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En Occident, l’homme descend du sage

Posté par othoharmonie le 1 octobre 2014

 

Non, l’Orient n’a pas le monopole de la sagesse !

La sagesse n’est pas une affaire occidentale. On le répète un peu partout. Pour trouver cette denrée rare, une seule direction : l’Orient. Chez les Occidentaux, circulez, il n’y a rien à voir. Tout au plus quelques vestiges plus ou moins décomposés, dans les poubelles de l’histoire. Rien d’autre.

  images (5)Voilà ce que je souhaite contester. Car c’est devenu faux, si jamais ce fut vrai un jour. Reste à dire pourquoi. Un coup d’œil sur l’économie mondiale suffit pour savoir que l’industrie, les techniques et les machines, désormais, habitent en Orient. Pas un ordinateur, pas une tablette, pas un téléviseur ou un baladeur qui ne vienne de Chine, du Japon ou de Corée du Sud. L’Asie est technologique, financière et conquérante. Ironie de la mondialisation et ruse de l’histoire globale : les ingénieurs sont passés à l’Est. On pourrait alors imaginer que la sagesse « revient » à l’Occident, comme un retour et comme une responsabilité. Industriellement déclinant, l’Occident serait en passe de devenir le musée des anciennes formes de sagesses orientales. Le Tibet une fois entièrement bétonné, couvert de tôle ondulée et de drugstores chinois, l’esprit du Toit du monde se réfugierait sur les rives de la Dordogne ou dans les vallées de Californie.  

On en finira donc avec ce vieux cliché : l’Occi­dent fabrique des machines, l’Orient des sages. Cet­te fable a même été répandue par des auteurs illustres. Ainsi, à la fin du xixe siècle, l’Indien Vivekananda, le disciple de Ramakrishna, disait carrément : « Lorsque l’Oriental veut s’instruire de la construction des machines, il vient s’asseoir au pied de l’Occidental et apprendre de lui. Lorsque l’Occident veut s’instruire de l’esprit de Dieu, de l’âme, de la signification et du mystère de l’univers, il doit pour apprendre aller s’asseoir au pied de l’Orient. » 

C’était une commode division du « métier de vivre » : aux uns la mécanique, aux autres la spiritualité. La contrée des ingénieurs s’opposait au pays des gourous. Le foyer mythique de la sagesse contrastait avec la patrie, non moins mythique, de la science, de la technique et de la raison. Il est temps de quitter ces images simplistes et déformantes, ces clivages East and West qui ont traversé – du siècle des Lumières à celui des Beatles – nos récits et nos pensées.  

Arrêtons donc de croire qu’il existe, côté occidental, la domination et, côté oriental, le renoncement. Il n’y a pas sur un versant le projet de soumettre la matière et le monde, et sur l’autre le recueillement dans la présence ou la vacuité. Tous ces vieux matchs Occident-Orient paraissent obsolètes, qui faisaient entrer en compétition matière contre esprit, monde présent contre outre-monde, relatif contre absolu, raison contre intuition. On rangeait l’Occident du côté des choses, de l’objectivité et de l’incroyance. Et l’Orient du côté de l’Absolu, des sagesses et des saluts. Encore une fois, c’est terminé. Il n’est pas sûr que la réalité ait jamais été ainsi, mais il est certain que ce n’est vraiment plus le cas.  

On se souvient de plus en plus qu’il y eut des sagesses d’Occident. En 1959, le philosophe anglais Bertrand Russell fut l’un des premiers à consacrer un ouvrage aux penseurs de l’Antiquité grecque sous le titre « Wisdom of the West » (« Sagesse d’Occident »). Il ne considérait pas leurs œuvres comme des vestiges archéologiques. Reste à comprendre, même de manière provisoire, quelle pourrait être la spécificité occidentale dans la sagesse. Aurait-elle un avenir, si oui de quel type ? Questions difficiles à résoudre. Rien n’interdit d’essayer. A mes seuls risques et périls, cela va sans dire.  

L’occident, un artéfact ? 

Demander si l’Occident a encore un rôle à jouer dans le domaine des sagesses, quelque chose à dire et à faire qui soit sien, suppose un préalable : admettre que l’Occident existe. Aujour­d’hui, on répète volontiers, chez les gens qui ont de l’instruction, que c’est une notion illusoire et même dangereuse, un artéfact culturel, un objet idéologique et politiquement néfaste – un mirage à écarter.  

Une brève mise au point n’est donc pas inutile. Il existe une pluralité d’acceptions du terme « Occident ». On peut donner à ce mot un sens géographique (là où le soleil se couche, et de manière délimitée : l’Europe de l’Ouest), un sens religieux (au Moyen Age : la chrétienté), un sens politique (pendant la guerre froide : le camp capitaliste), un sens économique et culturel (l’Europe, les Etats-Unis) ou encore un sens social et anthropologique : aujourd’hui « l’occidentalisation » couvre la planète des mêmes outils techniques, des mêmes laboratoires de recherche, des mêmes modes de vie.  

On doit évidemment être vigilant envers les usages suspects d’une prétendue identité occidentale. L’idée d’une « défense de l’Occident » a fait les beaux jours des extrêmes droites et devint une bannière des fascismes. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour nier toute réalité et toute consistance à l’héritage culturel et historique de la pensée dite occidentale. Au cœur de cet héritage, il y a des singularités, des éléments spécifiques. Certains constituent les lignes de force d’une sagesse possible. Essayons de les rassembler. 

Mort et transfiguration des sages grecs 

images (6)Les écoles de l’Antiquité grecque et romaine ne cherchaient pas la vérité pour elle-même. Ces écoles de sagesse élaboraient, autant que des savoirs et des sciences, des disciplines de vie visant à l’amélioration de soi. Il ne s’agissait pas d’activités distinctes – ici la connaissance théorique, là la transformation de soi –, mais d’une seule et même démarche. Sophos, en grec ancien, signifie tout autant « savant » que « sage ». La sophia est un savoir-sagesse. Ces deux faces que nous opposons sont, pour un Grec de l’Antiquité, rigoureusement indissociables. Le royau­me des sages ne fait qu’un avec l’empire des savants. Toute connaissance vraie transforme celui qui la détient. Et même la connaissance proprement mathématique implique une transformation morale. Car il n’existe pas, dans pareille perspective, de science sans conscience : il n’y a qu’une seule et unique « sapience ».  

Toute l’Antiquité occidentale – Athènes, Rome, Alexandrie… – est habitée de cette conviction, sept ou huit siècles durant. Epicuriens, stoïciens, cyniques, sceptiques, ne cessent de la répéter, de génération en génération. La figure du sage est centrale, la sagesse constitue l’idéal à atteindre, le modèle de la vie humaine dans sa perfection réalisée. Somme toute, la seule vie humaine pleine, conforme aux potentialités de l’humain, est celle du sage.

La figure du sage s’est effacée derrière celle du saint, à mesure que l’Occident se christianisait. A un idéal purement humain s’est substituée la soumission sacrificielle à la volonté divine. Même si le saint peut avoir bien des traits communs avec le sage, et même des comportements identiques, il s’inscrit dans une perspective radicalement différente.  

La figure du sage, en Occident, a été également concurrencée, au point d’être presque effacée, par l’idéal moderne du philosophe pur théoricien, artisan du concept, nullement soucieux de la transformation de soi-même. En se détachant de toute perspective pratique, la philosophie a été livrée à l’abstraction sans fin.  

Le frère jumeau du philosophe pur théoricien sera le scientifique, dernière figure de la rupture avec le sage. L’homme de science décrit le monde tel qu’il est, indépendamment de nous et de toute considération morale. La connaissance qu’il détient n’est pas censée le transformer, quand bien même elle peut changer la face du monde. On voit donc naître, depuis le personnage de Faust jusqu’aux romans fantastiques contemporains, une silhouette inimaginable dans l’Antiquité, celle du savant fou.  

La figure du sage grec, recouverte ou mise à l’écart par les figures du saint, du philosophe pur théoricien et de l’homme de science, n’a malgré tout jamais vraiment disparu. On la voit ressurgir sous diverses formes à la Renaissance, à l’âge classique, au siècle des Lumières, plus tard encore, travaillant du dedans l’histoire européenne. Elle affleure plus visiblement chez certains philosophes, tels que Montaigne, Spinoza, Schopenhauer, Nietzsche ou Wittgenstein.  

S’il est possible aujourd’hui d’envisager son retour, sous une forme évidemment transformée, c’est dans le contexte d’un Occident où le christianisme décline et où la sainteté ne parle plus, où la philosophie purement théorique vacille, où l’objectivité scientifique se fissure. Reste donc à esquisser, toujours à titre expérimental et provisoire, les premiers traits d’un sage occidental du XXIe siècle – encore virtuel, évidemment. Quatre traits, pour l’instant. 

Un sage qui argumente et convainc 

Sa première particularité est de tenir des discours argumentés. En Occident, la rationalité est émancipatrice parce qu’elle est parlante. Changer l’existence, orienter autrement le cours du désir, modifier les valeurs ou le rapport à soi-même nécessitent d’expliquer, parler, démontrer, convaincre. Pas seulement de méditer ou de donner l’exemple.  

Le sage, ici, sera donc d’abord celui qui utilise méthodiquement sa raison. Il n’en tirera pas seulement des propositions vraies, des résultats mathé­matico-scientifiques, mais aussi des moyens de dissiper les illusions, faux-semblants, faux objectifs, mirages de toutes sortes. Et de défaire ainsi les angoisses où nous nous débattons à cause de ces fantasmagories, sans motif  réel. 

Cette tradition de la démonstration dissipatrice et apaisante est ancienne. Ainsi, l’objectif d’Epicure est de « calmer la tempête de l’âme » par la philosophie qui nous débarrasse de la crainte illusoire des dieux, de l’inquiétude factice de la mort. Et ces raisonnements sont inséparables d’une parole ordonnée, logiquement élaborée.

Là encore, le vocabulaire compte : logos, en grec, comme chacun sait, désigne à la fois la raison et la parole. Le « sage-savant » est celui qui vit selon cette « parole-raison ». Nous avons donc affaire à une idée double. D’une part, seule la pensée logique et rationnelle peut véritablement conduire à la sagesse ; d’autre part, la connaissance vraie est nécessairement parlée, articulée, exposée. 

C’est là un écart incontestable avec l’intuition silencieuse des éveils d’Orient, qui sont presque toujours au-delà ou en-deçà du proférable, liés à l’extinction de la parole. En Inde, le Bouddha ou Shankara – sans parler de Nagarjuna – ont aussi un usage constant et méthodique de la logique. Mais elle n’est ni première ni dernière et toujours subordonnée à un silence, antérieur ou postérieur, originel ou final.  

Au contraire, la primauté de la raison parlante, sa domination et son règne semblent caractériser l’Occident comme sagesse et comme science. Dans son histoire, d’Aristote à Freud, on trouverait bien peu d’acheminement vers la sagesse sans une pratique de l’analyse rationnelle. Inversement, aucun grand système rationnel occidental n’est exposé sans une certaine ombre de sagesse qui lui colle à la peau, si l’on peut dire. Il reste toutefois à la faire passer dans la totalité de nos gestes quotidiens. Ce qui implique un entraînement. 

Un sage qui s’entraîne tous les jours 

Deuxième trait majeur de la sagesse en Occident : l’existence d’exercices spécifiques pour faire entrer les paroles vraies dans les faits – patiemment, par la répétition et l’entraînement. Les énoncés de la sagesse rationnelle constituent comme des patrons, au sens de la couture – des plans, des modèles, sur lesquels l’existence est à façonner. Aperçues par la raison, les vérités sont encore à faire advenir, petit à petit, dans les rouages du quotidien. 

La réussite de cette transformation n’est ni immédiate ni simple. Ni même assurée. L’exercice est lent. La résistance des matériaux appartient inévitablement au parcours. Le philosophe français contemporain Pierre Hadot (1922-2010) – qui fut professeur au Collège de France et influença notamment Michel Foucault – a mis en lumière le rôle central de ce qu’il a nommé « exercice spirituel ». C’était sa manière de traduire l’aïskèsis des Grecs – laquelle n’est pas ce que nous appelons aujourd’hui « l’ascèse », faite le plus souvent de renoncement et de mortification, mais simplement l’entraînement, le training. De même que sportifs ou musiciens doivent faire entrer dans les muscles et les tendons les gestes qui conviennent, le sage doit faire passer les énoncés-clés dans la réalité quotidienne – physique, psychologique, sociale.  

Par exemple, chaque soir, le stoïcien se demande si, dans la journée, il s’est comporté conformément aux principes qui sont les siens. Ne s’est-il pas laissé aller à la colère, au mépris des autres, à l’emportement inutile ? Ou bien il tente d’adopter « le point de vue d’en haut », de contempler la vie comme du sommet de la montagne voisine, pour prendre conscience de la relativité des événements, de la petitesse de nos existences, du caractère minuscule et risible, par rapport à l’immensité du tout, de ce qui nous trouble et nous agite.  

Ces exercices et quelques autres – comme celui de l’ancrage dans l’instant présent – sont de véritables leviers de la transformation. Ils balisent et guident le cheminement vers un état plus sage, ou entretiennent ce qui est déjà acquis. A la sagesse soudaine, foudroyante, s’opposent ces édifices construits bout par bout, à la longue. Au lieu du satori subit, le fitness de sapience jour après jour. 

Il existe évidemment des exercices spirituels ou des équivalents dans d’autres traditions. Toutefois, le caractère méthodique, répétitif, quasiment sportif de l’entraînement à la sagesse ­cou­plé à la rationalité ne semble pas avoir d’équi­valent strict dans d’autres aires culturelles. Ailleurs, on trouve de multiples pratiques corporelles qui font presque défaut à la tradition occidentale. L’exercice spirituel à l’occidentale est à comprendre comme une manière d’inscrire, à force de répétition et d’entraînement, une vérité logique dans la chair, dans les attitudes du corps, dans l’affectivité.  

Mais il n’est jamais certain que cela marche. Il se pourrait que la sagesse se révèle une tâche impossible, un vain rêve. Commencer à être sage, serait-ce reconnaître qu’on ne peut pas l’être ? Voilà une démarche paradoxale : la destruction du rêve devient positive, la déception se fait allègre. Là encore, une histoire ancienne se réactive. Les stoïciens disaient déjà, tout en poursuivant leur quête de sagesse, qu’il se pourrait qu’aucun homme ne soit jamais vraiment devenu sage Cette forme de corrosion critique, l’Occident la connaît et la pratique mieux que personne. 

Un sage critique et corrosif 

Critique, négative, éventuellement destructrice, telle est encore la sagesse occidentale. Les autres sagesses – le bouddhisme constituant une exception relative – sont toutes centrées sur un cœur de doctrine. En Occident dominent des aspects corrosifs, insoumis, subversifs. Voyez Diogène de Sinope crachant au visage des riches, Erasme célébrant la folie ou Schopenhauer conchiant les professeurs de philosophie : les sages occidentaux sont souvent plus irrespectueux que sereins, plus iconoclastes que pacifiés.  

Dogmes, conventions, préjugés, croyances, rien ne se trouve à l’abri : la raison parlante peut, tout le temps, tout remettre en cause. Sans oublier, évidemment, de mettre à l’épreuve la raison elle-même. Etrillée, critiquée elle aussi, sans complaisance ni faux respect. L’outil ne saurait se soustraire à l’examen : il serait curieux qu’il fût inoxydable, alors qu’il oxyde tout.  

A la pointe ultime du geste de sagesse occidental, on trouvera donc une possibilité permanente d’attaque de toutes les valeurs et institutions, de tous les savoirs et acquis. Il faut souligner cette manière très étrange de ne jamais être arrivé, installé, de toujours s’efforcer de défaire ce qu’on a édifié, en le corrodant du dedans. Il n’est aucune norme, aucune méthode, aucun régime politique qui n’ait été soumis à cette forme singulière de corrosion, d’oxydation de la critique rationnelle. En Occident, pas d’anti-oxydant ! 

Le risque, évidemment, étant de tout détruire, de ne rien laisser debout. Entre l’espace libéré des erreurs anciennes et le champ de ruines des vérités défaites, il arrive qu’il ne soit pas simple de faire passer une distinction claire et nette. Autrement dit, cette sagesse décapante est toujours susceptible de se retrouver du côté du néant, de la négation pure, de la destruction nihiliste.  

En fait, c’est un beau risque. Car il faut s’exposer à l’errance, à la désolation et à la mort pour se donner les moyens de faire éclater tous les carcans, de briser toutes les clôtures, d’extirper tous les enracinements. Si on veut se libérer de tout ce qui asservit l’existence, en Occident, il convient effectivement de risquer le néant. C’est un risque, encore une fois, mais qu’il faut allègrement porter, endurer, assumer, sans en faire toute une histoire, toute une tragédie habitée de pathos et d’angoisse.  

S’il existe quelque chose comme une sagesse occidentale, elle ne peut être close sur un dogme, une doctrine, une seule vérité. Elle se confond plutôt avec l’ouverture à des aventures indéfiniment nouvelles. Elle est toujours sur le point de s’annuler, de s’autodétruire – c’est ce qui la fait perdurer. Un certain négatif assure sa longévité. 

Un sage politique 

images (7)Dernier point : si l’homme occidental, demain, descend du sage, ce sera par le biais du politique. Le temps des ascètes solitaires n’est plus. Il n’y a d’avenir pour la figure du sage que réinscrite dans l’histoire, confrontée aux défis actuels, mêlée aux luttes pour un monde moins inhumain. Ce ne sont pas le retrait, la fuite hors du présent, l’indifférence à l’histoire, qui peuvent lui permettre d’avoir un avenir. C’est tout l’inverse.  

Ici, il reste beaucoup à inventer. Le point de départ est sans doute une curieuse boucle Orient-Occident. Car l’hybridation du sage et du politique, on ne l’a pas assez remarqué, est pour une part un effet de l’occidentalisation du monde. Gandhi en fut un des pionniers, mais pas en résistant d’entrée de jeu à l’Empire britannique – en découvrant au contraire les textes fondateurs de la sagesse indienne à Londres, en traduction anglaise. Il aura fallu cette boucle pour que démocratie à l’européenne et sagesse à l’indienne s’engagent dans une étrange et nouvelle confluence. 

Le quatorzième dalaï-lama aura prolongé cette voie en renonçant au pouvoir temporel absolu dont il était investi par tradition, en abandonnant son droit féodal sur les terres et les gens, en instaurant la démocratie, en luttant pour l’indépendance du peuple tibétain. D’autres leaders modernes ont, eux aussi, esquissé cette voie – Martin Luther King, Nelson Mandela, Aung San Suu Kyi. On pourrait les considérer comme des hybrides : ce sont des figures spirituelles engagées dans des luttes politiques, ce sont aussi bien des militants politiques dont la stature déborde de leurs actions militantes. Il y a des chances que cette lignée d’hybrides ne soit pas stérile. Mais nul ne sait encore de quelle manière. J’ai la faiblesse de croire qu’elle réserve encore à la vieille Europe quelques surprises. 

En résumé, il se pourrait bien que la figure du sage, en Occident, soit à la fois derrière nous et devant nous. Estompée depuis les Grecs par les dominations du christianisme, de la philosophie abstraite et des scientifiques, elle a des chances de renaître à mesure que ces dominations déclinent. Alors se développerait une forme de sagesse rationnelle, soutenue par un entraînement constant, à la fois critique et corrosive, mais aussi politique et solidaire. Et la sagesse, peut-être, redeviendrait une affaire occidentale. Hypothèse, cela va sans dire.  

par Roger-Pol Droit

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Spiritualité : A chacun son autel

Posté par othoharmonie le 29 avril 2014

 

Objets rituels, divinités protectrices, photos ou souvenirs d’êtres chers disparus… Regroupés dans un coin de la maison, ils constituent un espace de recueillement et de méditation. Exemples d’une spiritualité personnalisée.

Erik Pigani

images (7)

Les « autels personnels », ces espaces sacrés installés au cœur de la maison, n’ont jamais fait partie des traditions occidentales. Tout au plus les grandes familles de l’aristocratie possédaient-elles – et possèdent parfois encore – leur propre chapelle, intégrée au château… Les moins fortunés suspendaient au mur un crucifix, une représentation de la Vierge ou quelque statuette de saint protecteur. L’autel, lui, était réservé aux églises, et seuls les prêtres avaient le droit d’y officier.

En Orient, il en va tout autrement. Chaque famille a son propre espace spirituel, un lieu plus ou moins richement décoré où sont rassemblés objets rituels, divinités protectrices, souvenirs des ancêtres, offrandes diverses. On en voit, par exemple, dans les restaurants chinois. Depuis que le monde occidental s’est ouvert aux religions et philosophies orientales, au bouddhisme notamment, on a vu émerger une spiritualité plus « personnalisée ».

Certains ont adopté un espace qui concrétise leurs croyances et leur foi et devient comme un reflet de leur vie intérieure. Nous avons mené une enquête sur ces autels personnels qui engendrent de nouveaux rites. Sept personnes d’horizons différents nous racontent pourquoi elles ont créé leur propre lieu de spiritualité.

« Un petit coin de ma vie sous ma coiffeuse… »

Madeleine, consultante en recrutement :

« Ma chambre est extrêmement petite. Aussi, faute de place, j’ai installé mon autel… sous ma coiffeuse ! Ce manque d’espace me permet pourtant de faire le vide, d’installer la paix en moi. J’y ai placé quantité d’objets qui comptent pour moi, en majorité des bibelots rapportés de voyage : des petites statuettes de divinités hindoues et tibétaines, des pierres sacrées indiennes, une plume et un “attrape-rêves” (Amulette indienne censée protéger des mauvais rêves) d’Amérique du Nord, une bougie norvégienne, un brûle-parfum hindou, du sable, des cartes postales représentant des personnages sacrés. Certains objets représentent aussi des gens que j’aime. C’est un véritable petit coin de ma vie, de mes souvenirs, qui me permet de me relier à moi-même et de retrouver mon véritable “soi” – dans le sens jungien du terme, c’est-à-dire l’unité de mon être –, que je n’ai pas souvent l’occasion de fréquenter au cours de mes journées de travail !

Comme je ne maîtrise pas la pratique des longues méditations, mes visites durent entre cinq et quinze minutes, plusieurs fois par semaine. Je m’assieds sur un coussin face à mon autel, et je me penche légèrement en avant pour être immergée dans cette ambiance. Ces moments sont courts, mais précieux. Lorsque je traverse une passe difficile, quel que soit l’endroit où je suis, le simple fait de visualiser cet espace me permet de retrouver la sérénité. »

« Je suis tombée amoureuse du dieu Ganesh »

Marie-Edith, conseillère à l’emploi :

« Je suis allée en Inde pour la première fois en septembre 1999, pour mon anniversaire. J’y suis arrivée juste au moment de la fête de Ganesh, divinité la plus aimée des Indiens. C’est ce dieu qui exauce les souhaits et permet de surmonter les épreuves de la vie. Je suis quasiment tombée amoureuse de lui ! Lorsque j’y suis retournée un an plus tard, une amie m’a offert cette très belle statue qui le représente. A la maison, j’ai une trentaine de statuettes… plus une petite figurine que j’ai toujours dans ma poche ! C’est peu à peu que s’est constitué cet espace, avec une lampe à huile allumée en permanence, un bougeoir marocain. J’ai d’ailleurs beaucoup de bougies allumées parce que, pour moi, la lumière représente l’énergie.

En dépit des apparences, mon autel n’a rien de religieux au sens strict du terme. Cela fait très longtemps que j’ai entrepris une recherche sur moi-même, un parcours spirituel. Pour moi, dans l’univers, il y a une seule force, que chacun peut voir de la couleur qu’il veut. Je me sens reliée à elle, et peux me recueillir dans n’importe quel endroit. Je n’ai donc pas besoin d’un lieu de prière spécifique. D’ailleurs, chez moi, j’ai plusieurs “espaces” en rapport avec mes émotions et mes découvertes de la vie. Un petit coin africain, parce que je suis allée en Afrique, un coin “pierres”, parce que je me sens très proche de la philosophie des Indiens d’Amérique du Nord… Sur mon bureau, j’ai un bouddha… »

« Cette Vierge a trouvé naturellement sa place sur la cheminée »

Marcella, retraitée :

« Je n’ai jamais pensé installer un “coin prière”. C’est plutôt lui qui, jour après jour, s’est imposé à moi. Tout a commencé avec le cadeau d’une collègue artiste : une magnifique Vierge à l’enfant en terre cuite, sculptée par elle et qui avait été exposée dans un musée. Il y a douze ans, lorsque nous avons déménagé, elle a trouvé naturellement sa place sur le coin gauche de la cheminée du salon qui est, pour toute la famille, la pièce la plus importante. Je ne l’ai pas fait exprès mais, curieusement, cette statue est visible de tous les endroits du rez-de-chaussée. Dès le début, j’ai pris l’habitude de la fleurir, d’allumer une bougie. Puis j’ai commencé à y faire régulièrement une pause, en priant intérieurement pour les miens et la famille de cette artiste qui m’avait fait ce cadeau extraordinaire.

Depuis longtemps, je faisais mes “dévotions“ à sainte Rita – l’avocate des causes désespérées, que ma belle-famille vénère – dans une petite église. J’y allais lors de circonstances difficiles pour trouver calme, réflexion et courage. Et j’avais toujours le petit livret de prières à sainte Rita dans mon sac. Il a trouvé sa place à côté de l’autre sculpture, en véritable pierre taillée, qui représente la “fuite en Egypte”. Lorsque ma sœur est décédée, c’est là, et non sur les rayonnages de la bibliothèque avec les autres photos de famille, que j’ai placé son portrait. Ce coin de cheminée est mon lieu de recueillement, et une bougie y brûle désormais en permanence. Il est, en lui-même, une “présence” dans la maison. »

« J’ai été fascinée par la magie qui se dégage de cette vieille photo de mon arrière-grand-père »

Michèle, chef de projet informatique :

« Mon espace sacré est très personnel, puisqu’il est essentiellement constitué de photos de famille en noir et blanc. Le grand portrait du centre, c’est un arrière-grand-père dont je ne connais même pas le nom ! J’ai été fascinée par la magie que dégage cette très vieille image retouchée. Pour moi, elle représente mon ancêtre. Juste en dessous, ce sont mes parents lorsqu’ils étaient jeunes, une photo que j’ai développée moi-même après avoir retrouvé des négatifs sans savoir ce qu’ils contenaient. J’ai aussi des photos du mariage de mes grands-parents paternels et maternels. Les avoir placés sur mon autel est une façon pour moi de les remercier de m’avoir permis de venir au monde. Le fait que mon père, décédé il y a un an, soit dans mon espace sacré le rend extrêmement présent.

J’y ai également placé un bouddha et quelques objets rituels : un cendrier avec des feuilles de sauge – une plante réputée protectrice –, de l’encens, un crucifix, une icône, un mandala, et un attrape-rêves que j’ai rapporté des Etats-Unis. Mais ce n’est pas un autel figé : chaque objet prend du sens au fur et à mesure de mon évolution. Je les change et les déplace souvent. C’est un espace “évolutif”, devant lequel je me recueille lorsque le besoin s’en fait sentir, et qui m’aide chaque jour à vivre en pleine conscience. »

Patrick, éducateur« La liste des noms de nos disparus les rend présents »

Patrick, éducateur :

« Pour moi, le risque de l’autel trop matérialisé est de vivre sur deux niveaux de vie différents – spirituel et matériel – qui ne se rejoignent qu’aux moments de prière, alors qu’ils devraient être intégrés au quotidien. Dans notre pièce principale, une icône est accrochée au mur ; juste en dessous, une veilleuse, pour la symbolique de la flamme ; à côté, un tableau avec les noms des amis, des connaissances et des parents décédés, pour établir une présence hors de l’espace-temps. Pour nous, ce lieu témoigne de l’autel intérieur, là où l’humain et le divin peuvent se rencontrer à tout moment, cet endroit en nous où les différences entre les religions s’effacent pour laisser place à la prière vraie.

Je pratique la “prière de Jésus” (tradition qui remonte au ive siècle et qui consiste à invoquer le plus souvent possible le nom de Jésus), dont les orthodoxes connaissent l’extraordinaire pouvoir thérapeutique. On peut, en effet, joindre une demande de guérison – de l’être, de la mémoire, de la sensibilité – ou des bénédictions pour ceux que nous aimons et, plus encore, pour ceux qui semblent ne pas nous aimer. Ainsi, notre croyance permet de transformer les sentiments négatifs en force de vie. Voilà pourquoi l’autel personnel est d’abord une attitude du cœur, ensuite un lieu nécessaire pour nos sens et pour une liturgie commune. »

« Au centre de mon espace sacré, il y a les deux dimensions de la femme que j’aimerais sentir fusionner en moi »

Sylvaine, pianiste :

« A un moment particulier de ma vie où je me cherchais, j’ai éprouvé le besoin d’avoir un espace sacré, le plus personnel et le plus calme possible. Il y a là une bibliothèque avec les livres les plus importants de mon parcours spirituel, un divan et un coussin de méditation. Dans un coin, j’ai une photo du temple de Philae, des citations, le zodiaque égyptien du temple de Dendera… Lorsque je médite, je me place au centre de la pièce et me tourne vers ce que je peux appeler mon “autel”. Dessus, un brûle-encens et un bol tibétains, et des objets personnels : la représentation de mes rêves, un collage de photos que j’ai fait et qui symbolise ma recherche intérieure, et le mandala de mon thème astrologique, qui m’aide à retrouver le respect de moi-même et à cheminer vers le non-jugement.

Au centre, j’ai placé, en photo, les deux dimensions de la femme – la femme de chair et la femme spirituelle – que j’aimerais sentir fusionner en moi. Sur la gauche, une photo du Bodhisattva, la divinité hindoue qui a réussi la fusion entre ces deux dimensions. Mon autel représente exactement mon cheminement actuel. Paradoxalement, il m’aide à m’incarner. »

« Une bougie brûle en permanence pour les sinistrés de Toulouse »

Dominique, esthéticienne :

« Il y a une dizaine d’années, j’ai eu l’occasion de faire un stage de peinture d’icônes organisé par un groupe orthodoxe. Dans leur tradition, on dit “écrire”, et non “peindre” une icône, parce que l’on se réfère aux textes des Evangiles. Ce travail, qui “apprend à pénétrer le mystère de sa propre vie”, comme le disent les orthodoxes, a déclenché en moi le besoin d’effectuer un parcours spirituel. Je suis catholique de naissance, mais je me suis sentie fondamentalement attirée par ce culte. J’ai “écrit” moi-même les trois icônes qui se trouvent contre le mur. Posé sur la Bible, il y a le “Livre des saints”, qui me permet, chaque jour de découvrir les éléments essentiels de la vie de l’un deux. Et une bougie brûle en permanence. En ce moment, c’est pour ceux qui ont souffert de l’explosion de l’usine AZF, à Toulouse, où je vis.

J’ai également le livre des offices du jour ainsi que le recueil de toutes les prières à saint Michel, l’archange protecteur, dont on a bien besoin en ce moment ! Enfin, il y a la croix de sainte Brigitte, une sainte irlandaise, parce que je me sens attirée par la branche orthodoxe celte. Mon petit espace sacré me permet non seulement de me recueillir, mais aussi de me sentir reliée et en communion avec tous ceux qui prient à la même heure dans d’autres lieux. »

Musée : exposition à Düsseldorf

Internet : www.museum-kunst-palast.de

Le nouveau Museum Kunst Palast, à Düsseldorf, en Allemagne, a été inauguré le 2 septembre dernier avec une exposition exceptionnelle, Altäre(Autels). Celle-ci regroupe soixante-huit autels et sanctuaires contemporains du monde entier. Un périple étonnant dans les manifestations les plus bigarrées des croyances.

 

http://www.psychologies.com/

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Pourquoi le bouddhisme nous attire

Posté par othoharmonie le 18 avril 2014

 

Sans Dieu ni dogme, il séduit de plus en plus de Français. Ils le considèrent comme une philosophie et le trouvent mieux adapté à la vie moderne, explique le philosophe Frédéric Lenoir, auteur du Bouddhisme en France.

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Frédéric Lenoir

Philosophe de formation, il est docteur en sociologie et chercheur en sciences des religions. Il a dirigé, avec Y. Masquelier et M. Meslin, L’Encyclopédie des religions (Bayard éditions). Il a également publié plusieurs ouvrages sur le bouddhisme.

Le bouddhisme et les Français

En Occident, la France est le pays où le bouddhisme a pris l’essor le plus spectaculaire. Pourtant, si le nombre de ses sympathisants ne cesse de croître, ses pratiquants se limitent à quelques milliers. Un des nombreux paradoxes que tente d’expliquer Frédéric Lenoir dans son livre, Le Bouddhisme en France (Fayard). Son enquête – sans doute la plus fouillée menée auprès de tous ceux que touche le bouddhisme – a nécessité sept ans de travail. Au cœur de sa réflexion : les individus. D’où viennent-ils ? Pourquoi le sourire du Bouddha les a-t-il séduits ? Quels bénéfices tirent-ils de leur pratique ? Le bouddhisme peut rénover en profondeur nos systèmes de croyances, explique l’auteur.

Psychologies : Peut-on mesurer l’ampleur prise par le bouddhisme en France, ainsi que le nombre réel de pratiquants et sympathisants ?

Frédéric Lenoir : Si l’on excepte les deux à trois cent mille réfugiés du Sud-Est asiatique, c’est très difficile. La première chose à faire est d’établir diverses catégories de personnes plus ou moins impliquées dans le bouddhisme. J’ai donc été amené à distinguer sept grandes familles de bouddhistes français par ordre d’implication croissante. Les  » sympathisants  » représentent, d’après le sondage le plus récent, environ cinq millions de personnes. Ce sont, pour la plupart, des gens qui s’intéressent au bouddhisme, se sentent en affinité avec le dalaï-lama ou tel aspect des enseignements du Bouddha, mais ne sont pas impliqués dans une pratique.

Ensuite, ce que j’appelle les  » proches  » représentent entre cent et cent cinquante mille personnes à travers trois groupes très divers : les chrétiens qui pratiquent la méditation zen dans un contexte explicitement chrétien ; les bricoleurs spirituels qui ont appris à méditer, mais qui font leur propre religion en kit sans se sentir engagés dans le bouddhisme ; des intellectuels, le plus souvent agnostiques, qui se sentent très proches de la philosophie bouddhiste. Enfin, il y a la catégorie des gens les plus impliqués et qui fréquentent les centres de méditation, que j’appelle les  » pratiquants « . On peut les classer en trois catégories : les distants, les fidèles et les assidus. Ils représentent au total entre dix et quinze mille personnes en France, ce qui est finalement très peu.


Vu le petit nombre de pratiquants réels, ne peut-on parler d’une aura plus que d’une implantation du bouddhisme ? Pourquoi jouit-il d’une si bonne image en France ?

Il y a effectivement une distorsion spectaculaire entre sa notoriété et le nombre d’individus qu’il touche en profondeur. Cet écart tient beaucoup à la médiatisation survenue en France depuis 1993. Les médias se sont emparés du bouddhisme, qui progressait discrètement dans l’Hexagone depuis une trentaine d’années, le présentant comme une sorte de sympathique alternative au catholicisme intolérant du pape et à l’intégrisme religieux qui inquiète. Cela dit, les raisons de l’intérêt croissant des Français pour le message du Bouddha n’est pas sans fondement. Il apparaît ainsi à beaucoup, à l’inverse du catholicisme, comme parfaitement compatible avec le monde moderne.

En quoi le bouddhisme, pourtant plus ancien que le catholicisme, est-il si moderne ?

Cette image de modernité tient à plusieurs facteurs. Tout d’abord le caractère non dogmatique des enseignements du Bouddha, lequel affirmait que chacun de ses disciples ne doit suivre ses préceptes qu’après les avoir lui-même éprouvés. L’expérience individuelle est donc au cœur du bouddhisme. A l’inverse, le catholicisme apparaît comme un discours dogmatique sur ce qu’il faut croire et ne pas croire, faire et ne pas faire.

D’autre part, la philosophie et les techniques du bouddhisme élaborées au cours des siècles, notamment dans la tradition tibétaine, intéressent des scientifiques qui travaillent sur l’esprit humain ou des psychologues qui travaillent sur les émotions. Le bouddhisme constitue une véritable science du sujet qui n’existe pas en Occident. Les Occidentaux ont privilégié l’action sur le monde et la connaissance des phénomènes extérieurs, tandis que les sages bouddhistes ont appris à observer, dans une démarche quasi scientifique, l’esprit, la psychologie, le corps humain. En ce domaine, ils ont beaucoup à nous apprendre.

L’image personnelle du dalaï-lama explique-t-elle aussi l’intérêt pour le bouddhisme ?

Bien évidemment. Depuis qu’il a reçu le prix Nobel de la paix en 1989, le chef exilé des Tibétains a acquis une formidable notoriété en Occident, qui tient sans doute avant tout à son statut de représentant d’un peuple pacifique victime d’un terrible génocide, mais aussi à son charisme personnel et à son discours particulièrement ouvert et tolérant qui en fait une sorte d’ » antipape « . Bien qu’il ne soit que le représentant du bouddhisme tibétain, il est devenu, dans l’esprit des Occidentaux, le porte-parole de l’ensemble du monde bouddhiste, pourtant d’une extrême diversité.


Pour quelles raisons vient-on au bouddhisme ? Pour quels bénéfices y reste-t-on ?

J’ai posé la question à plus de neuf cents pratiquants du bouddhisme zen et tibétain dans un questionnaire. Les résultats font apparaître six facteurs d’attraction : les valeurs – compassion, liberté, respect de la vie, non-violence, tolérance – arrivent en tête (28 %). Viennent ensuite les bénéfices de la pratique (20 %) – travail sur le corps et les émotions, aide psychologique, sérénité. Les réponses ayant trait à la rationalité et au pragmatisme – religion sans Dieu ni dogme, place centrale de l’expérience, appui sur la raison – suivent de près (18 %). La philosophie et la doctrine – impermanence, karma (loi universelle de causalité selon laquelle chaque acte produit un effet.

Appliquée au plan de la destinée individuelle, elle stipule que certains événements de la vie présente sont des effets d’actes commis dans des vies antérieures), réincarnation, interdépendance, etc. – arrivent en quatrième position (14 %), avant le caractère traditionnel et ancien du bouddhisme, qui rassure et séduit par la présence de maîtres spirituels expérimentés (13 %). Enfin, le côté exotique et esthétique du bouddhisme ne recueille que 5 %. En ce qui concerne les bénéfices de la pratique, les pratiquants soulignent tous qu’ils ont le sentiment de progresser humainement et spirituellement grâce à des techniques psychocorporelles. Des mots comme sérénité, paix intérieure, unité reviennent le plus souvent.

Quelles ont été les évolutions marquantes du bouddhisme en France ? Quelles formes peut-il prendre à l’avenir ?

Le bouddhisme a des adeptes en France depuis la fin du siècle dernier. Alexandra David-Neel en est un bon exemple. Depuis les années 70 toutefois, on a assisté à un phénomène nouveau : celui de l’implantation de nombreux centres de méditation sur le sol français – plus de deux cents. Mais au fond, le nombre de personnes engagées dans une pratique est encore très restreint.

Pour l’avenir, il y a deux scénarios possibles : soit le flot des sympathisants va fortement grossir celui des pratiquants, faisant du bouddhisme la plus grande religion de l’Occident avec le christianisme ; soit le nombre des sympathisants ne va pas se convertir dans la catégorie des pratiquants, laquelle continuera de progresser de manière très lente. Je penche plutôt pour cette seconde hypothèse. Même en Orient, très peu pratiquent la méditation, et la voie bouddhique a toujours été réservée à une élite. Prise à la lettre, elle est très rigoureuse et exigeante. La plupart des Français touchés par le bouddhisme sont finalement peu impliqués ; ils sont surtout touchés par certains aspects simples et universels du message du bouddhisme, comme le karma et la transmigration (loi selon laquelle le karma d’un individu continue d’agir après sa mort et crée les conditions d’une renaissance. le processus ne s’arrête que lorsque le karma est épuisé. L’individu atteint alors le nirvana et cesse de renaître), non d’ailleurs sans de nombreux malentendus.

Vous dites dans votre livre que la diffusion du bouddhisme en France est un excellent laboratoire des métamorphoses de la religion dans la modernité. Pourquoi ?

Disons, pour aller très vite, que l’on peut observer deux grands mouvements à l’œuvre dans la modernité religieuse : un courant de décomposition, lié à l’individualisation et à la mondialisation, se traduisant par une « subjectivisation » et un bricolage des croyances et des pratiques qui minent la cohérence et l’autorité des grandes religions. Le deuxième mouvement, bien plus restreint, concerne des individus qui tentent de réagir contre cette individualisation en agrégeant leur parcours spirituel solitaire à une lignée croyante, à une tradition ancienne. Or le bouddhisme active ces deux mouvements : par sa souplesse, sa fluidité et son caractère non dogmatique, il se prête merveilleusement bien au bricolage et à la religion en kit. En même temps, il offre des gages d’ »authenticité » et d’ancienneté, ainsi que des maîtres spirituels expérimentés, qui rassurent un certain nombre d’individus peu tentés par une quête spirituelle solitaire.


Quelle est cette “pédagogie bouddhiste” dont vous parlez ?

Tandis que la plupart des dogmes chrétiens, comme l’Incarnation ou La Trinité, sont présentés comme des mystères qui échappent à l’entendement, la plupart des croyances bouddhistes sont présentées comme des solutions logiques. Par exemple face à la question du mal, le christianisme invoque le mythe du péché originel, tandis que le bouddhisme parle de la loi de causalité du karma, ce qui apparaît plus crédible et rationnel aux Occidentaux. D’autre part, les bouddhistes incarnent tout précepte dans une pratique corporelle. Ainsi, lorsqu’il est demandé à un adepte de pardonner à quelqu’un, son maître spirituel lui apprendra des techniques psychocorporelles qui l’aideront à gérer l’émotion négative et à la transformer positivement. C’est pourquoi on peut dire que la méditation bouddhiste est une véritable alchimie des émotions… assurément l’une des plus grandes lacunes de la civilisation occidentale, qui tend à nier le corps et les émotions.

Profil : les praticants français

L’enquête menée par Frédéric Lenoir auprès d’un millier de pratiquants français du bouddhisme zen et tibétain –les deux traditions présentes dans l’Hexagone–, permet de se faire une idée précise de leur profil.

Le bouddhisme zen attire surtout des hommes (60 %) – beaucoup y sont venus par les arts martiaux –, tandis que les femmes sont majoritaires dans le bouddhisme tibétain (60 %). Les adeptes de cette tradition étant plus nombreux, on obtient pour l’ensemble une dominante féminine.

Ce sont en majorité des citadins de 35 à 50 ans, cadres supérieurs, professions libérales, enseignants et, de manière générale, professions intellectuelles ou médico-sociales. Le niveau d’études est très élevé : 39 % des sondés ont un bac + 4 et 64 % un niveau bac + 2 et plus. Leur sensibilité politique se divise en trois grands blocs : 32 % sont écologistes, 24 % à gauche et 26 % affirment ne se sentir proches d’aucune famille politique.

La méditation est au cœur de leur pratique. Celle-ci peut avoir lieu de manière collective dans un centre tibétain ou un dojo zen, ou bien seul chez soi. La méditation assise silencieuse, qui apporte le calme mental en se concentrant sur sa respiration et en observant ses pensées avec détachement, est celle que préfèrent les Français.

Pièges à éviter

Idéaliser sans discernement cette nouvelle sagesse. Opposant le bouddhisme à la religion de leur enfance, de nombreux disciples occidentaux abandonnent tout esprit critique sous prétexte qu’ils ont affaire à des lamas tibétains ou à des maîtres zen. De nombreux scandales ont ainsi éclaté, autour notamment de questions d’argent, de sexualité et d’abus de pouvoir, qui révèlent tout autant une profonde immaturité de ces disciples que des pratiques assez douteuses de certains « maîtres » renommés.

Se forger un bouddhisme ajusté aux besoins de son ego. Ce deuxième piège est davantage lié à la manière dont les Occidentaux « consomment » la spiritualité, ce que le lama tibétain Chogyam Trungpa appelait le « matérialisme spiritue « . Au lieu de suivre la voie exigeante proposée par le Bouddha et d’abandonner ses dernières illusions, le nouvel adepte ne fera que renforcer les penchants narcissiques de sa personnalité. On rencontre cela chez certains adeptes du bouddhisme tibétain qui collectionnent les « grandes initiations » auprès des plus « grands maîtres », se donnant ainsi le sentiment illusoire d’atteindre un « haut degré d’élévation spirituelle », sans que cela ne s’incarne réellement dans leur vie quotidienne.

téléchargement (1)Se concentrer uniquement sur sa progression spirituelle personnelle, à travers la pratique de la méditation, en se détournant de plus en plus d’une véritable ouverture à autrui, faisant ainsi fi du message d’amour et de compassion qui donne un sens ultime aux enseignements du bouddhisme du Grand Véhicule (Bouddhisme qui s’est développé dans le nord de l’Asie à partir de l’ère chrétienne).

TEXTE de Frédéric Lenoir  Juillet 2009

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A la recherche du Soi

Posté par othoharmonie le 27 février 2014

 

Hommage à Arnaud DESJARDINS

AVT_Arnaud-Desjardins_1954Arnaud Desjardins nous parle du cheminement spirituel et de la relation au maître (le gourou)…

Le mot chemin, ou le mot voie, a été depuis toujours utilisé pour désigner la transformation possible à l’homme, transformation qui débouche sur ce que l’on a appelé éveil ou libération. Le Bouddha a même employé les mots véhicule et bateau, disant que lorsqu’on a utilisé un bateau pour passer sur l’autre rive, on n’a plus qu’à le laisser et à continuer sans lui. Il est parfaitement légitime de s’appuyer sur cette comparaison et de faire des rapprochements entre la sadhana et le voyage ou la navigation (c’est-à-dire le déplacement d’un lieu à un autre).

Quand on voyage, il est nécessaire de faire souvent le point en se demandant : « Où est-ce que je me trouve ? À quel degré de longitude, de latitude ? Quelle direction dois-je prendre ? Quelle distance ai-je franchie depuis mon point de départ ? Quelle distance me reste-t-il à franchir ? » Sur le chemin, il faut faire souvent le point, reprendre toutes les questions fondamentales, même celles qu’on croit résolues, et dix ans après, se reposer les questions qu’on se posait : « Qu’est-ce que je veux ? Sur quel chemin suis-je engagé ? Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce qui m’est demandé ? Pourquoi ? » Reprendre souvent les grandes notions fondamentales de la voie qu’on comprend de mieux en mieux, d’année en année, et leur donner un sens nouveau. Il ne faut pas penser qu’une fois pour toutes on a compris ce qu’était le mot méditation, ou n’importe quelle autre donnée concernant le chemin. Il s’agit d’une entreprise réellement nouvelle par rapport à tout ce que le courant d’existence nous a enseigné, une entreprise toujours nouvelle.

Dans l’existence, très vite, tout se répète. Celui qui a mangé d’un certain plat peut se dire : « Ce sera toujours la même chose toute ma vie, chaque fois que je remangerai de ce plat. » Si un homme a eu une fois des relations sexuelles avec une femme, il y a de fortes chances pour que ces relations sexuelles se répètent toujours identiques à elles-mêmes, sauf si cet homme et cette femme évoluent et se transforment, auquel cas leur sexualité se transformera aussi. Mais les expériences de la vie, très vite, deviennent répétition ; on ne vit plus rien de réellement nouveau. Au contraire, sur le chemin – si l’on y progresse vraiment – tout est tout le temps nouveau.

Par rapport à la voie, la vie consiste à rester sur place, comme quelqu’un qui vivrait toujours au même endroit et qui n’aurait d’autre horizon, pendant toute son existence, que les maisons de son village. La voie, au contraire, c’est le voyage. Je quitte mon village, je quitte les paysages auxquels je suis habitué, et chaque jour, à chaque kilomètre, je découvre de nouvelles montagnes, de nouvelles végétations. Après les plaines les montagnes, après les montagnes les plaines ; après les forêts les déserts, après les déserts les oasis, et de nouvelles forêts. Un des critères de l’engagement sur le chemin, c’est cette impression de renouvellement, de nouveauté. La vie, au lieu d’être fastidieusement pareille à elle-même, commence à apporter du nouveau tous les jours. Ce que j’appelle aujourd’hui méditation sera tout autre dans un an, et encore tout autre dans cinq ans. Si ma méditation se répète d’année en année toujours pareille, cela signifie que je ne suis pas sur le chemin, que je ne progresse pas. Tous les éléments de ce chemin évoluent.

Je peux même dire que le chemin, c’est la transformation du sens que nous donnons à un certain nombre de mots. Le mot « je », le mot « amour », le mot « liberté », sont de ceux dont le sens se transformera le plus au cours des années. Vous devez être parfaitement disponibles et souples, ne pas vous crisper involontairement sur le sens d’un mot, ne pas figer le sens d’un mot que vous avez utilisé d’une certaine façon, à un certain moment, et en rester là.
Il y a plus grave. Il existe un certain nombre de termes que nous avons connus avant même de nous engager sur un chemin réel. Qui n’a pas entendu prononcer les mots « libération », « éveil », « sagesse », « méditation », et ne s’en est pas fait mécaniquement une certaine idée (on devrait même dire qu’une certaine idée s’est faite en lui). Et puis, on arrive avec cette idée, avec ce sens qu’on donne au mot, sans songer à le mettre en question ; on fait comme si l’on savait de quoi il s’agit : « Je reconnais bien de quoi l’on parle » – alors que je ne reconnais rien du tout et que je ne sais pas de quoi l’on parle.

A la recherche du Soi dans SAGESSE 220px-2012-10-19_16-18-19-musee-beaux-arts-belfortUn des mots les plus critiques pour les Européens est le mot hindou gourou, qui est devenu tellement à la mode. Il vous faudra peut-être des années pour comprendre vraiment ce qu’est un gourou et il m’a fallu personnellement des années pour entrevoir peu à peu le sens véritable de ce mot. Ce n’est pas quand vous avez vu dans un livre sur l’hindouisme que le mot gourou peut s’interpréter étymologiquement comme « la lumière qui dissipe les ténèbres », que vous avez compris ce qu’est un gourou. Le mot « maître » en français, que nous employons pour un académicien ou un avocat, ne nous éclaire pas beaucoup plus. On dit bien de quelqu’un qu’ « il a trouvé son maître », quand il a trouvé celui devant qui il s’incline, à qui il va enfin se décider à obéir, alors que jusqu’à présent il n’en avait toujours fait qu’à sa tête. « Ni Dieu ni Maître. » « Maître » prend dans cette expression un sens autoritaire, comme le maître par rapport à l’esclave.

Nous pouvons penser aussi au maître d’école, avec tous les souvenirs conscients, semi-conscients ou inconscients qui se rattachent à cette notion. Rien de cela ne correspond vraiment à celle de gourou. Le fait est que dans tous les enseignements traditionnels, il y a des maîtres, que cette notion de maître est essentielle et qu’il est difficile pour l’Européen de se rendre compte à quel point elle est importante. Une grande partie du chemin consiste à chercher son maître et à le trouver. Certains ont mis des années, Tibétains, soufis, hindous, à aller de monastère en monastère, de confrérie en confrérie, pour trouver leur maître. Les hommes ont rarement idée qu’il est nécessaire de trouver un maître et se mettent rarement à sa recherche. Plus rares encore sont ceux qui trouvent leur maître (ce qui est autre chose que de rencontrer un certain nombre de sages).

Je sais maintenant par expérience, puisque je n’ai pas vécu et grandi en Orient et que je suis un pur Occidental, que cette notion de maître, de gourou, est celle sur laquelle on se trompe le plus au départ. On se trompe, parce qu’on croit assez vite qu’on sait de quoi il s’agit, alors qu’on ne le sait absolument pas. Quel genre de relation va s’établir avec un maître ? Quelle différence y a-t-il entre cette relation et toutes les autres relations que nous avons connues jusque-là ? La relation du disciple au gourou est une relation unique, incomparable. La première erreur consiste à penser qu’on peut pressentir dès le début quelle va être cette relation, la deviner ou la connaître, en référence à d’autres expériences qui n’ont réellement rien à voir avec elle. C’est un sujet immense, où l’on est à peu près certain de parler à des sourds, tellement ce dont il est question est incommensurable avec l’expérience courante. Si l’on vous dit : « la sagesse transcendante », « les états supra-conscients », vous vous rendez compte de quelque chose dont vous n’avez pas idée ; mais si l’on vous parle d’un gourou et qu’on traduit gourou par maître, vous pensez tout de suite que vous pouvez avoir une idée de quoi il s’agit, et c’est tout à fait faux.

Combien de personnes en France utilisent le mot « maître » ou « gourou » (« mon maître », « mon gourou »), alors qu’elles n’ont absolument pas établi avec cette personne la véritable relation de disciple à maître ? Celle-ci est très précise, ancienne, traditionnelle ; elle ne dépend de la fantaisie, de l’arbitraire ou de l’invention de personne, elle est tout à fait particulière. Ce mot gourou ou ce mot maître est employé à tort et à travers aujourd’hui. « Mon maître », « mon gourou » : aucun maître, aucun gourou le plus souvent ; simplement un moine, un swâmi, qu’on a pu rencontrer, admirer, et qui nous a donné sa bénédiction ou quelques instructions collectives. Voilà une première vérité à dire.

La seconde vérité, qui doit être dite et redite, c’est que si le maître est libre, libre de son inconscient, de ses peurs, de ses désirs, de son mental, le candidat-disciple, lui, ne l’est pas ; et ce n’est pas parce qu’il va se trouver en face d’un homme libre que, magiquement, il va se trouver libre lui-même. Il est inévitable, et il ne peut pas en être autrement, que le candidat-disciple approche le maître à travers sa non-liberté, à travers ses émotions réprimées, son inconscient, ses peurs, ses aspirations, ses illusions, tous les mensonges de son mental. On peut donc poser comme loi que, pendant des années, le candidat-disciple ne voit pas le maître tel qu’il est. Il ne voit que son maître, le maître conçu par son mental. Tous les phénomènes de transfert et de projection, étudiés et décrits en psychologie dans la relation patient-thérapeute, commencent aussi par jouer en face du gourou, pour le candidat-disciple.

Le maître a des possibilités supérieures à celles du thérapeute, dues à une transformation radicalement plus profonde de lui-même que celle produite chez le thérapeute par l’analyse didactique. Il y a certainement une immense différence entre un thérapeute et un gourou, mais il n’y a pas, le plus souvent, au départ du chemin, une immense différence entre un candidat-disciple et un homme ou une femme qui s’adresse à un thérapeute. Pendant longtemps, le candidat-disciple voit le gourou à travers son inconscient, son mental et ses projections. Pendant longtemps aussi, il se laisse impressionner par l’apparence extérieure du gourou, par des détails nombreux qui n’ont qu’une importance tout à fait secondaire, au lieu de saisir l’essence du gourou, c’est-à-dire sa fonction de guide et d’éveilleur. Il y a toute une « surface » par laquelle les différents gourous sont tous différents : il n’y a pas deux gourous qui soient pareils extérieurement. La liberté intérieure des gourous est la même, leur essence, leur vision sont les mêmes, puisqu’ils ont une vision objective, impersonnelle, et qu’ils sont morts à eux-mêmes ; mais l’apparence entre un pir soufi afghan, un maître tibétain, un gourou de naissance brahmane, est tout à fait différente.

Ce texte est extrait du livre d’Arnaud Desjardins :
A LA RECHERCHE DU SOI Adhyatma yoga - La Table Ronde (pour acheter ce livre)

Les quatre tomes de la série « À la Recherche du Soi » (À la Recherche du Soi, le Vedanta et l’inconscient, Au-delà du moi et « Tu es cela ») ont été publiés entre 1975 et 1980 et ils ont réédités. 
Notez que ces textes n’ont pas été écrits mais parlés : Arnaud Desjardins s’adressait alors directement à des auditoires restreints.

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L’origine du Nouvel Âge

Posté par othoharmonie le 8 janvier 2014

 

Les manipulations de la Grande Loge Blanche

Auteur: Joël Labruyère

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Le Nouvel Âge est une idéologie qui est apparue à la fin du 19ème siècle, au moment où l’humanité touchait le fond du matérialisme. L’impulsion vint essentiellement d’Helena Blavatsky, fondatrice de la Société Théosophique qui devint la matrice idéologique dont sont issus nombre de mouvements spirituels. A travers l’action de cette visionnaire inspirée, les ondes de l’ère du Verseau commençaient à se déverser sur la Terre. Ils s’amplifièrent au cours du 20ème siècle où beaucoup ressentirent l’appel à un changement intérieur. 

Mais cette impulsion – propre à l’influence de la planète Uranus – peine à s’exprimer dans un monde qui idéalise la vie matérielle et qui attend un sauveur qui réglerait nos problèmes à notre place… 

Une compréhension juste du Nouvel Âge impose d’en exposer les racines historiques. 

A ses débuts, le mouvement Théosophique fut inspiré par de mystérieux « Maîtres de Sagesse » dont le chef se faisait appeler Maitreya, d’après le nom que les bouddhistes accordent au « Bouddha du futur ». Cela donna naissance au mythe des « Maîtres de la Grande Loge Blanche » qui devint la référence des cercles spiritualistes. 

L’aristocrate russe Helena Blavatsky prétendait avoir rencontré ces personnages mystérieux, quasi immortels, aux confins de l’Inde et de l’Himalaya. Ils l’auraient chargée de diffuser leurs connaissances en Occident, afin de faire barrage au matérialisme. 

Selon Blavatsky, il s’agissait d’une rencontre avec des êtres réels et non d’un contact télépathique. Ces initiés n’avaient pas l’intention de se faire connaître publiquement, ni de créer une religion autour de leur image. Aussi, lorsqu’une idolâtrie se manifesta autour d’eux, ils coupèrent le contact. C’est après le retrait de ces instructeurs, que des « entités astrales » usurpèrent leur identité en trompant les médiums qui s’imaginèrent avoir été contactés par de soi-disant « maîtres ascensionnés ». 

Les premiers instructeurs de Blavatsky désiraient remettre en circulation des connaissances oubliées afin de compenser les dégâts de la religion décadente autant que de la science matérialiste. Helena Blavatsky créa la Société Théosophique – à partir d’un centre en Inde, pour diffuser ces enseignements qui furent rassemblés dans les six volumes de la Doctrine Secrète. Après sa mort, Blavatsky aurait chargé le clairvoyant Rudolf Steiner de révéler qu’elle s’était désolidarisée de cette Loge Orientale qui l’avait exploitée en raison de ses pouvoirs psychiques exceptionnels. Steiner communiqua le message suivant : « Madame Blavatsky, actuellement désincarnée, me prie de vous dire qu’elle a été trompée par les maîtres de La loge Orientale ». 

Il est facile de faire parler les morts, mais quoi qu’il en soit, Steiner rompit avec la Société Théosophique dont il était le secrétaire général en Allemagne. 

Alors qu’ils étaient aux premières « loges », ni Blavatsky et encore moins Steiner n’ont parlé d’un possible retour du Christ ou de la venue du Maitreya. Quant aux initiateurs de Blavatsky – les mystérieux Maîtres – ils n’ont jamais annoncé un retour du Christ sur la Terre, puisque cette opération avait déjà été accomplie au temps du Golgotha. 

La théorie sur la seconde venue du Christ est une interprétation de passages du Nouveau Testament, pris à la lettre, dans le but de sanctifier la politique du « nouvel ordre mondial ». 

Il apparaît donc que les enseignements théosophiques originaux – qui ne parlent ni de la seconde venue du Christ, ni d’un âge d’or pour les temps présents – doivent être dissociés des croyances apparues ultérieurement dans les cercles du Nouvel Âge.

C’est après la mort de Madame Blavatsky, lorsque Charles Leadbeater et Annie Besant prirent le contrôle de la Société Théosophique, que l’idée d’un retour du Christ se répandit avec succès. Leadbeater, un occultiste chevronné, travaillait pour le compte des loges anglo-saxonnes qui cherchaient une caution religieuse pour établir leur nouvel ordre mondial. Quoi de plus populaire que d’annoncer le retour du Christ ? Quoi de plus séduisant que de prédire un âge d’or en créant ainsi une émulation permettant d’instaurer ensuite l’ordre mondial ? 

Vers 1920, les Théosophes projetèrent de passer à l’acte en faisant endosser le rôle de messie planétaire à Krishnamurti, un jeune brahmane du sud de l’Inde, éduqué dans cette perspective en raison de sa pureté. Mais, parvenu à l’âge adulte, Krishnamurti rejeta cette « mission divine » en la dénonçant comme une entreprise politique opportuniste. Jusqu’à son dernier souffle dans les années 80, il mit en garde contre toute référence aux « maîtres », autant qu’aux illusions psychiques dont la quête spirituelle est truffée. 

Le programme d’un ordre mondial dirigé par « les maîtres de la hiérarchie planétaire » refit surface dans les années 40 avec Alice Bailey, une médium qui se disait inspirée télépathiquement par un personnage appelé « le Tibétain ». Ce dernier mit en place l’idéologie du nouvel ordre mondial, en prétendant, après la démission de Krishnamurti, que le Christ se présenterait en personne… à la télévision ! (« Le retour du Christ », Alice Bailey) 

Bailey fut la propagandiste du New Age moderne, prédisant l’apparition d’une civilisation où l’énergie nucléaire tiendrait lieu d’énergie divine ! ( « Extériorisation de la Hiérarchie ») 
Prédicatrice chrétienne de formation, Bailey a assumé avec zèle sa mission d’annoncer le retour du Christ, alors que Krishnamurti pressenti pour jouer ce rôle, affirma, en connaissance de cause, qu’il s’agissait d’un leurre politique. 

Au sujet de l’annonce du retour du Christ, on réalise que le « faux prophète » du Livre de l’Apocalypse – l’Antéchrist – ressemble étrangement au sauveur mondial du New Age. 

A la suite d’Alice Bailey, nombre de médiums, illusionnés par des entités lumineuses de la dimension astrale -la sphère du mirage- se croiront en contact direct avec Jésus, Bouddha ou un initié d’un rang supérieur. Pourquoi être modeste lorsqu’on peut joindre le Christ chaque matin pour lui demander quel temps il fera ? 

Nous voyons que l’impulsion spirituelle lancée par Blavatsky – trop forte pour être assimilée dans toutes ses conséquences – a été récupérée au profit d’une politique menée par ce que Steiner considérait comme des entités rétrogrades- les fameux « esprits lucifériens ». 

Pour ceux qui veulent aller au devant d’un véritable nouvel âge intérieur, il s’agit de retrouver l’impulsion favorisant une transformation de l’être – la mutation atomique du corps éthérique. C’est la clé de la civilisation énergétique du futur, laquelle devra être accordée avec les rayonnements de l’ère du Verseau – « l’eau vive » du renouvellement spirituel. 
On confond l’ère du Verseau avec l’Âge d’Or. Mais il faut savoir que l’ère du Verseau n’est qu’un épisode à l’intérieur du cycle du Kali Yuga – l’Âge Noir – qui a commencé il y a 5000 ans et qui doit durer… 400 000 ans. En attendant de voir le bout du tunnel, il est toujours possible de s’élever vers un âge d’or intérieur. Car le véritable Âge d’Or s’atteint par la libération hors du temps. 

Donc, selon la chronologie de l’Inde, nous sommes seulement en train d’amorcer la descente dans l’âge de fer – le Kali Yuga – cycle de décadence et de matérialisme, ce qui est facile à admettre pour ceux qui ont des yeux pour voir. 

Le retour cyclique de l’Âge d’Or aura lieu dans un lointain futur, mais sur une autre dimension que la Terre. Il apparaîtra sur le plan éthérique – le domaine céleste aux « nombreuses demeures ». Nous y vivrons dans des corps immortels et l’ancienne Terre aura disparu. Mais ceux qui veulent croire au mirage d’un Nouvel Âge dans le monde matériel, peuvent toujours attendre… Il n’est pas interdit de rêver, mais on peut aussi choisir de se réveiller.

Mise en Ligne: 20.10.11 | Extrait de V.I.T.R.I.O.L. 10

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LE MANTRA YOGA, L’ALLIANCE DU SON, DU SOUFFLE et de la CONSCIENCE

Posté par othoharmonie le 30 novembre 2013

Article de Jean-Bernard Cabanès paru sur SACREE PLANETE 2007

 

Issu des Tantras traditionnels, le Mantra yoga est une pratique spirituelle utilisant les sons sacrés. Différentes écoles se sont répandues dans toute l’Asie. Elles ont la particularité d’utiliser l’alliance du son, du souffle et de la conscience pour briser les structures mentales des récitants.

La discipline du Mantra Yoga diffusée au XXème siècle par Mishra Ramamurti acquiert une base scientifique et un esprit fonctionnel étrangers aux chants dévotionnels comme les bhajans et les kirtans. Sri Ramamuti était chirurgien du cerveau, formé au rationalisme utilitaire de la médecine occidentale, mais il était aussi un éminent mantra yogi, initié par un maître (Bhagavan Das Bodhisattva) qui, paraît-il, serait mort à l’âge canonique de 230 ans… les mantras, ça conserve… 

Ramamurti effectua alors une synthèse entre l’approche traditionnelle et mystique de la pratique du mantra et les découvertes de la médecin occidentale. Il transmit son art à un disciple occidental ; Muz, Murray, Ramana Baba, qui anima des séminaires de Mantra Yoga dans toute l’Europe. 

La pratique rationnelle du Mantra Yoga consiste en l’utilisation de la vibration sonore comme moyen d’action directe sur les centres énergétiques qui régissent les différents plans de la conscience : les chakras situés le long de la colonne vertébrale régissent la circulation des énergies vitales dans le corps, mais aussi la qualité d’éveil spirituel qui en dépend. L’action du son sur ces centres subtils entraîne des modifications dans leurs fréquences vibratoires et ouvre leurs possibilités énergétiques, souvent entravées par le contenu de notre inconscient. C’est ainsi que le pratiquant verra surgir des méandres de son inconscient, des émotions refoulées depuis l’enfance, ou même issues de vies antérieures. 

Le chant mantrique peut opérer un véritable nettoyage de l’inconscient prélude à une thérapie de nos tréfonds et à une libération intérieure. Les vibrations sonores vont aussi agir sur les cellules même du corps, effectuant un véritable massage énergétique, car la matière peut être considérée comme « combinaisons variées de longueurs d’ondes vibratoires ». Les yogis de l’Inde affirment que l’énergie qui fait mouvoir les atomes et les planètes est le son. La tradition sanskrite dit que la vibration qui soutient l’univers est  le son « AUM » totalité des vibrations sonores du microcosme et du macrocosme.

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LE CHANT DEVOTIONNEL BHAJANS ET KIRTANS 

Une autre approche du chant religieux est enseignée en Inde, elle implique une attitude dévotionnelle (Bhakti) à l’encontre du dieu choisi comme supporte de dévotion. Ces chants sont appelés Bhajans et Kirtans.

 Dans ce cas, il s’agit plus d’une attitude intérieure dans la pratique du chant que d’une utilisation codifiées des sons en eux-mêmes. Les noms de Dieu chantés lors d’un bhajan sont le combustible sacré permettant d’allumer le feu de l’amour divin, dans le cœur du dévot qui s’abandonne, à travers le chant et les harmonies musicales, à la divinité de son choix. Il s’agit alors d’une véritable déclaration d’amour dans un mouvement d’offrande de soi à l’Infini, qu’il soit dieu ou déesse. Il n’est pas rare de voir alors couler des larmes de joie et d’extase amoureuse sur les joues des fidèles de Rama, de Krishna ou de Devi. 

Amma (Amritananda Mayee) transmet une grande partie de son message spirituel à travers ses chants dévotionnels, de magnifique bhajans, qui la conduisent au seuil de l’extase et plongent ses disciples dans une vibration spirituelle supérieure. A Tiruvannamalaï, une sainte femme entre dans une profonde transe extatique dès que l’on chante à ses pieds des bhajans contenant le son sacré AUM. Il arrive parfois que la lettre sanscrite OM apparaisse sur son front… C’est la raison pour laquelle elle porte le nom de Aum Amma. 

De grands mystiques, tant en Orient qu’en Occident, ont pu atteindre l’éveil spirituel, ou la fusion amoureuse avec Dieu, rien qu’en chantant jour et nuit leur mantra favori. Mirabaï, princesse du Rajasthan, passa sa vie à chanter des louanges à Krishna. La légende qui qu’à sa mort, celui-ci lui apparut et la reçut dans ses bras. 

Au Cachemire, Lalla était devenue d’amante mystique de Shiva à travers la récitation de son nom sacré : « Om Nama Shivaya » ce qui peut se traduire par : « OM, je m’abandonne à Shiva »Le chant du nom de Shiva est conseillé par de nombreux maîtres spirituels pour ses effets purificateurs et l’embrasement de la conscience qu’il peut conférer. Il est considéré comme un des plus puissants mantras. 

Swami Ramdas, au siècle dernier, atteint la réalisation spirituelle en chantant avec dévotion le mantra : « Om Sri Ram Jai Ram » dédié à Rama, incarnation de Visnu. La voie de la dévotion, à travers la pratique des bhajans et des kirtans (plus rythmés et pouvant conduire jusqu’à la transe) réside dans le secret de l’offrande de soi à Dieu. Le dépassement, voire la disparition du sens de l’ego qui en résulte dévoile la présence divine qui attend au cœur de l’Etre.

 

LA VOIE TIBETAINE, SCIENCE DES VIBRATIONS SONORES

Le bouddhisme étant issu des traditions de l’Inde, la pratique des mantras fut adoptée dès sa naissance sur les bordes du Gange. Le Tibet adopta l’école Mahayana qui avait choisi d’incorporer au message du Bouddha nombre de traditions religieuses antérieures. C’est ainsi que les enseignements et la symbolique shivaïste vinrent imprégner le bouddhisme du Tibet. Padmasambhava, Guru Rimpoche, était un shivaïste et il en arbore toujours le trident dans l’iconographie traditionnelle. 

Dans le grand monastère de Rumteck, au Sikkim, les moines de l’école Kagyug-pa du Karmapa pratiquent un chant harmonique reposant sur une profonde connaissance des effets du son sur la conscience. Le chant des lamas développe d’étranges harmoniques dans lesquels le mental se perd et s’immobilise. Les sons surgissent du plus profond de l’abdomen dans un mode grave comme pour en remuer les sombres recoins et les porter à la lumière lorsque le chant se développe en vibrations harmoniques en mode aigu. A cela s’ajoute l’atmosphère particulière créée par le jeu des cymbales, des trompes et des cloches, parachevant le travail de basculement de la conscience dans d‘autres modes de fonctionnement, appelant le vide mental et l’entrée dans la Claire lumière. 

La célèbre cérémonie de la Coiffe Noire, arborée par le Karnapa, s’accompagne d’un jeu de trompes tibétaines particulièrement puissant conférant aux participants une curieuse expérience visuelle d’un Karmapa nimbé de Lumière. Au Tibet, le mantra le plus sacré, associé à la compassion de Chenrezi, est « Om Mani Padme Hum » où l’on retrouve le mantra-racine commun aux mantras Hindous : AUM.

 

Le Zikr, approche des mystiques musulmans.

Sans doute sous l’influence de la Bhakti de l’Inde, l’Islam iranien et afghan a exploré le pouvoir du chant dévotionnel. En Agfhanistant, le Zikr était pratiqué par les congrégations soufies autour de leur maître, le Pîr. Les hommes assis en un large cercle commençaient à chanter les sourates sacrées. Chacun entrait peu à peu dans le rythme du Zikr, soutenu par le souffle et le chant, les récitants se laissaient porter par l’énergie du cercle. L’abandon au Nom de Dieu (l’abandon à Allah est le fondement même de l’Islam) emportait le soufi sur le tapis volant de l’extase mystique et de l’oubli de soi : « Là ilâha illâllâh » (il n’y a de dieu si ce n’est Dieu). Le balancement des corps et le rythme de la sourate sainte portaient les âmes vers leur source qui selon le Coran, est plus près d’eux-mêmes que leur propre veine jugulaire : Allah. 

 

Le Zikr est réputé avoir une vertu active purifiante. Dans son ouvrage « En Islam iranien », Henri Corbin définit la nature profonde du Zikr : « Le Zikr est un feu qui pénètre dans la demeure en proclamant : – Moi seul, et rien d’autre que Moi ! – Tout ce qu’il y trouve de matière combustible, il l’incendie. S’il trouve des ténèbre,s il es illumine. S’il y a trouve déjà de la lumière, c’est lumière sur lumière. De toutes les pratiques spirituelles, c’est le Zikr qui est le mieux à même de libérer l’Energie spirituelle… » 

La pratique du Zikr peut durer toute la nuit jusqu’à la transe extatique du groupe de récitants. L’Islam possède aussi ses mantras : la récitation des 99 noms de Dieu. 

Malheureusement, la plupart des grands maîtres soufis disparurent de l’Afghanistan au cours de la période soviétique, et il est difficile de savoir si la pratique traditionnelle du Zikr a perduré au cours es années troubles qui suivirent. Une lignée particulière de soufis musiciens naquit à Ajmer, en Inde, il y a quelques siècles. Son message fut enseigné en Occident dans les années 30 par Hazrat Inayat Khan, qui était joueur de Vina. 

Il fut relayé par son fils : Pîr Vilayat Khan, qui jouait du violoncelle et introduisit la pratique collective du chant dans son enseignement.

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Comment fonctionne la pleine conscience ?

Posté par othoharmonie le 25 septembre 2013

Comment fonctionne la pleine conscience ? dans Nouvelle conscience images-112

« Grâce au non agir tout se met en place », dit Lao Zi. Lao Zi et Tchouang Zi sont deux de mes « amis ». Je les lis régulièrement. Ils sont très inspirants. Tout est dit dans leurs œuvres.

Lorsque notre attention, notre conscience se portent sur ce que l’on ressent, pense… il importe de faire attention aux mots que l’on utilise mentalement pour prendre conscience de ce qui se passe en nous. Souvent, ils font obstacle à la présence en nous. Quand on est dans le passé ou le futur, il importe donc de le noter simplement et de revenir au présent. Nos pensées, les bruits, les sensations, les douleurs… ne sont pas nos ennemies. Ils sont là, c’est tout. C’est normal de les percevoir. Méditer ne signifie pas ne rien percevoir, avoir l’esprit vide. Nous sommes des humains, nous avons des pensées. Le contraire serait inquiétant. C’est la manière dont nous nous attachons ou pas à ces pensées, à ces perceptions, à ces sensations et ce que nous en faisons qui va déterminer la qualité de notre présence à l’instant. L’esprit se ballade et c’est normal. La pratique consiste à revenir, sans cesse, au moment présent. C’est un entraînement. Elle est affinée en fonction de chacun. Nous sommes à la fois uniques et différents. Nous devons apprendre à revenir à nous même de manière intime et authentique.

La pleine conscience est donc faites à la fois d’attention et d’expansion de la conscience ?

C’est ça, c’est comme la double hélice de l’ADN. L’une des hélices représente l’attention, la concentration et l’autre l’expansion de la conscience. Elles se soutiennent mutuellement. Nous avons besoin des deux. Il n’y a pas possibilité d’accéder à la sagesse à partir de la seule concentration. L’expansion de la conscience nous aide à développer la sagesse, à comprendre les choses.
Le point de rencontre entre les deux hélices, c’est le « vide médian » dont parle Lao Zi, la vacuité bouddhiste, le lieu où tout se crée et où tout retourne. Quand on commence à faire attention à ses pensées, c’est comme si on observait un flot de voiture qui passe. Entre les pensées, il y a cet espace. On n’est pas très doué pour le reconnaître. La pratique aide à voir cet espace entre les pensées et l’espace en dessous des pensées qui est la pleine conscience elle-même. C’est pourquoi, il ne faut pas fermer le robinet des pensées. C’est une énorme erreur de penser que l’esprit est vide, sans pensées. C’est très important de le comprendre. L’idée est de parvenir à demeurer stable intérieurement même en présence des pensées, des émotions quelles qu’elles soient. On peut alors voir que l’agitation qui les meut est vide, sans substance. On se rend compte qu’habituellement, ces riens qui sont vides de substance nous manipulent totalement. Ils conduisent nos vies, nous rendent fou. Ce sont des tyrans. Réaliser que nous ne sommes pas nos pensées, nos émotions, nos peines, nos colères, nos souffrances, est une expérience de

libération. On ne l’oublie jamais. Cette expérience demeure accessible en nous 24 h sur 24… si on ne cherche pas à la retrouver ! En revanche, si on s’en saisit, on est alors dans l’avidité et il est impossible de la retrouver.

Les bouddhistes disent que c’est l’esprit qui crée le monde dans lequel nous sommes…

C’est vrai à un niveau absolu. Mais sur le plan relatif, penser ainsi peut nous rendre « dingue » et n’aide pas toujours à se libérer de la souffrance. La pleine conscience c’est, découvrir en profondeur, à l’intérieur de soi, cette capacité que l’on a et qui s’appelle la conscience. Parfois, nos pensées nous rendent fou. La conscience est la seule méthode qui permet de contenir les pensées de manière à ce qu’elles cessent de nous tyranniser. C’est vrai aussi pour les émotions. Pensées et émotions sont imbriquées les unes dans les autres. Elles créent un univers à elles et on finit par croire à la réalité de cet univers. C’est ce que le bouddhisme tibétain appelle une fabrication de l’esprit. Je ne veux pas dire que le monde n’existe pas, mais qu’on ne le voit pas tel qu’il est. On ne voit que celui que l’on crée dans notre esprit.

Est-ce que les Occidentaux développent facilement cette capacité de la conscience ?

Notre programme s’est répandu dans le monde entier et montre que les Occidentaux sont aussi à l’aise que des canards dans une mare pour le pratiquer. Depuis des années maintenant, la plupart des maîtres orientaux passent la plupart de leur temps en Occident, car c’est là que « l’énergie » est maintenant. Si les enseignements sont présentés selon un dharma authentique, les Occidentaux se donnent à fond dans ces pratiques. Le dharma n’est pas seulement l’enseignement bouddhique, c’est la loi, le mouvement naturel de la vie. C’est une vérité universelle. Le dharma existait bien avant la naissance du Bouddha.

Comment définissez-vous ce qu’est la nature fondamentale de l’esprit ?

Je ne la définirais pas, cela serait trop limitant. La magie réside dans le mystère de la question : qu’est-ce que l’être humain ? Ce qu’est ce mystère, nous le découvrons peu à peu grâce à la méditation. Notre conscience englobe tout ce que nous sommes, des parties belles, des pensées sombres. Notre pratique est d’accueillir avec bienveillance l’ensemble de ces états.

C’est le début de la sérénité ?

Oui. L’impulsion qui nous pousse à suivre cette voie est déjà une forme de compassion de soi.
Il importe de garder à l’esprit cependant que rien n’est tracé d’avance. Cette aventure dure toute la vie. Elle est un engagement à comprendre qui on est. On ne sait pas où cela nous amène, mais une chose est certaine, en approchant la vie ainsi on est beaucoup moins prisonnier de nos conditionnements et de nos émotions destructives et si réactives.

Propos recueillis par le Dr Jon Kabat-Zinn

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AU PRINTEMPS DE L’ÉTERNITÉ

Posté par othoharmonie le 10 juillet 2013

AU PRINTEMPS DE L'ÉTERNITÉ dans APPRENDS-MOI v

En Juillet 1976, je feuilletais le Tao-Te-King (traité sur le Principe et son action), ouvrage chinois de Lao-Tseu , écrit voici vingt-cinq siècles, dont le sujet évoque le Principe originel ou Tao et sa force productive, Teï, mère de l’univers. Cette approche du monde fut tellement inédite pour moi que je perdis tous mes repères intérieurs et fus jeté, vide, sur la rive de l’inconnaissable. Je posai le livre et, par la fenêtre, contemplais le crachin monotone bruinant sur l’église Saint-Mathieu à Quimper, quand soudain la pensée s’arrêta. Dans ce corps figé, une immobilité intérieure totale se fit. Un silence insondable m’engloutit. Un flot transparent de conscience et d’amour imprégnait tout dans le champ de vision. On ne sentait aucune mesure, aucune limite, aucune séparation. Instant absolu d’atemporalité. Plénitude, béatitude, liberté, plus rien ne manquait…

C’était comme si tous ces toits luisants sous la bruine étaient conscience. L’impression de percevoir la transparente conscience en toute chose et tout être, sur un fond de bonheur à nul autre pareil.

Et d’écrire : Je pleure d’une immense joie : le ROC est touché. Croyant nager à la recherche du rocher salvateur, voici que je SUIS ce rocher. Dans cette recherche, je courais à l’Etre. La paix est au Non-Être, pas théoriquement, mais vraiment : quand je ne suis plus rien, alors je peux être un avec tout ; immobile dans la course, immobile dans l’amour. Non-agir… pour mieux agir… Non-aimer pour mieux aimer ! Que de vérité!

  Je me demandais pourquoi l’humilité? Et aujourd’hui c’est clair : n’être rien. Étant devenu rien, ayant constaté mon néant foncier, que peut-il m’arriver ? N’étant rien, tout s’accomplit à travers ce corps-ci, sans l’interférence de la personne peureuse et désireuse. La vie éclate alors de ses milles énergies !! Le cauchemar est fini. Le temps est arrêté. A présent, laid ou beau, riche ou pauvre, sain ou malade, qui reste-t-il pour souffrir encore ? Personne.

Tant et tant de préceptes, de commandements, de permissions et surtout d’interdits, de dualités pavaient mon chemin intérieur que le Tao-Te-King, dans sa limpidité naturelle est venu volatiliser tous ces conditionnements. Relier les paires de dualités, le chaud parce que le froid, le mal parce que le bien, le bien parce que le mal, le riche parce que le pauvre, le laid parce que le beau, le grand parce que le petit, le léger parce que le lourd, le plaisir parce que la souffrance, le désir parce que la peur, la peur parce que le désir… tout cela s’est articulé dans cette conscience brusquement infinie pour ne laisser qu’un champ vierge et transparent, une lumière intérieure doucement teintée d’amour, de compassion, d’une subtile radiance bienveillante, d’un sentiment de totale perfection.

Un rire joyeux se jouait de mes lourdes tentatives de comprendre Cela, l’Inaccessible, de mes méditations préhensives qui voulaient forcer la porte du Nirvana. Il n’y a que l’abandon, le si mal compris et surexprimé « lâcher-prise » qui ouvrent la porte du Nirvana, en effet. Mais je vous avoue que je n’étais pas vraiment dans une démarche de lâcher prise, mais juste concentré à comprendre cette dualité. Et c’est l’assemblage du puzzle duel qui me révéla (ce que je ne savais pas encore se nommer) la Non-Dualité. Le Tao m’était si nouveau à l’esprit que nul réseau ne venait enchaîner un envol vers l’inconditionné. Comment un tel esprit venait-il d’être touché par la Grâce ? Peut-on seulement parler de Grâce? N’est-ce pas simplement le Hasard ?…

Cette expérience semble sans cause, tellement loin de notre volonté et de nos capacités individuelles. Oui, on ne peut que constater sa propre impuissance en face de Cela. Mon regard était neuf, tel le nouveau né. Une nouvelle naissance, oui ; on peut dire cela. Et ce poids du passé, tous ces conditionnements sont soufflés comme une simple bougie par l’Éveil Soudain. Mille ans d’erreur sont dissipés en une seconde… Quel jeu, cette vie… Comme dit le Shin Jin Mei, « une fleur de vacuité…. pourquoi souffrir pour saisir cette illusion ? »

La particularité de cette révolution intérieure est qu’elle est incompréhensible. Ce que l’on cherche est ce que l’on EST depuis l’origine, sans le savoir, mais plus bizarrement encore, elle se livre dans un non-savoir, dans un vécu qui déconnecte toute tentative d’analyse et de compréhension intellectuelle. « On » ne comprend rien, réellement. Cela se saisit Soi-même dans une Union parfaite et absolue. Aucune trace d’illusion. Aucune trace d’ignorance non plus. Plus aucune ombre en Cela. Les tribulations humaines semblent des rêves d’enfants dans une cour d’école. Si le temps arrêté nous délivre de l’âge, il nous livre l’alpha et l’omega de tout ce qui est et sera à jamais. Nous sommes enfin libres de ne rien faire. Il n’y a plus rien vers quoi tendre. Quelle paix ! Mais quelle peur pour les troublions de l’activisme impénitent !! Il faut souvent qu’ils tombent pour entrevoir cette voie du milieu, du non-savoir, du non-être, du non-devenir et du non-agir…

 Existe-t-il une Voie pour « aller à Dieu »?

Vous commencez à l’entrevoir, mais il n’y a aucune voie pour aller à Dieu, parce qu’il n’y a pas de voie, mais ça tombe bien, vous êtes déjà « arrivés » , sauf qu’il n’y a pas réellement de « vous »…. C’est indispensable de bien intégrer cela. C’est ici précisément que la Non-Dualité se distingue pratiquement de toutes les autres approches dites progressives. Dans les voies progressives, le « je » n’est pas nié d’emblée, et donc ce je peut cheminer, oui…. faire des techniques, des méditations, des rituels pourquoi pas, en vue d’un but : la libération, le Nirvana, Sat -Chit Anand et autres éveils ….. ou simplement une place au Paradis des justes. Quand on se déshabille le soir, il n’est pas question de « voie du déshabillage, n’est-ce pas? Eh bien se déshabiller du « moi » ne demande pas plus de voie ou de moyen de transport, mais juste quitter ces fausses identifications. 

Comme Arnaud Desjardins disait « vous êtes déjà nus sous vos vêtements », signifiant que la nudité est déjà acquise, en quelque sorte, totalement, mais qu’elle n’est pas manifestée. Idem pour notre nature parfaite. Elle est déjà là, sous des voiles apparents auxquels nous nous identifions en général, et ne pourra pas être plus parfaite, que les voiles soient ou non par dessus. Il n’y a et ne pourrait pas y avoir de voie pour aller à ce que nous sommes déjà de toute éternité.

Et pourtant, n’est-il pas question de tout côté d’une voie, d’un moyen d’une technique pour sortir de notre modeste condition? En fait il est clair que les religions organisées ont perdu l’âme ; elles sont lettres mortes, cul de sac pour l’aspirant à l’Infini, quand elles ne nourrissent pas des nids de frelons intégristes. Les voies spirituelles foisonnantes des temps modernes s’alourdissent souvent de tradition, de techniques méditatives au lieu de promouvoir la «substantifique moelle», l’essence pure et simple ; certaines se révèlent être des sectes ; il est dur de trouver une Voie authentique dans ces spiritualités encombrées de savoir, où l’on peut se perdre avant de distinguer la moindre fronce de l’habit numineux du Créateur. Au milieu de cet écheveau, et en pleine époque de matérialisme commercial, une fleur endormie depuis des lustres a bourgeonné, toute nimbée de pureté: la non-dualité. C’est vraiment incroyable qu’aujourd’hui, cette voie, cette attitude intérieure pour mieux dire, trouve expression, alors qu’elle fut si longtemps gardée prudemment secrète. C’est donc une bénédiction sans égal d’en avoir connaissance aujourd’hui. Avouons quand même que la Non-Dualité est mise à toutes les sauces, surtout dans moultes voies new age. Et du coup cette perle incomparable, ce diamant nécessite souvent un petit nettoyage avant d’être apprécié dans sa pureté.

Pourtant la Non-Dualité constitue l’essence de toutes les religions vivantes, surtout en Asie, de l’Advaïta Vedanta, du Bouddhisme, du Chan, et enfin du Zen . Mais elle réside dans le temple sacré, au coeur de ses enseignements qui préfèrent la laisser goûter à quelques élus seulement. Ce n’est que tout récemment que le Dzogchen, joyau non-duel du Bouddhisme tibétain fut révélé entre autres par Sogyal Rinpoche. Il pense que les temps sont mûrs, pour semer les graines dans cette fange féconde que nous voyons quotidiennement. Si elle en constitue l’essence, la non-dualité , n’en garantit pas les doctrines qui peuvent très vite s’opposer en inconciliable, j’en veux pour preuve le Soi de l’Hindouisme, opposé à l’absence de Soi du Bouddhisme, alors qu’il est évident pour les praticiens de terrain que tous parlent de la même expérience de conscience fondamentale, qu’ils soient Bouddhistes, Taoïstes, Vedantistes, Yogis ou Soufis. C’est dire au passage combien les formes sont multiples dès que nous rentrons dans la manifestation, même pour évoquer notre Source à tous. Pour ce qui concerne cet exposé, nous éviterons de prêter le flanc à la faconde intellectuelle pour discerner l’indiscernable, et au contraire mettrons en avant l’unicité de toutes les voies.

Revenons sur ce qu’est la Non-Dualité : Ce n’est pas une Voie, car on ne chemine plus guère; plutôt une attitude, à la fois mentale, affective et physique devant la vie, fondée sur le constat de notre inexistence séparée. Et comment entrevoir cette inexistence? En observant la dualité justement. Cette position intérieure se conçoit comme le dépassement de toutes les paires de dualité, non par une volonté personnelle factice, mais par la compréhension. Cette soudaine relation entre toutes les paires de dualités nous happe en tant que personne. L’ego est fondé sur ces paires et leur mise en perspective réduit sa réalité « personnelle » à néant. Ce constat engendre un éveil abrupt, la découverte par l’individu de l’absence de « moi », de l’autre, et la fin de la souffrance morale d’être séparé du monde et des êtres vivants. Alors bien sûr, cela peut sembler bien incompréhensible. « J’existe bien, moi !! » « Comment pourrais-je bien découvrir que je n’existe pas?? » Par l’observation régulière de notre conscience. Par la mise en évidence que souvent, nous n’avons aucun sentiment d’être « je ». C’est dans l’après coup que nous nous réapproprions les actes et les pensées, les décisions pour les faire « nôtres ». Je me mets en colère, je deviens tout rouge et je débite des injures par wagonnets… pour finir penauds et nous excuser en disant que « cela nous a dépassé »… En fait, la colère nous a balayé comme un fétu de paille, normal puisque nous n’existons tout simplement pas… Nous nous pensons de temps en temps, voilà tout. Et puis nous généralisons notre existence comme certaine et continue. Comme nous généralisons bien d’autres opinions qui ne s’adressent qu’à des situations ponctuelles. « La colère s’est emparée de ce corps-ci et des paroles injurieuses ont été proférées en réponse à une situation particulière ». Voilà les faits au fond. Pas d’ego là dedans. D’ailleurs nous en avons presque l’intuition quand nous nous affirmons dépassés par les événements émotionnels. Mais il nous faut bien justifier la continuité du moi et endosser la responsabilité d’une colère qui nous est étrangère. Alors on entérine : je me suis mis en colère, je ne sais pas pourquoi et je te prie de m’excuser, je ne recommencerai plus !! »…. enfin, chacun sourira à lisant ces lignes, n’est-ce pas… ;-)

C’est bien là, dans cette observation du quotidien que nous pouvons nous démontrer l’inexistence d’une personnalité continue et stable. Ce n’est pas devenir schizophrène de renoncer à être quelqu’un, c’est juste observer ce qui est.

La non-dualité n’est pas inconnue des mystiques occidentaux; certains, comme Jean de La Croix, en ont parlé à mots couverts, « certes il faut vider l’esprit des choses mondaines, mais aussi des choses spirituelles… ». D’autres saints, Maître Eckhart pour ne pas le nommer, l’ont évoquée en termes impersonnels, propres à ne pas égratigner le dogme: la « Déité ». Bref, toutes les religions et toutes les voies spirituelles tendent vers la non-dualité, laquelle se goûte l’esprit innocent et inculte, pourrait-on dire, dépoussiéré des couches mortes de manuscrits savants concrétées par l’intellect accapareur de l’homme.

Chercher Dieu hors de soi, en observant l’univers, la vie, évoque une main divine créatrice, au bout du compte insaisissable. En revanche, scruter l’intérieur offre un début de réponse: présence en Soi, évidence de l’être. Il faudra finalement abandonner à la fois la notion d’extériorité et d’intériorité, car nous n’avons absolument aucun effort à faire pour être totalement nous-même et finalement l’introspection comme la concentration sur un objet extérieur ne sont qu’exercices du mental..

Au départ, nous sommes rivés aux sens extérieurs, noyés dans les phénomènes, et oublieux de l’Essence. Une mutation totale de notre façon d’envisager le monde et nous-mêmes peut nous réintégrer à notre source. Voyons comment. L’être est à la source des phénomènes, le monde des formes le fuit dans son mouvement universel. Aussi, retourner à l’origine suppose que nous abandonnions la poursuite effrénée où la vie nous entraîne. Au lieu de considérer l’objet de la conscience, tournez-vous vers le sujet, l’observateur. Non pas qu’il ait plus de réalité que l’objet observé, mais il cache la réalité non dualiste, laquelle découle de la disparition de l’idée « il y a bien un observateur ». Plus précisément: cet observateur est-il personnel, coloré d’envies et de peurs ? Vous êtes encore un ego, simple objet de l’esprit ; se révèle-t-il impersonnel, c’est-à-dire délivré des opinions individuelles ? Il est le Soi, lequel se conçoit comme le principe universel fondateur de l’univers, être, conscience impersonnelle (sans observateur personnel), source de l’énergie universelle et aussi, pour chacun de nous, notre nature profonde. A nous le dépouillement progressif de la personne jusqu’à l’impersonnalité, et l’éveil abrupt au dernier sous-vêtement! Et au fond, il n’y a pas plus d’intérieur que l’extérieur, n’est-ce pas….Ces notions de personnel et d’impersonnel, de sujet et d’objet constituent le nœud majeur de la dualité.

Le Soi ne s’oppose pas au « non-Soi », comme on le définit en psychologie. Il ne se distingue pas davantage de l’univers qu’il transcenderait d’une altitude métaphysique, tel un sujet absolu. Incluant tout sans limitation, le principe résume le lieu (ou non-lieu?) où se développe l’espace-temps, la « non-texture » qui donne le champ à l’énergie et la conscience. Le Soi est Tout! Non-être sur lequel fleurit l’être, la conscience et l’univers, le Principe prête vie à l’expérience humaine. Lao-Tseu disait: Le principe que l’on peut nommer n’est pas le principe originel. Ne nous attachons donc pas au terme « Soi », indifféremment remplacé par les termes impersonnels « Principe, Dieu, Tao, Shunyata, Sat-Chit-Ananda, Bouddha, Être, Non-Etre, Ainsité, Absolu, Infini, Purusha/Prakriti, Shiva/shakti, Brahman… », bien que des puristes savent faire des distinctions dans cette unité-là! Mais notre expérience vécue de la déité est impersonnelle. Il n’est donc pas question de relation personnelle entre Dieu le Père et nous, pauvres pêcheurs! L’impersonnel donne sans doute le vertige ; en revanche, il nous garantit la liberté! Il n’attend pas d’obéissance. Ses lois sont universelles et personne ne les gouverne !

pierre dans DIEU

Extrait de « Le bonheur est en Soi »expérience non-duelle d’un contemporain. Comment, pour la première fois, il ne vit dans la réalité que  » non-deux « , qu’un océan sans limite ni frontière, ni catégories, ni objet, ni sujet. Puis il décrit la nouvelle façon dont il perçoit la vie quotidienne, à la suite de ce bouleversement intérieur. Ce préambule indique comment il faut lire et recevoir ce qui est conté là. En particulier, avoir conscience que ces paroles s’adressent davantage à votre inconscient, à votre cœur, qu’à votre conscient ou votre tête… qu’est-ce à dire ? Qu’il faut laisser infuser dans votre cœur ces paroles qui alors peuvent planter des germes de non-dualité qui écloront plus tard… Si vous lisez intellectuellement, certes vous comprendrez un certain nombre de choses, mais l’essentiel va vous échapper. C’est ainsi. Si vous ouvrez votre cœur, laissez de côté l’esprit comparatif et critique, vous laisserez s’entrouvrir la porte de l’intériorité qui vibre à l’appel de l’autoperfection. Également quelques indications sur la façon dont l’esprit apparaît à l’auteur vous permettront de mieux saisir le texte. Ce que l’on nomme habituellement inconscient n’est aux yeux de l’auteur que l’aspect foncier, indifférencié ou peu différencié de l’esprit. Prenons l’image d’un arbre. Le tronc représente l’aspect foncier de l’esprit, tandis que les grosses branches, les branches puis les feuillages la façon dont l’esprit se scinde en profond et superficiel, les feuillages sont les pensées virevoltantes à la surface consciente de l’esprit. Ce qui est décrit dans les lignes qui suivent sont en fait la sève qui monte des racines et du tronc principal, avant même d’être différencié… si vous pouvez saisir les mots dans leur émergence naturelle, alors ces mêmes couches profondes vibreront en vous et vous comprendrez de l’intérieur ce dont il est question ici. Autant lire lentement, en laissant infuser les idées…

paroles du Zen.

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Création des Avatars

Posté par othoharmonie le 25 mai 2013

L’Avatar par François Brousse

L’Avatar, si nous en croyons les Écritures saintes de l’Inde, du bouddhisme et du lamaïsme, est un être divin qui est le représentant de Dieu sur la Terre. Il a des qualités extrêmement précises que l’on peut retrouver dans Bouddha, Jésus, Yogananda même et que l’on retrouve admirablement dans Hugo. (Conf. « Victor Hugo », Strasbourg, 18 juin 1988)

Création des Avatars dans Nouvelle TERRE mm

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Qu’est-ce qu’un avatar ? C’est celui qui a pris conscience de sa divinité. Nous sommes tous des dieux, nous sommes tous des enfants de Dieu, mais peu le savent. On commence par croire que l’on est simplement une goutte de gelée vivante, avec des réactions plus ou moins chimiques, qui va en chancelant du berceau à la tombe : c’est la théorie matérialiste. 

On continue par imaginer qu’il y a dans cette gelée plus ou moins visqueuse une âme éternelle ou tout au moins immortelle, c’est la position des religions et dans les religions beaucoup d’êtres prennent conscience de leur immortalité. Enfin il y a ce que j’appellerai la sagesse parfaite dans laquelle on prend conscience qu’il y a, au-delà de l’âme, l’esprit, l’esprit divin qui est en nous. Dans les cas extrêmes, l’homme et l’esprit deviennent Un, alors nous avons affaire à un homme-dieu, c’est-à-dire à un avatar. [...] _ 
Il a deux fonctions : la première, c’est d’apporter un message. Comme dit la Bhagavad-Gita : « Lorsque l’univers est sur le point de tomber dans le chaos, une forme divine s’incarne et apporte aux hommes l’ordre, le salut, la liberté et la lumière. » 

Effectivement, l’Avatar apparaît presque toujours au moment où le monde est au bord du chaos, où, plein de haine, plein de violences, plein de sottises, d’orgueil et de puissance démentielle, il est sur le point de s’entredéchirer comme un fou qui, n’ayant plus le sentiment, l’instinct de conservation, porterait sur lui-même, sur ses membres, ses mains acérées et destructrices. La première qualité de l’Avatar, c’est de rétablir la vérité. 

Il y a une vérité éternelle. La vérité n’est pas, comme le croient les sociologues, le reflet d’une société à travers un moment donné [...] Il semblerait que la doctrine d’amour universel, qui est la vérité morale, se retrouve à travers tous les temps [...], mais à vrai dire il n’y a plus que deux morales : la hauteur divine qui fait de nous les envoyés de Dieu et qui répandent sur la Terre l’amour, la concorde, la sagesse et la beauté et, de l’autre côté, la destruction, l’antimorale, celle qui prône la guerre, la violence, la haine et la destruction. [...] Lorsque nous sommes à la fin d’un cycle, le dieu de la lumière se manifeste et apparaît pour rétablir la vérité, la justice, l’amour, la concorde et l’équilibre divin. Voilà la première des manifestations de l’Avatar. 

La deuxième est plus mystérieuse si j’ose dire, elle est silencieuse, alors que la première est pleine du Verbe éternel et remplie de paroles. [...] L’Avatar réel est composé de silencieux et de parleurs. Que fait le silencieux ? Il apporte une puissance démesurée au point de vue magnétique. 

Le monde tout entier est baigné par des flots de magnétismes et j’ajouterai qu’il y a un équilibre. Il y a des êtres dont le magnétisme s’étend à un ou deux mètres, d’autres êtres dont le magnétisme s’étend à trente mètres, et enfin il y a les avatars dont le magnétisme salvateur s’étend sur toute la Terre [...]. En Asie, au fond des grottes, au Tibet, il existe des êtres qui ne parlent pas, ils se contentent de méditer, ils se contentent d’exister, et, en méditant, en existant, ils lancent sur toute la Terre de merveilleux rayons d’amour, de sagesse, de beauté et d’illumination permanente. C’est grâce à ces êtres, grâce à leurs actions invisibles ou parfois visibles, que le monde peut encore subsister [...]. Le résultat, c’est que [...] l’Avatar complet si j’ose dire est à la fois l’être puissant magnétiquement et l’être puissant par la parole et par le Verbe. (Conf. « Les avatars du XXe siècle », Perpignan, 9 févr. 1984) 


Lorsqu’un avatar se revêt du corps humain, il en accepte toutes les limites, les maladies et les incompréhensions. L’homme ordinaire a pour l’homme de génie une abondance de haine, car il se sent humilié par sa grandeur. Sentiment absurde ! Les Frères Aînés viennent pour délivrer, non pour abaisser. L’admiration, ce flambeau de jouvence, fait de l’admirateur l’égal de l’admiré. Si celui que l’on admire est l’incarnation de Dieu, l’admirateur devient, par là-même, un reflet divin. (BMP, N°57, mai 1988) 


Un avatar n’est pas très exactement ce que nous croyons qu’il soit, il n’est pas un homme, mais habituellement plusieurs hommes touchés par la même Âme cosmique. Il est composé de cinq têtes brillantes qui, chacune, émettent des idées, des oracles, des révélations et qui, tout en étant séparées, sont néanmoins unies. 

[...] Tous les six cents ans environ apparaissent des avatars, c’est-à-dire des maîtres prodigieux qui apportent une vérité. Cette vérité est quintuple, c’est-à-dire qu’on ne peut connaître la Révélation que lorsque l’on connaît les cinq maîtres. (Conf. « Victor Hugo », Perpignan, 2 mai 1974) 

Au VIe siècle av. J.-C. – Ainsi, parurent presque simultanément Pythagore en Grèce, Bouddha et Jaïn aux Indes, Lao Tseu et Confucius en Chine. Cinq lumières vivantes ! Et nous touchons là un nouvel aspect du Pentacle. (Une Torche aux astres allumée) 

Au Ier siècle - Ainsi, aux marges aurorales de l’ère chrétienne, cinq visages brillent dans la lumière : le Maître de Justice, Jésus, Apollonius de Tyane, Patanjali et le Septième Hermès. (BMP, N°118, janv. 1994) 

Au VIIe siècle - Six cents ans après, vous avez encore, ceux-là sont connus, Mahomet, Ali, Merlin l’Enchanteur, les deux Tara et Padma Sambhava. (L’Évangile de Philippe de Lyon) 

Au XIIIe siècle - En 1200, [...] nous avions encore cinq maîtres : Albigès, le maître inconnu des albigeois ; Dante ; Roumi, le maître des soufis ; également saint François d’Assise ; et enfin Ramon Lull qui fut authentiquement un maître et un mage. (BMP, N°251-252, janv.- févr. 2006) 

Au XIXe siècle - Au siècle solaire, le XIXe, ce furent les grandes âmes de Victor Hugo, de Ramakrishna, d’Helena Blavatsky, de Vivekananda et du Bab, la porte de l’Esprit. Elles forment les cinq feux de l’Étoile flamboyante. La méditation de leurs livres permet de conquérir les ultimes secrets de l’homme et du monde. (La Trinosophie de l’Étoile polaire) 


Au XXe siècle - Il faudrait attendre normalement six cents ans avant que ne surgisse une nouvelle armée de géants, eh bien non ! [...] Il semble que la course de l’homme se termine tragiquement vers l’an 2015 (±4 ans), et on ne peut tout de même pas laisser les hommes du XXe siècle dans une ignorance totale. [...] Si on vous avertit qu’une catastrophe va venir – c’est le rôle des prophètes et c’est le rôle des avatars -, vous avez la possibilité de changer cette catastrophe par l’amour, par la sagesse et par la beauté. (Conf. « Les avatars du XXe siècle », Perpignan, 9 févr. 1984) 
Vous avez [M. K.] Gandhi qui apporte une sagesse très simple en cinq points lui aussi [...]. Vous avez également Aurobindo Ghose, infiniment plus complexe, qui est à la fois méditation et en même temps concentration. Vous avez Krishnamurti qui prétend à la lucidité intégrale et au rejet de tout ce qu’il y a en réalité de temporel en nous. Et vous en avez encore deux autres qui doivent probablement surgir avant la fin du siècle. (BMP, N°251- 252, janv.-févr. 2006) 


Le propre d’un avatar est d’équilibrer à lui seul un milliard d’êtres humains. De manière générale, jusqu’à présent, les princes du karma nous mettent autant d’avatars qu’il est nécessaire pour sauver la planète. Mais à présent, nous sommes au Kali Yuga et, à la fin des temps, ils laissent la liberté absolue aux êtres humains. (BMP, N°245- 246, juin-juill. 2005) 


SAUVEURS 
Il faut le proclamer sans cesse 
Les avatars sont des sauveurs. 
Lumière, éternelle princesse, 
Il faut le proclamer sans cesse ! 
Brisons le carcan et la messe ! 
L’esprit nous fit une promesse : 
Les vertigineuses saveurs 
Se donnent aux grands fronts rêveurs. 
Plus hauts que l’Inde et que la Grèce 
S’élancent les révélateurs. 
Enfants de l’aube enchanteresse, 
Du coeur humain sombres graveurs 
Ils impriment en nous l’ivresse 
Des incomparables faveurs. 
Il faut le proclamer sans cesse 
Le monde a besoin de sauveurs ! 

27 janv. 1990 La Rosée des constellations 


  Textes édités par la www.licorne-ailee.com 

  François Brousse (1913-1995) http://www.unsagedebonnecompagnie.fr

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L’état naturel

Posté par othoharmonie le 23 avril 2013

 

L'état naturel dans Etat d'être 14

Dans le dzogchen le principal est la connaissance de l’état naturel. Si on a cette compréhension, tout peut être intégré dans cet état. C’est pourquoi on parle toujours d’intégration lorsqu’on pratique le dzogchen. « Intégration » ne signifie pas mettre deux choses ensemble ou changer les aspects de quelque chose.

 Tout simplement présents dans l’état lui-même, nous ne faisons absolument rien. C’est la méthode caractéristique de l’enseignement dzogchen et le sens véritable de la clarté. Dans la pratique du dzogchen, il n’est pas nécessaire de s’asseoir les yeux fermés tout en fixant un point unique comme on le pratique dans les soutras. Ce n’est pas le principe. Nous ne considérons pas que la contemplation ou méditation consiste à rester silencieux. Cette attitude appartient à la tradition des soutras, qui s’est beaucoup développée partout. Certains pensent que si quelqu’un s’assoit sans bouger, même avec les yeux fermés, de cette façon il médite.

 Mieux encore, la personne qui agit ainsi croit également qu’il, ou elle médite.

 De nombreux Occidentaux ressentent un grand intérêt pour l’enseignement tantrique, mais n’aiment pas le pratiquer. De leur point de vue ce n’est pas véritablement la méditation, mais plutôt seulement des psalmodies et des rituels. Ces personnes ne savent pas réellement ce qu’est la contemplation, et considèrent que la méditation c’est seulement être assis en silence, sans bouger. Le véritable sens de méditation ou contemplation, telle que l’a enseigné Bouddha Shakyamouni, est de demeurer dans notre nature véritable. Comment pouvons-nous nous trouver dans cette nature véritable ?

 Puisque notre nature véritable n’est pas seulement la vacuité, mais qu’elle comprend aussi la clarté et l’énergie, nous devons nous trouver à la fois dans notre énergie et dans notre clarté. Si la nature de notre énergie est le mouvement et non pas le silence, alors comment pouvons-nous être dans cette nature sans bouger ? Pratiquer le dzogchen ne consiste pas seulement à rester silencieux, mais implique aussi bouger, s’intégrer à la clarté et au mouvement de l’énergie. Ainsi il vous est facile de comprendre pourquoi, dans la pratique tantrique, il y a tant de récitations, de chants, de déplacements et autres, parce qu’elle implique l’intégration à l’énergie en mouvement.

 Parfois trouverez-vous des explications à ce sujet dans les enseignements tantriques, mais généralement, il est seulement appliqué sans être expliqué, bien qu’il soit possible d’en découvrir et d’en comprendre le principe en y réfléchissant. Dans les enseignements dzogchen, ces choses doivent être apprises directement.

—————

 Extraits des pensées de Namkhai Norbu qui est aujourd’hui un des plus grands maîtres tibétains vivants ; il transmet le Dzogchen, considéré comme la cime et l’essence du bouddhisme tibétain.

 

 

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Au temps des sectes

Posté par othoharmonie le 30 mars 2013

Extrait du livre : LA GRANDE REVELATION – L’arrêt du moteur de souffrance planétaire

CHAPITRE 5 : PARIS TENU MA VILLE LUMIERE avec l’aimable autorisation de JG.VESONE 

Au temps des sectes dans Beaux textes nabuleuse2

Le temps des sectes
J’avais entrepris par le Minitel, l’ancêtre d’Internet, une recherche de tout ce que la région parisienne pouvait proposer en matière religieuse, philosophique, culturelle ou politique, je découvrais un monde immense et c’est avec passion que me mis en quête des différents courants les plus importants. En approchant les religions orientales j’ai découvert que l’expérience de Dieu pouvait être vécue comme une expérience uniquement intérieure beaucoup plus que mentalisée. La vacuité était une expérience toute nouvelle pour moi. Le divin en moi est l’essence même de la vie, une sorte d’élan vital, dans le souffle et le rythme cardiaque. Donc concrètement après m’être renseigné, avoir pris des premiers contacts, je consacrai plusieurs week-ends pour découvrir les écoles, les religions et les sectes suivantes : J’ai commencé par les Krishna, les plus proches de chez moi, j’ai découvert le monde des mantras, de la dévotion selon les concepts hindouistes.

Ayant exploré et ne voulant pas prolonger plus loin, je suis allé voir les Enfants de Dieu, très accueillants : c’était un mouvement spontané d’après mai 68, qui jouait de la musique dans les rues, avec des fleurs dans les cheveux et qui vivait en communauté bucolique à la campagne. Ils avaient la particularité de développer des pratiques très libératrices, en particulier d’associer l’amour de soi, l’amour des autres et l’amour physique. Ils avaient évidemment beaucoup d’adeptes. Pour moi, ils étaient très sympathiques, je les remercie d’avoir créé chez moi une ouverture et une libération. Mais ils n’avaient pas le sérieux minimum que je m’imposais .Par son ambassade parisienne, j’ai connu la Grande Fraternité Blanche Universelle, inspirée par philosophe Peter Deunov et par Mikhael Aivanhov. Ils voulaient considérer l’homme dans sa globalité, le relier à l’ensemble de l’univers visible et invisible et l’inclure dans le plan divin. Le cœur de la pratique était méditatif, contemplatif, fait d’une ascèse importante dans un contexte tantrique. Cette très ancienne discipline se définit par la production du désir sexuel avec ou sans partenaire qu’il faut maitriser. Cette maîtrise engendre une énergie dirigée vers le cerveau pour l’utiliser.

Ce processus de montée énergétique s’appelle montée de Kundalini. Ces enseignements demandaient un long apprentissage et une sorte d’évolution par degrés dans le temps ; je décidais donc de ne pas prolonger cette étude. Très intéressante a été pour moi La théosophie et la cité de Shamballa. dont l’animatrice historique décédée était la Baronne Helena Blavatsky, une ukrainienne. Cette école d’enseignement spirituel m’a paru un peu hermétique. Helena Blavatsky développait ses talents médiumniques pour entrer en contact avec une cité dans les plans éthérés de la terre et qui s’appelle Shamballa. Elle y établissait un contact régulier avec les maîtres ascensionnés comme El Morya, Dwjal-Khul et Kuthumi. Shamballa est une cité secrète dans un espace qui est proche de la terre physique et à partir d’où les Maîtres enseignent aux hommes la sagesse nécessaire à leur libération. J’ai commencé la lecture de livres un peu difficiles dont les plus importants sont ‘‘ Isis dévoilée ‘‘ et ‘‘ La doctrine secrète ‘‘ .  Ce dernier ouvrage développe une autre version plus claire de la genèse de la planète et la genèse aussi de l’ensemble des autres races humaines qui ont habité la planète avant l’homo Sapiens depuis plusieurs millions d’années. La description de la cité de Shamballa me paraissait très important. Ma culture ne m’avait jamais fait entrevoir que les humains pouvaient de leur vivant dans certaines conditions accéder à une partie du ciel, ce que semblaient dire les théosophes. Ce que j’ai retenu était que Shamballa était une sorte de base à la périphérie vibratoire de la planète, un lieu bien réel et matériel situé dans le plan éthérique d’une vallée tibétaine dans l’Himalaya à l’orée du désert de Gobi et proche de la frontière chinoise. Shamballa est un sujet central pour tous les chercheurs de lumière et aussi pour bien des curieux en mal d’aventure.

C’est un endroit secret, protégé où selon plusieurs sources, tout semble possible en matière de projets. C’est un lieu d’études et de planification où des âmes en transit sont invitées à séjourner. Shamballa était décrite aussi comme un paradis terrestre. Shamballa serait comme la capitale astrale de la Terre, le lieu de résidence du Prince Planétaire Bouddha partagé avec le Logos le plus ancien des jours : Sanat Kumara ainsi que de Maitreya qui serait le Christ. Cette ville demeure invisible à tous puisqu’elle vit maintenant dans la 9ème dimension. L’histoire de Shamballa m’a paru extraordinaire. En résumé au moment où la Terre vivait une période de densification constante il y a des millions d’années, la vie était sur le point de disparaître à jamais de la Terre, les créatures n’arrivant pas à s’y fixer. Ainsi Sanat Kumara décida t’il de s’installer définitivement sur la Terre afin de stabiliser la chute de cette planète dans la matière et dans la densification. Depuis il est considéré comme l’Ancien des Jours, qui est devenu son titre. La lumière intense qu’il continue à rayonner, suffit à maintenir Urantia Gaia, nom spirituel de l’âme de la Terre, à un niveau de vibration où la vie est possible. Pour ce faire, 300 généticiennes vénusiennes, appelées Mères Divines, sont venues avec leur cohorte dans notre monde afin d’y préparer le règne de ce grand personnage cosmique et aussi permettre l’installation de différentes espèces et races dans les quatre règles, minéral, végétal, animal et humain. Avec ses Mères Divines, des êtres de haut savoir, les Kumara, construisirent un espace résidentiel, une sorte de grand palais, pour héberger ces différentes fonctions.

Le lieu choisi fut le Tibet à cause de son site protecteur, et la cité principale fut appelée Shamballa mineur ou demeure du Prince gérant planétaire, Sanat Kumara. Shamballa est le siège de toutes les décisions concernant notre monde et ses habitants. Chaque individu entité et être de lumière se doit de passer par cette ville et d’être reçu par le Prince avant de quitter ce monde, de même qu’il l’a fait avant d’y entrer. Et cette loi, selon la théosophie, serait la même pour tous les entrants et sortants de la planète. De même que pour les autres écoles et mouvements que j’ai fréquentés  je ne me suis pas attardé au sein du mouvement théosophique d’Helena Blavatsky parce que j’étais aussi curieux de continuer mon exploration et mon inventaire Le mouvement suivant a été plus difficile, il est maintenant marginal voire disparu, mais à l’époque il était important. C’était l’Eglise du Révérend Moon. Ma recherche sur cette église qui s’appelait l’Eglise de l’Unification dont le fondateur et l’animateur était le Révérend Sun Myung Moon fut facilitée parce que le président et responsable français que j’avais croisé à la faculté de Toulouse, était originaire du Sud-Ouest, et faisait partie des relations proches de la famille de mes grand parents maternels. C’était une famille notablement connue en France grâce à un oncle du garçon qui était jésuite, son père qui était député en Corrèze et son oncle qui à cette époque dirigeait le patronat français. Ce garçon s’est fait un honneur de me recevoir et de me faciliter toute information. Cette église, au départ d’inspiration chrétienne et développée par un pasteur, avait comme axe principal de pensée un anticommunisme féroce, considérant que l’antéchrist allait œuvrer sur la planète en utilisant la voie communiste. J’ai très vite compris qu’il cherchait des militants engagés qui, après une formation intense et sélective, allaient devenir des sortes de mercenaires. Je fus invité à suivre un training de formation accélérée et je réalisai que pour bien comprendre le cœur de ce qui me paraissait mystérieux je devais suivre le processus d’initiation. Il y avait plusieurs séances et il a eu là un incident, le seul qui me soit arrivé dans mon enquête. J’ai choisi au cours d’une pause un après midi de m’échapper par la fenêtre. D’un toit à une terrasse et d’une terrasse à un platane j’ai retrouvé un boulevard du 17ème arrondissement. Le contexte de la formation était militaire, très strict, et les instructeurs opéraient un lavage de cerveau avec des phrases transformées en mantras, des hurlements et la lecture de textes.

Je voyais qu’ils faisaient de la programmation mentale. Ne connaissant pas les conséquences, je préférais m’abstenir et comme il m’avait répété très souvent que j’avais passé le point de non retour, je ne voulais pas avoir des comptes à rendre et j’ai choisi la voie la plus courte. C’était plus comique que grave. Je n’ai eu aucun ennui. Ensuite, je me suis renseigné auprès d’une Synagogue dont l’accès n’est pas facile pour les curieux parce que les fidèles sont en général d’hérédité judaïque. Les textes fondateurs sont très riches, très anciens, très codés, codifiés. Ce sont le Zohar, la Cabbale, le Talmud. L’image que j’ai eue du judaïsme était très structurée et très puissante. L’accueil à la Mosquée de Paris a été plus simple : j’ai même acheté un Coran et j’ai pu en faire mon livre de chevet quelques soirées. J’ai vu que Jésus était connu, que sa vie était décrite d’une façon différente de celle des évangiles, en particulier qu’il était marié à une femme qui l’avait soutenu et qui avait été très influente. Concernant la vie de Jésus le Coran se rapproche beaucoup des textes gnostiques. J’ai pu découvrir que ces textes, rejetés par l’église, depuis l’instauration par les empereurs romains de l’église catholique et romaine, étaient très bien acceptés chez les Musulmans.

C’était spécialement le cas en Egypte où la branche chrétienne copte mise à l’écart par Rome s’avère pleine de richesse et de connaissances dans la ligne droite des fameux Esséniens de Qumran dont on pense que Jésus et ses disciples ont été les élèves. Dans le cadre de cette aventure, j’ai découvert qu’il existait aussi une confrérie libre et laïque des Adorateurs de Montmartre et j’ai passé quelques nuits avec eux. Cette confrérie ne faisait aucuns vœux et n’avait aucun engagement. C’étaient simplement des personnes qui devenaient membres sans cotiser et qui se retrouvaient à la nuit tombée dans la Chapelle de Montmartre que le concierge leur ouvrait afin qu’ils prient toute la nuit Dieu ou leur Dieu car tous n’étaient pas chrétiens. Le méditant pouvait profiter de l’espace de la grande Chapelle pour une expérience mystique sans aucune contrainte. Bien que pour moi cette expérience n’ait pas de but précis, je me souviens de la qualité, de la douceur, de la lumière dégagée en moi durant ces nuits-là. Je ne sais ce que j’ai écouté, ni sur quel canal je me suis connecté mais je sais que mon être en moi était tout à fait satisfait de cette retraite. J’ai eu aussi quelques opportunités de découvrir quelques autres mouvements connus, mais j’ai suivi mon instinct et mon intuition et je les ai simplement survolés. Ce fut le cas de l’Eglise de Scientologie qui m’a paru puissante mais compliquée avec sa Dianétique. J’ai connu un peu le mouvement raëlien installé maintenant au Canada qui avait comme enseignement les relations avec les mondes extra-terrestres. J’ai visité les branches chrétiennes comme les Adventistes d’origine américaine, de même que les chrétiens charismatiques ou aussi les Jéhovah un peu étrange et fanatiques. Cette diversité me paraissait intéressante à l’époque.

Pour clore cette enquête, j’ai terminé par un mouvement américain, très sympathique, les Mormons. Ils sont une branche du christianisme. Le Christ après avoir évangélisé la Palestine est apparu à un disciple, lui a demandé d’aller s’établir en Amérique et l’a inspiré pour bâtir une sorte d’arche dans laquelle il a mis toute sa famille. Ainsi est apparu le mouvement des Mormons qui existe encore, qui a établi une ville entière dans le Middle West ; les Mormons se sont consacrés à honorer l’ensemble des âmes décédées, c’est d’ailleurs pourquoi ils établissaient des fiches des décédés et ont constitué un base d’expertise mondiale pour les recherches généalogiques. Je ne vais pas aller plus en détails dans mes découvertes de l’époque mais je dois dire que l’ambiance était très agréable pour moi car je me ressentais un peu comme dans le livre de contes d’Alice au Pays des Merveilles. Je sautais d’une pièce à l’autre avec la taille du monde qui s’en trouvait très élargie. En conclusion, j’avais bien eu raison de me déraciner vers Paris qui est une mine d’informations et d’enseignements. Je n’avais que l’embarras du choix pour développer mon propre programme de recherche.

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Et le Bonheur !

Posté par othoharmonie le 20 juillet 2012

 

  « Sur une île faite uniquement d’or, il est impossible de trouver un caillou ordinaire ! »

Et le Bonheur  ! dans Méditation soleil Nous pensons tous que le bonheur dépend de quelque chose. Alors, nous nous battons pour obtenir ce quelque chose. Mais en réalité, le vrai bonheur ne dépend de rien. Quand nous obtenons ce pour quoi nous nous sommes battus, nous avons l’impression d’éprouver un certain bonheur. Mais ce bonheur provient justement du fait que temporairement nous avons cessé de nous battre. Donc, quand nous faisons quelque chose pour être heureux, nous ne sommes pas heureux, mais quand nous ne faisons rien pour être heureux, nous sommes heureux.

 Dans le premier cas, nous sommes dans un état spécial, artificiel ; tandis que dans le deuxième cas, nous sommes dans un état normal, naturel. En réalité, nous sommes malades de l’effort : nous sommes sans arrêt, même dans nos rêves, en train de rechercher des situations que nous considérons comme heureuses, et de tenter de fuir des situations que nous considérons comme malheureuses. Cela fait que concrètement notre esprit n’est jamais au repos, sans cesse train de lutter pour obtenir certaines choses et en éviter d’autres. La pratique qui représente la quintessence du vajrayana, que l’on appelle mahamudra, la grande perfection, et qui permet de réaliser l’état de bouddha instantanément, consiste donc paradoxalement à ne rien faire de spécial, à laisser notre esprit dans son état naturel, libre, ouvert et détendu.

 Comme l’a déclaré avec humour Sogyal Rinpoché :

« Tous nos problèmes proviennent du fait que nous sommes incapables de rester une heure, seul dans une pièce, sans rien faire de spécial ! »

 Si notre esprit fait l’expérience de quelque chose de plaisant, nous n’essayons pas de faire durer cette expérience, et au contraire si notre esprit expérimente quelque chose de déplaisant, nous n’essayons pas d’abréger cette expérience. Il s’agit de tout expérimenter, tout savourer, sans rien juger. En réalité, cet état est déjà réalisé par la conscience des profondeurs.

 C’est la conscience de surface, la conscience ordinaire, qui oscille sans cesse entre « j’aime » et « j’aime pas », au gré des conditions, qui fait l’expérience de la souffrance et de la jouissance, tandis que pour la conscience des profondeurs, les conditions sont toujours idéales, même lorsque nous hurlons de douleur. Si nous reconnaissons que la conscience des profondeurs a déjà atteint le but, alors nous obtenons instantanément et sans aucun effort la bouddhéité. La seule chose à faire dans le cadre de mahamudra, c’est de reconnaître que ce qui est est.[9]

 La pratique de mahamudra peut être résumée en 3 points : absence de distractions, absence d’artifice, absence de méditation[10]. Le premier point, absence de distractions, signifie que l’on ne doit pas être emporté par les pensées, les sensations visuelles, auditives, etc. Le deuxième point, absence d’artifice, signifie qu’il n’y a aucun effort à faire ni aucune technique à mettre en œuvre pour réaliser le premier point. Le troisième point, absence de méditation, signifie que cette pratique transcende la distinction entre méditer et ne pas méditer.

 Si faisons cette pratique correctement, nous obtiendrons de grands résultats en très peu de temps : une heure de cette pratique peut nous purifier d’un karma qui aurait dû nous faire renaître en enfer. Mais si nous faisons cette pratique incorrectement (et vu qu’il s’agit d’une pratique très subtile, les risques d’erreur sont particulièrement grands), elle peut s’avérer très dangereuse. Les pratiques de base ne sont pas très dangereuses (on peut les comparer à marcher sur un chemin peu raide, si nous tombons, nous ne nous faisons pas très mal) ; tandis que la pratique de mahamudra fait partie de ce que les tibétains appellent « la voie abrupte » (on peut la comparer à gravir une paroi verticale, si nous tombons, nous risquons de nous faire vraiment mal). C’est pourquoi, si nous voulons pratiquer mahamudra, il est absolument indispensable d’être guidé par un maître expérimenté.

 « La pleine réalisation de mahamudra libère complètement de toute ignorance ; mais celui qui l’a « presque » atteinte et pense avoir compris quelque chose qui serait mahamudra, est dans une situation très périlleuse. Comme il est encore sujet à l’ignorance, il est en danger de reprendre naissance sous la forme de quelque créature insensible et bornée ! Il est donc essentiel de toujours suivre fidèlement ce qu’enseigne le lama et de ne pas être arrogant, pensant avoir compris. » (D’après Kalou Rinpoché)

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[9] Quand Moïse demande à Dieu de se définir, Celui-ci déclare : « Je suis ce qui est ».

.[10] Dans l’évangile selon Thomas, Jésus déclare : « Si vous faîtes l’aumône, c’est une faute. Si vous jeûnez, vous empoisonnez votre esprit. Si vous priez, vous êtes condamnés ». Si l’on compare les pensées aux mendiants, le premier point est de ne pas les suivre, de ne pas les laisser nous influencer. Le deuxième point nous dit qu’il ne sert à rien de tenter de faire que notre esprit soit vide, sans pensée. En effet, faire en sorte que les pensées ne se manifestent plus est un artifice qui empêche temporairement l’attachement aux pensées de se manifester, mais qui ne résout rien durablement. 

Retrouver le texte en son entier ici : http://www.terre-inconnue.ch/

 

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L’arc-en-ciel par Isaac Newton

Posté par othoharmonie le 14 juillet 2012

 

Isaac Newton découpa l’arc-en-ciel en sept  

Ce phénomène fait l’objet de nombreux mythes et légendes.

On le mentionne dans la bible comme signe d’engagement de Dieu avec l’humanité.

L'arc-en-ciel par Isaac Newton dans Humeur fractale-16-300x225L’arche de Noé constitue l’une des plus anciennes et des plus populaires histoires de la bible. En effet, Dieu qui ayant voulu faire payer aux hommes le prix de leurs péchés, avait décidé de provoquer sur terre un déluge si puissant qu’il anéantirait tout sur son passage et causerait la perte des hommes. Or, Dieu décida d’épargner la vie d’un homme bon, Noé, à qui il ordonna de construire une arche immense. Noé devait y faire monter un mâle et une femelle de chaque espèce animale. Il s’exécuta et fit monter sa famille à bord de l’arche. Cet alors que Dieu fit tomber sa colère sur terre en y envoyant des pluies torrentielles qui eurent tôt fait d’anéantir toute vie sur terre à l’exception de celles des habitants de l’arche. La pluie tomba pendant trois jours jusqu’à ce que le sommet des montagnes soit complètement aspergé. Les eaux se retirèrent et Dieu dit à Noé: »Je vous offrirai un arc-en-ciel après chaque pluie pour vous rappeler notre alliance et pour vous assurer qu’il n’y aura plus jamais pareil déluge… « 

Dans la chrétienté, l’arc-en-ciel représente le pardon, la réconciliation entre Dieu et l’humanité. C’est le trône du Dernier Jugement. Dans l’ancien symbolisme chrétien, les principales couleurs de l’arc-en-ciel étaient le rouge, le bleu et le vert, pour le feu, l’eau et la terre. L’arc-en-ciel était parfois vu comme la Vierge Marie qui menait le ciel et la terre en harmonie.

L’arc-en-ciel ressemble à un pont géant ou à une porte et il est souvent nommé  » le chemin du ciel « . Plusieurs personnes croient que l’arc-en-ciel est un rayon de lumière qui tombe sur la Terre lorsque saint Pierre ouvre les portes du ciel pour laisser entrer une autre âme.

 Selon une tradition européenne, il y aurait, au bout de l’arc-en-ciel, un chaudron d’or.

On dit que la cachette secrète de l’or du leprechaun irlandais est à l’extrémité de l’arc-en-ciel.

 En mythologie grecque, c’est un chemin fait par une messagère (Iris) entre la terre et le ciel. 

En mythologie chinoise, l’arc-en-ciel est une fente dans le ciel qui est scellé par une déesse en utilisant des pierres de sept couleurs différentes.

 Au Japon, il représente le pont flottant du Ciel ; l’escalier aux sept couleurs, par lequel le Bouddha redescend du ciel. La même idée se retrouve de l’Iran à l’Afrique et de l’Amérique du Nord à la Chine. 

Au Tibet, l’arc-en-ciel n’est pas le pont lui-même, mais l’âme des souverains qui s’élève vers le ciel.

 Chez les Dogon, il est considéré comme le chemin permettant au Bélier céleste, qui féconde le soleil et urine les pluies, de descendre sur la terre. De plus, l’arc-en-ciel a quatre couleurs, le noir, le rouge, le jaune et le vert; elles sont la trace laissée par les sabots du Bélier céleste, quand il court.

 Chez les Pygmées d’Afrique, il est le dangereux serpent du ciel, comme un arc solaire formé de deux serpents soudés ensemble. De temps à autre, il se glisse au firmament pour y prendre un bain. Il brille alors de toutes les couleurs. Quand il verse l’eau de son bain, c’est sur la terre la pluie du soleil, une eau extrêmement dangereuse pour les humains. 

Chez les Chibcha de Colombie, l’arc-en-ciel était au contraire une divinité protectrice des femmes enceintes. 

Il est néfaste chez les Incas et représente un serpent céleste. Recueilli par les hommes quand il n’était qu’un vermisseau, à force de manger il prit des proportions gigantesques. Les hommes furent contraints de le tuer parce qu’il exigeait des cœurs humains pour sa nourriture. Les oiseaux se trempèrent dans son sang et leur plumage se teinta des couleurs vives de l’arc-en-ciel. 

À Hawaii, en Polynésie, en Autriche, au Japon et pour quelques tribus amérindiennes, l’arc-en-ciel est le chemin que les âmes prennent dans leur route vers le ciel et on l’appelle le pont ou l’échelle pour aller plus haut ou dans d’autres mondes. Les Russes disent que l’arc-en-ciel est la porte du ciel. 

En Nouvelle-Zélande, les chefs morts voyageaient sur l’arc-en-ciel jusqu’à leur nouvelle maison. D’autres mythes racontent que l’arc est un ruisseau où les âmes s’abreuvent. 

Le Zoulou d’Afrique du Sud nomme l’arc-en-ciel  » the Queen Arch  » parce que c’est une des charpentes qui soutient la maison de la Reine du ciel 

En Allemagne, le second arc-en-ciel plus pâle qui peut être observé parfois au-dessus du premier est perçu comme le travail de Satan qui tente de surpasser Dieu. 

En Polynésie, l’arc-en-ciel est le chemin pris par les dieux eux-mêmes. 

En Norvège, un géant du nom de Heimdal se tient sur un pont arc-en-ciel et fait la communication entre le ciel et la terre. Heimdal a l’ouïe tellement fine qu’il est capable d’entendre l’herbe pousser. Il garde Asgard, la maison des dieux Norvégiens. 

Au Groenland, l’arc-en-ciel est l’ourlet des vêtements des dieux. 

Les Samoyèdes, le peuple mongol de Sibérie et les gens du peuple cherokee disent que c’est l’ourlet du manteau du dieu Soleil. Le fait que les Américains et les Mongols partagent le même mythe est peut-être une preuve de plus que l’Amérique et l’Asie étaient reliés autrefois. Cela expliquerait que les gens des deux côtés du Pacifique ont un héritage commun. Les anciens Welchs croyaient que c’était la chaise des déesses. En Croatie, c’était le siège de Dieu. 

Au Mozambique, l’arc-en-ciel est vu comme une arme victorieuse de Dieu. En Afrique, l’arc-en-ciel encercle la Terre et il est un gardien du ciel. 

Dans les mythes allemands, l’arc-en-ciel est le bol utilisé par Dieu pour tenir ses pinceaux lorsqu’il colore les oiseaux. 

Le peuple Luyia du Kenya croit que Dieu a créé la pluie et que toute l’eau dans le monde vient de lui. Pour arrêter la pluie, lorsqu’elle n’est pas nécessaire, Dieu fait deux arcs-en-ciel, le plus étroit étant le mâle et le plus large étant la femelle. L’arc-en-ciel mâle ne peut pas arrêter la pluie par lui-même, mais lorsqu’il est suivi par la femelle, la pluie cesse. Certains peuples amérindiens croient que l’arc-en-ciel est fait des âmes des fleurs sauvages qui ont vécu dans la forêt et des muguets des prairies. 

Un mythe japonais raconte que le premier homme, Isanagi, et la première femme, Isanami, qui sont restés sur le pont flottant du ciel ont créé l’île d’Onogro. Ils ont ensuite marché sur la Terre sur ce pont arc-en-ciel nommé Niji. Ils ont regardé les animaux et ils ont appris ainsi comment faire l’amour. Ils ont regardé les oiseaux et ils ont appris à manger avec des baguettes. 

thumb_big_normal_f57c6f5c93fd5c94d0aa560dc7c35a46 dans Humeur

À Kauai, la déesse de l’arc-en-ciel est Anuenue. Il y a une histoire concernant un enfant du nom de Ua, nom qui veut dire pluie, qui serait tombé du haut d’une falaise. Anuenue a utilisé son arc-en-ciel pour arrêter la chute de l’enfant et le sauver. L’enfant y est monté pour épouser Kulu-’i-ua, le fils du chef d’une tribu rivale. Leur mariage a apporté la paix sur l’île de Kauai. 

La tribu Stoney croit que les géants habitaient le monde lorsqu’ils étaient très jeunes. Un jour, le chef de ces géants a atteint le ciel et il a saisi un arc-en-ciel géant afin de l’utilisé comme arc pour la chasse. Lorsqu’il l’a saisi, l’arc s’est coloré. Le géant est devenu tellement fâché qu’il a lancé l’arc contre une montagne. L’arc s’est brisé et ses pièces sont tombées dans le lac. Parfois au lever du soleil, les couleurs de l’arc-en-ciel détruit apparaissent dans l’eau du lac. Le pouvoir des esprits fait maintenant des arcs plus petits : ce sont ceux que nous pouvons voir aujourd’hui. 

Pour plusieurs bouddhistes, les sept couleurs de l’arc-en-ciel représentent les sept planètes et les sept régions de la Terre. Ils disent aussi que l’arc-en-ciel est la région la plus haute du sansara avant la fin du jour au nirvana ou au ciel. 

En Arabie, l’arc-en-ciel est une tapisserie posée par les mains du vent du sud. Il se nomme aussi  » arc de nuages  » ou  » arc d’Allah « . 

En Islam, l’arc-en-ciel est constitué de quatre couleurs, le rouge, le jaune, le vert et le bleu. Chaque couleur représente un des quatre éléments de la Terre (air, eau, terre et feu). 

Dans les mythes de l’Inde, la déesse Indra ne transporte pas seulement des coups de tonnerre comme le dieu grec Zeus, elle peut aussi transporter un arc-en-ciel, connu comme l’arc ou l’arme d’Indra. Une partie des mythes de l’Inde dit que Dieu aurait submergé toutes les formes de vie dans un océan de lait. Airavata, un éléphant blanc sacré dont le nom veut dire arc-en-ciel, fut une des premières créatures à naître du lait. 

Le livre des Mayas, qu’on appelle le « Chilam Balam », parle de la destruction d’un des mondes mayas par une pluie ardente qui convrit ciel et terre de cendres. Ceux qui échappèrent au violent tremblement de terre et évitèrent les arbres qui tombaient et les roches géantes virent un arc-en-ciel apparaître comme un signe que la destruction allait finir et qu’un nouvel âge allait commencer. Les Mayas croyaient que la déesse des arcs-en-ciel était Ixchel, la femme du dieu Itzamna. Elle était aussi l’esprit associé à la lune, à la sexualité, à l’accouchement et à la médecine. Une histoire mexicaine similaire, de l’État de Michoacan, raconte que Mauina, la déesse de la fertilité, vit sous un arc-en-ciel dans le jardin de la pluie et de l’eau. 

Les Navajos croient que les dieux voyagent sur les arcs-en-ciel parce qu’ils se déplacent rapidement. Ils savent que si tu cours vers le bout de l’arc-en-ciel, celui-ci se déplace plus loin avant que tu sois là, peu importe la vitesse à laquelle toi, tu te déplaces. Ils ont aussi représenté l’arc-en-ciel comme étant le pont entre le monde des humains et celui des morts. Ils disent que l’arc-en-ciel transporte les héros entre le ciel et la terre. Les Navajos disent aussi que l’arc-en-ciel est la déesse qui apparaît durant le chant rituel pour guérir les malades. 

Il existe une histoire parmi les gens de Shasta qui dit que le Soleil utilise les couleurs de l’arc-en-ciel pour se peindre lui-même lorsqu’il vient sur la Terre comme un Shaman ou un Homme de médecine. Les Yukis de Californie croient que les arcs-en-ciel sont les vêtements multicolores du Grand Esprit, celui qui a créé toute existence. 

Selon la mythologie africaine, l’arc-en-ciel représente un serpent géant qui apporte de la malchance dans la maison qu’il touche. 

L’arc-en-ciel était autrefois redouté et considéré comme nuisible. Pour le faire « partir », on crachait dans une main, on frappait avec l’autre de manière à former une croix tout en proclamant: « Je te coupe en croix, tu n’reviendras pas ». Une tradition allemande du Moyen-Age assure qu’il n’y aurait aucun arc-en-ciel pendant les 40 années avant la fin du monde. Voir un arc-en-ciel est donc plutôt rassurant …

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En Europe, l’arc-en-ciel est un signe de chance et aussi un moyen de prévoir le temps. Par exemple, voir un arc-en-ciel le matin est signe de pluie pour le lendemain tandis que s’il apparaît l’après-midi, il fera beau.

Les Irlandais croient, quant à eux, qu’un arc-en-ciel visible un samedi annonce une semaine orageuse.

De plus, un arc-en-ciel dirigé vers l’Ouest indique qu’il pleuvra encore tandis qu’à l’Est, l’ensoleillement sera bientôt de la partie.

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Avant d’être conscients !

Posté par othoharmonie le 6 juillet 2012

 

Avant d'être conscients ! dans MéditationAvant d’être « conscients de » nous sommes « conscients ». Avant d’être conscients des objets des sens et de la pensée, nous sommes conscients des sens et de la pensée eux-mêmes ; avant d’être conscients des sens et de la pensée, nous sommes conscients (d’être conscients). La conscience peut-elle être décrite à l’aide des mots, non, car la conscience précède la langue française. Personne ne peut décrire cet état, puisqu’à ce niveau personne n’est apparu ! Nul besoin de se battre contre nos mauvais désirs et nos pensées névrotiques, car dans cet état ces choses ne sont pas apparues !

 En fait, la naissance et la mort, moi et les autres, tout cela apparaît lorsque je suis conscient de ceci ou de cela. Lorsque je suis simplement conscient, rien n’est encore apparu : il n’y a pas de moi, pas de monde, pas de sujet, pas d’objet, pas de question, pas de réponse, c’est la béatitude suprême ![6] De plus, la conscience des phénomènes va et vient, tandis que la conscience (de la conscience) est immuable. Lorsque nous sommes dans le sommeil sans rêve, nous ne sommes plus conscients des phénomènes, puis au moment du réveil nous redevenons conscients des phénomènes. Après le réveil, nous disons : « j’ai dormi d’un sommeil de plomb ! » Mais comment pouvons-nous le savoir, si notre conscience était éteinte ? En fait, même dans l’inconscience, la conscience est toujours présente, elle ne s’éteint pas. Si ce n’était pas le cas, le mot inconscience ne définirait rien pour nous.

 Comme l’esprit a la nature de la félicité et de la vacuité, et que toute chose est imprégnée par l’esprit, cela signifie que toute chose a la nature de la félicité et de la vacuité. Donc, considérer certaines choses comme « bonnes » et essayer de les obtenir, considérer d’autres choses comme « mauvaises » et tenter de les fuir, considérer encore d’autres choses comme « neutres » et leurs être indifférent, ces 3 attitudes, qui sont la racine de toutes nos souffrances, perdent tout leur sens, et naturellement nous réalisons l’équanimité.

 De plus, quand nous voyons que la nature de toute chose est la félicité et la vacuité, nous réalisons qu’il est possible de transformer l’impureté en pureté, l’ignorance en sagesse, l’égoïsme en compassion, etc. Ainsi, d’une base (le dharmakaya) naît deux fruits (les bouddhas et les êtres ordinaires)[7]. Il n’est donc plus nécessaire d’éliminer quoi que ce soit : quand des pensées s’élèvent en nous, nul besoin de les combattre, il suffit de reconnaître leur nature de félicité et vacuité et elle perdent leur pouvoir perturbateur instantanément et automatiquement. Et c’est la même chose pour les sensations visuelles, auditives, tactiles, olfactives et gustatives. Quand nous reconnaissons que les pensées et le psychisme (la source des pensées), que les perceptions et le corps (la source des perceptions), que tout cela a la nature de la félicité et de la vacuité, nous sommes libérés instantanément et automatiquement de l’esclavage à ces choses (c’est pourquoi les tibétains parlent alors « d’autolibération »).

 Tout ce qui passe à travers les 6 portes (c’est-à-dire les 5 sens qui nous permettent de percevoir la matière, plus le psychisme qui nous permet de percevoir les pensées) est inconscient, insensible, illusoire et sans vie. Comment ces choses pourraient-elles être bénéfiques ou maléfiques pour l’esprit qui seul est réel et vivant ?

 Les créations de l’esprit ne peuvent pas affecter l’esprit ! L’esprit n’est pas limité par les lois qui régissent le fonctionnement des choses et des gens, car il est le créateur de ces lois. L’esprit ne peut mourir, car c’est lui qui a créé la naissance et la mort. Le sculpteur (l’esprit) a tout pouvoir sur sa sculpture (les phénomènes), mais la sculpture n’a elle aucun pouvoir sur celui qui l’a sculptée ! Donc, nul besoin d’adopter ou de rejeter quoi que ce soit : le bien et le mal, la lumière et l’obscurité, la santé et la maladie, les caresse et les coups, l’intelligence et la folie, toutes ces choses ont la même nature, le même goût : le goût de la félicité et de la vacuité.

« Sur une île faite uniquement d’or, il est impossible de trouver un caillou ordinaire ! »

Nous pensons tous que le bonheur dépend de quelque chose. Alors, nous nous battons pour obtenir ce quelque chose. Mais en réalité, le vrai bonheur ne dépend de rien. Quand nous obtenons ce pour quoi nous nous sommes battus, nous avons l’impression d’éprouver un certain bonheur. Mais ce bonheur provient justement du fait que temporairement nous avons cessé de nous battre. Donc, quand nous faisons quelque chose pour être heureux, nous ne sommes pas heureux, mais quand nous ne faisons rien pour être heureux, nous sommes heureux.

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[6] Ce passage correspond à la genèse de la bible qui décrit l’origine, le commencement du monde. Il serait tout à fait erroné de considérer que la genèse décrit un processus qui s’est produit il y a fort longtemps. Il s’agit d’un processus qui se produit ici et maintenant. La confusion vient du fait que la bible déclare « au commencement, il y eu ceci cela… » C’est comme si il y a un arbre dans mon jardin et des montagnes à l’horizon, et que je déclare « avant de voir les montagnes, je vois l’arbre » Dans ce cas, il ne s’agit pas d’un « avant » lié au temps (puisque je vois l’arbre et les montagnes en même temps) mais d’un « avant » lié à la perception.

[7] « Le jour où vous étiez un vous avez fait le deux. Maintenant que vous êtes deux, qu’allez-vous faire ? » (Evangile selon Thomas). Le « un » dont il est question, c’est l’esprit (que les chrétiens nomment « esprit saint »). Le « deux » dont il est question, c’est le samsara et le nirvana, le relatif et l’ultime, ou encore ce que je ne suis pas et ce que je suis, moi et Dieu.

 

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La Conscience de Soi

Posté par othoharmonie le 26 avril 2012

 

Posons-nous une question simple : est-ce que je suis conscient que je suis, que j’existe, ou pas ? 

Etoile bleuCertaines personnes pensent qu’elles ne sont qu’un corps, et qu’après la mort tout s’arrête, d’autres pensent qu’il n’existe que l’esprit, certaines personnes ont une très haute opinion d’elle-même, d’autres pas, les êtres ordinaires pensent qu’ils existent séparément du tout, les bouddhas n’ont pas l’impression d’exister de cette manière.

Mais tous les êtres, depuis les fourmis jusqu’aux bouddhas, ont l’impression d’exister, l’impression d’être. Par contre, il n’existe aucun phénomène (que ce soit les phénomènes extérieur, comme le feu, le vent, etc, ou les phénomènes intérieurs, comme les pensées, les émotions, etc) qui ait l’impression d’exister, l’impression d’être. Ce qui prouve que nous ne sommes pas un phénomène, et que tous les concepts liés au monde phénoménal ne peuvent décrire ce que nous sommes. « Je suis heureux, je suis malheureux, je suis ceci, je suis cela » : ces pensées sont complètement mensongères !

Pourtant, nous croyons qu’elles reflètent la réalité. Nous vivons donc notre vie en nous appuyant sur ce qui est inconscient, insensible – les phénomènes – et sans nous appuyer sur ce qui est conscient, sensible  - l’esprit -. Nous sommes comme un voyageur dans un pays qu’il ne connaît pas, et qui, pour s’orienter, interroge non pas les habitants mais les pierres ! Nos pensées, nos émotions, nos sensations sont dépourvues de vie, tous les phénomènes sont dépourvus de vie. Seul l’esprit qui en fait l’expérience est vivant. Est-il possible que ce qui est vivant devienne l’esclave de qui est mort ?[2] Pourtant, c’est bien là notre situation.

 D’après Shantideva :

 « Les pensées, les émotions et les sensations n’ont ni bras ni jambes, elles ne sont ni braves ni intelligentes. Comment ai-je pu devenir leur esclave ? »

 C’est donc une grave erreur que de s’identifier à ce que nous ne sommes pas – les phénomènes – et de ne pas nous identifier à ce que nous sommes – l’esprit –. En effet, les phénomènes sont trompeurs : en apparence, ils semblent exister d’une certaine manière (de manière conventionnelle ou relative : c’est-à-dire en ayant certaines caractéristiques qui leurs appartiennent, comme la forme et la couleur), mais en réalité, ils existent d’une autre manière (de manière ultime ou absolue : c’est-à-dire vide de caractéristiques leurs appartenant).

Les conséquences du fait d’appréhender les phénomènes de manière correcte ou non, sont l’apparition du nirvana et du samsara, des saints et des êtres ordinaires.

Maintenant, tournons notre esprit vers l’intérieur (ce que la plupart des gens ne font jamais) et réfléchissons : quelle est la nature de l’esprit, de la conscience, que les tibétains nomment base primordiale ou dharmakaya, et qui est personnifiée par Vajradhara, le bouddha originel ?

 A-t-il une forme, une couleur, un centre et une périphérie, un haut et un bas, une limite, etc ? Si nous faisons une telle analyse, nous arrivons à la conclusion que ces questions ne définissent rien au niveau de l’esprit, que les concepts de forme, de couleur, de centre et de périphérie, de haut et de bas, que les notions de temps et d’espace, d’existant ou de non-existant, etc, ne peuvent pas être appliqués à l’esprit. Le fait que toutes ces notions ne peuvent être appliquées à l’esprit prouve que la nature de celui-ci est la vacuité. Mais l’esprit n’est pas seulement vide, il a aussi la capacité d’être conscient, ce qui lui permet d’expérimenter des états de bonheur ou de malheur. Cette faculté d’expérimenter, de pouvoir répondre intelligemment à certaines situations est liée à la lucidité naturelle de l’esprit, que les tibétains appellent claire lumière.

[2] « Ceux qui sont morts ne vivent pas et les vivants ne mourront pas. Les jours où vous mangiez ce qui est mort, vous en faisiez du vivant. Quand vous serez dans la lumière, que ferez-vous ? » (Evangile selon Thomas)

 

 

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Légende du Lhassa Apso

Posté par othoharmonie le 27 janvier 2012

 

Lhasa apso r5.jpgChien lion et monastères : En l’hommage de mon Chien Thomy (Lhassa Apso de 10 ans)!

 

Parce qu’elle n’est mentionnée nulle part dans les textes religieux, l’existence des Apsos et surtout leur présence quasi normale dans les monastères, reste entourée de mystère et de contradiction. Il semblerait que les lamas entretenaient des relations privilégiées avec leurs Apsos qu’ils considéraient comme sacrés. Leur croyance en la réincarnation les auraient incités à perpétuer la tradition instaurée par le guru Padma Sambhava en souvenir de la légende de Bouddha.

… La légende raconte qu’un jour, Bouddha qui errait depuis plusieurs jours dans la forêt, aurait été guidé sur le chemin du retour par d’étranges petits chiens à la crinière de lion. Les lamas frappés par leur ressemblance avec le lion mythologique, décidèrent de les garder. Mais ce serait le Guru Padma Sambhava vers 750 qui aurait instauré la tradition dont le but était de préserver ces petits chiens lions dans les monastères du Tibet, pour le retour éventuel du Bouddha Gautama. Hors, la transmigration des âmes est une notion de la religion tibétaine Bon-Po préexistante au lamaïsme. De plus, la religion Bon était essentiellement animiste ! Faut-il interpréter le symbole du lion comme un vestige de la religion Bon ? Quoi qu’il en soit depuis des siècles, les Grands Lamas tibétains ont eût à cœur de préserver ces adorables petites créatures à poils longs qu’ils appelaient « Gompa apsos ».

 Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est de savoir si à un moment ou à un autre de l’histoire, ces chiens ont réellement été considérés comme sacrés et pour quelle raison ?

Légende du Lhassa Apso dans Légendes Indiennes 250px-Kircher_Lhasa1661En 1935, dans son livre « Nowhere Else in the world », Gordon Enders relate sa première rencontre avec le Pan-chen Lama qui abrite dans ses quartiers privés un couple d’Apsos , un mâle clair et une femelle noire qui attirent son attention. La manière dont sont traités ces petits chiens, nous amène à penser qu’ils sont beaucoup plus qu’une simple fantaisie de grand prêtre. Si avant les événements de 1959, on pouvait encore apercevoir des Apsos en dehors des monastères, après l’invasion chinoise il a certainement fallu les cacher et là encore, on constate une véritable volonté de sauvegarde !… Le meilleur moyen de détruire une culture, n’est-il pas de s’attaquer à ses symboles. Beaucoup de questions subsistent encore quand à la véritable place du Lhassa Apso dans la culture tibétaine. Elles resteront peut-être encore longtemps sans réponse mais c’est peut être ce qui le rend si spécial à nos yeux hormis sa grande beauté et sa tendre personnalité.

Comment une petite boule de poils a pu susciter autant d’intérêt ? D’autres se sont posés la question avant moi en particulier l’éleveur canadien Gérald d’Aoust qui dans les années 80, partît faire des recherches en Indes et au Népal. En 1984, il fît la connaissance à New Delhi d’un antiquaire de Sundarnaggar qui tenait boutique au fond d’une cour près du Red Fort hôtel . Ce fût une rencontre plus spirituelle que commerciale. Dans la lumière tamisée au milieu d’étoffes antiques où bouddhas et autres déités indiennes se côtoyaient, quelques acheteurs et vendeurs venus de contrées voisines monnayaient quelques vieilleries. Ne trouvant rien qui ne valait la peine de dépenser quelques dollars à   ses   yeux , Gérald

d’Aoust vînt saluer l’antiquaire qui se plaignait des breloques dont il venait de faire l’acquisition, cela tenait juste dans un petit baluchon de tissus tibétain poussiéreux. « Ca vient d’un monastère Tibétain » dit-il , un peu désabusé ! Cela vous intéresse ? A l’intérieur se trouvait un médaillon et des amulettes…… qui appartiennent aujourd’hui à G. d’Aoust. Ces amulettes connues au Tibet sous le nom de «Tougchas» qui veut dire «choses tombées du ciel» seraient vieilles de plus de 1000 ans. Elles représentent de petits chiens couchés dans une position très commune aux Apsos, et nous donnent une fois encore matière à réflexion. Mais néanmoins, l’existence de ces petites amulettes nous confortent dans le sentiment d’un profond attachement à ces petites bêtes. Tous ces   faits   nous   permettent de constater que les   tibétains   ont   réussi à travers des siècles d’histoire, à préserver ce petit animal énigmatique, alors qu’il n’a pas fallu cent ans à nos clubs canins occidentaux, pour en effacer les caractères purs et distinctifs de son type d’origine. Dans notre société moderne où l’homme en quête de spiritualité cherche son chemin entre rêve et réalité, le chien et en particulier le Lhassa200px-Tibet_Terrier_Bennie dans Légendes Indiennes Apso reste avec certitude le meilleur ami de l’homme et cela n’est pas une légende !

 

 J’ai repris cette histoire en l’hommage à mon petit compagnon Thomy, que j’ai perdu voici maintenant 5 mois ; alors âgé de 10 ans, dcd d’une leucémie…. Paix ait son âme !

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Shambhala

Posté par othoharmonie le 15 janvier 2012

Dans la mythologie bouddhique, Shambhala ou Shambala (sanskrit « lieu du bonheur paisible », tibétain bde byung) est un pays mythique, dépositaire de l’enseignement du kalachakra qui fut transmis par le Bouddha à la demande de son roi Suchandra. Il est décrit dans le Tantra Kalachakra et ses commentaires. Selon le 14e Dalai Lama, c’est une terre pure terrestre qui ne peut cependant pas être située sur une carte ; seuls y ont accès ceux qui ont acquis le karma convenable. Selon le tantra, le 25e roi de Shambhala reviendra dans le monde pour en chasser les forces obscures et établir un âge d’or. Il existe une prière pour renaître à Shambhala, rédigée par le 6e Panchen Lama.

                                                   Shambhala dans Mythologie/Légende 400px-%22Song_of_Shambhala%22

Le thème du royaume parfait dissimulé dans l’Himalaya existe aussi dans le bön : il s’agit en l’occurrence du berceau de cette religion, l’Olmolungring.

Shambhala pourrait avoir inspiré Shangri-La, lamaserie utopique du roman L’Horizon perdu (1933) de James Hilton.

Dans certains mythes occidentaux modernes, Shambhala est un monde souterrain jouant un rôle tantôt positif, tantôt négatif, parfois couplé avec Agartha, un autre monde souterrain qui est son opposé. Dans la nouvelle théorie de la Terre creuse proposée à la fin des années 1950 par le président de la société théosophique brésilienne, Shambhala est la capitale du monde intra-terrestre nommé Agartha d’où proviennent les ovnis.

Sur les thangkas, le royaume de Shambhala est représenté de forme circulaire et encerclé de montagnes, avec sa capitale, Kalapa, au centre. Au sud de la capitale se trouve le parc du Bois de santal qui abrite le mandala de Kalachakra tridimensionnel construit en pierres précieuses par le roi Suchandra. À l’est et à l’ouest du parc se trouvent les lacs du Petit Manasa et du Lotus blanc. Des mystiques ayant « visité » Shambhala ou l’ayant vu en vision en ont laissé des descriptions. Parmi eux, Mipham Rinpoche, maître rimé du XIXe siècle.

350px-KalachakraSera dans Mythologie/LégendeTous les habitants sont éveillés grâce à l’enseignement du kalachakra préservé par les rois dont la liste est fournie. Les sept premiers sont nommés « rois du dharma », puis, à partir de Manjusrikirti (Manjusri Yashas), kalki (sk.) ou rigden (tib.), « maîtres de lignée » ou « dépositaires de la tradition ». Ils sont en général considérés comme des avatars de déités : le premier roi Suchandra est un avatar de Vajrapani, les kalkis sont avatars de Manjusri ou parfois d’Avalokiteshvara (Pundarika). Le 25e kalki Raudrachakrin qui se manifestera dans le monde pour anéantir les ennemis du dharma serait un avatar de Sarvanivarana-Vishkambhin. Les ennemis mentionnés dans cette prophétie du tantra sont nommés Mlecchas et sont adeptes des huit prophètes « asuras » : Adam, Noé (sk. Anogha, certains proposent Enoch) Abraham, Moïse, Mani (sk. Shvetavastri, littéralement « vêtu de blanc ») Mahomet et le Mahdi. Leur figure s’inspire manifestement des adversaires musulmans des royaumes hindo-bouddhistes à l’époque de la rédaction du tantra. L’interprétation traditionnelle soutient qu’il s’agit d’une représentation de la lutte contre les forces du mal.

Le mythe de Shambhala, tout comme le kalachakra, s’interprète selon trois niveaux : « externe » « interne » et « autre ». Le premier voit le royaume comme une contrée accessible seulement à ceux qui ont acquis le karma nécessaire ; l’interprétation interne situe Shambhala dans le corps et l’esprit du pratiquant ; la dernière interprétation le place dans un  mandala qui guide la méditation.

Shambhala et le kalachakra

À la demande du roi Suchandra qui désirait atteindre l’illumination sans abandonner ses fonctions royales et guerrières de kshatriya, le Bouddha aurait enseigné sous la forme de la déité Kalachakra le premier Tantra Kalachakra à Dhanyakataka (ti. Palden Drepung) près de l’actuelle Amaravati, au même moment où, dédoublé, il donnait le célèbre sermon du mont des Vautours à Rajagriha. Shambhala devint alors un royaume dont tous les habitants étaient éveillés. Plusieurs centaines d’années après, le roi Manjushrikirti (ti.Rigden Tagpa) aurait rédigé le tantra actuel Sri Kalachakra ou Laghutantra (ti. bsDusrgyud), un abrégé de l’enseignement d’origine, et son fils Pundarika (ti. Padma Dkarpo) serait l’auteur du commentaire Vimalaprabha. Le 11e roi, Durjaya (927?-1027?) (ti. Gyalka) aurait transmis le Laghutantra en 966 au sage indien Chilupa ou Kalachakrapada (ti. Jamyang Dorje), lui apparaissant sous la forme de Manjusri. Kalachakrapada l’aurait transmis à Nadapada (Naropa) qui l’aurait transmis à Atisha. Il existe en fait différentes lignées de transmission du kalachakra au Tibet, où il est connu de toutes les traditions. Il est particulièrement important chez les gelug et les kagyu.

À la recherche de Shambhala

Les historiens se sont demandé si Shambhala avait été inspiré par un royaume réel. Certains y voient Zhangzhung ou Gugé ; des textes bön appellent d’ailleurs Shambhala la capitale de Zhangzhung. Srivijaya, qui abritait un important centre d’enseignement bouddhiste où étudia Atisha, a aussi été proposé.

240px-Rigdan_TagpaLe premier occidental à rapporter le nom de Shambhala (sous la forme Xembala) fut le missionnaire catholique portugais Estêvão Cacella. Croyant qu’il s’agissait du but de son voyage, Cathay, il suivit les indications de ses informateurs et arriva en 1627 au Tashilhunpo, siège du Panchen Lama. Il existe une tradition qui situe Shambhala à Tashilumpo. Sándor Kőrösi Csoma fut le premier (1833) à présenter en Occident Shambhala comme un pays fabuleux, qu’il situait entre 45 et 50 degrés de longitude.

Les Mongols, pour leur part, situent le royaume dans une vallée de Sibérie du sud. Les mouvements spirituels occidentaux du XIXe siècle et du début du XXe siècle l’ont parfois imaginé sous le désert de Gobi ou même en Russie.

Shambhala dans les courants spirituels occidentaux

La théosophe Helena Blavatsky y a fait allusion et le thème fut repris par divers courants spirituels d’inspiration orientale. Le mystique Nicholas Roerich et le Soviétique Yakov Blumkin dirigèrent respectivement en 1926 et 1928 des expéditions à la recherche de Shambhala. Selon Christopher Hale, Heinrich Himmler et Rudolf Hess envoyèrent également des explorateurs dans ce but au Tibet en 1930, 1934-35 et 1938-39. Alice Bailey en fit un royaume du plan de l’éther, dirigé par Sanat Kumara. Shambhala occupe aussi une place importante dans l’Agni Yoga promu par Nicholas Roerich et sa femme Helena

Les adeptes du mythe de l’Agartha, monde souterrain popularisé par des romanciers et mystiques occidentaux, le lient à celui de Shambhala qui en serait la capitale. Déjà les occultistes nazis avaient vu une possible connexion entre Shambhala et Thulé. Ces associations ont donné lieu à des interprétations anti-bolchéviques ou anti-abrahamiques du combat du roi de Shambhala contre le mal évoqué dans le Tantra Kalachakra.

 

 

 

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L’aventure intérieure

Posté par othoharmonie le 9 septembre 2011

- par Jacques Brosse : Article paru dans le hors-série n° 28 du Nouvel Observateur : La soif de Dieu : voyage au coeur des religions: Propos recueillis par Jean-Philippe de Tonnac et Catherine David

L'aventure intérieure  dans Expériences Hetre-9d439En 1987, Jacques Brosse a reçu le grand prix de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre. Essayiste, naturaliste, psychanalyste, encyclopédiste… Autant de cages qui n’ont jamais su retenir cet étrange oiseau. Le parcours intérieur de cet intime de Michaux, de Cocteau, de Bachelard, de Lévi-Strauss, du maître zen Deshimaru, est plus surprenant encore. Doué d’une curiosité insatiable, Jacques Brosse est passé par la psychanalyse et l’expérience scientifique des drogues, il a interrogé ses rêves et son enfance avec le scalpel du chirurgien, pratiqué le raja yoga, vécu auprès des Indiens d’Amérique latine et reçu d’un moine japonais la mission d’enseigner le zen depuis près de vingt ans. Pour parler de l’expérience spirituelle commune à tous les enseignements traditionnels, Jacques Brosse est irremplaçable. 

Le Nouvel Observateur. – Qu’y a-t-il de commun à toutes les expériences spirituelles?

Jacques Brosse. – Il n’existe qu’une expérience spirituelle : se mettre en face de soi-même. C’est le fameux Qui suis-je? Une question à laquelle chacun doit répondre pour soi… Il vient un moment dans la vie où l’on doit se poser cette question. Mais pas trop tôt. Souvent, la question se pose après la trentaine. On se dit: Bien, j’ai déjà un peu construit ma vie, mais qu’est-ce que je fais vraiment? L’expérience spirituelle prend donc l’aspect du « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux  » inscrit au fronton du temple de Delphes. C’est pour moi une définition de la quête spirituelle.  

N. O. – En quoi le fait de se connaître soi-même permet-il de connaître l’univers?

J. Brosse. – Pour un Occidental, l’expérience revient à mettre en doute ses certitudes: l’individu d’un côté, le monde de l’autre; l’âme d’un côté, le corps de l’autre. Des positions que nous appelons dualistes et qu’inspire le combat du bien et du mal.

 

N. O. – Vous refusez les notions de bien et de mal ?

J. Brosse. – Dans l’absolu il n’y a ni bien ni mal puisque ce qui est bien devient mal et réciproquement. A un autre niveau, il faut bien prendre parti mais sans oublier que dans ce bien il y a peut-être un peu de mal, que dans le criminelle plus endurci il y a du bien.  

N. O. – Qu’est-ce que la mystique par rapport à l’expérience spirituelle?

J. Brosse. – Toute expérience spirituelle est mystique et initiatique. On peut distinguer dans toutes les voies une expérience immédiate, à travers laquelle le mystique entre directement en relation avec la divinité; s’il s’agit de méditation zen, on parle de sa tari ou d’illumination. Il existe une autre voie, qui vous permet de vous élever graduellement. La grâce n’est pas l’objet d’un calcul, elle est donnée indépendamment des fins que l’on s’est assignées. Cependant, si l’on n’est pas préparé à la grâce, on peut la recevoir et ne pas s’en apercevoir. Les enfants aussi peuvent avoir des éveils, mais les adultes sont souvent incapables de comprendre de quoi il s’agit.  

N. O. – Que cherche-t-on à connaître? Le « moi » social, le « moi » familial, ou s’agit-il d’autre chose ?

J. Brosse. – Les bouddhistes répondent que c’est la nature de Bouddha. Nous sommes des éveillés et nous ne le savons pas. L’éveil peut être comparé au fait de recouvrer la vue pour un aveugle de naissance. C’est se connaître, non plus en tant qu’individu séparé mais participant àl’univers et relié aux autres.

N. O. – Est-ce connaître son inconscient ?

 

J. Brosse. – Ce serait réducteur, parce que l’inconscient est un concept plutôt négatif. Pour les psychanalystes, le moi n’est pas quelque chose à quoi l’on puisse se raccrocher. Il naît du conflit entre le « ça » et le « surmoi », il est une force de résistance à l’un et à l’autre, c’est tout. La question est de savoir ce qui reste lorsqu’on réalise que le moi est une fiction.  

N. O. – Vous avez fait une psychanalyse. Dans quel contexte?

J. Brosse. – Le plus classique possible: une analyse freudienne. C’est très bien de remettre le moi en marche, mais ce n’est pas suffisant. A l’origine, la psychanalyse a été conçue pour soigner des névrosés, non pour guérir des gens normaux. A la fin de sa vie, Jung disait que si on lui trouvait quelqu’un de normal, il le guérirait.
 

 

N. O. – La psychanalyse est-elle un préalable nécessaire à l’expérience spirituelle? 

J. Brosse. – Ce n’est pas indispensable. Un maître idéal serait celui qui connaîtrait la psychanalyse de l’intérieur, pour distinguer ce qui est psychique de ce qui est spirituel. 

N. O. – Pouvez-vous définir ces termes?

J. Brosse. – Dans le langage des mystiques, on dit psychique et pneumatique, de pneuma en grec, le souffle, l’esprit. Ce qui est psychique est de l’ordre de l’âme, ce qui est spirituel est de l’ordre de l’esprit. Ce qui fait l’unité de l’individu, c’est le corps, lui-même changeant, impermanent. 

N. O. – Comment peut-on situer l’inconscient dans le bouddhisme?

J. Brosse. – Il n’y a pas d’inconscient dans le bouddhisme, en ce sens qu’il est seulement l’une des consciences. Le bouddhisme distingue de six à huit consciences. Il y a une conscience pour chacun des sens qui sont au nombre de six, le sixième étant le mental qui cherche à faire la synthèse des cinq premiers. La septième est une autre forme du mental qui tend vers l’universel. La huitième est la conscience fondamentale, âlaya, qui correspond à peu près à l’inconscient collectif de Jung, mais beaucoup plus étendu. L’analyse de la conscience évite la fracture du conscient et de l’inconscient. La conscience âlaya est composée de l’expérience personnelle de l’individu, de son expérience actuelle, de son karma, du karma de ses parents, du karma de l’humanité, de l’univers tout entier. Au moment de l’éveil, c’est cette conscience qui est purifiée.  

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Neutraliser Les Problèmes

Posté par othoharmonie le 10 juillet 2011

  

 

LA PURETÉ FONDAMENTALE DE L’ESPRIT par SA SAINTETÉ LE DALAÏ LAMA 

Extraits de son livre LEÇONS D’AMOUR, p. 27 à 38 – Plon 2006 

 

Neutraliser Les Problèmes dans Méditation 38228_dalai-lama-une

Analysons maintenant les émotions conflictuelles comme la convoitise, la haine et la jalousie. Ces comportements découlent de la vision erronée que les objets existent comme des entités indépendantes, alors qu’en réalité, il n’en est rien. La force d’une telle ignorance génère toutes ces émotions désagréables. Le maître yogi indien Dharmakirti répond à l’analyse que nous venons d’effectuer pour savoir si l’ignorance et les problèmes qui l’accompagnent sont intrinsèques à la nature même de l’esprit en disant : « La nature de l’esprit est une claire lumière. Les souillures sont superficielles. » La nature de la conscience la plus profonde et la plus subtile est pure. La colère, l’attachement sont accessoires et ne subsistent pas dans l’essence de l’esprit. Nous l’appelons l’esprit inné et primordial de la claire lumière. Il est aussi surnommé la nature du Bouddha, car il rend possible l’illumination. Il se trouve à la racine de toute conscience. Nous exprimons tous de la compassion à des degrés de développement et d’ampleur différents. L’intelligence nous guide pour distinguer le bien du mal. Voilà les conditions indispensables pour atteindre l’illumination. 

 

Après avoir admis que les souillures ne sont pas gravées dans l’esprit, s’y opposer et les éliminer est possible en créant des antidotes, des attitudes qui vont agir comme des médicaments pour les combattre. Si les souillures étaient indissociables de l’esprit, les pensées négatives – la colère, la haine, etc. – devraient persister dans l’esprit aussi longtemps qu’il existe. Mais ce n’est pas le cas. Vous n’êtes probablement pas en colère tandis que vous lisez ces lignes et que vous réfléchissez. L’esprit peut s’affranchir des penchants comme la colère et l’attachement. 

 

Parfois, dans notre vie, nous ressentons de la colère et de l’attachement. À d’autres moments, du détachement, de la satisfaction, de l’amour et de la compassion. Le désir et la haine envers une personne ou une chose ne s’expriment jamais au même moment. Ces deux attitudes s’opposent. Quand l’une prend de l’envergure, l’autre s’affaiblit. 

 

La connaissance de la nature ultime des choses consolide l’amour et la compassion. L’ignorance conçoit les objets de manière erronée en leur attribuant une existence intrinsèque. Quelle que soit la force de la haine ou de la fierté, ces attitudes négatives naissent de l’ignorance. La méprise sur la nature des êtres et des choses est à l’origine de la haine et du désir. Heureusement, les sentiments qui s’opposent à la haine et au désir s’expriment, qu’il y ait ou non une conception erronée d’une existence indépendante des choses. 

 

Lorsque l’ignorant et le sage observent un phénomène, leurs perceptions s’opposent. La sagesse s’appuie sur la vérité et l’ignorant sur de mauvais principes qui provoquent une vision déformée de la réalité. Renforcer la sagesse affaiblit l’ignorance. La sagesse amoindrit la méprise sur la nature des choses et des êtres jusqu’à la disparition totale de l’ignorance. 

 

Drag and drop me   LE TOURMENT EST INTÉRIEUR  Drag and drop me 

Les événements extérieurs ne sont pas à l’origine de notre souffrance. L’esprit non maîtrisé est la cause de toute souffrance. L’apparition d’émotions conflictuelles dans notre esprit pousse à des actes négatifs. Les émotions et les visions erronées recouvrent l’essence pure de l’esprit. Leur force nous pousse alors à commettre des fautes qui engendrent inévitablement la souffrance. Nous devons éliminer, consciemment et avec soin, de telles attitudes dommageables. Agir comme si nous devions disperser les nuages, pour qu’un ciel bleu éclate. Les actes nuisibles cessent avec la disparition des attitudes, émotions et conceptions dommageables. Le grand yogi tibétain Milarépa (XIe-XIIe siècle) disait: « Naître, naître de l’univers; se dissoudre, se dissoudre dans l’univers. « Il faut être à l’écoute de sa conscience pour savoir détruire les idées mal fondées et donner une impulsion pour revenir à une réalité plus profonde. Le ciel existait là avant que les nuages ne l’envahissent et il sera encore là lorsqu’ils se seront dissipés. Même si les nuages recouvrent chaque centimètre carré jusqu’à l’horizon, il est toujours là. 

 

L’eau, aussi sale qu’elle puisse être, est par nature propre et non polluée. De la même façon, l’essence d’un esprit, fût-il troublé, n’est pas souillée. Les émotions conflictuelles comme la haine ne peuvent pas affecter l’esprit de claire lumière. La prochaine fois que la haine surgira, sortez de cette exaltation mentale et observez la haine en pleine action. Dans « Je hais … », la « haine » et le « moi » sont liés l’un à l’autre. Et pourtant, en vous plaçant en tant qu’observateur, vous avez écarté légèrement la haine. Toutes les anomalies qui ont provoqué cet état d’emportement se révèlent alors. 

 

Pour réaliser cet exercice, il faudra d’abord développer vos aptitudes à surveiller vos pensées. Tant que votre conscience conceptualise, il est difficile pour la pensée d’observer la pensée. En devenant capable d’observer les pensées dès qu’elles naissent, le potentiel de la conscience à se concentrer sur elle-même augmente progressivement. Et, dès que surgit une expression de haine, l’esprit ne verse plus dans la colère. En étant proche de la conscience, à la fois comme expert et objet expertisé, vous pouvez dorénavant reconnaître ce que l’on appelle la « conscience ordinaire », non affectée par le fait d’aimer ou de ne pas aimer, de désirer ou de ne pas désirer. Quand l’esprit n’est pas sollicité par ses multiples fonctions, sa clairvoyance se manifeste. Et si vous persistez, cette capacité de clairvoyance se développera. La haine se mélange lentement à l’essence de la conscience, car la nature profonde de la haine est aussi lumière et connaissance. 

 

Le flux de vos idées et de vos pensées ne doit pas être interrompu intentionnellement. Ne vous laissez pas emporter par elles et ne laissez pas votre esprit se fondre en elles. Alors l’esprit reprendra sa forme originelle pour que la clairvoyance se révèle. Et sa pureté fondamentale s’exprimera. 

Lorsque vous comprenez que la claire lumière est l’essence de votre esprit, des qualités de plus en plus grandes telles que l’amour se déploient. La transformation spirituelle n’est pas motivée par l’environnement extérieur. Il ne sert à rien d’accumuler encore et encore plus d’objets matériels: vous resterez insatisfait. 

 

La libération est atteinte par la connaissance de l’essence ultime de l’esprit lui-même. Personne et rien d’autre ne peut nous l’accorder. Le bonheur s’acquiert avec la maîtrise de l’esprit. Sans elle, le bonheur est inaccessible. Nous ne serons pas affligés ou nous ne causerons pas de souffrance si nous avons confiance dans la luminosité fondamentale de la nature de l’esprit, la claire lumière. 

 

Drag and drop me   L’ESPRIT DIAMANT  Drag and drop me 

Cette claire lumière, fondamentale et lumineuse, est l’origine de tout esprit, à jamais indestructible, inaltérable comme un diamant. Pour le bouddhisme, cet aspect de l’esprit est permanent dans le sens où il est perpétuel, sans aucune interruption. Il a toujours existé et existera à jamais. Il n’est pas un phénomène qui naît de la causalité. 

 

Notre esprit d’origine est pur, naturellement libre de tout problème. Les phénomènes purs et impurs apparaissent à l’intérieur de cet esprit comme les manifestations de sa spontanéité. Le rayonnement sans entrave de l’esprit est appelé la compassion. Les actions compatissantes émergent de sa nature spontanée et de sa pureté. 

 

L’esprit diamant est libre de toute souillure, comme un ciel couvert de nuages, même s’il émet des sentiments bons ou mauvais comme le désir, la haine ou la confusion. L’eau peut être très sale: sa nature profonde reste claire. De la même manière, toute émotion conflictuelle, quelle que soit sa puissance, générée par l’esprit diamant est un artifice. L’esprit fondamental est perpétuel et demeure non affecté par les souillures. 

 

L’esprit diamant originel possède toutes les qualités spirituelles extraordinaires comme l’amour ou la compassion illimités. Elles se manifestent seulement lors de circonstances particulières. Dans un sens, aux prémices du commencement, nous étions « illuminés », dotés d’un esprit à l’origine profondément bon. 

 

Drag and drop me    ÉVALUER NOTRE SITUATION PRÉSENTE Drag and drop me 

 

Cette renaissance humaine se fait dans un corps qui sera l’instrument nécessaire pour atteindre plus facilement tous les buts, qu’ils soient provisoires ou définitifs. Il ne faut pas gâcher cette vie. Cette renaissance parmi la myriade de formes de vie possibles dans ce monde est tellement unique et avantageuse! Votre potentiel intérieur ne sera pas pleinement réalisé si vous ne vous employez qu’à atteindre une meilleure existence pour vos prochaines renaissances, ou si vous cherchez seulement à vous libérer individuellement des liens qui vous attachent à la souffrance. Sous cette forme humaine, vous devez faire tout ce qu’il est possible pour achever un développement spirituel total et parfait. 

 

Méditation 

  1. Méditez sur votre potentiel actuel pour effectuer un développement spirituel : vous avez un corps humain, l’enseignement spirituel est à votre portée. Vous avez la capacité d’intérioriser les enseignements spirituels. Vous possédez un esprit diamant. 

  2. Appréciez les opportunités présentes pour exercer une pratique spirituelle. 

  3. Établissez comme motivation le souhait d’aider, en dehors de vous-même, tous les êtres vivants. 

  4. Ayez pour but d’aider les autres. 

 

Sa Sainteté le Dalaï Lama 

 

dalai-lama_toulouse2011_copie dans Méditation

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Comprendre le Bouddhisme

Posté par othoharmonie le 15 janvier 2011

Titre

POUR COMPRENDRE LE BOUDDHISME – UNE INITIATION A TRAVERS LES TEXTES ESSENTIELS 

Auteur

Bercholz et 

Kohn Chödzin  

Sherab Samuel 

 

 

                         POUR COMPRENDRE LE BOUDDHISME 

 

             UNE INITIATION A TRAVERS LES TEXTES ESSENTIELS 

 

Pour comprendre le bouddhisme

Traduit par Michèle Garène, Basile Lagides, Bernard Seytre 

Préface de Bernardo Bertolucci 

 

 

Il y a deux mille cinq cents ans, un prince renonce au monde, il découvre le secret de la fin de toutes les souffrances et devient le Bouddha. 

 

Depuis, des millions d’hommes ont suivi son enseignement, et pourtant, que savons-nous vraiment du fondateur du bouddhisme, un des grands guides de l’humanité, et de la foi qu’il a inspirée ? 

 

Ce livre rappelle l’étonnante aventure du Bouddha et l’histoire du bouddhisme ; il en illustre les grandes idées par des textes souvent bouleversants, explique les mots clefs, fournit les références indispensables. 

 

Pour comprendre le bouddhisme, sans la moindre exclusive, donne la parole à toutes les tendances ; Petit Véhicule, Grand Véhicule, Tantrisme tibétain, Zen… on trouvera ici aussi bien les paroles du Bouddha que les textes de maîtres contemporains. 

 

Ce livre d’initiation est né d’un souhait de Bernardo Bertolucci, à l’occasion de la sortie mondiale de Little Buddha. Le cinéaste voulait offrir au grand public une voie d’accès au sens profond de son film, et expliquer tout ce qu’il avoue n’avoir pu dire par les seules images. Ainsi, dans ce livre, chacun pourra découvrir le message bouddhique, dans toute sa grandeur et sa simplicité. 

 

 

Le film :  LITTLE BOUDDHA sorti en 1993 de Bernardo Bertolucci

Photo : Comprendre le Bouddhisme dans A et B Bernardo-Bertolucci

Synopsis

Jesse Conrad, neuf ans, vit à Seattle avec un père ingénieur, Dean, et une mère enseignante, Lisa. Un jour, ils reçoivent la visite surprise d’une délégation de moines bouddhistes venue du royaume himalayen du Bhoutan sous la conduite du lama Norbu et de son adjoint Champa. Les moines sont persuadés que Jesse pourrait être la réincarnation d’un de leurs plus éminents chefs spirituels. Ils lui offrent alors un livre narrant la vie de Siddhartha, et ce, en attendant sa visite dans l’Himalaya.

 

Commentaire

On peut partager le film en deux. D’un coté l’histoire de Jesse, un petit américain supposé être la réincarnation d’un grand lama et de l’autre, l’histoire du prince Siddhartha qui deviendra le futur bouddha.

 

VIDEO de Little Bouddha :  Image de prévisualisation YouTube

 

barre-de-separation dans A et B

 

si vous aussi vous voulez vous procurer ce livre, vous le trouverez ICI : 

http://www.amazon.fr/Pour-comprendre-bouddhisme-Samuel-Bercholz/dp/2221077547 

 

 

bouquins

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Introduction au Bouddhisme (3livres)

Posté par othoharmonie le 27 novembre 2010

Titres

1.     LA VOIE DE LA LUMIERE 

2.     LA GRANDE PAIX DE L’ESPRIT 

3.     L’ART DU BONHEUR 

Auteur

 

Le DALAÏ LAMA 

 

 

                                             1.   LA VOIE DE LA LUMIERE 

 

 

La Voie de la lumière : Une introduction au bouddhisme

De quoi ça parle

 

Dans ce livre fondamental pour la compréhension du bouddhisme, le Dalaï-Lama analyse un texte renommé de l’un de ses prédécesseurs, le troisième Dalaï-Lama, pour nous éclairer sur l’essence de la vie. 


Issu de la tradition d’enseignement du Lam Rim
(étapes de la Voie vers l’Eveil), La voie de la lumière indique clairement comment accéder à l’éveil. Il nous rappelle que cette voie passe par les grands sujets de méditation et l’importance des progrès spirituels


Ce livre s’adresse à toute personne qui souhaite aller plus loin que la simple étude du bouddhisme tibétain. 

 

Cet enseignement du Dalaï-Lama, fondé sur un texte renommé de l’un de ses prédécesseurs, Sonam Gyatso, troisième Dalaï-Lama, met en évidence d’une façon claire et brillante tous les rouages de la dynamique bouddhiste de l’éveil. Des différents types de motivations pour aborder le chemin jusqu’à la pratique tantrique, en passant par la rencontre avec le maître, le Karma ou la production de l’esprit altruiste d’éveil, toutes les étapes sont expliquées et placées dans la perspective générale de l’évolution spirituelle. Un ouvrage à la fois pédagogique et inspirant, qui permettra de situer les multiples aspects de la pratique et de l’étude bouddhiste, et de les approfondir à la lumière de l’expérience du Dalaï-Lama et des grands maîtres qui l’ont précédé. En annexe, plusieurs textes présentent l’œuvre et la vie de Sonam Gyasto ainsi que les principaux accomplissements de chacun des quatorze Dalaï-Lamas. 

 

L’auteur :       photo Tenzin Gyatzo foto 2.jpg

Le dalaï-lama (tibétain : ཏ་ཱལའི་བླ་མ་, Wylie : tala’i blama ; en sinogrammes traditionnels 達賴喇嘛 ; en sinogrammes simplifiés 赖喇嘛 ; en pinyin Dálài Lǎmá) est reconnu par les Tibétains comme le plus haut chef spirituel (religion) du Tibet et une émanation du bodhisattva de la compassion, il est devenu le chef temporel (politique) du gouvernement du Tibet depuis le XVIIe siècle jusqu’à la première moitié du XXe siècle, puis chef de l’Administration centrale tibétaine encore à ce jour. 

 

À l’époque du 14e dalai lama, Tenzin Gyatso (1935), après une guerre sino-tibétaine, l’armée populaire de libération a envahi le Tibet en 1951. Le dalaï-lama resta au Tibet jusqu’en 1959, date à laquelle il fut contraint de s’exiler en Inde, après le soulèvement tibétain de 1959

 

Souvent, le Dalaï-Lama dit de lui qu’il est un simple moine, ni plus ni moins. Dans son exil à Dharamsalla au nord-ouest de l’Inde, il s’adonne essentiellement à la méditation et aux prières. Par ailleurs, il voyage beaucoup dans le monde pour donner des conférences, à l’occasion de rencontres bouddhistes ou encore pour rencontrer des hommes politiques. 

 

 

animeax

 

si vous aussi vous voulez vous procurer ce livre, vous le trouverez ICI : http://www.amazon.fr/Voie-lumi%C3%A8re-Une-introduction-bouddhisme/dp/2290053708

Introduction au Bouddhisme (3livres) dans C et D dalai%20lama%20livres

                                        2.   LA GRANDE PAIX DE L’ESPRIT 

 

 

 

La vision de l'éveil dans la grande perfection

De quoi ça parle

La Grande Paix de l’Esprit retrace le chemin spirituel dans son intégralité, depuis les notions d’éthique, qui forment le socle commun à toutes les religions et à tous les hommes épris d’humanisme, jusqu’aux enseignements les plus élevés du Dzogchen, en passant par la philosophie bouddhiste fondamentale qu’est la compassion. 


Invité en 2000 à Lérab Ling, dans le Languedoc, le dalaï-lama a livré les principes clés du bouddhisme devant une assistance de dix mille personnes. Imprégné de l’ambiance chaleureuse de l’événement, ce livre d’une grande fluidité, directement issu de la transmission orale du bouddhisme tibétain, offre au lecteur une dimension inédite de l’esprit du dalaï-lama, en même temps qu’il lui propose une vision panoramique de l’enseignement du Bouddha. 

en même temps qu’il commentait, avec une érudition et une clarté remarquables, le texte magistral du maître tibétain du quatorzième siècle, Longchen Rabjam dit Longchenpa : Trouver le confort et l’aise dans la méditation de la Grande Perfection


Lors d’une rencontre entre deux maîtres éminents du bouddhisme tibétain, Sogyal Rinpoché a dit : 

«Nous avons tous été touchés par la profondeur, la pertinence et la limpidité de ces enseignements ; certains ont d’ailleurs affirmé qu’ils étaient parmi les plus remarquables qu’ils aient eu l’occasion d’entendre. Avoir pu recevoir ces enseignements du dalaï-lama fut un événement exceptionnel dans la vie de toutes les personnes présentes.»

 

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 dans C et D

 

 

 

 

 

                                                    3.   L’ART DU BONHEUR 

 

 

 

 

Sagesse et sérénité au quotidien

 

 

 

 

De quoi ça parle :

 

 Le bonheur est, selon le Dalaï-Lama, le but de toute notre existence. Mais cet « art du bonheur », mélange surprenant de sagesse plusieurs fois millénaire et de bon sens, nous est-il réellement accessible ? 


C’est bien ce que nous prouvent ces entretiens désormais célèbres entre Sa Sainteté le Dalaï-Lama et Howard Cutler, psychiatre américain, en nous offrant des réflexions et des conseils concrets que nous pouvons tous appliquer pour vaincre l’anxiété et la colère, pour surmonter les obstacles de l’existence et le découragement en puisant dans notre source de paix intérieure. Nous vous présentons ici quelques-uns des passages les plus éloquents de ce remarquable best-seller où la plus grande figure spirituelle du monde contemporain et prix Nobel de la paix, partage le sens profond de la spiritualité et de ce qui fait notre bonheur au quotidien. 

 

Le chemin vers le bonheur et la sérénité est de travail et de volonté. Nous viendrait-il à l’idée qu’un apprentissage quelconque puisse se faire sans effort ? Alors sur le métier cent fois remettons notre ouvrage.  L’exemple et les livres du Dalaï-lama lama nous entrainent vers notre essence intime qui nous apprend à nous accepter tels que nous sommes et nous permet de mieux vivre notre vie. 


Et si nous commencions nos journées par cette simple petite phrase :

« Je ne vais pas gâcher cette journée. Je vais l’employer de manière plus positive. » 

 

 

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Différentes prières

Posté par othoharmonie le 2 septembre 2010

Différentes prières dans A et B mains_priere-88d00   La prière est un acte et parfois une attitude, visant à entretenir un sentiment d’union avec Dieu, un dieu, une ou plusieurs divinités, une personne choisie comme médiateur de Dieu, selon sa propre foi.

 Elle peut être codifiée ou non, collective ou individuelle. Elle peut être isolée et unique dans une histoire personnelle et spontanée ou rituelle et même permanente chez de grands croyants. 

On trouve trois types de prières : la prière d’intercession (pour demander un bienfait pour quelqu’un ou soi-même), la prière de confession, et la prière de gratitude. 

priere dans A et B    La prière bouddhique 

Dans le bouddhisme originel, ainsi que dans le bouddhisme theravāda qui de nos jours en est le plus proche, ou dans le bouddhisme Zen, les moines ne prient pas et la prière n’a pas de sens (en raison de l’impersonnalité des êtres), hors d’une pratique dévotionnelle laissée au commun du peuple. L’attachement aux rites ou la croyance aux effets de la prière (silavrata-paramarsa) fait d’ailleurs partie des dix liens qu’il faut briser pour parvenir à l’Eveil. Selon S. N. Goenka : « il n’est pas correct de prier le Bouddha pour lui adresser une demande, ce n’est pas dans son enseignement. Un être libéré ne fait que montrer le chemin, c’est à vous de faire les efforts nécessaires pour atteindre le but final. »

 Dans le bouddhisme tibétain, la prière est moins faite pour elle-même que comme un accompagnement des pratiques comme la méditation ou les enseignements. 

Elle est parlée ou chantée et permet d’avoir une intention altruiste et de se concentrer sur un but : l’éveil. Pour prendre refuge, on commence en ces termes : « En le Bouddha, le Dharma et la Sangha, je prends refuge jusqu’à l’éveil », ce qui signifie que l’on va vers le Bouddha, son enseignement, et la communauté bouddhique. Ensuite on remercie d’autres personnages importants du bouddhisme pour leur apport au monde. On peut aussi prier lors des repas pour remercier les bouddhas et les circonstances d’avoir à manger. 

priere2    La prière chrétienne 

Article détaillé ici : Prière chrétienne.

 En ce qui concerne la religion chrétienne – le « Notre Père » (Pater Noster) est la prière fondamentale qu’a enseigné Jésus-Christ – (Nouveau Testament). Pour Tertullien, «La prière est le sacrifice spirituel qui a supprimé les anciens sacrifices». 

« Chaque pas sur terre devrait être une prière » – La prière est un acte fondamental de la foi chrétienne, vécue comme une action de Grâce et de communion avec Dieu, une communion d’esprits entre Dieu et les Siens. C’est « Dieu le Père » que le croyant prie « au Nom du Seigneur Jésus-Christ ». Dans l’Évangile selon Jean, Jésus-Christ indique comment prier à ses fidèles : 

  • (13) et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. (14) Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. Jean, XIV 

  • (23) En ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. (24) Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. Jean, XVI 

L252xH240_priere_d_un_petit_garcon-c71e7     Des pratiques de méditations, de jeûne et de veille peuvent être associées à la prière, de même que des lectures de textes, bibliques ou non. Pour le croyant, Dieu est partout et la prière peut donc avoir lieu en n’importe quel lieu. 

Pour le chrétien, Dieu est vivant, sensible à la prière du chrétien, et il espère qu’il réponde en acte (parfois selon le souhait exprimé, parfois différemment, parfois immédiatement, parfois de façon très différée). Certains chrétiens ont une relation très ardente avec Dieu, voire mouvementée et houleuse lui parlant comme à un ami proche, un père humain, lui faisant même des reproches et exprimant leur colère. Dans la religion chrétienne, l’esprit saint à travers la foi, les écritures, les autres chrétiens et même des non-croyants peuvent aider le chrétien à discerner la réponse de Dieu. Elle lui parait parfois évidente et claire, parfois même prononcée par Dieu, et plus souvent diffuse, voire difficile ou impossible à discerner immédiatement.   

arton6       Des pratiques et des conceptions théologiques secondaires différencient les différents courants chrétiens. En particulier dans les Églises catholiques et orthodoxes on reconnait la prière par les Saints et la Vierge Marie,. L’utilisation d’objets de cultes (crucifix, icônes, chapelets, statues, etc.) est aussi sujet à des controverses. Les cultures et les milieux sociaux ont également une grande influence sur les manières de prier. Ce que les divers courants protestants contestent vigoureusement au nom des Écritures. Nous pouvons prier comme si l’on parlait avec un père, un ami, Dieu entend les prières non récitées mais simplement il suffit de lui parler. 

Dans les trois principales composantes chrétiennes, des moines peuvent consacrer leur vie exclusivement à la prière. Certains courants évangéliques contestent la validité de l’engagement monastique. Différentes communautés chrétiennes: Les saints des derniers jours suivent les étapes suivantes quand ils prient : 

1.       Ils invoquent le Père (exemple : « Cher Père céleste »). 

2. Ils expriment leur reconnaissance (exemple : « Je te remercie de »).

3. Ils expriment leurs besoins (exemple : « Je te demande de »). 

4. Ils terminent « au nom de Jésus-Christ. Amen ». La seule prière fixe (dite mot à mot) est la prière de la Sainte-Cène. Le Notre Père serait un exemple de prière plutôt qu’une prière fixe (« Voici donc comment vous devez prier » Matt. 6:9).

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La prière de l’Être suprême 

Liberté, don précieux du ciel, bonheur suprême de l’homme sur la terre! Que ton nom soit sanctifié par toutes les nations, que ton règne bienfaisant arrive pour détruire celui des tyrans; que tous les peuples se réunissent pour t’adorer et te bénir; que ton culte sacré remplace celui des idoles méprisables que tu viens de renverser; que la justice, ton plus ferme appui, soit désormais le règne de nos volontés; que le flambeau de ta sagesse éclaire nos esprits dans la route nouvelle de nos devoirs. Achève de remplacer dans nos âmes les vices honteux de l’esclavage, par les vertus sublimes que tu sais inspirer; fais que nous soyons unis par les doux liens de la fraternité, et que la France désormais n’offre plus à l’univers, que le tableau d’une seule famille, heureuse par tes bienfaits. Ne laisse plus tes lâches ennemis partager avec nous notre pain quotidien; méprise leur offenses, mais punis leurs audacieux attentats; fais les rentrer dans la fange de l’esclavage, puisqu’ils s’y plaisent. Seconde nos efforts pour venger l’humanité de leur scélératesse; soutiens notre courage au milieu des orages que leur odieuse perfidie et leurs noires trahisons excitent en vain pour nous perdre; ne nous laisse point succomber à la séduction de leurs infâmes agents : mais délivre-nous pour toujours de la féodalité, ce fléau destructeur de toute propriété et que l’être suprême nous envoya dans sa colère, pour nous punir d’avoir négligé ton culte et adoré le veau d’or; fais qu’un jour enfin l’univers retentisse des noms sacrés de Liberté, d’Égalité et de Justice

Alphonse Balleydier – Histoire du peuple de Lyon – Tome III 

priere_islam-fde86     La prière islamique Article détaillé ici : Prière islamique

La prière musulmane, demande au croyant de louer la grandeur de Dieu (Allah), de se soumettre à Lui, et de Lui demander de pardonner pour ses péchés. Il faut pour cela s’être purifié par les ablutions et avoir une pureté de l’intention (niyya). La prière musulmane est aussi une forme de méditation pratiquée (la prostration) pour se remémorer et ne pas oublier Dieu (Allah).

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Consultez quelques prières en page suivante – ici : http://othoharmonie.unblog.fr/la-priere/quelques-prieres/

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L’Impératrice de la Soie

Posté par othoharmonie le 9 août 2010

 

 

Titre L’IMPERATRICE DE LA SOIE

en 3 TOMES 

Auteur

José FRECHES  

 

 

                                                                          LE TOIT DU MONDE– TOME 1 

LES YEUX DE BOUDDHA  – TOME 2 

L’USURPATRICE – TOME 3

 L'Impératrice de la soie, Tome 1 : Le Toit du mondeL'Impératrice de la soie, Tome 2 : Les yeux de BouddhaL'Impératrice de la soie, Tome 3 : L'usurpatrice 

LE TOIT DU MONDE – tome 1

Sur la Route de la Soie, un jour, l’Orient et l’Occident se rencontrèrent… Sous la dynastie des Tang, la Chine détient un trésor que le monde entier lui envie : la Soie. Nulle part ailleurs on ne sait fabriquer cette étoffe légère et chatoyante, plus rare que le jade, plus précieuse que l’or. 

Le long de la Route de la Soie, bouddhistes et chrétiens, moines et brigands, tous ne rêvent que d’une chose ; arracher son secret à la Chine. Celui qui y parviendra aura la richesse… et le pouvoir ! 

Sur le chemins du Tibet, de l’Inde et de la Chine, une lutte sans merci s’engage,  à laquelle seront mêlés de mystérieux jumeaux, un éléphant blanc sacré, des moines et des courtisanes…. 

Roman d’aventure, roman des religions, roman des échanges et de la fascinante découverte de l’autre, l’Impératrice de la Soie est aussi, à travers la grande passion qui va naître entre un moine bouddhiste et une jeune chrétienne, le roman de la rencontre entre l’Orient et l’Occident. 

LES YEUX DE BOUDDHA – tome 2 

Sur la fabuleuse Route de la Soie, l’aventure de la rencontre entre l’Orient et l’Occident…. « Le plus petit caillou peut briser la plus grande jarre« , avait dit Confucius. Quand le Supérieur du plus grand monastère bouddhique indien a disparu avec des reliques très précieuses, il ne se doutait pas des bouleversements qu’il allait déclencher à travers la Chine, l’Inde et le Tibet… 

A cause de lui, les Eglises bouddhiques intriguent, le secret de la fabrication de la soie est menacé, la police impériale harcèle les trafiquants, et la très sensuelle impératrice Wushao doit affronter des ennemis plus que sournois dans sa marche vers le pouvoir suprême

Grâce à lui cependant, une grande passion est née entre un moine bouddhiste et une jeune chrétienne. Lancés sur la Route de la Soie, ils ne rêvent que de vivre paisiblement leur amour, mais se sont promis d’accomplir d’abord leur mission ; ramener en Chine les Jumeaux Célestes, deux mystérieux bébés sur lesquels repose l’avenir de l’Empire.  

L’USURPATRICE – tome 3 

Adorés par des milliers de pèlerins comme la réincarnation d’un couple mythique, les petits Jumeaux Célestes ramenés en Chine par la Route de la Soie sont désormais choyés par l’impératrice, leur « tante Wu », qui s’occupe d’eux dès que les affaires de l’Etat et ses folies érotiques lui laissent un moment. 

Nombre d’aventures guettent encore nos héros dans ce tome qui clôt une trilogie d’une ampleur étourdissante ; parce qu’elle refuse d’avouer où sont les inestimables « Yeux de bouddha« , la jeune chrétienne Umara est séquestrée par le chef du bouddhisme chinois ; la jolie Chinoise Lune de Jade, elle, a été kidnappée puis vendue comme concubine à un sultan, très loin à l’ouest… 

Le jour où, par la magie de la Route de la Soie, tous les chemins se seront rejoints autour de Wuzhao à la cour de Chine, ce jour-là l’impératrice obtiendra son triomphe et tous les héros se libéreront de leur entraves pour vivre enfin au grand jour leur amour ou leur foi… 

Un mot sur l’auteur 

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Ancien conservateur du musée Guimet, passionné par la Chine depuis toujours, José Frèches a connu avec son premier roman, le Disque de Jade (XO, 2002), un immense succès. Il nous livre avec cette nouvelles fresque étourdissante, les clés d’un monde inconnu, celui de l’Asie au VIIème   siècle de notre ère. 

  

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 Et Si vous voulez, vous aussi, vous procurer cette série de livres, vous les trouverez ICI:  http://www.amazon.fr/LImp%C3%A9ratrice-soie-2-yeux-Bouddha/dp/2266144642

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Un Appel

Posté par othoharmonie le 20 juillet 2010

      Un Appel      UN APPEL DU DALAÏ LAMA 

Cet appel a été lancé par le Dalaï Lama le jeudi 24 avril, alors qu’il était en voyage aux Etats-Unis. Nous le reproduisons ici en français, dans une traduction réalisée par nos soins, et dans la version anglaise qui figure sur le site officiel du Dalaï-Lama (voir référence en lien, ci-dessous). 

Un message du Dalaï-Lama à ses frères et sœurs spirituels chinois 

Aujourd’hui je voudrais lancer un appel personnel à tous mes frères et sœurs spirituels chinois, de République Populaire de Chine et d’ailleurs, en particulier aux disciples du Bouddha. Je vous sollicite en tant que moine bouddhiste et élève de notre vénéré maître, le Bouddha. J’ai déjà lancé un appel à la communauté chinoise. Maintenant, j’en appelle à vous, mes frères et sœurs spirituels, au sujet d’un problème humanitaire urgent. 

Chinois et Tibétains partagent un même héritage spirituel dans le bouddhisme Mahayana. Nous adorons le Bouddha de la compassion – Guan Yin dans la tradition chinoise, Tchenrézi dans la tradition tibétaine – et nous révérons la compassion, envers tous les êtres qui souffrent, comme l’un des plus hauts idéaux spirituels. En outre, dans la mesure où le Bouddhisme s’est d’abord répandu en Chine, avant son départ de l’Inde pour le Tibet, j’ai toujours estimé les bouddhistes chinois avec le respect dû aux frères et sœurs spirituels aînés. 

Comme le sait la plupart d’entre vous, depuis le 10 mars de cette année, une série de manifestations a eu lieu à Lhassa et dans de nombreuses régions tibétaines. Elles sont le résultat dun profond ressentiment tibétain envers la politique du gouvernement chinois. J’ai été profondément attristé par la perte de vies humaines, autant chinoises que tibétaines, et j’ai immédiatement incité les autorités chinoises et les Tibétains à la retenue. J’ai tout particulièrement demandé aux Tibétains de ne pas recourir à la violence. 

Malheureusement, les pouvoirs chinois ont eu recours à des méthodes brutales pour faire face à ces événements, malgré les exhortations à la retenue de nombreux dirigeants internationaux, d’organisations non gouvernementales et de personnalités mondialement reconnus, parmi lesquelles de nombreux universitaires chinois. Dans le tumulte des événements, il y a eu des pertes de vies humaines, des blessures pour beaucoup et la mise en détention pour un grand nombre de Tibétains. La répression se poursuit, en visant particulièrement les institutions monastiques, berceaux de la connaissance et de la tradition bouddhistes. Beaucoup sont maintenant fermées. Des comptes-rendus nous rapportent que de nombreux détenus sont battus et traités cruellement. Ces mesures répressives semblent faire partie d’une politique systématique, approuvée officiellement.

En l’absence d’observateurs internationaux, de journalistes ou même de simples touristes autorisés au Tibet, je suis profondément précoccupé par le sort des Tibétains. Beaucoup de ceux qui ont été blessés durant la répression, en particulier dans les régions réculées, craignent de demander une aide médicale par peur dêtre arrêtés. D’après des sources sûres, des personnes fuient vers les montagnes où elles n’ont ni refuge, ni nourriture. Ceux qui restent derrière elles, vivent dans la crainte constante d’être parmi les prochains arrêtés.

Je suis profondément peiné de cette souffrance manifeste. Je suis très inquiet des conséquences que pourraient engendrer ces tragiques développements. Je ne crois pas que des mesures répressives puissent fournir une solution à long terme. La meilleure façon d’aller de l’avant serait de résoudre les difficultés entre les Tibétains et l’autorité chinoise par le dialogue, comme je l’ai préconisé depuis longtemps. A plusieurs reprises, j’ai assuré les autorités de la République Populaire de Chine que je ne recherchais pas l’indépendance. Ce que je souhaite est une véritable autonomie pour le peuple tibétain, qui garantirait la pérennité de notre culture bouddhique, de notre langue, et de l’identité propre à notre peuple. La riche culture bouddhiste tibétaine fait partie du patrimoine culturel encore plus large de la République Populaire de Chine et elle a le potentiel pour être bénéfique à nos frères et sœurs chinois. 

A la lumière de cette présente crise, je vous sollicite tous afin de contribuer à demander l’arrêt immédiat des répressions brutales qui ont cours actuellement, la remise en liberté de tous les détenus, et la prise en main médicalisée des blessés. 

Le Dalaï Lama
Hamilton, Etat de New-York, USA
Le 24 Avril 2008. 

     Voir le texte de cet appel sur le site du Dalaï-Lama

 

 

 

 

 

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* Dalaï Lama

Posté par othoharmonie le 7 mai 2010

* Dalaï Lama  temple_bouddhiste_new_york_grLe Dalaï-Lama est le chef spirituel et temporel du Tibet. Dalaï-lama signifie « océan de sagesse », ce qui nous montre son rôle important dans la croyance bouddhiste.


                    Tenzin Gyatso, l’actuel Dalaï-lama, est né le 6 juillet 1935 dans un petit village perdu dans les hautes plaines du nord du Tibet, et issu d’une famille pauvre. Alors qu’il n’avait que 4 ans, des moines virent en lui la réincarnation du douzième Dalaï-lama, mort quelques années auparavant. C’est en 1940 qu’il découvre son palais de Lhassa, le « Potala », symbole de l’unité culturelle du Tibet. C’est dans ce palais que les meilleurs maîtres du pays s’occupe de l’éducation du jeune Dalaï-lama

En hiver 1950, lors de l’invasion chinoise, la situation devient grave. On commence à critiquer le gouvernement qui ne sait que faire devant l’arrivée des oppresseurs. On pense alors à accorder la majorité au Dalaï-lama. Il aurait ainsi le pouvoir temporel qui aurait dû lui revenir seulement deux ans plus tard. Certains voient en lui le sauveur de cet état de crise, tandis que d’autres pensent qu’il est encore trop jeune pour assumer cette lourde tâche qui est de gouverner son pays. Lui-même ne se sent pas prêt, mais, face à l’oracle qui a décidé que « son temps était venu », il ne peut qu’accepter son nouveau rôle. C’est ainsi qu’à 16 ans, Tenzin Gyasto devient le chef incontesté de six millions de Tibétains.

Depuis toujours, le peuple voue un véritable culte à ce « dieu-roi ». Malgré toute les souffrances qu’ont endurées ces gens, le Dalaï-lama a réussi à leur redonner espoir. On le surnomme « l’ambassadeur  de la tolérance ». En effet, pour lui, toutes les religions sont nécessaires et si elles arrivent à coexister dans un respect mutuel, le résultat ne peut être que positif.


Le Dalaï-lama n’a jamais éprouvé de haine envers les Chinois. Il essaie de les comprendre et espère même, dans l’avenir, entretenir avec eux une relation basée sur l’amitié. 

 Lotus

 LES VOEUX DU DALAÏ-LAMA 

  

 Le Dalaï Lama illustre la « beauté de l’esprit tibétain » ou cette capacité de considérer tous les hommes, y compris les Chinois, comme des êtres humains ayant les mêmes problèmes et à la recherche du même bonheur. C’est pourquoi il serait d’accord que le Tibet devienne un état indépendant à l’intérieur des frontières chinoises, si toutefois, le peuple tibétain peut recommencer à vivre selon sa culture, ses traditions et sa religion.
 
  

           Le but du Dalaï Lama est de faire du Tibet une zone de paix, où l’écologie y serait protégée et où chacun pourrait y vivre selon ses propres idées. Selon lui, le monde entier devrait se rendre compte que la préservation du Tibet et de sa culture, aujourd’hui, est un événement important pour l’ensemble de la planète.              En effet, cette zone de paix entre l’Inde et la Chine contribuerait à la paix mondiale. Le Dalaï Lama essaie donc de responsabiliser les autres pays face à la disparition du Tibet. 
 
  
 

  

La seule solution pour améliorer la situation de ce pays est, selon le Dalaï Lama, le dialogue. En effet « après tout la Chine et le Tibet ne peuvent pas déménager » (Dalaï Lama). Depuis de nombreuses années, il parcours le monde en exprimant le désir de rencontrer le gouvernement chinois. Celui-ci refuse toute discussion, en trouvant n’importe quelle excuse pour ne pas rencontrer le Dalaï Lama.

D’autre part, ce qui paraît aussi important aux yeux de celui-ci, c’est que la population chinoise soit au courant de ce qui se passe au Tibet. Il espère avoir le soutient du mouvement démocratique chinois, dont les représentants ont manifesté en 1989 sur la place Tien Anmen. Cette manifestation s’est terminée par un véritable massacre: entre mille et trois mille morts selon divers témoignages. Les étudiants qui ont survécu à cette hécatombe se sont réfugiés à l’étranger et ont fondé des associations avec lesquels le Tibet ne cesse d’améliorer ses relations. C’est toucher cette jeunesse qui amènera la Chine à une prise de conscience générale.

«   La responsabilité est au jeunes du XXIeme siècle, aux scientifiques et aux penseurs d’édifier un monde qui ne soit pas déchirée par la guerre entre les peuples. Les peuples doivent réussirent à mieux se comprendre. Il y a un retour vers les valeurs de spiritualité et il faut profiter de cette chance. Il ne suffit pas d’améliorer les valeurs matérielles, mais aussi les valeurs intérieurs, dont il faut tenir compte.
Nous devons lutter pour un avenir meilleur, c’est à chacun de nous d’en prendre la responsabilité et de ne pas la rejeter sur les autres. Si cela ne fonctionne pas, nous serons seuls responsables des suites malheureuses dont nous auront à souffrir.

Ces problèmes concernent directement chacun d’entre nous. C’est à chaque individu d’en relever le défi. »
 

               (Dalaï Lama) 

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 Ces instructions ont été développées par le Dalaï Lama au cours de sa vie de prière et de contemplation. Le Dalaï Lama a dédié son existence à la promotion des valeurs humaines de compassion, d’indulgence, de tolérance et d’autodiscipline. 

  1. Gardez à l’esprit que le grand amour et les grands ouvrages mettent en jeux de grands risques. 
  2. Quand vous perdez, ne perdez pas la leçon. 
  3. Suivez les trois Rs :
    a) Respectez-vous
    b) Respectez les autres
    c) Responsabilité pour toutes vos actions 
  4. Rappelez-vous que ne pas obtenir ce que vous voulez est parfois un formidable coup de chance. 
  5. Apprenez les règles de façon à savoir comment les contourner convenablement. 
  6. Ne laissez pas une petite dispute gâcher une grande amitié. 
  7. Quand vous faites une erreur, prenez immédiatement des mesures pour la corriger. 
  8. Consacrez du temps seul chaque jour. 
  9. Soyez ouvert au changement, mais ne perdez pas de vue vos valeurs. 
  10. Rappelez-vous que le silence est parfois la meilleure réponse. 
  11. Ayez une vie bonne et honorable. Ainsi lorsque vous serez âgé et que vous regarderez en arrière, vous serez capable de la savourer une seconde fois. 
  12. Une atmosphère d’amour chez vous est le fondement de votre vie. 
  13. Lors d’un désagrément avec ceux que vous aimez, occupez-vous uniquement de la situation présente. Ne ressassez pas le passé. 
  14. Partagez votre savoir. C’est une façon d’obtenir l’immortalité. 
  15. Soyez doux avec la terre. 
  16. Une fois par an, allez dans un lieu où vous n’êtes jamais allé auparavant. 
  17. Rappelez-vous que la meilleure des relations est une relation où l’amour réciproque va au-delà du besoin réciproque. 
  18. Jugez votre succès selon ce que vous avez dû sacrifier pour l’obtenir. 
  19. Abordez l’amour et la cuisine avec le même abandon insouciant. 

Sources : TeachingMoments / Site officiel du Dalaï Lama

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Textes du DALAÏ-LAMA 

http://supervielle.univers.free.fr/_themes/fiesta/fiedbul1.gif  L’univers  

Lorsqu’on se demande quelle est la cause substantielle du monde matériel à rebours de l’histoire de l’univers, on remonte jusqu’à ces particules d’espace qui sont devenues les éléments qui composent ce monde manifeste. On peut alors se demander si ces particules d’espace ont elles-mêmes eu un commencement. La réponse est non. Elles sont dépourvues de commencement. Là où certains autres systèmes philosophiques affirment que la cause première est Dieu, le Bouddha nous suggère une autre façon de voir : et si la ou les causes premières n’existaient tout simplement pas ?

Le monde n’a pas de commencement. Alors surgit une nouvelle question: pourquoi n’a-t-il pas de commencement?

La réponse est que c’est sa nature. il n’y a pas de raison particulière. La matière est seulement la matière. Le problème est plutôt celui-ci: qu’est-ce qui justifie l’évolution de l’univers telle que nous la connaissons ?

Qu’est-ce qui justifie l’existence des particules dispersées dans l’espace qui ont formé l’univers tel qu’il nous apparaît ? Pourquoi tout cela a-t-il suivi certains processus de changement selon un certain ordre ? Les bouddhistes répondent qu’il existe une condition qui rend tout cela possible, et cette condition, c’est la conscience des êtres animés. Par exemple, au cours des cinq derniers milliards d’années, l’âge de notre planète, des micro-organismes et des êtres animés sont apparus, respectivement il y a deux et un milliard d’années. (Nous appelons «être animé» tout être qui ressent le plaisir et la douleur.) Et notamment au cours du dernier milliard d’années, on observe une évolution vers des organismes plus complexes. À présent, nous autres, les êtres humains, nous faisons l’expérience de ce monde. Or une relation s’établit entre notre environnement et nous puisque, en effet, nous faisons l’expérience du plaisir et de la douleur relativement à cet environnement.

 Les bouddhistes demandent alors: pourquoi fait-on l’expérience de l’univers sur ce mode relationnel? La cause elle-même du plaisir et de la douleur dont nous faisons l’expérience ici renvoie au fait que nous avons contribué à quelque chose, quelque part, à un certain moment du passé, dans l’évolution qui a abouti à la situation présente. C’est ici que la question du karma intervient. L’univers précédant celui-ci était composé d’êtres animés qui partageaient avec nous des continuums de conscience et de ce fait fournissent une connexion de l’ordre de la conscience entre leur univers et le nôtre. extrait de Le pouvoir de l’esprit, Fayard, 2000   

http://supervielle.univers.free.fr/_themes/fiesta/fiedbul1.gif  Le courage  

Agir sur nos émotions négatives est un travail de longue haleine. Persévérance, détermination, volonté sont nécessaires. Lorsque vous êtes découragés, lorsque vos acquis vous paraissent dérisoires, relisez ou songez aux vies des grands maîtres du passé, à l’histoire du Bouddha. Tous ont surmonté des difficultés, des souffrances, souvent invraisemblables, au cours de leur quête spirituelle. Réaliser la Voie, se réaliser, demande un grand courage.     

http://supervielle.univers.free.fr/_themes/fiesta/fiedbul1.gif  La colère  

La colère est un frein à notre évolution spirituelle. Un instant de colère détruit les mérites acquis souvent avec difficultés pendant des années, voire au cours d’une succession de renaissances. La colère est l’un des plus terribles ennemis de l’esprit.     Extraits de Sages paroles du Dalaï-Lama, Ed. J’ai lu 

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