalité : ils partent en quête d’informations, d’énergies de guérison, etc. Et, dans cette quête, les esprits qui habitent l’autre monde guident les chamanes, ils leur montrent le chemin. Un peu comme Google. Les chamanes posent une question, et cette question va déterminer l’issue de leur quête dans l’autre monde. 
Lorsque le chamane « surfe » dans l’autre monde, il n’y a pas de temps ni d’espace, il a accès au passé, il a accès aux futurs potentiels – et je dis bien « potentiels » –, et tout cela est regroupé sous un terme technique : le voyage chamanique. Le voyage chamanique, c’est le surf des chamanes dans l’autre monde. 

Olivier : Ce que tu dis me fait penser aux travaux de la physique quantique, avec cette conception verticale du temps qui n’est pas disposé dans un ordre classique de passé-présent-futur, mais comme coexistant en même temps, dans l’instant présent, avec un accès possible au monde à venir ou au passé. 

Laurent : Exactement ! Cette découverte-là, les chamanes l’ont faite il y a bien longtemps. Dans le fond, ce n’est pas quelque chose de nouveau. 

Olivier : Juste un truc pour rebondir sur cette métaphore : je la trouve géniale, et en plus ça parle beaucoup au monde moderne de décrire le chamane de cette manière. Est-ce que tu peux développer tes propos quand tu dis que le chamane est comme un programme de navigation ? Il a aussi la capacité d’aller dans d’autres réseaux, ordinateurs, etc. À la limite, le chamane pourrait même être considéré comme une sorte de hacker ou un pirate informatique soignant. 

Laurent : Effectivement, les chamanes agissent dans l’autre monde, mais ils essayent – et je dis bien « essayent » – d’agir constructivement. C’est une problématique fondamentale. Étant donné que nous avons accès à ce réseau universel, jusqu’à quel point interférons-nous avec le flux naturel des choses ? Quand sommes-nous en harmonie avec ce flux ? Sommes-nous plutôt des « antivirus » avec une approche constructive, ou des hackers, des personnes en quête de pouvoir, des sorciers ? C’est la question éthique qui est centrale dans la pratique. 

Dans certains peuples chamaniques traditionnels, il y a tout un « champ de bataille chamanique » dans lequel les chamanes ne se font pas de cadeaux entre eux. C’est une approche de chasseurs, de guerriers. Ils se lancent des objets chamaniques invisibles avec des buts parfois douteux. Ça s’appelle de la magie noire ou de la sorcellerie… et c’est vieux comme le monde. Dans ce cas-là, on peut parler de « piratage » : les sorciers, ce sont des pirates chamaniques qui utilisent toutes sortes de projectiles, d’objets chamaniques pour mener leurs guerres dans l’invisible. Mais ces objets peuvent simplement être des pensées négatives : jalousie, envie, etc. 

Olivier : Toujours dans le cadre de notre métaphore, peut-on comparer ces objets à des virus informatiques ? 

Laurent : Effectivement, ces objets sont comparables à des virus. En fait, un chamane efficace sait se protéger… 

Olivier : … il a un bon firewall (pare-feu). 

Laurent : Oui, et ça peut être une protection qui se situe au niveau spirituel, comme des esprits protecteurs, ou qui prend la forme d’objets chamaniques particuliers, comme par exemple les costumes – ce sont presque des armures ! – des chamanes sibériens.
Un chamane qui travaille pour le bien de sa communauté, dans une démarche constructive, est, d’une certaine manière, un bon antivirus. C’est pour cela que nous faisons des extractions chamaniques, que nous faisons sortir des esprits, des souvenirs, des traumatismes qui parasitent le fonctionnement de la personne. 
Ensuite, ce qu’il est fondamental de comprendre, c’est que l’accès à l’autre monde se fait par l’intermédiaire d’une carte. Dans les cultures traditionnelles, chaque culture, et même parfois chaque chamane, a sa carte de l’autre monde. La cartographie est très souvent déterminée par la culture et par des siècles d’expérimentation chamanique. C’est d’ailleurs pour cela que certaines personnes ont des difficultés à accepter qu’il y ait des chamanes en Occident. C’est que, traditionnellement, il y a une carte de l’autre monde qui est déterminée par l’environnement culturel. Dans nos cultures, nous avons oublié ces cartes, pour diverses raisons culturelles, religieuses, idéologiques, etc. Mais libre à nous d’en créer de nouvelles.
En Amazonie, ce ne sera pas la même carte qu’au Mexique ou en Sibérie : pour chaque peuple c’est différent, et pour chaque chamane c’est différent. On pourrait presque dire qu’il y a sept milliards de chamanes sur Terre, parce qu’il y a sept milliards d’individus avec des conceptions différentes. Mais, ce qu’il y a derrière la carte, c’est-à-dire l’autre monde, dans son essence, c’est la même chose pour tous.
Donc les chamanes voyagent dans l’autre monde, mais leur perception en est différente, et c’est pour cela qu’il est important de ne pas entrer dans des comparaisons superficielles et de dire que telle culture est meilleure « chamaniquement parlant » qu’une autre. C’est simplement une question de cartographie de l’autre monde. Dans certaines cultures, les cartes sont clairement définies par les anciens chamanes qui les transmettent aux novices, alors que dans d’autres cultures, comme dans nos cultures modernes, il est important de laisser chacun créer sa propre carte. Mais les techniques chamaniques et l’autre monde sont les mêmes pour tout le monde. Sauf que j’ai mes croyances, j’ai mes esprits et j’ai ma manière de travailler qui ne sont pas forcément ceux d’un autre chamane. 

Olivier : C’est très intéressant parce que ce dialogue retombe sur le principe de la psychothérapie, qui ne cherche pas à imposer un système théorique au patient, mais cherche plutôt à lui faire découvrir sa propre vérité. Le psychothérapeute cherche à lui faire découvrir sa propre cartographie et son monde intérieur et la manière dont il fonctionne. Ça, c’est également quelque chose d’important pour les thérapeutes occidentaux. Je crois qu’il est fondamental que les formations inspirées par le chamanisme en Occident respectent pleinement l’individualité et la créativité des « étudiants chamanes », et les laissent découvrir par eux-mêmes leur propre cosmologie et leurs propres instruments de travail avec l’invisible.

Extrait de Le Chamane & le Psy, Olivier Chambon, Laurent Huguelit
Mama Editions (2010 ; 224 pages) 

Publié dans LECTURES Inspirantes | Pas de Commentaire »

Peut-on changer ce monde ?

Posté par othoharmonie le 21 juillet 2013


Peut-on changer ce monde ? dans En 2012-2013 et après 2016 phareAllons-nous laisser mourir ce monde sans rien tenter ? L’urgence ne peut plus être ignorée. Et une mutation intérieure est possible, pour préparer et permettre les changements possibles pour l’extérieur. C’est ce qu’affirment les personnalités qui ont signé ce texte d’appel, au premier rang desquels le maître zen Thich Nhat Hanh.

Nous sommes un certain nombre à penser que les valeurs fondatrices de nos civilisations sont cycliquement remises en cause.
Nous savons que les idéaux qui accompagnent les grandes épopées humaines ont besoin de se renouveler pour s’adapter à l’esprit des Temps et aux besoins des générations qui se succèdent sur la Terre.
L’humanité est-elle prête à accueillir une transformation de la conscience aussi radicale et profonde que celle qui lui permettrait de s’ouvrir à la splendeur du monde, à la manière d’un bourgeon qui explose au printemps pour faire apparaître la lumière de la fleur, prémisse de l’accomplissement du fruit ?
« …L’éventualité d’une telle transformation constitue l’essentiel du message des enseignements des grands sages de l’histoire humaine :
Bouddha, Jésus et d’autres figures emblématiques sont les premières fleurs de l’humanité.
Ce sont les précurseurs des fleurs précoces, rares et précieuses et leurs messages respectifs ont été largement incompris et souvent déformés, car une floraison généralisée n’était pas encore possible à leur époque… »
 (Eckhart Tolle)

L’humanité est-elle prête aujourd’hui, plus qu’elle ne l’était hier, à ce formidable changement intérieur qui prédispose à tous les changements possibles pour l’extérieur ?
Nous sommes une « grande minorité » à le croire et à le démontrer.
Toutes les résistances populaires des indignés face à l’imposture de la sphère financière, les innovations sociales en cours et les manifestations de la société civile pour instituer davantage de justice, davantage de solidarité, davantage de partage et de fraternité ne sont-elles pas les signes avant-coureurs de la mutation attendue ?
Toutes les initiatives citoyennes : « Resto du coeur », jardins de cocagne, économie solidaire, commerce équitable, AMAP (association pour le maintien des agricultures paysannes), Terres de Lien, Médecins sans frontières et combien d’autres mouvements bénévoles de protection de l’environnement et d’actions caritatives, n’en sont-elles pas les manifestations exemplaires ?
Elles suscitent l’adhésion spontanée et désintéressée de tant de jeunes aujourd’hui, parce qu’il sont plus préoccupés d’entraide, de solidarité et de coopération que de carrières, de compétitions ou de profits stériles…
Tous ces indicateurs du changement sont sous nos yeux, aussi incontournables et irrépressibles que la métamorphose de la chenille en papillon.
Le best-seller du Vénérable Thich Nhat Hanh, « Ce monde est tout ce que nous avons » est une invitation à relier l’écologie et la spiritualité, comme deux notions indissociables de l’énergie du « Sacré ».
Nous devons changer ce monde : nous changer nous-mêmes pour le rendre plus juste, plus sûr et plus durable pour les multiples espèces qui en ont besoin avec nous… et après nous, et surtout ne pas laisser faire l’insupportable discrimination économique et sociale qui dégrade la personne humaine et qui compromet toute possibilité de vivre en paix sur cette terre.

N’est-ce pas le plus beau et le plus grand des enjeux que nous pouvons relayer sur la terre entière avec les modes de communications modernes dont nous disposons afin de susciter cet immense élan vers un idéal commun :v Protéger la vie et les ressources sur cette belle et unique planète en commençant par célébrer en nous les valeurs sacrées de la spiritualité et de la pleine conscience.
C’est le programme du Rendez-vous des 15 et 16 septembre prochain à l’Espace de la Grande Arche à Paris La Défense autour de l’engagement « pour une éthique globale », en faveur des principes d’équité et de non-violence.
N’éludons pas nos responsabilités individuelles et collectives dans la situation de ce monde en surgissement.
Apprenons à vivre ensemble et à incarner ce message de paix pour entrer dans la liberté.

Co-signataires :
– Docteur Christophe André , médecin psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne, écrivain
– Philippe Desbrosses Agriculteur – Docteur en Sciences de l’Environnement, co-fondateur d’Intelligence Verte et des principaux mouvements d’Agriculture Biologique.
– Marc Luyckx Ghisi , théologien, mathématicien, philosophe, ancien conseiller spécial à la présidence de la Commission Européenne.
– Edgar Morin, sociologue, philosophe, auteur de nombreux ouvrages de référence.
– Docteur Hanh Nguyen Ngoc, médecin acupuncteur, enseignante du Dharma, présidente de l’association « Pour les Enfants du Vietnam ».
– Jean-Marie Pelt , botaniste, agrégé de pharmacie, écrivain, homme de radio.
– Patrick Viveret, philosophe, magistrat honoraire à la Cour des Comptes de Paris.
– Pierre Rabhi, agriculteur, philosophe, essayiste auteur de « la sobriété heureuse ».

 Parution sur http://www.inrees.com/articles

 

Publié dans En 2012-2013 et après 2016, LECTURES Inspirantes, Nouvelle TERRE | Pas de Commentaire »

Les 7 raisons de croire en Dieu

Posté par othoharmonie le 14 juillet 2013

Les 7 raisons de croire en Dieu dans Chemin spirituel dieu

De plus en plus d’intellectuels ou d’écrivains s’en réclament. Les scientifiques continuent de spéculer sur son existence. Les athées militants contribuent à la polémique. N’en déplaise à Nietzsche, Dieu n’est pas mort. Peut-on raisonnablement faire l’inventaire des raisons d’y croire? On peut… 

1. Parce qu’à l’horloge il faut un horloger

Cet argument est l’un des plus vieux de l’histoire de la philosophie. On le trouve dans la Physique d’Aristote (né en 384 av. J.-C.), disciple de Platon et précepteur d’Alexandre le Grand: tout être en mouvement reçoit son mouvement d’un autre être, tel le stylo qui écrit reçoit le mouvement de ma main. On pourrait remonter à l’infini, de mouvement en mouvement, mais voilà: le monde d’Aristote est clos et fini, d’une rotondité parfaite. Tôt ou tard, il faut bien se heurter à un premier moteur immobile: Dieu.  

L’argument sera repris par la théologie chrétienne, mais dans un contexte radicalement nouveau: le monde aristotélicien, tout rond qu’il est, est éternel. Il tourne depuis toujours. Le monde chrétien, au contraire, a surgi un jour des mains de Dieu. L’image d’un Dieu créateur va alors projeter sur le premier moteur l’ombre du mécanicien. La dynamo divine serait derrière l’instant zéro, tapie sous la première seconde de l’univers. Voltaire et les Lumières conserveront cette image: Dieu est un horloger qui, un beau matin, crinqua les ressorts à fond. Et hop, à la bonne heure.  

Cette compréhension du premier moteur se retrouve aujourd’hui dans les interprétations religieuses de la théorie du big bang. La dernière découverte, le boson de Higgs, n’est-elle pas surnommée « particule de Dieu » (voir la preuve suivante)? Rien à voir cependant avec Aristote: son premier moteur n’est pas premier au plan numéraire mais au plan hiérarchique. Surtout, étant immobile, il n’a pas de puissance motrice comme le ressort de l’horloge. Il ne donne pas une chiquenaude au monde pour le mettre en branle, mais il l’enveloppe et l’attire à lui comme le beau attire l’âme. Il transmet le mouvement en suscitant le désir. Il est le bien et la perfection à laquelle l’univers aspire.  

2. Parce qu’une particule porte son nom

La « particule de Dieu », dit-on d’un mystérieux boson. Le papa s’appelle en fait Peter Higgs, physicien britannique qui avait postulé son existence dès les années 1960. Si l’on se réfère à la théorie du big bang, le boson de Higgs permet d’expliquer comment les particules élémentaires ont pu acquérir une masse dans les premiers temps de l’Univers. En 1964, Higgs et deux confrères émettent simultanément et indépendamment l’hypothèse qu’elles auraient « engraissé » en se cognant à un boson qu’aucun physicien n’avait encore jamais rencontré.  

Ce qui fut découvert au Cern cet été est un nouveau boson dont il reste à prouver qu’il est bien le fils légitime de son papa. Quant à Dieu, il y a autant d’extrapolations à faire pour arriver à lui que d’intermédiaires à franchir pour avoir un conseiller clientèle au bout du fil de votre opérateur télécom. Reprise dans les médias, l’expression « particule de Dieu » n’est qu’une boutade du physicienLeon Lederman, qui voulait parler de cette « nom de Dieu de particule » que tout le monde cherchait sans succès.  

Le juron s’est transformé en action de grâce du fait de la proximité de la théorie du big bang avec l’idée d’un Dieu créateur. Supposant un commencement de l’Univers, cette théorie reste aujourd’hui le modèle dominant en physique. Pour certains fondamentalistes, pas de doute: le big bang est bien le « God bang ». Interprétation peu respectueuse de son inventeur, le chanoine Lemaître (1894-1966), astronome et prêtre catholique. En 1952, Lemaître dut réfréner l’enthousiasme papal devant la rave cosmique devenue une preuve trop tentante: « J’ai dit commencement, je n’ai pas dit création. Personnellement j’estime que [la théorie du big bang] reste entièrement en dehors de toute question métaphysique ou religieuse. » C’est le chanoine qui l’a dit. 

3. Sinon tout est permis

Que deviendra l’homme, sans Dieu [...]? Tout est permis, par conséquent? » demande Dmitri Karamazov à Rakitine, jeune arriviste attiré par les sciences nouvelles. « Ne le savais-tu pas? Tout est permis à un homme d’esprit. » Un siècle avant Les Frères Karamazov, Voltaire se réjouissait déjà que son valet et sa femme crussent en Dieu – il avait l’impression de se faire moins rouler. Vite dit. Depuis les années 1960, sur fond d’éclipse de Dieu et de perte d’aura des sciences, on assiste un véritable renouveau de la philosophie morale.  

En France, en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, jamais la question du juste et de l’injuste n’a été si disputée ni autant théorisée. Sans référence à une transcendance radicale, mais à partir du libre exercice de la raison. Les voies ne manquent pas, indiquant d’abord des styles de raisonnement, des postures: peut être qualifié de moral un acte dont l’impact augmente le bonheur collectif (utilitarisme), respecte des principes moraux qui se trouveraient à l’intérieur de la raison (morale déontologique) ou contribue à la réalisation de soi (éthique des vertus). De son côté, l’éthique évolutionniste – courant de pensée qui inscrit l’apparition de la morale dans l’évolution des espèces – est revenue depuis les années 1980 au premier plan des débats philosophiques. Elle avait été laissée en jachère un demi-siècle durant, après les tentatives darwiniennes de trouver chez certaines espèces animales les prémices de la moralité humaine. L’idée, à nouveau, fait son chemin: ne peut-on déceler dans le comportement des chimpanzés des traces d’empathie, une capacité à se consoler, à se réconcilier, à traiter les membres handicapés du groupe de manière particulière? Alors, sans Dieu, tout est permis? Le bonobo rit de toutes ses belles dents blanches. 

4. Parce que le diable existe

L’inverse est plus naturel: l’existence de Dieu n’est-elle pas contredite par un monde où des enfants sont torturés? C’est l’objection du docteur Rieux au père Paneloux dans La Peste(1947), de Camus. Mais, paradoxalement, le mal qui défiait Dieu semble être dans nos discours la dernière trace d’une transcendance. Alors que pour les Anciens le mal était sans profondeur, un simple trou d’être, il retrouve aujourd’hui la figure du sacré. Qu’on se rappelle les Unes du 11-Septembre: « Au-delà du crédible », « Indicible ».  

Loin des gros titres, la mémoire de la Shoah est le lieu également d’un langage intransitif, dressé à la verticale du monde. Pour s’opposer en 1994 au film de Steven Spielberg La Liste de Schindler, Claude Lanzmann rapatrie les mots et les interdits de l’absolu: « L’Holocauste est d’abord unique en ceci qu’il édifie autour de lui, en un cercle de flammes, la limite à ne pas franchir parce qu’un certain absolu d’horreur est intransmissible. La fiction est une transgression, je pense profondément qu’il y a un interdit de la représentation. » Ce langage de l’extrême laisse l’horreur en suspens, l’empêchant de se dissoudre dans les aléas de l’Histoire ou les explications sociologiques. Cette expérience moderne n’est pas une question de nombre de morts, de degré de souffrance, puisque cela contredirait la notion même d’absolu. Mais sur quoi fonder un tel discours, sinon l’impossibilité de tout autre discours? Face au mal, la raison n’offre que deux possibilités: en reconnaître malgré tout la « banalité » – c’est le regard qu’Hannah Arendt porte sur Eichmann lors de son procès à Jérusalem: portrait d’un homme « tout à fait ordinaire, comme tout le monde, ni démoniaque ni monstrueux » – ou affirmer la possibilité de sa radicalité, au risque de l’absolu. 

5. Chaque fois que j’écoute Bach

Forcément, ça marche moins bien avec les Rita Mitsouko… Un petit peu mieux avec la Messe en ut mineur de Mozart. Mais avec Bach, le Magnificat ou la Passion selon saint Jean, là, c’est direct, l’autoroute vers le ciel. « Il parle un langage qui va au tréfonds de l’âme, un langage qui fait croire », disait de lui Julien Green, le jugeant plus profond que Mozart. Des deux, c’est toujours le premier qui gagne. Mozart? Trop mécanique. Alors que Bach transporte nos sens aux portes de l’éternité. Le temps d’une brève extase, il redonne espoir aux plus amers, tel Cioran: « S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu », confessait ce grand pessimiste.  

D’autres ne s’en remettent jamais, comme le poète Paul Claudel, athée convaincu qui franchit le jour de Noël 1886 le porche de Notre-Dame: « Les enfants de la maîtrise étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. En un instant mon coeur fut touché et je crus. » Si le ciel s’ouvre soudain au-dessus de sa tête, il garde les pieds sur terre: « J’étais debout, près du deuxième pilier, à droite, du côté de la sacristie. » Au cas où la police l’interrogerait. Personne n’était mort pourtant, sinon le vieil homme en lui. Et si ce jour-là Mlle Le Long Bec avait entonné Il est né le divin enfant? L’audition fonctionne par suggestion; on entend ce que l’on veut entendre, comme nos vieux parents. Avec humour, le théologien Karl Barth (1886-1968) écartait toute définition religieuse de la bonne musique, celle qui élèverait l’âme aussi sûrement qu’un ascenseur: « Je ne suis pas sûr que les anges, quand ils cherchent à glorifier Dieu, jouent de la musique de Bach. Je suis certain, en revanche, que lorsqu’ils sont entre eux, ils jouent du Mozart. » 

6. Parce que Dieu me l’a dit

Ce n’est pas une raison! La raison suppose un terrain commun de discussion. Il faudrait être tombé de cheval avec saint Paul, avoir vu la Vierge avec saint Ignace. En fait, même s’ils prétendent être uniques, les récits de conversion forment de véritables traditions littéraires, comme le polar nordique. A la fin du IVe siècle, Augustin, pleurant tout son désespoir dans le jardin de sa maison à Milan, entend par-dessus le muret une ritournelle « Prends et lis ». L’interprétant comme un ordre, il ouvre la Bible au hasard et se convertit au Christ.  

Passons au Siècle d’or espagnol: alors qu’elle traverse une longue nuit spirituelle, Thérèse d’Avila tombe un jour sur un livre d’Augustin. Elle découvre le récit de sa conversion et, à nouveau, c’est le tsunami: les larmes coulent à flots, son coeur s’ouvre au Christ. Rattrapons enfin Paul Claudel (voir la preuve précédente) qui rentre chez lui la nuit de Noël encore tout électrisé par la récente foudre. Il ouvre la Bible au hasard et… vous devinez la suite. Etranges réminiscences à travers les siècles. C’est la loi des séries: entre 1969 et 1976, le journaliste André Frossard, le philosophe Maurice Clavel et le romancier Didier Decoin racontent leur conversion dans un livre, comme si chacun lisait par-dessus l’épaule de l’autre. « Cela s’est-il vraiment passé comme cela? » n’est pas la bonne question. Parce qu’ils sont rédigés toujours après coup, ces récits organisent les faits d’une certaine façon, à la forte portée symbolique (la chute au sol, le thème de l’enfance ou de l’enfantement). La forme racontée dramatise, contracte le temps autour de la crise, divise violemment la vie en deux. Surtout, elle s’imprègne d’une tradition pour trouver des mots qui viennent difficilement. Pour être moins seul avec ce qui s’est passé, sans doute. 

7. Parce que nous pensons à lui

C’est la preuve la plus grandiose et la plus intime, celle qui traverse mille cinq cents ans d’histoire. Elle apparaît dans toute sa clarté chez Anselme de Cantorbéry (1033-1109), alors abbé du Bec, abbaye nichée dans une vallée normande verdoyante: même l’incroyant a une idée de Dieu, qui est celle d’un être « tel que rien de plus grand ne puisse être pensé ». Or, une chose qui existe a plus de poids que sa seule idée – quand on se cogne la tête, on fait la différence. Donc, si Dieu n’existait pas, je pourrais penser à un autre être suprême qui aurait en plus l’existence – un être plus suprême que suprême, donc; comme la lessive qui lave plus blanc que blanc. Ce qui contredit le point de départ. La pensée de Dieu implique donc son existence.  

Quelques siècles plus tard, Descartes use d’un argument similaire: quand j’examine mes pensées, je trouve en moi l’idée d’un être éternel et infini. Je ne peux en être la cause, car mon intelligence est finie et je n’ai rien en moi qui permette de construire un tel infini – je n’approche l’infini qu’en ajoutant des morceaux de fini. Conclusion: je n’aurais pas l’idée de l’infini si elle n’avait été mise en moi par un être infini. Au XVIIIe siècle, Kant réfuta la preuve d’une boutade: 100 euros rêvés ont la même valeur pécuniaire que 100 euros réels, l’existence ne change rien au concept; par contre, elle m’aide à payer mon loyer. Plus proche de nous, le grand logicien Bertrand Russell eut une position plus subtile, toute à son ironie: l’argument est peu recevable mais difficilement réfutable! Si elle semble au premier abord bien abstraite, cette preuve nous apprend que si les chevaux ailés et les fées disparaissent au réveil, demeurent dans notre esprit des idées si hautes et si incompréhensibles qu’elles ne nous laissent pas en paix. 

fleches-7 dans DIEU

>> L’Express a listé trois autres raisons de croire en Dieu. Saurez-vous les retrouver dans le magazine en vente en kiosque cette semaine 

En savoir plus sur … 

 

 

 

Publié dans Chemin spirituel, DIEU, LECTURES Inspirantes, SPIRITUALITE c'est quoi ? | Pas de Commentaire »

Ame soeur

Posté par othoharmonie le 13 juillet 2013

 inspiratrice et révélatrice

Jean Letschert est artiste, philosophe et écrivain. Il évoque dans ce passage comment le féminin, « la muse » est pour lui source d’inspiration et comment « l’âme sœur » peut être révélatrice d’une spiritualité où se conjugue si bien Eros et quête intérieure. Un point de vue intéressant pour continuer à enrichir le questionnement de la présence du Féminin en Soi, dans la relation et dans le monde.

«Si tu peux comprendre l’âme d’une femme, tu connaîtras le monde et ce qu’il y a derrière le monde».

Ame soeur dans Chemin spirituel graminees-3277441-300x200

La vie spirituelle est un perpétuel devenir. Sa trajectoire sinueuse avance indéfiniment vers une spiritualisation de plus en plus intense et vivifiante des formes simples de notre vie quotidienne. 

Le maître spirituel, pour ceux qui en ont connu un dans la chair, doit se transformer en maître intérieur. Cette métamorphose se produit comme un lent «fondu enchaîné» au cours duquel l’apport spirituel du maître extérieur se dissout dans la substantifique moelle de la conscience, apportant la sève nourricière d’où émergera un corps de vérité qui envahira, peu à peu, l’être tout entier. Tel est le vrai travail de la quête. Le maître intérieur est cette présence infaillible qui témoigne de l’authenticité dont nous avons fait nôtre les enseignements du maître extérieur. 

Là encore nous pourrons observer à quel point une présence féminine agit souvent comme miroir du maître intérieur, le stimulant et le mettant à l’épreuve, exigeant sans cesse de lui qu’il émerge plus souvent à la surface de nous-mêmes, afin d’étendre ce corps de vérité au-delà des limites existentielles. Devenir un maître intérieur à fleur de peau.

La désacralisation institutionnelle de la vie que nous impose le monde moderne a fait oublier à l’homme qu’il existe des muses, et qu’elles sont bel et bien parmi nous. Si le maître spirituel est un modèle de sagesse, la muse est un modèle de la grâce à laquelle aspire l’âme. Sa fonction consiste à conduire l’âme vers le logos par le canal de l’éros. L’ascétisme pur et dur, souvent dépourvu de poésie et d’esthétique, refoule généralement ce processus cependant naturel, rejetant toute intervention de la muse en tant que catalyse à l’expérience de la béatitude. L’ascétisme peut ainsi devenir une névrose parmi tant d’autres. Une spiritualité qui conduirait à la réconciliation des contraires se doit d’envisager méthodiquement la conjugaison harmonieuse de l’ascétisme et de l’érotisme. La prédominance salutaire du féminin dans mon destin spirituel m’aura sans doute préservé de me retrouver tel un reclus solitaire, vivant loin du monde, des hommes… et des femmes. 

À plusieurs reprises, la muse s’est faite chair dans ma vie, et aujourd’hui elle s’est faite« âme sœur». Depuis quelques années, mon maître intérieur se mesure à la qualité de la présence de cet être aimé, prenant conscience que le baromètre de nos niveaux spirituels se trouve au centre de la spiritualité conjugale. Si nous sommes tous nés d’un couple, il m’apparaît que les exercices spirituels à la fois les plus exaltants et les plus périlleux se vivent au sein de la vie de couple, où tous les masques et les derniers subterfuges de l’ego tombent littéralement. Nous pouvons, pendant des années, apprendre un rôle par cœur sans comprendre le sens qui l’anime, notre vie dite «spirituelle» peut très bien n’être qu’un vulgaire plagiat d’un enseignement sublime. La constante présence de l’âme sœur est l’interlocuteur infaillible qui nous oblige de sortir du rôle pour entrer dans l’actualisation. 

Inspiratrice et révélatrice, mon âme sœur met désormais en forme et en musique les murmures de mon maître intérieur, donnant à son éveil la plus belle raison de ne plus m’assoupir. Ce féminin, au départ insondable et mystérieux, est devenu une réalité au quotidien, dehors comme dedans. A travers elle toute ma spiritualité s’incarne et s’actualise, et tout ce que je croyais avoir intégré, elle parvient à me le faire redécouvrir et réaliser sous des angles nouveaux, plus proches de la simplicité du réel. L’exigence de son amour est le plus purificateur des filtres magiques. Mais, par l’amour qui nous lie, je sais qu’elle désire ardemment que je comprenne la profondeur de son âme, et que la mienne luise comme le jour dans le secret de sa nuit. Par sa liberté d’être femme et sa dignité d’être mère, elle me fait chaque jour reconnaître le monde comme une continuité indissociable de l’Esprit.

Et par sa transparence et sa vérité, au travers de ce qu’elle est, j’aperçois, enfin, ce qu’il y a derrière le monde. 

EXTRAIT / Jean Letschert – Le Couple Intérieur - Editions Albin Michel

Publié dans Chemin spirituel, LECTURES Inspirantes, Librairie / vidéothèque | Pas de Commentaire »

Expérience pour éveiller l’inconditionné

Posté par othoharmonie le 11 juillet 2013

Extraits de « Le dos au Mur »

INTRODUCTION
Vous connaissez peut-être Jiddhu Krishnamurti? Mais il n’est pas « le » K. dont nous parlons ici. U.G., comme on nomme l’autre Krishnamurti est un franc-tireur de la spiritualité. Il dénie toute appartenance à l’enseignement de son homonyme. Il critique parfois même certaines affirmations de Jiddhu K. Cela ne manque pas de piquant… Et malgré tout, tous deux cherchent à éveiller l’inconditionné en chacun de ses interlocuteurs.Voici quelques extraits brefs qui vous permettront d’approcher les dires décapants d’U.G.. Des commentaires pertinents de J.M. Terdjman accompagnent en italique les dialogues.

Expérience pour éveiller l’inconditionné dans LECTURES Inspirantes images-18

Question U.G., est-ce qu’on peut dire que vous vivez dans un état sans conflit?

U.G. : Je ne suis pas en conflit disons au moins avec la société. Le monde, tel qu’il est actuellement, est ma seule réalité. La réalité ultime que l’homme a inventée n’a absolument rien à voir avec la réalité de ce monde. Vous cherchez de tous les côtés et dans tous les sens à comprendre cette réalité, que vous qualifiez d’ultime » mais ne vous gênez pas, donnez-lui tous les noms que vous voudrez; c’est cette recherche effrénée tous azimuts qui vous empêche de voir et d’accepter la réalité de ce monde tel qu’il est. Tous vos efforts pour fuir le monde tel qu’il est rendent impossible l’harmonie véritable avec les choses qui vous touchent directement.

Nous nous faisons une idée de cette harmonie. Comment vivre en ayant la paix intérieure -voilà l’idée que nous créons, mais ce n’est qu’une idée. La paix est déjà là, elle est extraordinaire. Mais vous ne pouvez jouir de cette paix intérieure parce que vous vous êtes fait une idée de ce que vous appelez « paix intérieure » qui n’a absolument rien à voir avec le fonctionnement harmonieux de ce corps. Débarrassez-vous de ce fardeau, n’essayez pas d’atteindre cette réalité, d’en faire l’expérience, de la vivre; vous verrez alors qu’il est impossible de faire l’expérience de quoi que ce soit, mais au moins vous ne vivrez pas dans l’illusion. Alors, vous accepterez qu’il n’y a rien, absolument rien, que vous puissiez faire pour avoir une expérience de quoi que ce soit -en-dehors de la réalité que nous impose la société.

Nous n’avons d’autre choix que d’accepter ce moule que la société nous impose, parce qu’il est vital de fonctionner dans ce monde d’une manière saine et intelligente. Si nous n’acceptons pas cette réalité imposée par la société, c’en est fini de nous, on termine au cabanon. Il faut donc accepter cette réalité telle qu’elle nous est imposée par la culture, la société, appelez-la comme vous voudrez; mais en même temps Il faut se rendre compte qu’on ne peut rien faire pour avoir l’expérience de la réalité [au lieu de son concept]. Acceptez tout cela et vous ne serez plus en conflit avec la société, et le désir d’être quelque chose d’autre que ce que vous êtes actuellement prendra fin aussi.

Ce but que vous vous êtes fixé, cet idéal qu’il vous faut réaliserce besoin d’être quelque chose d’autre, tout cela disparaît. Le problème n’est pas d’accepter quelque chose d’autre, d’autres valeurs ou d’autres croyances. Simplement, la quête n’est plus. Ces objectifs que la société et la culture ont placés devant nous, et que nous avions considérés comme désirables, ne sont plus. Ce besoin d’atteindre cet objectif, lui aussi n’est plus. Alors, vous êtes ce que vous êtes, sans plus.

Quand vous ne cherchez plus à devenir autre chose que ce que vous êtes, le conflit intérieur n’est plus. Si intérieurement vous n’êtes plus en conflit, il vous devient impossible de l’être avec la société. Tant que vous n’êtes pas intérieurement en paix, vous ne pouvez l’être avec autrui. Bien sûr, on peut être soi-même en paix, sans que son voisin le soit. Mais, voyez-vous, cela ne vous concernera pas. Voilà la situation : quand vous êtes sans conflit intérieur, vous devenez une menace pour la société actuelle. Vous devenez une menace pour vos voisins, parce qu’ils ont accepté le monde [le monde qu'ils connaissent et qu'ils conçoivent] comme étant la réalité -et aussi ils ont en tête un objectif bizarre qu’ils appellent « la paix ». Vous devenez une menace pour leur existence telle qu’ils la conçoivent et telle qu’ils en font l’expérience. Alors vous êtes complètement seul -pas la solitude que les gens redoutent simplement vous êtes seul.

On croit s’intéresser à la réalité ultime, à l’enseignement des gurus et des saints, aux innombrables techniques qui doivent éveiller en vous cette énergie que vous recherchez quand le mouvement de la pensée cesse que cette énergie, qui est déjà là, est libérée. L’enseignement du saint n’y fait rien, toutes les techniques imaginables non plus.

Simplement le conflit [engendré par la pensée] n’est plus. Vous ne pouvez pas comprendre.

Le mouvement là [il désigne son interlocuteur] et le mouvement ici [il se désigne ] sont une seule et même chose. Pas de différence entre cette machine humaine et tout autre machine. Elles existent ensemble. C’est la même énergie qui s’exprime là-bas et ici. En fait toute énergie que vous ressentez en pratiquant toutes ces techniques est une énergie de friction, de conflit. Cette énergie-là est créée par la friction de la pensée -le besoin de faire l’expérience de cette énergie est la cause directe de l’énergie que vous ressentez. Mais on ne peut absolument pas faire l’expérience de cette énergie-ci [cette énergie indifférenciée dont je parle]. Elle est simplement une expression, une manifestation de la vie. Vous n’avez rien à faire pour ça.

Tout ce que vous faites pour avoir l’expérience de cette énergie entrave cette énergie, qui est l’expression et la manifestation de la vie, et l’empêche de fonctionner. On ne peut pas évaluer cette énergie à l’aune de nos valeurs habituelles -différentes techniques, méditation, yoga, etc. Ne vous méprenez pas, je n’ai rien contre. Mais toutes ces techniques ne vous permettront pas d’atteindre votre objectif -l’objectif lui-même est un leurre. Si c’est la souplesse du corps que vous recherchez, c’est sûr que le yoga vous aidera. Mais ça ne sert à rien pour atteindre l’illumination, la libération, appelez ça comme vous voudrez. Même les techniques de méditation sont des activités de concentration sur soi [et d'exclusion du reste]. Vous utilisez des mécanismes qui continuent sur eux-mêmes, qui se maintiennent par eux-mêmes. Ces techniques vont à l’encontre de votre recherche de la réalité ultime; elles ne sont que des instruments d’auto-continuité. Un jour vous vous apercevrez, ou plutôt vous vous éveillerez au fait que la quête même d’une réalité ultime n’est qu’un mécanisme d’auto-continuité. Il n’y a rien à atteindre, rien à gagner, rien à réaliser.

Lorsque vous agissez en vue d’atteindre votre objectif, un mécanisme d’auto-continuité se met en place. J’utilise les mots 44 mécanisme d’auto-continuité » mais je ne veux pas dire par là qu’il y a un soi, un moi, une entité quelconque. J’utilise le mot « soi » parce qu’il n’y en a pas d’autre. C’est comme le démarreur dans votre voiture. Elle démarre toute seule, elle se maintient automatiquement dans son existence de voiture. Ce mécanisme n’existe pour rien d’autre. Tout ce que vous voulez accomplir est basé sur le moi. Je dis « basé sur le moi » et vous pensez aussitôt « attention, à éviter », parce que votre idéal est l’absence du moi. Mais tant que vous agissez en vue du non-moi, vous êtes ancré dans le moi. Quand l’énergie du désir d’aller au-delà du moi n’est plus, alors le moi n’est plus et il n’y a plus d’activité fondée sur le moi. Ces techniques, ces systèmes, ces méthodes pour atteindre l’état de non-moi, tout cela est au centre du moi.

Malheureusement, la société considère l’abnégation de soi comme l’idéal le plus élevé; l’altruiste est un atout pour la société, et la société ne se préoccupe que de sa propre continuité -maintenir le statu quo. Ainsi toutes ces valeurs, que nous acceptons et honorons, sont des inventions de l’esprit humain pour assurer sa propre continuité.

Le fait même d’avoir un but [dépasser le moi] vous permet de continuer, mais vous n’arrivez nulle part. Seulement l’espoir est là qu’un jour, grâce à je ne sais quel miracle, grâce à une aide providentielle, vous arriverez au but. Cet espoir vous permet de continuer, bien qu’en fait vous n’alliez nulle part. À un moment, vous allez comprendre que tout ce que vous pouvez faire ne mène à rien. Alors vous allez changer, essayer ceci, cela, quelque chose d’autre. Mais tentez une approche, voyez que rien n’en sort, et vous verrez que c’est vrai de toutes les autres. Croyez-moi, il faut voir cela très clairement, sans l’ombre d’un doute.

Il vous plain de vous engager dans un certain nombre de choses; à un moment donné, il vous faut bien voir que tout cela ne mène à rien. Tant que vous avez quelque chose en tête, vous suivez votre idée. [Notre "volonté", nos "décisions", loin d'être décidées librement, sont simplement la prise de conscience de nos obsessions, de notre conditionnement mental, de nos pensées. À rapprocher de la réponse de Sri Nisargadatta Maharaj le 9 janvier 1981, dans "Conscience et Absolu " (Les Deux Océans, Paris, 1998, p.49: "Que sont les pensées? -Elles sont le résultat de conditionnements antérieurs). Voir aussi plus loin, p. 75, l'identité entre pensée et volonté]. Il faut être lucide. Que voulez-vous? Je pose tout le temps la même question : « Que voulez-vous »? Vous dites : « Je cherche la paix intérieure ». Voilà un but impossible à atteindre, une contradiction dans les termes : tout ce que vous faites pour y parvenir détruit la paix qui est déjà là. Vous voyez, vous avez mis en marche un mouvement de pensée qui détruit la paix qui est déjà là. Il vous est très difficile de comprendre (ou d’accepter) que toutes vos tentatives vont précisément à l’encontre de la paix et l’harmonie qui sont déjà là. Tout mouvement de pensée, quelle que soit sa direction, quel que soit son niveau, est un facteur de destruction du fonctionnement calme et paisible de cet organisme vivant -qui n’a que faire de vos aspirations spirituelles. Il n’a que faire de vos expériences spirituelles, même les plus extraordinaires.

Une fois que vous avez eu une expérience spirituelle vous en désirerez forcément une autre, puis une autre, et finalement vous allez vouloir vivre en permanence dans cet état. Il n’y a rien de tel, le bonheur éternel, la félicité éternelle n’existent pas. Vous y croyez, parce que c’est ce qu’on vous a dit dans tous ces livres que vous lisez. Pourtant vous savez parfaitement que votre quête n’aboutit à rien. C’est ce mécanisme qui a été mis en route, cet instrument que vous utilisez, qui vous fait continuer dans cette direction parce que c’est la seule chose qu’il puisse faire. Il est le résultat de tant d’années de dur travail, d’effort et d’exercice de volonté. Vous voulez que vos efforts amènent un état au-delà de l’effort; ça ne marchera pas. Ne vous mettez pas martel en tête à propos de J’état au-delà de l’effort : il n’y a rien de tel. Vous voulez atteindre le sans-effort par l’effort -comment diable allez-vous y arriver? Vous oubliez que tout ce que vous faites, tout mouvement (de pensée), tout besoin, tout désir de quoi que ce soit, est effort.

On ne peut pas arriver à l’état-sans-effort par l’effort. Essayer de ne plus faire d’efforts est un effort en soi. C’est à devenir fou, en vérité! Vous ne vous êtes pas (encore) mis dans cette impasse. Si ça arrive pour de bon, alors vous allez vraiment devenir fou -et ça vous fait peur. Rendez-vous compte que tout ce que vous faites pour arriver à cet état-sans-effort, pour quelque raison que ce soit, est un effort. Même le désir d’éviter l’effort est aussi effort. On peut appeler état sans effort l’absence totale de volonté et d’effort -mais ce n’est pas quelque chose qu’on peut atteindre par l’effort.

Si seulement vous pouviez comprendre l’absurdité de votre quête! Changez de techniques, changez de maîtres, vous n’arriverez à rien; l’obstacle qui vous bloque n’est rien d’autre que la méthode en quoi vous mettez tous vos espoirs, voilà votre problème. Peu importe le maître que vous suivez. Si vous remettez en question son enseignement, vous n’aurez pas d’autre choix que de le remettre en question lui aussi. Mais le doute vous saisit alors : « C’est de ma faute, [si je persévère] un jour j’y arriverai ». Si vous n’y comprenez rien aujourd’hui, demain ce sera la même chose. On comprend quand le besoin de comprendre n’est plus là -maintenant ou la semaine prochaine.

Il n’y a rien à comprendre, voilà. Comprendre ne sert qu’à comprendre ce qui va arriver demain -mais pas la réalité de l’instant. Dans l’instant, il n’y a rien à comprendre du tout.

Ça peut paraître drôle, mais c’est comme ça. Vous voulez comprendre quoi? Vous n’arrivez pas à me comprendre. Ça fait vingt jours que je vous parle, et on peut continuer, mais vous ne comprendrez toujours rien. Ce n’est pas que c’est difficile. C’est tellement simple. La structure complexe [la pensée] que vous utilisez est précisément incapable de cette simplicité. Voilà le vrai problème. « Ce ne peut pas être aussi simple que ça », pensez-vous; la structure est si compliquée qu’il lui est impossible de considérer pour un instant que ça pourrait être aussi simple. Alors on va comprendre plus tard, pas maintenant. Mais demain ce sera la même chose, et dans dix ans ce sera toujours la même chose. Alors que faire? On est tous passés par là. On bascule ou on fout le camp. Si vous forcez suffisamment vous avez une bonne chance de basculer [dans la folie ] Mais vous allez vous arrêter avant.

Vous voulez comprendre quoi? Je ne dis rien de profond. Je répète la même chose tout le temps, jour après jour. Pour vous, c’est rempli de contradictions. Je dis quelque chose -que vous ne comprenez pas- et puis je dis le contraire. Vous y voyez une contradiction. En fait, il n’y en a pas. Ce que j’ai dit en premier lieu n’a pas exprimé ce que je voulais dire, alors la deuxième affirmation est une négation de la première; et la troisième est une négation des deux premières; et la quatrième une négation des trois premières. Non que j’aie quelque chose à dire. Non quej’aie dans l’idée de vous communiquer quoi que ce soit. Il n’y a rien à transmettre. Seulement une suite de négations. Non qu’il y ait quelque chose à dénier. Vous voulez comprendre. Voyez-vous, vous voulez comprendre. Il n’y a rien à comprendre. Chaque fois que vous croyez y voir un sens quelconque, j’attire votre attention sur le fait que ça n’est pas ça. Ce n’est pas non plus la doctrine du neti-neti.

Vous savez, en Inde, ils ont mis au point cette approche négative. Mais cette soi-disant approche négative est en fait une approche positive, parce qu’ils ont quand même un but en tête. Ça n’a pas marché avec l’approche positive, alors ils ont inventé ce qu’on appelle l’approche négative. « Pas ceci, pas cela ». On ne peut pas atteindre l’inconnaissable, voyez-vous, et on ne peut pas non plus en faire l’expérience par l’approche positive. Cette approche soi-disant négative ne l’est pas vraiment, parce qu’il y a toujours un but tangible -connaître l’inconnaissable, ou le désir de faire l’expérience de quelque chose- et ce quelque chose est au-delà de l’expérience. C’est une pure supercherie -on s’amuse. Tant qu’il y a un but tangible, quel qu’il soit -et on peut appeler ça approche positive ou négative c’est une approche positive.

D’accord, on s’amuse, c’est intéressant, mais soyons sérieux, ‘l’au-delà », « l’inconnaissable », il n’y a rien de tel. Si vous acceptez l’idée d’un au-delà, vous allez chercher à le connaître -à connaître l’inconnaissable. Votre intérêt est de chercher à connaître. Ce mouvement [de la pensée] va persister tant qu’il y aura le désir de faire l’expérience de quelque chose qui n’est pas du domaine de l’expérience. Il n’y a pas d’au-delà, point final. Qu’est-ce qui me permet d’affirmer qu’il n’y a rien de tel ? Comment puis-je me permettre d’être aussi catégorique? Vous comprendrez plus tard. Tant que vous êtes en quête de l’au-delà, ce mouvement persiste. C’est quelque chose qui est à votre portée, qui vous donne l’espoir que peut-être un jour par un heureux hasard vous allez avoir l’expérience de l’au-delà. Comment l’inconnaissable pourrait-il être du domaine du connu? Vous pouvez toujours courir. Même si ce mouvement (pour connaître l’inconnaissable) n’est pas là, vous ne saurez jamais ce qui est. Vous ne pouvez pas savoir ce qui est, vous n’avez aucun moyen de le saisir, d’en faire l’expérience, aucun moyen de l’exprimer.

C’est pourquoi toutes ces histoires de félicité éternelle, d’amour éternel, c’est du pipi de chat. Il est strictement impossible de saisir cette réalité, de la contenir, de l’exprimer. Un jour peut-être vous vous éveillerez au fait que cet instrument [la pensée] ne peut pas vous aider à comprendre quoi que ce soit, et qu’il n’y en a pas d’autre. Il n’y a donc rien à comprendre. Je ne veux pas donner une conférence. Aidez-moi.Vous voyez, vous auriez tort d’interpréter mes mots selon vos valeurs, selon certains codes de conduite, vous seriez complètement à côté de la cible. Je n’ai rien contre un code de moralité -les codes de conduite ont une utilité sociale, sans eux la société ne pourrait pas fonctionner. Un certain code de conduite est nécessaire pour fonctionner intelligemment dans le monde. Sinon, c’est le chaos. C’est uniquement un problème de société, pas une question d’éthique ni un problème religieux. Il faut séparer les deux choses, le monde a changé. Il faut trouver quelque chose d’autre [que les vieux interdits religieux ou moraux] pour pouvoir vivre en harmonie avec le monde qui nous entoure. Tant qu’il y aura conflit intérieur, en vous, vous ne pourrez pas vivre en harmonie avec la société. C’est à vous de faire le premier pas, en vous-même.

N’essayez pas d’interpréter mes mots dans un contexte religieux. Ce que Je dis n’a rien à voir avec la religion. Loin de moi l’idée que vous devriez devenir quelque chose d’autre que ce que vous êtes déjà. C’est impossible. Il n’est pas dans mon intention de vous libérer de quoi que ce soit. Franchement, notre conversation n’a aucun sens. Vous pouvez rejeter ce que Je dis, n’y voir qu’un non-sens, je n’y vois aucun inconvénient. Peut-être qu’un jour vous verrez clairement que l’objectif que vous avez en tête, ce but à quoi vous aspirez par tous vos efforts et la tension de la volonté, peut-être qu’un jour vous verrez que tout ça n’a absolument rien à voir avec ce dont je parle. L’ état que je décris n’est pas ce que vous voulez.

Je vous disais l’autre jour que j’aimerais vous donner juste un aperçu de cet état. Pas un aperçu dans le sens visuel. Juste vous faire toucher ça du doigt. Mais vous n’auriez aucune envie de vous en approcher, encore moins de le toucher. En revanche, ce que vous voulez, ce qui vous intéresse vraiment, n’existe pas. Vous pouvez avoir un tas d’expériences insignifiantes, si ça vous chante. Allez-y, méditez, faites ce qui vous plaît, vous en aurez des expériences. En fait, c’est encore plus facile en se droguant. Je ne préconise pas l’utilisation des drogues, mais le résultat est le même, exactement le même. Les docteurs disent que les drogues vont vous abîmer le cerveau, mais la méditation -si on fait ça sérieusement- va aussi vous abîmer le cerveau. [Ceux qui l'ont pratiquée sérieusement] sont devenus fous, ils se sont fichus dans la rivière et sont morts. Ils ont fait mille choses -ils se sont emmurés dans des cavernes- parce qu’ils ne pouvaient y faire face.

Voyez-vous, il est impossible d’observer ses propres pensées, de s’observer à chaque pas qu’on fait. Vous en deviendriez fou, vous ne pourriez pas faire un pas. Ce n’est pas ce qu’on veut dire quand on parle d’être conscient de tout -d’observer chaque pensée- comment vous serait-il possible d’observer toutes vos pensées, une à une- et pour quelle raison, je vous prie, voudriez-vous observer vos pensées? Pour quelle raison? Dans un but de contrôle? Vous ne pouvez pas contrôler la pensée. Elle a une force fantastique.

Vous pouvez vous imaginer que vous avez réussi à contrôler vos pensées, et que vous avez senti un certain espace entre ces pensées, une sorte d’état sans pensée; vous croyez alors que vous avez fait un pas en avant. Mais cet état-sans-pensée se fonde lui-même sur la pensée, il représente un espace entre deux pensées. Faire l’expérience de l’espace entre deux pensées -l’état-sans-pensée- est la preuve que la pensée était là, bien là. Elle refait son apparition après, comme le Rhône, en France, qui disparaît et réapparaît. Il est toujours là, mais souterrain. Il n’est pas navigable, mais finalement il réapparaît. De la même manière toutes ces choses que vous refoulez (avec le sentiment d’avoir eu une expérience extraordinaire) reviennent à la surface, -et alors vous sentez vos pensées revenir avec une force accrue.

Vous n’êtes pas conscient de votre respiration en ce moment. Vous n’avez pas besoin d’en être conscient. Pourquoi en auriez-vous besoin? Si c’est pour contrôler votre respiration, accroÎtre votre capacité respiratoire, etc, d’accord. Mais pourquoi être conscient du mouvement respiratoire du début jusqu’à la fin? Soudain, vous êtes conscient de votre respiration. Respiration et pensée sont étroitement liées. C’est pourquoi vous voulez contrôler votre respiration. Ainsi, d’une certaine manière, vous allez contrôler votre pensée, pendant un certain temps. Mais si vous retenez votre souffle trop longtemps, vous allez étouffer et tomber raide mort; de la même manière, si vous retenez ou bloquez le flot de pensées, vous allez étouffer et tomber raide mort, littéralement, ou au moins il y aura de sérieux dégâts. La pensée est une vibration très forte, une extraordinaire vibration. C’est comme l’atome. Il ne faut pas jouer avec ces choses-là.

Vous voulez maîtriser le flot de pensées, mais vous n’y arriverez pas. La pensée doit fonctionner à sa manière, de façon discontinue, sans suite. Cet état existe de lui-même, vos efforts ne peuvent en aucun cas le provoquer. [U. G. décrit « l’état naturel  » qui est le sien, une fois que le carcan de la structure mentale a disparu]. La pensée doit trouver son rythme naturel. Le fait même de vouloir lui donner son rythme naturel ajoute une impulsion au flot de pensées. La pensée a sa vie propre-, malheureusement, elle a créé un mouvement parallèle à l’intérieur de la vie. Ces deux mouvements, de la vie et de la pensée, sont dans un conflit perpétuel , qui ne prendra fin que lorsque le corps cessera de fonctionner.

La pensée s’est emparée du corps. Elle est le maître de la place. Elle essaye toujours de tout contrôler. C’est un domestique qu’on ne peut plus mettre à la porte, quoi qu’on fasse. Si vous l’expulsez par la force, il va tout brûler, même s’il doit périr dans les flammes lui aussi. [Il est très dangereux d’essayer de contrôler ou de bloquer la pensée. On risque la folie]. Il n’a rien à y gagner, mais c’est ce qui va vous arriver si vous essayer de le contrôler. Ne prenez pas cette image littéralement, voyez par vous-même, ne jouez pas avec tout ça. Ou alors, allez-y, jouez. Tout ça, pour vous, ce sont des jouets. 

Extrait de l’Auteur : Le Dos au Mur par Uppaluri Gopala Krishnamurti

Publié dans LECTURES Inspirantes, Méditation, SAGESSE, SPIRITUALITE c'est quoi ? | Pas de Commentaire »

Connaissance de l’Absolu

Posté par othoharmonie le 11 juillet 2013

La Voie est simple, très simple puisqu’elle nous parle de l’INDIFFÉRENCIÉ. Qu’y a-t-il de plus simple que l’Indifférencié? Nous ne comprenons pas ce qu’est l’Indifférencié: c’est normal, il n’y a rien à comprendre! Nous pouvons comprendre seulement les choses différenciées, et les rapports entre les choses, les êtres et les rapports entre les êtres. L’INDIFFÉRENCIÉ EST INCONNAISSABLE. Mais si nous ne pouvons pas le connaître, nous pouvons l’être. (NOUS) SOMMES CET INCONNAISSABLE, CE NON-DIFFÉRENCIÉ, CETTE UNITÉ. (Tout en rappelant qu’il n’y a jamais eu de « nous »…) L’indifférencié gisant dans notre inconscient, ne cherchons donc pas une manifestation consciente pour constater que le Soi est là; il est bien là, mais en-deçà de notre conscient. La distinction conscient/ inconscient n’a plus cours ici. L’indifférencié semble inconscient, alors qu’en fait, il est conscience de l’indifférencié… Il est conscience sans objet. Autant dire non-conscience… Êtes-vous encore là? Si vraiment vibre en nous la flamme transparente, l’ardeur de la découverte fondamentale, si cette recherche est vitale pour nous, bénis sommes-nous! Il ne faut rien d’autre pour « ne plus jamais partir hors de Soi… » *

 Connaissance de l’Absolu dans LECTURES Inspirantes xxxLA CONNAISSANCE DE L’ABSOLU.

La réalisation de l’Absolu ne passe pas par le langage et la pensée. Il les précède, les transcende, les englobe. Sa nature est insaisissable. Au lieu de saisir, nous devons nous ouvrir, comprendre et lâcher prise. Rien ne peut être séparé de l’Absolu, aussi n’avons-nous rien à faire pour le saisir mais juste à comprendre que (nous) sommes déjà totalement absolus, inconsciemment.

Réfléchissez sur cette présence dans votre inconscience… ou sur votre absence dans votre conscience… Cette recherche est donc doublement inédite: elle n’est pas du domaine de la pensée et du langage; elle est insaisissable, mais heureusement elle est déjà dans le creux de notre main ! Pas la peine de faire le tour de la planète pour découvrir la vérité. Comme dit Papaji, un disciple de Ramana Maharshi, « just be quiet ». Restez tranquille, là où vous êtes. Tout est là, déjà, parfaitement accompli.

Si ce n’est pas une question de langage et de pensée, qu’est-ce donc? Une question d’observation, de vigilance, d’état de conscience, d’état d’inconscience, d’intelligence du coeur: L’écoute, l’ouverture inconditionnelle, libre et bienveillante, le « oui à ce qui est », le centrage intérieur, la fluidité émotionnelle, affective, basée sur l’acceptation, tout cela tisse la toile de notre Présence. Une écoute neuve, innocente, ne fait pas référence au passé et à la connaissance acquise pour établir des comparaisons, et ne se projette pas non plus dans le futur par des projets, intentions, anticipations.

Au total, la disparition pure et simple de toute référence à « moi-je ». Alors seulement, nous pourrons surprendre les vieux mécanismes du mental prompts à nous ramener dans le connu et la sécurité, les ailes coupées. Quand nous serons « comme l’être infini », sans motivation, sans désir et sans peur, comme inconscient, alors, il effleurera notre tête de ses élytres aux couleurs d’absence.

LE GRAND DOUTE.

Notre nature foncière est déjà complètement présente ici et maintenant, puisque c’est grâce à elle que vous lisez ces lignes !! Comprenez -vous? Nous la croyions gisant au fond de notre inconscience, recouverte par l’activité de notre conscience relative, fonctionnelle, c’est-à-dire de nos conceptions du monde extérieur et intérieur, orientées plutôt vers les oppositions, les choix et les refus, les désirs et les peurs, et elle était en fait totalement exposée, évidente dès lors que notre regard se tournait vers « ce qui voit ». Mais nous sommes si noyés bien souvent dans des opinions non vérifiées par nous-mêmes, l’expérience des autres, le vécu culturel de la société que nous vivons sur un ramassis d’idées, d’opinions de seconde main.

Découvrir cette réalité de nous-mêmes inchangeante, libre, insaisissable, impose de questionner tout ce que nous avons tenu pour réel jusqu’à maintenant. Il ne faudra pas ménager notre effort pour nous dégager des on-dit, des lieux communs, du consensus tacite qui pave notre chemin. Rien ne devra être accepté par nous sans vérification par expérience directe, en particulier l’existence de l’ego, consensus chimérique…

Même l’essentiel est encombré d’opinions personnelles surimposées à la tradition déjà lourde. Là encore, mettre en doute absolument nous ouvrira la porte du Réel. C’est à ce prix que nous nous libérerons, car se libérer est avant tout se débarrasser des acquits du passé culturel, philosophique, spirituel que nos sociétés maintiennent, assez mal d’ailleurs, faute de nous donner à découvrir la Réalité directement. Au fond, sur quoi repose cette main mise de la dualité? Posez-vous la question et marquez un temps d’arrêt. Ne vous jetez pas sur la réponse qui suit… Elle n’éclora dans votre coeur que si vous vous interrogez réellement, profondément.

Le nom et la forme, la limitation des choses et des êtres résulte d’un seul acte de l’esprit: celui de projeter sa propre subjectivité sur l’environnement, donnant de la sorte à ces soi-disant objets et êtres une densité qu’ils n’ont aucunement. La présence des êtres individuels existe uniquement dans le cerveau des témoins, au point que chacun, devant la glace, finit par se prendre pour un être séparé, doué d’existence, par interprétation du regard des autres… Un jeu de miroir. Observez cela. N’est-ce pas vrai?

Chacun n’aspire-t-il pas à exister dans le regard d’autrui? Comme s’il savait déjà sa nature de néant. Je vous en prie, ceci est de la plus extrême importance. Voyez cela. A l’instant, les choses et les êtres retrouvent leur nature foncière: L’être sans trait. Aucune chose n’est, en elle-même, séparée. La séparation naît dans l’esprit qui contemple. Si ce dernier découvre la fausseté de cette projection universelle, alors… Envisagez cela! profondément, totalement, et le monde se vide de la dualité…

Douter, ce sera observer le monde et distinguer ce voile subtil dont nous l’enveloppons. Voile du sens de l’univers, du sens des événements (« il n’y a pas de hasard! »); interprétation des choses du vécu, projection dans ce paysage pour séparer, puis accaparer ou repousser, qualifier ou nier. Percevoir notre monde et pas le monde. Voir nos contemporains à travers le prisme des préjugés, et non pas les considérer comme ils sont réellement, sans mes concepts personnels, ma vision des choses. Ce sera découvrir une montagne presque gigantesque de préjugés hâtivement enregistrés, prompts à nous induire sur la pente glissante de la bêtise. Notre conception du monde conditionne notre perception, à concepts dualistes, vision dualiste. Toute cette activité de la conscience dualiste ensemence l’inconscient et maintient le trésor caché…

Douter, en accordant plus de valeur au soi-disant inconscient plutôt qu’à la conscience de veille, tant cette dernière est souillée de la dualité. Notre inconscient est également sali de dualité, mais par sa nature peu différenciée, il rapproche davantage du Soi. Le jeu se gagne dans l’inconscient, si l’on se rend compte alors du vide réel des choses et des êtres, puisque sans l’inconscient des spectateurs et sa capacité à discriminer, point d’existence séparée. Rien que l’être sans limite.

Douter, même d’exister, nous ouvrira à cette profondeur insondable dont on ne sait si c’est l’Etre ou le Néant… Si nous sommes convaincus que le monde est, alors nous nous privons de l’accès au Néant. Poser l’être du monde comme objet nous pose en tant que sujet. En revanche, ni être ni néant, ni objet ni sujet, et voici ouverte la bulle universelle, fleur de vacuité… Qualifier emprisonne l’objet. Si en revanche nous évitons la qualification, le monde prend un caractère de livre ouvert sans rien écrit dessus, d’une ouverture inconditionnelle à ce-qui-est, à « je ne sais pas… ». Cette ouverture est amour.

Extrait de paroles édifiantes du Zen.

Publié dans LECTURES Inspirantes, SAGESSE, SPIRITUALITE c'est quoi ?, Zones erronées | Pas de Commentaire »

AU PRINTEMPS DE L’ÉTERNITÉ

Posté par othoharmonie le 10 juillet 2013

AU PRINTEMPS DE L'ÉTERNITÉ dans APPRENDS-MOI v

En Juillet 1976, je feuilletais le Tao-Te-King (traité sur le Principe et son action), ouvrage chinois de Lao-Tseu , écrit voici vingt-cinq siècles, dont le sujet évoque le Principe originel ou Tao et sa force productive, Teï, mère de l’univers. Cette approche du monde fut tellement inédite pour moi que je perdis tous mes repères intérieurs et fus jeté, vide, sur la rive de l’inconnaissable. Je posai le livre et, par la fenêtre, contemplais le crachin monotone bruinant sur l’église Saint-Mathieu à Quimper, quand soudain la pensée s’arrêta. Dans ce corps figé, une immobilité intérieure totale se fit. Un silence insondable m’engloutit. Un flot transparent de conscience et d’amour imprégnait tout dans le champ de vision. On ne sentait aucune mesure, aucune limite, aucune séparation. Instant absolu d’atemporalité. Plénitude, béatitude, liberté, plus rien ne manquait…

C’était comme si tous ces toits luisants sous la bruine étaient conscience. L’impression de percevoir la transparente conscience en toute chose et tout être, sur un fond de bonheur à nul autre pareil.

Et d’écrire : Je pleure d’une immense joie : le ROC est touché. Croyant nager à la recherche du rocher salvateur, voici que je SUIS ce rocher. Dans cette recherche, je courais à l’Etre. La paix est au Non-Être, pas théoriquement, mais vraiment : quand je ne suis plus rien, alors je peux être un avec tout ; immobile dans la course, immobile dans l’amour. Non-agir… pour mieux agir… Non-aimer pour mieux aimer ! Que de vérité!

  Je me demandais pourquoi l’humilité? Et aujourd’hui c’est clair : n’être rien. Étant devenu rien, ayant constaté mon néant foncier, que peut-il m’arriver ? N’étant rien, tout s’accomplit à travers ce corps-ci, sans l’interférence de la personne peureuse et désireuse. La vie éclate alors de ses milles énergies !! Le cauchemar est fini. Le temps est arrêté. A présent, laid ou beau, riche ou pauvre, sain ou malade, qui reste-t-il pour souffrir encore ? Personne.

Tant et tant de préceptes, de commandements, de permissions et surtout d’interdits, de dualités pavaient mon chemin intérieur que le Tao-Te-King, dans sa limpidité naturelle est venu volatiliser tous ces conditionnements. Relier les paires de dualités, le chaud parce que le froid, le mal parce que le bien, le bien parce que le mal, le riche parce que le pauvre, le laid parce que le beau, le grand parce que le petit, le léger parce que le lourd, le plaisir parce que la souffrance, le désir parce que la peur, la peur parce que le désir… tout cela s’est articulé dans cette conscience brusquement infinie pour ne laisser qu’un champ vierge et transparent, une lumière intérieure doucement teintée d’amour, de compassion, d’une subtile radiance bienveillante, d’un sentiment de totale perfection.

Un rire joyeux se jouait de mes lourdes tentatives de comprendre Cela, l’Inaccessible, de mes méditations préhensives qui voulaient forcer la porte du Nirvana. Il n’y a que l’abandon, le si mal compris et surexprimé « lâcher-prise » qui ouvrent la porte du Nirvana, en effet. Mais je vous avoue que je n’étais pas vraiment dans une démarche de lâcher prise, mais juste concentré à comprendre cette dualité. Et c’est l’assemblage du puzzle duel qui me révéla (ce que je ne savais pas encore se nommer) la Non-Dualité. Le Tao m’était si nouveau à l’esprit que nul réseau ne venait enchaîner un envol vers l’inconditionné. Comment un tel esprit venait-il d’être touché par la Grâce ? Peut-on seulement parler de Grâce? N’est-ce pas simplement le Hasard ?…

Cette expérience semble sans cause, tellement loin de notre volonté et de nos capacités individuelles. Oui, on ne peut que constater sa propre impuissance en face de Cela. Mon regard était neuf, tel le nouveau né. Une nouvelle naissance, oui ; on peut dire cela. Et ce poids du passé, tous ces conditionnements sont soufflés comme une simple bougie par l’Éveil Soudain. Mille ans d’erreur sont dissipés en une seconde… Quel jeu, cette vie… Comme dit le Shin Jin Mei, « une fleur de vacuité…. pourquoi souffrir pour saisir cette illusion ? »

La particularité de cette révolution intérieure est qu’elle est incompréhensible. Ce que l’on cherche est ce que l’on EST depuis l’origine, sans le savoir, mais plus bizarrement encore, elle se livre dans un non-savoir, dans un vécu qui déconnecte toute tentative d’analyse et de compréhension intellectuelle. « On » ne comprend rien, réellement. Cela se saisit Soi-même dans une Union parfaite et absolue. Aucune trace d’illusion. Aucune trace d’ignorance non plus. Plus aucune ombre en Cela. Les tribulations humaines semblent des rêves d’enfants dans une cour d’école. Si le temps arrêté nous délivre de l’âge, il nous livre l’alpha et l’omega de tout ce qui est et sera à jamais. Nous sommes enfin libres de ne rien faire. Il n’y a plus rien vers quoi tendre. Quelle paix ! Mais quelle peur pour les troublions de l’activisme impénitent !! Il faut souvent qu’ils tombent pour entrevoir cette voie du milieu, du non-savoir, du non-être, du non-devenir et du non-agir…

 Existe-t-il une Voie pour « aller à Dieu »?

Vous commencez à l’entrevoir, mais il n’y a aucune voie pour aller à Dieu, parce qu’il n’y a pas de voie, mais ça tombe bien, vous êtes déjà « arrivés » , sauf qu’il n’y a pas réellement de « vous »…. C’est indispensable de bien intégrer cela. C’est ici précisément que la Non-Dualité se distingue pratiquement de toutes les autres approches dites progressives. Dans les voies progressives, le « je » n’est pas nié d’emblée, et donc ce je peut cheminer, oui…. faire des techniques, des méditations, des rituels pourquoi pas, en vue d’un but : la libération, le Nirvana, Sat -Chit Anand et autres éveils ….. ou simplement une place au Paradis des justes. Quand on se déshabille le soir, il n’est pas question de « voie du déshabillage, n’est-ce pas? Eh bien se déshabiller du « moi » ne demande pas plus de voie ou de moyen de transport, mais juste quitter ces fausses identifications. 

Comme Arnaud Desjardins disait « vous êtes déjà nus sous vos vêtements », signifiant que la nudité est déjà acquise, en quelque sorte, totalement, mais qu’elle n’est pas manifestée. Idem pour notre nature parfaite. Elle est déjà là, sous des voiles apparents auxquels nous nous identifions en général, et ne pourra pas être plus parfaite, que les voiles soient ou non par dessus. Il n’y a et ne pourrait pas y avoir de voie pour aller à ce que nous sommes déjà de toute éternité.

Et pourtant, n’est-il pas question de tout côté d’une voie, d’un moyen d’une technique pour sortir de notre modeste condition? En fait il est clair que les religions organisées ont perdu l’âme ; elles sont lettres mortes, cul de sac pour l’aspirant à l’Infini, quand elles ne nourrissent pas des nids de frelons intégristes. Les voies spirituelles foisonnantes des temps modernes s’alourdissent souvent de tradition, de techniques méditatives au lieu de promouvoir la «substantifique moelle», l’essence pure et simple ; certaines se révèlent être des sectes ; il est dur de trouver une Voie authentique dans ces spiritualités encombrées de savoir, où l’on peut se perdre avant de distinguer la moindre fronce de l’habit numineux du Créateur. Au milieu de cet écheveau, et en pleine époque de matérialisme commercial, une fleur endormie depuis des lustres a bourgeonné, toute nimbée de pureté: la non-dualité. C’est vraiment incroyable qu’aujourd’hui, cette voie, cette attitude intérieure pour mieux dire, trouve expression, alors qu’elle fut si longtemps gardée prudemment secrète. C’est donc une bénédiction sans égal d’en avoir connaissance aujourd’hui. Avouons quand même que la Non-Dualité est mise à toutes les sauces, surtout dans moultes voies new age. Et du coup cette perle incomparable, ce diamant nécessite souvent un petit nettoyage avant d’être apprécié dans sa pureté.

Pourtant la Non-Dualité constitue l’essence de toutes les religions vivantes, surtout en Asie, de l’Advaïta Vedanta, du Bouddhisme, du Chan, et enfin du Zen . Mais elle réside dans le temple sacré, au coeur de ses enseignements qui préfèrent la laisser goûter à quelques élus seulement. Ce n’est que tout récemment que le Dzogchen, joyau non-duel du Bouddhisme tibétain fut révélé entre autres par Sogyal Rinpoche. Il pense que les temps sont mûrs, pour semer les graines dans cette fange féconde que nous voyons quotidiennement. Si elle en constitue l’essence, la non-dualité , n’en garantit pas les doctrines qui peuvent très vite s’opposer en inconciliable, j’en veux pour preuve le Soi de l’Hindouisme, opposé à l’absence de Soi du Bouddhisme, alors qu’il est évident pour les praticiens de terrain que tous parlent de la même expérience de conscience fondamentale, qu’ils soient Bouddhistes, Taoïstes, Vedantistes, Yogis ou Soufis. C’est dire au passage combien les formes sont multiples dès que nous rentrons dans la manifestation, même pour évoquer notre Source à tous. Pour ce qui concerne cet exposé, nous éviterons de prêter le flanc à la faconde intellectuelle pour discerner l’indiscernable, et au contraire mettrons en avant l’unicité de toutes les voies.

Revenons sur ce qu’est la Non-Dualité : Ce n’est pas une Voie, car on ne chemine plus guère; plutôt une attitude, à la fois mentale, affective et physique devant la vie, fondée sur le constat de notre inexistence séparée. Et comment entrevoir cette inexistence? En observant la dualité justement. Cette position intérieure se conçoit comme le dépassement de toutes les paires de dualité, non par une volonté personnelle factice, mais par la compréhension. Cette soudaine relation entre toutes les paires de dualités nous happe en tant que personne. L’ego est fondé sur ces paires et leur mise en perspective réduit sa réalité « personnelle » à néant. Ce constat engendre un éveil abrupt, la découverte par l’individu de l’absence de « moi », de l’autre, et la fin de la souffrance morale d’être séparé du monde et des êtres vivants. Alors bien sûr, cela peut sembler bien incompréhensible. « J’existe bien, moi !! » « Comment pourrais-je bien découvrir que je n’existe pas?? » Par l’observation régulière de notre conscience. Par la mise en évidence que souvent, nous n’avons aucun sentiment d’être « je ». C’est dans l’après coup que nous nous réapproprions les actes et les pensées, les décisions pour les faire « nôtres ». Je me mets en colère, je deviens tout rouge et je débite des injures par wagonnets… pour finir penauds et nous excuser en disant que « cela nous a dépassé »… En fait, la colère nous a balayé comme un fétu de paille, normal puisque nous n’existons tout simplement pas… Nous nous pensons de temps en temps, voilà tout. Et puis nous généralisons notre existence comme certaine et continue. Comme nous généralisons bien d’autres opinions qui ne s’adressent qu’à des situations ponctuelles. « La colère s’est emparée de ce corps-ci et des paroles injurieuses ont été proférées en réponse à une situation particulière ». Voilà les faits au fond. Pas d’ego là dedans. D’ailleurs nous en avons presque l’intuition quand nous nous affirmons dépassés par les événements émotionnels. Mais il nous faut bien justifier la continuité du moi et endosser la responsabilité d’une colère qui nous est étrangère. Alors on entérine : je me suis mis en colère, je ne sais pas pourquoi et je te prie de m’excuser, je ne recommencerai plus !! »…. enfin, chacun sourira à lisant ces lignes, n’est-ce pas… ;-)

C’est bien là, dans cette observation du quotidien que nous pouvons nous démontrer l’inexistence d’une personnalité continue et stable. Ce n’est pas devenir schizophrène de renoncer à être quelqu’un, c’est juste observer ce qui est.

La non-dualité n’est pas inconnue des mystiques occidentaux; certains, comme Jean de La Croix, en ont parlé à mots couverts, « certes il faut vider l’esprit des choses mondaines, mais aussi des choses spirituelles… ». D’autres saints, Maître Eckhart pour ne pas le nommer, l’ont évoquée en termes impersonnels, propres à ne pas égratigner le dogme: la « Déité ». Bref, toutes les religions et toutes les voies spirituelles tendent vers la non-dualité, laquelle se goûte l’esprit innocent et inculte, pourrait-on dire, dépoussiéré des couches mortes de manuscrits savants concrétées par l’intellect accapareur de l’homme.

Chercher Dieu hors de soi, en observant l’univers, la vie, évoque une main divine créatrice, au bout du compte insaisissable. En revanche, scruter l’intérieur offre un début de réponse: présence en Soi, évidence de l’être. Il faudra finalement abandonner à la fois la notion d’extériorité et d’intériorité, car nous n’avons absolument aucun effort à faire pour être totalement nous-même et finalement l’introspection comme la concentration sur un objet extérieur ne sont qu’exercices du mental..

Au départ, nous sommes rivés aux sens extérieurs, noyés dans les phénomènes, et oublieux de l’Essence. Une mutation totale de notre façon d’envisager le monde et nous-mêmes peut nous réintégrer à notre source. Voyons comment. L’être est à la source des phénomènes, le monde des formes le fuit dans son mouvement universel. Aussi, retourner à l’origine suppose que nous abandonnions la poursuite effrénée où la vie nous entraîne. Au lieu de considérer l’objet de la conscience, tournez-vous vers le sujet, l’observateur. Non pas qu’il ait plus de réalité que l’objet observé, mais il cache la réalité non dualiste, laquelle découle de la disparition de l’idée « il y a bien un observateur ». Plus précisément: cet observateur est-il personnel, coloré d’envies et de peurs ? Vous êtes encore un ego, simple objet de l’esprit ; se révèle-t-il impersonnel, c’est-à-dire délivré des opinions individuelles ? Il est le Soi, lequel se conçoit comme le principe universel fondateur de l’univers, être, conscience impersonnelle (sans observateur personnel), source de l’énergie universelle et aussi, pour chacun de nous, notre nature profonde. A nous le dépouillement progressif de la personne jusqu’à l’impersonnalité, et l’éveil abrupt au dernier sous-vêtement! Et au fond, il n’y a pas plus d’intérieur que l’extérieur, n’est-ce pas….Ces notions de personnel et d’impersonnel, de sujet et d’objet constituent le nœud majeur de la dualité.

Le Soi ne s’oppose pas au « non-Soi », comme on le définit en psychologie. Il ne se distingue pas davantage de l’univers qu’il transcenderait d’une altitude métaphysique, tel un sujet absolu. Incluant tout sans limitation, le principe résume le lieu (ou non-lieu?) où se développe l’espace-temps, la « non-texture » qui donne le champ à l’énergie et la conscience. Le Soi est Tout! Non-être sur lequel fleurit l’être, la conscience et l’univers, le Principe prête vie à l’expérience humaine. Lao-Tseu disait: Le principe que l’on peut nommer n’est pas le principe originel. Ne nous attachons donc pas au terme « Soi », indifféremment remplacé par les termes impersonnels « Principe, Dieu, Tao, Shunyata, Sat-Chit-Ananda, Bouddha, Être, Non-Etre, Ainsité, Absolu, Infini, Purusha/Prakriti, Shiva/shakti, Brahman… », bien que des puristes savent faire des distinctions dans cette unité-là! Mais notre expérience vécue de la déité est impersonnelle. Il n’est donc pas question de relation personnelle entre Dieu le Père et nous, pauvres pêcheurs! L’impersonnel donne sans doute le vertige ; en revanche, il nous garantit la liberté! Il n’attend pas d’obéissance. Ses lois sont universelles et personne ne les gouverne !

pierre dans DIEU

Extrait de « Le bonheur est en Soi »expérience non-duelle d’un contemporain. Comment, pour la première fois, il ne vit dans la réalité que  » non-deux « , qu’un océan sans limite ni frontière, ni catégories, ni objet, ni sujet. Puis il décrit la nouvelle façon dont il perçoit la vie quotidienne, à la suite de ce bouleversement intérieur. Ce préambule indique comment il faut lire et recevoir ce qui est conté là. En particulier, avoir conscience que ces paroles s’adressent davantage à votre inconscient, à votre cœur, qu’à votre conscient ou votre tête… qu’est-ce à dire ? Qu’il faut laisser infuser dans votre cœur ces paroles qui alors peuvent planter des germes de non-dualité qui écloront plus tard… Si vous lisez intellectuellement, certes vous comprendrez un certain nombre de choses, mais l’essentiel va vous échapper. C’est ainsi. Si vous ouvrez votre cœur, laissez de côté l’esprit comparatif et critique, vous laisserez s’entrouvrir la porte de l’intériorité qui vibre à l’appel de l’autoperfection. Également quelques indications sur la façon dont l’esprit apparaît à l’auteur vous permettront de mieux saisir le texte. Ce que l’on nomme habituellement inconscient n’est aux yeux de l’auteur que l’aspect foncier, indifférencié ou peu différencié de l’esprit. Prenons l’image d’un arbre. Le tronc représente l’aspect foncier de l’esprit, tandis que les grosses branches, les branches puis les feuillages la façon dont l’esprit se scinde en profond et superficiel, les feuillages sont les pensées virevoltantes à la surface consciente de l’esprit. Ce qui est décrit dans les lignes qui suivent sont en fait la sève qui monte des racines et du tronc principal, avant même d’être différencié… si vous pouvez saisir les mots dans leur émergence naturelle, alors ces mêmes couches profondes vibreront en vous et vous comprendrez de l’intérieur ce dont il est question ici. Autant lire lentement, en laissant infuser les idées…

paroles du Zen.

Publié dans APPRENDS-MOI, DIEU, LECTURES Inspirantes, Noble Silence-Vipassana, SAGESSE, SPIRITUALITE c'est quoi ? | Pas de Commentaire »

Un cadeau des dieux

Posté par othoharmonie le 10 juillet 2013

Un cadeau des dieux dans LECTURES Inspirantes clip_image001La Transmission : une méditation pour le nouvel âge, de Benjamin Creme

compte rendu de lecture de Betsy Whitfill

images-i dans Méditation

Quelle activité pourrait-elle mieux convenir aux principes de synthèse et au travail de groupe de l’ère du Verseau qu’une méditation de groupe ouverte à tous, qui facilite l’envoi d’énergies spirituelles de transformation au monde entier pour le bien de tous ?

Le manuel écrit pour cette activité du Verseau est le livre de Benjamin Creme : La Transmission : une méditation pour le nouvel âge. Il s’agit d’un ouvrage pratique destiné à ceux qui sont prêts à intégrer la méditation et le service dans leur existence. De nombreux groupes de méditation de transmission se sont déjà créés après l’annonce historique de B.Creme que l’Instructeur mondial attendu sous différents noms par toutes les traditions, religieuses comme non religieuses, et son groupe, les Maîtres de Sagesse, sont de retour dans le monde pour nous donner leur enseignement. Ces groupes constituent pour les individus de tous horizons une porte leur permettant d’accéder à un sentier, à une vie au service, qui en même temps transforment leur existence personnelle.

Pour ceux qui abordent ces informations pour la première fois, B. Creme traite de thèmes tels que : la Hiérarchie spirituelle des Maîtres ; le fait que tout est constitué d’énergie vibrant à un niveau ou un autre ; l’immense pouvoir de la pensée ; l’importance du rythme et de la discipline dans la vie ; le sentier que chaque étudiant peut créer pour lui-même. Ainsi, le lecteur peut découvrir certains aspects de sa vie intérieure éclairée d’une lumière nouvelle. Pendant la Transmission , le méditant s’aligne avec son âme, qui est le Maître intérieur. Le désir de méditer, si ténu soit-il, est l’expression d’un appel de l’âme qui veut établir un contact avec l’homme ou la femme en incarnation, et la méditation est la « voie royale » permettant de développer ce contact.

Une méditation de service

A ceux qui ont l’habitude des diverses techniques d’amélioration de soi par la méditation et le yoga, B. Creme propose un enrichissement extraordinaire : la méditation au service du monde. Le fait de pouvoir méditer et en même temps servir le monde de manière puissante et positive semble incroyable, si l’on considère l’impuissance dont certains sont saisis devant la situation chaotique dans laquelle semble se trouver le monde aujourd’hui. Cependant, il existe un Plan, et nous pouvons tous aider.

Dans le chapitre 1 : Qu’est-ce que la Méditation de transmission ? B. Creme traite de la place et du rôle de l’homme dans l’organisation et la dynamique énergétique des différents règnes. Du minéral le plus élémentaire au végétal supérieur, puis à l’animal, à l’homme et finalement au royaume spirituel, chaque règne stimule énergétiquement le règne qui le précède. Le règne des âmes – que la Bible appelle le Royaume de Dieu – ou règne spirituel, naît à partir du règne humain. En d’autres termes, un être humain n’est pas vraiment une entité physique automatique inerte et séparée – si merveilleuse que soit sa complexité –, mais une étincelle du Divin, qui se trouve dans un champ d’énergie et est reliée à tout ce qui est, y compris l’Être que nous appelons Dieu. Nous sommes des dieux en devenir qui, petit à petit, par la méditation et le service, deviennent conscients, de façon de plus en plus inclusive, de niveaux d’être de plus en plus élevés. Le lecteur découvre ainsi l’existence de l’âme – ou divinité intérieure –, il apprend que la stimulation vient du règne des âmes lors de la méditation, et que la méditation de transmission constitue une technique de contact, de développement et d’expression de cette divinité sur le plan physique : c’est tout un monde de signification et d’espoir qui s’ouvre à lui, un nouveau sens de la vie qui lui est proposé.

Il va sans dire que la méditation de transmission est unique, puisqu’elle est assurée par certains membres du groupe des Maîtres de Sagesse qui guident l’évolution de l’humanité depuis l’aube des temps. B. Creme a passé une grande partie de sa vie en contact télépathique avec l’un de ces Maîtres ; depuis des décennies, il parcourt le globe, préparant le public à leur venue parmi nous sur le plan physique. Les Maîtres, écrit-il, connaissent parfaitement les réussites et les échecs qui sont ceux des hommes, car ils ont parcouru avant eux le chemin de l’expérience évolutionnaire humaine ; ils reviennent travailler parmi nous au grand jour pour la première fois depuis des millénaires. Si tel est notre désir, ils souhaitent nous indiquer le sentier qui nous mènera à un avenir brillant, mais c’est de notre plein gré que nous devons suivre leurs conseils. Ce chemin est celui du partage des ressources et d’une vie selon le principe que l’humanité est une, que nous sommes tous les fils et les filles d’un seul et même Dieu. La méditation de transmission est fondamentale car elle donne à tous, croyants ou non, l’opportunité de croître en conscience, tout en travaillant directement avec les Maîtres et leur leader, Maitreya, à la sauvegarde et à la réhabilitation du monde. Nombreux sont ceux, dans les groupes de méditation, qui ont le sentiment qu’ils sont venus en incarnation pour accomplir ce travail.

Dans le chapitre : La nature de la Transmission , B. Creme nous explique que la transmission des énergies a toujours eu lieu partout dans le cosmos. Concernant la nature des énergies transmises, il explique que c’est Maitreya, l’incarnation de l’Amour sur Terre, qui reçoit et dirige les énergies spirituelles (provenant de sources cosmiques interplanétaires, extraplanétaires ou plus) vers un ou deux Maîtres, lesquels les envoient de manière scientifique dans les chakras des participants. Ainsi les puissantes énergies spirituelles baissent d’intensité, et elles sont redirigées par Maitreya dans le monde. L’humanité peut alors les absorber et les utiliser pour, dans l’unité, la synthèse et la coopération, résoudre sagement les problèmes et mettre en œuvre de façon pacifique les principes du Verseau sur lesquels se construira la nouvelle civilisation. Les Maîtres savent combien d’énergie chaque individu peut recevoir, et ils les répartissent en conséquence. Les méditants n’ont plus qu’à rester assis tranquillement, à dire ensemble à haute voix la Grande Invocation , et à maintenir leur attention au centre ajna, entre les sourcils. La croissance spirituelle, le développement de la conscience des transmetteurs, se trouvent en sécurité entre les mains des Maîtres, qui sont de grands scientifiques. La méditation de transmission est une combinaison de Laya Yoga (le yoga des énergies, des centres ou chakras) et de Karma Yoga (le yoga du service) ; elle permet à ceux qui la pratiquent d’avancer rapidement ; c’est une véritable « serre » pour le développement spirituel.

Des informations transmises par télépathie

Si les renseignements ésotériques donnés dans ce livre sont présentés si simplement, c’est en raison du rapport télépathique permanent existant entre Benjamin Creme et son Maître, qui répond aux questions. C’est ce même Maître qui fut à l’origine du premier groupe de méditation de transmission à Londres en 1974. Pendant les décennies où il a sillonné le monde pour donner ses conférences, B. Creme a en même temps assuré des méditations de transmission lors desquelles Maitreya l’a adombré ainsi que son public. Les participants font l’expérience des énergies, et beaucoup d’entre eux ont formé des groupes de Transmission sur leur lieu de résidence. Naturellement, les questions n’ont pas tardé à affluer : « Combien de temps dois-je transmettre ? », « Comment rester aligné avec mon âme ? », « La Transmission est-elle compatible avec toutes les croyances ? », « Peut-on transmettre tout en continuant de pratiquer la méditation transcendantale ? », et ainsi de suite.

La lecture de ce manuel est essentielle à la compréhension de cette méditation et de l’opportunité exceptionnelle qu’elle représente. Cela est si vrai que le livre est disponible en version électronique sur le site de Partage international (par-tageinternational.org) où l’on peut le télécharger gratuitement. La méditation de transmission, comme l’écrit Benjamin Creme, « est un cadeau des dieux. »

Benjamin Creme : La Transmission : une méditation pour le nouvel âge, 2004, Partage Publication.

Publié dans LECTURES Inspirantes, Méditation | Pas de Commentaire »

Parcours de Shri Sadguru Siddharameshwar Maharaj

Posté par othoharmonie le 8 juillet 2013

Parcours de Shri Sadguru Siddharameshwar Maharaj dans LECTURES Inspirantes zrn

Shri Sadguru Siddharameshwar Maharaj est l’un des plus grands saints inconnus de notre époque. Il est né en Août 1888 dans un petit village nommé « Pathri » dans le district de Sholapur, en Inde. Six jours après sa naissance, sa grand-mère eu un rêve dans lequel un grand Saint Siddheshwar apparut devant elle et lui dit que le garçon qui vient de naître est sa réincarnation et lui demande de le nommer Siddheshwar. Il ajouta qu’un jour le garçon deviendrait un grand saint.

Et ainsi son nom fut gardé Siddheshmappa. Plus tard, il fut connu comme :Siddheshwar Maharaj. Même dans son enfance il était très futé, actif et avait la capacité d’absorber les choses très rapidement. Il n’étudia pas beaucoup à l’école mais était très intelligent, astucieux et malin dans son comportement. Il était toujours très droit et parlait avec une idée réfléchie. Il ramenait ses réponses à chaque question avec un sens plein. A l’âge de 16 ans, alors même qu’il était trop jeune pour travailler, il pris le travail de comptable dans la firme Marwadi de Bijipur. Là, il rencontra son maître Shri Bhausaheb Maharaj, qui a bâti un ashram dans le petit village d’Inchgiri dans l’état du Karnataka, qui commença dans l’année 1885. Shri Bhausaheb Maharaj, comprenant les capacités mentales et les habitudes de vie de gens, commença à enseigner la méditation à ses disciples dans le monastère.

Le but principal de cet enseignement était d’atteindre la Réalité Finale. Sa méthode est connue en tant que  » Pipilika Marg » ou la voie de la fourmi dans la Mythologie Hindoue ; c’est un processus lent pour atteindre la Réalité Finale. Shri Siddharameshwar Maharaj, après avoir passé à côté de son Maître Bhausaheb Maharaj l’année 1914, méditait sur les enseignements de son Maître. En 1918, il renonça au monde et rejoignit ses quatre disciples frères pour populariser l’enseignement de son Maître. L’année 1920, alors qu’il faisait un voyage pour populariser cet enseignement, il eut l’idée que l’on pourrait aller au-delà de la méditation parce que la méditation est l’état initial pour atteindre la Réalité Finale. Ses frères disciples n’étaient pas d’accord avec Shri Siddharameshwar Maharaj, disant que leur maître Shri Bhausaheb Maharaj ne leur avait pas dit cela. Il leur dit d’accord, mais ajouta  » pourquoi n’irions-nous pas au-delà de cela ? ». Il décida de s’atteler à ce sentier ardu de son cru, les laissa, et retourna à Bijapur chez lui.

Il commença sa méditation à Bijapur sur une plate-forme élevée en forme de petit minaret, assis sur un vieux canon et médita durant neuf mois sans cesse. Puisque son Maître ne lui avait enseigné que la méditation, il n’y avait pas d’alternative pour atteindre la Réalité finale sans méditation. Ses efforts furent récompensés et son Maître le bénit. Il expliqua alors que l’on peut atteindre la Réalité Finale par le chemin de l’oiseau « Vihangam marg », en pensant que l’ignorance est survenue d’avoir entendu parler les générations successives. Rien qu’en entendant et pratiquant les enseignements du Maître et en y pensant à fond, comme les oiseaux passent d’un arbre à l’autre, on peut atteindre la Réalité Finale très rapidement. C’est le chemin le plus court pour achever la Réalité Finale. Dans les deux chemins, on a à atteindre la Réalité Finale en allant dans le Laya (dissolution de la conscience), c’est -à-dire l’absorption de soi. L’ignorance est survenue par les pensées et si les pensées sont absorbées dans la Réalité, on peut aller à la Réalité Ultime par la pensée seulement. Il fit des efforts incessants pour réaliser cette Réalité Ultime. Il dit : »j’atteindrai la Réalité Ultime même au prix de ma vie. »

Par la grâce de son Maître Bhausaheb Maharaj, il atteint le but final de la Réalité Ultime. Il commença alors à prêcher à ses disciples d’atteindre la Réalité Ultime via Vihangam Marg (le chemin des oiseaux, par la pensée). D’abord, il donna la Connaissance de la Réalité Ultime à ses disciples et leur demanda de renoncer, et de renoncer même à l’acte de renoncer. Finalement, il donna la connaissance de Vijnana– la Réalité sans pensée. Il prêchait en un langage très simple, lucide et logique, donnant des exemples dans la vie de tous les jours. Il avait l’opinion que Parmarth — comprenant la Réalité Ultime, devrait être enseignée dans un langage très simple sans user de mots pompeux et ronflants, afin de faire comprendre aux gens la Réalité Ultime. Il fit cela des années 1925 à 1936.

Finalement, il passa au-delà le 9 Novembre 1936, à Bombay, donnant une compréhension complète de la Réalité Ultime à ses disciples. C’est pourquoi ce livre est la Clé Maîtresse de la Réalisation Ultime. Ce livre explique un des chemins qui mène à la Réalité Ultime. C’est-à-dire, la connaissance que vous ne faites pas partie des quatre corps et que là demeure l’Ego de la connaissance qui devrait être dissolu dans la Réalité Ultime nommée « Laya »(Absorption).

Shri Dattatray Dharmayya Poredi a répandu une des conférences de Siddharameshwar Maharaj connue comme la « Maître-Clé de la Réalisation du Soi ».( Atmagyanachi Gurukilly). C’était l’un des disciples capables de Siddharameshwar Maharaj vivant à Solapur (dans l’état de Maharashtra, Inde) et a écrit aussi de nombreux poèmes sur Vijnana (Réalité Ultime) enseigné par le Shri Sadguru Siddharameshwar Maharaj. La Maître-Clé de la Réalisation du Soi, qui est écrite en Marathi, est traduite en anglais par Madame le Dr Damayanti Dungaji. Elle est disciple de Shri Sadguru Nisargadatta Maharaj, qui est le disciple de Shri Sadguru Siddharameshwar Maharaj. Shri Sadguru Siddharameshwar Maharaj prêcha étape par étape dans un langage très simple sur la façon d’atteindre la Réalité Ultime durant les années 1925 à 1936. Ses enseignements ont été publiés en Marathi comme « Amrut Laya ». Ces conférences ont aussi été traduites en anglais et seront publiées pour le bénéfice de ceux qui ne comprennent pas le Marathi.

extrait de l’Entretien 1  ; Autre entretien avec Shri Sadguru Siddharameshwar Maharaj  , disciple de Nisargadatta Maharaj 

Publié dans LECTURES Inspirantes, SAGESSE | Pas de Commentaire »

Le Viol d’Europe ou le féminin bafoué

Posté par othoharmonie le 8 juillet 2013

 

Aux fondements de la culture européenne : un déséquilibre masculin/féminin.

par Françoise Gange

Le Viol d’Europe ou le féminin bafoué dans AUTEURS A CONNAITRE livre1Le mythe d’Europe est, comme tous les grands mythes fondateurs, constitué par la superposition de deux strates reflétant les deux cultures qui se sont universellement succédées : l’antique culture de la Grande Mère et de son consort symbolisé sous les traits du grand Taureau fécondant, puis celle du Dieu Père qui est venue la supplanter par les armes (premières guerres de l’histoire) en se présentant comme le Commencement. Ce mythe d’Europe n’a été lu jusqu’ici que dans sa dernière strate, la plus récente, qui exprime la perspective grecque patriarcale ; la première strate ou strate originelle, concernant la culture de la Déesse, ayant été effacée.

C’est ainsi que le cœur du mythe, à savoir les tribulations d’Europe enlevée sur le rivage de Tyr et violée par Zeus en Crète où il l’a emmenée, s’avère mettre en scène, originellement, non pas la plaisante « histoire d’amour » que l’on a présentée traditionnellement, mais la grande révolution historique qu’a connue l’humanité aux âges du Bronze : d’une culture du féminin sacralisé dans la « première Histoire », l’humanité est passée à la culture du féminin déchu et livré à l’homme, devenu le guerrier conquérant de cette « deuxième histoire » qui est encore la nôtre.

Le « dépoussiérage » de ce mythe permet de saisir les causes de la violence contemporaine, issue de la désacralisation conjointe du féminin de l’humain et de la Nature, intervenue voici plus ou moins 5000 ans, c’est-à-dire hier au regard d’une aventure humaine vieille peu ou prou de 2 millions d’années. Si, abandonnant l’optique patriarcale univoque, on perçoit le viol d’Europe comme l’équivalent de la chute de l’Ame, et le triomphe de Zeus comme le triomphe de la Matière et de la force brute, on est alors à même de comprendre l’essence des sociétés modernes où l’équilibre féminin/masculin a été détruit et où la violence est allée de pair avec un matérialisme porteur de mort. Une trilogie d’exploration de la culture universelle

« Jésus et les Femmes » « Avant les Dieux, la Mère Universelle » « Le Viol d’Europe ou le féminin bafoué » forment une œuvre de redécouverte de la culture néolithique qui a précédé l’émergence de l’ordre patriarcal. Cette trilogie qui commence en Mésopotamie, sur le territoire de Sumer (correspondant en gros à l’Irak contemporain) d’où sont originaires les mythes les plus anciens déchiffrés à ce jour, pour se poursuivre en Grèce, en Egypte, au Moyen Orient, en Inde, sans oublier l’Europe. On y découvre que la culture patriarcale conquérante, c’est-à-dire guerrière, étayée sur les valeurs matérielles d’extension des territoires, d’accumulation des biens et de compétitivité, n’a pas toujours existé mais qu’elle est au contraire récente au regard de la longue culture qui l’a universellement précédée, organisée autour de la notion de divin féminin, et qu’elle a fini par submerger après une suite de revers.

Il est traditionnel de présenter cette culture patriarcale, dernière en date, comme la seule digne d’attention car elle représenterait le « progrès » accompli sur des temps antérieurs de « chaos ». Ce que révèlent ces trois livres, c’est que bien au contraire, l’émergence de l’ordre patriarcal conquérant, venu s’installer militairement (premières guerres de l’histoire) par-dessus la culture structurée autour de la Grande Déesse, Mère divine universelle, s’est accompagnée, dans toutes les zones géographiques confondues, de temps de chaos guerrier, véritable régression culturelle à différents niveaux. Les mythes de Sumer témoignent du fait que cette « première culture », aux temps du divin féminin, loin de limiter les actions et comportements humains à la seule matérialité, évoluait dans un monde symbolique qui prenait en compte la dimension spirituelle de l’humain et du monde. On découvre que l’amour, envisagé comme l’union entre les deux grands principes féminin et masculin, était sacralisé comme l’étaient aussi les arts -chants, danses, musique, représentations symboliques dessinées ou sculptées…- qui tenaient une place d’importance dans la vie sociale. On y apprend pourquoi et comment la culture guerrière postérieure, qui est toujours la nôtre et qui a démonisé le féminin et chassé le spirituel (l’être et l’âme) de ses préoccupations, pour se consacrer au monde matériel de l’avoir, a progressivement réussi, presque partout, à effacer cette « première culture » ou culture du féminin divin, en se faisant alors passer pour le Commencement.

Cette trilogie met en lumière le fait révolutionnaire que tous les grands mythes fondateurs universels, premiers écrits organisés que nous a laissés l’humanité, loin de n’être que des œuvres de pure imagination comme on l’a cru trop souvent, représentent en réalité la voie royale vers la totalité de notre Histoire, totalité de notre mémoire, car ils restituent dans leurs strates originelles non aperçues jusqu’ici, l’histoire des temps anciens enfouis, c’est à dire cette culture de la Déesse, dont l’histoire « officielle » désireuse de promouvoir la culture patriarcale conquérante, a effacé la trace. On découvre ainsi que le mythe n’est pas synonyme de « fable », mais qu’il se révèle au contraire comme l’ultime gardien de notre première histoire enfouie, histoire à laquelle la culture patriarcale s’avère avoir fait tant d’emprunts… elle qui se présentait comme seul vecteur de « civilisation ».

Dernière découverte d’importance : ces trois livres mettent en lumière le fait que l’œuvre de démonisation et d’occultation du rôle historique du « Grand féminin » <-féminin divinisé qui constituait le pivot de la culture au néolithique- entreprise par les premières religions patriarcales, a été reprise et parachevée par la religion du Dieu biblique, premier Dieu sans parèdre féminine de toute l’histoire ; puis par le judéo-christianisme qui a fait dégénérer le message du Jésus de la gnose, message dont le cœur était la réhabilitation du féminin démonisé, dans un but de réconciliation de l’humain avec ses deux moitiés, féminine masculine.

Françoise Gange, philosophe et ethno-sociologue, se consacre depuis un quart de siècle à l’exploration des mythes, faisant ressortir leur rapport étroit avec l’histoire vécue par l’humanité. Elle a publié autour de ce thème divers essais et romans, et participé à des œuvres collectives. Par ce nouveau livre intitulé Le Viol d’Europe ou le féminin bafoué, elle poursuit l’œuvre de découverte ou plus exactement de désoccultation, de notre première mémoire, première culture, des temps où le divin était féminin, commencée avec Avant les Dieux, la mère universelle et Jésus et les Femmes. Aux Editions Alphée.

A lire : le viol d’Europe ou le féminin bafoué. Françoise Gange. Editions Alphée. 

 

Publié dans AUTEURS A CONNAITRE, LECTURES Inspirantes, LIVRES de Travail | Pas de Commentaire »

SIGNES EXTÉRIEURS DE SAGESSE

Posté par othoharmonie le 6 juillet 2013

Dialogue entre STEPHEN JOURDAIN -GILLES FARCET

 SIGNES EXTÉRIEURS DE SAGESSE dans LECTURES Inspirantes images-et-

Gilles :A seize ans, donc, l’éveil! Et les autres ? Tu n’en as parlé à personne ?

Steve : A personne. Enfin, disons que j’ai essayé deux ou trois fois d’en parler à mon père, à mon grand-père, à ma mère… Comme cela s’est très mal passé, J’ai décidé de fermer ma gueule. Honnêtement, pendant dix ans, j’ai cru que je ne l’ouvrirais plus. L’éveil s’est produit à seize ans et ce n’est que vers trente ans que j’ai dû commencer a en parler.

Personne n’a rien remarqué ?

Non. Le propre de cette chose, c’est de n’être pas remarquée. Tu comprends, l’éveil ne produit aucun effet. Comme on dit : tout est changé, rien n est changé…

Ouais… Je crois avoir l’intuition de ce que cela signifie, mais cette proposition ne me satisfait pas vraiment…

Ce en quoi tu as raison ! En général, les gens sont ravis de cette formule, ils ont l’impression d’avoir fait le tour de tout, d’avoir tout compris : tout est changé, rien n’est changé, tout est dans tout et réciproquement, et bla bla bla… Moyennant quoi, personne n’a rien compris et on sombre dans la confusion. Reste que cette proposition recouvre quelque chose de profondément vrai, à savoir que cet événement qui est le seul événement réel d’une existence humaine est en même temps un non-événement absolu, ainsi que nous l’avons dit. Un non-événement ne saurait produire d’effets.

Tout de même…

Non ! L’éveil perçoit tout comme une extension de lui-même, une marionnette dont il tire les fils. Si je fais une brillante réflexion à propos de la nature de l’éveil, je la perçois comme irréelle, comme une marionnette que je suis en train d’agiter. Ne pouvant oublier que c’est ma propre main qui fait bouger la poupée, je ne puis croire à sa réalité. Je ne puis donc croire à cette philosophie que j’aurais tendance à bâtir au sujet de l’éveil, si bien que ladite philosophie ne saurait en quoi que ce soit modifier mon comportement.

Tu as cependant nettement senti que cette expérience te différenciait des autres ?

Lorsque cela s’est produit, j’ai parfaitement ressenti l’abîme qui me séparait des autres. Un abîme sans appel, soyons francs. Si cela jaillit en toi, tu auras l’impression qu’il existe entre toi et les autres, plongés dans l’état de conscience courant, une différence telle qu’on ne saurait même envisager l’idée de jeter une passerelle. La distance est énorme… Aujourd’hui, après quarante ans, c’est un peu différent. Je veux dire par là que, par une sorte de phénomène de projection, je ressens tout le monde comme éveillé même si, intellectuellement, je sais très bien qu’il n’en est rien. Mais à l’époque, la distance m’était perceptible, sensible.

Et pourtant, à t’en croire, il serait impossible de remarquer quoi que ce soit de différent chez un éveillé…

En fait, un observateur intelligent et très attentif pourrait remarquer certaines choses. Mais je me suis toujours attaché à n’en rien laisser paraître. De même qu’on ne va pas baiser devant tout le monde, à moins d’être exhibitionniste, il ne saurait être question d’étaler au grand jour cette réalité si intime qu’est l’éveil.

Soyons précis : que pourrait-on remarquer ?

Eh bien, prenons par exemple l’attention multidirectionnelle qui est un corollaire de l’éveil…

Oui, la nature même de l’attention change. Auparavant, l’attention était comparable à un trait de métal rigide. Ce trait avait une cible tout à fait ponctuelle : chaque acte d’attention dirigé sur une cible projetait tout le reste dans l’ombre de l’inattention. Avec l’éveil, cette loi change et le trait se déploie en éventail, si bien qu’on en arrive à l’attention multidirectionnelle, ce qui constitue un choc. On se met à voir tout en même temps, un milliard de choses sont perçues simultanément, si bien que la richesse du paysage terrestre devient proprement inouïe. Il est évident qu’un observateur un tant soit peu attentif décèlerait des transformations d’ordre physique chez la bienheureuse victime de cette extraordinaire panoramisation de l’attention, ne serait-ce que parce qu’on entre alors en extase… Bref il se passe quelque chose, c’est sûr ! On pourrait repérer d’autres signes, mais ce sont des signes discrets…

Extraits de L’IRRÉVÉRENCE DE L’ÉVEIL – Rencontres avec un franc-tireur de la sagesse – les Éditions du Relié 

Publié dans LECTURES Inspirantes, SAGESSE | Pas de Commentaire »

Notre potentiel oublié

Posté par othoharmonie le 6 juillet 2013

Notre potentiel oublié dans LECTURES Inspirantes cat_animation

Les peuples qui nous ont précédés et qui eurent au moins le grand mérite de nous léguer une planète habitable, n’étaient pas, quant à eux, des obsédés de la croissance et du pouvoir d’achat. Leurs centres d’intérêts étaient d’une toute autre nature : ils se passionnaient pour des questions mystiques et métaphysiques et entreprirent, par de multiples voies, de connaître et développer les aptitudes et potentiels de la conscience et de l’esprit. Aussi, sur tous les continents et dans toutes les cultures, peut-on trouver le récit ou le témoignage d’êtres s’étant affranchis des limitations de la conscience ordinaire et faisant montre de qualités et capacités exceptionnelles : une joie et un amour constants et sans limite, une totale sérénité et un niveau élevé de discernement et de sagesse.

Cet état résultant d’un changement intérieur radical, se trouve qualifié par des mots très variés : ainsi en Orient, on parle dans le bouddhisme d’éveil ou d’illumination, dans l’hindouisme : de libération ou de réalisation, et dans d’autres traditions (soufisme, taoïsme et même chamanisme) on trouvera des termes équivalents ; en Occident, on recourt aux concepts quelque peu différents de sagesse ou de sainteté, mais les états que ces divers mots tentent de traduire, s’avèrent proches ou similaires, car ils constituent une réalité universelle, un potentiel offert à tout être humain, quels que soient sa culture, son origine ou son parcours. 

Le véritable bonheur serait-il donc l’Éveil ?
En quoi consiste-t-il exactement et comment en faire l’expérience ?
Comment reconnaître les « éveillés » ? Passent-ils devant une commission chargée de les évaluer, les authentifier et leur délivrer une certification ou une autorisation d’exercer ?

Il n’existe heureusement pas de bureaucratie de l’Éveil. Le rayonnement, la bonté et l’amour qui émanent des éveillés sont les seules sources de la fascination qu’il suscitent. Pour qui a eu la chance de les rencontrer ou même de les voir en photo ou en vidéo (notamment par les livres et films d’Arnaud Desjardins), ce qui frappe est d’abord la profondeur et l’intensité de leur regard, à la fois doux et puissant, aimant et conscient.

L’amour que manifestent les éveillés a ceci de remarquable et d’inhabituel, qu’il touche chacun intimement et parfois de façon bouleversante, tout en étant parfaitement impersonnel, offert également à tous les êtres qu’ils rencontrent. Cette manière d’aimer nous est la plupart du temps inconnue, tant elle diffère de ce que nous nommons généralement « amour », sentiment possessif, exclusif et jaloux, accordé à certains et pas à d’autres, susceptible de se muer, s’il est contrarié, en haine, mépris ou même indifférence. L’amour ressenti par un être éveillé est au contraire patient, immuable, paisible et inconditionnel (accordé sans condition), parce qu’il ne dépend pas de l’autre mais de soi et résulte simplement de la joie d’être, de la reconnexion à la source intérieure et éternelle de sagesse et de bonté.

N’étant plus sujets aux projections, illusions et fantasmes qui altèrent généralement le mental humain, ayant atteint un plan de conscience situé au-delà des émotions aliénantes, ils perçoivent le réel avec clarté et précision, et s’y adaptent d’instant en instant, avec aisance, naturel, grâce et fluidité. Autrement dit, ils improvisent constamment, ce qui ne manque pas de décontenancer ceux qui ne s’autorisent pas pareille liberté. Leurs paroles, actes et décisions ne se fondent pas sur l’application de principes, règles ou commandements, mais sur la perception directe et immédiate de chaque situation et sur l’appréciation intuitive de la meilleure conduite à tenir, pour le plus grand bénéfice de chacun.

En raison de la joie, l’énergie et la sérénité qu’ils émanent, les éveillés sont souvent l’objet d’un immense respect, voire même d’une intense vénération, pouvant aller jusqu’au culte de la personnalité. Or l’adulation ou l’idolâtrie n’aide en rien à progresser sur la voie de l’Éveil. C’est même le contraire car, aussi longtemps que l’on mettra un autre être sur un piédestal en chantant ses louanges, on niera sa propre beauté et sa propre lumière, en les projetant sur son gourou de prédilection.

Pourtant, l’Éveil ne nous est pas inconnu : nous en avons tous eu des aperçus, ne serait-ce que fugitivement, durant quelques minutes, heures ou semaines dans des circonstances particulières, au cours d’un voyage, au plus fort d’une relation amoureuse, pendant un intense épisode de création artistique ou durant un séjour au cœur de la nature…

Il nous est ainsi tous arrivé de ressentir soudain et sans savoir pourquoi, une immense joie et une profonde paix, éprouvant le sentiment de la perfection de l’instant présent et d’être un avec le monde, l’univers et la vie, puis de perdre cette connexion, de refermer les portes du sublime et de retomber dans les illusions et limitations de la conscience ordinaire. C’est pourquoi l’Éveil nous appartient et nous concerne tous : il existe en chacun à l’état latent ; il est notre nature véritable, notre identité ultime, essentielle et ineffaçable, qui ne peut nous être retirée, quels que soient nos torts, erreurs, défauts ou insuffisances.

L’Éveil n’est donc pas l’apanage, ni la propriété exclusive de quelques ermites en lévitation dans une grotte de l’Himalaya ou de gourous fameux, entourés de leurs nombreux disciples dans de vastes ashrams. L’Éveil est le devenir et la vocation de l’humanité toute entière, notre rêve perdu, notre mission oubliée et la raison d’être de notre présence sur Terre.

Dans les milieux dits spirituels, l’Éveil est généralement conçu comme un évènement grandiose, impressionnant,  spectaculaire, réservé à quelques êtres prédestinés et quasiment inaccessible au commun des mortels. Cette conception élitiste et hiérarchique de l’Éveil, qui conduit à le placer en-dehors de l’existence quotidienne de chacun, hors de portée de la majorité des humains, ne correspond pourtant pas à la réalité : pour qui en a fait l’expérience concrète et effective, le processus d’Éveil revêt de multiples formes, différentes pour chacun : il peut être immédiat ou graduel, comporter des avancées et des reculs, des ombres et des lumières ; il est mystérieux, progressif, incontrôlable et imprévisible. Le temps est venu, sans doute, de démythifier, désacraliser et démocratiser l’Éveil et de comprendre qu’il s’agit d’une possibilité universelle, chacun d’entre nous pouvant dès lors être légitimement qualifié d’éveillé en puissance ou en devenir, d’intermittent de l’Éveil comme il est des intermittents du spectacle.

MANIFESTE POUR UNE NOUVELLE SPIRITUALITÉ par Yann Thibaud extraits de « L’Éveil de l’humanité (L’Écologie intérieure 3) »

Publié dans LECTURES Inspirantes | Pas de Commentaire »

La nuit porte conseil

Posté par othoharmonie le 4 juillet 2013

La nuit 
porte vraiment conseil

 La nuit porte conseil dans LECTURES Inspirantes 8

Le rythme est inhérent à la vie. Temps forts et temps faibles se succèdent afin de porter l’harmonie de la symphonie unique de notre existence. Si, le jour, nous nous devons d’être actifs, la nuit induit une tranquille passivité au cours de laquelle notre réceptivité inconsciente recharge nos énergies et prépare l’avenir.

Vous avez certainement connu, un matin au saut du lit, cette sensation qu’une décision juste s’imposait à vous de façon si claire que vous aviez l’impression d’une véritable révélation, alors que la veille tout était embrumé. Il s’agit là de la preuve qu’il existe en nous une partie inconsciente qui peut agir positivement, pour peu que nous laissions de côté certaines rationalisations…

Les plus cartésiens le prouvent…
Il n’y a pas plus cartésien que notre grand philosophe René Descartes ! Mais saviez-vous que ce grand penseur du XVIIème siècle a eu l’intuition du fameux « Discours de la méthode » dans un songe, alors que tous ses sens (sauf peut-être le sixième !) étaient endormis ? Le cerveau a donc bien cette capacité à continuer de travailler pendant notre sommeil. Une expérience pleine d’enseignement a été réalisée par des neurobiologistes de l’Université de Lübeck. Il s’est agi de comparer deux groupes de personnes à qui l’on avait demandé de résoudre un problème mathématique complexe que seule une intuition mathématique pouvait éclairer. Le premier groupe devait travailler le matin pendant une heure, vaquer à d’autres occupations puis calculer encore dans la soirée. Au deuxième groupe, il a été demandé de commencer les calculs juste avant de s’endormir puis de continuer au réveil. Le premier groupe eut 20 % de réussite, le deuxième 3 fois plus, soit 60 %. Par une alchimie que nos scientifiques ont du mal à élucider, l’intuition s’est élaborée pendant la nuit. Les explications alléguées seraient que les règles de calcul mémorisées par l’hippocampe ont été transférées aux lobes frontaux puis associées à un « savoir faire » mathématique, acquis au fil d’expériences passées. Ainsi et même si nous ne connaissons pas toutes les subtilités de notre cerveau, il est toutefois bon de savoir que nous pouvons lui faire confiance… même pendant notre sommeil. Sigmund Freud, neurologue de formation, a d’ailleurs basé sa découverte de la psychanalyse sur l’étude des rêves, postulant d’un système inconscient possédant un rôle important.

L’autosuggestion positive
Il existe une technique de yoga nommée yoga nidra (yoga du sommeil) occidentalisée par la sophrologie. Elle consiste à détendre un à un les muscles du corps jusqu’à parvenir à un état dit sophroliminal, à la limite du sommeil. Il s’agit pour les yogis d’expérimenter cette vie inconsciente tout en restant éveillé. Une phrase positive, nommée sankalpa, est prononcée au début et à la fin de chaque séance. Les pratiquants constatent, dans leur majorité, une amélioration de leur clarté d’esprit. Utilisée plus prosaïquement, l’autosuggestion positive s’avère véritablement efficace pratiquée avant de s’endormir. Pendant la nuit, votre cerveau va vous conseiller, de la même manière qu’il peut vous déstabiliser si vous vous endormez avec en tête une idée négative. Les cauchemars, après avoir visionné un film perturbant, en sont la preuve.

N’ayons pas peur
Pris dans son sens figuré, la nuit peut évoquer un long tunnel, un passage à vide, un état dépressif. Pourtant les Sages disent que c’est au moment précis où la nuit est la plus noire que la lumière jaillit. Il ne peut pas en être autrement. Ils ont d’ailleurs l’habitude de conseiller à leurs disciples de se lever la nuit, de monter sur une colline et d’assister au lever du soleil. Simple technique que chacun peut expérimenter au moins une fois dans son existence. De la même manière, accepter les moments sombres avec confiance, c’est avoir la certitude qu’au bout du tunnel la joie est là, toujours présente mais momentanément cachée…

 Frédéric Bouton – article paru dans http://www.psychanalysemagazine.com

Publié dans LECTURES Inspirantes | Pas de Commentaire »

Conscience, Dualité et non-dualité

Posté par othoharmonie le 4 juillet 2013

Conscience, Dualité et non-dualité dans LECTURES Inspirantes agissante2

Dialogues avec Lama Denis et Arnaud Desjardins

UNE FEMMEJe voudrais vous demander des précisions sur le mot conscience. Il me semble en effet qu’il existe deux niveaux de conscience: celui où nous avons justement conscience de ce qui se lève en nous, de la dualité, de notre nature profonde et en même temps de nos émotions, comme s’il y avait deux choses à la fois et puis l’autre conscience qui est la sensation d’être, même si cela ne se manifeste qu’à de très brefs instants. Est-ce que vous pouvez faire le lien entre ce que j’appelle ces deux consciences ?

LAMA DENIS. Le problème de terminologie, et Arnaud nie corrigera si je fais une erreur, me semble venir de ce que, dans le vedânta, on emploie conscience aussi bien au niveau relatif, relationnel et par là même dualiste, que pour parler de l’esprit au-delà de la dualité. Alors que dans le dharma on utilise conscience dans son sens restreint et précis qui est celui de connaissance de: il n’y a de conscience que conscience de quelque chose, c’est-à-dire que la conscience est toujours une expérience duelle. La vacuité, au sens du dharma, est l’absence de conscience. L’absence de connaissance dualiste est une expérience immédiate – immédiate, entendu au sens de dépourvue d’intermédiaire, de médium et aussi immédiate comme pleinement dans l’instantanéité du présent.

ARNAUD. Oui, il s’agit d’un point essentiel à clarifier pour ne pas être perdu en lisant des ouvrages d’hindouisrne ou de bouddhisme, qui utilisent ce mot conscience. Le terme sanscrit chit, traduit par conscience, est utilisé à différents niveaux. On va par exemple employer le mot conscience pour désigner le simple fait que nous soyons conscients au lieu d’être inconscients, comme peut-être dans le coma ou l’évanouissement. Mais on va aussi l’employer pour la conscience ultime, la conscience qui n’est plus conscience de quoi que ce soit, le pur sujet sans objet. Toute la question est donc celle du sujet et de l’objet. Est-ce qu’il y a un sujet qui a conscience d’un objet?

Il faut bien comprendre qu’il ne peut pas y avoir de distinction réelle entre l’absolu et le relatif, sinon l’absolu n’est plus absolu. Si on dit l’absolu et le relatif, cela signifie : ici l’absolu s’arrête et là le relatif commence; cet absolu ne peut donc plus être considéré comme absolu.

L’absolu peut exister sans le relatif mais le relatif ne peut pas exister sans l’absolu. Le relatif est l’expression ou la manifestation de l’absolu. Pour reprendre une image extrêmement simple, il n’y a pas d’un côté l’océan au singulier, immuable pour les besoins de l’image, et de l’autre les vagues. L’océan est dans les vagues, les vagues sont dans l’océan, l’océan est les vagues, les vagues sont l’océan et on peut affirmer: l’absolu c’est le relatif et le relatif c’est l’absolu.

On emploie aussi beaucoup, dans la terminologie hindoue, l’expression le réel et l’irréel. Le mot sat qu’on traduit par être veut également dire réel. Le monde dont nous avons l’expérience, c’est à la fois le réel et l’irréel, le réel sous-tendant l’irréel. L’irréel, c’est le changeant qui apparaît, qui disparaît et le réel, c’est ce qui subsiste. Si on enlève l’irréel, qu’est-ce qui reste? Le réel. Et si on enlève le réel, qu’est-ce qui reste? La réponse absurde consisterait à dire:  » Il ne reste plus que l’irréel.  » Si on enlevait le réel, il ne resterait rien. Si on fait disparaître les vagues, l’océan demeure avec ou sans vagues. Mais si on faisait magiquement disparaître l’océan, pas une vague ne subsisterait.

Que nous disions, toujours dans la terminologie hindoue, l’absolu est le relatif, le réel est l’irréel, ou que nous employions l’image de l’océan et des vagues, cela revient toujours à la même idée: la Conscience pure et les formes de conscience. La conscience prend telle ou telle forme, la forme d’une pensée, la forme d’une perception, d’une conception, d’un désir, d’une émotion – tout ce qui se passe à l’intérieur de nous. Et généralement, le niveau auquel nous nous situons, ce qui constitue nos existences, ce dont nous avons l’expérience, c’est cette surface changeante, limitée, divisée, désignée par ce terme d’irréel. Mais l’irréel est l’expression du réel et les formes de conscience sont les expressions de la Conscience au singulier. On ne peut pas faire de distinction qui serait une séparation. Et la démarche védantique consiste à essayer de dépouiller le sujet de tout ce qui peut être objectivé, c’est-à-dire devenir un objet dont un sujet prend conscience. Du point de vue de la démarche hindoue, le témoin, sakshin, constate tout ce qui se passe en nous.

Pour commencer, nous établissons donc une distinction entre ce qui voit et ce qui est vu. Je vois qu’il y a une tristesse, je ne m’y oppose pas, je ne la refuse pas, je ne me confonds pas avec cette tristesse. Je reconnais, je constate: juste ici, juste maintenant, au niveau affectif il n’y a pas une grande joie, il y a une tristesse. Au niveau physique, je vois, je constate: il n’y a pas une impression d’être en pleine forme et débordant d’énergie, il y a une impression d’être fatigué, vidé et à la limite de tomber malade. Et même les pensées peuvent être vues et reconnues: cette pensée précise vient de me traverser l’esprit, voilà les pensées qui ce matin m’assaillent et me ramènent dans une certaine direction. Pour commencer, c’est une dissociation – on emploie parfois le mot célèbre viveka, discrimination – entre le témoin qui prend conscience et ce qui est vu, à condition que ce témoin soit vraiment témoin, c’est-à-dire ne prenne parti en aucune manière ni pour juger que c’est bien, ni pour juger que c’est mal, ni pour aimer, ni pour ne pas aimer. L’insistance est sur la pureté parfaite de cette vision comparée très souvent à un miroir qui demeure neutre, qu’on lui présente un crapaud ou une rose.

Une certaine conscience d’être, moi ou je, se confond au départ avec toutes les perceptions passées et présentes, toutes les formes: je suis grand, je suis petit, je suis malade, je suis en bonne santé, je suis heureux, je suis désespéré. Et peu à peu commence à se dégager ce témoin, ce qui apparaît comme une dissociation, et même, si l’on n’est pas très attentif, comme une dualité. Le témoin ne change pas. Ce qui change tout le temps, c’est ce qui est vu, mais la vision du changement, elle, reste immuable. Dans nos premières tentatives, le témoin est faible, fragile, presque inexistant et pourtant c’est ce qu’il y a de plus réel en nous. C’est le sujet pur. Et puis ce témoin gagne en stabilité, il est moins souvent englouti, absorbé (ce que mon propre gourou appelait absorption du sujet par l’objet). Et peu à peu un fond de conscience neutre, non affecté, se dégage et se stabilise. Et plus tard, on découvre que cette distinction du spectateur et du spectacle, ou du sujet et des objets, n’est pas une véritable distinction. Toutes les formes de conscience émanent de la conscience sans forme. Mais dans l’approche védantique, il y a d’abord, comme pratique, cette dissociation du sujet et de l’objet, du spectacle et du spectateur, tout en admettant dès le départ qu’il n’y a pas une véritable distinction, de même qu’il n’y a pas de distinction réelle entre les vagues et l’océan. Ce dont nous prenons conscience est changeant, ce qui prend conscience est immuable. Mais surtout ne confondez pas le témoin – ou plutôt la « position de témoin de la conscience » avec l’ego.

Autre page sur Arnaud Desjardins :

Où échanger sur l’enseignement de Swami Prajnanpad? A l’Association « les amis d’Hauteville » (Ashram d’Arnaud Desjardins à Hauteville)

Publié dans LECTURES Inspirantes | Pas de Commentaire »

1...56789
 

katoueluv |
jeanneundertheworld |
darkangelusmag |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | debbyka
| nouvelles du front ... en a...
| Les ateliers d'Anissina Tur...