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La fonction thérapeutique des symboles

Posté par othoharmonie le 28 décembre 2012

 

Pourquoi un symbole est-il thérapeutique ? 

par Georges Colleuil

Au sens premier, symbole signifie : « Jeter ensemble ». Ce mot était employé dans la Grèce antique pour désigner un objet coupé en deux morceaux dont chaque propriétaire conservait une partie pour se rappeler un serment ou une dette. Éventuellement, les détenteurs transmettaient cette part d’objet à leurs enfants, fixant ainsi dans le temps la mémoire d’un ancien engagement. Le moment venu, en rapprochant les morceaux, les personnes renouaient contact comme si elles avaient usé d’un mot de passe. Elles se rappelaient ainsi leur dette, matérielle ou spirituelle, ou se reconnaissaient comme ayant appartenu à la même famille, communauté ou école. Plus tard, l’objet fut remplacé par des signes, figures ou images qui, dessinés sur le corps, gravés au linteau d’une demeure ou sculptés sur la pierre, prenaient tout leur sens. Ainsi, le symbole est-il avant tout un signe de reconnaissance et de rapprochement. Travailler la symbolique c’est donc constater une amputation, tenter une greffe, réduire une fracture.

La fonction thérapeutique des symboles dans PENSEE MAGIQUE - LEITMOTIV et RITUELS automne-300x300Le symbole est structure et la structure est mémoire

Chaque couleur conserve dans sa propre mémoire le souvenir vibratoire du temps où elle était lumière. Comme l’homme porte en lui la mémoire d’un paradis perdu, d’une forme primordiale unifiée qui un jour s’est « cassée ». Comme un morceau de cristal porterait en lui l’indicible mémoire de la roche mère dont il a été extrait, comme chaque être humain a conservé dans sa texture cellulaire l’information vibrante de la matrice dont il est issu. Le symbole donne du sens, il montre une direction, il réduit le chaos, il met de la signification, il organise, il structure. Or la structure est à l’opposé de la fusion. La fusion vide le sens, défait les mémoires et conduit vers la régression. La fusion est perte d’identité. La structure construit du sens, met de l’ordre, mémorise.

Deux exemples : dans la nature et dans l’homme.

À l’origine de l’univers, la température est tellement élevée qu’aucune structure n’est possible. Lorsque les particules de quarks se rencontrent, elles s’expulsent mutuellement. Dans ce magma fusionnel brûlant, les forces ne peuvent pas agir, ni la lumière circuler, ni la matière se structurer. Les astrophysiciens exposant l’histoire de l’univers disent que la température baisse progressivement. A un certain seuil les forces (nucléaires, magnétique et gravitationnelles) se réveillent, interagissent, permettant aux particules élémentaires de se combiner ensemble et de former les premiers atomes d’hydrogène. La première structure est née, la lumière peut enfin circuler, libérée de l’opacité du chaos primordial qui la retenait prisonnière. La température agit sur la structure. L’eau par exemple se déstructure en vapeur à 100°C et se structure en glace à 0°C. Plus il y a de la structure et plus il y a du sens et de la mémoire.

Sur le plan humain, on observe un phénomène similaire. La psychanalyse, en développant le rôle du père dans la croissance de l’enfant, insiste sur le rôle structurant du père. Celui-ci permet à l’enfant dès sa deuxième année de sortir de la fusion avec la mère et de se constituer comme sujet en se positionnant dans la première triangulation. C’est le fameux « non » du père. Le rôle du père étant de dire non à la fusion de l’enfant avec la mère. On connaît aussi le jeu de mot associant à ce « non » du père le « nom » du père. C’est en intégrant progressivement qu’il s’appelle comme son père que l’enfant peu à peu prend sa distance d’avec sa mère, se construit, se structure, intègre de la mémoire, commence à donner du sens. Là encore, la structure est l’opposée de la fusion. La structure permet au symbolique de fonctionner et le symbole aide à se structurer. Le père permet à l’enfant de se structurer. Mais le père est structure en soi. Un homme, un papa, même un dieu peut occuper cette place du père. D’ailleurs le concept de Dieu n’est il pas lui-même, pardon « Lui-Même », une structure ? Occupé à tour de rôle par un dieu vengeur, aimant, créateur, co-créateur, barbu, androgyne, paternel, grand paternel, maternel, maternant, vibratoire, atomique, cosmique, vêtu d’or ou de haillon, infra psychique, supra conscient, etc… Il y a toujours du père, quoi qu’on en dise.

Symboliser c’est donner du sens

  La théorie de l’escalier Pour les Stoïciens, le comportement qui consiste à accuser les autres de ses propres malheurs est loin d’être celui d’un sage, ni non plus l’attitude qui consiste à s’en accuser soi-même. Seul celui qui n’accuse ni les autres ni soi-même est sage. J’en ai tiré une théorie dite « de l’escalier » ! Premier stade : quand je tombe dans l’escalier c’est la faute à l’escalier « méchant l’escalier ». à l’image des parents qui donnent une fessée à la table contre laquelle vient de se cogner un petit enfant, « Méchante la table ! ». Et l’enfant, imitant ses parents, frappe à son tour la table sans grande conviction. Deuxième stade : c’est de ma faute si je suis tombé dans l’escalier. Tendance à l’auto culpabilité. Le problème n’est pas que l’escalier soit mouillé, j’aurais du mettre des chaussons anti-dérapants. Nous entrons ici dans la névrose du conditionnel passé, la pire des conjugaisons ! Troisième stade : Ce n’est ni ma faute ni la faute de l’escalier. Je suis tombé dans l’escalier, soit, c’est un fait, pas de jugement à porter, ni sur l’escalier ni sur moi-même. C’est là qu’intervient la symbolisation. Je donne du sens. Est-ce que je montais l’escalier ou bien le descendais-je ? Dans quel but, en quelles circonstances ? Quelles seront les conséquences, un arrêt de travail, la rencontre d’une charmante ostéopathe qui me fera fantasmer… ? Ainsi en est-il de la condition humaine, dès que l’on inscrit du symbolique dans un évènement, on sort de cette tendance habituelle soit à reporter sur les autres la responsabilité de nos souffrances soit à se culpabiliser à outrance.

Le symbole est réparateur.

Chaque fois qu’il y a du symbole c’est, d’une part, qu’il y a eu séparation et que d’autre part, un espace est possible pour la réparation. On peut imaginer qu’une des séparations primordiales correspondrait à la primo déchirure de l’unité originelle. La tradition cabalistique nous parle d’un Adam premier constitué d’une partie masculine et d’une partie féminine dont la division serait à l’origine de la différence des sexes sur la terre. Adam et Eve. On distingue ici l’Adam premier, porteur de la double polarité et l’Adam second, porteur de l’identité masculine. La Guématria, tradition numérologique de la Cabale, est à ce titre fort instructive. La valeur numérique de Adam est 45, celle d’Eve est de 19. Si on soustrait Eve de Adam, c’est-à-dire 19 de 45, on obtient 26, le plus sacré des nombres, le nombre de Dieu. Il est intéressant d’observer ici que le code 26 crée le lien entre 45 et 19 c’est-à-dire que le divin au sens de la Cabale hébraïque, établit le chemin entre l’homme et la femme. Toute soustraction suppose donc un chemin. Si je pars du kilomètre 19 pour me rendre au kilomètre 45, je dois parcourir 26 kilomètres. Aller à… C’est ainsi que nous avons appris les soustractions. La soustraction ou l’art du cheminement, l’opération de l’évolution. On part d’un point pour aller vers un autre. C’est aussi l’expression d’une forme de dépouillement. Ces deux notions, dépouillement et cheminement, font de la soustraction l’opération de l’initiation. Sur la table du Bateleur du Tarot de Marseille, chacun on observe deux dés. Ces dés affichent le nombre 1 et 5, soit 15, la valeur numérique de l’Arcane le Diable. Seulement voilà, si nous nous plaçons du point de vue du Bateleur, c’est-à-dire de l’autre côté de la table, nous verrons sur les dés les faces opposées au 1 et au 5, c’est-à-dire le 2 et le 6 . Ici encore le nombre 26 vient jouer le rôle de symbole unificateur. Si de l’extérieur je vois le Diable, de l’intérieur je vois le Divin. . Le chemin vers l’unité passe par la conscience de la dualité. Quant au diable, il est non-symbole, du simple fait de sa définition étymologique. Celle-ci suffit à nous en convaincre. diabolos en grec signifie « séparer » quand symbolos signifie, on l’a vu, « rassembler. »

Le symbole diminue la souffrance

Nous souffrons d’autant plus que nous ne savons pas pourquoi nous souffrons. Inscrire du symbole dans son existence consiste à mettre du sens dans la chaîne chaotique des événements. Si l’histoire a un sens, si la vie a un sens, si la souffrance a un sens, tout n’est pas perdu, il y a un horizon. En donnant du sens, le symbole diminue la souffrance. Le symbole unifie. Il permet à des univers différents de communiquer entre eux. Il est une passerelle, un lien. Il n’existe pas de clé du symbole. Un symbole prend toute sa dimension quand il est réinvesti dans l’expérience personnelle d’un sujet ou d’une société. Il doit être chargé d’histoire et de mémoire pour prendre sa signification. En effet, il s’enrichira des évènements émotionnels qui le réactivent en permanence comme par exemple pour un drapeau patriotique, un hymne national, un signe religieux, etc.

Une démarche personnelle avant tout

Tout peut prendre sens mais tout n’est pas symbole. Je crois aux propriétés thérapeutiques du symbole dans la mesure où il s’inscrit dans une démarche personnelle, active et consciente. Sans vouloir rouvrir le débat sur les signes ostensibles d’appartenances religieuses, je me demande comment est vécu la croix, l’étoile de David ou la main de Fatma, par celui qui la porte. Est-ce en effet un signe d’appartenance, alors on peut parler d’indice, un support personnel de méditation ou de réflexion, on aura ici sans doute un symbole, ou bien un objet pseudo magique, chargé d’une sorte de pouvoir et réduisant la totalité d’une religion à un nombre restreint de ses composantes, voilà un fétiche. Le plus souvent, on observe là un signe dont la fonction demeure sociale. « Je vous dis quelque chose sur moi-même en portant ce signe… Mais je vous dits aussi quelque chose sur vous… Je vous montre peu ou prou votre différence d’avec moi-même ». Le travail sur le monde symbolique s’inscrit dans le cadre d’une démarche personnelle.

Le symbole renvoie à autre chose qu’à lui-même. Sa nature comme sa fonction sont de réparer ce qui est brisé et non pas uniquement de « désigner » un objet. Mais le plus important c’est qu’il nous ramène à ce qui nous dépasse. Le symbole relie à plus grand que soi. Il met l’homme en relation avec sa source.

Symbole contre symptôme

Inscrire ou réinscrire du symbolique dans sa vie aide aussi à sortir de la fatalité du symptôme. En effet, quand une pulsion est refoulée, elle peut réapparaître sous une forme symptomatique. Le travail thérapeutique consiste à favoriser la voie du symbole pour désactiver la voie du symptôme, d’où l’importance du travail sur les rêves, sur le Tarot, la mythologie ou l’art en général. Toute la psychanalyse est née de ce constat.

Le signe nous montre une direction mais ne nous interpelle pas au niveau de l’être. Le symbole nous renvoie à nous-mêmes et nous montre le parcours intérieur susceptible de nous faire sortir de l’errance. Quand je suis égaré dans la forêt, les signes de piste seront les bienvenus. Quand je suis égaré en moi-même, le symbole me propose une voie d’évolution. L’astrologie par exemple remplit parfaitement cette fonction et on ne confondra pas l’étoile polaire qui guide le marin égaré et tel symbole astrologique qui me propose une méditation sur ma condition humaine. Le symbole est toujours un passage de cap, une clé, un seuil, il peut être le miroir d’une situation bloquée et la promesse d’une transformation. <

Notes sur l’auteur :Chercheur, écrivain, ancien professeur de philosophie, Georges Colleuil est passionné par tout ce qui concerne les sciences de l’homme et le langage de l’âme. Il est le créateur du Référentiel de Naissance et à ce titre anime, depuis plus de vingt ans, de nombreux séminaires en France et à l’étranger, dans lesquels il renouvelle la vision traditionnelle du Tarot, et met à notre portée des années d’expérience et de recherche. Au travers de ses ouvrages et de ses cours, il invite à découvrir un langage oublié grâce au décodage des symboles du Tarot de Marseille. Il est l’auteur de quatre ouvrages : Tarot l’Enchanteur ; Tarot, la Fontaine Intérieure ; Tarot, les Deux Infinis – voyage intime au fil des lames et La Fonction Thérapeutique des symboles, tous publiés aux Editions Arkhana Vox.

www.georgescolleuil.com

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