• Accueil
  • > Recherche : image dalai lama

Résultats de votre recherche

Oui aux lectures spirituelles

Posté par othoharmonie le 17 février 2015

 oui-aux-lectures-spirituelles

Les spiritualités vivantes n’ont jamais eu autant de succès que depuis ces dernières décennies. Il suffit de consulter les rayons que chaque libraire consacre à ce sujet pour s’en convaincre…

Quelle est donc la motivation qui poussent nos contemporains à découvrir avec ferveur les sagesses amérindiennes, à s’initier aux traditions orientales telle que le Zen, l’hindouisme ou à redécouvrir des mystiques chrétiens comme Maître Eckhart ou encore Thérèse d’Avila ? La réponse est à chercher dans la quête du sens de la vie, de plus en plus vivace dans un monde où tout semble possible mais dans lequel manque peut-être l’essentiel…

L’appel de l’Être

Au détour de ses réflexions intellectuelles et philosophiques, l’Homme a de tout temps eu l’intuition que la vie ne se résumait pas à un simple agencement – aussi ingénieux soit-il – d’éléments matériels. Si les religions apportent des réponses, elles diffèrent selon leur contexte culturel et leurs organisations institutionnelles, donc humaines. Elles ont d’ailleurs souvent pris le pas sur le message originel qui leur a donné naissance. Mais la nature ayant horreur du vide, comme le dit si bien le philosophe Aristote, pendant que les églises semblent désertifiées et même se fermer, les étagères de nos bibliothèques, quant à elles, se remplissent de volumes spirituels ayant trait au Tao, au Bouddhisme, aux aphorismes de Patanjali (enseignement yoguique millénaire), au Soufisme (branche mystique de l’Islam)… C’est comme si l’appel de l’Être prenait une autre forme, beaucoup plus universaliste, sortant des églises constituées pour aller sur les parvis et s’adresser à tout un chacun…

Des livres qui s’adressent à l’âme

Il existe une pratique ésotérique appelée bibliomancie qui consiste à ouvrir un livre spirituel au hasard pour y trouver la réponse à une question préoccupante. Il peut s’agir de la Bible mais aussi du Coran, de la Bhagavad Gita (Bible hindoue signifiant Chant du Bienheureux), des Sutras du Bouddha ou de tout ouvrage à dimension ontologique. La méthode revient à se laisser imprégner par le texte sans a priori ni intellectualisme. Le message s’adressant à l’âme, il se peut que son sens n’apparaisse pas d’emblée mais il fera son chemin et se révèlera dans un effet d’après-coup. Il suffit de faire confiance à la Connaissance qui réside dans les profondeurs de chaque inconscient.

Une spiritualité de la vie quotidienne

Karfried Graf Dürckheim, psychothérapeute spiritualiste allemand surnommé « Le Sage de la Forêt Noire », écrit dans son livre « Le Centre de l’Être » : La différence entre celui qu’on appelle le maître et celui qu’on appelle le disciple ? Il n’y en a pas. Tous deux sont sur le même chemin. À la différence que chez celui qu’on appelle le maître, cela se voit déjà un peu plus… La nouveauté qui fait le succès des publications spirituelles actuelles réside surtout dans le fait qu’elles ne délivrent aucune vérité péremptoire et qu’elles ne supposent aucun rapport dominant/dominé, chaque lecteur restant libre d’expérimenter et de vérifier dans son existence la véracité de ce qui est transmis. L’auteur s’engage en parlant de son expérience. Ces ouvrages sont des poteaux indicateurs qui ne déconnectent pas l’esprit du corps ni de la vie quotidienne. Il n’est pas besoin d’être un érudit pour en comprendre la teneur. Il s’agit d’ailleurs souvent de la retranscription écrite d’une transmission orale s’adressant à un large public. Tels sont les enseignements de Omraam Mikhaël Aivanhov, d’Arnaud Desjardin ou du Dalaï Lama, parmi bien d’autres…

 

Lucien Martin DU MAGAZINE SIGNES ET SENS

Publié dans LECTURES Inspirantes, Travail sur soi ! | Pas de Commentaires »

DES CRITERES DE SAGESSE QUI NE TROMPENT PAS

Posté par othoharmonie le 6 février 2015

Le-dalai-lama-ocean-de-sagesse_imagePanoramique500_220

Comparaison n’est pas raison. Le sage ne compare pas son image à celle d’un autre pour en déduire une hiérarchie. Il n’est jaloux de personne. S’il contemple l’image d’un autre, c’est pour des raisons utilitaires constructives. 

Il faut des garde-fous, des protections, des tampons. Une image de soi solide ne peut changer que lentement. Faites attention à cela quand vous dites quelque chose à quelqu’un : il est normal qu’il évolue lentement, votre remarque ne peut pas porter immédiatement ses fruits. (Les maîtres peuvent comprendre tout de suite en quoi leur image va changer, puis intègrent ce changement sur une période assez courte.) 

Celui qui est libre est celui qui a les moyens de décider/sculpter lui-même son image de soi. Il a besoin des autres pour le faire, du monde entier, mais il reste seul décideur. 

Le sage tend à avoir une image de soi appropriée aux circonstances. Il s’adapte. Mais il a aussi une image de soi unique, synthèse abstraite de toutes les images de soi, qui le définit en tout temps, à tout endroit et face à toute autre personne. Cette sur-image prime sur toutes les images de circonstance. Elle n’est sensée être teintée d’aucune idéologie, d’aucun drapeau, d’aucune appartenance. 

Le sage est prêt à redéfinir son image de soi. Quelle que soit l’image de soi que l’on ait, donc les choses que l’on fait dans la vie, il peut toujours arriver un moment où cela devient inadéquat. Ou bien cela a toujours été inadéquat, et on s’en rend compte. Prenons par exemple le cas de quelqu’un qui a pris sous son aile une personne faible et fragile. Après quelques temps, peut-être grâce à la protection reçue, cette personne a acquit de la force et du savoir. Il n’est donc plus nécessaire de la protéger. Au contraire, il vaut maintenant mieux l’encourager à aller de l’avant. Il faut donc cesser d’être un protecteur et devenir un support. Tout le monde n’est pas capable de faire cela. Beaucoup de protecteurs immatures, quand l’oisillon menace de grandir, vont le casser psychologiquement ou compromettre ses chances de succès. Pour qu’il reste un oisillon, pour que le protecteur garde son statut de protecteur. Une personne aimante acceptera au contraire la modification de statut et la favorisera. Il peut sembler naturel de faire cela, en pratique c’est souvent très dur, associé à une souffrance. Car cesser d’avoir une image de soi de protecteur, c’est tuer ce qu’on est, c’est renoncer à le faire vivre. Le sage accepte ce sacrifice, par amour. Et puis aussi il sait que souvent il renaîtra, différent, sans doute meilleur encore. Par exemple avec une image de soi d’encourageur, de promoteur, de supporter… Il y a un très grand nombre de cas où l’on peut ou doit accepter de mourir et de renaître. On peut être un bandit qui se croyait Robin des Bois, comprendre qu’on a causé beaucoup de malheurs et désirer renaître honnête travailleur… La Passion du Christ est un symbole de ce processus de mort et de Résurrection. Dans la philosophie Alchimiste, héritée de la Chine Antique, le processus est décrit très en profondeur. Les longues phases traversées par la personne en mutation sont minutieusement décrites, de façon symbolique. Parfois ce processus peut prendre des années. 

L’ami du sage est celui qui le critique. 

kabir-soufisme-543poLe sage sait que rien n’est intrinsèquement impur et que tout peut être nécessaire à toutes choses. Il amène donc toutes choses à lui, mais travaille longuement à en tisser des ensembles cohérents, efficaces, utiles. Une des phases les plus importantes est le choix judicieux de la quantité de chaque chose : la pondération. Un sage est une grande bibliothèque parsemée de machines qui ronronnent doucement. L’efficacité de cet ensemble dans le vie pratique est sensée être extraordinaire. Le sage est capable de faire des choses. 

Il n’y a plus de problèmes dès l’instant où les images ont été énoncées, qu’elles ont été officialisées et perçues par tous. Prenons par exemple une personne qui a un handicap et qui parle difficilement. Ou une personne surdouée qui s’exprime dans des termes que personne ne comprend. Tous deux ont un problème de communication. Tous deux vont énerver leurs interlocuteurs, peut-être les fâcher. Si on explique à ces interlocuteurs la raison du problème, si on leur dit ce que ces deux personnes sont, alors ils ne s’énerveront plus. Ils prendront le temps d’écouter la personne handicapée et diront au surdoué de se calmer un peu. On pense parfois qu’il ne faut pas dire qu’une personne est handicapée, parce que c’est humiliant. Ou qu’il ne faut pas dire qu’une personne est surdouée, parce qu’elle sera rejetée ou vénérée ce qui revient au même. C’est idiot. Bien sûr ces problèmes existent, mais uniquement avec les personnes qui ont des problèmes d’éducation. De toute façon, tout le monde finira bien par se rendre compte que le handicapé est handicapé et le surdoué est surdoué. Mais si cela n’a pas été dit, énoncé, il subsistera toujours un problème, un inconfort. Que l’on soit handicapé ou surdoué n’est pas la question. Ce qui compte, c’est d’être un personne et avoir l’affection des autres personnes parmi les autres personnes. Le vrai privilège est là. Cela implique d’être reconnu pour ce que l’on est et de recevoir ce dont on a besoin. Alors on est ni mieux ni moins bien qu’un autre. On est. On fait ce qu’on a à faire. 

On agit suivant l’image qu’on est. Améliorer et connaître cette image est donc primordial. Mais trop de personnes restent prisonnières de cette image. Elles sont comme piégées à l’intérieur. Elles vivent cette image mais elles ne la voient pas. Elles souffrent si quelqu’un critique une partie de cette image, comme une personne dont on a heurté une partie du corps. Le sage, lui, est capable de contempler son image de soi. Il peut devenir comme une personne externe, qui regarde calmement cette image, qui en voit les parties et les liens. Il peut donc gérer cette image avec beaucoup plus d’intelligence. Il souffre aussi beaucoup moins quand cette image est attaquée. Par exemple, le sage est capable de plaisanter sur ce qu’il est, il est capable d’en rire. On se moque parfois d’un nouveau venu. C’est souvent uniquement pour voir si c’est un sage ou non. Si c’est un sage, il surenchérira sur la plaisanterie, il en rira plus fort encore. Si ce n’est pas un sage, il sera vexé et blessé. 

Que ce soient deux individus ou deux ethnies, chacun a son image de soi et des choses. Cela pose des problèmes quand ces deux individus ou ces deux ethnies sont obligés de vivre sur le même territoire. Comment concilier les actes et les ambitions de chacun dès lors que chacun pense les choses suivant des images différentes ? Il y a en gros trois gradations dans la confrontation. Au stade le plus bas il y a la guerre. On ne supporte pas le point de vue de l’autre. Alors on le force à partir ou on le détruit. On peut aussi le réduire en esclavage ce qui est une façon plus productive de le détruire. Au deuxième stade il y a les marchandages. On essaye de négocier, de s’arranger, de partager les ressources de façon plus ou moins équilibrée. Chacun présente ses arguments et dit ses priorités. On essaye de trouver le terrain d’entente le moins mauvais possible. C’est le travail des commerçants, des diplomates et des parlementaires. Pour que ce deuxième stade soit possible, il faut un pays avec un bon enseignement, où l’on apprend à parler et à calculer. Au troisième stade chacun essaye de comprendre et surtout de ressentir quelles sont les rêves et les émotions de l’autre. Chacun essaye de satisfaire au mieux les besoins et les espoirs de l’autre. Ce troisième stade demande un niveau culturel et spirituel très élevé. 

On est parfois étonné de voir un sage imposer quelque chose de très dur à une personne et cette personne l’accepter. Alors que venant d’autrui elle ne l’aurait pas accepté. Une première raison est bien sûr que l’on peut supposer que le sage sait ce qu’il fait. Soit il est juste de faire ce qu’il fait, soit il y a un bénéfice à en escompter plus tard. Il y a une autre raison à laquelle on pense moins : le sage sait et ressent ce qu’il inflige à la personne. Il sait quelle sera la douleur de la personne ou ses angoisses. La personne le sait et c’est pour cette raison qu’elle l’accepte. Le sage a en lui l’image de ce que la personne ressent. Autrui n’aurait pas eu cette image et aurait imposé ses décisions sans tenir compte de ce que ressent le personne. 

Les personnes pour lesquelles nous avons le plus de dépendance affective sont celles qui nous comprennent, qui ont en elles une image de nous-mêmes. Par exemple des parents peuvent avoir passé des années à s’occuper d’un enfant. Si à l’adolescence ils cessent de comprendre leur enfant, celui-ci considérera ses parents comme inintéressants voir comme des ennemis, des personnes à éviter. Par contre il suivra sans hésiter une personne qui ne lui donne rien mais qui le comprend. Le Dalaï Lama est très aimé des tibétains alors qu’il ne leur donne rien. Parce qu’ils savent qu’il les comprend, qu’il pense à eux et qu’il se tient au courant de ce qui leur arrive. Un poète qui révèle des choses que les gens sentent en eux, sera vénéré comme aucun chef d’état ne pourrait l’être. Un chef d’armées qui sait parler à ses hommes et réveiller en eux la pulsion du guerrier, pourra être aimé peut-être autant qu’un poète. 

Ce qui est inconnu attire. Cela recèle des choses que nous pourrions ajouter à notre image de nous-mêmes. Cette attirance peut autant se manifester par de la fascination et une envie irrépressible que par de la peur et de la répugnance. L’inconnu engendre des sentiments extrêmes. Le sage n’a pas ces sentiments extrêmes. Il a visité l’inconnu, en personne ou par une poésie créée par un autre sage. Pour lui ce n’est plus l’inconnu. Il comprend et ressent cet inconnu, il est capable de dialoguer avec lui et de le vivre. Un sport national dans beaucoup de milieux consiste à essayer de se faire passer pour un sage. On dit de l’inconnu : « Oui oui je connais  ! ». On croit savoir ce qu’est l’inconnu. A cause de cela on engendre le mal. On prend des décisions pour des choses que l’on ne connaît pas. 

Le sage est prêt à la mort de toute chose. Il l’accepte. Cela lui permet de vivre, de faire vivre et de laisser vivre. Si on n’accepte pas la mort possible des choses, on passe son temps à trembler, on commet des lâchetés. Si un époux n’accepte pas la mort possible de son couple, c’est à dire la possibilité du divorce, la vie de ce couple sera un enfer. Il y aura des tensions, des doutes, des menaces… Il n’y aura pas de vraie vie de couple, le couple n’est pas vivant. Si la possibilité du divorce est acceptée cela veut dire que l’on reconnaît l’autre comme un individu à part entière, qui pourrait vivre seul. Alors on peut vraiment s’intéresser à lui, on peut réellement l’aimer, lui donner ce dont il a besoin, vivre une vraie vie de couple. On est libre de ses idées et on offre cette liberté à l’autre. Si un parent n’accepte pas la mort possible de son enfant il va enfermer cet enfant. Cela causera de graves problèmes à l’enfant, qui peuvent le mener à la maladie ou au suicide. Si le parent accepte la mort possible de l’enfant, l’enfant pourra vivre. Le sage ne souhaite pas la mort. Il fera tout pour éviter les morts que l’on ne désire pas. Mais il les accepte. Il ne laissera pas un enfant faire des choses trop dangereuses mais il respectera le besoin d’exploration de l’enfant. Accepter la mort possible d’une chose et apprendre à aimer cette chose sont des démarches liées. On apprend à la connaître pour l’aider à vivre. Si elle meurt, on gardera des souvenirs. Ainsi elle ne disparaît pas vraiment de notre image de nous-mêmes, elle reste vivante en nous. On dit que les femmes recherchent des hommes qui n’ont plus peur de la mort. Ce sont des hommes qui n’ont pas peur de vivre, qui ne pleurnichent pas pour des bêtises. Devenir une personne qui craint moins la mort n’est pas simple. Il y a des pièges. Certains en meurent. Une femme peut être attirée par un rêveur ou par un drogué. Ils donnent l’impression de ne pas avoir peur de la mort alors qu’au fond d’eux-mêmes ils sont terrifiés. 

Le sage est entraîné au mordant. « Entraîne au mordant » est un terme qu’utilisent les éleveurs de chiens. Ils expliquent qu’il faut apprendre à un chien à mordre. Quand le chien est petit il faut jouer avec lui avec des objets qu’il peut mordre. Par exemple une vieille serviette ou un anneau en plastique. Le chien mord dans l’objet d’un côté et vous tirez de l’autre côté. Vous jouez ainsi avec le chien à vous battre pour tirer l’objet. Plus tard il faut apprendre au chien à attaquer, à se servir de sa gueule pour tenir un ennemi en respect. On peut avoir l’impression que les éleveurs fabriquent ainsi des chiens monstrueux, prêts à attaquer le premier enfant qui passe. C’est tout le contraire. Ces chiens entraînés sont extrêmement fiables. Un enfant est bien plus en sécurité à côté d’un tel chien que si le chien n’était pas là. Un chien est génétiquement programmé pour protéger les personnes autour de lui, en particulier les enfants. Mordre un enfant n’aurait pas plus de sens pour lui que pour un garde du corps sortir son arme et abattre son client. Par contre il s’imagine bien donner sa vie pour sauver celle de son client. Ces chiens entraînés sont bien dans leur peau parce qu’ils ont une image précise en tête de leur gueule et de leurs dents. Ils savent que leur gueule est dangereuse et ils savent l’utiliser avec mesure. Les chiens dangereux, ce sont ceux qui n’ont pas d’image de leur gueule, qui n’ont pas appris à l’utiliser. Ces chiens-là se sentent en danger, ils ne comprennent pas ce qui se passe autour d’eux. Ils se sentent menacés et paniquent pour un rien. S’ils mordent, ce sera de toutes leurs forces. Attention : certains chiens, tout comme certains humains, ont des problèmes nerveux d’ordre médical. Dans ces quelques rares cas, apprendre le mordant peut empirer la situation. Mais ce sont des exceptions. 
images
Un sage a en général un point de vue assez équilibré sur les choses. Il comprend les rouages du monde et les contemple de façon placide. Les autres personnes par contre voient le sage souvent de façons extrémistes. Certains adorent le sage, parce qu’ils savent que lui seul les comprend. D’autres au contraire sont effrayés par le fait que le sage les comprends et le détestent. 

Il est parfois étonnant de voir la facilité avec laquelle un sage obtient des choses d’autrui. Il ne manipule pas, ne menace pas ni n’essaye de corrompre… pourtant il obtient tout ce dont il a besoin et avec le sourire. Une raison importante à cela est que le sage demande en général des choses raisonnables et qui sont bonnes pour tout le monde. Mais il faut chercher plus loin. Quand le sage s’adresse à une personne, il a en lui un sourire pour cette personne. Il connaît, au moins un peu, l’image de soi de son interlocuteur. Même inconsciemment, la personne sent que le sage la comprend et la respecte

SOURCE http://www.4p8.com/eric.brasseur/

Publié dans Philosophie de la VIE, SAGESSE | Pas de Commentaires »

Besoin d’être en relation étroite avec les Autres

Posté par othoharmonie le 18 novembre 2014

téléchargement

La condition sine qua non de l’altruisme est d’avoir fait son introspection et d’être en paix avec soi-même. C’est en parvenant à une bonne connaissance de notre monde intérieur et au contrôle d e notre esprit que nous parviendrons à offrir à notre entourage un amour sans fille, sain et généreux. Pour aider et aimer nos proches, commençons par nous aider et nous aimer nous-mêmes.

Le XIVè Dalaï-Lama va plus loin encore dans cette idée ; la paix intérieure est la condition de l’altruisme mais aussi de la paix universelle. Si chaque individu sur terre prenait le temps de faire cette introspection, de se libérer de ses poisons émotionnels par le lâche-prise et de contrôler son esprit, les conflits n’auraient plus lieu d’être.

L’égoïste dans ses rapports à autrui, ramène tout à lui et ne considère que ses propres intérêts. Contrairement aux apparences, il ne s’aime pas assez pour offrir un amour désintéressé aux autres, il attend toujours quelque chose en retour. Il lui est nécessaire de recevoir des marques d’affection qui le valorisent car il se sent jugé, parfois même en compétition et ne peut vivre qu’à travers le regard des autres. L’égoïste cherche donc à renforcer son ego à travers les autres, mais il n’y parvient pas parce que sa démarche est faussée.

Au contraire, l’altruiste communique son amour en toute indépendance et en toute liberté. Il n’attend rien des autres, il offre son aide et son amour généreusement ; l’altruiste ne cherche donc rien, mais trouve et reçoit beaucoup d’amour en retour de son don de soi.

La croissance d’un homme ne se limite pas à sa croissance physique mais à sa capacité à s’aimer (intérieur) et à aller vers les autres (extérieur). La croissance de l’homme est indépendante de la sa taille, elle est de nature spirituelle. L’homme ne devint un sage que lorsqu’il a atteint la connaissance de soi et l’altruisme.

Les créations terrestres, la nature humaine y compris, ne changent pas. Il est vain de vouloir changer l’autre surtout si lui-même ne le souhaite pas. Vous pouvez accompagner et soutenir un changement s’il est désiré, dans le cas contraire vous vous devez d’accepter l’autre tel qu’il est ; C’est la condition première de l’altruisme, de l’amour vrai et du respect de la liberté individuelle.

Si vous aimez « véritablement » la personne que vous avez choisie pour partager votre vie, c’est que vous l’acceptez telle qu’elle est, vous n’avez aucunement besoin que cette personne change. Réciproquement, si cette personne éprouve pour vous un amour « véritable », elle vous accepte entièrement tel que vous êtes et ne cherchera pas à vous changer.

Au contraire, si l’amour éprouvé se fonde sur des suppositions, sur une image que vous vous faites de votre conjoint, sur ce que voudriez qu’il soit, c’est que cet amour n’est pas « véritable » et vous ressentirez tôt ou tard – au fur et à mesure que le feu de la passion s’éteindra – le désir de changer cette personne à cette image. En outre, vous lui en voudrez de ne pas correspondre naturellement à cette image, vous serez déçu et cet amour sera entaché de souffrance. L’altruisme ne souffre pas de compromis.

Chaque individu est un être unique, une personnalité qui se doit d’être respectée. En essayant de changer l’autre vous niez dans le même temps son identité et son intégrité. « Il faut de tout pour faire un monde », dit le vieil adage … respectons cette diversité.

Celui qui a avancé sur le chemin de la connaissance de soi et qui a atteint l’éveil de la sagesse, s’aime profondément et éprouve à l’égard des autres un amour véritable. Il ne contredit jamais la nature ; ni la nature humaine (accepter l’autre tel qu’il est), ni la nature au sens large du terme (ensemble des êtres et des choses qui constituent l’univers).

Un proverbe Malgache dit ceci : « La terre est une mère qui ne meurt jamais« …

Ce proverbe exprime de façon poétique le respect que chacun se doit d’exprimer envers la Nature. Notre planète nous nourrit chaque jour, nous sommes tous les enfants de la Terre. L’altruisme c’est le respect de l’Autre, l’amour désintéressé envers son prochain et, par voie de conséquence, c’est aussi le respect de la planète qui nourrit chaque homme. En respectant la nature, nous respecterons de fait les individus qui nous entourent.

Krishnamurti va plus loin : si notre harmonie avec la nature est perturbée, si nous ne respectons plus l’environnement, nous perdons de fait l’harmonie avec les êtres humains qui nous entourent, tout altruisme est nié.

Ces deux proverbes africains expriment de façon imagée et poétique notre vieux dicton : « L’union fait la force » :

« Un seul brin de paille ne balaie pas la cour » Proverbe wobe de Cote d’Ivoire

« Un grain de sable ne construit pas une maison » Proverbe africain.

L’altruisme, c’est aimer l’autre sans rien attendre en retour, c’est accepter l’autre tel qu’il est, c’est respecter la Nature, l’environnement la diversité… et c’est aussi s’unir avec tous les individus de la Terre. Nous serons toujours plus forts dans l’union et dans l’harmonie que dans l’indifférence et la discorde.

 

Publié dans Méditation, UNE TERRE D'ALLIANCE | Pas de Commentaires »

En Occident, l’homme descend du sage

Posté par othoharmonie le 1 octobre 2014

 

Non, l’Orient n’a pas le monopole de la sagesse !

La sagesse n’est pas une affaire occidentale. On le répète un peu partout. Pour trouver cette denrée rare, une seule direction : l’Orient. Chez les Occidentaux, circulez, il n’y a rien à voir. Tout au plus quelques vestiges plus ou moins décomposés, dans les poubelles de l’histoire. Rien d’autre.

  images (5)Voilà ce que je souhaite contester. Car c’est devenu faux, si jamais ce fut vrai un jour. Reste à dire pourquoi. Un coup d’œil sur l’économie mondiale suffit pour savoir que l’industrie, les techniques et les machines, désormais, habitent en Orient. Pas un ordinateur, pas une tablette, pas un téléviseur ou un baladeur qui ne vienne de Chine, du Japon ou de Corée du Sud. L’Asie est technologique, financière et conquérante. Ironie de la mondialisation et ruse de l’histoire globale : les ingénieurs sont passés à l’Est. On pourrait alors imaginer que la sagesse « revient » à l’Occident, comme un retour et comme une responsabilité. Industriellement déclinant, l’Occident serait en passe de devenir le musée des anciennes formes de sagesses orientales. Le Tibet une fois entièrement bétonné, couvert de tôle ondulée et de drugstores chinois, l’esprit du Toit du monde se réfugierait sur les rives de la Dordogne ou dans les vallées de Californie.  

On en finira donc avec ce vieux cliché : l’Occi­dent fabrique des machines, l’Orient des sages. Cet­te fable a même été répandue par des auteurs illustres. Ainsi, à la fin du xixe siècle, l’Indien Vivekananda, le disciple de Ramakrishna, disait carrément : « Lorsque l’Oriental veut s’instruire de la construction des machines, il vient s’asseoir au pied de l’Occidental et apprendre de lui. Lorsque l’Occident veut s’instruire de l’esprit de Dieu, de l’âme, de la signification et du mystère de l’univers, il doit pour apprendre aller s’asseoir au pied de l’Orient. » 

C’était une commode division du « métier de vivre » : aux uns la mécanique, aux autres la spiritualité. La contrée des ingénieurs s’opposait au pays des gourous. Le foyer mythique de la sagesse contrastait avec la patrie, non moins mythique, de la science, de la technique et de la raison. Il est temps de quitter ces images simplistes et déformantes, ces clivages East and West qui ont traversé – du siècle des Lumières à celui des Beatles – nos récits et nos pensées.  

Arrêtons donc de croire qu’il existe, côté occidental, la domination et, côté oriental, le renoncement. Il n’y a pas sur un versant le projet de soumettre la matière et le monde, et sur l’autre le recueillement dans la présence ou la vacuité. Tous ces vieux matchs Occident-Orient paraissent obsolètes, qui faisaient entrer en compétition matière contre esprit, monde présent contre outre-monde, relatif contre absolu, raison contre intuition. On rangeait l’Occident du côté des choses, de l’objectivité et de l’incroyance. Et l’Orient du côté de l’Absolu, des sagesses et des saluts. Encore une fois, c’est terminé. Il n’est pas sûr que la réalité ait jamais été ainsi, mais il est certain que ce n’est vraiment plus le cas.  

On se souvient de plus en plus qu’il y eut des sagesses d’Occident. En 1959, le philosophe anglais Bertrand Russell fut l’un des premiers à consacrer un ouvrage aux penseurs de l’Antiquité grecque sous le titre « Wisdom of the West » (« Sagesse d’Occident »). Il ne considérait pas leurs œuvres comme des vestiges archéologiques. Reste à comprendre, même de manière provisoire, quelle pourrait être la spécificité occidentale dans la sagesse. Aurait-elle un avenir, si oui de quel type ? Questions difficiles à résoudre. Rien n’interdit d’essayer. A mes seuls risques et périls, cela va sans dire.  

L’occident, un artéfact ? 

Demander si l’Occident a encore un rôle à jouer dans le domaine des sagesses, quelque chose à dire et à faire qui soit sien, suppose un préalable : admettre que l’Occident existe. Aujour­d’hui, on répète volontiers, chez les gens qui ont de l’instruction, que c’est une notion illusoire et même dangereuse, un artéfact culturel, un objet idéologique et politiquement néfaste – un mirage à écarter.  

Une brève mise au point n’est donc pas inutile. Il existe une pluralité d’acceptions du terme « Occident ». On peut donner à ce mot un sens géographique (là où le soleil se couche, et de manière délimitée : l’Europe de l’Ouest), un sens religieux (au Moyen Age : la chrétienté), un sens politique (pendant la guerre froide : le camp capitaliste), un sens économique et culturel (l’Europe, les Etats-Unis) ou encore un sens social et anthropologique : aujourd’hui « l’occidentalisation » couvre la planète des mêmes outils techniques, des mêmes laboratoires de recherche, des mêmes modes de vie.  

On doit évidemment être vigilant envers les usages suspects d’une prétendue identité occidentale. L’idée d’une « défense de l’Occident » a fait les beaux jours des extrêmes droites et devint une bannière des fascismes. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour nier toute réalité et toute consistance à l’héritage culturel et historique de la pensée dite occidentale. Au cœur de cet héritage, il y a des singularités, des éléments spécifiques. Certains constituent les lignes de force d’une sagesse possible. Essayons de les rassembler. 

Mort et transfiguration des sages grecs 

images (6)Les écoles de l’Antiquité grecque et romaine ne cherchaient pas la vérité pour elle-même. Ces écoles de sagesse élaboraient, autant que des savoirs et des sciences, des disciplines de vie visant à l’amélioration de soi. Il ne s’agissait pas d’activités distinctes – ici la connaissance théorique, là la transformation de soi –, mais d’une seule et même démarche. Sophos, en grec ancien, signifie tout autant « savant » que « sage ». La sophia est un savoir-sagesse. Ces deux faces que nous opposons sont, pour un Grec de l’Antiquité, rigoureusement indissociables. Le royau­me des sages ne fait qu’un avec l’empire des savants. Toute connaissance vraie transforme celui qui la détient. Et même la connaissance proprement mathématique implique une transformation morale. Car il n’existe pas, dans pareille perspective, de science sans conscience : il n’y a qu’une seule et unique « sapience ».  

Toute l’Antiquité occidentale – Athènes, Rome, Alexandrie… – est habitée de cette conviction, sept ou huit siècles durant. Epicuriens, stoïciens, cyniques, sceptiques, ne cessent de la répéter, de génération en génération. La figure du sage est centrale, la sagesse constitue l’idéal à atteindre, le modèle de la vie humaine dans sa perfection réalisée. Somme toute, la seule vie humaine pleine, conforme aux potentialités de l’humain, est celle du sage.

La figure du sage s’est effacée derrière celle du saint, à mesure que l’Occident se christianisait. A un idéal purement humain s’est substituée la soumission sacrificielle à la volonté divine. Même si le saint peut avoir bien des traits communs avec le sage, et même des comportements identiques, il s’inscrit dans une perspective radicalement différente.  

La figure du sage, en Occident, a été également concurrencée, au point d’être presque effacée, par l’idéal moderne du philosophe pur théoricien, artisan du concept, nullement soucieux de la transformation de soi-même. En se détachant de toute perspective pratique, la philosophie a été livrée à l’abstraction sans fin.  

Le frère jumeau du philosophe pur théoricien sera le scientifique, dernière figure de la rupture avec le sage. L’homme de science décrit le monde tel qu’il est, indépendamment de nous et de toute considération morale. La connaissance qu’il détient n’est pas censée le transformer, quand bien même elle peut changer la face du monde. On voit donc naître, depuis le personnage de Faust jusqu’aux romans fantastiques contemporains, une silhouette inimaginable dans l’Antiquité, celle du savant fou.  

La figure du sage grec, recouverte ou mise à l’écart par les figures du saint, du philosophe pur théoricien et de l’homme de science, n’a malgré tout jamais vraiment disparu. On la voit ressurgir sous diverses formes à la Renaissance, à l’âge classique, au siècle des Lumières, plus tard encore, travaillant du dedans l’histoire européenne. Elle affleure plus visiblement chez certains philosophes, tels que Montaigne, Spinoza, Schopenhauer, Nietzsche ou Wittgenstein.  

S’il est possible aujourd’hui d’envisager son retour, sous une forme évidemment transformée, c’est dans le contexte d’un Occident où le christianisme décline et où la sainteté ne parle plus, où la philosophie purement théorique vacille, où l’objectivité scientifique se fissure. Reste donc à esquisser, toujours à titre expérimental et provisoire, les premiers traits d’un sage occidental du XXIe siècle – encore virtuel, évidemment. Quatre traits, pour l’instant. 

Un sage qui argumente et convainc 

Sa première particularité est de tenir des discours argumentés. En Occident, la rationalité est émancipatrice parce qu’elle est parlante. Changer l’existence, orienter autrement le cours du désir, modifier les valeurs ou le rapport à soi-même nécessitent d’expliquer, parler, démontrer, convaincre. Pas seulement de méditer ou de donner l’exemple.  

Le sage, ici, sera donc d’abord celui qui utilise méthodiquement sa raison. Il n’en tirera pas seulement des propositions vraies, des résultats mathé­matico-scientifiques, mais aussi des moyens de dissiper les illusions, faux-semblants, faux objectifs, mirages de toutes sortes. Et de défaire ainsi les angoisses où nous nous débattons à cause de ces fantasmagories, sans motif  réel. 

Cette tradition de la démonstration dissipatrice et apaisante est ancienne. Ainsi, l’objectif d’Epicure est de « calmer la tempête de l’âme » par la philosophie qui nous débarrasse de la crainte illusoire des dieux, de l’inquiétude factice de la mort. Et ces raisonnements sont inséparables d’une parole ordonnée, logiquement élaborée.

Là encore, le vocabulaire compte : logos, en grec, comme chacun sait, désigne à la fois la raison et la parole. Le « sage-savant » est celui qui vit selon cette « parole-raison ». Nous avons donc affaire à une idée double. D’une part, seule la pensée logique et rationnelle peut véritablement conduire à la sagesse ; d’autre part, la connaissance vraie est nécessairement parlée, articulée, exposée. 

C’est là un écart incontestable avec l’intuition silencieuse des éveils d’Orient, qui sont presque toujours au-delà ou en-deçà du proférable, liés à l’extinction de la parole. En Inde, le Bouddha ou Shankara – sans parler de Nagarjuna – ont aussi un usage constant et méthodique de la logique. Mais elle n’est ni première ni dernière et toujours subordonnée à un silence, antérieur ou postérieur, originel ou final.  

Au contraire, la primauté de la raison parlante, sa domination et son règne semblent caractériser l’Occident comme sagesse et comme science. Dans son histoire, d’Aristote à Freud, on trouverait bien peu d’acheminement vers la sagesse sans une pratique de l’analyse rationnelle. Inversement, aucun grand système rationnel occidental n’est exposé sans une certaine ombre de sagesse qui lui colle à la peau, si l’on peut dire. Il reste toutefois à la faire passer dans la totalité de nos gestes quotidiens. Ce qui implique un entraînement. 

Un sage qui s’entraîne tous les jours 

Deuxième trait majeur de la sagesse en Occident : l’existence d’exercices spécifiques pour faire entrer les paroles vraies dans les faits – patiemment, par la répétition et l’entraînement. Les énoncés de la sagesse rationnelle constituent comme des patrons, au sens de la couture – des plans, des modèles, sur lesquels l’existence est à façonner. Aperçues par la raison, les vérités sont encore à faire advenir, petit à petit, dans les rouages du quotidien. 

La réussite de cette transformation n’est ni immédiate ni simple. Ni même assurée. L’exercice est lent. La résistance des matériaux appartient inévitablement au parcours. Le philosophe français contemporain Pierre Hadot (1922-2010) – qui fut professeur au Collège de France et influença notamment Michel Foucault – a mis en lumière le rôle central de ce qu’il a nommé « exercice spirituel ». C’était sa manière de traduire l’aïskèsis des Grecs – laquelle n’est pas ce que nous appelons aujourd’hui « l’ascèse », faite le plus souvent de renoncement et de mortification, mais simplement l’entraînement, le training. De même que sportifs ou musiciens doivent faire entrer dans les muscles et les tendons les gestes qui conviennent, le sage doit faire passer les énoncés-clés dans la réalité quotidienne – physique, psychologique, sociale.  

Par exemple, chaque soir, le stoïcien se demande si, dans la journée, il s’est comporté conformément aux principes qui sont les siens. Ne s’est-il pas laissé aller à la colère, au mépris des autres, à l’emportement inutile ? Ou bien il tente d’adopter « le point de vue d’en haut », de contempler la vie comme du sommet de la montagne voisine, pour prendre conscience de la relativité des événements, de la petitesse de nos existences, du caractère minuscule et risible, par rapport à l’immensité du tout, de ce qui nous trouble et nous agite.  

Ces exercices et quelques autres – comme celui de l’ancrage dans l’instant présent – sont de véritables leviers de la transformation. Ils balisent et guident le cheminement vers un état plus sage, ou entretiennent ce qui est déjà acquis. A la sagesse soudaine, foudroyante, s’opposent ces édifices construits bout par bout, à la longue. Au lieu du satori subit, le fitness de sapience jour après jour. 

Il existe évidemment des exercices spirituels ou des équivalents dans d’autres traditions. Toutefois, le caractère méthodique, répétitif, quasiment sportif de l’entraînement à la sagesse ­cou­plé à la rationalité ne semble pas avoir d’équi­valent strict dans d’autres aires culturelles. Ailleurs, on trouve de multiples pratiques corporelles qui font presque défaut à la tradition occidentale. L’exercice spirituel à l’occidentale est à comprendre comme une manière d’inscrire, à force de répétition et d’entraînement, une vérité logique dans la chair, dans les attitudes du corps, dans l’affectivité.  

Mais il n’est jamais certain que cela marche. Il se pourrait que la sagesse se révèle une tâche impossible, un vain rêve. Commencer à être sage, serait-ce reconnaître qu’on ne peut pas l’être ? Voilà une démarche paradoxale : la destruction du rêve devient positive, la déception se fait allègre. Là encore, une histoire ancienne se réactive. Les stoïciens disaient déjà, tout en poursuivant leur quête de sagesse, qu’il se pourrait qu’aucun homme ne soit jamais vraiment devenu sage Cette forme de corrosion critique, l’Occident la connaît et la pratique mieux que personne. 

Un sage critique et corrosif 

Critique, négative, éventuellement destructrice, telle est encore la sagesse occidentale. Les autres sagesses – le bouddhisme constituant une exception relative – sont toutes centrées sur un cœur de doctrine. En Occident dominent des aspects corrosifs, insoumis, subversifs. Voyez Diogène de Sinope crachant au visage des riches, Erasme célébrant la folie ou Schopenhauer conchiant les professeurs de philosophie : les sages occidentaux sont souvent plus irrespectueux que sereins, plus iconoclastes que pacifiés.  

Dogmes, conventions, préjugés, croyances, rien ne se trouve à l’abri : la raison parlante peut, tout le temps, tout remettre en cause. Sans oublier, évidemment, de mettre à l’épreuve la raison elle-même. Etrillée, critiquée elle aussi, sans complaisance ni faux respect. L’outil ne saurait se soustraire à l’examen : il serait curieux qu’il fût inoxydable, alors qu’il oxyde tout.  

A la pointe ultime du geste de sagesse occidental, on trouvera donc une possibilité permanente d’attaque de toutes les valeurs et institutions, de tous les savoirs et acquis. Il faut souligner cette manière très étrange de ne jamais être arrivé, installé, de toujours s’efforcer de défaire ce qu’on a édifié, en le corrodant du dedans. Il n’est aucune norme, aucune méthode, aucun régime politique qui n’ait été soumis à cette forme singulière de corrosion, d’oxydation de la critique rationnelle. En Occident, pas d’anti-oxydant ! 

Le risque, évidemment, étant de tout détruire, de ne rien laisser debout. Entre l’espace libéré des erreurs anciennes et le champ de ruines des vérités défaites, il arrive qu’il ne soit pas simple de faire passer une distinction claire et nette. Autrement dit, cette sagesse décapante est toujours susceptible de se retrouver du côté du néant, de la négation pure, de la destruction nihiliste.  

En fait, c’est un beau risque. Car il faut s’exposer à l’errance, à la désolation et à la mort pour se donner les moyens de faire éclater tous les carcans, de briser toutes les clôtures, d’extirper tous les enracinements. Si on veut se libérer de tout ce qui asservit l’existence, en Occident, il convient effectivement de risquer le néant. C’est un risque, encore une fois, mais qu’il faut allègrement porter, endurer, assumer, sans en faire toute une histoire, toute une tragédie habitée de pathos et d’angoisse.  

S’il existe quelque chose comme une sagesse occidentale, elle ne peut être close sur un dogme, une doctrine, une seule vérité. Elle se confond plutôt avec l’ouverture à des aventures indéfiniment nouvelles. Elle est toujours sur le point de s’annuler, de s’autodétruire – c’est ce qui la fait perdurer. Un certain négatif assure sa longévité. 

Un sage politique 

images (7)Dernier point : si l’homme occidental, demain, descend du sage, ce sera par le biais du politique. Le temps des ascètes solitaires n’est plus. Il n’y a d’avenir pour la figure du sage que réinscrite dans l’histoire, confrontée aux défis actuels, mêlée aux luttes pour un monde moins inhumain. Ce ne sont pas le retrait, la fuite hors du présent, l’indifférence à l’histoire, qui peuvent lui permettre d’avoir un avenir. C’est tout l’inverse.  

Ici, il reste beaucoup à inventer. Le point de départ est sans doute une curieuse boucle Orient-Occident. Car l’hybridation du sage et du politique, on ne l’a pas assez remarqué, est pour une part un effet de l’occidentalisation du monde. Gandhi en fut un des pionniers, mais pas en résistant d’entrée de jeu à l’Empire britannique – en découvrant au contraire les textes fondateurs de la sagesse indienne à Londres, en traduction anglaise. Il aura fallu cette boucle pour que démocratie à l’européenne et sagesse à l’indienne s’engagent dans une étrange et nouvelle confluence. 

Le quatorzième dalaï-lama aura prolongé cette voie en renonçant au pouvoir temporel absolu dont il était investi par tradition, en abandonnant son droit féodal sur les terres et les gens, en instaurant la démocratie, en luttant pour l’indépendance du peuple tibétain. D’autres leaders modernes ont, eux aussi, esquissé cette voie – Martin Luther King, Nelson Mandela, Aung San Suu Kyi. On pourrait les considérer comme des hybrides : ce sont des figures spirituelles engagées dans des luttes politiques, ce sont aussi bien des militants politiques dont la stature déborde de leurs actions militantes. Il y a des chances que cette lignée d’hybrides ne soit pas stérile. Mais nul ne sait encore de quelle manière. J’ai la faiblesse de croire qu’elle réserve encore à la vieille Europe quelques surprises. 

En résumé, il se pourrait bien que la figure du sage, en Occident, soit à la fois derrière nous et devant nous. Estompée depuis les Grecs par les dominations du christianisme, de la philosophie abstraite et des scientifiques, elle a des chances de renaître à mesure que ces dominations déclinent. Alors se développerait une forme de sagesse rationnelle, soutenue par un entraînement constant, à la fois critique et corrosive, mais aussi politique et solidaire. Et la sagesse, peut-être, redeviendrait une affaire occidentale. Hypothèse, cela va sans dire.  

par Roger-Pol Droit

Publié dans SAGESSE, VOYAGE EN INDE | Pas de Commentaires »

Comprendre que la colère est l’expression de la souffrance

Posté par othoharmonie le 27 septembre 2014

Comprendre que la colère est l’expression de la souffrance la rend non pas plus recevable, mais plus «humaine»

Au même titre que la peur, la tristesse et la joie, la colère est une émotion de base. Chacun a maille à partir avec elle dans sa vie, souvent ou peu. Ce n’est cependant pas une émotion qui a la cote. En effet, si la tristesse est une émotion acceptée par tous, la colère ne l’est pas. Elle fait l’objet d’une réprobation à peu près générale, vu qu’on l’associe à des comportements très souvent blessants à l’égard d’autrui. Et pourtant, il est normal de l’éprouver. Elle fait partie de la palette des émotions, y images (7)compris de celles des personnes équilibrées.

Un chemin…

Sa nature et son fonctionnement dans notre vie, la place qu’elle prend ont cependant avantage à être compris. Et il est important que son mode d’expression soit adéquat, c’est-à-dire non violent. En ce sens, elle peut devenir un chemin de progression. Un chemin, oui. Que faire d’autre d’ailleurs, si l’on est colérique ? Et que faire quand on est confronté à la colère d’une personne proche ? La langue a des expressions parlantes pour décrire la colère. Lorsque la colère monte, on dit que la personne «bouillonne», qu’elle est «prête à exploser», qu’elle est «rouge de colère» ! Explosion, donc. Le plus souvent. Explosion difficile à endiguer. Difficile à vivre des deux côtés. 

Menacée

La personne colérique est d’abord quelqu’un qui se ressent comme vitalement menacée et injustement traitée. Elle attaque !? Il serait plus adéquat de dire : «Elle se défend». Dans son vécu, son vis-à-vis ne la respecte pas, ou essaye de l’annexer, de l’envahir, de le dévaloriser. Son territoire est mis en péril. Et son territoire, c’est là où intérieurement, elle se sent en sécurité.  Quelquefois, il arrive que ce soit très peu de chose qui mette une personne en colère. Mais ce peu est vécu comme un séisme qui bouleverse des bases. 

Parents colériques

C’est éventuellement le cas lorsqu’il y a présence d’un parent colérique. L’enfant, et plus tard l’adulte, peut réagir par le biais de ce type d’émotion comme étant la réponse aux situations difficiles. Lorsqu’un bébé ou un enfant est continuellement confronté à un père ou une mère colérique, il a «appris» cette émotion au quotidien. 

Compassion envers les colériques…

Carolle et Serge Vidal-Graf, dans leur remarquable petit ouvrage «La colère, cette émotion mal-aimée» [Editions Jouvence], attirent l’attention du lecteur sur la souffrance des colériques. Ceux-ci expriment leur souffrance par la colère, comme d’autres l’expriment par la plainte. Comprendre que la colère est l’expression de la souffrance la rend non pas plus recevable, mais plus «humaine». Car la compassion peut avoir lieu lorsque l’on se rend compte que le colérique ne choisit pas d’être en colère. Il est agi par une souffrance. Or, nous souffrons tous. Et nous souffrons avec nos composantes et notre histoire. On ne souffre pas de façon idéale. On souffre comme on peut. Pas comme on veut. 

Se protéger

Mais se protéger est légitime. Se protéger des paroles blessantes, haineuses, humiliantes, qui peuvent être criées durant une colère. Paroles auxquelles il est nécessaire de ne pas répondre. Sinon, une escalade de violence verbale des plus dommageables peut avoir lieu. En colère, on ne peut tout simplement pas  couter, possédée par une énergie puissante qui ne laisse pas place à autrui. Cela n’empêche que les colériques souffrent, et beaucoup. Ils souffrent parce qu’ils se sentent injustement traités, d’où leur colère. Mais ils souffrent aussi de s’être mis en colère, ce qui donne lieu à une intense sensation de honte. 

Honte et occultation

Qui a connu la honte sait combien elle est cuisante, voire insupportable, car elle touche au sentiment de sa propre dignité. La ressentir, «La repérer», dites-vous, «mais elle est tellement envahissante qu’elle est immédiatement repérable !». Détrompez-vous. La colère n’atteint pas tout de suite le pic du non-retour.

Elle ne projette pas directement la personne dans les cris, les paroles blessantes, voire la violence physique. 

Dans le corps…

La colère s’annonce. Elle monte graduellement. Elle est présente dans le corps tout d’abord. Le corps se prépare au combat avec l’adversaire : l’attaque est la seule réponse que l’organisme a trouvé face à ce qui est ressenti comme une menace. Il envoie des doses massives d’adrénaline qui donne l’énergie nécessaire pour une action forte et rapide. Les pupilles se dilatent pour mieux voir. Les muscles c’est avoir honte de   qui l’on est. Tellement qu’il arrive que le colérique nie les paroles blessantes qu’il a pu prononcer. Il ne s’en souvient tout simplement plus. L’occultation a lieu car la souffrance de la honte est trop forte. Celle-ci s’accompagne, en outre, d’un sentiment de culpabilité par rapport aux mots injurieux ou aux actes violents commis envers autrui. 

Autrui que l’on aime. C’est ça, la bonne nouvelle, que les Vidal-Graf mettent en évidence.

La colère et l’amour ne s’excluent pas. La colère, même récurrente, ne met pas fin à l’amour, pourvu qu’elle ne soit pas niée. 

La repérer…

L’essentiel pour vivre la colère sans en être totalement possédé est de la rendre consciente. Il s’agit d’abord de la repérer et de la nommer. Dès que le corps se met à envoyer l’un de ses messages, il est nécessaire d’en tenir immédiatement compte et d’exprimer la cause de ce début d’irritation à autrui. Car si la cause de cette irritation n’est pas exprimée dès son apparition, elle peut dégénérer. 

Degrés et modes de la colère

La colère n’a pas un visage définitif dès le départ. Elle se décline sous divers modes et elle a différentes intensités. Il est profitable de les identifier. Et de les identifier précisément, c’est-à-dire avec les mots les plus appropriés possibles. Car une contrariété n’est pas de l’hostilité. On peut acter une différence entre contrariété, frustration, amertume, aigreur, énervement, irritation, exaspération, aversion, hostilité, haine, rage, fureur et enfin rancune lorsqu’elle s’installe pour un long temps. Repérer les signes avant-coureurs de la colère, c’est ne pas attendre que le «vase déborde ». Ne pas attendre qu’il y ait accumulation.

«C’est la goutte qui a fait déborder le vase.» Eh bien non, il est préférable de ne pas attendre jusque-là. Dès que le vase commence à se remplir, il y a danger potentiel … 

Des termes précis et concrets

On peut donc, après avoir repéré les premiers signes d’irritation, s’exprimer. Exprimer la cause de la colère, ce qui l’a fait naître, et cela en termes précis et concrets, en décrivant la situation. Et en n’en sortant pas. Pas de «toujours », de «jamais», de «personne», de «tout le monde», et de «chaque fois que…» ! Pas de généralisation. On reste dans l’expression de la cause. 

S’exprimer en «je»

Encore faut-il que l’expression soit adéquate. Ici, on ne peut que souligner le bien-fondé de l’expression en «je», comme le met en valeur la Communication Non Violente. Plutôt que de dire «tu as tort, tu m’as traité[e] comme une quantité négligeable, c’est dégoutant, tu es nul[le] !» Mieux vaut dire : «Je ne me suis pas sentie respecté[e], j’ai eu la sensation d’être traité[e] comme une quantité négligeable lorsque tu ne m’as pas offert un verre de vin, alors que tu en offrais un à chaque convive…». Bref, le plus adéquat est de prendre en charge la colère comme étant sa responsabilité. La colère est ainsi exprimée sans injure blessante à l’égard d’autrui. Ceci dit, il ne s’agit pas d’adopter un ton de voix lénifiant. Quand on est en colère, le surplus d’énergie doit sortir. Les propos sont généralement exprimés vigoureusement, avec un ton de voix élevé. 

Se retirer

Parfois, la colère monte rapidement. Dans ce cas, la fuite peut être salutaire. Le colérique, s’il sent que son émotion va devenir violente, peut se retirer. Si possible, en exprimant cette nécessité : «Je pars me promener car ma colère monte.» Ceci pour revenir plus tard et exprimer ce qui l’a mis en colère, sans se trouver submergé par elle. Le retrait temporaire, tant du colérique que de celui qui reçoit la colère, est parfois la solution la plus sage. 

Que faire avec l’absence ?

Malheureusement, il n’est pas toujours possible de s’exprimer. Supposons que le destinataire destinataire de la colère soit absent, décédé ou qu’une rencontre ne soit pas souhaitée par lui, ou impossible… On peut alors avoir recours à l’écrit en écrivant une «lettre de colère» où la cause de la colère et les griefs sont clairement exprimés. Franz Kafka y a eu recours lorsqu’il a écrit sa fameuse «lettre au père». Cette lettre exemplaire comporte plus d’une trentaine de pages. Elle est émouvante, lucide, extrêmement sincère et détaillée. Franz Kafka avait demandé que toute son oeuvre écrite fut brûlé après sa mort. Il n’en fut pas ainsi, son œuvre fut publiée et la lettre aussi. 

Au feu et à l’eau…

Cette lettre connut un destin exceptionnel et qui sait si le témoignage qu’elle offre ne réconforta pas plus d’une personne aux prises avec un père brutal… ? Ceci dit, nous ne sommes pas tous des «Kafka ». La lettre de colère, une fois écrite… il y a une de bonnes raisons de la jeter au feu, de la voir se consumer, ou de la laisser aller au fil de l’eau… car la détruire, c’est aussi laisser aller symboliquement la colère qu’elle contient… Et si l’écriture n’est pas aisée pour certains, il est toujours possible de l’exprimer et de la travailler dans un espace thérapeutique. 

De l’utilité de la colère…

Si la colère existe, c’est qu’elle a une utilité. C’est un signal d’alarme strident qui nous signale que «la limite est dépassée» ou va l’être. Lorsqu’on est en colère, c’est qu’on se sent injustement traité, c’est que l’on estime ses droits bafoués. On est utilisé, on est abusé, on est envahi, on n’est pas respecté. «Stop», dit la colère. «Stop, je refuse cela». Pour cela, elle doit être écoutée et prise en compte. En son absence, certaines personnes risquent de s’enfoncer dans la passivité ou l’impuissance à mettre fermement leurs limites. La refouler ne fait qu’en accroître la force inconsciente. Il s’agit aussi de ne pas la subir et la faire subir sauvagement car elle s’avère, dans ce cas, destructrice. On est sur le fil du rasoir. Avec le temps, se modifie-t-elle ? De colérique, devient-on non colérique ? C’est rare, semble-t-il. Mais on peut modifier son rapport avec elle et l’exprimer de façon non violente et sauvage. 

Ne pas la nourrir…

Pour Deepak Chopra, et pour le Dalaï Lama, l’accepter est une étape. L’autre étape est de ne pas la nourrir, de ne pas en faire un automatisme. «Notre mental se développe à partir de nos habitudes et plus nous utilisons les centres qui émettent reproches, colère, intolérance et violence, plus leur croissance est favorisée» explique Chopra. Alors, que faire ? 

Un processus…

Pour Chopra, il faut construire de façon continue d’autres conditionnements où l’amour est prépondérant. Il s’agit d’«alimenter la moindre raison d’avoir des pensées d’amour». Cette transformation intérieure est à replacer dans un processus, bien évidemment. On ne peut en faire un précepte unique et irréaliste car l’amour ne se force pas ! Il est vrai qu’on peut au moins en avoir l’intention. Bref, ce changement de conditionnement est très lent. Il demande pratiquement toute une vie.

Cette démarche va de pair avec le fait «d’adoucir  son coeur et de soigner tendrement ses blessures ».

Traiter sa colère avec tendresse

téléchargement (10)Thich Nhat Hanh, moine bouddhiste, explique que la colère a droit à être traitée «avec le plus grand respect et la plus grande tendresse ». C’est ce dont Olivia, belle jeune femme de 40 ans, humoristique, intelligente et sensible, engagée dans un processus assidu de méditation bouddhiste, témoigne :

«Je ne savais pas ce que c’était que la colère. Car elle avait été fortement contenue, cachée, occultée. Il y a peu, sans savoir vraiment à quoi j’avais affaire, j’ai commencé à ressentir la colère, à la vivre. Ce fut d’abord très inconfortable, elle se retourna contre moi par divers symptômes. Ensuite comprenant de quoi il s’agissait, pouvant la nommer, j’ai tenté de l’accueillir, d’en prendre soin, de respirer, de marcher avec elle. Un peu comme une maman prend soin de son bébé qui pleure… Cela a permis de l’apaiser, d’en voir les causes.» 

Olivia explique qu’elle fit ensuite l’expérience d’en parler en «je» à la personne concernée et qu’elle ressentit l’énergie circuler en elle. L’énergie de la colère ne fut pas détruite mais transformée dans ce cas. On ne peut espérer mieux : développer son attention et sa présence à ce qui survient pour que le rapport

en soit allégé. Mais encore une fois, la règle unique ou l’idéal sont illusoires. A chacun de se frayer un chemin en tenant compte de sa propre réalité, avec la colère, cette émotion significative. 

Livres à lire : La colère, cette émotion mal-aimée, Carolle et Serge Vidal-Graf, Editions Jouvence – Cessez d’être gentil, soyez vrai, Thomas d’Ansembourg, éd. de L’Homme.

Publié dans Philosophie de la VIE, Zones erronées | Pas de Commentaires »

Une transformation individuelle peut modifier la société

Posté par othoharmonie le 30 août 2014

 

figure1Dans « Not by genes alone » (non traduit, University Of Chicago Press, 2006), le biologiste Peter J. Richerson et l’anthropologue Robert Boyd ont montré que l’évolution des cultures est beaucoup plus rapide que celle de nos gènes. Cette évolution favorise l’établissement d’institutions sociales qui définissent et veillent au respect de normes de comportements, afin d’assurer l’harmonie de la vie communautaire. Bien que porteurs des mêmes gènes que les hommes de l’antiquité nous sommes différents. C’est un processus darwinien, mais en version accélérée : en cinquante ans, un groupe fondé sur l’altruisme et la solidarité peut présenter des avantages décisifs sur un groupe fondé sur la compétition et l’égoïsme. Prenez l’avenir de notre environnement, qui intéressait fort peu de gens il y a trente ans et dont nul ne conteste l’importance aujourd’hui : une enquête a montré que 20 % des gens s’en fichent, 20 % sont prêts à faire des sacrifices quoiqu’il arrive et les 60 % restants sont disposés à faire des efforts pourvu que les autres en fassent autant. D’où l’importance des minorités actives qui transforment les idées et des figures exemplaires, comme Martin Luther King, Gandhi, Mandela ou le Dalaï-lama.

À la fameuse « banalité du mal », conceptualisée par Hannah Arendt, vous opposeriez une « banalité du bien » ?

La majorité des humains se comporte effectivement de façon altruiste la plupart du temps, souvent sans qu’on le réalise, et les gens abominables sont, fort heureusement, relativement rares. Certes, on peut se déshumaniser et dévaluer l’autre en étouffant en soi toute forme d’empathie. Au cours de massacre de masse, on désindividualise l’autre, on le compare avec mépris à un animal ou on le diabolise. De même, nous traitons chaque année des milliards d’animaux comme des choses, des produits de consommation et des machines à saucisses, alors que l’on sait pertinemment que les animaux ressentent la douleur, la souffrance et ont des émotions très semblables aux nôtres, ce qui est tout à fait logique du point de vue de l’évolution.

Les chercheurs travaillant sur l’altruisme convergent vers une sorte de « science de l’amour ». À quelle définition de l’amour parviennent-ils ?

Barbara Fredrickson, qui a fondé la psychologie positive avec Martin Seligman, dit que les émotions positives, telles que le contentement, la gratitude, l’émerveillement, l’enthousiasme, l’inspiration et l’amour ne procèdent pas simplement d’une absence d’émotions négatives : l’amour est bien plus qu’une absence de haine. L’amour n’est pas non plus réductible au coup de foudre romantique. L’amour exige que l’on passe à un stade plus constructif. C’est un exercice permanent au fil de la journée, une répétition constante d’une « résonance positive » avec l’autre, une l’attention portée aux autres, un renouvellement incessant du désir de comprendre leurs besoins réels et de les aider à les satisfaire. 
J’ai cependant préféré utiliser le mot altruisme au mot amour, malgré son aspect un peu désincarné, parce qu’il permet plus facilement d’appréhender les deux niveaux où tout se joue : l’affectif et le cognitif. Aimer l’autre, ce n’est pas seulement ressentir de l’affection pour lui, c’est chercher à comprendre les causes de sa souffrance pour pouvoir y remédier. Car l’autre, quel qu’il soit, a quelque chose d’essentiel en commun avec moi : il souhaite être heureux. Et s’il souffre, il faut chercher à saisir pourquoi, avec la conviction que chacun a le potentiel nécessaire pour s’en libérer. Le Bouddha a montré que la principale cause de la souffrance est l’ignorance de la vraie nature du réel, notamment de l’interdépendance de tous les êtres. Penser qu’un être est fondamentalement mauvais ou haïssable, c’est opérer une projection, une distorsion de la réalité. Éprouver de la compassion pour les êtres qui sont plongés dans l’ignorance et désirer remédier à cette cause fondamentale est un processus cognitif.

Le bouddhisme a-t-il finalement servi à découvrir les mécanismes d’une « écologie de l’esprit » pouvant servir aussi aux non-bouddhistes, en particulier aux pédagogues ?

Socrate était grec, Lao Tseu chinois, Jésus juif, le Bouddha indien… cela n’empêche pas leurs messages d’intéresser tous les humains et tous les pédagogues. Le bouddhisme met l’accent sur les causes cachées de la souffrance. Nous désirons le bonheur, mais nous courrons sans cesse vers le malheur en toute inconscience. Trouver l’explication de ce mystère n’intéresse-t-il pas tout le monde ?

La méditation est très en vogue, mais elle n’est pas toujours centrée sur l’altruisme. On parle plus volontiers de « pleine conscience. »

Mon grand ami le Dr Jon Kabat-Zinn, fondateur de la méthode de « réduction du stress par la pleine conscience » (MBSR) et plusieurs autres pratiquants de la « pleine conscience » estiment que si vous méditez correctement, l’altruisme et la bienveillance vous viendront tout naturellement. Je veux bien le croire, mais pourquoi attendre que l’altruisme se manifeste comme un effet secondaire de la pleine conscience ? Je préfère penser comme le fait maintenant John Teasdale, l’un autre fondateur des « thérapies cognitives fondées sur la pleine conscience » (MBCT), qu’il vaut mieux inclure l’entraînement à l’amour altruiste dès le début de l’apprentissage de la méditation. La pratique de l’amour altruiste et de la compassion requiert de toute façon la pleine conscience, mais ils donnent à cette dernière une dimension encore plus vaste et positive.

Face à l’individualisme égotique, l’altruisme propose-t-il une vision crédible pour le XXI° siècle ?

C’est la vision la plus pragmatique que je puisse imaginer : pratiquer et enseigner une technique qui nous permet de nous débarrasser de cet égocentrisme effréné qui caractérise trop souvent le monde contemporain, avec toute la confusion que cela provoque. Dans Plaidoyer pour l’altruisme, je cite nombre d’expériences en cours, en particulier d’écoles où l’altruisme est enseigné aux enfants dès la maternelle avec des résultats remarquables. L’éminent psychologue Paul Ekman imagine même des « gymnases de la compassion » ! Il ne s’agit pas de nier l’importance de toutes les autres formes d’action, sociales et politiques, mais sans une motivation altruisme je ne vois pas comment nous pourrions résoudre les défis auxquels nous sommes confrontés. Il faut donc oser l’altruisme. Oser dire que l’altruisme véritable existe, qu’il peut être cultivé par chacun de nous, et que l’évolution des cultures peut favoriser son expansion. Oser, de même, l’enseigner dans les écoles comme un outil précieux permettant aux enfants de réaliser leur potentiel naturel de bienveillance et de coopération. Oser affirmer que l’économie ne peut se contenter de la voix de la raison et du strict intérêt personnel, mais qu’elle doit aussi écouter et faire entendre celle de la sollicitude. Oser prendre sérieusement en compte le sort des générations futures, et modifier la façon dont nous exploitons aujourd’hui la planète qui sera la leur demain. Oser, enfin, proclamer que l’altruisme n’est pas un luxe, mais une nécessité.

Extrait de l’entretien de Matthieu RICARD  

Publié dans LECTURES Inspirantes, Penserie | Pas de Commentaires »

Pour une télévision ouverte au sacré

Posté par othoharmonie le 14 juillet 2014

 

par Yves Rasir

images (7)Nous souffrons tous de la médiocrité de la télévision et de l’aveuglement de ses dirigeants qui, pour de fausses vraies raisons d’Audimat, bloquent les projets qui pourraient apporter de vraies réponses aux êtres assoiffés de sens que nous sommes. Puisse l’entretien qui suit, témoignant d’une réussite médiatique différente – l’émission « Noms de dieux » du Belge Edmond Blattchen -, ouvrir des portes…

Média de l’immédiat, la télévision brasse l’écume des jours en négligeant souvent les courants profonds qui dirigent l’Histoire. Aux affamés de nourritures spirituelles, l’« Église Cathodique » donne rarement la chance de se rassasier. Jamais peut-être, la « folle du logis » n’a autant mérité sa réputation d’objet insensé, vecteur d’un redoutable décervelage. Mais l’envahissement du petit écran par la futilité connaît d’heureuses exceptions. En Belgique, l’émission «  Noms de dieux  » accueille chaque mois un personnage-clé de la pensée contemporaine, qui vient confier – longuement – sa foi et ses espoirs à Edmond Blattchen. Rencontre avec le journaliste créateur de cette émission publique, postée au carrefour des valeurs.

Nouvelles Clés : Quelle est la genèse de votre émission ?

Edmond Blattchen : Avant de présenter « Noms de dieux », j’ai animé pendant quelques années l’« Écran-Témoin », l’équivalent belge des « Dossiers de l’Écran ».

Dans ce rôle, j’ai eu l’occasion de me pencher sur des thèmes comme « Les juifs aujourd’hui », « Les nouveaux apôtres » ou « Les libre-penseurs ». Lors de ce dernier débat, deux participants avaient cité la phrase de Malraux : « Je pense que la tâche du prochain siècle, devant la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintégrer les dieux ». Ce fut le point de départ de ma méditation.

N. C. : On cite habituellement une autre phrase de Malraux : « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas »…

E. B. : On dit aussi « religieux » ou « mystique ».
Les deux intervenants voulaient précisément faire un sort à cette phrase qui, selon eux, n’a jamais été prononcée. J’ai fait des recherches personnelles et je n’ai effectivement jamais retrouvé, dans un texte de Malraux ou l’une de ses interviews, le propos qu’on lui attribue. Je ne prétends pas qu’il n’ait jamais dit cela, mais je dis que le propos qui se rapproche le plus et qui est certain, c’est la phrase citée ci-dessus. C’est un extrait d’un entretien accordé en 1955 à un hebdomadaire danois, qui interrogeait des intellectuels occidentaux sur le thème de l’apocalypse, dix ans après Hiroshima – entretien qui fut traduit et publié à l’époque par l’Express.

N. C. : Cette citation est donc à l’origine du projet ?

E. B. : Elle m’a beaucoup fait réfléchir – comme citoyen et comme professionnel des médias. L’évolution technologique du métier de journaliste nous prive de recul par rapport à l’information que l’on traite. Il m’a semblé important d’essayer d’introduire dans une grille de programmes télé, une émission de réflexion sur le siècle – celui qui se termine et celui qui va commencer -, une émission qui ne soit pas soumise au diktat du polaroïd, qui nous donne le temps de chercher du sens dans le tourbillon de l’actualité. De la secte japonaise Aoum aux scandales politiques belges et français, il y a tant d’événements qui posent aujourd’hui la question du sens ! Avec une curiosité teintée de scepticisme, la hiérarchie de la RTBF ( La télévision publique francophone belge) m’a permis deconcrétiser cette ambition.

N. C. : Une émission unique en son genre dans le paysage audiovisuel ?

E. B. : En toute modestie, je crois que oui. En Belgique comme en France, il existe des émission dites « concédées » aux catholiques, aux protestants, aux israélites ou aux musulmans. Petite particularité belge, nous avons aussi l’émission « La Pensée et les Hommes » produite par l’Action Laïque, la famille des libre-penseurs. Mais ce sont des émissions confiées, si je puis dire, aux différentes chapelles. Dans un esprit très « service public », « Noms de dieux » est un espace pluraliste, puisque tous les courants de pensée y sont représentés à travers les invités – qui ne sont pas seulement des penseurs patentés ou des figures de proue de telle ou telle institution, mais aussi des « artisans de la spiritualité » qui ne représentent qu’eux-mêmes. Je pense à une Annick de Souzenelle, à un Arnaud Desjardins ou à un Amin Maalouf.

N. C. : Et ce rendez-vous mensuel a trouvé son public ?

E. B. : Depuis sa création, l’émission a déménagé trois fois dans la grille. Son horaire a toujours été tardif, malgré quoi l’audience est satisfaisante dans un contexte concurrentiel acharné, puisque la Belgique est un pays câblé à 95 %, où l’on peut capter une trentaine de chaînes. Nous avons un public de fidèles qui regardent la plupart des émissions, les enregistrent, s’échangent les cassettes.

La RTBF les rediffuse plusieurs fois à différentes heures de la journée sur ses deux chaînes, et TV5 fait de même. Faibles à l’audimat, nous tirons notre épingle du jeu en audience cumulée. Cela transparaît clairement dans le volume de courrier. Nous recevons beaucoup de lettres de France, mais aussi de Grèce, du Liban, de Scandinavie, d’Arabie, des États-Unis…

Souvent émouvantes. Un correspondant algérien nous a écrit son bonheur d’avoir vu Eugen Drewermann, symbole d’une liberté d’expression impensable chez lui. Nous recevons beaucoup de témoignages de gratitude, mais la plupart nous écrivent parce qu’ils veulent en savoir plus.

N. C. : « Noms de dieux » est devenu une sorte d’ombudsman de la spiritualité, un « service-consommateur » pour les chercheurs de sens ?

E. B. : Ce serait prétentieux de dire ça. À notre petite échelle, nous faisons cependant office de « bureau d’information ». Exemple : un téléspectateur non juif nous demande s’il pourrait suivre des cours de Talmud. Nous le mettons en contact avec un cercle hébraïque qui organise des conférences. Après le passage du Dalaï-Lama, des tas de gens nous ont demandé des renseignements sur le bouddhisme tibétain et nous leur avons donné des adresses, des pistes de lecture. Tous les téléspectateurs peuvent nous commander la bibliographie complète de nos invités, généralement assortie d’ouvrages généraux.

Après Arnaud Desjardins, nous avons par exemple établi une liste d’ouvrages d’introduction à l’hindouisme et aux spiritualités orientales. Pas nécessairement des livres universitaires.

Cela peut être un Marabout-Flash, la collection « Points-Sagesse » du Seuil ou les collections « Spiritualités » d’Albin Michel… À chacun de poursuivre son chemin.

N. C. : Ce regardde l’Occident qui se tourne vers l’Orient est-il perceptible de votre poste d’observation ?

E. B. : Très nettement. Il y a un besoin, à mon sens très positif, d’exotisme – dans la spiritualité, comme dans le tourisme ou la gastronomie. Nos contemporains savent que la table ne se limite plus au steak-frites ou au cassoulet, mais qu’il y a d’autres goûts à portée de bouche. De même, ils s’intéressent aux traditions venues d’ailleurs. Les hommes et les femmes déçus par les réponses formelles et figées données par les Églises aux grandes questions de l’existence se tournent vers des spiritualités qui leur semblent plus tolérantes. Les gens d’aujourd’hui sont en attente, non pas de réponses définitives, mais de pistes possibles pour étancher leur soif de sens – sens de leur vie individuelle, de leur couple, leur pays, leur planète… -, avec le risque, c’est vrai, d’une dérive syncrétique empruntant sauvagement à différentes traditions. Je ne suis pas sûr qu’on élève l’art culinaire en mélangeant n’importe quels ingrédients. Mais c’est intéressant. Puisque nos estomacs prennent du plaisir à des saveurs contrastées, pourquoi nos esprits n’en feraient-ils pas autant ?

N. C. : Cette curiosité tous azimuts n’est-elle pas aussi une indice de confusion identitaire, en fin de compte peu productive ?

E. B. : Si, à force de chercher un sens à son existence, on se perd dans la fréquentation frénétique de courants de pensée comme on passe d’une auberge à l’autre, alors oui. Mais la quête de Dieu me semble beaucoup plus passionnante qu’auparavant, parce qu’elle nous invite justement au voyage. C’est fatigant, on peut y perdre la raison, traverser le désert, mais l’enjeu est à la mesure du périple. « Connais-toi toi-même et tu connaîtras les lois de l’Univers et des Dieux », disait Socrate. Je crois beaucoup à l’importance du travail intérieur. Se pétrir soi-même pour faire de soi une brique intéressante de l’édifice humain. Quand je vois l’itinéraire – que certains qualifieraient de « cahotique » – d’un Jean-Yves Leloup, on pourrait dire qu’il ne sait pas ce qu’il est. De l’hindouisme à l’orthodoxie en passant par chez les dominicains, il a vécu une spiritualité de boule de flipper. Mais en même temps, il a fallu qu’il parcoure ce labyrinthe pour se trouver lui-même.

N. C. : Votre émission n’est-elle pas inéluctablement élististe ?

E. B. : Je crois pouvoir répondre par la négative. Notre public n’est sans doute pas le même que celui d’un talk-show de TF1, mais nous recevons pas mal de lettres – très touchantes d’ailleurs – de gens peu scolarisés qui nous confessent leur ignorance, leur maigre bagage intellectuel. Beaucoup de téléspectateurs découvrent des invités pour la première fois. Notre mission de chaîne généraliste nous permet d’attirer des gens qui, sans cela, n’auraient jamais été en contact avec telle ou telle manière de penser.

images (8)Comme l’émission est pluraliste, les barrières entre religions s’effacent : les cathos regardent les réformés, les athées militants découvrent le bouddhisme… Je trouve cet intérêt (très moderne) pour la différence plutôt réjouissant. D’autre part, l’essentiel ne s’embarasse pas d’une formulation compliquée: quand je demande à l’abbé Pierre ce que signifie « aimer son prochain » et qu’il me répond : « Servir en premier le plus souffrant », mon petit garçon de dix ans comprend parfaitement !

N. C. : D’aucuns interprètent le renouveau spirituel comme la résurgence des vieilles angoisses millénaristes. On ne vous reproche pas d’exploiter ce créneau ?

E. B. : Cette idée ne m’a jamais animé. Mais il est clair que l’émission comble un besoin.

Le XIXe siècle était positiviste à tout crin. Le XXe siècle a cru pouvoir remplacer les religions par la science et on a prophétisé la mort de Dieu. Aujourd’hui encore, certains espèrent la victoire de l’homme sur la mort. Mais quand bien même la médecine y parviendrait, la question demeure : quelle vie et pour quoi faire ? En 1995, nous sommes confrontés à une surinformation de l’horreur. Plus on en sait sur le monde environnant, moins on en sait sur le monde intérieur. Si j’exploite le créneau de l’âme, je m’en félicite.

N. C. : L’ appétit spirituel qui marque notre époque ne révèle-t-il aussi pas une profonde inculture ?

E. B. : Certainement. En Angleterre, un enfant qui sort d’école primaire sait ce qu’est un musulman ou un bouddhiste, ou que les anglicans ne sont pas les seuls chrétiens. La culture religieuse devrait entrer beaucoup plus tôt dans les programmes scolaires. Il est inadmissible aujourd’hui d’avoir son bac sans savoir pourquoi un juif observe le Sabbat, ni ce qui sépare un sunnite d’un chiite. L’histoire de l’Église devrait faire partie de l’enseignement. Pourquoi des élèves n’iraient-ils pas visiter une mosquée, un ashram, une synagogue, un temple maçonnique ? Il faut démocratiser le savoir spirituel car les défis de demain réclament des hommes réellement tolérants. Or la tolérance est inséparable de la connaissance de l’autre.

Je redoute que l’ignorance n’aboutisse à nier les différences. Or, les médias ont une lourde responsabilité en faisant l’économie de la question spirituelle. Le danger existe de voir demain les Églises s’isoler dans des citadelles médiatiques. L’Église catholique songe par exemple à fonder sa propre chaîne de télévision par satellite. Si l’on veut éviter que les grandes multinationales de la spiritualité reprennent la direction des âmes, il faut respiritualiser l’information.

N. C. : Selon quels critères choisissez-vous vos invités ?

E. B. : Critère principal, le pluralisme : des gens d’ici et d’ailleurs, d’une confession ou d’une autre, des gens de terrain et des représentants officiels, des croyants et des non-croyants… Mais je n’aime pas cette expression : des gens qui ne croient en rien, ça n’existe pas.

Un homme sans Dieu est-il pour autant un homme dépourvu de foi ? Je fais encore partie de la génération qui allait au cours de religion pendant que les « mécréants » restaient dehors. Cette vieille dualité me paraît profondément injuste. J’ai découvert des libre-penseurs pétris de spiritualité, comme Georges Van Hout, un homme extraordinaire qui a animé pendant quarante ans les émissions laïques de la télévision belge. À l’inverse, il y a dans les Églises des matérialistes quis’ignorent, des « fonctionnaires de Dieu », comme dirait Drewermann. Il est temps d’en finir avec les stéréotypes !

N. C. : « Noms de dieux » affiche la couleur mais ne se cantonne pas dans les hautes sphères de la métaphysique…

E. B. : Le magazine se définit comme un mensuel de réflexion sur l’avenir de nos systèmes de valeurs. Il y a place pour la philosophie au sens large, la morale, la religion, mais aussi l’économie, la politique, l’écologie… Au nom de quel idéal vais-je agir en tant qu’électeur ? Quelles valeurs influencent mon comportement de consommateur ? En faisant cette émission, j’ai l’impression de parler de la vie de tous les jours. Si la spiritualité sert à savoir si Platon est mieux que Socrate ou Luther meilleur que Saint-Augustin, cela n’a aucun intérêt. Du moins à la télévision. C’est pourquoi j’ai un faible pour les invités qui incarnent très concrètement les valeurs qu’ils défendent.

N. C. : Hors de l’action point de salut ?

E. B. : Je ne dénigre absolument pas la contemplation qui est une dimension importante de la spiritualité chez les carmes, les chartreux ou les soufis. Mais une spiritualité qui se désintéresse du prochain me semble complètement dénaturée. Finalement, le grand message de toutes les traditions est identique : la compassion chez les bouddhistes, la charité chez les juifs et les chrétiens, la fraternité chez les francs-maçons… Croire en Dieu, c’est très facile.

La question la plus difficile, c’est : est-ce que je crois en l’Homme, est-ce que je suis capable d’aimer mon prochain ? Et mon prochain, ce n’est pas seulement le SDF à qui on fait l’aumône. C’est le collègue de bureau antipathique, l’automobiliste qui vous fait une queue de poisson, le conjoint infidèle. Ce qui me dérange dans les spiritualités New-Age, c’est leur côté narcissique, centré sur l’épanouissement personnel. Bien sûr, il est illusoire de vouloir aimer les autres sans s’aimer soi-même. Mais un individu solitaire n’est pas solidaire. Aussi, les tentations très actuelles pour la pure mystique m’inquiètent un peu ; quand je vois des jeunes files se shooter aux chants attribués à Sainte-Hildegarde, je m’interroge. Par contre, j’aime beaucoup la cohérence des jésuites qui conjuguent constamment la prière et l’action.

N. C. : Sur votre plateau, avez-vous eu l’impression de rencontrer des sages ?

E. B. : Je pense que le Dalaï-Lama est un sage. Qu’Arnaud Desjardins ou sœur Emmanuelle sont des sages. Je ne dis pas que les autres ne le sont pas. Mais dans le sens oriental, le sage est celui qui arrive à surmonter des passions empoisonnantes telles que la jalousie, l’envie, le mesquinerie. Comment ne pas voir à travers le Dalaï-Lama quelque chose qui est de l’ordre de la sagesse absolue ? Sérénité ne veut pas dire passivité ni pacifisme radical.

Quand l’abbé Pierre dit « ta gueule » à Jean-Marie Le Pen, il ne perd pas, pour moi, sa qualité de sage. La sagesse, à mon sens, c’est ne jamais renoncer à aimer l’autre.

N. C. : Avez-vous vécu, en compagnie de vos invités, desmoments de grâce ?

E. B. : J’en citerai un seul qui s’est déroulé hors-antenne. Lorsque le Dalaï-Lama s’est levé à la fin de l’émission, il est allé saluer individuellement chaque membre de l’équipe. Depuis la maquilleuse jusqu’au cameraman en passant par le porteur de câble. De la même manière, il a adressé à tous le même sourire, la même gentillesse. C’est à des moments pareils que l’on mesure l’incarnation du bien. Cette idée que l’obscur, le sans-grade, celui qu’on n’entend ni ne voit jamais, est aussi important. Que chacun est égal à chacun. Pour moi, c’était aussi le signe de la parfaite harmonie entre l’idéal et la personne du leader tibétain.

images (9)N. C. : Hostile envers les étiquettes, pourquoi acceptez-vous celle d’agnostique ?

E. B. : Je l’accepte si l’on s’entend sur les mots.
Quand Paul Ricœur dit qu’il est agnostique et croyant, il surprend beaucoup de monde, mais il ne commet pas de contresens. Il veut dire par là qu’il met des limites à sa foi mais qu’il ne renie rien de son passé protestant.

Beaucoup croient que l’agnosticisme consiste à déclarer que la raison est inapte à saisir l’être de Dieu et donc qu’il est vain d’en chercher la présence. Au contraire, l’agnostique peut être celui qui accepte les limites de son intelligence, n’adhère à aucune vérité révélée mais refuse de s’arrêter dans sa quête de sens. Oui, je pense que Dieu est hors de portée mais je fais le pari de Pascal. Il y a quelques années, je ne faisais pas ce pari. J’ai beaucoup évolué.

Renseignement : Edmond Blattchen

Noms de dieux – RTBF – Palais des Congrès B-4020 Liège

La Vie devant Soihttp://devantsoi.forumgratuit.org/

Publié dans En 2012-2013 et après 2016, Nouvelle TERRE | Pas de Commentaires »

La flamme qui brûle les pensées

Posté par othoharmonie le 17 juin 2014

Le Toumo : l’esprit de feu

images (5)Passer l’hiver dans une caverne située entre 4000 et 5000 mètres d’altitude, vêtu d’une robe mince ou même nu, et ne pas périr gelé, est un problème compliqué. Nombres d’ermites tibétains l’ont pourtant résolu… La pratique tibétaine du toumo illustre de manière spectaculaire le pouvoir de l’esprit sur le corps.

C’est un passage du livre d’Alexandra David-Néel,Mystiques et magiciens du Tibet, qui attira l’attention du cardiologue Herbert Benson. L’exploratrice y décrit la pratique tibétaine du toumo, mot tibétain désignant la chaleur : « Passer l’hiver dans une caverne située, souvent, entre 4000 et 5000 mètres d’altitude, vêtu d’une robe mince ou même nu, et ne pas périr gelé, est un problème compliqué. Nombres d’ermites tibétains l’ont pourtant résolu, et leur endurance est attribuée au fait qu’ils possèdent le moyen de stimuler la chaleur interne. »

Des résultats étonnants
En 1988, le Dalaï Lama qui visitait les Etats Unis pour la première fois se rendit à Harvard. «J’organisai un rendez-vous avec lui, décrivis mon travail sur le corps et l’esprit et lui demandai la permission d’étudier le toumo » se souvient Herbert Benson. A l’époque, ce professeur de médecine, auteur du best-sellerRelaxation response (état physiologique de relaxation profonde) paru en 1975, s’intéresse aux méditants expérimentés. Les expériences débutèrent au début des années 90, non sans mal, car la pratique est empreinte de secret et de mysticisme au Tibet.

« La première expérience, à Dharamsala, montra que par une température de 50°F (10°C), on enregistrait chez les moines en méditation une augmentation de la température corporelle de l’ordre de 17 à 18° F (8°C) » rapporte le docteur Benson. Au Ladakh en 1995, le cardiologue et son équipe filmèrent une « compétition » de toumo. Plusieurs méditants sont assis en tailleur dans une pièce dont la température avoisine les 5° C. IIs trempent dans de l’eau glacée (environ 8° C) des draps dont ils entourent complètement le haut de leur corps. De telles conditions provoqueraient chez la plupart d’entre nous des tremblements incontrôlés, une chute de température, et éventuellement la mort. Le corps des moines généra non seulement de la chaleur, mais de la vapeur s’éleva. « Durant cette performance qui dura plusieurs heures, chaque moine sécha trois draps. Le feu intérieur fit s’évaporer toute la vapeur d’eau contenue de la pièce » souligne le commentateur du film. « C’était tout à fait remarquable » se souvient avec émotion le docteur Benson. « J’ai alors pensé que l’esprit a des capacités extraordinaires d’interaction avec le corps, et que nous n’utilisons pas son plein pouvoir. »

« La production d’une telle énergie reste toutefois inexplicable »

La flamme qui brûle les pensées
C’est une méditation spécifique qui produit le toumo. Dans un premier temps, le corps produit la « relaxation response », un état de grande tranquillité d’esprit, à l’opposé du stress. « Les moines visualisent ensuite en esprit une image d’eux-mêmes, puis ils visualisent un feu venant d’abord de l’extérieur qui monte et descend dans leur corps » explique Herbert Benson. Ce feu a pour but de brûler les pensées mauvaises, impropres, et« c’est ce qui génère de la chaleur. »

Dans sa description, Alexandra David-Néel explique comment une pratique du toumo est liée à la visualisation de « veines mystiques » qui servent de fils conducteurs à des courants d’énergie. Pour les mystiques avancées précise-t-elle, cette sorte de réseau n’a « aucune réalité physique (…) c’est une représentation imagée et fictive de courants de force. » L’exercice, rythmé par la respiration, consiste en dix étapes de visions subjectives impliquant la naissance d’une petite flamme qui remplit le corps du méditant jusqu’à ce qu’il devienne flamme lui-même.
« Le cerveau a des souvenirs et ces souvenirs sont associés à des changements dans le corps. Si vous pensez que vous êtes attaqué, votre rythme cardiaque s’accélère, votre pression sanguine, votre métabolisme, votre respiration vont changer », souligne Herbert Benson. Autrement dit, le corps est sans cesse influencé par l’esprit. La production d’une telle énergie reste toutefois inexplicable.

Un pouvoir bien établi
Le toumo est le résultat d’années d’entraînement dans un environnement culturel particulier. « Quand nous avons amené des moines tibétains ici pour les étudier, ils n’ont pas pu faire le toumo comme ils l’avaient fait chez eux. Vous avez besoin de votre environnement, ce qui n’empêche pas que ce soit une capacité remarquable de l’esprit » explique le professeur Benson. Dans le Voyage d’une parisienne à Lhassa, Alexandra David-Néel affirme avoir utilisé elle-même la pratique du toumo, à laquelle elle avait été initiée.

Aujourd’hui, Herbert Benson relativise l’importance de ces travaux, comparés à d’autres. Menées par leBenson Henry Institute for Body Medecine à l’Hôpital Général du Massachussets des études récentes ont établi que la « relaxation response » altère l’expression de certains gènes, responsables d’inflammations, de la mort des cellules ou encore de la production de radicaux libres dans l’organisme. « Au XVIIIe siècle René Descartes a affirmé que l’esprit était séparé du corps » conclut Herbert Benson, « nous avons démontré le contraire. »

Publié dans PENSEE MAGIQUE - LEITMOTIV et RITUELS | Pas de Commentaires »

Pourquoi le bouddhisme nous attire

Posté par othoharmonie le 18 avril 2014

 

Sans Dieu ni dogme, il séduit de plus en plus de Français. Ils le considèrent comme une philosophie et le trouvent mieux adapté à la vie moderne, explique le philosophe Frédéric Lenoir, auteur du Bouddhisme en France.

images (3) 

Frédéric Lenoir

Philosophe de formation, il est docteur en sociologie et chercheur en sciences des religions. Il a dirigé, avec Y. Masquelier et M. Meslin, L’Encyclopédie des religions (Bayard éditions). Il a également publié plusieurs ouvrages sur le bouddhisme.

Le bouddhisme et les Français

En Occident, la France est le pays où le bouddhisme a pris l’essor le plus spectaculaire. Pourtant, si le nombre de ses sympathisants ne cesse de croître, ses pratiquants se limitent à quelques milliers. Un des nombreux paradoxes que tente d’expliquer Frédéric Lenoir dans son livre, Le Bouddhisme en France (Fayard). Son enquête – sans doute la plus fouillée menée auprès de tous ceux que touche le bouddhisme – a nécessité sept ans de travail. Au cœur de sa réflexion : les individus. D’où viennent-ils ? Pourquoi le sourire du Bouddha les a-t-il séduits ? Quels bénéfices tirent-ils de leur pratique ? Le bouddhisme peut rénover en profondeur nos systèmes de croyances, explique l’auteur.

Psychologies : Peut-on mesurer l’ampleur prise par le bouddhisme en France, ainsi que le nombre réel de pratiquants et sympathisants ?

Frédéric Lenoir : Si l’on excepte les deux à trois cent mille réfugiés du Sud-Est asiatique, c’est très difficile. La première chose à faire est d’établir diverses catégories de personnes plus ou moins impliquées dans le bouddhisme. J’ai donc été amené à distinguer sept grandes familles de bouddhistes français par ordre d’implication croissante. Les  » sympathisants  » représentent, d’après le sondage le plus récent, environ cinq millions de personnes. Ce sont, pour la plupart, des gens qui s’intéressent au bouddhisme, se sentent en affinité avec le dalaï-lama ou tel aspect des enseignements du Bouddha, mais ne sont pas impliqués dans une pratique.

Ensuite, ce que j’appelle les  » proches  » représentent entre cent et cent cinquante mille personnes à travers trois groupes très divers : les chrétiens qui pratiquent la méditation zen dans un contexte explicitement chrétien ; les bricoleurs spirituels qui ont appris à méditer, mais qui font leur propre religion en kit sans se sentir engagés dans le bouddhisme ; des intellectuels, le plus souvent agnostiques, qui se sentent très proches de la philosophie bouddhiste. Enfin, il y a la catégorie des gens les plus impliqués et qui fréquentent les centres de méditation, que j’appelle les  » pratiquants « . On peut les classer en trois catégories : les distants, les fidèles et les assidus. Ils représentent au total entre dix et quinze mille personnes en France, ce qui est finalement très peu.


Vu le petit nombre de pratiquants réels, ne peut-on parler d’une aura plus que d’une implantation du bouddhisme ? Pourquoi jouit-il d’une si bonne image en France ?

Il y a effectivement une distorsion spectaculaire entre sa notoriété et le nombre d’individus qu’il touche en profondeur. Cet écart tient beaucoup à la médiatisation survenue en France depuis 1993. Les médias se sont emparés du bouddhisme, qui progressait discrètement dans l’Hexagone depuis une trentaine d’années, le présentant comme une sorte de sympathique alternative au catholicisme intolérant du pape et à l’intégrisme religieux qui inquiète. Cela dit, les raisons de l’intérêt croissant des Français pour le message du Bouddha n’est pas sans fondement. Il apparaît ainsi à beaucoup, à l’inverse du catholicisme, comme parfaitement compatible avec le monde moderne.

En quoi le bouddhisme, pourtant plus ancien que le catholicisme, est-il si moderne ?

Cette image de modernité tient à plusieurs facteurs. Tout d’abord le caractère non dogmatique des enseignements du Bouddha, lequel affirmait que chacun de ses disciples ne doit suivre ses préceptes qu’après les avoir lui-même éprouvés. L’expérience individuelle est donc au cœur du bouddhisme. A l’inverse, le catholicisme apparaît comme un discours dogmatique sur ce qu’il faut croire et ne pas croire, faire et ne pas faire.

D’autre part, la philosophie et les techniques du bouddhisme élaborées au cours des siècles, notamment dans la tradition tibétaine, intéressent des scientifiques qui travaillent sur l’esprit humain ou des psychologues qui travaillent sur les émotions. Le bouddhisme constitue une véritable science du sujet qui n’existe pas en Occident. Les Occidentaux ont privilégié l’action sur le monde et la connaissance des phénomènes extérieurs, tandis que les sages bouddhistes ont appris à observer, dans une démarche quasi scientifique, l’esprit, la psychologie, le corps humain. En ce domaine, ils ont beaucoup à nous apprendre.

L’image personnelle du dalaï-lama explique-t-elle aussi l’intérêt pour le bouddhisme ?

Bien évidemment. Depuis qu’il a reçu le prix Nobel de la paix en 1989, le chef exilé des Tibétains a acquis une formidable notoriété en Occident, qui tient sans doute avant tout à son statut de représentant d’un peuple pacifique victime d’un terrible génocide, mais aussi à son charisme personnel et à son discours particulièrement ouvert et tolérant qui en fait une sorte d’ » antipape « . Bien qu’il ne soit que le représentant du bouddhisme tibétain, il est devenu, dans l’esprit des Occidentaux, le porte-parole de l’ensemble du monde bouddhiste, pourtant d’une extrême diversité.


Pour quelles raisons vient-on au bouddhisme ? Pour quels bénéfices y reste-t-on ?

J’ai posé la question à plus de neuf cents pratiquants du bouddhisme zen et tibétain dans un questionnaire. Les résultats font apparaître six facteurs d’attraction : les valeurs – compassion, liberté, respect de la vie, non-violence, tolérance – arrivent en tête (28 %). Viennent ensuite les bénéfices de la pratique (20 %) – travail sur le corps et les émotions, aide psychologique, sérénité. Les réponses ayant trait à la rationalité et au pragmatisme – religion sans Dieu ni dogme, place centrale de l’expérience, appui sur la raison – suivent de près (18 %). La philosophie et la doctrine – impermanence, karma (loi universelle de causalité selon laquelle chaque acte produit un effet.

Appliquée au plan de la destinée individuelle, elle stipule que certains événements de la vie présente sont des effets d’actes commis dans des vies antérieures), réincarnation, interdépendance, etc. – arrivent en quatrième position (14 %), avant le caractère traditionnel et ancien du bouddhisme, qui rassure et séduit par la présence de maîtres spirituels expérimentés (13 %). Enfin, le côté exotique et esthétique du bouddhisme ne recueille que 5 %. En ce qui concerne les bénéfices de la pratique, les pratiquants soulignent tous qu’ils ont le sentiment de progresser humainement et spirituellement grâce à des techniques psychocorporelles. Des mots comme sérénité, paix intérieure, unité reviennent le plus souvent.

Quelles ont été les évolutions marquantes du bouddhisme en France ? Quelles formes peut-il prendre à l’avenir ?

Le bouddhisme a des adeptes en France depuis la fin du siècle dernier. Alexandra David-Neel en est un bon exemple. Depuis les années 70 toutefois, on a assisté à un phénomène nouveau : celui de l’implantation de nombreux centres de méditation sur le sol français – plus de deux cents. Mais au fond, le nombre de personnes engagées dans une pratique est encore très restreint.

Pour l’avenir, il y a deux scénarios possibles : soit le flot des sympathisants va fortement grossir celui des pratiquants, faisant du bouddhisme la plus grande religion de l’Occident avec le christianisme ; soit le nombre des sympathisants ne va pas se convertir dans la catégorie des pratiquants, laquelle continuera de progresser de manière très lente. Je penche plutôt pour cette seconde hypothèse. Même en Orient, très peu pratiquent la méditation, et la voie bouddhique a toujours été réservée à une élite. Prise à la lettre, elle est très rigoureuse et exigeante. La plupart des Français touchés par le bouddhisme sont finalement peu impliqués ; ils sont surtout touchés par certains aspects simples et universels du message du bouddhisme, comme le karma et la transmigration (loi selon laquelle le karma d’un individu continue d’agir après sa mort et crée les conditions d’une renaissance. le processus ne s’arrête que lorsque le karma est épuisé. L’individu atteint alors le nirvana et cesse de renaître), non d’ailleurs sans de nombreux malentendus.

Vous dites dans votre livre que la diffusion du bouddhisme en France est un excellent laboratoire des métamorphoses de la religion dans la modernité. Pourquoi ?

Disons, pour aller très vite, que l’on peut observer deux grands mouvements à l’œuvre dans la modernité religieuse : un courant de décomposition, lié à l’individualisation et à la mondialisation, se traduisant par une « subjectivisation » et un bricolage des croyances et des pratiques qui minent la cohérence et l’autorité des grandes religions. Le deuxième mouvement, bien plus restreint, concerne des individus qui tentent de réagir contre cette individualisation en agrégeant leur parcours spirituel solitaire à une lignée croyante, à une tradition ancienne. Or le bouddhisme active ces deux mouvements : par sa souplesse, sa fluidité et son caractère non dogmatique, il se prête merveilleusement bien au bricolage et à la religion en kit. En même temps, il offre des gages d’ »authenticité » et d’ancienneté, ainsi que des maîtres spirituels expérimentés, qui rassurent un certain nombre d’individus peu tentés par une quête spirituelle solitaire.


Quelle est cette “pédagogie bouddhiste” dont vous parlez ?

Tandis que la plupart des dogmes chrétiens, comme l’Incarnation ou La Trinité, sont présentés comme des mystères qui échappent à l’entendement, la plupart des croyances bouddhistes sont présentées comme des solutions logiques. Par exemple face à la question du mal, le christianisme invoque le mythe du péché originel, tandis que le bouddhisme parle de la loi de causalité du karma, ce qui apparaît plus crédible et rationnel aux Occidentaux. D’autre part, les bouddhistes incarnent tout précepte dans une pratique corporelle. Ainsi, lorsqu’il est demandé à un adepte de pardonner à quelqu’un, son maître spirituel lui apprendra des techniques psychocorporelles qui l’aideront à gérer l’émotion négative et à la transformer positivement. C’est pourquoi on peut dire que la méditation bouddhiste est une véritable alchimie des émotions… assurément l’une des plus grandes lacunes de la civilisation occidentale, qui tend à nier le corps et les émotions.

Profil : les praticants français

L’enquête menée par Frédéric Lenoir auprès d’un millier de pratiquants français du bouddhisme zen et tibétain –les deux traditions présentes dans l’Hexagone–, permet de se faire une idée précise de leur profil.

Le bouddhisme zen attire surtout des hommes (60 %) – beaucoup y sont venus par les arts martiaux –, tandis que les femmes sont majoritaires dans le bouddhisme tibétain (60 %). Les adeptes de cette tradition étant plus nombreux, on obtient pour l’ensemble une dominante féminine.

Ce sont en majorité des citadins de 35 à 50 ans, cadres supérieurs, professions libérales, enseignants et, de manière générale, professions intellectuelles ou médico-sociales. Le niveau d’études est très élevé : 39 % des sondés ont un bac + 4 et 64 % un niveau bac + 2 et plus. Leur sensibilité politique se divise en trois grands blocs : 32 % sont écologistes, 24 % à gauche et 26 % affirment ne se sentir proches d’aucune famille politique.

La méditation est au cœur de leur pratique. Celle-ci peut avoir lieu de manière collective dans un centre tibétain ou un dojo zen, ou bien seul chez soi. La méditation assise silencieuse, qui apporte le calme mental en se concentrant sur sa respiration et en observant ses pensées avec détachement, est celle que préfèrent les Français.

Pièges à éviter

Idéaliser sans discernement cette nouvelle sagesse. Opposant le bouddhisme à la religion de leur enfance, de nombreux disciples occidentaux abandonnent tout esprit critique sous prétexte qu’ils ont affaire à des lamas tibétains ou à des maîtres zen. De nombreux scandales ont ainsi éclaté, autour notamment de questions d’argent, de sexualité et d’abus de pouvoir, qui révèlent tout autant une profonde immaturité de ces disciples que des pratiques assez douteuses de certains « maîtres » renommés.

Se forger un bouddhisme ajusté aux besoins de son ego. Ce deuxième piège est davantage lié à la manière dont les Occidentaux « consomment » la spiritualité, ce que le lama tibétain Chogyam Trungpa appelait le « matérialisme spiritue « . Au lieu de suivre la voie exigeante proposée par le Bouddha et d’abandonner ses dernières illusions, le nouvel adepte ne fera que renforcer les penchants narcissiques de sa personnalité. On rencontre cela chez certains adeptes du bouddhisme tibétain qui collectionnent les « grandes initiations » auprès des plus « grands maîtres », se donnant ainsi le sentiment illusoire d’atteindre un « haut degré d’élévation spirituelle », sans que cela ne s’incarne réellement dans leur vie quotidienne.

téléchargement (1)Se concentrer uniquement sur sa progression spirituelle personnelle, à travers la pratique de la méditation, en se détournant de plus en plus d’une véritable ouverture à autrui, faisant ainsi fi du message d’amour et de compassion qui donne un sens ultime aux enseignements du bouddhisme du Grand Véhicule (Bouddhisme qui s’est développé dans le nord de l’Asie à partir de l’ère chrétienne).

TEXTE de Frédéric Lenoir  Juillet 2009

Publié dans APPRENDS-MOI, Nouvelle conscience | Pas de Commentaires »

Spiritualité d’aujourd’hui : des croyances à la carte

Posté par othoharmonie le 17 avril 2014

 

Christianisme, bouddhisme, chamanisme… sont quelques-unes des terres qu’explorent simultanément les aspirants à une spiritualité sur mesure. Dans Les Métamorphoses de Dieu, le sociologue Frédéric Lenoir analyse les nouvelles voies du sacré.

Propos recueillis par Laurence Lemoine

Sociologue et écrivain, Frédéric Lenoir a publié de nombreux ouvrages sur le monde religieux contemporain, notamment La Rencontre du bouddhisme et de l’OccidentLe Livre des sagesses (Albin Michel, 2001) et avec Ysé Tardan-Masquelier (Bayard, 2002).

Tandis que les églises se vident, le dalaï-lama remplit Bercy et les stars hollywoodiennes se pressent pour recevoir l’enseignement kabbalistique. Dans un monde asphyxié par le béton, le rationalisme scientifique et la loi du marché, on cherche à renouer avec le sacré, à retrouver du sens, à recréer du lien. Affranchi de l’emprise des dogmes et des institutions religieuses, le nouveau croyant est un nomade en quête de sa propre vérité. Artiste bricoleur, il compose et recompose sa spiritualité au gré de ses rencontres, de ses voyages, de ses évolutions.

téléchargement (5)Sommes-nous moins religieux qu’avant ?

Frédéric Lenoir : Non, nous le sommes autrement. Quand on interroge les Européens, on s’aperçoit que seulement 7 % d’entre eux se disent athées, pour 30 % de pratiquants assidus (enquête menée en 1999 et publiée dans la revue “Futuribles”). Donc, près des deux tiers d’entre nous, sans pour autant revendiquer un engagement dans une religion particulière, ne sont pas incroyants. Nous avons assisté au cours des dernières décennies à l’émergence d’une religiosité « hors piste » : ce ne sont plus les institutions religieuses qui imposent des normes de croyances et de comportements, mais les individus qui piochent dans différentes traditions pour se concocter une religion à la carte, en fonction de leurs intérêts et de leurs besoins.

Dans cette évolution, on voit bien l’œuvre des tendances de fond de la modernité : l’individualisme, l’esprit critique, le métissage. Aujourd’hui, on rencontre des juifs qui pratiquent la méditation bouddhiste et s’intéressent à l’astrologie, ou des chrétiens qui lisent les mystiques soufis et suivent des stages de chamanisme.

Quel est le profil du nouveau croyant ?

Frédéric Lenoir : Il tient avant tout à être maître de ses choix, à suivre son propre chemin, à trouver ses propres repères. En cela, dans sa spiritualité, il a intégré l’air du temps : l’accomplissement de soi, l’authenticité. D’où une religiosité qui ressemble de moins en moins à un système établi et de plus en plus à une quête, que l’on complète éventuellement par une psychothérapie ou des techniques corporelles de type yoga ou tai-chi. Sur le plan intellectuel, celui qui s’engage dans une démarche spirituelle affiche un scepticisme à la Montaigne : il ne prétend pas atteindre des certitudes absolues, ce qui ne l’empêche pas d’avoir des convictions. Mais elles ne valent que pour lui.

En ce sens, sa « foi » est pragmatique et « clignotante » : tant que ses croyances ou ses pratiques s’avèrent efficaces au quotidien, il les conserve. Sinon, il s’en détourne. A la notion d’obéissance, il préfère celle de responsabilité individuelle. Au bonheur dans l’au-delà, le bonheur ici-bas. D’où le succès croissant du bouddhisme, qui travaille à l’éradication de la souffrance en ce monde, en incitant chacun à libérer son esprit de l’ignorance et à développer sa compassion.

Qu’est-ce qui conduit un individu à inventer sa spiritualité plutôt qu’à se conformer à une religion traditionnelle ?

Frédéric Lenoir : Sans doute, pour ne parler que des Occidentaux, une capacité plus ou moins grande à composer avec la solitude existentielle. Comment savoir, en effet, face à la multiplicité des modèles philosophiques et religieux, ce qui est juste pour soi, ce qui est vrai ? S’engager dans un parcours spirituel personnel est pour certains une aventure passionnante, pour d’autres, une source d’angoisses. Les premiers seront donc disposés à vivre une « religiosité ouverte », à explorer diverses croyances et pratiques en s’en remettant à leur propre jugement, les seconds auront davantage besoin de vivre une « religiosité fermée », faite de certitudes établies, de normes validées par une communauté d’appartenance.

Cette grille de lecture me paraît plus pertinente, pour s’approcher de la psychologie du sujet religieux, que les étiquettes traditionnelles. Il y a aujourd’hui presque autant de manières d’être juif, chrétien ou musulman que d’individus, et il y a sans doute plus de points communs entre un chrétien et un musulman modérés qu’entre un chrétien modéré et un chrétien traditionaliste.

On a l’impression que le sentiment religieux se développe à mesure que l’Occident est gagné par la dépression. Diriez-vous que la spiritualité peut être thérapeutique ?

Je crois effectivement qu’au XXe siècle, les Occidentaux ont perdu l’espoir que les progrès de la science et de la raison pouvaient leur apporter le bonheur. Il y a eu Auschwitz, la bombe atomique, puis la dégradation de la planète, le spectre du clonage… Au quotidien, ils font l’expérience que la réussite sociale ou l’accumulation de biens échouent à leur apporter une satisfaction profonde et durable. Sans doute que la nouvelle quête religieuse exprime le besoin d’un retour à l’essentiel. La spiritualité permet de retrouver des repères et du sens dans toute cette agitation. Mais en même temps, le travail spirituel est exigeant. Il expose au doute, il nécessite du courage. Comme le chemin psychanalytique, il est parsemé d’embûches, de moments de joie, mais aussi de désespoir.

A quel Dieu s’en remet-on ?

Frédéric Lenoir : Les représentations de Dieu ont considérablement évolué. A la figure d’un Dieu auquel on prête des traits de caractère humains se substitue progressivement celle d’un divin impersonnel, d’une énergie, d’une présence. Ce divin n’est plus conçu comme étant loin du monde. On cherche au contraire à l’éprouver en soi, à travers sa propre créativité, son propre souffle, sa propre grandeur d’âme. On cherche aussi à le retrouver dans ses manifestations cosmiques : grottes, arbres, étoiles… Après que les idéologies matérialistes ont vidé le monde de sa magie, les nouvelles spiritualités entendent le réenchanter : renouer avec des êtres invisibles (les esprits, les anges, les elfes…), avec « l’âme du monde », à l’instar des animistes ou des chamans. Au total, on quitte la représentation d’un Dieu auquel on attribuait des qualités paternelles – justice, omniscience, toute-puissance – pour une représentation plus maternelle du divin, toute de miséricorde et de bienveillance, dans laquelle on peut se réfugier ou croître.

Dans le même temps, on assiste à une montée de l’intolérance et du fondamentalisme. N’est-ce pas là l’évolution la plus importante ?

Frédéric Lenoir : Je ne crois pas. Depuis les événements du 11 septembre 2001, on s’est focalisé sur ce qui n’est peut-être qu’un épiphénomène au regard de la tendance générale. Pour aussi préoccupant qu’il puisse être, le fondamentalisme ne touche qu’une minorité au sein des monothéismes dans lesquels il prend naissance. Sa logique est à la fois politique et identitaire. Il surgit en réaction à la véritable lame de fond qui menace les communautés religieuses : l’autonomisation du sujet. Il est probable que, d’ici à la fin du siècle, aucune religion ne parviendra à maintenir les individus dans une pensée unique.

Vers une spiritualité laïque

La croyance en l’existence de mondes parallèles, de forces ou d’êtres invisibles est sans doute le point commun de toutes les religions, traditionnelles ou modernes. Cela dit, on assiste, ces dernières années, à l’émergence d’une forme de spiritualité laïque, qui se traduit par la recherche d’un accomplissement personnel : il s’agit de grandir en libérant sa créativité, en intensifiant ses engagements. Si le besoin de transcendance (le sentiment d’être traversé par une force qui nous dépasse et donne un sens à nos existences) n’est pas absent de cette démarche, il s’exprime à une échelle plus humaine : celle de l’amour, nouvelle figure du sacré, qui permet de repousser ses limites et de se sentir relié.

 

Publié dans SPIRITUALITE c'est quoi ? | Pas de Commentaires »

Démystifier la méditation

Posté par othoharmonie le 25 mars 2014

avec Fabrice Midal

téléchargement (1)La méditation… Comment s’ouvrir à une dimension plus grande et passer du méditant grenouille à la posture du yogi ? Fabrice Midal pense que c’est en se confrontant à la réalité du monde et à nos souffrances que nous pouvons trouver le véritable bonheur. Il nous livre le fruit de 25 ans de pratique dans son livre « Frappe le ciel, écoute le bruit ».

Non, la méditation n’est pas une sorte de technique de bien-être qui nous donnerait le bonheur sans effort, ni non plus une pratique austère réservée à quelques privilégiés. Selon Fabrice Midal, la méditation peut nous permettre de trouver un chemin permettant une prise de conscience plus grande, plus mystérieuse et passionnante. Dans son livre « Frappe le ciel, écoute le bruit », le philosophe se confie pour la première fois sur son histoire et sa découverte de la méditation. Le récit d’un homme qui ne cesse de se poser des questions quant au fait d’exister… En se confrontant à ses douleurs passées et aux souffrances du monde, il nous montre que le bonheur et l’unité sont une quête de chaque instant. Entretien exceptionnel. 

Méditer : quelle est votre définition de ce mot devenu passe-partout?

Méditer, c’est développer un sens d’attention délibérée dans le moment présent tel qu’il est — attention qui inclut toutes nos perceptions sensorielles, c’est-à-dire l’entièreté de notre être. Au quotidien, nous sommes généralement focalisés sur une seule chose. Nous pensons à quelque chose ou encore regardons un objet mais sans la plénitude de notre être — en oubliant notre corps. Avec la méditation, nous développons une attention ouverte. C’est à la fois extrêmement simple mais très déconcertant, car nous n’avons pas du tout l’habitude de cultiver une telle manière de faire. 

Beaucoup d’images véhiculées donnent de la méditation une image trop exotique… Elles nous empêchent de voir qu’il y a dans la méditation quelque chose d’incroyablement concret, évident et humain. Ce qui n’empêche pas qu’elle soit la quintessence au cœur de toute voie spirituelle, mais nous le comprenons que si nous partons de son incroyable simplicité. Méditer c’est apprendre à découvrir l’ampleur magnifique et infinie du présent. 

Dans votre livre, vous dites d’ailleurs : « méditer, c’est redevenir l’enfant que j’étais qui pose une question quant au fait d’exister… » 

Si je regarde ce que j’ai appris en 25 ans de méditation, ce n’est pas ce qu’on aurait tendance à croire quand on ne connaît pas cette discipline. Elle m’a appris à retrouver un sens d’innocence, à m’interroger et à pouvoir m’étonner à neuf devant la réalité. Ce qui me semble le plus décisif et à la fois le plus oublié, c’est que la méditation n’est pas une technique pour essayer de se calmer ou se détendre ou je ne sais quoi … Méditer, c’est entrer dans un rapport profond à notre existence pour révéler un sens de présence plus grand à soi, aux autres et au monde, une plus grande bienveillance qui nous guérit de la souffrance, de la douleur et de l’isolement. Méditer, c’est ainsi éclairer, éclaircir, enrichir, éveiller notre vie toute entière. 

Et redevenir intérieurement un enfant ? 

Au fond, tout être humain a en lui une forme d’innocence, quels que soient les actes qu’il a faits. Cet état est un aspect primordial de notre être… La méditation nous aide à le retrouver et c’est absolument fondamental. Nous ne sommes pas uniquement cet homme, qui a cette vie, ce statut social, cette identité sexuelle. Il y a quelque chose de plus profond en nous, un secret. C’est d’ailleurs cette dimension de conscience plus grande que vous essayez d’explorer à l’INREES. Tout l’enjeu de mon travail, tout l’enjeu du livre, c’est d’arriver à montrer comment cette dimension de présence plus ample est à la fois très simple, à portée de main, et en même temps extraordinaire ! La méditation est sans doute la plus simple et directe manière d’entrer en rapport avec ce mystère au cœur de notre propre existence. 

Nous n’avons pas toujours l’impression que ce soit si simple…

Nous avons tendance à penser que la méditation est soit compliquée et donc hors de portée, ou à l’inverse très simple et nous perdons alors l’émerveillement devant le secret de notre propre être. Mon livre s’appelle « Frappe le ciel, écoute le bruit » et non pas « Douze leçons pour être heureux tout de suite ». Il porte un titre énigmatique car être en rapport avec cette ouverture de la conscience, c’est être du côté de cette interrogation. Cette phrase ne nous donne pas de certitude, elle nous ouvre l’esprit. 

Souvent, quand nous souffrons, c’est que nous avons perdu cette ouverture… Si vous, vous frappez le ciel, est-ce que vous entendez quelque chose ? 

Dans votre livre, vous comparez le « yogi » au « méditant grenouille ». Quelles différences ? 

C’est Francisco Varela – neurobiologiste et philosophe chilien – qui en parlait souvent quand il enseignait la méditation… C’est lui qui m’a en grande partie formé. Il disait : « Surtout, ne devenez pas comme les méditants grenouilles ! Parce que les grenouilles, elles sont calmes, elles ne bougent pas, mais ce n’est pas pour autant qu’elles sont en rapport à une ouverture réelle. » 

Méditer ce n’est pas être calme – c’est être ouvert et vigilant, présent dans la plénitude de notre être. C’est ainsi que nous pouvons être en rapport avec ce qu’il appelait de manière absolument magnifique : le présent vivant. 

Le yogi est l’être qui ne sépare pas le travail spirituel de l’engagement dans le monde. Pour lui, méditer ce n’est pas essayer d’être calme, mais transmuter les activités ordinaires en voies de sagesse. Autrement dit, le yogi pratique la méditation pour faire de chacune de ses activités une occasion d’ouvrir son esprit et son cœur. C’est une voie très parlante pour nous, car je ne suis pas sûr que la voie monastique soit aussi pertinente pour nous aujourd’hui qu’elle a pu l’être à d’autres époques pour des raisons sociales et historiques. Or c’est ainsi en Orient que la voie des yogis a été pensée, comme une alternative à la voie monastique. Une voie spirituelle pour les gens engagés dans le monde, pour les laïcs. 

Comment définir cet engagement ? Que cache-t-il ? 

C’est l’idée que toute expérience mise dans le creuset de la présence va devenir l’occasion d’une plus grande ouverture. Nous avons parfois l’idée que la méditation consiste à se protéger de la réalité : grâce à la méditation, je vais être calme ; quelqu’un va me faire du mal, je vais être calme ; on va me marcher sur les pieds, je vais être calme… C’est une idée très pauvre de la méditation. J’ai été blessé par une situation ? Quelqu’un souffre autour de moi ? Comment faire de cette expérience l’occasion d’une plus grande ouverture, d’une plus grande intelligence, d’un sursaut d’amour, d’un sursaut de générosité, d’une plus grande responsabilité ? C’est cela la voie. 

Pourquoi étiez-vous si heureux, à l’adolescence, en découvrant la méditation ? Correspond-elle aujourd’hui à l’idée que vous en aviez à l’époque ? 

Les premiers mois où j’ai pratiqué ont été très difficiles. En pratiquant, je n’ai pas du tout expérimenté l’ouverture mais plutôt d’incroyables tensions. Pourtant, c’était une expérience d’un immense bonheur parce que j’ai eu le sentiment profond d’avoir trouvé un chemin et de ne pas être condamné à la souffrance qui était alors la mienne. Je prenais conscience qu’il existe une possibilité de travailler avec son être, quelle que soit la situation. C’est vraiment une chose très importante aujourd’hui où le découragement et le cynisme règnent si profondément. La méditation montre l’incroyable imposture de ce découragement. Je crois que la méditation redonne sens à une espérance tangible et concrète dont nous avons absolument besoin. 

Comment notre souffrance peut-elle nous permettre de prendre confiance ? 

Nous croyons souvent qu’en enlevant la souffrance, ou en luttant contre elle, nous allons être heureux et avoir la paix. C’est une idée profondément agressive ! Nier la souffrance pour essayer d’atteindre le bonheur ne donne pas le bonheur. Reconnaître la souffrance, la difficulté, nos parts d’ombre, c’est ce qui donne un sens réel de plénitude. C’est complètement déconcertant ! Ce que nous apprend la méditation, ainsi que toute voie spirituelle, c’est qu’il faut entretenir un rapport de douceur avec nos souffrances. J’ai eu une enfance extrêmement difficile… Et je raconte dans ce livre comment la méditation m’a aidé à guérir de mon enfance, et comment c’est en accueillant la souffrance qu’on peut la guérir. Au fur et à mesure que je suis rentré dans la pratique, j’ai découvert d’autres zones de souffrance, d’autres zones sur lesquelles travailler. Mon chemin de 25 ans de méditation n’a pas été un chemin en permanence heureux, mais une aventure palpitante et réelle où j’ai été confronté au manque d’amour, à mes insuffisances et à nombre d’aventures. 

Pourquoi idéalisons-nous les gens qui enseignent et parlent de méditation ? 

Parce que nous manquons tellement de confiance en nous. Nous pensons que nous ne sommes pas capables de faire comme les grands sages. 

Lorsque nous regardons quelqu’un qui pratique, comme le Dalaï-Lama ou Nelson Mandela, nous sommes intimidés. Nous voyons un personnage apaisé et serein. 

Or en réalité, ils ont été comme nous. Nelson Mandela a témoigné des immenses difficultés qu’il a traversées, des doutes qu’il a eus… Il n’est pas devenu cet homme extraordinaire, qui a réussi à surmonter la haine et montrer une possibilité d’ouverture, sans une immense réflexion, sans d’immenses tourments. La sérénité se gagne en étant honnête sur ses difficultés, non pas en restant immobile et insensible. Le Dalaï-Lama pratique encore tous les jours ! 

Pourquoi est-ce que je dénonce une vision romantique de la spiritualité ? Parce qu’elle nous fait beaucoup souffrir. Nous pensons qu’il existe des gens extraordinaires qui n’ont rien à voir avec nous. Nous rêvons d’être comme eux, et par là, nous ne nous mettons pas au travail. Nous renonçons à travailler sur notre propre esprit. C’est dommage ! Toutes les personnes extraordinaires ont été exactement comme nous, elles se sont juste mises en chemin. Le chemin ne nous demande pas d’être parfaits, mais d’être vraiment ce que nous sommes. 

Un jour, vous faites une expérience méditative où le temps et l’espace ne sont pas séparés. C’est aussi ça une prise de conscience ? 

C’est une expérience très simple que nous avons tous faite, et où nous sommes dans un rapport au temps complètement autre que celui linéaire de l’horloge. La méditation nous invite à une présence et non à une succession de moments. Le passé est là comme mémoire vivante et non comme ressassement. L’avenir est là comme ouverture et non comme anticipation. Et ce rapport au temps est lié à l’espace. Dans la tradition bouddhique, l’une des choses qui m’a le plus fasciné c’est qu’ils disent que l’espace et l’esprit sont inséparables. Quand on regarde la grandeur du ciel, notre esprit est aussi vaste que lui. Dans les moments de méditation où il y a une forme de détente profonde et d’ouverture, nous sentons que notre environnement n’est plus « claustrophobique ». Nous n’étouffons plus, nous sommes en rapport avec l’espace tout entier. Comme dans l’amour : ceux qui sont loin géographiquement, nous sont pourtant proches. La méditation nous permet de comprendre que notre rapport mécanique au temps et à l’espace nous fait vivre dans un monde complètement fabriqué et faux. 

Pourquoi cette ouverture et cette nécessité de paix avec les autres, avec soi-même, nous demande-t-elle autant d’effort ? 

L’être humain est tout le temps menacé d’être. La langue française le dit : « inhumain ». C’est tout à fait étonnant… Votre chat n’est jamais « inchat ». Il est toujours chat, du matin au soir. Mais nous, combien de fois ne sommes-nous pas à la hauteur de notre humanité ? L’humanité demande un certain type de travail, très étrange car il n’est pas forcé. Nous avons à apprendre à être humain. De ce point de vue, la méditation est en quelque sorte une forme d’éthique primordiale : apprendre à écouter la plénitude et la vérité de notre être pour la laisser irradier. Nous nous plaignons du manque d’éthique dans notre société mais nous réduisons l’être humain à une machine corporelle, avec un esprit dessus. Comment pouvons-nous être éthique à partir de là ? Nous devons repenser la vérité de l’être humain. 

L’homme est devenu le seigneur de la terre et du monde, c’est ce que vous sous-entendez ? 

Exactement… Mon engagement dans la méditation, je le pense comme un engagement politique. Je crois que la méditation est aujourd’hui la dernière grande chance révolutionnaire pour notre temps. Parce qu’il s’agit en méditant de cesser l’attitude de vouloir tout contrôler et tout dominer. C’est le problème majeur de notre monde ! Je crois qu’il ne faut pas croire que l’engagement spirituel qu’implique la méditation soit un désengagement du terrestre, au contraire… C’est une célébration du couvmax_1718terrestre. La spiritualité est peut-être aujourd’hui seule à même de sauvegarder un rapport au terrestre. Et le rapport au terrestre dont je parle n’est pas un rapport de gestion du terrestre, c’est un rapport d’appréciation du terrestre ! 

Nous allons prochainement parler de la « créativité » dans Inexploré : un mot ? 

Etre créatif, c’est essayer de trouver le possible inattendu… Ca signifie être ouvert à l’inconnu qui se cache dans le moment présent et que je ne vois pas. La méditation, c’est aussi l’art de la créativité ! Sortir d’un état de crispation où nous voulons que l’instant futur soit exactement comme nous voulons le voir, et accepter de jouer et danser avec l’inattendu.

Frappe le ciel, écoute le bruit, Fabrice Midal
Éditions Les Arènes (Janvier 2014 ; 243 pages) 

 

article INRESS

Publié dans LECTURES Inspirantes, Méditation | Pas de Commentaires »

Bouddhisme et Bonheur

Posté par othoharmonie le 24 décembre 2013

 

bouddhisme-et-bonheur

Auteur : Matthieu Ricard
Un film de Guido Ferrari

« Partout où la vie s’épanouit dans l’univers, la souffrance est présente : maladie, vieillesse, mort, séparation d’avec ceux qu’on aime… Mais la souffrance ne possède pas un caractère absolu, et le malheur n’a pas de causes immuables. S’il est difficile de changer le monde, il est toujours possible de transformer notre manière de le percevoir. La méditation ne consiste pas simplement à ‘vider son esprit’ ou à se détendre pendant quelques instants des tensions de la vie quotidienne. « 

Un film de Guido Ferrari – Témoignages et photos de Matthieu Ricard

Image de prévisualisation YouTube

Synopsis:
. langue française seulement de C’est Notre esprit Qui Traduit-les Circonstances extérieures, Bonnes ou Mauvaises, salle Bonheur ou en mal-être. Changement de l’ONU, même minime, Dans la manière de Percevoir et d’interprète Le Monde Transforme considérablement la qualité de CHAQUE instant de Notre existence. Certes partout ou la vie s’épanouit DANS L’UNIVERS, la souffrance Est présente: maladie, vieillesse, mort, séparation d’avec CEUX Que l’on aime … MAIS LA SOUFFRANCE NE PAS possédé ONU caractere Absolu, et Le Malheur N’A PAS DE provoque immuables. S’Il Est difficile de le changeur monde, il Est Toujours possible de transformateur Notre manière de le Percevoir. La meditation NE PAS SIMPLEMENT : Consiste à un Vider esprit ou a se détendre pendentif Quelques instants des tensions de la vie quotodienne. C ‘EST ONU processus de familiarisation AVEC UNE NOUVELLE MANIERE D’ETRE ET UNE entrainement Qui Permet de cultiver les-qualités Index thématique Fondamentales, Comme l’altruisme, la compassion, la joie de vivre et. l’Equilibre Emotionnel Pourquoi TANT hésiter à Notre égard Tourner Vers l’interieur? C’EST POURTANT bien au coeur de la nature meme de l’espirit Que l’sur may s’ouvrir au Potentiel de serenite Qui est Toujours présent au plus les profond de soi. Ailleurs Par, les études récentes en neurosciences – sous les auspices du Dalaï Lama et de l’Institut Mind and Life – Que montrent les émotions positives et le bonheur de Sont en grande party le resultat d’expertise juin Acquise.

Publié dans Méditation, Nouvelle conscience, PENSEE MAGIQUE - LEITMOTIV et RITUELS, TRANSFORMATION INTERIEURE | Pas de Commentaires »

Nelson Mandela est mort, Paix ait son âme

Posté par othoharmonie le 6 décembre 2013

 

L’Afrique du Sud et le monde entier ont commencé vendredi à rendre hommage à Nelson Mandela, héros de la lutte contre l’apartheid et premier président noir de l’Afrique du Sud démocratique, mort la veille au soir à l’âge de 95 ans.

augmenter la taille du textediminuer la taille du texte

« Notre bien-aimé Nelson Mandela, le président fondateur de notre nation démocratique, nous a quittés. Il est décédé en paix entouré de sa famille aux environs de 20H50 (…) Notre nation a perdu son plus grand fils », a déclaré le président Zuma lors d’une intervention en direct à la télévision peu après 21H30 GMT jeudi.

La date des funérailles n’a pas été annoncée, mais le corps de Nelson Mandela a été transféré dans un hôpital militaire de Prétoria, selon la radio publique sud-africaine SABC.

Dès l’annonce du décès de celui que le monde entier vénérait comme une incarnation de la réconciliation raciale, des centaines de personnes de toutes origines ont commencé à se rassembler près de la maison de Mandela, à Johannesburg.

L’ambiance n’était pas au recueillement mais à la célébration, avec des chants anti-apartheid ou à la gloire de Madiba (son nom de clan), repris en choeur par la foule qui agitait des drapeaux et scandait parfois « Viva Mandela » ou « Longue vie à Mandela ».

  • Mandela en chansons

« Je savais que ce jour devait arriver, mais je peux dire que notre bien-aimé Mandela a mené le bon combat, maintenant il est temps de reposer en paix », a déclaré Ashleigh Williams, une voisine venue dès l’annonce du décès à la télévision.

« Au cours de 24 années (depuis sa libération, ndlr) Madiba nous a appris comment vivre ensemble et croire en nous-mêmes et en chacun », a déclaré dans la soirée un autre héros de la lutte anti-apartheid, l’archevêque anglican Desmond Tutu, considéré à 82 ans comme la conscience morale de son pays.

« Suggérer que l’Afrique du Sud pourrait partir en flammes (après le décès de Mandela) -comme certains l’on prédit- revient à discréditer les Sud-Africains et l’héritage de Madiba », a-t-il ajouté.

« Il était une inspiration pour le monde entier », a réagi Frederik De Klerk, le dernier président blanc sud-africain, qui avait fait sortir Mandela de prison avant de négocier la transition démocratique et de partager en 1993 le Nobel de la Paix avec lui.

Toute la nuit, des hommages unanimes ont afflué de quasiment toutes les capitales du monde. Aux Etats-Unis, le président Barack Obama, lui aussi premier président noir de son pays, a ordonné de mettre les drapeaux américains en berne jusqu’à lundi soir.

Pour le chef de l’Etat français François Hollande, qui a également ordonné de mettre les drapeaux français en berne, Nelson Mandela a été « l?incarnation de la Nation sud-africaine, le ciment de son unité et la fierté de toute l?Afrique ». Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a salué en lui « une source d’inspiration » pour le monde entier.

Le Dalaï Lama, autre prix Nobel de la Paix, a dit de son côté avoir perdu un « ami cher ».

Le monde du sport, auquel Mandela était attaché, n’est pas en reste: « Grâce à son extraordinaire vision, il a réussi à faire de la Coupe du monde 1995 un instrument pour favoriser l’émergence d’une nation, juste un an après les premières et historiques élections démocratiques en Afrique du Sud », a rappelé le président de la Fédération sud-africain de rugby Oregan Hoskins, ajoutant: « Son nom prendra place parmi les plus grands libérateurs et humanistes aussi longtemps que vivra l’humanité ».

Au Brésil, qui accueille vendredi le tirage au sort de la prochaine Coupe du monde de football, l’émotion était immense également: « Il était mon héros, mon ami, mon compagnon dans la lutte en faveur de la cause du peuple et pour la paix dans le monde », a écrit sur son compte Twitter Pelé, la légende du football brésilien.

Nelson Mandela, qui avait fêté ses 95 ans le 18 juillet, avait été hospitalisé quatre fois depuis décembre 2012, à chaque fois pour des récidives d’infections pulmonaires.

Ces problèmes récurrents étaient probablement liés aux séquelles d’une tuberculose contractée pendant son séjour sur l’île-prison de Robben Island, au large du Cap, où il a passé dix-huit de ses vingt-sept années de détention dans les geôles du régime raciste de l’apartheid.

Absent de la scène politique depuis plusieurs années déjà, « Madiba » faisait l’objet d’un véritable culte qui dépassait largement les frontières de son pays.

Il restera dans l’histoire pour avoir négocié pied à pied avec le gouvernement de l’apartheid une transition pacifique vers une démocratie multiraciale. Et pour avoir épargné à son peuple une guerre civile raciale qui, au début des années 1990, paraissait difficilement évitable.

Sous les couleurs du Congrès national africain (ANC), Mandela a été le premier président de consensus de la nouvelle « nation arc-en-ciel », de 1994 à 1999.

Un rôle notamment magnifié dans le film « Invictus » de Clint Eastwood, où on le voit conquérir le coeur des Blancs en venant soutenir l’équipe nationale de rugby lors de la Coupe du monde de 1995, remportée par l’Afrique du Sud.

« Je ne doute pas un seul instant que lorsque j’entrerai dans l’éternité, j’aurai le sourire aux lèvres », avait-il dit à l’époque, heureux de voir son pays grandir en paix après des décennies de ségrégation raciale.

Né le 18 juillet 1918 dans le petit village de Mvezo, dans le Transkei (sud-est) au sein du clan royal des Thembus, de l’ethnie xhosa, le jeune garçon avait rapidement déménagé dans le village voisin de Qunu, où il a passé, dira-t-il, ses « années les plus heureuses » –une enfance libre à la campagne peut-être idéalisée–, avant de recevoir une bonne éducation.

C’est à Qunu qu’il voulait être inhumé.

Si son institutrice l’a nommé Nelson, son père l’avait appelé Rolihlahla (« celui par qui les problèmes arrivent », en xhosa).

Après avoir fondé la Ligue de la jeunesse de l’ANC (Congrès national africain), il prend rapidement les rênes du parti, jugé trop mou face à un régime qui a institutionnalisé l’apartheid en 1948.

Après l’interdiction de l’ANC en 1960, Nelson Mandela passe dans la clandestinité. C’est lui qui préside à la fondation d’une branche armée de son parti et il restera longtemps catalogué comme terroriste en Occident.

Arrêté de nouveau en 1962, il est condamné à la prison à perpétuité deux ans plus tard.

Invisible en public depuis 2010, il était devenu une sorte de héros mythique, intouchable, invoqué tant par le pouvoir que par l’opposition dans son pays, et une icône à travers le monde.

article Orange/

Publié dans Penserie | Pas de Commentaires »

Un sage critique et corrosif

Posté par othoharmonie le 12 novembre 2013


 

Un sage critique et corrosif dans SAGESSE images-3Critique, négative, éventuellement destructrice, telle est encore la sagesse occidentale. Les autres sagesses – le bouddhisme constituant une exception relative – sont toutes centrées sur un cœur de doctrine. En Occident dominent des aspects corrosifs, insoumis, subversifs. Voyez Diogène de Sinope crachant au visage des riches, Erasme célébrant la folie ou Schopenhauer conchiant les professeurs de philosophie : les sages occidentaux sont souvent plus irrespectueux que sereins, plus iconoclastes que pacifiés. 

Dogmes, conventions, préjugés, croyances, rien ne se trouve à l’abri : la raison parlante peut, tout le temps, tout remettre en cause. Sans oublier, évidemment, de mettre à l’épreuve la raison elle-même. Etrillée, critiquée elle aussi, sans complaisance ni faux respect. L’outil ne saurait se soustraire à l’examen : il serait curieux qu’il fût inoxydable, alors qu’il oxyde tout. 

A la pointe ultime du geste de sagesse occidental, on trouvera donc une possibilité permanente d’attaque de toutes les valeurs et institutions, de tous les savoirs et acquis. Il faut souligner cette manière très étrange de ne jamais être arrivé, installé, de toujours s’efforcer de défaire ce qu’on a édifié, en le corrodant du dedans. Il n’est aucune norme, aucune méthode, aucun régime politique qui n’ait été soumis à cette forme singulière de corrosion, d’oxydation de la critique rationnelle. En Occident, pas d’anti-oxydant !

Le risque, évidemment, étant de tout détruire, de ne rien laisser debout. Entre l’espace libéré des erreurs anciennes et le champ de ruines des vérités défaites, il arrive qu’il ne soit pas simple de faire passer une distinction claire et nette. Autrement dit, cette sagesse décapante est toujours susceptible de se retrouver du côté du néant, de la négation pure, de la destruction nihiliste. 

En fait, c’est un beau risque. Car il faut s’exposer à l’errance, à la désolation et à la mort pour se donner les moyens de faire éclater tous les carcans, de briser toutes les clôtures, d’extirper tous les enracinements. Si on veut se libérer de tout ce qui asservit l’existence, en Occident, il convient effectivement de risquer le néant. C’est un risque, encore une fois, mais qu’il faut allègrement porter, endurer, assumer, sans en faire toute une histoire, toute une tragédie habitée de pathos et d’angoisse. 

S’il existe quelque chose comme une sagesse occidentale, elle ne peut être close sur un dogme, une doctrine, une seule vérité. Elle se confond plutôt avec l’ouverture à des aventures indéfiniment nouvelles. Elle est toujours sur le point de s’annuler, de s’autodétruire – c’est ce qui la fait perdurer. Un certain négatif assure sa longévité.

 Un sage politique

Dernier point : si l’homme occidental, demain, descend du sage, ce sera par le biais du politique. Le temps des ascètes solitaires n’est plus. Il n’y a d’avenir pour la figure du sage que réinscrite dans l’histoire, confrontée aux défis actuels, mêlée aux luttes pour un monde moins inhumain. Ce ne sont pas le retrait, la fuite hors du présent, l’indifférence à l’histoire, qui peuvent lui permettre d’avoir un avenir. C’est tout l’inverse. 

 Ici, il reste beaucoup à inventer. Le point de départ est sans doute une curieuse boucle Orient-Occident. Car l’hybridation du sage et du politique, on ne l’a pas assez remarqué, est pour une part un effet de l’occidentalisation du monde. Gandhi en fut un des pionniers, mais pas en résistant d’entrée de jeu à l’Empire britannique – en découvrant au contraire les textes fondateurs de la sagesse indienne à Londres, en traduction anglaise. Il aura fallu cette boucle pour que démocratie à l’européenne et sagesse à l’indienne s’engagent dans une étrange et nouvelle confluence. 

Le quatorzième dalaï-lama aura prolongé cette voie en renonçant au pouvoir temporel absolu dont il était investi par tradition, en abandonnant son droit féodal sur les terres et les gens, en instaurant la démocratie, en luttant pour l’indépendance du peuple tibétain. D’autres leaders modernes ont, eux aussi, esquissé cette voie – Martin Luther King, Nelson Mandela, Aung San Suu Kyi. On pourrait les considérer comme des hybrides : ce sont des figures spirituelles engagées dans des luttes politiques, ce sont aussi bien des militants politiques dont la stature déborde de leurs actions militantes. Il y a des chances que cette lignée d’hybrides ne soit pas stérile. Mais nul ne sait encore de quelle manière. J’ai la faiblesse de croire qu’elle réserve encore à la vieille Europe quelques surprises.

 En résumé, il se pourrait bien que la figure du sage, en Occident, soit à la fois derrière nous et devant nous. Estompée depuis les Grecs par les dominations du christianisme, de la philosophie abstraite et des scientifiques, elle a des chances de renaître à mesure que ces dominations déclinent. Alors se développerait une forme de sagesse rationnelle, soutenue par un entraînement constant, à la fois critique et corrosive, mais aussi politique et solidaire. Et la sagesse, peut-être, redeviendrait une affaire occidentale. Hypothèse, cela va sans dire. 

 vu sur http://antahkarana.forumzen.com

Publié dans SAGESSE | Pas de Commentaires »

Dakinis, le féminin de la sagesse

Posté par othoharmonie le 26 octobre 2013

Dakinis, le féminin de la sagesse dans Librairie / vidéothèque telechargement

« DAKINIS… » Derrière ce mot ce cache tout un monde . Le principe Dakini c’est le principe féminin.  Le language Dakini s’entend dans le silence, se lit dans le noir ou dans l’espace.   Ouvrir cette porte , c’est accepter d’entrer dans la dimension de l’impalpable , de l’irrationnel…

Le principe Dakini n’appartient pas qu’aux femmes, de même que le principe masculin n’appartient pas qu’aux hommes. Plus un être devient ouvert et réceptif, plus il se rapproche de ce que l’on appelle : « l’être de sagesse Dakini ».

Kandro Tsöring Chodron, éminente Dakini, qui fut la compagne spirituelle d’un des plus grands maitres bouddhistes de tous les temps ,  Jetsun Pema qui a consacré sa vie au TCV (Tibetan children village) afin d’éduquer  ceux que le Dalai Lama appelle « les graines d’avenir du Tibet »,  Ama Adhe, enfermée dans les prisons chinoises pendant vingt sept ans, Dominique Marchal , première  femme pilote commerciale, qui découvrit le bouddhisme tardivement et s’engagea dans l’humanitaire. Des portraits de femmes aussi différents qu’émouvants. Avec la complicité de son guide spirituel, Sogyal Rinpoche, auteur de l’ouvrage « le livre tibétain de la vie et de la mort », Véronique Jannot nous emmène à la rencontre de ces femmes aux destins hors du commun.

«   Les rencontrer, les écouter, est un moment inoubliable. En les quittant on se sent grandis, avec le sentiment d’avoir reçu un cadeau de la vie… »

 

Extrait en vidéo ICI 

 

 

DVD du documentaire disponible ici.

 

Publié dans Librairie / vidéothèque, SAGESSE | Pas de Commentaires »

LA CHARTE DE LA COMPASSION

Posté par othoharmonie le 13 octobre 2013

LA CHARTE DE LA COMPASSION dans APPRENDS-MOI images-10

Le précepte de compassion, qui est au cœur de toutes les traditions religieuses, spirituelles et éthiques, nous invite à toujours traiter autrui de la manière dont nous aimerions être traités nous-mêmes. La compassion nous incite à nous engager sans relâche à soulager les souffrances de tous les êtres et à apprendre à ne pas nous considérer nous-mêmes comme le centre du monde, mais à être capable de placer autrui à cette place centrale. Elle nous enseigne à reconnaître le caractère sacré de chaque être humain, et à traiter chacune et chacun, sans aucune exception, avec un respect inconditionnel et dans un esprit de justice et d’équité.

Cela implique aussi de s’abstenir d’infliger de la souffrance à autrui, en tout temps et en toutes circonstances, que ce soit dans la sphère publique ou privée. Agir de manière violente, que ce soit par malveillance, chauvinisme, colère ou égoïsme; exploiter qui que ce soit ou le priver de ses droits fondamentaux; inciter à la haine et dénigrer autrui – même nos ennemis – sont autant de négations de notre condition humaine commune à toutes et à tous. Nous reconnaissons que nous n’avons pas toujours été capables de vivre avec compassion, et que d’aucuns ont même infligé bien des souffrances au nom de la religion.

LA CHARTE DE LA COMPASSION

Rencontre avec KAREN ARMSTRONG du magazine Sacrée planète

Le précepte de compassion, qui est au cœur de toutes les traditions religieuses, spirituelles et éthiques, nous invite à toujours traiter autrui de la manière dont nous aimerions être traités nous-mêmes. La compassion nous incite à nous engager sans relâche à soulager les souffrances de tous les êtres et à apprendre à ne pas nous considérer nous-mêmes comme le centre du monde, mais à être capable de placer autrui à cette place centrale. Elle nous enseigne à reconnaître le caractère sacré de chaque être humain, et à traiter chacune et chacun, sans aucune exception, avec un respect inconditionnel et dans un esprit de justice et d’équité.

Cela implique aussi de s’abstenir d’infliger de la souffrance à autrui, en tout temps et en toutes circonstances, que ce soit dans la sphère publique ou privée. Agir de manière violente, que ce soit par malveillance, chauvinisme, colère ou égoïsme; exploiter qui que ce soit ou le priver de ses droits fondamentaux; inciter à la haine et dénigrer autrui – même nos ennemis – sont autant de négations de notre condition humaine commune à toutes et à tous. Nous reconnaissons que nous n’avons pas toujours été capables de vivre avec compassion, et que d’aucuns ont même infligé bien des souffrances au nom de la religion.

Pour cela, nous invitons solennellement tout le genre humain ~ à placer la compassion au cœur de toute éthique et de toute religion ~ à adhérer au principe ancestral selon lequel toute interprétation des Ecritures qui suscite violence, haine ou mépris, est illégitime ~ à s’assurer que la jeunesse soit informée de manière respectueuse et authentique sur les autres traditions, religions et cultures ~ à encourager une approche positive de la diversité des cultures et des religions ~ à se doter d’une compréhension empathique des souffrances de tous les êtres humains, même de ceux considérés comme ennemis.

Nous devons de toute urgence agir pour que la compassion devienne une force dynamique et lumineuse qui puisse nous guider dans ce monde de plus en plus polarisé. Enracinée dans la ferme détermination à transcender l’égoïsme, la compassion peut faire tomber les barrières politiques, idéologiques, dogmatiques et religieuses. Née de la réalisation de notre profonde interdépendance, la compassion est essentielle aux rapports entre humains et pour une humanité accomplie. Elle est la voie vers l’illumination et elle s’avère indispensable à la création d’une économie plus juste et d’une communauté globale harmonieuse et pacifique.

La charte a été traduite en 30 langues. Elle est téléchargeable sur http://charterforcompassion.org/the-charter/

Dans son intervention devant les Français en avril dernier, Karen Armstrong s’est attachée à susciter une mobilisation active de notre éthique compassionnelle, dans les actes de notre quotidien, convaincue que « nous pouvons changer le monde». Chaque jour, demandez-vous simplement comment vous pouvez changer la vie de quelqu’un seulement par des paroles gentilles…/…

« Regardez votre univers à vous, votre environnement, que pourriez-vous faire pour élargir la compassion dans le monde au travers de votre profession, au niveau de l’éducation, ou encore dans les médias ? et soyez très vigilant sur la façon dont vous vous exprimez avec les autres. Nous vivons une époque de l’information avec un sentiment d’omniscience. Nous savons tout sur tout le monde en cliquant sur une souris.

Même la façon dont nous parlons les uns des autres est « omnisciente », car nous avons tendance à vouloir résumer le mystère singulier de chaque être humain dans une phrase “ il est ceci ou cela”… Chaque fois qu’on s’apprête à parler de la sorte, posons-nous la question sur ce que nous savons réellement de cette personne, quelle sont ses souffrances, les douleurs qu’elle a dû endurer étant enfant ?

Chacun d’entre nous est un mystère extraordinaire. Ce que les Indous font quand ils saluent quelqu’un en joignant leurs mains est une façon d’honorer la divinité présente en chacun d’entre nous. Ne pas juger autrui est une règle d’or et se souvenir à quel point nous savons peu de choses sur les autres est une occasion de ne pas passer à côté de notre propre richesse.

Dieu, omniscient et omniprésent, ne peut pas être confiné, réduit à une seule forme de croyance, de doctrine. Nous avons besoin des autres pour devenir humain. Aller à leur rencontre va nous humaniser et parfois, nous ferons des erreurs. Nous avons un proverbe en Angleterre qui dit : «He who never made mistakes never made anything», c’est-à-dire «celui qui n’a jamais fait aucune erreur n’a jamais rien fait».

Alors, oui, il faut accepter de prendre des risques et de paraître stupide ou ridicule parfois. Saisissons nous de l’humour pour rire de nous-mêmes, de nos petites mesquineries. Qui sait ce qui pourrait se passer tandis que nous nous efforçons, jour après jour, de devenir meilleur ?»

Agir efficacement, DANS LA VIE DE tous les jours ? Le Dalaï Lama, un exemple de compassion.

On ne peut pas se permettre d’attendre d’être des humains accomplis et magnifiques pour commencer à aider les autres, parce que nous nous construisons, en tant qu’être humain en interaction !

images-91 dans Beaux textes

Publié dans APPRENDS-MOI, Beaux textes, Nouvelle conscience | Pas de Commentaires »

GANDHI et l’Inde

Posté par othoharmonie le 21 août 2013

GANDHI et l’Inde dans VOYAGE EN INDE 220px-gandhi_smiling_1942

Il a été un pionnier et un théoricien du satyagraha, de la résistance à l’oppression à l’aide de la désobéissance civile de masse, le tout fondé sur l’ahimsa (« non-violence »), qui a contribué à conduire l’Inde à l’indépendance. Gandhi a inspiré de nombreux mouvements de libérations et de droits civiques autour du monde et de nombreuses autres personnalités comme Albert Schweitzer, Martin Luther King,Nelson Mandela, Steve Biko, le dalaï lama et Aung San Suu Kyi. Ses critiques importantes envers la modernité occidentale, les formes d’autorité et d’oppression (dont l’État), lui valurent aussi la réputation de critique du développement dont les idées ont influencé beaucoup de penseurs politiques.

Gandhi a été reconnu comme le Père de la Nation en Inde, son anniversaire y est une fête nationale. Cette date a été déclarée Journée internationale de la non-violence par l’Assemblée générale des Nations unies.

Avocat ayant fait ses études de droit en Angleterre, Gandhi développa une méthode de désobéissance civile non-violente en Afrique du Sud, en organisant la lutte de la communauté indienne pour ses droits civiques. À son retour en Inde, Gandhi incita les fermiers et les travailleurs pauvres à protester contre les taxes jugées trop élevées et la discrimination étendue et porta sur la scène nationale la lutte contre les lois coloniales créées par les Britanniques. Devenu le dirigeant du Congrès national indien, Gandhi mena une campagne nationale pour l’aide aux pauvres, pour la libération des femmes indiennes, pour la fraternité entre les communautés de différentes religions ou ethnies, pour une fin de l’intouchabilité et de la discrimination des castes, et pour l’autosuffisance économique de la nation, mais surtout pour le Swaraj — l’indépendance de l’Inde de toute domination étrangère.

Gandhi conduisit la marche du sel, célèbre opposition à la taxe sur le sel. C’est lui qui lança également l’appel au mouvement Quit India le8 août 1942. Il fut emprisonné plusieurs fois en Afrique du Sud et en Inde pour ses activités ; il passa en tout six ans de sa vie en prison.

Adepte de la philosophie indienne, Gandhi vivait simplement, organisant un ashram qui était autosuffisant. Il faisait ses propres vêtements — le traditionnel dhoti indien et le châle, avec du coton filé avec un charkha (rouet) — et était un militant végétarien. Il pratiquait de rigoureux jeûnes sur de longues périodes, pour s’auto-purifier mais aussi comme moyen de protestation, d’influence et de réforme chez autrui. Le successeur de l’action et de la philosophie de Gandhi, en Inde, fut Vinoba Bhave.

Jeunesse en Inde (1869-1888)

Mohandas Karamchand Gandhi est né le 2 octobre 1869 à Porbandar, dans l’actuel État du Gujarat, en Inde. Gandhi est né et a vécu toute sa vie en tant qu’hindou5, mais dans une famille ouverte aux autres communautés religieuses, qu’elles soient jaïne, musulmane, ou parsie6.

Il fait preuve de beaucoup d’attachement et de respect envers ses parents. Son père, Karamchand Gandhi, est membre du tribunal du Rajasthan, puis Premier ministre de la petite principauté de Rajkot, ainsi que l’étaient les Gandhi depuis six générations. Gandhi le décrit comme un homme qui, malgré une éducation limitée, est capable de résoudre les problèmes grâce à son expérience. Sa mère, Poutlibai, est la quatrième et dernière femme de son père, dont elle a quatre enfants, Gandhi étant le plus jeune d’entre eux. Il garde surtout d’elle le souvenir d’une femme d’une grande piété, observant de manière stricte ses vœux religieux, notamment le jeûne, et les rites vishnouites. Ainsi, Gandhi naît dans une famille aisée (son père, qui portait des bijoux d’or, peut, par exemple, offrir à son dernier fils un accordéon ; cependant, la maison des Gandhi abritait plusieurs familles qui devaient coexister) ; cela dit, sa famille, issue de la caste des vaishyas (marchands), n’appartient pas aux castes supérieures des brahmanes (lettrés, religieux) et des kshatriyas (guerriers), supériorité qui est d’ordre sacré et cosmique, et non économique.

Gandhi est selon ses propres termes un élève médiocre à l’école primaire de Porbandar, devenu ensuite studieux quoique très timide et sensible au collège à Rajkot.

En mai 1883, à l’âge de 13 ans, Gandhi est marié par ses parents à Kasturba Makhanji (aussi épelé « Kasturbai » ou connue comme « Ba »), qui a le même âge. Ils auront quatre fils : Harilal Gandhi, né en 1888 ; Manilal Gandhi, né en 1892 ; Ramdas Gandhi, né en 1897 et Devdas Gandhi, né en 1900. Suite à ce mariage, ses études sont retardées d’une année mais étant bon élève, on l’autorise à sauter une classe, ce qui ne sera pas sans lui poser des problèmes dans sa scolarité.

Son père, malade depuis longtemps et qu’il vénère, meurt alors que Gandhi a 16 ans. Il restera marqué par le fait qu’il n’ait pu assister à ses derniers instants parce qu’il passait la nuit avec sa femme. Gandhi pensera toute sa vie que c’est à cause de ce qu’il considérait comme un manque de piété filiale que le bébé qu’ils eurent peu après ne survécut que quelques jours.

Gandhi forge pendant cette partie de sa vie des aspects très importants de son éthique et de sa personnalité tels que l’honnêteté, la tolérance, le respect de ses aînés, le végétarisme et surtout le rejet du mensonge et la recherche de la vérité.

Il passe l’examen d’entrée à l’université de Samaldas située à Bhavanaga au Gujarat en 1887 mais est complètement dépassé par des exigences qui lui semblent hors de portée.

 

 

Publié dans VOYAGE EN INDE | Pas de Commentaires »

entre rêves et réalités

Posté par othoharmonie le 5 août 2013

Paralysie du sommeil  

entre rêves et réalités dans Rêves images16

Imaginez que vous vous réveilliez, le corps bloqué, le souffle oppressé, la conscience inondée de perceptions étranges – dont celle d’une présence immatérielle à vos côtés. Plus courante qu’il n’y paraît, l’expérience a un nom: paralysie du sommeil. A quoi tient-elle ? Que faut-il en penser ? Que faire pour la dompter ?

« J’étais étudiant, raconte David Hufford, professeur au Penn State College of Medecine (USA). Epuisé par un bachotage intense, je m’étais couché tôt. Une heure plus tard, je me réveille ; j’entends un bruit de porte et des pas étouffés. Bizarre : j’avais fermé à clé. J’essaye de bouger, de crier. Impossible. Je commence à paniquer. Soudain, je sens une forte pression sur ma poitrine, quelque chose enserrer mon cou. Je n’arrive plus à respirer, je me dis que je vais y passer ! Puis mes muscles finissent par réagir, je saute du lit et m’enfuis. »

L’histoire paraît abracadabrante. Elle concerne pourtant, au moins une fois dans leur vie, 30 à 40% des gens.« Rien ne me préparait à ce type d’expérience, commente David Hufford. J’étais jeune, en bonne santé, ne consommais aucune substance. Je n’étais pas non plus particulièrement croyant, m’apprêtant plutôt à devenir un bon matérialiste. »

Entre rêve et réalité

Déstabilisants, parfois source d’angoisse, ces épisodes, isolés ou récurrents, sont connus de la science sous le terme de « paralysies du sommeil ». Premier point important, le blocage de l’activité musculaire est parfaitement normal pendant le sommeil : il évite qu’on vive physiquement ses rêves. Le trouble survient quand, par une sorte de mauvais timing, cette inhibition s’invite à un moment où la conscience n’est pas totalement endormie. Piégé entre sommeil et éveil, le cerveau perçoit un état qu’il n’est pas censé distinguer. « Ce processus biochimique est parfaitement compris, confirme David Hufford. Il explique l’impossibilité de bouger le corps, ainsi que la sensation de pression sur la poitrine et de manque d’oxygénation, liée au blocage involontaire des muscles respiratoires », sous l’effet de la panique.

Permet-il aussi d’expliquer les autres sensations ? Là-dessus, les scientifiques sont plus circonspects. « 80% des personnes ayant vécu une paralysie du sommeil témoignent de perceptions extraordinaires », rappelle David Hufford. Auditives, comme « des souffles, des voix, de la musique, des grincements ». Visuelles, via souvent la distinction d’une présence, sous la forme d’une ombre, d’un halo ou d’une masse sombre. « Certains disent la voir nettement, d’autres plutôt percevoir où elle est, où elle va, quelles sont ses intentions », précise David Hufford. D’autres impressions, encore, peuvent être évoquées : « J’ai vécu une dizaine de paralysies du sommeil lorsque j’étais étudiante, témoigne Patricia Serin, psychologue clinicienne.J’avais l’impression qu’une ombre s’approchait de moi jusqu’à me fixer puis m’attaquer. Parfois, en pleine agression, un bourdonnement m’enveloppait, je me sentais sortir de mon corps pour m’éloigner de cette violente intrusion. J’atterrissais une fois l’entité partie, avant de plonger d’épuisement dans un sommeil profond. » 

Pour Allan Cheyne, professeur de psychologie à l’Université de Waterloo (Canada), qui a étudié plus de neuf mille cas, ces perceptions s’apparentent biologiquement aux rêves. « Cheyne explique que deux mécanismes cérébraux interdépendants gèrent notre sommeil, décrypte Patricia Serin. L’un nous permet de nous réveiller, l’autre de nous maintenir en état de rêve. Lorsqu’ils ne fonctionnent pas correctement, le premier n’inhibe plus le second, et l’on se réveille sans cesser de rêver. » Mis en alerte brusquement, inquiet de sentir le corps paralysé et la respiration oppressée, le cerveau nourrirait l’activité onirique d’images internes, représentatives de nos peurs.

Mais alors, comment se fait-il que les visions induites par les paralysies du sommeil convergent tellement ? Les rêves, eux, varient énormément d’un individu à l’autre !

Selon David Hufford, qui a étudié le sujet pendant trente ans, dans plus de douze pays, ces similitudes ne peuvent être le fruit d’une influence culturelle. « Les témoignages concordent partout dans le monde, à toutes les époques », rappelle-t-il. Au point que la paralysie du sommeil se retrouve dans les folklores d’Orient et d’Occident, sous forme d’une vieille sorcière en Amérique du Nord, d’un démon mâle ou femelle en Europe du Sud, d’une kanashibari au Japon, d’un djinn au Maroc, d’un elfe en Europe du Nord… « Aujourd’hui, ces légendes sont aux oubliettes, mais des gens continuent de vivre ce type d’expérience. Elles ne sont donc pas le fruit de croyances. »

Ni de troubles neurologiques. Car si certaines prédispositions favoriseraient le déclenchement de la paralysie du sommeil, « aucun processus physiologique connu n’est capable de produire des contenus hallucinatoires aussi complexes »

Autre hic : l’expérience est bien réelle. Tous ceux qui la vivent disent s’être sentis aussi lucides qu’en état de veille. Et tous s’en souviennent parfaitement le lendemain – ce qui n’est pas le cas des rêves. « Les travaux de l’anthropologue Michael Winkelman suggèrent que les humains sont câblés pour voir des esprits, indique Ryan Hurd, auteur d’un guide sur la paralysie du sommeil. Nul ne sait s’ils sont des représentations mentales, symboliques, fomentées par notre inconscient pour nous passer un message, ou s’ils ont une existence propre, extérieure à nous. Mais le vécu, lui, est authentique. » Alors de quoi s’agit-il ? « Etat modifié de conscience », répond David Hufford, comme ceux qu’on atteint parfois volontairement par l’hypnose, la transe, les psychotropes ou la méditation intense. « On ne dispose pas d’une cartographie précise de ces états, mais on sait qu’ils existent. » Dans ces moments, le cerveau serait capable de capter d‘autres champs vibratoires et de percevoir d’autres dimensions du monde, différentes à la fois de l’univers du rêve et de la réalité matérielle ordinaire. 

Moteur de ce processus : une certaine sensibilité. Innée chez certains, elle peut émerger chez d’autres dans ces moments où la vie nous submerge, où une brèche se crée dans nos systèmes de défense habituels : suractivité physique ou intellectuelle, horaires chaotiques, retard de sommeil, anxiété, mort d’un proche, naissance d’un enfant, passage à l’âge adulte, crise de la cinquantaine, problème professionnel, difficultés socio-économiques, changement d’environnement… « J’ai remarqué que ça m’arrivait surtout lorsque j’étais stressée ou fatiguée », note ainsi Leila, victime de paralysies de sommeil depuis trois ans.

Jusqu’à révéler, parfois, des malaises plus profonds. « Les troubles post-traumatiques peuvent promouvoir la paralysie du sommeil », indique le psychiatre Devon Hinton dans un article de Sciences News – par exemple chez les victimes d’abus sexuels ou les rescapés d’actes violents. « En plongeant dans l’inconscient, la psychanalyse peut proposer des explications à des paralysies du sommeil régulières, telles qu’un refoulement, un déni, une phobie, une tendance à l’hystérie, la paranoïa ou la dépression », ajoute Patricia Serin.

Voie de transformation

Si ça vous arrive, pas de panique. « Vous n’êtes ni fous, ni maudits ! rassure Hufford. Par méconnaissance, beaucoup de psychiatres, devant de tels symptômes, concluent à un épisode psychotique. Savoir que la paralysie du sommeil est courante, qu’elle peut arriver à n’importe qui, l’inscrit dans une normalité. »

Qu’on soit convaincu d’être harcelé par des esprits ou qu’on jette sur l’expérience un regard très rationnel, l’important est d’abord de retrouver confiance dans sa capacité à surmonter le trouble. Puis d’envisager la paralysie du sommeil comme la manifestation d’un déséquilibre, une invitation (certes musclée) à l’identifier et tenter de le résoudre. « Le poète Robert Bly décrit ces ombres comme tout ce qu’on évite de regarder en face, tels un trait de caractère, une histoire personnelle ou collective, une situation difficile, commente Ryan Hurd. Ces visions ne s’invitent pas dans nos nuits pour nous faire peur, mais pour être entendues. »

Jusqu’à en faire, pourquoi pas, une opportunité de transformation personnelle. « Les paralysies du sommeil sont perturbantes mais pas dangereuses, témoigne Jean-Christophe Terrillon, professeur au Japan Advanced Institute of Science and Technology. A moins d’être cardiaque au point de succomber à la panique, elles sont sans conséquence physiologique. Explorer la peur qu’elles suscitent conduit à un changement psychologique radical, d’un état défensif à une attitude courageuse d’observation et d’apprentissage. » Ce que Patricia Serin appelle « une voie d’accomplissement de soi », dont il faut « apprendre à utiliser les ressources pour se transcender ».

OK, mais comment ? « Sur le moment, le premier réflexe, qu’on soit religieux ou non, est souvent de prier », observe David Hufford. Sous une forme ou une autre, concentrer son esprit sur des choses positives et rassurantes semble assurément une première clé. Dieu, le Dalai Lama, votre mère, votre copain, peu importe ! « Vous pouvez aussi imaginer un cercle d’amour tout autour de vous, propose Ryan Hurd. Ça semble ridicule, mais ça marche. »

Le plus important : se calmer. « Qu’on pense rêver ou être éveillé, il s’agit d’admettre qu’on vit une paralysie du sommeil, qu’on va s’en sortir, recommande Patricia Serin. La peur active dans notre cerveau deux types de réaction : se battre ou fuir. Impossible dans une paralysie du sommeil, puisque le corps est bloqué ! On passe alors en mode terreur. » Pour l’évacuer, il faut « reprendre aussi tranquillement que possible la maîtrise de sa respiration, en l’amplifiant et en la ralentissant », visualiser une partie précise de son corps – comme le bout de ses doigts ou de ses orteils – puis essayer de les faire bouger. Et, si l’on estime être attaqué par une entité, « s’affirmer face à l’intrus, en exigeant qu’il parte et ne nous dérange plus », préconise Patricia Serin. « Dans cette expérience, nous ne sommes pas des victimes passives, estime aussi Ryan Hurd. Le corps est bloqué, mais le reste est modelé par nos peurs et nos pensées. Si le visiteur se fait insistant, demandez-lui ce qu’il veut, comment vous pouvez l’aider. Face à cette présence, soyez curieux, ouvert mais ferme. Si vous êtes dans l’acceptation et la confiance, l’expérience se métamorphosera. La nature reflète le visage que l’on tourne vers elle. »

Une fois la crise passée, pour éviter qu’elle recommence dans la foulée, David Hufford conseille d’allumer la lumière, « se lever, boire un verre d’eau », voire faire quelques exercices avant d’aller se recoucher, « mais pas sur le dos ! Les trois-quarts des paralysies du sommeil surviennent quand on dort dans cette position ».

Patricia Serin, elle, recommande de noter sur un carnet les détails de l’expérience, les émotions ressenties, le contenu de la journée précédente, afin de mieux l’apprivoiser. « Seul ou avec un psy, on peut ensuite associer avec d’autres vécus, des souvenirs, des traumatismes. Le fait de pouvoir en parler représente déjà un grand soutien. » Au-delà, pour tous les spécialistes, les paralysies du sommeil régulières doivent inviter à repenser son mode de vie. Exit les drogues, l’alcool et les excitants. Exit les pics de stress, les nuits trop courtes, les retards de sommeil accumulés. Exit les activités stimulantes avant d’aller se coucher. Au programme : régime alimentaire équilibré, chambre paisible et fraîche, volets formés (la lumière favorise le phénomène), soirées calmes, activités permettant de se poser, de se reconnecter à son intériorité, d’exprimer sa créativité… 

Certains affirment même devenir suffisamment sereins et ancrés face à l’expérience pour en faire un tremplin vers d’autres dimensions. « Leur terreur initiale se transforme progressivement en excitation ou en ravissement », confirme Allan Cheyne, notamment lorsque la paralysie du sommeil ouvre vers un rêve lucide ou une sortie hors du corps (maîtrisée)…

Autant d’états modifiés de conscience qui « questionnent deux siècles de postulats sur le nature non-empirique et non-rationnelle de la spiritualité », conclut David Hufford. 

Plus de conseils pratiques autour du sujet

Publié dans Rêves | Pas de Commentaires »

La Nature de ce qui EST

Posté par othoharmonie le 26 février 2013

 

Maintenant se pose évidement la question : quelle est la nature de ce qui est ?

La Nature de ce qui EST dans Méditation images-1 Pour répondre à cette question, je parlerais brièvement de mon enfance. Parfois, j’avais l’impression en regardant le monde qui m’entourait, qu’il y avait quelque chose au-delà de ce que mes yeux voyaient. Quelque chose de complètement fou, d’inimaginable, d’incroyable, mais ce quelque choses était aussi pour moi totalement indéfinissable et insaisissable. Ce quelque chose était extrêmement subtil, à tel point que je ne pouvais dire si cette chose existait ou n’existait pas. Pourtant je sentais bien ce quelque chose m’attirait plus que tout, plus que toutes les joies du monde. Situation paradoxale : le truc qui touche le plus mon cœur est si subtil que je ne sais même pas si il existe vraiment ou non !

 Comme je ne pouvais pas définir ce truc, je l’ai appelé le « ça » ou « Cela ».

Et en fait, je crois que ce truc, « Cela », la nature de l’esprit… En fait, tous les phénomènes sont illusoires ; je dis qu’ils sont illusoires, pas qu’ils n’existent pas. Ils sont comme un mirage dans le désert, le mirage existe vraiment, mais il est illusoire dans le sens qu’il n’est pas ce qu’il a l’air d’être. Autrement dit, ce que nous appelons « réalité » est illusoire. La vraie réalité, c’est ce mystère que les enfants perçoivent parfois, mais que tous les adultes ont oublié. Le monde visible est le reflet de la réalité; mais l’ambiance indescriptible dégagée par le monde visible, c’est ça la réalité. Nous avons tendance à croire que le réel est soit glauque soit sympa ; mais c’est nos projections sur le réel qui sont soit glauques soit sympas ! En fait, la réalité est au-delà du bien et du mal ; elle remplit tout mais ne dépend de rien, elle voit tout mais ne juge rien.

Ce sentiment – que nous avons peut-être éprouvé enfant – qu’il y a un mystère indicible ou une présence subtile caché en toute chose, ce ressenti est lié à l’impression que l’univers tout entier est vivant, conscient, habité par une présence aimante, que tout l’univers a été spécialement créé pour nous… C’est ça le « Dieu-Amour » dont nous parle Jésus. L’impression que la vie nous aime, que la vie a un sens, que c’est une chance pour nous d’exister ici et maintenant, c’est le bonheur véritable, dont nous avons peut-être déjà eu un aperçu. Dans cet état peu nous importe d’être riche ou pauvre, seul ou entouré, puisque dans cet état, chaque atome de l’univers semble chanter un hymne à la vie, chaque atome de l’univers révèle dans le silence la quintessence de tous les enseignements religieux…

Les aliments remplissent notre ventre, notre corps ; les connaissances remplissent notre tête, notre intellect. Mais il n’y a que l’amour qui puisse remplir notre cœur !

  C’est peut-être ça le sens le plus important, la « Communion », liée aux paroles que Jésus a prononcé : « Celui qui ne me mange pas ne pourra pas accéder à la Vie !». Absorber Dieu signifie donc dire « Oui » à Dieu dans son cœur. Cela signifie que symboliquement nous demandons que notre vue, nos sens et notre perception du réel soit identique à celle de Jésus Christ, nous demandons que nos pensées, nos paroles et nos actes aient la même qualité, la même pureté que ses pensées, ses paroles et ses actes, bref, d’être continuellement connecté à la même source que lui.

 Mais pour que cela ait un sens il nous faut le percevoir dans notre quotidien, ce qui n’est pas le cas pour la plupart d’entre nous… Il nous faut donc changer notre perception des choses, accéder à une perception plus élevée et plus authentique de ce qui est.

 Lorsque « l’Amour » n’est pas ou plus présent dans notre vie, cela créé un vide, un trou dans notre cœur. Et donc, quand cette nourriture nous fait défaut, ce trou, ce néant dans notre cœur tend à tout engloutir : notre monde, notre moi, notre vie… Cette impression d’être englouti par le néant, cette impression de manque dans le cœur, c’est ce qu’il y a de plus insupportable pour un être vivant ! Alors, pour échapper à cela, nous nous débattons autant que possible.  En résumé, c’est quand nous n’avons plus accès à l’amour universel, l’amour inconditionnel, l’amour divin, que nous commençons alors à rechercher l’amour humain, et c’est là que tous les problèmes commencent.

 En effet, pour obtenir l’amour humain – contrairement à l’amour divin qui est donné « gratuitement » – il faut remplir certaines conditions, il faut être beau, riche, bien portant, faire ce que les autres attendent de nous, il faut être au bon endroit au bon moment, etc ! Et si les conditions qui nous permettraient d’obtenir une reconnaissance, une impression d’amour de la part de notre mère, de notre père, de notre conjoint, de nos amis, de notre psy ou de notre guide spirituel, etc, ne sont pas réunies, alors notre vie devient un cauchemar et nous sommes alors ravagés par les émotions négatives.

 N’ayant pas pu obtenir ni l’amour divin, ni même l’amour humain, nous cherchons alors la jouissance, le plaisir, c’est-à-dire que nous cherchons à obtenir de l’amour de la part des objets inanimés. Et c’est à ce moment que l’on touche le fond, que ça devient vraiment pitoyable, quand par exemple certaines personnes vont s’accrocher à la nourriture et manger sans cesse pour combler leur manque d’amour, elles vont alors enfler, devenir obèses et mener une existence lamentable. D’autres vont s’accrocher aux drogues, à l’alcool, au jeu, à la télé, etc, pour « anesthésier » leur cœur et ne plus ressentir (ce manque d’amour), avec pour conséquence là aussi une existence lamentable. Il s’agit là d’une vie d’ennui au sens le plus profond, en effet l’expression « s’ennuyer » signifie littéralement « être un objet de haine pour soi-même ».

 Bref, depuis que nous sommes sur terre, nous sommes prisonniers d’un cercle vicieux : plus nous fermons notre cœur, plus nous souffrons, et plus nous souffrons, plus nous fermons notre cœur… il s’agit donc maintenant d’inverser cette tendance ! L’impression de ne pas être aimé est liée selon moi à l’impression d’être victime de la malchance. Les personnes qui ont traversé de nombreuses épreuves dans leur vie ont souvent l’impression d’être victime d’une certaine malchance. Leur cri du cœur c’est « Pourquoi moi ?! ».

 Mais comme l’a dit Dalaï-Lama : « Personne n’est né sous une mauvaise étoile ; il y a seulement des gens qui ne savent pas lire la carte du ciel ! ».

 

Ce qui brise intérieurement les gens, ce n’est pas les épreuves qu’ils subissent ; c’est le fait de ne pas pouvoir donner un sens à c’est épreuves. Ne pouvant pas donner un sens aux épreuves qu’ils ont vécu, ils pensent « La vie est bête, méchante et injuste ! ». Et c’est cette pensée qui détruit les gens, pas les épreuves de la vie ! Pour donner un sens aux épreuves que nous avons traversées, nous devons comprendre que celles-ci nous ont permis de grandir intérieurement, d’évoluer, de développer des qualités comme : l’humilité, l’empathie envers ceux qui souffrent, la patience, la persévérance, etc. Prenons l’exemple d’une vertu essentielle à mes yeux : le courage. Est-il possible de faire preuve de courage si nous sommes dans une situation confortable et facile à vivre ? Bien sûr que non. Pour développer le courage, il faut être confronté à des situations difficiles, c une évidence logique ! Et donc si, la vie, nous a fait subir plus d’épreuves que la moyenne des gens, ce n’est pas parce que ELLE nous aime moins que les autres.

C’est peut-être simplement parce que : ELLE attend beaucoup de nous…

L’amour universel correspond à ce que les bouddhistes appellent « la nature de l’esprit ». C’est ce que nous sommes vraiment, notre vraie nature, la « substance » de notre âme, que je décrirai comme une lumière sans couleur, une lumière vivante et intelligente.Le but de notre vie c’est de fusionner avec cet amour universel, c’est se dissoudre dans l’Océan de Joie… Et le moyen d’atteindre le but, c’est de remettre en question toutes nos certitudes, notre éducation, et de détruire toutes nos croyances illusoires, notamment la croyance en l’existence du bien et du mal. Pour cela, il faut se poser des questions du genre : 

 « La situation que je vis maintenant est-elle 100% réelle, 100% irréelle ou entre 2 ? ». Ou encore : « Qu’est-ce qui ce passe vraiment ici et maintenant ? Ce que je vis, ce que je perçois, existe-il indépendamment de moi ? ».

 

images2 dans Méditation « Ce que l’on a coutume d’appeler « esprit » est généralement très estimé et fait l’objet de nombreuses discussions, cependant, il demeure incompris, ou compris de manière erronée ou partielle. Parce qu’il n’est pas compris correctement, en tant que tel, voici que naissent, en nombre incalculable, idées et affirmations philosophiques. De plus, puisque les individus ordinaires ne le comprennent pas, ils ne reconnaissent pas leur propre nature ; ils continuent donc à errer au gré des situations dans différents états d’existence, à l’intérieur du temps et de l’espace, et connaissent ainsi la souffrance. En conséquence, ne pas comprendre son propre esprit est une très grave erreur. »

(Padmasambhava, fondateur du bouddhisme tibétain)

 

EXTRAIT ISSU de : LE POUVOIR DE L’ESPRIT :  Vers une nouvelle perception du réel – La vie est un jeu ; un jeu dont le but est précisément de découvrir ce qui est en train de se jouer ici et maintenant !

A retrouver sur le site : http://www.terre-inconnue.ch/

Publié dans Méditation | Pas de Commentaires »

Le pouvoir de changer

Posté par othoharmonie le 3 février 2013

Par Virginie Gomez - http://www.inrees.com/ 

Bien souvent, nous croyons que notre état cérébral commande nos émotions, nos comportements, nos pensées. Mais la recherche démontre que l’esprit peut modifier notre cerveau.

Le pouvoir de changer dans SPIRITUALITE c'est quoi ? lampe-animeeAlors qu’il visitait un hôpital aux Etats-Unis, le Dalaï Lama assista à une opération du cerveau. Sharon Begley relate qu’à l’issue de l’intervention, Sa Sainteté s’entretint avec le chirurgien. Ce dernier lui expliqua que « la perception, les sensations, et autres expériences subjectives, sont le reflet des altérations chimiques et électriques dans le cerveau. Si des impulsions électriques sillonnent notre cortex visuel et des substances neurochimiques circulent dans le système limbique alors une sensation jaillit en nous – parfois en rapport à un événement du monde extérieur, parfois consécutive à une pensée générée uniquement par l’esprit ». Le chirurgien voulait signifier que l’esprit était le résultat d’une activité purement cérébrale. Le Dalaï Lama, amusé de son assurance, l’interrogea sur la possibilité d’une causalité à double sens : « Si le cerveau est source de pensées, émotions, et autres manifestations cognitives constituant ce phénomène que l’on nomme esprit, ne serait-il pas possible que l’esprit à son tour produise sur le cerveau des altérations physiques, dans la substance même dont il est censé émaner ? » Le chirurgien écarta d’emblée cette hypothèse.

 Quelles sont les implications de ce modèle défendu par le chirurgien ? Lorsque vous décidez de vous lever le matin, cette intention se traduit dans le cerveau par une configuration particulière, un circuit spécifique, issu d’un état cérébral antérieur. Cette configuration influe sur un autre aspect du cerveau, par l’entremise de phénomènes électriques ou chimiques : vous activez vos jambes et sortez du lit. L’intention ne joue qu’un rôle mineur ; « c’est la manifestation physique de cette intention, l’ensemble des signaux électriques circulant dans le cerveau, qui fait sortir le corps du lit » note Sharon Begley. Le cerveau se suffit à lui-même, l’homme est réductible à son corps, et joue des fluctuations de ses états cérébraux.

Mais cette proposition héritée du XVIIe siècle commença à être remise en question au XXe par des scientifiques et des philosophes qui en constatèrent les insuffisances. En effet, dès la fin des années 80, des études pionnières montrèrent que quelque chose appelée « l’esprit » pouvait modifier le cerveau. Grâce à des pratiques méditatives dites de pleine conscience, qui consistent à observer ses expériences intérieures d’une manière pleinement lucide, des patients parvinrent ainsi à contrôler les pensées obsessives à l’origine des troubles obsessionnels compulsifs. Ce n’était qu’un début.

À lire sur http://www.inrees.com/

Publié dans SPIRITUALITE c'est quoi ? | Pas de Commentaires »

Les deux Vérités

Posté par othoharmonie le 13 août 2012

VOIX BOUDDHISTES : Votre Sainteté, vous dites qu’il est important d’avoir une perception juste de la réalité. Dans le bouddhisme, il est question des deux vérités, la vérité relative et la vérité absolue. Pouvez-vous expliquer en quelques mots ce qu’est réellement cette réalité.

DALAÏ LAMA : Nous percevons en général la nature des choses de manière erronée. Et, c’est cette différence entre ce qui est réellement et ce que nous percevons qui est source de souffrance.

Les deux Vérités dans Méditation movie27-210x300Il y a plusieurs façons d’aborder ce point. Les objets composés sont voués à la destruction. Ils sont impermanents. Leur nature véritable est donc d’être momentanée et éphémère. C’est la même chose pour ce qui concerne notre corps. Sa nature véritable est d’être momentanée et éphémère mais nous sommes attachés au  » moi « , au corps. Prendre conscience de cette réalité et que nous sommes soumis à l’impermanence provoquent parfois de grandes souffrances. Pourtant, en réalité, cet ensemble composé d’agrégats qui forme le corps, le  » moi « , n’existe pas en lui-même. Il dépend d’une série infinie de causes et de conditions. Comprendre la vraie nature des choses suppose de comprendre que rien n’existe en soi mais en relation avec d’autres éléments qui sont eux-mêmes éphémères.

Toutes choses manifestées sont impermanentes mais on croit qu’elles durent.

Il en est de même à propos de la souffrance. On ne reconnaît pas et on ne comprend pas la nature véritable de la souffrance. Nous la ressentons comme désagréable et douloureuse. Comme si elle avait une existence propre.

Il en est de même avec le « soi » ou le « moi ». Ils n’ont pas d’existence propre pourtant nous les percevons comme s’ils étaient doués d’existence propre. Comme s’ils étaient autonomes et permanents. Les choses ne sont pas telles qu’elles nous apparaissent.

 

TEXTE DE L’INTERVIEW DE SA SAINTETÉ LE DALAÏ-LAMA RÉALISÉE POUR VOIX BOUDDHISTES
PARIS Octobre 2003.

Publié dans Méditation | Pas de Commentaires »

Neutraliser Les Problèmes

Posté par othoharmonie le 10 juillet 2011

  

 

LA PURETÉ FONDAMENTALE DE L’ESPRIT par SA SAINTETÉ LE DALAÏ LAMA 

Extraits de son livre LEÇONS D’AMOUR, p. 27 à 38 – Plon 2006 

 

Neutraliser Les Problèmes dans Méditation 38228_dalai-lama-une

Analysons maintenant les émotions conflictuelles comme la convoitise, la haine et la jalousie. Ces comportements découlent de la vision erronée que les objets existent comme des entités indépendantes, alors qu’en réalité, il n’en est rien. La force d’une telle ignorance génère toutes ces émotions désagréables. Le maître yogi indien Dharmakirti répond à l’analyse que nous venons d’effectuer pour savoir si l’ignorance et les problèmes qui l’accompagnent sont intrinsèques à la nature même de l’esprit en disant : « La nature de l’esprit est une claire lumière. Les souillures sont superficielles. » La nature de la conscience la plus profonde et la plus subtile est pure. La colère, l’attachement sont accessoires et ne subsistent pas dans l’essence de l’esprit. Nous l’appelons l’esprit inné et primordial de la claire lumière. Il est aussi surnommé la nature du Bouddha, car il rend possible l’illumination. Il se trouve à la racine de toute conscience. Nous exprimons tous de la compassion à des degrés de développement et d’ampleur différents. L’intelligence nous guide pour distinguer le bien du mal. Voilà les conditions indispensables pour atteindre l’illumination. 

 

Après avoir admis que les souillures ne sont pas gravées dans l’esprit, s’y opposer et les éliminer est possible en créant des antidotes, des attitudes qui vont agir comme des médicaments pour les combattre. Si les souillures étaient indissociables de l’esprit, les pensées négatives – la colère, la haine, etc. – devraient persister dans l’esprit aussi longtemps qu’il existe. Mais ce n’est pas le cas. Vous n’êtes probablement pas en colère tandis que vous lisez ces lignes et que vous réfléchissez. L’esprit peut s’affranchir des penchants comme la colère et l’attachement. 

 

Parfois, dans notre vie, nous ressentons de la colère et de l’attachement. À d’autres moments, du détachement, de la satisfaction, de l’amour et de la compassion. Le désir et la haine envers une personne ou une chose ne s’expriment jamais au même moment. Ces deux attitudes s’opposent. Quand l’une prend de l’envergure, l’autre s’affaiblit. 

 

La connaissance de la nature ultime des choses consolide l’amour et la compassion. L’ignorance conçoit les objets de manière erronée en leur attribuant une existence intrinsèque. Quelle que soit la force de la haine ou de la fierté, ces attitudes négatives naissent de l’ignorance. La méprise sur la nature des êtres et des choses est à l’origine de la haine et du désir. Heureusement, les sentiments qui s’opposent à la haine et au désir s’expriment, qu’il y ait ou non une conception erronée d’une existence indépendante des choses. 

 

Lorsque l’ignorant et le sage observent un phénomène, leurs perceptions s’opposent. La sagesse s’appuie sur la vérité et l’ignorant sur de mauvais principes qui provoquent une vision déformée de la réalité. Renforcer la sagesse affaiblit l’ignorance. La sagesse amoindrit la méprise sur la nature des choses et des êtres jusqu’à la disparition totale de l’ignorance. 

 

Drag and drop me   LE TOURMENT EST INTÉRIEUR  Drag and drop me 

Les événements extérieurs ne sont pas à l’origine de notre souffrance. L’esprit non maîtrisé est la cause de toute souffrance. L’apparition d’émotions conflictuelles dans notre esprit pousse à des actes négatifs. Les émotions et les visions erronées recouvrent l’essence pure de l’esprit. Leur force nous pousse alors à commettre des fautes qui engendrent inévitablement la souffrance. Nous devons éliminer, consciemment et avec soin, de telles attitudes dommageables. Agir comme si nous devions disperser les nuages, pour qu’un ciel bleu éclate. Les actes nuisibles cessent avec la disparition des attitudes, émotions et conceptions dommageables. Le grand yogi tibétain Milarépa (XIe-XIIe siècle) disait: « Naître, naître de l’univers; se dissoudre, se dissoudre dans l’univers. « Il faut être à l’écoute de sa conscience pour savoir détruire les idées mal fondées et donner une impulsion pour revenir à une réalité plus profonde. Le ciel existait là avant que les nuages ne l’envahissent et il sera encore là lorsqu’ils se seront dissipés. Même si les nuages recouvrent chaque centimètre carré jusqu’à l’horizon, il est toujours là. 

 

L’eau, aussi sale qu’elle puisse être, est par nature propre et non polluée. De la même façon, l’essence d’un esprit, fût-il troublé, n’est pas souillée. Les émotions conflictuelles comme la haine ne peuvent pas affecter l’esprit de claire lumière. La prochaine fois que la haine surgira, sortez de cette exaltation mentale et observez la haine en pleine action. Dans « Je hais … », la « haine » et le « moi » sont liés l’un à l’autre. Et pourtant, en vous plaçant en tant qu’observateur, vous avez écarté légèrement la haine. Toutes les anomalies qui ont provoqué cet état d’emportement se révèlent alors. 

 

Pour réaliser cet exercice, il faudra d’abord développer vos aptitudes à surveiller vos pensées. Tant que votre conscience conceptualise, il est difficile pour la pensée d’observer la pensée. En devenant capable d’observer les pensées dès qu’elles naissent, le potentiel de la conscience à se concentrer sur elle-même augmente progressivement. Et, dès que surgit une expression de haine, l’esprit ne verse plus dans la colère. En étant proche de la conscience, à la fois comme expert et objet expertisé, vous pouvez dorénavant reconnaître ce que l’on appelle la « conscience ordinaire », non affectée par le fait d’aimer ou de ne pas aimer, de désirer ou de ne pas désirer. Quand l’esprit n’est pas sollicité par ses multiples fonctions, sa clairvoyance se manifeste. Et si vous persistez, cette capacité de clairvoyance se développera. La haine se mélange lentement à l’essence de la conscience, car la nature profonde de la haine est aussi lumière et connaissance. 

 

Le flux de vos idées et de vos pensées ne doit pas être interrompu intentionnellement. Ne vous laissez pas emporter par elles et ne laissez pas votre esprit se fondre en elles. Alors l’esprit reprendra sa forme originelle pour que la clairvoyance se révèle. Et sa pureté fondamentale s’exprimera. 

Lorsque vous comprenez que la claire lumière est l’essence de votre esprit, des qualités de plus en plus grandes telles que l’amour se déploient. La transformation spirituelle n’est pas motivée par l’environnement extérieur. Il ne sert à rien d’accumuler encore et encore plus d’objets matériels: vous resterez insatisfait. 

 

La libération est atteinte par la connaissance de l’essence ultime de l’esprit lui-même. Personne et rien d’autre ne peut nous l’accorder. Le bonheur s’acquiert avec la maîtrise de l’esprit. Sans elle, le bonheur est inaccessible. Nous ne serons pas affligés ou nous ne causerons pas de souffrance si nous avons confiance dans la luminosité fondamentale de la nature de l’esprit, la claire lumière. 

 

Drag and drop me   L’ESPRIT DIAMANT  Drag and drop me 

Cette claire lumière, fondamentale et lumineuse, est l’origine de tout esprit, à jamais indestructible, inaltérable comme un diamant. Pour le bouddhisme, cet aspect de l’esprit est permanent dans le sens où il est perpétuel, sans aucune interruption. Il a toujours existé et existera à jamais. Il n’est pas un phénomène qui naît de la causalité. 

 

Notre esprit d’origine est pur, naturellement libre de tout problème. Les phénomènes purs et impurs apparaissent à l’intérieur de cet esprit comme les manifestations de sa spontanéité. Le rayonnement sans entrave de l’esprit est appelé la compassion. Les actions compatissantes émergent de sa nature spontanée et de sa pureté. 

 

L’esprit diamant est libre de toute souillure, comme un ciel couvert de nuages, même s’il émet des sentiments bons ou mauvais comme le désir, la haine ou la confusion. L’eau peut être très sale: sa nature profonde reste claire. De la même manière, toute émotion conflictuelle, quelle que soit sa puissance, générée par l’esprit diamant est un artifice. L’esprit fondamental est perpétuel et demeure non affecté par les souillures. 

 

L’esprit diamant originel possède toutes les qualités spirituelles extraordinaires comme l’amour ou la compassion illimités. Elles se manifestent seulement lors de circonstances particulières. Dans un sens, aux prémices du commencement, nous étions « illuminés », dotés d’un esprit à l’origine profondément bon. 

 

Drag and drop me    ÉVALUER NOTRE SITUATION PRÉSENTE Drag and drop me 

 

Cette renaissance humaine se fait dans un corps qui sera l’instrument nécessaire pour atteindre plus facilement tous les buts, qu’ils soient provisoires ou définitifs. Il ne faut pas gâcher cette vie. Cette renaissance parmi la myriade de formes de vie possibles dans ce monde est tellement unique et avantageuse! Votre potentiel intérieur ne sera pas pleinement réalisé si vous ne vous employez qu’à atteindre une meilleure existence pour vos prochaines renaissances, ou si vous cherchez seulement à vous libérer individuellement des liens qui vous attachent à la souffrance. Sous cette forme humaine, vous devez faire tout ce qu’il est possible pour achever un développement spirituel total et parfait. 

 

Méditation 

  1. Méditez sur votre potentiel actuel pour effectuer un développement spirituel : vous avez un corps humain, l’enseignement spirituel est à votre portée. Vous avez la capacité d’intérioriser les enseignements spirituels. Vous possédez un esprit diamant. 

  2. Appréciez les opportunités présentes pour exercer une pratique spirituelle. 

  3. Établissez comme motivation le souhait d’aider, en dehors de vous-même, tous les êtres vivants. 

  4. Ayez pour but d’aider les autres. 

 

Sa Sainteté le Dalaï Lama 

 

dalai-lama_toulouse2011_copie dans Méditation

Publié dans Méditation | Pas de Commentaires »

Introduction au Bouddhisme (3livres)

Posté par othoharmonie le 27 novembre 2010

Titres

1.     LA VOIE DE LA LUMIERE 

2.     LA GRANDE PAIX DE L’ESPRIT 

3.     L’ART DU BONHEUR 

Auteur

 

Le DALAÏ LAMA 

 

 

                                             1.   LA VOIE DE LA LUMIERE 

 

 

La Voie de la lumière : Une introduction au bouddhisme

De quoi ça parle

 

Dans ce livre fondamental pour la compréhension du bouddhisme, le Dalaï-Lama analyse un texte renommé de l’un de ses prédécesseurs, le troisième Dalaï-Lama, pour nous éclairer sur l’essence de la vie. 


Issu de la tradition d’enseignement du Lam Rim
(étapes de la Voie vers l’Eveil), La voie de la lumière indique clairement comment accéder à l’éveil. Il nous rappelle que cette voie passe par les grands sujets de méditation et l’importance des progrès spirituels


Ce livre s’adresse à toute personne qui souhaite aller plus loin que la simple étude du bouddhisme tibétain. 

 

Cet enseignement du Dalaï-Lama, fondé sur un texte renommé de l’un de ses prédécesseurs, Sonam Gyatso, troisième Dalaï-Lama, met en évidence d’une façon claire et brillante tous les rouages de la dynamique bouddhiste de l’éveil. Des différents types de motivations pour aborder le chemin jusqu’à la pratique tantrique, en passant par la rencontre avec le maître, le Karma ou la production de l’esprit altruiste d’éveil, toutes les étapes sont expliquées et placées dans la perspective générale de l’évolution spirituelle. Un ouvrage à la fois pédagogique et inspirant, qui permettra de situer les multiples aspects de la pratique et de l’étude bouddhiste, et de les approfondir à la lumière de l’expérience du Dalaï-Lama et des grands maîtres qui l’ont précédé. En annexe, plusieurs textes présentent l’œuvre et la vie de Sonam Gyasto ainsi que les principaux accomplissements de chacun des quatorze Dalaï-Lamas. 

 

L’auteur :       photo Tenzin Gyatzo foto 2.jpg

Le dalaï-lama (tibétain : ཏ་ཱལའི་བླ་མ་, Wylie : tala’i blama ; en sinogrammes traditionnels 達賴喇嘛 ; en sinogrammes simplifiés 赖喇嘛 ; en pinyin Dálài Lǎmá) est reconnu par les Tibétains comme le plus haut chef spirituel (religion) du Tibet et une émanation du bodhisattva de la compassion, il est devenu le chef temporel (politique) du gouvernement du Tibet depuis le XVIIe siècle jusqu’à la première moitié du XXe siècle, puis chef de l’Administration centrale tibétaine encore à ce jour. 

 

À l’époque du 14e dalai lama, Tenzin Gyatso (1935), après une guerre sino-tibétaine, l’armée populaire de libération a envahi le Tibet en 1951. Le dalaï-lama resta au Tibet jusqu’en 1959, date à laquelle il fut contraint de s’exiler en Inde, après le soulèvement tibétain de 1959

 

Souvent, le Dalaï-Lama dit de lui qu’il est un simple moine, ni plus ni moins. Dans son exil à Dharamsalla au nord-ouest de l’Inde, il s’adonne essentiellement à la méditation et aux prières. Par ailleurs, il voyage beaucoup dans le monde pour donner des conférences, à l’occasion de rencontres bouddhistes ou encore pour rencontrer des hommes politiques. 

 

 

animeax

 

si vous aussi vous voulez vous procurer ce livre, vous le trouverez ICI : http://www.amazon.fr/Voie-lumi%C3%A8re-Une-introduction-bouddhisme/dp/2290053708

Introduction au Bouddhisme (3livres) dans C et D dalai%20lama%20livres

                                        2.   LA GRANDE PAIX DE L’ESPRIT 

 

 

 

La vision de l'éveil dans la grande perfection

De quoi ça parle

La Grande Paix de l’Esprit retrace le chemin spirituel dans son intégralité, depuis les notions d’éthique, qui forment le socle commun à toutes les religions et à tous les hommes épris d’humanisme, jusqu’aux enseignements les plus élevés du Dzogchen, en passant par la philosophie bouddhiste fondamentale qu’est la compassion. 


Invité en 2000 à Lérab Ling, dans le Languedoc, le dalaï-lama a livré les principes clés du bouddhisme devant une assistance de dix mille personnes. Imprégné de l’ambiance chaleureuse de l’événement, ce livre d’une grande fluidité, directement issu de la transmission orale du bouddhisme tibétain, offre au lecteur une dimension inédite de l’esprit du dalaï-lama, en même temps qu’il lui propose une vision panoramique de l’enseignement du Bouddha. 

en même temps qu’il commentait, avec une érudition et une clarté remarquables, le texte magistral du maître tibétain du quatorzième siècle, Longchen Rabjam dit Longchenpa : Trouver le confort et l’aise dans la méditation de la Grande Perfection


Lors d’une rencontre entre deux maîtres éminents du bouddhisme tibétain, Sogyal Rinpoché a dit : 

«Nous avons tous été touchés par la profondeur, la pertinence et la limpidité de ces enseignements ; certains ont d’ailleurs affirmé qu’ils étaient parmi les plus remarquables qu’ils aient eu l’occasion d’entendre. Avoir pu recevoir ces enseignements du dalaï-lama fut un événement exceptionnel dans la vie de toutes les personnes présentes.»

 

animeax

                                                                                                                                  

 

si vous aussi vous voulez vous procurer ce livre, vous le trouverez ICI : 

http://www.amazon.fr/Grande-Paix-lEsprit-vision-perfection/dp/2710329875 

 

 dans C et D

 

 

 

 

 

                                                    3.   L’ART DU BONHEUR 

 

 

 

 

Sagesse et sérénité au quotidien

 

 

 

 

De quoi ça parle :

 

 Le bonheur est, selon le Dalaï-Lama, le but de toute notre existence. Mais cet « art du bonheur », mélange surprenant de sagesse plusieurs fois millénaire et de bon sens, nous est-il réellement accessible ? 


C’est bien ce que nous prouvent ces entretiens désormais célèbres entre Sa Sainteté le Dalaï-Lama et Howard Cutler, psychiatre américain, en nous offrant des réflexions et des conseils concrets que nous pouvons tous appliquer pour vaincre l’anxiété et la colère, pour surmonter les obstacles de l’existence et le découragement en puisant dans notre source de paix intérieure. Nous vous présentons ici quelques-uns des passages les plus éloquents de ce remarquable best-seller où la plus grande figure spirituelle du monde contemporain et prix Nobel de la paix, partage le sens profond de la spiritualité et de ce qui fait notre bonheur au quotidien. 

 

Le chemin vers le bonheur et la sérénité est de travail et de volonté. Nous viendrait-il à l’idée qu’un apprentissage quelconque puisse se faire sans effort ? Alors sur le métier cent fois remettons notre ouvrage.  L’exemple et les livres du Dalaï-lama lama nous entrainent vers notre essence intime qui nous apprend à nous accepter tels que nous sommes et nous permet de mieux vivre notre vie. 


Et si nous commencions nos journées par cette simple petite phrase :

« Je ne vais pas gâcher cette journée. Je vais l’employer de manière plus positive. » 

 

 

animaux

 

si vous aussi vous voulez vous procurer ce livre, vous le trouverez ICI : 

http://www.amazon.fr/LArt-bonheur-Sagesse-s%C3%A9r%C3%A9nit%C3%A9-quotidien/dp/2290303410 

 

 

sa-saintete-le-dalai-lama

Publié dans C et D | Pas de Commentaires »

Le troisième oeil

Posté par othoharmonie le 2 octobre 2010

Titres

Le Troisième oeil 

Auteur

T.LOBSANG RAMPA 

 

Le Troisième œil

Le troisième oeil

 de quoi ça parle :

Dans ce livre, Lobsang Rampa raconte qu’il est né dans une riche famille du Tibet. Comme il est devenu le seul héritier à la suite de la mort de son frère aîné, ses parents organisent une grande réception pour son septième anniversaire durant laquelle les Astrologues officiels du Tibet prédisent son avenir.

À la suite de ces prédictions, le jeune Lobsang doit quitter définitivement sa famille pour intégrer la lamaserie du chakpori à Lhassa. Il doit rester 3 journées immobile à l’entrée de la lamaserie avant d’y être admis. Le lendemain, il rencontre le Lama Mingyar Dondup, lequel prendra en charge son initiation avec l’encouragement du dalaï-lama.

Le lendemain de son 8e anniversaire, Lobsang Rampa subit une opération dans laquelle le troisième œil est ouvert dans son front, lui donnant le pouvoir de voyance de l’aura. Le livre décrit ainsi l’opération :

« Il y eut un craquement léger : La pointe de l’instrument avait pénétré l’os. … Un éclat de bois très dur, d’une propreté parfaite traité au feu et aux herbes pour lui donner la dureté de l’acier, fut inséré dans le U de l’alène … Il fit avancer, avec des précautions infinies, le morceau de bois de plus en plus profondément dans ma tête. Soudain, j’eus la curieuse sensation qu’on me piquait, qu’on me chatouillait l’arête du nez. Cette sensation disparut et je devins conscient de certaines odeurs légères que je ne pus identifier … Brusquement, je fus aveuglé par un éclair ». «  »Arrêtez! » Ordonna le Lama Mingyar Dondup. Un instant, la douleur fut intense, elle me brûlait comme une flamme blanche. La flamme diminua d’intensité, mourut et fut remplacée par des volutes colorées, … L’instrument de métal fut délicatement retiré. L’éclat de bois devait rester en place pendant deux ou trois semaines. … « Tu es maintenant des nôtres, Lobsang », me dit mon Guide, au moment où on m’entourait la tête d’un bandeau pour maintenir l’éclat de bois. « Jusqu’à la fin de ta vie, tu verras les gens tels qu’ils sont et non plus comme ils font semblant d’être ». »

Au cours de l’histoire, Rampa rencontre des yétis, et à la fin du livre, un corps momifié de géant, de plus de trois mètres. Il participe également à une cérémonie d’initiation dans laquelle il apprend que la planète Terre a été heurtée, au début de son histoire, par une autre planète, faisant passer le royaume du Tibet du niveau de la mer à l’altitude de montagne à laquelle il est aujourd’hui.

 

 

L’auteur 

 

Lobsang Rampa, dont le pseudonyme complet est Tuesday Lobsang Rampa, né Cyril Henry Hoskin (8 avril 1910 – 25 janvier 1981), était un écrivain qui prétendait être né au Tibet où il serait devenu lama. Plus tard, il aurait conclu un accord avec un Anglais qui désirait se suicider pour continuer de vivre dans son corps .

Le nom Tuesday (Mardi) provient, selon ses dires, du fait que les Tibétains de la bourgeoisie recevaient le nom du jour où ils sont nés.

 

En novembre 1956, un livre intitulé The Third Eye (« Le troisième œil ») est publié au Royaume-Uni. Écrit par un certain Lobsang Rampa, ce livre est censé raconter les expériences que celui-ci a connues dans une lamaserie au Tibet ou il avait été envoyé à l’âge de sept ans. Le titre du livre fait allusion à l’opération chirurgicale consistant à percer un petit orifice dans le front de Rampa pour éveiller son troisième œil et lui donner le pouvoir de voyance de l’aura.

Le manuscrit du Troisième œil avait été refusé par plusieurs des grands éditeurs britanniques avant d’être accepté par Secker and Warburg moyennnant une avance de 800 livres à l’auteur. Avant la publication du livre, Fredric Warburg avait rencontré le « docteur Karl Kuon Suo », ainsi que l’auteur se faisait appeler initialement, et avait été intrigué par sa personnalité. Warburg envoya le manuscrit à un certain nombre de spécialistes, dont plusieurs mirent en doute la véracité du récit. Cela n’empêcha pas le livre d’être publié en novembre 1956 pour devenir rapidement un succès de librairie dans le monde entier.

Par la suite, Lobsang Rampa écrivit d’autres livres qui abordaient des thèmes alors peu connus dans les pays occidentaux…

Parmi la collection des 19 livres de Rampa. 

 

  

Le troisième oeil dans O à  R 0002064D

 

si vous aussi vous voulez vous procurer ce livre, vous le trouverez ICI : http://www.amazon.fr/troisi%C3%A8me-oeil-Tuesday-Lobsang-Rampa/dp/2290343269

l’auteur Lobsang-Rampa-Chat-01 dans O à  R

Publié dans O à  R | Pas de Commentaires »

Un Appel

Posté par othoharmonie le 20 juillet 2010

      Un Appel      UN APPEL DU DALAÏ LAMA 

Cet appel a été lancé par le Dalaï Lama le jeudi 24 avril, alors qu’il était en voyage aux Etats-Unis. Nous le reproduisons ici en français, dans une traduction réalisée par nos soins, et dans la version anglaise qui figure sur le site officiel du Dalaï-Lama (voir référence en lien, ci-dessous). 

Un message du Dalaï-Lama à ses frères et sœurs spirituels chinois 

Aujourd’hui je voudrais lancer un appel personnel à tous mes frères et sœurs spirituels chinois, de République Populaire de Chine et d’ailleurs, en particulier aux disciples du Bouddha. Je vous sollicite en tant que moine bouddhiste et élève de notre vénéré maître, le Bouddha. J’ai déjà lancé un appel à la communauté chinoise. Maintenant, j’en appelle à vous, mes frères et sœurs spirituels, au sujet d’un problème humanitaire urgent. 

Chinois et Tibétains partagent un même héritage spirituel dans le bouddhisme Mahayana. Nous adorons le Bouddha de la compassion – Guan Yin dans la tradition chinoise, Tchenrézi dans la tradition tibétaine – et nous révérons la compassion, envers tous les êtres qui souffrent, comme l’un des plus hauts idéaux spirituels. En outre, dans la mesure où le Bouddhisme s’est d’abord répandu en Chine, avant son départ de l’Inde pour le Tibet, j’ai toujours estimé les bouddhistes chinois avec le respect dû aux frères et sœurs spirituels aînés. 

Comme le sait la plupart d’entre vous, depuis le 10 mars de cette année, une série de manifestations a eu lieu à Lhassa et dans de nombreuses régions tibétaines. Elles sont le résultat dun profond ressentiment tibétain envers la politique du gouvernement chinois. J’ai été profondément attristé par la perte de vies humaines, autant chinoises que tibétaines, et j’ai immédiatement incité les autorités chinoises et les Tibétains à la retenue. J’ai tout particulièrement demandé aux Tibétains de ne pas recourir à la violence. 

Malheureusement, les pouvoirs chinois ont eu recours à des méthodes brutales pour faire face à ces événements, malgré les exhortations à la retenue de nombreux dirigeants internationaux, d’organisations non gouvernementales et de personnalités mondialement reconnus, parmi lesquelles de nombreux universitaires chinois. Dans le tumulte des événements, il y a eu des pertes de vies humaines, des blessures pour beaucoup et la mise en détention pour un grand nombre de Tibétains. La répression se poursuit, en visant particulièrement les institutions monastiques, berceaux de la connaissance et de la tradition bouddhistes. Beaucoup sont maintenant fermées. Des comptes-rendus nous rapportent que de nombreux détenus sont battus et traités cruellement. Ces mesures répressives semblent faire partie d’une politique systématique, approuvée officiellement.

En l’absence d’observateurs internationaux, de journalistes ou même de simples touristes autorisés au Tibet, je suis profondément précoccupé par le sort des Tibétains. Beaucoup de ceux qui ont été blessés durant la répression, en particulier dans les régions réculées, craignent de demander une aide médicale par peur dêtre arrêtés. D’après des sources sûres, des personnes fuient vers les montagnes où elles n’ont ni refuge, ni nourriture. Ceux qui restent derrière elles, vivent dans la crainte constante d’être parmi les prochains arrêtés.

Je suis profondément peiné de cette souffrance manifeste. Je suis très inquiet des conséquences que pourraient engendrer ces tragiques développements. Je ne crois pas que des mesures répressives puissent fournir une solution à long terme. La meilleure façon d’aller de l’avant serait de résoudre les difficultés entre les Tibétains et l’autorité chinoise par le dialogue, comme je l’ai préconisé depuis longtemps. A plusieurs reprises, j’ai assuré les autorités de la République Populaire de Chine que je ne recherchais pas l’indépendance. Ce que je souhaite est une véritable autonomie pour le peuple tibétain, qui garantirait la pérennité de notre culture bouddhique, de notre langue, et de l’identité propre à notre peuple. La riche culture bouddhiste tibétaine fait partie du patrimoine culturel encore plus large de la République Populaire de Chine et elle a le potentiel pour être bénéfique à nos frères et sœurs chinois. 

A la lumière de cette présente crise, je vous sollicite tous afin de contribuer à demander l’arrêt immédiat des répressions brutales qui ont cours actuellement, la remise en liberté de tous les détenus, et la prise en main médicalisée des blessés. 

Le Dalaï Lama
Hamilton, Etat de New-York, USA
Le 24 Avril 2008. 

     Voir le texte de cet appel sur le site du Dalaï-Lama

 

 

 

 

 

yleisoluento

Publié dans | Pas de Commentaires »

12
 

katoueluv |
jeanneundertheworld |
darkangelusmag |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | debbyka
| nouvelles du front ... en a...
| Les ateliers d'Anissina Tur...