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LE CHANT DES BOLS TIBETAINS

Posté par othoharmonie le 22 mars 2016

 

 

Est-elle véritablement Zen, cette rentrée?

Il faut rester centrée pour retrouver parmi tous ces exposants, le secret de la Zénitude : chacun tente de vous vendre son produit ou sa recette miracle. Ecole de formation, stages divers, outils de développement personnel, musique new âge, artisanat, compléments alimentaires … tout cela pourrait donner le sentiment d’avoir parfois affaire aux nouveaux marchands du temple…

1 Patrica

Certains stands attirent plus le regard, une envie de s’arrêter devant une peinture sur soie, un parfum d’authenticité avec les huiles essentielle qui reconnectent à l’essence dont on a tant besoin. C’est super. Et je vais dans une vibration différente avec un massage des pieds ou une lecture d’aura. Tant de choses sont à découvrir qui veulent nous mener au mieux-être, moyennant finances. Mais au fil des allées, il n’est pas aisé de faire son choix entre trop belles promesses et réalité.

Pour les femmes en quête de leur identité, une jeune revue est apparue: « Rêves de femmes ». Une voie féminine pour être uni…vers…elles, pour la nouvelle conscience.

Toutes ces technique ou approches proposées peuvent-elles ouvrir des horizons nouveaux et permettre le commencement d’un mieux-être ? Un stage, un livre peuvent-ils à eux seuls transformer notre quotidien ? Ce salon Zen apporte la preuve que la diversité s’élargit, que des choix deviennent possibles, que la conscience grandit et se matérialise dans des offres pour la santé, le mieux-être et le devenir plus…

C’est un oui à la vie. Pour ceux qui en ont besoin une thérapie peut démarrer un processus. A mes yeux, y ajouter la connaissance de soi, une méditation appropriée accélère grandement cette transformation. Est-ce le but de ce salon de plus en plus visité ? Je laisse à chacun le soin d’y répondre…

Mirabai Ceiba, c’est avant tout la rencontre de deux artistes Angelika Baumbach et Markus Sieber. Influencés par la musique indienne et amérindienne, ils parcourent le monde depuis 2001 afin de partager leurs musiques. Les voici pour la première fois à Paris. Patricia Betsch a réussi le pari incroyable d’organiser ce concert en un temps record.

Mais le public répond présent et sort peu à peu de cette réserve bien française. Prana yoga, mantras repris en cœur, nous font glisser subtilement vers l’espace du cœur.
Leur pratique spirituelle se ressent dans la qualité du concert…c’est elle qui permet ce subtil passage pour le public du formel à l’intemporel.
Une sorte de grâce les anime, si l’on croit au concept de l’âme sœur, ils en semblent la représentation vivante. Le yin et le yang s’interpénètrent au fil des sons.
Lorsque la fin du partage approche, c’est à regret que nous vous quittons ! Angelika et Markus, il nous reste vos disques. Rien ne remplace une présence, mais pour tous nos lecteurs, ces disques offrent l’occasion de découvrir des harmonies sonores devenues trop rares de nos jours.

Voir l’interview audio en anglais faite par Patricia
avant le concert.

1 Patricia MENETREY

Patricia Menetrey

Patricia donne des séances à Paris de Bols tibétains, chants sacrés, massages, lecture d’aura et rééquilibrage énergétique.
Cliquez ici pour voir sa page web sur meditationfrance

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Les Cartes de l’Homme Nouveau

Posté par othoharmonie le 20 mars 2016

 

Vient juste de paraître à l’automne : un magnifique tarot/jeu de cartes qui s’appelle « Cartes de l’Homme Nouveau » : conçu par le thérapeute tantra et méditant de longue date Jacques Lucas que nous avons interviewé à cette occasion…

Question : Le jeu ‘des Cartes de l’Homme Nouveau » que vous avez crée vient juste de sortir au Souffle d’Or. Il se présente sous forme de coffret qui contient 72 cartes avec un livre de 310 pages.

Sans titre

 

 

Interview de Jacques Lucas 


A qui ce jeu de Cartes de l’Homme Nouveau » s’adresse-t-il ?

Réponse de Jacques Lucas : Les « Cartes de l’Homme Nouveau » s’adressent à tous et à toutes car même si la base du jeu s’appuie sur le « masculin », hommes et femmes présentent des caractéristiques masculines et féminines. C’est d’ailleurs l’alliance de ces deux polarités en Soi qui conduit à une vraie spiritualité incarnée, vivante et humaine.

Dans le coffret, il y aussi un magnifique poster réalisé par un info-graphiste : Alex Fuller. Ce poster image la démarche et les étapes que doit franchir l’« Homme Nouveau » pour atteindre son but : la réalisation de son « Etre profond ». Mais ce plan de réalisation colle également à chaque action, chaque projet que le consultant se propose d’étudier en interrogeant les « Cartes de l’Homme Nouveau ». Ce tarot sera donc utile à chacun, peu importe son degré de conscience ou d’évolution. Il posera le consultant face à lui-même et lui proposera des axes de réflexions ou des « regards » qu’il n’avait peut-être pas envisagés. 

Question: Comment vous est venue l’idée de créer ‘les Cartes de l’Homme Nouveau » ? Après le célèbre jeu Féminitude, vous vous êtes dit qu’il était temps de créer un jeu équivalent pour le principe masculin ? (rire)
Est-ce que cela correspond à une évolution collective dans notre relation au masculin ? Qu’est-ce que l’Homme Nouveau ?

L’idée de créer « les Cartes de l’Homme Nouveau » m’est venue d’une constatation : les hommes sont beaucoup moins impliqués que les femmes dans une démarche de « remise en question » d’eux-mêmes, de leurs croyances etc … ! (voir la petite proportion d’homme à fréquenter les cabinets de psychothérapie, les stages de développement personnel etc …). Ils ont peur de rencontrer leur sensibilité, leur « intériorité », leur « Ombre » et ils se coupent ainsi d’une part d’eux-mêmes qu’on peut qualifier de « part féminine » sans la confondre avec l’homosexualité.

L’union du « masculin » et du « féminin » en Soi, pour l’homme comme pour le femme, est pourtant une porte accessible à tous. Elle ouvre à un épanouissement et à une réalisation de soi-même. Cette alliance du masculin et du féminin débouche sur une spiritualité incarnée au quotidien très créative et très humaine.

Les femmes, ces dernières décennies, ont beaucoup évolué. Elles se sont émancipées. Elles ont intégrées et épanouies leur part « masculine ». C’est maintenant, je crois, le temps pour les hommes de se mettre en mouvement. Les rencontres avec les femmes seront plus riches et plus équilibrées.

Le « masculin » est préoccupé et satisfait par le résultat, l’efficacité, atteindre un but ; l’éjaculation dans la relation sexuelle. Alors que le « féminin », lors d’un voyage, par exemple, appréciera autant le paysage et le dialogue avec ses compagnons de route que le fait d’arriver à destination. Les femmes, dans la sexualité, aiment autant les caresses et la sensualité que l’orgasme en lui-même.

Le jeu décrit une évolution psychique et « sociale » qui passe par une affirmation des qualités du masculin puis par une intégration du féminin intérieur. Ceci pour trouver un épanouissement profond de l’humanité qui nous habite tous. Mais le jeu ne s’arrête pas là. Il propose ensuite de donner sens à son existence en se confrontant aux « Mystères » de la conscience, de la vie.

L’Homme Nouveau est un être qui a pacifié et allié ses parts masculines et féminines. Il n’arrête pas sa quête et sa démarche aux premiers « bien-être » ou à la satisfaction de ses besoins et désirs égotiques. Il cherche à approfondir sa qualité d’être et oeuvre pour développer la sagesse en lui.

Il s’intéresse ainsi aux « Mystères » de l’existence (la conscience de Soi, le sens de la vie, la mort … ) pour investir ses énergies dans une démarche soutenue qui l’amène à re-visiter ses valeurs existentielles ….. L’image de lui-même, la performance, l’efficacité, l’argent, le pouvoir etc … ne sont plus ses priorités.

L’Homme Nouveau est être « vrai », ouvert, profondément humain, en mouvement, qui se remet en question. Il travaille à l’émergence d’une société plus juste, plus humaine et en quête de Vérité.

P.S. : j’apprécie le jeu « Féminitude » mais je crois que la portée spirituelle des « Cartes de l’Homme Nouveau » n’est pas à comparer avec « Féminitude ». (humblement, sans prétention mais justement, je crois que c’est au « masculin » d’apporter la dimension spirituelle à l’humanité)

De quels courants spirituels, de quelle approches de développement personnel vous vous êtes inspiré pour créer ‘les Cartes de l’Homme Nouveau » ?

Etant psychothérapeute (technique psycho-corporelle) depuis 15 ans, j’ai créé une grille de structuration du psychisme qui donne sens au jeu. Mais je suis également animateur de stage de Tantra et la grille d’évolution proposée par la théorie des chakras se juxtapose, croise celle de la structuration du psychisme pour décrire un cheminement d’évolution personnel vers une spiritualité vraie, incarnée au quotidien et accessible à tous et toutes.

L’introspection du psychisme et le Tantra constituent donc le socle de ce tarot. Et la relation (à soi-même, à l’autre, à l’environnement, au cosmos, …) est au cœur des messages transmis par les « Cartes de l’Homme Nouveau ». Mais je ne me suis pas limité à ces deux courants.

En effet, ma vie spirituelle a commencé à 17 ans et demi par une expérience paroxystique (irruption d’une lumière blanche au 3ème œil, changement soudain de plan de conscience …). Ce fut une vraie révolution intérieure, profondément déstabilisante.

J’ai cherché la « Vérité » pendant des années ; pratiqué une technique de « Raja yoga » avec assiduité (jusqu’à 8 heures par jour pendant 3 mois); me suis intéressé à l’astrologie, le chamanisme, le spiritisme etc …. .

J’ai intégré dans la constitution du jeu 15 courants spirituels sous forme de pratiques. Ce sont les lames des voies que j’ai posées au niveau du 3ème chakra. Chaque consultant s’y retrouvera facilement, ponctuellement ou d’une manière plus « dominante » car elles s’appuient aussi sur des aspects sociaux-professionnels et des caractéristiques du « masculin ».

Les 15 voies de réalisation de soi-même offrent des champs d’ouverture de la conscience et de développement personnel. Ils sont inspirés de 15 courants spirituels bien connus et ….efficaces.

Sans titre2 

Les 72 cartes de ce tarot de « L’homme nouveau » sont très jolies. Les illustrations ont été faites je crois par Magalie Masson qui est Artiste-Peintre. Pouvez-nous parler de cette collaboration ?

Le projet initial était un projet d’homme, fait pour les hommes. J’ai donc cherché un peintre-illustrateur, homme, et adhérant au projet. J’en ai trouvé aucun suffisamment disponible dont le « pinceau » me satisfaisait.

Magalie Masson est une amie. Elle habite près de Montpellier (son atelier est à Toubes, à côté de Pezenas )où je réside moi-même … .

J’ai pensé à elle d’autant plus que sa démarche personnelle collait à l’essence du jeu. Elle travaille sur l’alliance en Soi du masculin et du féminin.

Elle a perçu et retranscrit la beauté du « féminin » de l’homme.Elle le transmet en couleur et avec une poésie très personnelle.

Les deux ans et demi nécessaires à la réalisation de la totalité des illustrations furent riches en émotions : excitation, « dépression », satisfaction, « insights », etc … . Parfois mes exigences ou les siennes l’amenaient à refaire et refaire encore telle ou telle illustration.Ce fut un travail très prenant pour l’un comme pour l’autre.

L’amitié entre Magalie et moi en sort renforcée : le bébé nous plaît. Il est conforme au projet initial et je tiens ici à remercier Magalie pour son engagement et sa ténacité.

Son talent et sa créativité contribuent largement à la réussite et à la beauté des « Cartes de l’Homme Nouveau ». Certaines lames : « Le Féminin », « Le Roi » etc … sont des créations exclusives de Magalie ; des expressions de sa poésie en phase avec le « féminin » de l’homme.

Jacques Lucas*

*Jacques Lucas anime avec Marisa Ortolan des séminaires de développement personnel et de tantra et des méditations dans la région de Montpellier.
Pour en savoir plus sur les «Cartes de l’Homme Nouveau» ou pour les commander cliquez ici

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DEUX CONTES DE SAGESSE

Posté par othoharmonie le 25 février 2016

 

 ZEN3

Un jour une silhouette arriva dans le village. Elle portait un manteau sombre. Tout le monde détournait le regard sur son passage, chacun changeait de trottoir. Elle frappait aux portes pour demander l’hospitalité, mais toutes restaient obstinément closes. Elle aperçut un jeune homme souriant. Les passants accourraient, on se battait pour lui payer un verre, pour l’inviter. Tout le monde l’aimait.

Cet homme si recherché aperçut la silhouette sombre, que tous évitaient, et cela l’intriguait. Il alla la voir, et lui demanda :

« Qui es-tu ? Pourquoi tout le monde te fuit ?

- Je suis la Vérité. Les gens ont horreur de la Vérité. Mais toi que tout le monde t’adore, comment fais-tu ?

- Je suis l’Histoire. Tout le monde adore les histoires. Viens avec moi, et en ma compagnie tu seras aussi invité.

- Oh non, malheureux ! Si les gens te voient avec moi, ils te fuiront aussi.

 - J’ai une idée, dit l’Histoire, cache-toi sous mon manteau ! »

Et l’Histoire et la Vérité devinrent inséparables. Sous le manteau de l’Histoire, se cachait la Vérité. C’est ainsi que dans chaque Histoire, se cache un peu de Vérité.

 Conscience3

Les grains de blé

Il était une fois un fermier qui avait cinq filles. Un jour il dut s’absenter pour un long voyage. Avant de partir, il appela ses filles et leur remit chacune trois grains de blé, en leur recommandant d’en prendre grand soin.

L’aînée se dit « Que puis-je bien faire de trois grains de blé ? » et elle les jeta par terre.

Quatre années passèrent, et un jour le père revint. Les filles étaient heureuses de le revoir, et à peine arrivé leur père leur demanda si elles avaient toujours les trois graines qu’il leur avait confiées.

« Bien sûr ! » dit l’aînée, qui courut chercher trois graines dans le garde manger.

 La seconde retrouva ses graines qu’elle avait dé- posé en haut de son armoire. Elle souffla la poussière et les ramena fièrement.

« Je les avais soigneusement rangées dans une boîte, les voici ! dit la troisième.

-  Elles étaient sur ma table de chevet, c’était la dernière chose que je voyais le soir en m’endormant, et la première que je voyais le matin en me réveillant, dit la quatrième.

 - Très bien, dit le père en souriant. Et toi ? demanda-t-il à la cadette.

- Je ne les ai plus.

- Comment ça ? Est-ce ainsi que tu traites les présents de ton père ? s’énerva le patriarche.

- J’ai cherché ce que je pouvais bien faire de ces graines, expliqua-t-elle.

Après réflexion, j’ai pensé que le mieux était de les planter. Les graines ont poussé, ont mûri, et donné des graines à leur tour. Je les ai plantées, obtenant de nouvelles graines, et j’ai recommencé ainsi chaque année.

Et maintenant, tu peux voir le champ de blé derrière la maison. »

Le père fut très satisfait de la réponse de sa cadette, et dit à ses autres filles : « Voyez, c’est ainsi qu’il faut faire usage des présents que l’on vous fait».

De la même manière, je vous ai transmis ce conte, pour qu’à votre tour, vous le contiez à d’autres personnes, qui le raconteront à leur tour.

MERCI ! 

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La Relaxation est une stratégie du bonheur

Posté par othoharmonie le 13 janvier 2016

 

ZENLa relaxation peut bouleverser nos vies ; elle ouvre en nous des chemins ignorés, pénètre au cœur de la citadelle, elle est une passerelle vers le Bonheur. Comment écrire à son sujet sans tourner sept fois la plume dans l’encrier ? Comment prévenir les risques de manipulation, les dérives, les excès ? Comment créer par le biais d’un écrit cette relation privilégiée et confiante, qui doit se nouer entre celui qui apprend et celui qui sait un peu de vérité ? Comment ne rien dire qui nuise, et rien qui ne serve ? être sérieuse sans être grave, informer, guider, sans jamais blesser la liberté d’autrui ?

Les personnes tendues se brûlent. Elles gaspillent follement leur énergie vitale, jetant dans le brasier leur adénosine triphosphorique (ATP). Elles préparent une terre accueillante, de sympathiques autoroutes aux maladies psychosomatiques : hypertension, asthme, ulcères de l’estomac et du duodénum, colites, dermatoses, troubles cardio-vasculaires, migraines, insomnies, etc. Elles tendent, si j’ose dire, un cou docile au lacet des névroses. Elles perdent la maîtrise de leur mental, et n’assurent plus le sage gouvernement de leur corps. Bref, elles gèrent absolument leur vie. Je propose une solution : la Relaxation.

JE M’ADRESSE A :

-          Ceux qui voudraient bien entrer, mais n’osent pas en raison d e leur âge, d e leur pauvreté, de leur handicap physique, culturel ou social…

-          Ceux qui ont la peau de l’âme fragile que la vie blesse à l’excès, stressés pour un mot, un geste, une vétille, et qui n’imaginent pas qu’une solution existe… à leur portée.

-          Ceux qui ont déjà « essayé » un peu de yoga, un peu d’eutonie, un peu de cela un peu de ceci, à la cueillette du hasard, n’ont jamais rien choisi, perdus avant d’avoir commencé.

-          Ceux qui compensent en activités frénétiques leurs pulsions d’angoisse, cycliste maudits qui ne peuvent une seule seconde cesser de rouler sous peine de s’effondrer.

-          Ceux qui n’ont réellement pas le temps. Je pense aux mamans accablées d’enfants, qui font deux journée en une, et qui ne peuvent jamais « voler » une heure de solitude, de silence, de paix.

-          Ceux qui se moquent ouvertement de ces « méthodes de relaxation », les tiennent pour coquecigrues ; mais qui ont peur le soir, en secret.

-          Et ceux que j’oublie….

-          Je m’adresse : aux angoissés chroniques, aux stressés d’occasion..

A tous ceux-là, clos sur une vie absurde, verrouillés dans le malheur au quotidien, je leur dis : il existe des solutions : DES SEANCES DE RELAXATION

Essayer. Il faut essayer… Sauter le pas, car nul ne peut se relaxer à votre place

Persévérer. Il faut tenir, il faut vous obstiner. Tout dépend de votre qualité d’anxiété, de la cohérence entre votre choix et votre personnalité etc..

Vous aimer. Enfin, il faudra vous aimer, vous regarder avec bienveillance, humour et lucidité. L’amour équitable de soi est la pierre d’angle de toute relaxation.

La relaxation est une stratégie du bonheur. Je ne plaide pas pour l’insouciance et la frivolité, mais pour une juste appréciation des choses, que vous prenez pour des montagnes, et des petits ennuis que vous nommez tragédies.

Il existe plusieurs sortes de relaxations EXPRESS ou ESCARGOTES ou ALEATOIRES : LOCALES – GENERALES – MENTALES

LOCALES : Ces relaxations visent un organe précis, ou une contraction bien déterminée. Exemple : la relaxation de la langue. Elles sont subdivisées en relaxations  dites « Express », et « Aléatoires » . Elles s’apprennent rapidement et détendent en quelques minutes. Elles ne réclament aucune posture singulière, elles peuvent être exécutées discrètement dans la rue, au bureau, n’importe où. Leur effet est généralement limité.

GENERALES : Ces relaxations s’adressent à l’ensemble du corps. Exemple : la station debout. Elles se subdivisent en relations « express » et « escargotes ». Elles postulent une oasis de calme. Elles ouvrent éventuellement sur d’autres niveaux de conscience.

MENTALES : Ces relaxations privilégient l’attitude intérieure. Exemple : « La prière », ou « Vivre le Présent ». Elles se subdivisent en relaxations « escargotes » et aléatoires »

 

Voici quelques exemples :

RELAXATION LOCALE DE LA LANGUE (express) – Imaginez le volume de votre cavité buccale, vous la voyez ? Détendez les mâchoires en bas, les dents doivent à peine s’effleurer, explorez avec la langue l’arrière des incisives, le palais rugueux près des dents et le voile si doux. Prenez conscience du volume de la langue, de son attache dans l’arrière-gorge ; Représentez-vous maintenant la masse tout entière de langue de la base à la pointe, laissez-la s’affaisser, s’aplatir au fond de la bouche comme une sole échouée sur le sable du fond de l’eau. Sentez votre langue mole, chaude, indolente, amorphe. Résistez aux envies de l’agiter, maintenez-la avec patience étalée, calme, au repos.

C’est extraordinaire, on peut la pratiquer en faisant ses courses, chez le médecin, en voiture, pas besoin de s’allonger sur un tapis.

RELAXATION GENERALE (express): La marche est déjà une forme de détente. Balancement rythmé, respiration approfondie et régulière, accueil paisible du spectacle de la rue, ou d’un paysage. Le promeneur qui jette sur les gens et les choses un regard innocent réalise un début de relaxation oculaire et mentale.

…………….. (escargote) : Pendant cette même marche, une inspiration sur deux pas, rétention de souffle sur deux pas, inspiration sur deux pas etc. Le nombre de ces inspirations fractionnées est libre et se modèle sur la capacité de chacun (la moyenne est de quatre à six inspirations). Une expiration en continu par le nez de préférence conclut cette partie de l’exercice. Recommencer cinq fois.

RELAXATION MENTALE (express) : S’installer dans un endroit isolé. Prendre une posture de stabilité classique ou assis sur une chaise basse, l’essentiel est de garder le dos bien droit (ce peut être aux toilettes) … Pointez les deux mains en direction de l’abdomen (paumes à l’intérieur). Expirez en essayant de contracter le muscle relevateur de l’anus. Ensuite relâchez doucement le muscle. Inspirez en laissant bomber légèrement le ventre. Les mains s’élèvent en même temps que le souffle. Les doigts sont toujours pointés vers le bas.

…………… (escargote) : ajoutez-y votre souffle qui atteint le plexus… Placez les doigts à l’horizontal, les mains se font face. Ecartez largement l‘accordéon des côtes, les mains montent régulièrement puis redescendent doucement. Votre inspiration est achevée, vous bloquez le souffle et expirez.

………….. (aléatoire) : Le souffle atteint la zone claviculaire… Vous surélevez le thorax. Les mains continuent leur ascension en un mouvement lent, régulier, harmonieux ; elles passent devant la gorge et le visage. Votre inspiration est achevée, vous bloquez le souffle. Les mains s’immobilisent enfin paumes tournées vers le ciel. Le visage renversé, les yeux fermés en direction d’un soleil réel ou imaginaire…. Vous prononcez mentalement le mot « Paix«  !

BULLES

Je souhaite que ces petits exercices vous soient utiles pour bien démarrer votre relaxation quotidienne …

Notre corps est la pierre d’angle de notre âme, la racine du ciel. Il n’est pas une machine à notre service, une « guenille », mais un être vivant, digne de respect. Une certaine tradition nous a peu préparés à adopter une attitude juste, équilibrée vis-à-vis de notre corps. Il fut souvent méprisé au cours des siècles passés. En réaction, aujourd’hui, nous l’idolâtrons. Excès, qui sont les plus sûrs ennemis de notre harmonie, de notre paix. Pourtant les plus hautes cultures, les grandes religions, la science comprise, même nous l’enseignent : il faut tout simplement « habiter » notre corps comme l’on habite un pays. Le corps est notre première patrie.

Je vous souhaite donc de belles découvertes les Amis !

Francesca du blog http://othoharmonie.unblog.fr/

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Les effets sur la santé à différents stades de l’Eveil

Posté par othoharmonie le 21 décembre 2015

 

1 prièreDe nombreuses études ont constaté les effets bénéfiques sur la santé de pratiques spirituelles, ou simplement de la relaxation. Aujourd’hui, les neurosciences vont plus loin en identifiant ce qui se passe réellement dans le cerveau.

L’interface esprit/cerveau conserve l’essentiel de son mystère. C’est le « problème difficile » de la conscience, identifié par le philosophe australien David Chalmers. Perspective matérialiste ou pas, la façon dont les deux entités interagissent reste incomprise. Ce qui est certain, pour le neuropsychologue québécois Mario Beauregard, c’est que « dans l’effet placebo comme dans les thérapies cognitives, les croyances de la personne modifient la réponse du cerveau.

Or, si l’esprit était quelque chose d’impuissant, on ne pourrait pas observer ces résultats. » Par exemple, une personne atteinte de phobie ou de TOC (trouble obsessionnel compulsif) va être capable, grâce à une thérapie comportementale, de « reprogrammer » son cerveau en mobilisant son attention. De nouvelles pensées vont se substituer aux pensées intrusives ou phobiques, et un nouveau circuit neuronal va remplacer le circuit pathologique, comme on l’observe ensuite en imagerie cérébrale.

Pour Mario Beauregard, « l’interprétation la plus simple est de considérer que ce qui se passe au niveau psychique a une influence au niveau neurobiologique. » Prière « à l’insu de son plein gré » Ces observations viennent confirmer une quantité impressionnante d’études mettant en évidence que des activités telles que la méditation, la relaxation, la prière, etc., sont bénéfiques à la santé et favorisent la guérison. Edward Larson a effectué, dans son livre The Faith factor, une revue détaillée de 158 études médicales portant sur l’effet de la religion ou de la spiritualité sur la santé, dont 77 % faisaient état d’un bilan clinique positif.

Une autre étude portant sur 400 personnes âgées de plus de 64 ans a montré que des activités de nature spirituelle étaient associées à un meilleur taux de survie. À l’inverse, on a montré qu’une relation conflictuelle avec « la religion » augmentait le risque de décès chez des patients malades et âgés. Le lien de causalité n’est peut-être pas si évident et il ne s’agit pas de donner des gages définitifs aux croyants. Ce ne sont pas les croyances elles-mêmes qui sont bénéfiques, puisque différentes pratiques religieuses donnent des résultats semblables, mais bien les états mentaux qui en découlent. D’autres études ont été plus controversées, car elles portaient sur la « prière d’intercession », qui consiste à prier pour la guérison de quelqu’un d’autre, parfois à son insu.

Une étude portant sur 1 800 patients opérés du cœur n’a pas montré que les prières orientées vers leur guérison avaient un effet quelconque. Pire, ceux qui savaient que l’on priait pour eux se sentaient encore plus mal que les autres! Pourtant, William Harris avait montré en 1999 que « la prière d’intercession, complémentaire, à distance, en aveugle, produit une amélioration mesurable des indicateurs médicaux chez les patients gravement malades ».

Et d’autres études l’ont confirmé, mais dans le cas des opérés du cœur, il a été avancé que ceux qui savaient que l’on priait pour eux pouvaient s’en effrayer en se pensant réellement à l’article de la mort.

C’est ce qu’on appelle un effet nocebo, contraire au placebo. Éveil accéléré Une étape supplémentaire est franchie avec les études qui montrent que l’éveil induit par une forme de bénédiction produit des modifications dans le cerveau. Le chercheur allemand Christian Opitz s’est penché sur le cas de la « bénédiction d’unité » appelée deeksha, telle qu’elle est pratiquée par Sri Bhagavan au sein de la Golden Age Foundation, en Inde. Selon ce dernier, l’éveil peut être transmis comme une grâce, et se réaliser en quelques semaines.

Opitz a étudié les scans cérébraux de personnes à différents stades d’éveil et observé qu’ils présentaient des caractéristiques communes: baisse d’activité dans les lobes pariétaux, liés au sentiment de soi et à l’orientation dans l’espace ; et hausse d’activité dans les lobes frontaux, principalement le gauche, lié au sentiment de bonheur et de bien-être.

 Ceci confirme selon lui un processus d’éveil en marche, comme si le deeksha installait en premier lieu le « câblage » neuronal, puis que l’expérience subjective de la personne se transformait peu à peu. Opitz en déduit également que l’expérience mystique « sauvage » peut être déstabilisatrice et pathologique précisément parce que le cerveau n’est pas prêt pour l’intégrer. Chez des disciples indiens de Sri Bhagavan et Amma, Opitz a observé que la zone appelée « septum pellucidum », associée à l’humeur et la joie, était « énorme », alors qu’elle est sous-active chez la plupart des gens et très réduite chez les dépressifs. Au niveau hormonal, il note également l’augmentation de la production d’ocytocine, l’hormone de l’amour et de la confiance.

Sri Bhagavan insiste sur la nécessité d’avoir des relations sociales et personnelles harmonieuses, où l’on rejoint Maître Philippe et les « pensées justes » qui devaient accompagner ses soins. Nouveau cerveau Le chercheur danois Erik Hoffmann a étudié les tracés EEG (électroencéphalogramme) de douze personnes participant à un « séminaire d’éveil » en Inde. Il constate d’abord « une forte tendance des deux hémisphères à fonctionner de façon plus symétrique ».

Ensuite, il observe une augmentation des ondes cérébrales gamma dans les lobes frontaux, qu’il traduit par une activation du « nouveau cerveau », indispensable au processus d’éveil et à l’état d’unité. En effet, de telles ondes gamma ont été observées par Richard Davidson chez des méditants bouddhistes zen expérimentés.

Selon Mario Beauregard, ces ondes gamma seraient toutefois liées à l’effort d’attention qui est requis dans ces formes de méditation.

En revanche, il a lui aussi observé que certaines personnes ayant vécu une expérience de mort imminente (NDE) conservaient également une trace dans le cerveau. D’ailleurs, plusieurs cas de guérisons spectaculaires ont été constatés après une telle expérience. Ainsi, le mystère demeure, mais le potentiel de la conscience semble illimité.

Issu du magazine Nexus Guérison 2010 sur le blog de Francesca http://othoharmonie.unblog.fr/

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En quête de Dieu

Posté par othoharmonie le 20 décembre 2015

1 Zen

 

    L’un des nombreux problèmes auxquels nous sommes tous confrontés, et qui touchent tout particulièrement ceux dont l’éducation est en cours et qui devront bientôt se lancer dans le monde, est la question des réformes. Divers groupes – socialistes, communistes et réformateurs de tout poil – s’efforcent consciencieusement de faire aboutir certains changements dans le monde, de toute évidence nécessaires. Bien que certains pays jouissent d’une relative prospérité, dans le reste du monde la faim, voire la famine, subsiste, et des millions d’êtres humains sont mal vêtus et n’ont pas d’abri décent pour dormir. Mais comment une réforme fondamentale peut-elle se mettre en place sans susciter encore plus de chaos, de misère et de conflits? Là est le véritable problème. Si l’on se plonge un peu dans l’histoire, et que l’on observe les tendances politiques actuelles, il apparaît évident que ce que nous qualifions de réforme – si désirable et nécessaire soit-elle – apporte toujours dans son sillage de nouvelles formes de confusion et de conflits ; et pour contrecarrer ce surcroît de malheurs, il faut nécessairement encore plus de lois, plus de contrôles et de vérifications des contrôles. 

La réforme suscite de nouveaux désordres, et en y remédiant, on en crée de nouveaux, et le cercle vicieux continue de la sorte. Voilà ce à quoi nous sommes confrontés, et c’est un processus apparemment sans fin. 

    Comment sortir de ce cercle vicieux? Que les réformes soient nécessaires, c’est une évidence ; mais est-il possible de réformer sans créer de confusion plus grande? Voilà, me semble-t-il, l’un des problèmes fondamentaux dont toute personne réfléchie doit se préoccuper. La question n’est pas de se demander quel genre de réforme est nécessaire, mais si une quelconque réforme est possible sans entraîner d’autres problèmes qui suscitent à leur tour la nécessité d’une réforme. Et que faire pour casser ce processus sans fin? Assurément, la fonction de l’éducation, de l’école primaire à l’université, est de s’attaquer à ce problème, pas de manière abstraite et théorique, pas en philosophant et en écrivant des livres à ce sujet, mais en l’affrontant pour de bon, afin de trouver les moyens de le résoudre. L’homme est prisonnier de ce cercle vicieux d’un système de réformes qui exige sans cesse de nouvelles réformes, et s’il n’y est pas mis fin, nos problèmes sont sans solution. 

   Quel type d’éducation, quel type de pensée faut-il donc pour briser ce cercle vicieux? Quelle action saura mettre fin à cette recrudescence de problèmes dans toutes nos activités? Y a-t-il un mouvement de la pensée, quelle qu’en soit la direction, qui soit capable de libérer l’homme de ce mode de vie, qui, pour être réformé, exige toujours plus de réformes? Autrement dit, y a-t-il une action qui ne naisse pas d’une réaction? 

   Je pense qu’il existe un choix de vie étranger à ce processus de réforme qui a pour fruit une misère accrue, et cette voie-là peut être qualifiée de religieuse. L’homme authentiquement religieux ne se soucie pas de réformes, il ne se préoccupe pas d’introduire de simples changements dans l’ordre social: au contraire, il est à la recherche du vrai, et cette quête même a sur la société un impact transformateur. Voilà pourquoi l’éducation doit avant tout se préoccuper d’aider l’étudiant à chercher la vérité – ou Dieu – et ne pas se contenter de le préparer à se plier aux modèles d’une société donnée. 

    Je crois qu’il est très important de comprendre cela lorsqu’on est jeune car, l’âge venant, nous commençons à laisser de côté nos petits amusements et nos petites distractions, nos appétits sexuels et nos ambitions mesquines, nous avons une conscience plus aiguë des immenses problèmes auquel le monde est confronté, nous voulons alors agir pour y remédier, et apporter certaines améliorations. Mais, à moins d’être profondément religieux, nous ne susciterons qu’un surcroît de confusion et de malheurs ; et la religion n’a rien à voir avec les prêtres, les églises, les dogmes, ou les croyances organisées. Tout cela n’a rien à voir avec la religion, ce sont de simples convenances sociales visant à nous maintenir dans le cadre d’un schéma particulier de pensée et d’action ; ce ne sont que des moyens d’exploiter notre crédulité, notre espoir et notre peur. La religion consiste à chercher ce qu’est la vérité, ce qu’est Dieu, et cette quête requiert énormément d’énergie, une intelligence ouverte et une grande subtilité de pensée. L’action sociale juste ne naît pas en mettant en œuvre la soi-disant réforme d’une société donnée: elle naît dans et par la recherche de l’incommensurable. 

    La quête de la vérité exige beaucoup d’amour et une conscience approfondie de la relation de l’homme à toute chose – ce qui signifie que l’on ne se préoccupe pas de son propre progrès, ou de ses propres accomplissements. La quête de la vérité est la vraie religion, et seul celui qui cherche la vérité est un homme authentiquement religieux. 

A cause de son amour, cet homme est en dehors de la société, et son action sur elle est donc entièrement différente de celle de l’homme qui est dans la société et veut la réformer. Le réformateur ne peut jamais créer une nouvelle culture. Ce qui est indispensable, c’est la quête menée par l’homme véritablement religieux, car cette quête même produit sa propre culture – et c’est notre unique espoir. En effet, la quête de la vérité donne à l’esprit une créativité explosive, qui est la vraie révolution, car dans cette quête l’esprit n’est pas contaminé par les diktats et les sanctions de la société. 

Étant libre de tout cela, l’homme religieux est capable de découvrir ce qui est vrai ; et c’est cette découverte du vrai, d’instant en instant, qui crée une nouvelle culture.    

 C’est pour cette raison qu’il est si important pour vous de recevoir l’éducation adéquate. Pour cela, l’éducateur lui-même doit être correctement éduqué, de telle sorte qu’il ne considérera pas l’enseignement comme un simple moyen de gagner sa vie, mais qu’il sera capable d’aider l’élève à se détacher de tous les dogmes et à n’être prisonnier d’aucune religion ni d’aucune croyance. Ceux qui se rassemblent sur la base d’une autorité religieuse, ou pour mettre en pratique certains idéaux, s’intéressent tous aux réformes sociales, ce qui revient à se contenter de décorer les murs de sa prison. Seul l’homme réellement religieux est un vrai révolutionnaire ; et l’éducation a pour fonction d’aider chacun de nous à être religieux dans le vrai sens du terme, car c’est dans cette seule et unique voie qu’est notre salut.

 

Extrait … du livre LE SENS DU BONHEUR -  KRISHNAMURTI  à retrouver ICI : http://bibliothequecder.unblog.fr/2014/12/04/le-sens-du-bonheur-de-krishnamurti/

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Définition du hasard et est-il forcément nécessaire

Posté par othoharmonie le 6 décembre 2015

 

histoire de hasardLe terme hasard désigne pour moi ce que le mathématicien Antoine-Augustin Cournot en a dit : La rencontre de deux séries causales indépendantes.
Le hasard deviendra un hasard nécessaire (synchronicité) lorsque cette rencontre sera liée par un sens pour l’individu (critère 1), qu’elle aura une forte charge émotionnelle (critère 2), qu’elle proposera une nouvelle direction ou traduira une transformation (critère 3). Ce hasard nécessaire ou cette synchronicité est susceptible de se produire dans les entre-deux de notre vie (critère 4).
Le hasard est nécessaire et il y a des hasards qui sont plus nécessaires que d’autres. Un hasard ou une coïncidence peut ainsi exister et être banale si elle ne répond pas aux 4 critères mentionnés.

Pourquoi cette notion fascine t’elle autant l’homme ?

Parce qu’elle nous invite à nous questionner sur le pouvoir que nous avons de changer notre vie ou de la subir. De tous les temps, nous avons tenté de trouver des moyens de nous donner des illusions de contrôler la vie. Ces illusions sont nécessaires tant que nous arrivons à bien délimiter où se trouve notre pouvoir et où se trouve le pouvoir de la vie de nous déstabiliser. C’est comme d’apprendre à jouer avec les règles dans un jeu. Si je joue en croyant que je peux contrôler l’issue des dés, ou si je modifie les règles pour que je ne joue que si j’ai une paire de 6, cela rend le jeu de la vie terriblement ennuyeux. Le hasard nous offre cette possibilité de redonner du jeu au jeu de la vie !


Quelle était votre démarche en écrivant votre premier livre « Les Hasards Nécessaires » ?
 

J’ai voulu simplement développer un art de la rencontre. Apprendre à sortir de nos zones de conforts pour rencontrer véritablement de l’altérité et des symboles qui peuvent nous transformer.

La synchronicité concerne t’elle les rencontres de tout ordre? 

Oui, toutes les rencontres peuvent être ou non synchronistiques. Dans le livre collectif de Michel Cazenave, (« La synchronicité, l’âme et la science », Editions Albin Michel) il y est même fait mention de la dimension biologique des rencontres qui ont fait muté les espèces au cours de l’évolution, dans un chapitre intitulé « L’évolution en tant que continu synchronistique ».


Est-ce qu’une synchronicité a toujours un sens, un « message » à transmettre ?
 

La vie est une longue conversation et la synchronicité en est un de ses canaux privilégié. La synchronicité n’a jamais un sens précis. Son langage est comme le symbole, il est multi sens et s’adresse donc aussi à tous les sens de l’être pour le garder vivant dans sa conversation avec le vivant.


Si on ne comprend pas ou que l’on résiste aux sens de ces signes, que se passe-t-il ?
 

Il existe une obsession de trouver le bon signe, de trouver toujours le sens des synchronicités. La clé consiste à rester visible et disponible. Si le sens n’a pas été saisi, la vie continuera sa conversation avec nous d’une manière ou d’une autre.


Est-ce que lorsque l’on a, comme vous, autant écrit et réfléchi sur ce thème, on arrive à déceler et accepter davantage ces signes ?
 

Le but est d’accepter la vie et non les signes. Imaginons un être qui se promènerait sur la route en collectionnant les panneaux de signalisation et les emmagasinant dans sa voiture pour se sécuriser. Tout dépend des endroits où l’on circule dans la vie. Certes dans certains aspects de notre vie, nous pouvons développer des capacités à mieux lire les signes. Mais la signalisation de type symbolique est toujours à réapprendre, surtout dans les autres pays…. !

Comment arriver à faire la distinction entre reconnaître certains symboles et en voir partout ? Ne serait-ce pas là qu’interviendrait l’intuition ? 

Tout à fait. Selon Jung, l’intuition est la capacité à voir avant la courbe. Autrement dit, c’est notre capacité à nous fier à notre sens intérieur et à répondre aux appels intérieurs qui nous indiquent par exemple de tourner à gauche alors que tout à l’extérieur nous pousse à tourner à droite. Par exemple, lorsque vous vivez une synchronicité ou une rencontre, demandez-vous simplement : Qu’est-ce que cette rencontre me pousse à faire ? Qu’ai-je envie de découvrir, de lire, de voir suite à telle rencontre ? Quelles nouvelles actions cette rencontre me propose d’entreprendre ?


La synchronicité semble aussi très liée à la notion de créativité…

Effectivement, et le plus difficile dans la véritable créativité est d’accepter de détruire ou transformer quelque chose ailleurs dans notre vie pour faire de la place à la nouveauté. La vraie créativité est une transformation et nécessite souvent l’aide d’une rencontre avec l’inconnu et l’inattendu.


Existe-t-il une loi de la synchronicité comme il existerait une loi de l’attraction ?
 

Lorsque le Christ est arrivé dans le monde, il a proposé quelque chose de totalement révolutionnaire pour l’époque : Le principe d’amour gratuit. Cela a choqué considérablement les tenants des lois de tout acabit. La synchronicité est un peu comme l’amour gratuit et il peut choquer des théories comme la loi d’attraction qui est toujours sous le registre de la causalité. La synchronicité tente de nous libérer d’un monde où la loi et la causalité dominent pour nous faire entrevoir des mondes plus complexes où le sens peut lier les événements et non la cause.


Dans votre dernier livre « Danser avec le chaos » (Editions de l’Homme – 2012), vous abordez le thème de l’inattendu et le génie des rencontres qui peuvent en être issues. L’inattendu est un parent très proche du hasard, qu’avez-vous voulu transmettre en abordant à ce thème ?
 

Une ouverture sincère à la créativité qui peut se cacher dans l’inattendu. Mon livre est une invitation à « inattendre » ce qui arrive dans nos vies et à danser avec l’inattendu plutôt que de lutter contre.J’ai voulu aussi tenter de remettre un peu de gratuité qui est une notion déstabilisante, dans le vaste shopping existentiel qui existe dans le développement personnel de nos jours. J’ai souhaité insister sur un message essentiel : celui d’aimer et d’accepter pleinement de ne pas attendre, et de respecter la gratuité de ce geste.


Vous faites également une large place dans votre livre à une figure archétypale ; le Trickster. Qui est-il et quel est son rôle exactement ?
 

C’est l’archétype des transitions et du chaos, le personnage farceur et rusé rencontré dans toutes les mythologies, notamment dans la mythologie grecque, avec Hermès. Le Trickster symbolise le renversement de l’ordre établi. À ce titre, il incarne la dynamique de l’ombre dans une conscience unilatérale dominée par la rationalité. Sa survenue dans les rêves, les synchronicités, les lapsus, les actes manqués, voire dans des situations vécues comme chaotiques, signale la libération d’une énergie compensatrice. Il fait partie du quatrième critère pour qu’une synchronicité se produise. C’est le principe déstabilisateur dans nos vies et dans nos histoires. Il survient pour remettre de la vie dans un système qui s’est rigidifié.

Sommes tous le trickster de quelqu’un, et donc qu’un trickster sommeille en chacun de nous ? 

Nous sommes surtout et avant tout les grand tricksters de la vie…. Une vie qui a besoin de nous pour la pousser à se dépasser, même si on a tendance à lui mettre de gros bâtons dans les roues par les temps qui courent…..

Interview Jean-François Vézina

Pour en savoir plus sur les activités de Jean-François Vézina, ou se procurer ses différents livres en version audio, je vous invite à visiter son site : http://www.jfvezina.net

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Le moine et l’adversité

Posté par othoharmonie le 11 octobre 2015

Sagesse des contes


MEMORY-80x80Le maître zen Hakuin vivait dans une ville du Japon. On le tenait en haute estime et bien des gens venaient l’écouter dispenser ses enseignements spirituels. Un jour, la fille adolescente de son voisin tomba enceinte. Les parents de cette dernière se mirent en colère et la réprimandèrent pour connaître l’identité du père. La jeune fille leur avoua finalement qu’il s’agissait d’Hakuin. Les parents en colère se précipitèrent chez lui et lui dirent en hurlant que leur fille avait avoué qu’il était le père de l’enfant. Il se contenta de répondre : « Ah, bon? ».

La rumeur du scandale se répandit dans la ville et au-delà. Le maître perdit sa réputation ne plus personne ne vint le voir. Mais cela ne le dérangea pas. Il resta impassible. Quand l’enfant vint au monde, les parents le menèrent à Hakuin en disant : « vous êtes le père, alors occupez vous en! » Le maître prit grand soin de l’enfant. Un an plus tard, prise de remords, la jeune fille confessa à ses parents que le véritable père de l’enfant était le jeune homme qui travaillait chez le boucher. Alarmés et affligés, les parents se rendirent chez Hakuin pour lui faire des excuses et lui demander pardon. « Nous sommes réellement désolés. Nous sommes venus reprendre l’enfant. Notre fille a avoué que nous n’étiez pas le père ». La seule chose qu’il dit en tendant le bébé aux parents fut : « ah, bon? ».

Le maître réagit de façon identique au mensonge et à la vérité, aux bonnes nouvelles et aux mauvaises nouvelles. Il permet à la forme que prend le moment, bonne ou mauvaise, d’être ce qu’elle est. Ainsi, il ne prend pas part au mélodrame humain. Pour lui, il n’y a que ce moment, ce moment tel qu’il est. Les événements ne sont pas personnalisés et il n’est la victime de personne. Il fait réellement un avec ce qui arrive et ce qui arrive n’a aucun pouvoir sur lui… Il a pris soin de l’enfant avec beaucoup d’amour. L’adversité se transforme en félicité grâce à son absence de résistance. et répondant encore à ce que le moment présent exige de lui, il rend l’enfant quand c’est le moment de le faire.

Imaginez un instant comment l’ego aurait réagi au cours de ces divers événements.

cité par Eckhart Tolle dans Nouvelle Terre, p. 169-170.

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PARLER DE L’EVEIL AVEC LE MAITRE ADYASHANTI

Posté par othoharmonie le 14 juillet 2015

 

8716_243843828Mon enseignement vise l’illumination, il cherche à éveiller du rêve de séparation de la réalité qui est l’Un. En bref, mon enseignement vis à vous inciter à réaliser ce que vous êtes. Vous y découvrirez peut-être d’autres éléments qui découlent simplement d’une réaction aux besoins particuliers des gens sur le moment, mais à la base, je ne m’intéresse qu’à votre Eveil.

L’illumination, c’est s’éveiller à ce que l’on Est vraiment et puis être ce que l’on est vraiment. Réaliser et être, réaliser et être. La réalisation seule ne suffit pas. Parachever la réalisation de Soi, c’est être, ce qui signifie agir, faire et exprimer ce que vous réalisez. La question est extrêmement profonde, il s’agit d’un mode de vie inédit – de vivre dans la réalité et comme réalité au lieu de vivre selon des idées, des croyances et des pulsions programmées de votre mental qui rêve.

En vérité, vous êtes déjà ce que vous cherchez. Vous cherchez Dieu avec ses propres yeux. Cette vérité est si simple, si bouleversante, si radicale et si tabou qu’il est facile de ne pas la voir au milieu de votre quête frénétique. Vous aurez peut-être déjà entendu ce type de propos et vous y accordez peut-être même foi, mais ma question est : « l’avez-vous réalisé de tout votre être ? Le vivez-vous ?

Mes paroles visent à vous ébranler pour vous éveiller, non à vous dire comment mieux rêver. Vous savez comment mieux rêver. Selon votre état mental ou émotionnel du moment, je serai très doux et souple avec ovus, ou alors, ni très doux ni très souple. Après m’avoir lu, vous vous sentirez peut-être mieux, mais c’est accessoire à l’Eveil. Réveillez-vous !

Vous êtes tous des bouddhas vivants. Vous êtes la divine vacuité, cet espace de conscience pure, l’inexistence infinie. Je le sais parce que je suis ce que vous êtes, et vus êtes ce que je suis. Délaissez toutes les idées et images dans votre mental, elles vont et viennent et ne sont même pas générées par vous. Pourquoi donc prêter tant d’attention à votre imagination lorsque vous pouvez réaliser la réalité dès maintenant ?

Ne croyez pas que l’Eveil soit la fin. L’Eveil est la fin d’une quête, la cessation de celui qui cherche, mais c’est le début d’une vie vécue depuis votre nature essentielle. C’est une tout autre découverte – une vie vécue depuis l’unité, à incarner ce que vous êtes, à être l’expression humaine de l’unité. Il n’est pas question de devenir l’Un ; vous êtes l’Un. La question c’est, êtes-vous l’expression conscient de l’Un ? L’Un s’est-il éveillé à lui-même ? Vous êtes-vous souvenu de ce que vous êtes vraiment ? Et si vous vous en êtes souvenu, le vivez-vous ? Vivez-vous vraiment consciemment en tant que l’Un ? Tous mes propos concernent l’Eveil ou la vie après l’Eveil. Peu importe ce sur quoi semblent porter mes paroles, je ne parle essentiellement que de ces deux choses.

Il y a plusieurs années, avant mon Eveil ultime, je cherchais l’illumination à corps perdu. Il faut en effet être un peu cinglé pour s’adonner sérieusement au zen. Mon maître disait toujours, « Seuls les fous restent ». L’une des formes que prenait ma folie, c’était qu’avant d’aller méditer parmi le groupe de mon maître pendant une heure ou deux les dimanches matins, je me levais tôt, à 5 h ou à 5 h 30, pur une méditation supplémentaire. Je restais assis dans une pièce minuscule à méditer, transi de froid.

Assis là, un de ces matins, il se passa deux choses, l’une après l’autre ; deux événements en apparence très paradoxaux. La première, ce fut de constater spontanément que tout ne faisait qu’n. pour moi, cela prit la forme d’un chant d’oiseau, un gazouillis dans le jardin et intérieurement, une question s’éleva, « Qu’est-ce qui  entend le son » ? je ne m’étais jamais posé cette question auparavant. J’ai soudain réalisé que j’étais tout autant le son et l’oiseau, que celui qui entendait cet oiseau ; que le fait d’entendre le son et l’oiseau étaient les manifestations d’une seule et même chose. Je ne peux dire ce qu’elle est, sauf de dire que c’est une seule chose.

J’ai ouvert les yeux, et j’ai découvert que le même phénomène se produisait dans la pièce – le mur et celui qui voyait le mur étaient une seule chose. J’ai songé que c’était inouï et j’ai réalisé que celui qui avait cette pensée était une autre manifestation de cela. Je me suis levé et je me suis mis à me déplacer dans la maison en quête de quelque chose qui ne soit pas partie de l’Un. Mais tout était un reflet de cette chose unique. Tout était le divin. J’ai pénétré dans la salle de séjour. Au beau milieu d’un pas, la conscience ou la perception, s’évanouirent, objets matériels, physiques ou choses de ce monde.

En l’espace d’un pas, tout avait disparu. Ce qui s’éleva ensuite fut l’image de ce qui me semblait être un nombre infini d’incarnations passées, des têtes alignées les unes après les autres aussi loin que portait mon regard. Ma conscience comprit quelque chose du genre, « Mon Dieu, je me suis identifié à diverses formes pendant un nombre incalculable de vies ». A cet instant, la conscience – l’Esprit – réalisa qu’elle s’était identifié à toutes ces formes au point de croire qu’elle était une forme jusqu’à l’existence actuelle.

Soudainement, la conscience n’était plus confinée à une forme, elle existait indépendamment. Elle ne se définissait plus par une forme quelconque, que ce soit celle du corps, d’un mental, d’une existence, d’une pensée ou d’un souvenir. Bien que j’aie vu cela, je pouvais à peine le croire. Comme si l’on m’avait fourré un million de dollars dans la poche et que je devais le regarder sans cesse pour en croire mes yeux ; c’était cependant impossible à nier. Même si j’emploie le terme « je » il n’y avait aucun « je », seulement l’UN.

Pendant environ trois mois, je n’ai rien divulgué à mon maître au sujet de cette expérience parce que je n’en voyais pas la raison. Pourquoi quelqu’un devrait-il en prendre connaissance ? Je ne ressentais nul besoin de me confier à quiconque, ni de glaner des félicitations. L’expérience semblait se suffire à elle-même. Ce ne fut que plus tard que je compris qu’elle correspondait à ce dont parlait mon maître depuis le début. J’ai réalisé que tous ses enseignements portaient sur cet Eveil. D’une manière bien tangible, cette expérience, qui se poursuit et demeure inchangée à ce jour, est la fondation sur laquelle reposent tous mes propos.

Lorsque nous examinons de près ce que nous croyons être, nous sommes sujets à la grâce. Nous constatons que les pensées, les croyances et les identités que nous entretenons ne définissent pas qui nous sommes, individuellement ni collectivement. Un mystère demeure ; nous comprenons que lorsque nous nous observons clairement et minutieusement, il est étonnant de constater à quel point nous, les humains, nous définissons d’après le contenu de notre mental, de nos sentiments et de nos antécédents.

Plusieurs courants de spiritualité tentent de supprimer les pensées, les sentiments et les souvenirs – de rendre l’esprit vierge, comme si c’était là un état spirituel ou souhaitable. Mais avoir l’esprit vide n’est pas forcément sagesse. Il est plus utile de percer à jour les pensées et de reconnaître qu’une pensée n’est qu’une pensée, une croyance, un souvenir ; nous pouvons dès lors cesser d’associer la conscience, ou l’Esprit, à nos pensées ou à nos états mentaux. Avec ce premier pas, quand j’ai compris que ce qui voyait par mes yeux et mes sens était l’état éveillé, ou l’Esprit, plutôt qu’un conditionnement ou un souvenir, j’ai constaté que le même Esprit voyait par toutes les autres paires d’yeux. Il n’importait nullement qu’il voie au travers d’autres conditionnements ; c’était exactement la même chose. La conscience se percevait elle-même partout, pas uniquement dans les yeux, mais aussi dans les arbres, les pierres, le sol.

L’obstacle le plus important qui s’oppose à cet Eveil, c’est la conviction que c’est quelque chose de rare. Une fois cet obstacle dissipé, ou du moins lorsque vous songez enfin : « J’ignore vraiment si ma conviction que l’Eveil est difficile à atteindre est réelle ou pas » alors tout se trouve instantanément à votre portée. Puisque c’est tout ce qui existe, il ne peut être rare et difficile à moins que nous nous en persuadions. La base de tout cela n’est pas théorique, elle repose sur l’expérience. Personne ne me l’a enseignée, et personne ne peut vous l’enseigner.

L’Eveil a ceci de merveilleux : lorsque vous ne fonctionnez plus suivant votre conditionnement, alors le sentiment du « moi  » qui vivais cette vie disparaît ; la plupart des gens ont ce sentiment d’un mi qui vit cette vie. si on le perce à jour cependant, on s’aperçoit que ce qui régit et fait fonctionner cette vie c’est l’amour, et ce même amour réside en chacun à tout instant. Lorsqu’il se manifeste par vos états d’âme personnels, il se dissipe, mais il est toujours présent. Personne ne détient cet amour. Chaque être est essentiellement une manifestation de cet amour.

Que vous en ayez conscience ou pas, vous avez vécu des instants où vous aviez oublié le « je » auquel vous vous identifiez. Cela peut se produire spontanément devant un paysage merveilleux, ou en raison d’un oubli de la part de l’ego. On ne tient généralement pas compte de tels événements. Après ces « instants merveilleux », votre sentiment d’identité familier se reconstitue. Ces occasions sont pourtant des trous permettant d’épier l’expérience authentique de la Vérité. Si vus y prêtez attention, vous les remarquerez. Soudainement, le mental cesse de penser à son histoire. Vous remarquerez peut-être que votre identité en soi ou que le sentiment d’un moi s’est estompé et que ce que vous êtes vraiment n’a pourtant pas disparu. Puis, interrogez-vus : « Qu’est-ce que le vrai moi ? Si mon identité peut faire une pause et que je ne disparais pas, que suis-je donc ? Ou plutôt : Que suis-je quand je disparais » ?

C’est alors que la spiritualité devient non seulement concrète, mais audacieuse et amusante. Vous commencez à ressentir ou à pressentir que vous approchez de quelque chose qui n’est pas une fabrication de la pensée, de la croyance ou de la foi. Et assimiler cette présence éveillée exempte de toute identité est ahurissant. La tradition zen l’appelle « l’incréé » ; c’est la seule chose que le mental ne fabrique pas.

Le paradis, c’est cette expérience qui survient après avoir pénétré notre propre vacuité. Nous réalisons notre propre état éveillé pur et constatons que nous sommes purs esprits exempts de forme. Nous reconnaissons que l’Esprit dépourvu de forme est l’essence, la présence qui anime tout. Voilà ce qu’est le paradis, car à chaque pas, l’Esprit et l’essence occupent notre corps. C’est le sens véritable de naître de nouveau. Renaître ne se limite pas à une conversion religieuse très émotionnelle. C’est peut-être agréable, mais ce n’est rien de plus que de changer de vêtements. Renaître c’est naître encore, pas de se procurer un nouveau vêtement spirituel. Plus précisément, c’est de ne pas être né encore au moment où nous réalisons que l’éternel néant vit cette vie nommée « ma vie ».

hqdefaultNéanmoins, ce n’est pas parce que vous réalisez votre vérité et que vous vous éveillez spirituellement que votre vie connaîtra des bonheurs sans fin. Ce ne serait pas la paix qui transcende toute compréhension. Tant que notre vie est heureuse, il est facile d’être en paix. La vie agit toutefois selon sa nature, tel un océan en mouvement. Que les vagues soient hautes ou petites, elle est toujours aussi sacrée. Au sein de cet état éveillé réside la paix qui transcende toute compréhension et votre vie n’a pas forcément à produire quelque chose de mieux. Elle fait ce que la vie fait ; elle s’écoule doucement. Cela n’a plus aucune importance pour vous.

Extrait de Conscience pure et méditation véritable du Maître Adya 

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S’aimer tel que l’on est

Posté par othoharmonie le 25 mars 2015

reconnaître ses qualités et ses défauts, aimer l’autre tel qu’il est, sans le juger.

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Voici la transcription de l’interview de Juan-David Nasio

Quels sont les principes éthiques qui vous guident dans la vie ?

Je dirais qu’un des principes éthiques qui me guident, c’est de sentir que je suis aussi bon que mauvais, que je fais la part des choses, j’ai des défauts et des qualités. Je me traite moi-même, j’essaye de me traiter moi-même en reconnaissant en moi des qualités, en reconnaissant en moi des défauts, en essayant de m’accepter tel que je suis, et si possible, en reconnaissant mes défauts, et en les aimant. Alors là, c’est un degré supérieur de sagesse, mais quelquefois il faut y arriver à ça ; c’est mon idéal, d’arriver à aimer mes défauts puisque c’est ma nature. Et parfois je dis, quand des gens me disent : « Mais pourquoi vous ne faites pas un livre sur ceci ou sur cela ? » Je dis : « Parce que je ne mesure pas deux mètres. Je mesure 1,71 mètre et je suis là et c’est ma nature, c’est ma taille ; je ne peux pas faire des choses qui ne correspondent pas à ma nature. » Chacun a sa nature.

Plutôt que d’aimer nos défauts, pourrions-nous les transformer en qualités ?

C’est pour ça que je disais que c’est difficile de : un, reconnaître nos défauts, et nos qualités aussi pour ne pas être injuste envers nous-mêmes. Deux, commencer à aimer nos défauts, ça c’est déjà un peu difficile. Trois, transformer nos défauts en qualité, alors là c’est du top niveau. Je dirais c’est du grand sage, peut-être un sage bouddhiste ou un sage du zen, peut-être il le pourrait, mais pour nous qui ne sommes que des humains confrontés à la vie de tous les jours, ce n’est pas toujours facile.

Quel est votre conseil de comportement éthique ?

La tolérance, la tolérance d’encaisser, la capacité d’encaisser, d’accepter et d’intégrer. C’est très difficile mais c’est la qualité la meilleure. Mais pour cette tolérance il faut beaucoup de courage. Pour moi c’est aussi un principe éthique, dans mon éthique je dirais d’homme, personnelle. Mon éthique personnelle – et j’essaye de la transmettre à tous ceux avec lesquels je travaille, que ce soit des élèves, que ce soit des patients ou des enfants, et ce n’est pas simple – c’est de leur dire d’apprendre à encaisser les coups et ne pas sentir de la haine. C’est difficile. Ça j’essaye : à certains moments il y a certaines choses qui ne sont pas comme j’aurais voulu qu’elles soient, et j’encaisse. Le mot encaisser, c’est un mot bon, parce que c’est l’impact, on est secoué et on l’intègre. Et pas tout le monde peut intégrer, parce que souvent on a un goût amer, on a envie de se venger.

Et la vengeance n’est pas une bonne chose dans la vie humaine, mais ça on le sait depuis le code d’Hammourabi. Hammourabi qui était effectivement un homme sumérien, 2500 avant Jésus-Christ. Le code d’Hammourabi il faut aller le voir au Musée du Louvre, c’est formidable ! Eh bien le code d’Hammourabi parlait de la vengeance, c’était le minimum du code. Mais nous sommes à ce niveau là qui est un niveau assez primitif.

En général, le cas d’humanité de l’être humain, c’est de ne pas juger l’autre en bon ou en mauvais et de ne pas attendre qu’il soit ce que je veux, mais de le reconnaître ce qu’il est, tel qu’il est. J’applique ça tout le temps avec mes patients. Alors dans l’humanité, le geste le plus humain qui soit, ça serait celui-là : ne pas juger, ni en bon, ni en mauvais et reconnaître, et accepter l’autre tel qu’il est.

La source : Fondation Ostad Elahi (vidéo de l’interview en ligne).

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Juan-David Nasio

Originaire d’Argentine, Juan-David Nasio s’établit en France après avoir complété ses études de médecine et sa spécialisation en psychiatrie. Il travaille avec Jacques Lacan …

Il devient professeur et enseigne à l’université de Paris VII pendant trente ans. Il participe au séminaire que Lacan donne à l’École freudienne de Paris et ouvre le sien en 1978, traduit les écrits de Lacan en espagnol. En 1986, il fonde les Séminaires psychanalytiques de Paris.

En 1999, il est promu chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite et devient aussi citoyen d’honneur de Rosario.

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La fécondité intérieure

Posté par othoharmonie le 7 février 2015

 

 

Qui mieux que l’auteur du  Symbolisme du corps humain  (éd. Albin Michel) pouvait nous faire partager l’appel de la gestation intime  

Annick de Souzenelle : Nous avons tous à « Devenir »…

vision-quest-l-as-de-l-eau-3926552L’Homme d’aujourd’hui n’est pas l’Homme définitif. Pour l’instant l ‘Homme est très identifié à son inconscient…

Mais une lente montée de conscience se fait depuis le début des temps et se fera jusqu’à la fin des temps. L’Homme est comparable à un arbre qui grandit et dont la sève monte. Le thème de la fécondité est donc essentiel. Mais on a trop longtemps confondu le fruit de cet arbre, et donc l’objet même de la fécondité, avec l’enfant qu’un couple met au monde. L’enfant est béni, mais il n’est pas le but, il n’est pas le fruit. Dans mes ouvrages, j’ai souvent mis l’accent sur ce qui est dit de la création de l’Homme – de l’Adam – dans la Genèse: « A l’image de Dieu » et » mâle et femelle il est créé ». Il est bien entendu qu’à un tout premier niveau, celui du sixième jour qui voit aussi l’apparition des animaux de Terre, Adam est comme ces derniers, « mâle et femelle », dans les catégories biologiques, et voué à la procréation. Mais à un autre niveau qui fera l’objet du septième jour, l’Homme en tant qu’image de Dieu est appelé à faire un passage essentiel dans la réalisation de cette image, et le vocable « mâle et femelle » prend alors une tout autre signification: est « mâle » celui (ou cela) qui « se souvient » de cet autre « côté » de lui-même (et non d’une « côte » !) lourd de l’image divine; il s’agit dans ce pôle « femelle », d’un féminin intérieur à tout être humain, côté voilé de lui parce qu’encore inconscient mais riche d’un potentiel inouï.

Epouser ce féminin-là pour faire grandir « l’image » – comme grandit en effet un enfant dans un ventre maternel – pour atteindre à la « Ressemblance à Dieu », est alors la vocation réelle de l’Homme (hommes et femmes). Nous pouvons prolonger l’analogie et dire que l’état de « Ressemblance » est celui d’un enfant intérieur prêt à naître au neuvième mois d’une gestation essentielle. A ce terme, ce qui n’était que potentiel est réalisé, l’inconscient est transmuté en conscience. L’arbre a donné son fruit : l’Homme déifié.

Là est la vraie fécondité.

Malheureusement, je lis encore aujourd’hui de nombreux ouvrages de théologiens qui continuent de confondre ce féminin des profondeurs en chacun, avec la femme extérieure qu’alors on voile d’une façon ou d’une autre…

N C : L’humanité s’est donc arrêtée là, et les églises participent à ce réductionnisme !

A.D.S : Oui, les instances religieuses se sont dramatiquement arrêtées là ! En Occident, jusqu’au concile Vatican II, le mariage n’a eu pour finalité que la procréation. Un couple sans enfant était terriblement culpabilisé. Non moins culpabilisante était l’union accomplie hors de ce propos. Navrant !

N. C. : Vous venez de dire que l’homme est à devenir… à devenir Homme vraiment… A travers la rencontre amoureuse, sorte d’état d’illumination, n’a-t-on-pas, insconciemment, l’impression qu’enfin l’être aimé va nous aider à faire fleurir en nous ce germe d’humanité que nous n’arrivons pas à faire émerger seul ? La relation de couple peut-elle être une voie d’évolution vers ce Devenir dont vous parlez ?

A.D.S : Être amoureux tient d’une magie dont la folie, en l’homme ou en la femme, résulte de cette même « montée de sève » que j’évoquais tout à l’heure. Mais, en l’occurrence, cette montée de sève est totalement investie « à l’horizontal », récupérée dans les relations humaines ; elle ne fait plus l’objet du mariage intérieur qui,lui, assure la verticalisation de l’être et le conduit jusqu’à l’expérience de la « folie en Dieu ».

En l’Homme, cette sève est la puissance de l’Eros, de source et de finalité divine, mais dont une partie dessert, si j’ose dire, les étages intermédiaires: la vie génitale et l’ordre affectif s’en nourrissent, mais se voient transformés par un appel plus puissant encore, celui des épousailles divines. En profondeur, la vie de l’Homme n’est que nous ! Mais lorsque les ordres intermédiaires captent toute la sève et qu’ils s’octroient la dimension d’Absolu, qui n’est qu’en Dieu, les lendemains sont désenchanteurs, pour ne pas dire parfois très douloureux ; chacun des deux partenaires, coupé de lui-même – étranger à cet autre « côté » de lui-même – exige de l’autre un absolu et s’irrite de ce qu’il ne le lui apporte pas. Il s’agit là d’un jeu hélas
inconscient !

Mais lorsque l’Homme devient conscient, cette magie de l’amour de deux êtres peut admirablement contribuer à la transformation intérieure de chacun. Lors qu’ils replacent cette poussée de sève dans le souffle de l’appel divin, ils ne vivent pas là des forces contraires, mais des étapes différentes d’une même force, dont l’une illumine l’autre.

Une transcendance nous habite, qui transforme tout ; je dirais que nous devons nous laisser envahir par elle. En ce sens, le mariage n’est pas une moins grande ascèse que les autres formes de vie, celle du moine ou du célibataire; toutes ont le même but. Mais le mariage en est une icône directe.

Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de replacer toutes ces valeurs dans leur vraie lumière. Il nous faut une exigence autre…

N. C. : Peut-on voir à travers le symptôme du divorce, qui se développe de plus en plus, le symbole précisément,de cette autre exigence ? Par exemple, un début de prise de conscience que l’autre ne peut pas faire le travail intérieur à notre place, et que la recherche du bonheur à l’extérieur de soi n’est qu’illusion ?

A.D.S : Je ne sais si nous pouvons poser le problème de cette façon. Je crois que la multiplication des divorces est encore une réaction aux interdits d’autrefois. Nous arrivons à la fin d’un monde qui était basé sur une éthique morale. On ne divorçait pas, c’était interdit par l’Église d’Occident. Cette Loi faisait partie intégrante de l’éthique, mais celle-ci est en train de s’effondrer. On n’a pas encore reconstruit pour autant un autre paradigme. Aujourd’hui on ne veut plus obéir à une loi, mais comprendre le sens. Je crois que les divorces font partie de ces conflits auxquels on croit pouvoir donner une solution en les contournant.

N. C. : Je suis peut-être trop optimiste en disant cela…

A.D.S : Oui, peut-être. Si deux êtres qui se séparent ne se remettent pas totalement en question, ils risquent de reproduire la même situation par la suite. S’ils se remettent en question, ils peuvent parfois reconstruire une relation à un autre niveau de l’amour. Ce n’est plus la folle magie du premier jour, mais c’est beaucoup plus profond.

N. C. : Vu ainsi, le divorce est la preuve de notre grande irresponsabilité face à nous-mêmes… La seule aide véritable doit venir de nous…

A.D.S : Vous avez raison. Mais Je vous arrête sur le mot « aide » qui, justement, apparaît dans la Bible au 2ème chapitre de la Genèse. « Dieu dit: il n’est pas bon qu’Adafi soit seul, faisons une aide semblable à lui ». 

Cette traduction est mauvaise sous bien des aspects, mais surtout en ce qu’elle qualifie l’aide ; il n’est pas possible de traduire par « semblable à », il serait plus juste de parler d’une « aide capable de communiquer avec lui », ou encore « d’être son face à face ». C’est alors que Dieu fait découvrir à Adam cet autre « coté » de lui-même – et non sa « côte » comme je l’ai dit tout à l’heure – cette part de lui qu’il devra épouser, son féminin intérieur.
Adam – chacun de nous – ne peut que trouver aide en lui-même, en entrant en communication avec lui-même, avec cette part sacrée de ses profondeurs.

N. C. : En partant de ce constat, comment l’homme et la femme, dans la vie de couple, peuvent-ils cheminer ensemble et s’aider à réaliser ces épousailles intérieures ?

A.D.S : Ce n’est que dans la mesure où l’on communique avec soi-même que l’on peut communiquer avec l’autre à l’extérieur. Cet « autre extérieur » est toujours représentatif de « l’autre intérieur » à soi. L’accepter dans sa totale différence, c’est s’accepter soi-même. Seule cette vraie communication nourrit l’amour. Lorsqu’elle n’existe plus, l’amour meurt.

C’est ce que signifie le « ils n’ont plus de vin » – plus de réjouissances – que Marie fait discrètement remarquer à Jésus dans l’épisode des « Noces de Qanah » que rapporte l’évangéliste Jean. L’eau que Jésus transforme alors en vin pour continuer la fête, un vin d’un nectar incomparable, est symboliquement de l’inconscient transformé en conscient, un amour humain encore assez animal qui prend dimension divine.

Jésus vient alors renvoyer le Satan. Nous, de même, devons renvoyer tous nos démons, et tout d’abord accepter de les voir, de les nommer et de travailler à leur retournement. C’est cela, la communication avec soi-même, et le commencement d’un travail intérieur. Adam, laboureur de la Terre, doit travailler avec toute sa terre intérieure. Alors vient la fécondité !

N. C. : Nous vivons dans un siècle où, depuis la libération sexuelle, le corps est montré partout. Le corps est exposé, vendu, commercialisé… Par les films pornographiques, de plus en plus répandus, on peut « voir  » l’amour, « apprendre  » l’amour ; l’acte d’amour est devenu une « chose  » sans intimité, une image, un objet de consommation … Ne sommes-nous pas allés trop loin ? Cet étalage du « corps-chose  » n ‘est-il pas dangereux au point de nous faire totalement oublier l’Esprit qui vit à l’intérieur ?

A.D.S : Actuellement, nous vivons du réactionnel par rapport aux interdits d’avant, mais nous sommes aussi tombés dans une autre aliénation! Et vous avez raison, l’amour n’importe comment, avec n’importe qui, est aussi faux et aussi aliénant, si ce n’est plus, que les refoulements que dénonçait Freud. Je crois qu’il faut rendre au corps sa beauté, sa grandeur…

N. C. : Le poète Novalis, amoureux de l’amour, dit : « Il n ‘y a qu’un temple au monde et c’est le corps humain.. »

A.D.S : Je ne serais pas aussi absolue! Le cosmos aussi est un temple – la Maison que j’habite… Tout peut être temple si j’y contemple la présence divine.

Le corps ne doit pas être idolâtré; il sera transformé en corps spirituel avec la déification de l’Homme intérieur; il inscrit dans la moindre de ses cellules toute transformation de l’être ; il est un témoin.

N. C. : Alors, quelle est ta voie du milieu, celle qui chemine entre les interdits et la déification ?

A.D.S : C’est le « chemin qui a un coeur » dont parle l’autre poète, Daniel Pons : « Le chemin des profondeurs où chaque chose est reliée au Verbe divin qui la fonde. » Si nous ne voyons pas derrière le moindre brin d’herbe sa relation à l’archétype divin dont il procède, nous sommes dans un non-sens absolu. Avant tout, il nous faut retrouver la respiration qui unit la terre au ciel et l’Homme à Dieu.

3091315523_1_9_C9pfkbpNParce que nous ne sommes plus dans ce souffle, nous sommes dans une effroyable confusion. Coupés du monde divin, nous sommes dans la même situation que celle du déluge. « Maboul » est le déluge en hébreu. Nous sommes tellement concernés que nous en avons gardé le mot français! Il signifie l’anarchie la plus totale – l’Homes coupé des archétypes. Celui qui rentre dans l’arche, Noé – et nous sommes tous appelés à devenir des Noé, rentre dans le souffle, dans la respiration exaltante de la vie divine, et il s’accomplit.

Dans l’arche (notre arche intérieure), toute chose reprend sa vraie place, y compris le corps de l’Homme.

N. C. : Dans un couple, il arrive que l’homme ou la femme ( c’est le plus souvent la femme), ait un peu plus de conscience de la nécessité de ces noces intérieures… Une personne peut-elle, par contagion, transformer l’autre ?

A.D.S : Là est la grande difficulté ! Je dirais même l’Épreuve! On peut marquer une distance avec les amis quand on ne parle plus le même langage qu’eux, mais que faire avec le conjoint quand il n ‘y a plus cette communication possible parce qu’on ne participe plus du même niveau de conscience ? Un vrai mariage, dans le sens sacramental du terme, devrait résister à pareille épreuve. Il est alors essentiel que l’un des époux ne fasse pas pression réductrice sur l’autre, et que cet autre non seulement n’entre pas dans le piège du mépris, mais que son amour devienne patience, compréhension, acceptation…

C’est le but de son travail intérieur que de le conduire vers un degré de conscience plus élevé encore, car tel est le chemin ! Alors, en effet, plus celui-là développera cette qualité, plus le chemin se fera pour l’autre, car une sorte de « transfusion sanguine » unit les deux.

Mais, si l’un des deux n’a pas « décollé » de son labyrinthe d’inconscience et s’il ne supporte pas l’avancée de l’autre, il peut parfois être agressif, culpabilisant, voire destructeur. A ce moment-là une séparation est quelquefois nécessaire. Mais le chemin que poursuit « l’éveillé » peut aussi continuer de jouer un rôle pour la transformation de son conjoint.

Il est difficile de parler de ce sujet en termes de généralité ; seule une écoute intérieure à chacun, dans le secret de sa personne, peut dicter la route à suivre. Nul ne peut juger de la décision de l’autre, dont il est seul à être éclairé et seul responsable.

Mais, quand la décision et l’attitude sont justes, ce que vous appelez « contagion » et que j’appelle véritable « transfusion » d’un sang subtil, oeuvre d’une manière admirable. Dans notre génération actuelle c’est en effet la femme qui, généralement, s’éveille plus que l’homme. Il y a de nombreuses raisons à cela, de l’ordre de la nature ainsi que de la culture – pour reprendre des catégories chères à nos temps modernes ; quelquefois, c’est le cas contraire, mais en général l’homme fuit beaucoup cette exigence intérieure ; il se cache inconsciemment derrière ses fonctions familiales, professionnelles, voire « initiatiques » et sarcerdotales… Il fuit aussi la femme qui l’oblige à sortir des schémas rassurants d’autrefois.

Aujourd’hui la femme est très seule. Mais lorsque l’homme entendra enfin le message des profondeurs, l’humanité fera un grand bond. C’est la femme qui, pour l’instant, est génératrice du nouveau paradigme qu’il faut très vite mettre en place.

N. C. : « La femme est l’avenir de l’Homme » écrivait Aragon. . . Est-elle ta jardinière du Devenir ?

A.D.S : J’ai été longtemps thérapeute et je travaillais avec cette phrase qu’on trouve dans les actes des apôtres : « L’un sème, l’autre arrose, Dieu seul fait croître ». Et si nous croyons que nous pouvons faire croître quelque chose ou quelqu’un, nous sommes vraiment dans l’illusion.

Donc, continuons de semer et d’arroser, d’abord en nous-même, parcourons nous-mêmes le chemin…

N. C. : Parfois ta femme s’exaspère facilement de ce que l’homme ne veut jamais regarder au-dedans de lui- même et fuit sans cesse au-dehors… L’attaquer de front, lui faire remarquer que ce n’est pas la bonne méthode, il fuit plus encore… Quelle attitude faut-il avoir ?

A.D.S : Il est certain qu’on se trompe en l’agressant… C’est par toute notre féminité, notre douceur et beaucoup d’amour que les choses peuvent se faire, mais que c’est difficile! Quand on se trouve devant un homme qui ne comprend rien, il est difficile de ne pas être irritée et de manifester subtilité et douceur…

N. C. : Entre ma génération et la vôtre, trente années d’écart. Quels sont les vrais grands changements que vous avez observés dans la vie des femmes… Il y a bien sûr eu le féminisme…

A.D.S : D’après la forme qu’il s’est donné, le féminisme est lui aussi un phénomène réactionnel. Mais, en soi, l’éveil de la femme est dans l’ordre des choses. J’ai dit dans Le symbolisme du corps humain que, d’une part, une synchronicité liait cette émergence du féminin à une prise en compte de l’inconscient redécouvert par Freud – les Pères de l’Église en avaient déjà parlé – et que, d’autre part, l’arrivée de l’Homme sur la lune est un grand tournant de notre histoire. Pour reprendre une terminologie biblique, je dirais qu »‘une vapeur monte de terre », qui va commencer à arroser notre sécheresse d’intellect et de coeur! C’est pourquoi cette forme réactionnelle est en train d’évoluer vers plus de justesse. Les choses se mettent en place du fait même que la femme, par son éveil, trouve plus de justesse intérieure. Mais elle est aussi lucide et découvre les fuites, les multiples cachettes de ses partenaires; elle est souvent amenée à prendre plus qu’elle ne le voudrait la place de l’homme à cause des insuffisances de ce dernier !

Et puis, les vieux schémas ne sont pas encore évacués. J’animais l’autre jour un stage dont un participant me dit: « Mais moi, je permets à ma femme de faire ce qu’elle veut » !

Sans commentaire, n’est-ce-pas ? Il y a encore beaucoup de chemin à faire…

N. C. : Oui… Aujourd’hui, on rencontre de plus en plus de femmes qui entreprennent un authentique travail intérieur, et, parfois, l’émergence de leur être fondamental demande encore une attention consciente et permanente afin qu’il ne soit plus étouffé sous le poids de ta responsabilité que les hommes ont fait porter aux femmes depuis le pêché originel !!!

A.D.S : Nous avons été jusqu’ici tellement identifiés à notre inconscient que, incapables de la voir et de la nommer, nous avons pris cette Ishah de la Genèse pour la femme, alors qu’elle est le « côté inaccompli » d’Adam, de chacun de nous donc, dont je vous ai parlé, c’est-à-dire l’inconscient. Dans le paradis terrestre, Adam est seul, mais un Adam Ish et Ishah, c’est-à-dire époux et épouse de lui-même à lui-même. De même aujourd’hui chacun de nous est seul et le serpent s’adresse d’abord images (3)à notre inconscient ; nous sommes alors piégés avant même de le savoir! Le jeu de séduction est subtil.

Je pense à la femme d’aujourd’hui comme à la lettre Shin de l’alphabet hébraïque: son idéogramme est un arc tendu à l’extrême avant le départ de la flèche. Son symbole est donc celui de l’extrême rétention mais aussi celui de la détente infinie. Nul ne peut dire où la flèche ira, mais elle est partie : sa course commence et l’axe dans lequel elle se dirige est celui de l’Absolu.

Site :   http://souzenelle.free.fr  

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Deux managers pour une Radio

Posté par othoharmonie le 1 février 2015

 

Jean-Claude Dumont et Emmanuel Moulin

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Pourquoi avez-vous créé Radio Magico ?

Le portail web www.meditationfrance.com est spécialisé dans le bien-être, la méditation, le tantra, les médecines douces, le yoga, le tao, le zen, les voyages spirituels et tout ce qui touche à l’harmonie intérieure de la personne. Avec le succès de notre site, nous cherchions depuis pas mal de temps un moyen facile de créer une web radio, nous étions conscients que la musique spirituelle et méditative intéresserait les internautes de Meditationfrance.

C’est pour cela que nous avons crée Radio Magico, avec une programmation de musique de relaxation, de joie et de détente, une radio qui fasse du bien à ceux qui l’écoutent… un beau complément musical à Meditationfrance !

Comment avez-vous connu la plateforme Radionomy qui héberge Radio Magico?

Sur Facebook, nous avons vu qu’une personne (un ami d’un ami) avait une web radio zen de ce type, nous l’avons contacté et il nous a alors dit qu’il voulait arrêter cette radio car c’était trop de travail pour lui. Sa web radio s’appelait déjà Radio Magico. Il nous a demandé si nous voulions la reprendre et qu’il nous expliquerait le fonctionnement du Radio Manager de Radionomy.

C’était le printemps 2010…. Nous avons donc repris Radio Magico et nous avons changé progressivement toute la musique et la programmation. Nous avons en même temps créé une page web en français www.meditationfrance.com/radio.htm et un site web international www.radiomagico.com et nous avons utilisé nos réseaux et nos contacts pour faire mieux connaître l’existence de la radio. L’audience a très vite progressé et Radio Magico a été sauvée.

Aujourd’hui, Radio Magico est écoutée 24 h sur 24 dans 119 pays… cela représente une moyenne de 60.000 auditeurs par mois et la moitié sont en France grâce au soutien de Meditationfrance.com

Auriez-vous créée cette radio si Radionomy  n’avait pas existé ?

images (7)Si Radionomy n’avait pas existé, nous aurions eu plus de difficulté à créer cette web radio. Nous avons trouvé que le système de création de radio mis en place par Radionomy était suffisamment simple et clair pour des novices comme nous.

Donc Radionomy est un bon choix, c’est un service global gratuit qui permet de créer une radio en ligne. Il a été lancé en 2008 et a généré en partie la première vague des web radio. Le siège social de Radionomy est à Bruxelles et ils ont des bureaux à Paris, New-York et San Francisco. Depuis qu’ils ont acheté en 2014 l’une des plus importantes sociétés au monde de streaming radio, Nullsoft, ils disent que cela va leur permettre de multiplier leur audience par cinq voire dix, en faisant ainsi de Radionomy le leader mondial de la radio en ligne. Tout cela est très positif et encourageant pour le développement de Radio Magico.

C’est aussi un système qui permet d’avoir une web radio sans investir d’argent, mais en échange, nous sommes obligés d’accepter des pauses publicitaires et d’avoir un minimum d’heures d’écoute par jour pour ne pas payer les droits d’auteur.

Pourquoi avoir choisi le créneau musical de la relaxation ?

La relaxation est notre domaine, notre spécialité ! Toute l’équipe du magazine Meditationfrance s’intéresse à la spiritualité et donc à la relaxation… la spiritualité ce n’est pas de vivre comme un moine, de croire aux mouvements new-age, ou d’avoir des pouvoirs surnaturels… la spiritualité c’est être relaxe et vigilant, deux aspects d’une même chose : la méditation.

Donc, on souhaitait créer une radio qui passe toute la journée de la musique de relaxation, méditative, nous sommes en contact avec de nombreux compositeurs et musiciens spécialistes de la musique de relaxation et de méditation.

Vous trouverez sur Radio Magico de nombreux artistes comme Yanni, Deuter, Steven Halpern, Llewellyn, Jagjit Singh, Terry Oldfield, Deva Premal et Miten, Prem Joshua, Ricky Kej, Wouter Kellerman, Praful, Damien Dubois, Karunesh, Michel Pépé, Snatam Kaur, Peter Kater, Andreas Vollenweider, Logos, Shastro, etc. et beaucoup de nombreux autres musiciens et artistes qui partagent eux-aussi une musique douce, relaxante et spirituelle.

La musique a un effet puissant sur l’être humain… chaque musique a une vibration. Face au stress du monde moderne, beaucoup de gens apprécient de pouvoir écouter une radio relaxante et douce.

Comment composez-vous la programmation ?

Nous ajoutons des morceaux des albums qui nous plaisent. La musique qui passe sur Radio Magico n’est pas seulement de la musique douce de relaxation. C’est aussi du lounge, du chill-out, des mantras, des chansons du coeur, de la musique du monde d’Osho, de la musique pour danser (il y a une plage danse pendant 1 heure chaque jour) et même de la musique tantrique en soirée (pour le tantra).

Le programme journalier est divisé en sections qui passent des genres de musique un peu différents, de manière à donner aux auditeurs des plages de musique variées.

 

Ajoutez-vous souvent de nouveaux titres ?
Comment les choisissez-vous ?

Nous essayons d’ajouter mensuellement des nouveaux titres à notre programmation. Nous recevons beaucoup de Cds de la part des artistes eux-mêmes et de maisons de promotion. Nous avons aussi des partenariats avec des distributeurs de Cds qui nous envoient leurs nouveautés chaque année et nous achetons aussi quelques Cds suivant nous goûts personnels.

Nous écoutons chaque CD et nous choisissons les morceaux qui nous plaisent pour ensuite les ajouter dans les différentes images (8)plages de musique suivant le genre.

Est-il possible de mettre des annonces publicitaires sur radio Magico ?

Oui bien sûr, nous avons des formules bannières et des formules CD sur le site francophone et sur le site mondial.

La majorité des auditeurs viennent écouter la radio sur le site web et donc les bannières qui se trouvent près du player (le lecteur pour écouter) sont bien visibles pour passer une info. 
La formule CD a aussi une place de choix sur la page d’accueil et en plus de présenter le CD nous mettons en écoute trois morceaux dans un player réservé à cette formule, ainsi c’est plus facile de se faire une idée du genre de musique présenté.

Nous n’acceptons pas d’annonces publicitaires audio à passer dans le programme journalier de Radio Magico. Les annonces publicitaires qui passent sur la radio dans certains pays, sont des annonces qui viennent de Radionomy et sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle.

Site mondial (en anglais) : www.radiomagico.com

Pour mettre des pubs sur les sites de Radio Magico voyez les offres sur nos pages de formules publicitaires : 
en français : cliquez ici
en anglais : cliquez ici

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ENSEIGNEMENT DE SAGESSE

Posté par othoharmonie le 16 octobre 2014

 

 

vaincre-langoisse-300x300À l’issue de la marche méditative, lorsque j’entends la clochette avec laquelle le maître ponctue chaque entretien individuel, je me lève, les mains en gasho, c’est-à-dire jointes à l’orientale sur la poitrine, et attends debout que la personne qui me précède revienne à sa place. Je me dirige alors vers la salle d’entretien. Je referme silencieusement les portes d’un sas intermédiaire avant d’entrer. Je suis impressionné comme toujours par la belle prestance de Maître Takuan Shinto, assis en lotus dans sa robe noire de maître zen, majestueux, impérial, les yeux mi-clos. Salut protocolaire, toujours les mains en gasho. Puis je m’assieds les jambes croisées et j’expose les faits. 

Le maître marque une courte pause et, avec un léger sourire, tout en me fixant des yeux, il enchaîne :

– Vous venez de découvrir les premiers frémissements de la Réalité Suprême ! Bien qu’ayant lu quantité d’ouvrages sur le sujet, je me sens toujours aussi ignorant, n’arrivant pas à m’en faire une idée claire. Faisant l’âne pour avoir du son, je l’interroge : 

– Pourquoi cette réalité serait-elle suprême ? Quelle est-elle exactement ?

– Elle est suprême parce qu’elle est plus réelle que la réalité que nous percevons. C’est notre nature fondamentale, un trésor que nous portons tous en nous-mêmes, à notre insu. Chaque tradition spirituelle la nomme à sa façon. Pour les Hindouistes, c’est le Soi ; pour les Taoïstes, c’est le Tao ; quant à nous, nous l’appelons notre nature de Bouddha… 

– D’accord pour la désignation, mais comment un quidam comme moi peut-il la comprendre ? « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement », lui dis-je avec une pointe de témérité et d’ironie.

– Elle ne se conçoit pas, trancha-t-il, elle est au-delà de toute conception…

– Mais enfin, vous devez tout de même bien pouvoir la décrire, la définir avec des mots ?

– Oui, mais uniquement par des négations. Elle est non conditionnée, non relative, non divisée, non composée, non accessible par l’effort. Toute définition fait appel à ce qui est stocké dans notre mémoire, alors que la nature de Bouddha est indépendante de notre mémoire. En ce sens, elle ne peut être ni théorisée, ni conceptualisée. Et cependant, c’est un état éminemment réel, dont la découverte est à la portée de tous.

 

Entretiens avec le Maître :

Questions-réponses SUR LA MÉDITATION

 …Les obstacles sont pour moi toutes les pensées rebelles que je cherche en vain à éliminer, mais je veux que Maître Shinto m’en donne confirmation. Je demande :

« Il faut s’attaquer aux pensées et en particulier à celles qui sont les plus tenaces comme les désirs et les craintes qui nous assaillent et parfois nous effraient ? 

Il répond :

– Ce ne sont ni les désirs ni les craintes qui sont mauvais et qui doivent s’effacer, mais ‘la personne’ qui désire et qui a peur. Il n’y a aucune raison de combattre des désirs ou des peurs qui peuvent être parfaitement naturels et justifiés. Le refoulement serait la pire des choses ! C’est la personne qui, dominée par eux, est la cause des erreurs, passées et futures. 

Il faut scruter avec soin cette personne et en percevoir la fausseté. Alors son pouvoir sur vous s’éteindra.

– Mais, dans la vie, la personne est toujours présente, comment peut-elle s’effacer ?

– En fait, elle s’efface souvent, par exemple à chaque fois que vous dormez. Dans le sommeil profond vous n’êtes pas une personne consciente d’elle-même et, malgré tout, vous êtes vivant. De la même façon, pendant les heures de veille, si vous êtes vraiment conscient, vous n’êtes plus, là non plus, une personne. Vous êtes comme si vous jouiez un rôle sur une scène de théâtre ; puis, quand la pièce est finie, vous quittez votre rôle d’acteur, vous redevenez une personne. Ce que vous étiez avant que la pièce ne commence, vous le restez quand la pièce est finie. 

Considérez-vous toujours comme un acteur en train de jouer sur la scène de la vie. La représentation peut être sublime ou maladroite, mais vous n’êtes pas dedans en tant que personne ; certes vous pouvez y trouver intérêt et sympathie, mais en gardant présent à l’esprit de façon permanente que vous ne faites que regarder pendant que la pièce, c’est-à-dire la vie, se poursuit. »

Je savais jusqu’alors que, dans l’action quotidienne, je devais me concentrer sur chaque geste, quel qu’il soit. C’est la raison pour laquelle le travail manuel (le samou) est si important dans les sesshins. Près de la moitié du temps de sesshin lui est imparti. Mais je n’avais jamais imaginé que le but premier est fondamentalement l’effacement de la personne. 

Je retiens cette belle expression « d’être un acteur sur la scène de la vie ». Ainsi tous les actes triviaux

comme manger, faire la vaisselle, balayer… prennent une toute autre dimension. Loin de l’impression habituelle de corvée, ils deviennent des « jeux de rôles », exclusifs de toute distraction. Comme un bon acteur, on ne pense à rien d’autre que d’exprimer au mieux le rôle que l’on s’est attribué dans l’exercice d’une tâche. Sinon on retombe dans ses vieux démons, et… l’on est ailleurs que là où l’on doit être !

 

A PROPOS DE L’ I LLUMINAT ION

Je demande : « …Maître, j’ai l’impression d’une quête impossible, d’une illumination qui ne viendra jamais.

– Cette attente d’un évènement unique, d’une formidable explosion, ne fait qu’empêcher et retarder votre réalisation. Vous n’avez pas d’explosion à attendre, celle-ci s’est déjà produite au moment où vous êtes né, quand vous avez réalisé que vous étiez un être existant, connaissant, pensant. Vous ne faites qu’une erreur : vous croyez que le monde visible vous est extérieur, alors qu’il n’est qu’une projection de votre psyché. Voilà la confusion fondamentale, et ce n’est pas une nouvelle explosion qui vous en guérira. Vous devez vous penser en dehors. Il n’y a pas d’autre voie… »

 

A PROPOS DU KARMA

« …Je souhaiterais vous interroger encore sur la méditation. Parfois, des images naissent et disparaissent sur l’écran de ma conscience. Avant, les images se déroulaient en continu, maintenant elles apparaissent de façon très sporadique, détachées sur ce fond d’écran…

– L’écran est toujours là, lumineux, immuable. Certes, des images apparaissent, puis disparaissent suivant un temps plus ou moins long, avant que d’autres apparaissent à nouveau. Pour l’homme qui n’a pas réalisé sa véritable nature, les images apparaissent en continu de manière incessante, formant un film que l’on peut appeler la destinée ou le karma.

– Qu’est-ce qui crée le karma ?

– L’ignorance.

L’ignorance de quoi ?

– De soi-même en premier lieu. Et aussi l’ignorance de la vraie nature des choses, de leurs causes et

de leurs effets. On regarde autour de soi sans comprendre et on a tendance à prendre les apparences

pour la réalité donnant l’impression de connaître le monde et soi-même.

– Comment rompre avec cet état de fait ?

– Commencez par admettre que l’on ne connait rien, c’est le meilleur point de départ. Rien ne pourrait aider plus le monde que d’admettre son ignorance. 

Mais reconnaître l’ignorance présuppose la connaissance. Dès que l’ignorance est perçue, elle n’est plus. Tout ce que vous voyez, autour de vous ou en vous, échappe à votre savoir et à votre compréhension. De savoir que vous ne savez pas et que vous ne comprenez pas, c’est là le vrai savoir. Le savoir d’un cœur humble. On peut appeler cela inconscience. On est inconscient de la vraie nature des choses

 

A PROPOS DE LA RÉINCARNATION

« …Maître, quand un homme ordinaire meurt, qu’advient-il de lui ?

– Cela se passe conformément à ses croyances… à ce qu’il imagine…

En entendant le mot croyances, les conclusions d’Ian Stevenson me reviennent aussitôt à l’esprit : les formes que prend la réincarnation varient suivant les croyances, suivant les religions et peut-être aussi suivant les individus, d’où mon interrogation :

– Chacun aurait donc sa propre croyance sur la question ?

– Chacun imagine à sa façon la vie avant la mort, comme la vie qui la suit… le rêve continue. 

Là, je ne peux m’empêcher de rapprocher cette affirmation de l’impression formulée par Frédérique d’avoir tout inventé, d’avoir tout imaginé, comme dans un rêve. Mais ce qui m’intéresse c’est de savoir comment, lui, en tant que maître zen, c’est-à-dire être réalisé, peut-il considérer la chose ? 

– Pour vous et pour l’être qui a réalisé sa véritable nature en général, que se passe-t-il ?

images (3)– L’être réalisé ne meurt pas parce qu’il n’est jamais né. En lui-même il est libéré de toutes les choses physiques ou mentales.

– Néanmoins vous devez quand même bien admettre la mort, et donc l’existence de vos vies antérieures.

– Jusqu’à ce que je rencontre mon propre maître je savais plein de choses sur le sujet. Maintenant, je ne sais plus rien car j’ai réalisé que toute connaissance n’était que dans notre imagination. Je me connais et je ne trouve en moi ni vie ni mort, rien qu’être pur, non pas être ceci ou être cela, mais être tout simplement… »

 

Pour en savoir plus : Editions ALTESS

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LA MEDITATION ZEN

Posté par othoharmonie le 14 octobre 2014

 

images (11)Qu’est-ce que la méditation zen ? Comment peut-elle transformer la Perception que nous avons du  monde et de nous-mêmes ? L’auteur nous fait découvrir l’étonna ont pouvoir de transformation de la méditation et toutes les répercussions qu’elle peut avoir sur le plan familial, social et professionnel.

L’idée de « l’animal sacré » fait référence à une métaphore issue du Chan chinois : la découverte et la capture du buffle qui aide à la compréhension de notre véritable nature, au terme d’une profonde investigation intérieure. Ce témoignage et les extraits des entretiens de ce maître zen hors du commun , Taku an Shinto, avec son disciple , pourront apporter à tout personne engagée sur le chemin de la sagesse et de la méditation, une aide précieuse et éclairante.  

Soudain, tout le flux de mes pensées s’interrompt. Il laisse la place à un vide immense… envahissant… Difficile de caractériser véritablement cette impression, tant la sensation intérieure est dense, pénétrante : vide profond ou plénitude infinie ? Sensation insolite… jusqu’alors inconnue ! 

En cet instant, pour la première fois de ma vie, je suis vierge de toute réflexion, de tout raisonnement, l’esprit complètement neuf de tout dialogue intérieur.  Oubliés les vicissitudes de la vie, les  inquiétudes, les soucis de tous ordres. Malgré l’émotion suscitée en moi, j’ai le sentiment d’être étonnamment présent, comme immergé dans un éternel maintenant. 

Dans cette salle de méditation à demi-obscure, je vois les visages figés de toutes les personnes qui, les yeux mi-clos, méditent en position de lotus dans la rangée qui me fait face. Intensité d’une vision plus lucide que jamais. Une joie intérieure indescriptible s’empare de moi. Une joie à vous couper le souffle, car effectivement j’ai l’impression d’avoir cessé de respirer, absorbé par cet extraordinaire état de présence. Malheureusement, cette expérience prend fin. Difficile d’en mesurer la durée, tant la sensation semble se situer hors du temps. Deux minutes ? Quatre minutes ? Plus ?… 

Le flot de mes pensées réapparait alors, laissant ce souvenir ancré dans ma mémoire. Une marque indélébile qui m’interpelle encore, trente-cinq années plus tard. En même temps que les pensées reprennent leur cours, je m’investis de nouveau dans ma pratique : concentrer mon attention sur le souffle respiratoire. 

Visualiser le souffle qui entre par le nez à l’inspiration, puis descend à l’intérieur de la cage thoracique à l’expiration, avant de l’imaginer arrivant plus bas, dans cette zone ventrale située sous le nombril : le fameux hara des Japonais. Foyer d’énergie capital nommé « chakra de la volonté » par les Hindous.

Sortie du hara, l’inspiration reprend son cours, l’air est imaginé remontant à l’extérieur jusqu’aux narines et ainsi de suite. Beaucoup plus tard, je vais découvrir que le but de la pratique est de faire disparaître l’entité pensante et « respirante » jusqu’au point ultime où ce n’est plus elle qui inspire mais où elle est… inspirée ! Je suis toujours stupéfait de retrouver cela dans le langage populaire. On « est inspiré » quand on fait une découverte, en particulier sur le plan artistique. De même à propos du chakra, on dira d’une personne manquant de volonté qu’elle n’a rien dans le ventre ! D’ailleurs, toutes les maladies touchant cette zone intestinale – gastroentérite, colibacillose…, etc. – provoquent un affaiblissement de la volonté. Au début de ma pratique, dans le doute qui me préoccupe sur l’utilité du zazen, mot japonais pour “méditation”, ces convergences d’idées ont pour effet de me conforter dans mes ambitions à propos du zen, de leur donner une certaine légitimité. 

De la persévérance à l’expérience Au cours de cet été 1978, j’en suis à ma sixième sesshin, c’est ainsi que l’on nomme ces stages de zazen d’une durée d’environ une semaine. Ceux-ci sont partagés dans la journée entre des séances de méditation assise et des périodes de travaux manuels. Le reste de l’année, ces stages sont complétés par des méditations quotidiennes chez soi d’au moins une demi-heure par jour. 

Après trois années de pratique assidue, et passé l’engouement des premières sesshins, j’abordais le présent stage avec pessimisme car depuis quelque temps, j’avais vraiment l’impression que ces séances n’aboutissaient plus à rien. J’envisageais même d’arrêter le zen à plus ou moins brève échéance. Mais l’expérience surprenante que je viens de vivre me redonne l’envie d’aller plus loin dans les profondeurs de mon être. Je veux en savoir plus sur la connaissance de soi et sur l’appréhension de l’univers. 

Ce faisant, j’attends avec intérêt un entretien individuel avec le maître zen, juste après la marche méditative. En effet, chaque méditation, d’une durée de 35 à 40 minutes, est suivie par une marche nommée kin-hin, le plus souvent à l’extérieur de la salle. Détente de nos jambes occidentales peu habituées à la station assise prolongée, mais aussi autre façon de concentrer notre attention, cette fois sur l’action même de marcher

 

Magazine ESSENTIEL

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La méditation vers la lucidité silencieuse

Posté par othoharmonie le 11 septembre 2014

La méditation est une pratique spirituelle menant à la paix intérieure,à la vacuité de l’esprit et à l’unification à notre nature véritable…

images (5)Tour d’horizon

Le terme méditation, du latin meditatio, désigne une forme de pratique spirituelle.

Même si ce terme est souvent utilisé pour décrire l’attention portée sur un objet de pensée [par exemple : méditer un principe philosophique dans le but d’en approfondir le sens], son objectif premier est avant tout une attention tournée vers l’intérieur afin de s’affranchir de la pensée et réaliser son «identité spirituelle». 

Les différentes pratiques méditatives impliquent généralement que l’adepte amène son attention sur un seul point de référence qui sera, tôt ou tard, abandonné pour seulement «laisser la conscience observer la conscience». 

Les pratiques méditatives se retrouvent au coeur de nombreuses philosophies et religions : dans l’hindouisme, le bouddhisme, le taoïsme, le yoga, l’islam, la chrétienté, ainsi que d’autres formes plus récentes de spiritualité. 

Les techniques de méditation sont multiples. Elles peuvent cependant être classées selon leur foyer d’attention : une zone corporelle spécifique ou le déplacement d’une zone à une autre, une perception précise, un objet spécifique présélectionné profane ou religieux, le nom d’une déité ou d’un concept inspirant la paix, le souffle, un son, une incantation ou un mantra, une visualisation, le vide de tout concept ou vacuité,… 

Dans l’hindouisme Il y a plusieurs types de méditation décrites dans l’hindouisme, citons les deux principaux courants :

- le Védanta, dans lequel le Jñâna-Yoga a pour méthode principale l’investigation du Soi [le célèbre « Qui suis-je ? »] afin de retourner à la source des pensées jusqu’à notre Réalité transcendante ; – le Yoga, dans lequel la méditation [dhyâna] est recommandée pour calmer les fluctuations du mental. Elle est l’avant dernière des 8 phases développée dans les Yoga-Sûtra de Patañjali : elle se place après la concentration [dhâranâ, fixation de l’esprit sur un seul point] et avant la contemplation [samâdhi, état d’union avec l’Être ou d’absorption dans l’Absolu]. 

Dans les pratiques hindouistes, il existe de nombreuses propositions de méditation avec support : observer la lumière qui pénètre par le sommet de la tête [chakra coronal] et s’identifier à cette lumière, écouter l’infrason dans l’oreille interne  [nâda], parcourir l’intérieur du corps par la sensation, rester dans une posture spécifique avec une position de main codifiée [mudrâ], etc… 

Pour que le mental parvienne au calme, au détachement des désirs du monde et cesse de vagabonder, le pratiquant évoluera vers la méditation sans support. Bien que certains adeptes s’y adonnent dès le  commencement de leur quête, la méditation sans support est une voie évidemment plus abrupte que celle avec support. Il s’agit ici de développer l’état de présence afin de rester totalement conscient dans l’ici et maintenant et disponible à l’épanouissement spontané du silence intérieur. 

Dans le bouddhisme La méditation a toujours été centrale au bouddhisme. Le Bouddha historique a d’ailleurs obtenu son éveil spirituel par la méditation. La plupart des formes de bouddhisme distinguent deux classes de pratiques pour atteindre l’illumination : – Samatha, ou tranquillité, qui développe la capacité de focaliser l’attention en un seul point ;

- Vipassana, ou vision supérieure, vue pénétrante, qui développe la perspicacité et la sagesse en dévoilant la vraie nature de la réalité. 

Le but ultime de la méditation bouddhique est l’atteinte du nirvâna. Ce terme est au-delà de toute description et ne peut être défini que comme la fin de toutes formes d’ignorance. Dans le zen Le zen est une forme de bouddhisme mahâyâna qui insiste davantage sur la méditation et particulièrement sur la posture/pratique dite de zazen. Pour ses adeptes, la pratique elle-même est déjà réalisation, pratique et éveil sont comme la paume et le dos de la main. Pour le zen, il suffit de s’asseoir, immobile et silencieux, pour s’harmoniser avec l’illumination du Bouddha… 

Dans la Chrétienté

Chez les moines orthodoxes l’hésychasme ou «prière du coeur» est une prière silencieuse invoquant le nom de Jésus au rythme de la respiration. Par son rapport au corps, il est l’équivalent chrétien de certaines techniques de méditations orientales. 

Dans l’Islam

Il existe deux concepts de méditation dans l’Islam :

- le premier, issu du Coran, est appelé taffakur, c’est-à-dire la réflexion sur les sourates ou la contemplation de la Création ;

- l’autre, développé par les Soufis, est une pratique mystique appelée Mouraqaba ou «exercice de vigilance» : l’adepte, en assise et les yeux fermés, concentre son attention sur un point unique. Ce point est généralement la visualisation du Cheikh, le maître soufi, qui est considéré comme un pont entre le monde de l’illusion et celui de la réalité. 

La méditation transcendantale  La méditation transcendantale est une technique de relaxation et un mouvement spirituel fondé à la fin des années ‘50 par Maharishi Mahesh Yogi. Elle est présentée comme une «technique de relaxation profonde et de développement de la conscience». Elle se pratique quotidiennement, lors de séances de 15 à 20 minutes durant lesquelles le pratiquant répète mentalement un mantra, c’est-à-dire un mot qui est théoriquement intime et adapté à sa personnalité. Au fur et à mesure de la séance, le mantra doit s’estomper pour laisser l’esprit aller naturellement à la source de sa conscience propre. Cette expérience est unique et personnelle. Le mantra est révélé par l’instructeur après une brève cérémonie. 

Lucidité silencieuse sans support Dans la spiritualité contemporaine, comme par exemple dans les enseignements de Krishnamurti, Jean Klein ou, plus récemment, Eckhart Tolle, le terme de méditation désigne un état de lucidité silencieuse sans support, une vigilance où les constructions mentales sont absentes. Ces enseignants donnent ainsi quelques directions de méditation : 

- l’attention vide de toute attente, de toute anticipation ; en quelque sorte, une attention innocente, notre tranquillité naturelle ;

- l’observation ouverte, sans jugement, sans comparaison ni interprétation ; nous ne pouvons l’objectiver ; - la liberté : la compréhension se situe habituellement dans notre tête, mais «être» la pure compréhension n’a plus rien à voir avec la tête, c’est une perception globale transcendante.

 

Recherches scientifiques

Certains psychothérapeutes ou scientifiques tel que Jon Kabat-Zinn s’intéressent à la méditation dans ces applications psychothérapeutiques, comme par exemple : la MBSR [réduction du stress par la pleine conscience] ou la MBCT [thérapie cognitive par la pleine conscience]. 

images (6)La psychothérapie cognitivo-comportementale propose ainsi aux personnes souffrant de ruminations mentales, de stress ou d’anxiété, une forme de méditation qui se rapproche du zazen, mais dont les éléments «spirituels» ont été supprimés. Cette technique augmenterait le bien-être, la bonne humeur, la capacité à «faire face» et améliorerait le sommeil. La MBCT réduirait en outre le risque de rechute dépressive. Certaines études* prouveraient également l’efficacité de la méditation en complément d’un traitement médical classique dans

la guérison de maladies : diminution des douleurs chroniques, amélioration des défenses immunitaires et des effets du traitement thérapeutique classique dans les cas de cancer, de troubles gastriques et intestinaux ou même de fibromyalgie et de sida. 

Dans le cadre des recherches scientifiques ou philosophiques sur la nature de la conscience, certains auteurs défendent l’importance de la méditation comme pratique introspective, à travers laquelle le chercheur peut observer son propre flux de pensées et acquérir un savoir autrement inaccessible. Le Dr. Susan Blackmore défend par exemple la thèse, sur base de sa propre pratique du zazen et de ses recherches scientifiques, selon laquelle la conscience et les perceptions humaines seraient pure illusion. 

Selon David Orme Johnson, directeur de la faculté de psychologie à l’Université Internationale Maharishi, des études scientifiques ont été publiées sur la Méditation Transcendantale et le programme TM-Sidhi, dans plus de 160 revues scientifiques. 

D’autres études médicales spécifiques ont également été réalisées afin de déterminer si certaines pratiques méditatives pouvaient être associées à la psychothérapie. Dans la majorité des cas, les conclusions étaient positives, sous réserve que les objectifs de la thérapie  soient bien sûr en accord avec les effets de la méditation proposée… 

Olivier Desurmont

* 4 études rigoureuses tirées de «Journal of Behavioral Medicine», «Psychosomatic Medicine», «General Hospital Psychiatry» & «Brain, Behavior, and immunity». Références : «La méditation bouddhique» de Jean- Pierre Schnetzler chez Albin Michel, «La Vision profonde : De la Pleine Conscience à la contemplation intérieure» de Thich Nhat Hanh chez Albin Michel,  «Le livre de la méditation et de la vie» de Krishnamurti, Livre de poche, «Approches de la méditation» d’Arnaud Desjardins, La Table Ronde et Wikipedia. 

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CHANGER LE MONDE TOUT EN CUISINANT

Posté par othoharmonie le 7 septembre 2014

 

images (8)Notre société occidentale a oublié ce que se nourrir et « cuisiner » signifient au regard de la vie…. Souvent rattaché à l’unique valeur du plaisir, cuisiner est soit élevé au rang de compétition, soit réduit aux plats tout préparés et au fast-food. S’alimenter sainement tient aujourd’hui du défi ! David Birghoffer nous propose de retrouver le plaisir de cuisiner de bons repas simples en pleine conscience.

Comment sont nés votre amour de la cuisine et votre engagement pour une alimentation saine ?

David Birghoffer : Durant ma petite enfance, ma grand-mère et ma mère m’ont transmis l’art de cuisinier, de recevoir et de partager. Il y a certainement un aspect génétique car mes enfants aiment tous cuisiner et le font bien. Ma mère, certainement mon premier maître, avait le sens de la recherche dans l’art de présenter une belle table ; elle aimait découvrir les recettes d’autres pays et possédait un goût très fin et le sens des saveurs. Cependant, comme elle était nourrice et allaitait un autre enfant, j’ai toujours eu l’impression de ne pas avoir suffisamment à manger. J’ai par la suite développé, en lien avec une blessure d’abandon, une relation d’avidité avec la nourriture qui a ainsi pris une place importante dans ma vie. Mon cheminement en a fait petit à petit un atout. J’aime bien manger et j’ai naturellement un palais très fin qui me permet de jouer avec des recettes de base. Je sais reconnaître si un plat est abouti ou non. J’entre en communion avec les légumes et je leur parle. Je cuisine à l’intuition, attentif aux bruits et aux odeurs…

Qu’explore-t-on d’essentiel dans la nourriture et la cuisine ?

D.B : La vie, l’amour :

Nous mangeons deux à trois fois par jour, ce n’est pas rien. Reconnaître le processus de transmutation que constitue le fait de manger permet de s’aimer, de se respecter ; à travers la nourriture, nous offrons de l’amour. Cuisiner permet d’aborder des aspects de soi jusqu’alors inconnus, de découvrir sa créativité, de franchir des peurs et de reprendre confiance en soi. Swami Premananda disait que lorsqu’il cuisinait en étant relié, en chantant des bhajans, il entendait la nourriture chanter des chants sacrés. Cela veut bien dire que le petit légume devant soi, porte en réalité quelque chose d’immense…

 

SE NOURRIR : UNE PORTE POUR FAVORISER L’EVEIL DE LA CONSCIENCE

 

images (9)Votre démarche spirituelle est essentiellement en relation avec la nourriture, est-ce un choix ? 

DB : La transmission familiale y est pour beaucoup. Mes grands-parents paternels et maternels étaient des personnes qui avaient la foi. Nous lisions tous les soirs des passages de la Bible et nous priions ensemble, les repas étaient bénis. Mon grand-père me donnait en exemple Albert Schweitzer : J’ai ensuite poursuivi mon propre chemin, sans pour autant renier mes racines. Cela fait 20 ans que cuisiner est mon activité principale…

La cuisine est-elle un acte sacré et pourquoi est-ce si important ?

DB : Dans les grandes traditions, une partie des textes sacrés donne des consignes particulières sur la manière de cuisiner. Selon les Upanishads, par exemple, la nourriture est « brahamane » (c’est à dire réalité divine). Les rituels et l’attention que l’on porte à la cuisine et au repas ont un sens profond. Dans les ashrams ou encore dans les dojos zen, le maître confie la cuisine au disciple le plus avancé sur le chemin pour altérer le moins possible les aliments et transmettre l’amour, la bienveillance et la reliance ; dans l’église chrétienne, on communie par le pain et le vin… La nourriture détermine nos sentiments, nos pensées et nos actes. En mangeant, nous nourrissons tous les principes de vie à l’intérieur de notre organisme et tous les principes de vie à l’intérieur de notre organisme et nous participons à la vie et à la création. Nous pouvons prendre conscience, quel que soit notre système de croyance, de la place et du rôle de l’être humain dans l’univers. En transmutant les aliments, il participe à l’évolution des autres règnes vivants. On honore le divin en lui offrant de la nourriture. Or, nous portons en nous le divin, que lui offrons-nous à travers l’alimentation ?  

Lors de la préparation d’un repas, prêter attention au sacré permet d’apprécier l’offrande qui nous est faite à travers la nourriture et de communier avec le règne qui se transforme. Aujourd’hui, dans la civilisation occidentale européenne, la notion de sacré est presque taboue. Au départ, introduire une pratique  spirituelle dans mes ateliers m’a fait un peu peur. Aujourd’hui, je réalise que c’est ce que j’ai à faire ; nous asseoir ensemble, nous mettre dans la Présence, partager un texte sacré sur la nourriture, entrer dans la conscience de ce qui se passe. Pour moi, découper un légume est un acte spirituel, je suis centré et présent à ce qui se passe intérieurement.

Vous communiquez avec les esprits de la nature en cuisinant. Comment faites-vous ?

DB : C’est très simple, il suffit de se penser en collaboration avec eux, « d’ouvrir la porte » à leur présence. Lorsque je prends une carotte, j’ai une pensée pour tous ceux qui ont permis à ce légume d’arriver là. Le jour de la saint David, les esprits de la nature m’ont rendu visite dans le restaurant bio végétarien dont je m’occupais, en Dordogne. Ces esprits de la nature ont déposé, sous forme d’énergie, comme une fleur en cristal pour permettre aux personnes venant manger dans le restaurant de se relier avec eux et avec la Terre. J’ai alors compris qu’ils se manifestaient jusque dans la nourriture préparée et non pas exclusivement dans les potagers. Par la suite, une personne sensible a témoigné percevoir dans le restaurant une multitude d’esprits de la nature.

CUISINER AVEC LES REGNES ET LES ELEMENTS 

D’autres règnes participent-ils à la cuisine ?

D.B : j’en suis convaincu, c’est le cas pour le règne angélique, par exemple. Dans les rituels traditionnels hindous, la cuisine se fait sur un foyer, et on commence par invoquer la présence du feu et des autres éléments. Lors des animations, je donne des pratiques qi permettent de se relier aux cinq éléments (terre, air, eau, feu et éther), au soleil, à la lumière, pour se connecter au niveau des trois corps. 

Quelle est la place du silence dans vos ateliers ? 

DB : Cuisiner en silence permet de calmer le mental, de se concentrer et d’accéder à un autre état de conscience. C’est l’être subtil qui va réaliser quelque chose dans la matière. Nous préparons avec le cœur, dans la paix. Manger en silence favorise l’assimilation. Un événement majeur de ma vie privée a pris forme dans le silence …/…

 

UN ENJEU POUR L’HUMANITE 

Pensez-vous que la façon de s’alimenter caractérise des étapes dans l’évolution de l’humanité ? 

DB : L’homme est inclus dans un principe d’évolution et ses besoins diffèrent selon les époques. Originellement, l’alimentation était sans doute mieux adaptée à sa constitution physique naturelle, à l’époque de la cueillette par exemple. Dans la tradition inca, au moment des semailles, le roi-prêtre ouvrait la terre en premier avec un soc de charrue en or, cela illustre bien sa relation à la terre nourricière. Puis, lorsque l’homme s’est occupé de sa divinité, à la fin de l’Artlantide par exemple, il a perdu toute relation harmonieuse avec la nourriture. 

Aujourd’hui, l’enjeu est de taille. Depuis la fin du XIXè siècle, la politique agricole, les lobbies alimentaire et pharmaceutique notamment dictent leurs lois. L’alimentation et la santé sont les deux principaux instruments pour qui tenterait d’asservir et contrôler l’humanité. Or, force est de constater que nous consommons essentiellement des plats cuisinés, nous mangeons trop de viande et il n’y a pas de véritable enseignement sur ce qu’est une  alimentation saine. Pour citer Pierre Rabhi, agriculteur biologiste, écrivain, concepteur d’ »oasis en tous lieux », du mouvement « colibri » et de l’agroécologie, une agriculture respectueuse des ressources naturelles : « Avant quand nous nous mettions à table nous nous souhaitions bon appétit, aujourd’hui il faudrait plutôt se souhaiter bonne chance ». En nous alimentant mal, nous nous coupons de notre partie lumineuse et nous créons un obstacle et notre évolution.

Allons-nous vers un changement ? 

D.B : Certainement, de plus en plus de personnes consomment des produits biologiques et les rayons de produits ultra-frais dans les magasins bios excellent en créativité pour les aliments végétariens. Cette attitude témoigne d’une remise en cause profonde de la façon de se nourrir ces 50 dernières années. Ainsi les rayons de fruits et légumes bios se sont diversifiés, les AMAP   multipliées. Nombreux sont ceux qui se tournent vers la production de leurs propres fruits et légumes, que ce soit à la campagne ou à la ville, où des mouvements citoyens se sont organisés spontanément autour de jardins collectifs. Ce mouvement témoigne de la prise de conscience de l’importance d’une alimentation saine et naturelle pour l’équilibre de notre corps physique et de notre psyché…/…

 

CELEBRER LA VIE PAR LA CUISINE

David_20avec_20un_20verre_20_C3_A0_20eau Quelle est votre méthode d’enseignement de la cuisine ?

 D.B : J’enseigne la cuisine comme une célébration dans la vie : dans la joie… Vivre dans la Présence, être conscient de ce qui se passe à chaque instant. J’invite à suivre son intuition, à la développer en ouvrant ses perceptions, à créer sa propre manière de cuisiner. Pour vous donner un exemple, cela commence par la manière de couper les légumes : tenir un légume dans ses mains et se demander comment le couper pour qu’il donne le meilleur de lui-même ; en hélice, en diagonale, sans jamais trancher à la perpendiculaire pour respecter l’énergie du légume. Mon enseignement propose d’entrer avec la conscience du sacré dans l’acte de cuisiner et de manger, et dans tout ce qui y est en relation : la présentation, la manière de stocker les aliments, de faire ses courses…/…

 

Extrait de l’Article paru au Magazine Sacrée Planète n° 64 – voir le site de D.Birghoffer au www.cuisine-et-conscience.fr

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Le pouvoir infini de la conscience

Posté par othoharmonie le 4 août 2014

 

Psychiatre américain de réputation mondiale et invité d’honneur à l’INREES pour la conférence du mercredi 13 Octobre 2010, Stanislav Grof a posé les bases de la psychologie transpersonnelle, menant avec son épouse Christina des recherches consacrées aux états de conscience modifiés depuis des décennies.

images (2)Thomas Kuhn, dans son ouvrage « La structure des révolutions scientifiques » explique que la science ne suit pas un parcours linéaire mais évolue par étapes. Entre chaque étape, on trouve des périodes, dont chacune est caractérisée par un consensus établi par le monde universitaire et accepté par tous, définissant ce qui est considèré alors comme étant la réalité. Durant chaque période, les scientifiques appliquent le paradigme existant. Mais il se produit parfois des « anomalies », des phénomènes qui ne peuvent pas être expliqués par la vision du monde en cours. Physique, chimie, psychologie… toutes les composantes de la science connaissent à un moment donné ce débat. Le dernier en date a eu lieu au début du siècle dernier, lorsque la physique de la relativité a dû faire place à la physique quantique. Un changement de paradigme se profile alors, qui peut durer plusieurs décennies durant lesquelles le monde scientifique dans son immense majorité oppose une très forte résistance. Nous sommes actuellement, nous dit Stanislav Grof, dans l’une de ces périodes-clé. Ses travaux, qui s’inscrivent dans un nouveau paradigme, bousculent. Il a choisi d’en parler avec humour : « Certains de mes collègues ne comprennent pas comment un médecin peut avoir recours à la psychologie transpersonnelle, ou écrire un ouvrage avec ce titre invraisemblable « Voyage au-delà de mon cerveau » ! » (ndlr : référence au livre du Dr Jill Bolte Taylor, paru en 2008). 

Pour nous présenter la synthèse de ses études sur les états de conscience non ordinaires, Stanislav Grof a choisi de parler tout simplement de ce qu’il a vécu : des histoires extraordinaires mais avérées, qui démontrent l’existence d’une psyché élargie et d’une conscience distincte du cerveau. 

La conscience n’est pas le cerveau

Né d’une famille sans affinités religieuses, il s’est passionné très tôt pour Freud et la psychiatrie. Sa formation médicale a été des plus matérialiste et, après quelques années d’analyse freudienne, il sent qu’il fait fausse route : intuitivement, il sait qu’il y a autre chose à découvrir. 

Il est dans cet état d’esprit lorsqu’un colis arrive au département de psychiatrie de Prague où il travaille, adressé au Directeur de l’établissement et accompagné d’une lettre. Un laboratoire allemand envoyait dans ce paquet plusieurs ampoules de LSD 25 et proposait aux membres du département de mener des recherches avec cette substance tout en communiquant leurs conclusions au laboratoire. La lettre suggérait : « peut être pouvez-vous l’utiliser comme un outil éducatif, le donner aux psychiatres, psychologues, étudiants en psychiatrie afin qu’ils passent quelques heures dans le monde de leurs patients… » 

Cet événement fut déterminant pour le jeune chercheur, qui dès lors réalisa avec son Directeur de recherches de très nombreuses expérimentations, sur lui-même et avec des patients, effectuant de nombreuses analyses avant, pendant et après afin d’obtenir des modèles. « c’était une source d’exploration tout à fait passionnante ! ». Au cours d’une de ses expériences avec le LSD 25, Stanislav Grof vécut notamment une expérience marquante, explorant des niveaux de conscience qu’il appellera « non ordinaires ». A cet instant, il eut l’intuition « à un niveau cellulaire » que ce qu’il avait appris à l’Université sur la conscience n’était pas exact : la conscience n’est pas un phénomène physique ; elle est quelque chose de fondamental qui agit au niveau du cerveau mais ce n’est pas le cerveau. « Il a fallu des années avant d’obtenir une démonstration scientifique de ce que j’avais expérimenté, notamment par les expériences de sorties du corps et surtout les EMI (Expériences de mort imminente) ou ce qui peut arriver à des personnes au seuil de la mort. » Depuis, des milliers de témoignages de personnes qui ont vécu des états de conscience modifiés (lors de comas, d’EMI ou d’intervention chirurgicale) ont été collectés, confirmés par un grand nombre d’expériences documentées. Ces personnes voient ce qui se passe au même dans la pièce, parfois même ce qui se passe à ce moment à plusieurs kilomètres de là. Mêmes interrogations et confirmations devant les témoignages de personnes aveugles, au seuil de la mort, ayant précisément décrit leur environnement suite à une EMI, ce que le psychologue Ken Ring appelle la « vision de l’esprit » (Mindsight). 

Inconscient individuel et inconscient collectif archétypal

Mais si notre conscience peut se « promener » lorsqu’elle est dans cet état particulier, jusqu’où peut-elle aller ? Au fil de leurs travaux, Stanislav et son épouse élargissent la carte de la psyché, que l’on croyait jusque là limitée à la mémoire postnatale. Ils démontrent qu’on peut revivre notre propre naissance, notre vie intra-utérine et jusqu’à notre conception au niveau cellulaire ! Une véritable révolution. « Nous savons que c’est possible, c’est maintenant aux neurophysiologistes de nous dire où cette mémoire est enfouie… Nous savons par la biologie que nous n’avons pas besoin d’un cortex pour avoir de la mémoire, la mémoire est une propriété intrinsèque à la matière vivante, Eric R. Kandel a reçu le prix Nobel en 2000 pour ses études sur la mémoire d’une limace de mer… Donc, on accepte qu’une limace ait de la mémoire, mais pas un être humain nouveau-né ! » 

Les découvertes ne s’arrêtent pas là. S. Grof constate que nous pouvons non seulement revivre des événements nous concernant directement et enfouis dans nos archives mémorielles, mais également des événements datant de plusieurs générations avant notre naissance biologique. Les personnes décrivent alors, avec une précision étonnante, une époque, un lieu disparu, toutes informations vérifiées et documentées ensuite par des recherches généalogiques, historiques, géographiques ou par l’étude des légendes et mythologies dans le monde. 

Carl Gustav Jung l’avait pressenti : nous disposons d’un inconscient non seulement individuel mais également collectif. Et même archétypal : dans ces états modifiés de conscience, de nombreuses personnes voient des personnages ou des royaumes mythologiques ou archétypaux qui leur est impossible de connaître intellectuellement. 

Les émergences spirituelles pour guérir

Mais le psychiatre pressent la dimension spirituelle de la conscience. Il rencontre alors des enseignants spirituels, moines tibétains, bouddhistes de la tradition zen, chamanes, chrétiens bénédictins… et étudie ce qu’il appelle « les technologies du sacré », comme les techniques de méditation profonde. Il découvre avec Christina que ces explorations peuvent être un mécanisme puissant de guérison pour nombre de pathologies étiquetées comme des « psychoses » ou « états psychotiques ». Eux préfèrent les nommer « émergence spirituelle » ou « urgence spirituelle », des termes qui parlent bien d’un état de crise thmais aussi d’une opportunité de passer à un autre niveau de conscience et de guérir. « On peut véritablement aider les gens à traverser ces crises plutôt que de supprimer les symptômes, même si le thérapeute n’y croit pas. Ne pas laisser les gens aller vers ça serait les priver d’une guérison possible. » En 1980, Christina fonde le réseau d’urgence et d’émergence spirituelle, qui met en contact des personnes traversant des crises de cet ordre-là avec des professionnels capables de les accompagner. 

« Quand nous aurons acquis cette nouvelle vision du monde, quand l’émergence de ce nouveau paradigme sera effective, ces expériences ne seront plus des anomalies mais des éléments normaux de notre nouveau monde. » Pour Stanislav Grof, l’important n’est pas de savoir ce qui crée ces émergences spirituelles mais de savoir comment accéder à ces nouvelles sources de guérison. 

Pour aller plus loin conseil lectures : « l’ultime voyage » et « Quand l’impossible arrive » (Editions Tredaniel)

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Rationnel – Irrationnel : Un malaise à surmonter

Posté par othoharmonie le 22 juillet 2014

 

par Marie-Madeleine Davy

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Grande dame (1903 – 1998) de la réflexion spirituelle en France, spécialiste du Moyen-Age sur lequel elle était maître de recherche au CNRS, sa disparition a laissé un grand vide.

N C : Il ne se passe pas une semaine sans que l’un ou l’autre de nos grands médias n’ouvre un dossier sur le paranormal, les sciences occultes, les religions, la sorcellerie, les pouvoirs présumés magiques…

Marie-Madeleine Davy : La plupart du temps il en sort une bouillie où tout se trouve mélangé sans discernement par des journalistes incompétents qui, même lorsqu’ils interrogent des personnes pouvant donner un avis intéressant, ne gardent de ces propos que ce qui pourra conforter leurs thèses, le cas nous a été signalé à plusieurs reprises. Il n’empêche que la mode est désormais à la métaphysique et à la pataphysique. Et que le mélange général des genres prête à confusion.

N.C. : Comment séparer le bon grain de l’ivraie ?

M.-M. D. : Ceux qui ont étudié le déclin du paganisme au IIIè siècle, peuvent aisément discerner des correspondances entre cette époque et la nôtre. Au syncrétisme de l’Antiquité tardive fait écho le mélange des crédules croyances de notre temps. Lorsqu’une société nouvelle s’ébauche, les véritables valeurs tremblent et sont remises en question. Aujourd’hui, un regain d’occultisme, d’ésotérisme, de parapsychie soulève non seulement l’intérêt mais le monopolise. Des individus anxieux, manquant le plus souvent de structure et d’autonomie, se précipitent dans les filets que leur tendent quelques naïfs et surtout des exploiteurs de la détresse humaine. Rien de neuf à cet égard sinon l’ampleur du désarroi des uns et la sordide cupidité des autres. Lorsque la presse a parlé de l’arrestation d’une femme estimée, certains lecteurs ont pu se demander pourquoi les internements n’étaient pas plus nombreux. Il est vrai que les prisons sont bourrées ; il faudra bientôt faire la queue sur les trottoirs pour y avoir accès. Dans des revues et magazines, la publicité faite en faveur de réunions, séminaires, sectes dépasse le plus élémentaire bon sens : astrologie, numérologie, lévitation, allusion à la Kabbale par des non-kabbalistes, pseudo méditation, spiritisme, etc. On a l’impression d’un étalement de produits épicés, d’origines diverses. L’ésotérisme lui-même, dont la réalité est incontestable, apparaît défiguré. Il est servi de mille et une façons. En parcourant du regard les réclames en sa faveur, on pourrait évoquer les propos pleins d’humour de Bernard de Clairvaux à l’égard de la manière d’accommoder les œufs dans les monastères clunisiens : « On les tourne, on les retourne, on les délaie, on les durcit, on les hache, on les frit, on les rôtit, on les farcit, on les mélange… » Pour les nourritures terrestres, le palais est stimulé par les sauces, dans cet envahissement d’ésotérisme et d’occultisme, il est difficile de distinguer le faux du vrai en raison des savants dosages. Qu’une sonnette d’alarme retentisse, comment s’en étonner ? Elle signale un déraillement. Il convient de relever les blessés et de les soigner avec diligence. Les diriger vers des hôpitaux ou encore les faire entrer dans des centres psychiatriques serait une monstrueuse erreur. Ils devraient être traités avec une infinie tendresse et compassion. En revanche, il serait opportun d’écarter les charlatans qui les endorment avec des drogues douces et dures. Ces manipulateurs s’adonnent à des lavagesde cerveau et leurs victimes deviennent des épaves.

N.C. : Pourtant, ne vous semble-t-il pas que cet engouement pour le magique cache autre chose, de profond et beau ?

M.-M. D. : Ne nous méprenons pas, cette naïveté crédule véhicule un immense appel de l’essentiel ! Le monde cruel, voué au matérialisme, dominé par le goût de l’argent, politisé jusqu’à la moelle de l’os, englué dans une démagogie primaire n’est pas favorable à la profondeur. L’ère inhumaine de la machine draine l’agressivité et la violence. La marée noire polluante apparaît comparable à un déluge. Et chacun cherche l’arche flottant sur les eaux déchaînées pour y prendre refuge. On s’accroche à n’importe quoi afin de ne point périr et les robots, qu’on appelle encore des hommes, se multiplient. Cependant un merveilleux souffle de liberté s’élève, mais il n’atteint pas encore les options crédules qui sont aussi des formes d’esclavage. Une grave question se pose : convient-il d’enlever aux adeptes de ces peudo-sciences, des options qui leur permettent de vivre et ainsi d’échapper aux états dépressifs qui menacent les individus fragiles ? Sont-ils capables de supporter la perte de leurs illusions afin de s’orienter vers une autonomie libératrice ? La tendresse éprouvée pour autrui s’afflige de voir tant de personnes bernées. Sans doute ces adeptes, peu exigeants, préfèrent-ils une tiédeur douillette, qui les réconforte, à une orientation vers la quête de la vérité qui exige des purifications et aussi des dépouillements. Aux divers appétits correspondent une pluralité de nourritures. Il serait rigoureusement vain de rêver d’un âge d’or. La légende du « Grand Inquisiteur » est significative. L’homme ordinaire n’aime point la liberté. Elle serait pour lui un joug écrasant. Le goût des systèmes et des superstitions rassure. Et cela d’autant plus que la culture recule. Auparavant, elle procurait une structure et relativisait l’éphémère. Il faut comprendre que l’homme égaré dans un monde, qu’il juge hostile, éprouve la nécessité de s’agglutiner afin d’échapper au drame de son isolement.

N.C. : Mais comment échapper au cercle vicieux justement ?

M.-M. D. : Face à l’exploitation menée par des mages, magiciens, sorciers de bas étage, il existe de véritables formateurs. Des hommes d’expérience créent des oasis de silence, de méditation et de paix. Ils tentent de donner à leurs auditeurs un enseignement valable au sein de leurs communautés. Ils apprennent le détachement des illusions qui obligatoirement se poursuit durant toute l’existence. Ces ashrams promus par des Orientaux et des Occidentaux sont des centres de connaissance dans lesquels le visible et l’invisible se rejoignent. Chacun apprend à devenir autonome en se libérant des diverses idolâtries. Dans ces divers centres, loin d’exploiter leurs visiteurs, des hommes et des femmes les aident à poursuivre leur pérégrination. L’important est d’opérer un choix judicieux et de ne pas se fourvoyer. Quant à ceux qui tirent la sonnette d’alarme pour signaler le déraillement, ils devraient tout d’abord prendre conscience de leur propre ignorance ; eux aussi s’abandonnent à une énorme confusion, à commencer par celle du langage. Taxer de « surnaturel » ce qui relève de l’occultisme ou s’y apparente, ne saurait correspondre au contenu dece terme. On chercherait vainement l’emploi du mot « surnaturel » dans les Ecritures sacrées, ou encore chez les Pères grecs et latins. Il n’appartient pas non plus aux auteurs de l’Antiquité. Le terme se présente seulement au IXè siècle avec les traductions carolingiennes de Denys le Mystique, grâce à Hilduin et à Scott Erigène. Puis son emploi sera momentanément récusé. Il ne fera son entrée officielle qu’au XIIIè siècle avec Thomas d’Aquin, se généralisera avec le scolastique et deviendra un terme d’école strictement réservé à la théologie. Invoquer le « surnaturel » pour couvrir ce qui échappe à la raison n’explique rien. Il serait plus exact de mentionner la présence d’énergies invisibles opératives dans le corps, le mental et le cœur. Mélanger ces forces subtiles avec le spiritisme est preuve d’un non-savoir.

N.C. : Alors, comment définir les domaines sont nous parlons ? La grâce, le surnaturel, le magique… Voilà bien des mondes qui échappent à notre entendement !

M.-M. D. : E.R. Dods (professeur à Oxford) a parlé de l’expérience de Plotin qu’il juge proche de celle de certains mystiques indiens. Il s’agit d’un événement naturel ne comportant aucun recours à une grâce. Cette expérience concerne « l’avènement de quelque chose qui attendait le moment de sa réalisation, le dévoilement dans l’instantané d’un donné éternel ». Selon Plotin, images (16)« l’Un, parce qu’il ne contient aucune altérité, est toujours présent ; mais nous, nous ne sommes présents que lorsque nous nous débarrassons de l’altérité » (VI, 9). Selon Henri Charles Puech, professeur au Collège de France, Plotin a été le premier auteur à reconnaître que « l’âme possède des sensations, des désirs et des dispositions, dont le moi est normalement inconscient ». Ces tendances produisent des éclatements qui n’ont absolument rien de miraculeux. En vertu de l’étroite correspondance entre le macrocosme et le microcosme, ces forces secrètes peuvent atteindre l’univers et l’homme. Celui-ci et soumis aux lois dans la mesure où il n’a pas conscience des états animal et psychique dans lesquels il se tient. Il conviendrait ici d’insister sur les différences entre l’homme ordinaire et l’homme éveillé. Tout ce qui concerne le chaos de l’inconscience doit être examiné à sa juste valeur. Ce qui est vrai dans l’instant présent sera faux lorsque demain deviendra présent. Entre ces deux instants, un discernement judicieux aura pu surgir. Pour éclairer ce sujet, l’enseignement de Ramana Maharshi est précieux. Un exemple sera ici proposé. Question : « Est-ce que les prédictions faites sur notre destin par l’astrologie sont vraies ?  » Réponse du Maharshi : « Aussi longtemps que vous avez le culte du Moi, elles sont vraies. Quand cet égotisme est détruit, toutes les prévisions ne sont plus vraies ». Voici qui est clair. Tout dépend de l’état dans lequel se trouve le sujet. Au départ, l’homme subit son destin. Ensuite il en possède la maîtrise : « La conquête du destin passe par l’effacement de l’ego, que cet effacement soit atteint par l’investigation du moi ou par la voie de la dévotion « . Le rationnel ne gère ni le monde visible ni le monde invisible. S’insurger, au nom du rationnel, contre l’ésotérisme, signifie un manque d’expérienceet une totale méconnaissance de la condition humaine. Si on se tient à la division proposée par Philon d’états animal, psychique et pneumatique, il est évident que la parapsychologie et tout ce qu’elle comporte se situe dans un ordre psychologique. Il en est de même pour « le parler en langue » qu’au dire de saint Paul la charité dépasse. L’homme extérieur a normalement recours aux visions, apparitions, à la voyance, il tente de scruter ce qui lui est dissimulé. Et souvent il se trompe. Pour l’homme intérieur, dégagé des illusions, le déchirement des voiles, l’approche des mystères, la révélation des secrets se produit sans avoir le moindre recours à l’occultisme. Saisir l’irréalité du monde sensible n’est pas le lot de tous les hommes mais d’un petit nombre. Dans toutes les traditions, l’homme uniquement psychique s’avère incapable de pénétrer dans la connaissance.

N.C. : Jésus dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde. » Il évoque donc un autre monde, que peu perçoivent !

M.-M. D. : Henry Corbin a parlé du « suprême miracle », de « l’irruption d’un autre monde dans notre connaissance, irruption qui déchire le réseau de nos catégories et de leurs nécessités, de nos évidences et de leurs normes ». Et d’ajouter : « Mais il doit être entendu qu’avec cet autre monde, il s’agit d’un monde qui ne peut être perçu par l’organe de la connaissance commune, ni prouvé ni récusé au moyen de l’argumentation commune : un monde tellement autre qu’il ne peut être vu ni perçu que par l’organe d’une perception « hûrqalyenne » (Hûrqalyâ : terre céleste, terre des visions). Le monde, qui n’est point perceptible par les sens, est celui où « ont lieu des événements spirituels réels, mais réels d’une réalité qui n’est pas celle du monde physique, ni de celle qu’enregistre la chronique et avec laquelle on « fait de l’histoire », parce qu’ici l’événement transcende toute matérialisation historique « . Dans ce temps qualitatif se découvre la dimension suprasensible des êtres. La terre des visions « est inaccessible aux abstractions rationnelles aussi bien qu’aux matérialisations empiriques… elle est le lieu où l’esprit prend corps comme caro spiritualis, corporéité spirituelle « . Il ne conviendrait pas d’offrir ces textes d’Henry Corbin à la réflexion des matérialistes et rationalistes. Ils ne seraient pas concernés par leur contenu. Quant aux amis des mystères, ils possèdent l’expérience de la « Terre céleste et du corps de résurrection ». Parvenus à cet état, ils ne sauraient donner leur attention à des recherches inutiles issues d’une naïveté qui n’a rien de commun avec l’innocence.

Ses derniers Livres :

  • Initiation médiévale, Paris, Dervy, 1977.
  • Henri Le Saux, le passeur entre deux rives, Paris, Le Cerf, 1981.
  • Un itinéraire à la découverte de l’intériorité, Paris, Desclée de Brouwer, 1984.
  • Traversée en solitaire, Paris, Albin Michel, 1989.
  • Bernard de Clairvaux, Paris, Le Félin, 1990.
  • Écrits, Henri le Saux, édités par M-M Davy, Paris, Albin Michel,1991
  • Nicolas Berdiaev, Paris, Le Félin, 1991, Albin Michel, coll. « Espaces Libres » poche, 1999
  • L’Oiseau et sa symbolique, Paris, Albin Michel, 1992.
  • Tout est noces, Paris, Albin Michel, 1993.
  • Encyclopédie des mystiques. Chamanisme, grec, juif, gnose, christianisme primitif; Christianisme
  • occidental, ésotérisme, protestantisme, Islam, Égypte, Mésopotamie, Iran, hindouisme, bouddhisme indien, Bouddhisme tibétain, chinois, japonais, Yi-King, Tch’an, zen, Paris, Payot, 4 vol..1996.
  • La Montagne et sa symbolique, Paris, Albin Michel, 1996.
  • L’Homme intérieur et ses métamorphoses, Paris, Desclée de Brouwer, 1997.
  • L’Arbre, Charles HIRSCH, M.-M. DAVY, Paris, Philippe Lebaud, 1998.

- Le Désert intérieur, Paris, Albin Michel, 1985, rééd. poche 1999.

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Pour une télévision ouverte au sacré

Posté par othoharmonie le 14 juillet 2014

 

par Yves Rasir

images (7)Nous souffrons tous de la médiocrité de la télévision et de l’aveuglement de ses dirigeants qui, pour de fausses vraies raisons d’Audimat, bloquent les projets qui pourraient apporter de vraies réponses aux êtres assoiffés de sens que nous sommes. Puisse l’entretien qui suit, témoignant d’une réussite médiatique différente – l’émission « Noms de dieux » du Belge Edmond Blattchen -, ouvrir des portes…

Média de l’immédiat, la télévision brasse l’écume des jours en négligeant souvent les courants profonds qui dirigent l’Histoire. Aux affamés de nourritures spirituelles, l’« Église Cathodique » donne rarement la chance de se rassasier. Jamais peut-être, la « folle du logis » n’a autant mérité sa réputation d’objet insensé, vecteur d’un redoutable décervelage. Mais l’envahissement du petit écran par la futilité connaît d’heureuses exceptions. En Belgique, l’émission «  Noms de dieux  » accueille chaque mois un personnage-clé de la pensée contemporaine, qui vient confier – longuement – sa foi et ses espoirs à Edmond Blattchen. Rencontre avec le journaliste créateur de cette émission publique, postée au carrefour des valeurs.

Nouvelles Clés : Quelle est la genèse de votre émission ?

Edmond Blattchen : Avant de présenter « Noms de dieux », j’ai animé pendant quelques années l’« Écran-Témoin », l’équivalent belge des « Dossiers de l’Écran ».

Dans ce rôle, j’ai eu l’occasion de me pencher sur des thèmes comme « Les juifs aujourd’hui », « Les nouveaux apôtres » ou « Les libre-penseurs ». Lors de ce dernier débat, deux participants avaient cité la phrase de Malraux : « Je pense que la tâche du prochain siècle, devant la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintégrer les dieux ». Ce fut le point de départ de ma méditation.

N. C. : On cite habituellement une autre phrase de Malraux : « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas »…

E. B. : On dit aussi « religieux » ou « mystique ».
Les deux intervenants voulaient précisément faire un sort à cette phrase qui, selon eux, n’a jamais été prononcée. J’ai fait des recherches personnelles et je n’ai effectivement jamais retrouvé, dans un texte de Malraux ou l’une de ses interviews, le propos qu’on lui attribue. Je ne prétends pas qu’il n’ait jamais dit cela, mais je dis que le propos qui se rapproche le plus et qui est certain, c’est la phrase citée ci-dessus. C’est un extrait d’un entretien accordé en 1955 à un hebdomadaire danois, qui interrogeait des intellectuels occidentaux sur le thème de l’apocalypse, dix ans après Hiroshima – entretien qui fut traduit et publié à l’époque par l’Express.

N. C. : Cette citation est donc à l’origine du projet ?

E. B. : Elle m’a beaucoup fait réfléchir – comme citoyen et comme professionnel des médias. L’évolution technologique du métier de journaliste nous prive de recul par rapport à l’information que l’on traite. Il m’a semblé important d’essayer d’introduire dans une grille de programmes télé, une émission de réflexion sur le siècle – celui qui se termine et celui qui va commencer -, une émission qui ne soit pas soumise au diktat du polaroïd, qui nous donne le temps de chercher du sens dans le tourbillon de l’actualité. De la secte japonaise Aoum aux scandales politiques belges et français, il y a tant d’événements qui posent aujourd’hui la question du sens ! Avec une curiosité teintée de scepticisme, la hiérarchie de la RTBF ( La télévision publique francophone belge) m’a permis deconcrétiser cette ambition.

N. C. : Une émission unique en son genre dans le paysage audiovisuel ?

E. B. : En toute modestie, je crois que oui. En Belgique comme en France, il existe des émission dites « concédées » aux catholiques, aux protestants, aux israélites ou aux musulmans. Petite particularité belge, nous avons aussi l’émission « La Pensée et les Hommes » produite par l’Action Laïque, la famille des libre-penseurs. Mais ce sont des émissions confiées, si je puis dire, aux différentes chapelles. Dans un esprit très « service public », « Noms de dieux » est un espace pluraliste, puisque tous les courants de pensée y sont représentés à travers les invités – qui ne sont pas seulement des penseurs patentés ou des figures de proue de telle ou telle institution, mais aussi des « artisans de la spiritualité » qui ne représentent qu’eux-mêmes. Je pense à une Annick de Souzenelle, à un Arnaud Desjardins ou à un Amin Maalouf.

N. C. : Et ce rendez-vous mensuel a trouvé son public ?

E. B. : Depuis sa création, l’émission a déménagé trois fois dans la grille. Son horaire a toujours été tardif, malgré quoi l’audience est satisfaisante dans un contexte concurrentiel acharné, puisque la Belgique est un pays câblé à 95 %, où l’on peut capter une trentaine de chaînes. Nous avons un public de fidèles qui regardent la plupart des émissions, les enregistrent, s’échangent les cassettes.

La RTBF les rediffuse plusieurs fois à différentes heures de la journée sur ses deux chaînes, et TV5 fait de même. Faibles à l’audimat, nous tirons notre épingle du jeu en audience cumulée. Cela transparaît clairement dans le volume de courrier. Nous recevons beaucoup de lettres de France, mais aussi de Grèce, du Liban, de Scandinavie, d’Arabie, des États-Unis…

Souvent émouvantes. Un correspondant algérien nous a écrit son bonheur d’avoir vu Eugen Drewermann, symbole d’une liberté d’expression impensable chez lui. Nous recevons beaucoup de témoignages de gratitude, mais la plupart nous écrivent parce qu’ils veulent en savoir plus.

N. C. : « Noms de dieux » est devenu une sorte d’ombudsman de la spiritualité, un « service-consommateur » pour les chercheurs de sens ?

E. B. : Ce serait prétentieux de dire ça. À notre petite échelle, nous faisons cependant office de « bureau d’information ». Exemple : un téléspectateur non juif nous demande s’il pourrait suivre des cours de Talmud. Nous le mettons en contact avec un cercle hébraïque qui organise des conférences. Après le passage du Dalaï-Lama, des tas de gens nous ont demandé des renseignements sur le bouddhisme tibétain et nous leur avons donné des adresses, des pistes de lecture. Tous les téléspectateurs peuvent nous commander la bibliographie complète de nos invités, généralement assortie d’ouvrages généraux.

Après Arnaud Desjardins, nous avons par exemple établi une liste d’ouvrages d’introduction à l’hindouisme et aux spiritualités orientales. Pas nécessairement des livres universitaires.

Cela peut être un Marabout-Flash, la collection « Points-Sagesse » du Seuil ou les collections « Spiritualités » d’Albin Michel… À chacun de poursuivre son chemin.

N. C. : Ce regardde l’Occident qui se tourne vers l’Orient est-il perceptible de votre poste d’observation ?

E. B. : Très nettement. Il y a un besoin, à mon sens très positif, d’exotisme – dans la spiritualité, comme dans le tourisme ou la gastronomie. Nos contemporains savent que la table ne se limite plus au steak-frites ou au cassoulet, mais qu’il y a d’autres goûts à portée de bouche. De même, ils s’intéressent aux traditions venues d’ailleurs. Les hommes et les femmes déçus par les réponses formelles et figées données par les Églises aux grandes questions de l’existence se tournent vers des spiritualités qui leur semblent plus tolérantes. Les gens d’aujourd’hui sont en attente, non pas de réponses définitives, mais de pistes possibles pour étancher leur soif de sens – sens de leur vie individuelle, de leur couple, leur pays, leur planète… -, avec le risque, c’est vrai, d’une dérive syncrétique empruntant sauvagement à différentes traditions. Je ne suis pas sûr qu’on élève l’art culinaire en mélangeant n’importe quels ingrédients. Mais c’est intéressant. Puisque nos estomacs prennent du plaisir à des saveurs contrastées, pourquoi nos esprits n’en feraient-ils pas autant ?

N. C. : Cette curiosité tous azimuts n’est-elle pas aussi une indice de confusion identitaire, en fin de compte peu productive ?

E. B. : Si, à force de chercher un sens à son existence, on se perd dans la fréquentation frénétique de courants de pensée comme on passe d’une auberge à l’autre, alors oui. Mais la quête de Dieu me semble beaucoup plus passionnante qu’auparavant, parce qu’elle nous invite justement au voyage. C’est fatigant, on peut y perdre la raison, traverser le désert, mais l’enjeu est à la mesure du périple. « Connais-toi toi-même et tu connaîtras les lois de l’Univers et des Dieux », disait Socrate. Je crois beaucoup à l’importance du travail intérieur. Se pétrir soi-même pour faire de soi une brique intéressante de l’édifice humain. Quand je vois l’itinéraire – que certains qualifieraient de « cahotique » – d’un Jean-Yves Leloup, on pourrait dire qu’il ne sait pas ce qu’il est. De l’hindouisme à l’orthodoxie en passant par chez les dominicains, il a vécu une spiritualité de boule de flipper. Mais en même temps, il a fallu qu’il parcoure ce labyrinthe pour se trouver lui-même.

N. C. : Votre émission n’est-elle pas inéluctablement élististe ?

E. B. : Je crois pouvoir répondre par la négative. Notre public n’est sans doute pas le même que celui d’un talk-show de TF1, mais nous recevons pas mal de lettres – très touchantes d’ailleurs – de gens peu scolarisés qui nous confessent leur ignorance, leur maigre bagage intellectuel. Beaucoup de téléspectateurs découvrent des invités pour la première fois. Notre mission de chaîne généraliste nous permet d’attirer des gens qui, sans cela, n’auraient jamais été en contact avec telle ou telle manière de penser.

images (8)Comme l’émission est pluraliste, les barrières entre religions s’effacent : les cathos regardent les réformés, les athées militants découvrent le bouddhisme… Je trouve cet intérêt (très moderne) pour la différence plutôt réjouissant. D’autre part, l’essentiel ne s’embarasse pas d’une formulation compliquée: quand je demande à l’abbé Pierre ce que signifie « aimer son prochain » et qu’il me répond : « Servir en premier le plus souffrant », mon petit garçon de dix ans comprend parfaitement !

N. C. : D’aucuns interprètent le renouveau spirituel comme la résurgence des vieilles angoisses millénaristes. On ne vous reproche pas d’exploiter ce créneau ?

E. B. : Cette idée ne m’a jamais animé. Mais il est clair que l’émission comble un besoin.

Le XIXe siècle était positiviste à tout crin. Le XXe siècle a cru pouvoir remplacer les religions par la science et on a prophétisé la mort de Dieu. Aujourd’hui encore, certains espèrent la victoire de l’homme sur la mort. Mais quand bien même la médecine y parviendrait, la question demeure : quelle vie et pour quoi faire ? En 1995, nous sommes confrontés à une surinformation de l’horreur. Plus on en sait sur le monde environnant, moins on en sait sur le monde intérieur. Si j’exploite le créneau de l’âme, je m’en félicite.

N. C. : L’ appétit spirituel qui marque notre époque ne révèle-t-il aussi pas une profonde inculture ?

E. B. : Certainement. En Angleterre, un enfant qui sort d’école primaire sait ce qu’est un musulman ou un bouddhiste, ou que les anglicans ne sont pas les seuls chrétiens. La culture religieuse devrait entrer beaucoup plus tôt dans les programmes scolaires. Il est inadmissible aujourd’hui d’avoir son bac sans savoir pourquoi un juif observe le Sabbat, ni ce qui sépare un sunnite d’un chiite. L’histoire de l’Église devrait faire partie de l’enseignement. Pourquoi des élèves n’iraient-ils pas visiter une mosquée, un ashram, une synagogue, un temple maçonnique ? Il faut démocratiser le savoir spirituel car les défis de demain réclament des hommes réellement tolérants. Or la tolérance est inséparable de la connaissance de l’autre.

Je redoute que l’ignorance n’aboutisse à nier les différences. Or, les médias ont une lourde responsabilité en faisant l’économie de la question spirituelle. Le danger existe de voir demain les Églises s’isoler dans des citadelles médiatiques. L’Église catholique songe par exemple à fonder sa propre chaîne de télévision par satellite. Si l’on veut éviter que les grandes multinationales de la spiritualité reprennent la direction des âmes, il faut respiritualiser l’information.

N. C. : Selon quels critères choisissez-vous vos invités ?

E. B. : Critère principal, le pluralisme : des gens d’ici et d’ailleurs, d’une confession ou d’une autre, des gens de terrain et des représentants officiels, des croyants et des non-croyants… Mais je n’aime pas cette expression : des gens qui ne croient en rien, ça n’existe pas.

Un homme sans Dieu est-il pour autant un homme dépourvu de foi ? Je fais encore partie de la génération qui allait au cours de religion pendant que les « mécréants » restaient dehors. Cette vieille dualité me paraît profondément injuste. J’ai découvert des libre-penseurs pétris de spiritualité, comme Georges Van Hout, un homme extraordinaire qui a animé pendant quarante ans les émissions laïques de la télévision belge. À l’inverse, il y a dans les Églises des matérialistes quis’ignorent, des « fonctionnaires de Dieu », comme dirait Drewermann. Il est temps d’en finir avec les stéréotypes !

N. C. : « Noms de dieux » affiche la couleur mais ne se cantonne pas dans les hautes sphères de la métaphysique…

E. B. : Le magazine se définit comme un mensuel de réflexion sur l’avenir de nos systèmes de valeurs. Il y a place pour la philosophie au sens large, la morale, la religion, mais aussi l’économie, la politique, l’écologie… Au nom de quel idéal vais-je agir en tant qu’électeur ? Quelles valeurs influencent mon comportement de consommateur ? En faisant cette émission, j’ai l’impression de parler de la vie de tous les jours. Si la spiritualité sert à savoir si Platon est mieux que Socrate ou Luther meilleur que Saint-Augustin, cela n’a aucun intérêt. Du moins à la télévision. C’est pourquoi j’ai un faible pour les invités qui incarnent très concrètement les valeurs qu’ils défendent.

N. C. : Hors de l’action point de salut ?

E. B. : Je ne dénigre absolument pas la contemplation qui est une dimension importante de la spiritualité chez les carmes, les chartreux ou les soufis. Mais une spiritualité qui se désintéresse du prochain me semble complètement dénaturée. Finalement, le grand message de toutes les traditions est identique : la compassion chez les bouddhistes, la charité chez les juifs et les chrétiens, la fraternité chez les francs-maçons… Croire en Dieu, c’est très facile.

La question la plus difficile, c’est : est-ce que je crois en l’Homme, est-ce que je suis capable d’aimer mon prochain ? Et mon prochain, ce n’est pas seulement le SDF à qui on fait l’aumône. C’est le collègue de bureau antipathique, l’automobiliste qui vous fait une queue de poisson, le conjoint infidèle. Ce qui me dérange dans les spiritualités New-Age, c’est leur côté narcissique, centré sur l’épanouissement personnel. Bien sûr, il est illusoire de vouloir aimer les autres sans s’aimer soi-même. Mais un individu solitaire n’est pas solidaire. Aussi, les tentations très actuelles pour la pure mystique m’inquiètent un peu ; quand je vois des jeunes files se shooter aux chants attribués à Sainte-Hildegarde, je m’interroge. Par contre, j’aime beaucoup la cohérence des jésuites qui conjuguent constamment la prière et l’action.

N. C. : Sur votre plateau, avez-vous eu l’impression de rencontrer des sages ?

E. B. : Je pense que le Dalaï-Lama est un sage. Qu’Arnaud Desjardins ou sœur Emmanuelle sont des sages. Je ne dis pas que les autres ne le sont pas. Mais dans le sens oriental, le sage est celui qui arrive à surmonter des passions empoisonnantes telles que la jalousie, l’envie, le mesquinerie. Comment ne pas voir à travers le Dalaï-Lama quelque chose qui est de l’ordre de la sagesse absolue ? Sérénité ne veut pas dire passivité ni pacifisme radical.

Quand l’abbé Pierre dit « ta gueule » à Jean-Marie Le Pen, il ne perd pas, pour moi, sa qualité de sage. La sagesse, à mon sens, c’est ne jamais renoncer à aimer l’autre.

N. C. : Avez-vous vécu, en compagnie de vos invités, desmoments de grâce ?

E. B. : J’en citerai un seul qui s’est déroulé hors-antenne. Lorsque le Dalaï-Lama s’est levé à la fin de l’émission, il est allé saluer individuellement chaque membre de l’équipe. Depuis la maquilleuse jusqu’au cameraman en passant par le porteur de câble. De la même manière, il a adressé à tous le même sourire, la même gentillesse. C’est à des moments pareils que l’on mesure l’incarnation du bien. Cette idée que l’obscur, le sans-grade, celui qu’on n’entend ni ne voit jamais, est aussi important. Que chacun est égal à chacun. Pour moi, c’était aussi le signe de la parfaite harmonie entre l’idéal et la personne du leader tibétain.

images (9)N. C. : Hostile envers les étiquettes, pourquoi acceptez-vous celle d’agnostique ?

E. B. : Je l’accepte si l’on s’entend sur les mots.
Quand Paul Ricœur dit qu’il est agnostique et croyant, il surprend beaucoup de monde, mais il ne commet pas de contresens. Il veut dire par là qu’il met des limites à sa foi mais qu’il ne renie rien de son passé protestant.

Beaucoup croient que l’agnosticisme consiste à déclarer que la raison est inapte à saisir l’être de Dieu et donc qu’il est vain d’en chercher la présence. Au contraire, l’agnostique peut être celui qui accepte les limites de son intelligence, n’adhère à aucune vérité révélée mais refuse de s’arrêter dans sa quête de sens. Oui, je pense que Dieu est hors de portée mais je fais le pari de Pascal. Il y a quelques années, je ne faisais pas ce pari. J’ai beaucoup évolué.

Renseignement : Edmond Blattchen

Noms de dieux – RTBF – Palais des Congrès B-4020 Liège

La Vie devant Soihttp://devantsoi.forumgratuit.org/

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L’Ultramodernité du spirituel

Posté par othoharmonie le 14 juillet 2014

 

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par Marc de Smedt et Patrice van Eersel

Nouvelles Clés interroge Frédéric Lenoir sur sa formidable fresque d’histoire et de psychosociologie du phénomène religieux : Les Métamorphoses de Dieu (éd. Plon).

Nouvelles Clés : Dieu n’est pas mort, dites-vous, il se métamorphose. Le sacré prend de nouveaux visages… ou bien revêt des habits très anciens, mais dans tous les cas, le résultat est, selon vous, que nous vivons actuellement “ l’une des plus grandes mutations religieuses que l’homme ait jamais connues. ” Une mutation qui nous mettrait en résonance avec le 16ème siècle et la Renaissance, c’est-à-dire avec les débuts de la modernité, que vous prenez soin de distinguer de ses développements ultérieurs. Il y aurait eu plusieurs modernités ?

Frédéric Lenoir : Que sont les premiers modernes ? Des gens comme Pic de la Mirandole, pour qui l’homme doit être parfaitement libre de ses actes et de ses choix, y compris de ses choix religieux – ce qui, à l’époque, est une révolution considérable -, chacun doit exercer sa raison, son esprit critique… mais cela ne le ferme pas au sacré, bien au contraire ! L’être libre, conscient de son incomplétude, est en quête de quelque chose de plus grand que lui.

Il se passionne pour toutes les sciences, toutes les langues, toutes les traditions. Il relit la Bible, plonge dans la kabbale, expérimente l’alchimie, l’astrologie et tous les langages symboliques qu’ont explorés les cultures humaines et dont il découvre, ébloui, qu’ils sont à sa disposition. Cette émergence à la liberté de conscience, ce désir de tout expérimenter, s’accompagnent d’une immense soif de tolérance. Là, nous trouvons Montaigne, qui sait allier ses convictions catholiques profondes avec une acceptation des opinions les plus différentes, voire les plus opposées à la sienne.

Cette modernité première, je pense que nous sommes en train d’en retrouver l’esprit en ce moment même, mais riche de cinq siècles de folle traversée – d’où ma proposition de l’appeler “ultra-modernité” : ce n’est pas une “post-modernité” qui serait en rupture avec les idéaux de la Renaissance, bien au contraire : la caractéristique n°1 n’a pas changé, c’est l’autonomie du sujet, l’individu reste LA référence. En revanche, je la distingue d’une modernité seconde, qui a lentement émergé au 17ème siècle, s’est affirmée au 18ème, pour devenir hégémonique au 19ème… Avec Descartes en effet, on scinde le monde en deux : d’un côté la foi en Dieu, l’imaginaire, le symbolique, qui deviennent des affaires privées, sans prise sur le monde physique ; de l’autre côté, la science, en pleine ascencion, qui étudie une nature désenchantée, habitée par des hommes-machines doués de raison, et qui va prendre le pouvoir. Ce deuxième temps de la modernité est systématisé par les Lumières. Kant ou Voltaire sont aussi croyants que Descartes, mais leur Dieu, lointain et froid architecte de l’univers, n’a plus qu’un ascendant moral sur les hommes. Leur quête principale, guidée par la raison, entièrement accaparée par une laïcisation du décalogue (la loi kantienne) et par la recherche scientifique, n’a plus rien à faire du symbolique ou de la Kabbale. Un siècle plus tard, le scientisme règne, moteur des grands systèmes athées et aboutissement logique de la scission entre foi et raison. Feuerbach, Marx, Nietzsche, Freud, chacun à sa façon, tirent la leçon des Lumières: si le “grand architecte” n’a plus de rapport réel avec le monde, si l’on ne peut même plus raisonner sur lui, c’est donc quon peut se passer de lui, il n’est plus qu’une idole ! C’est l’apothéose du mythe de la modernité. Sa caricature. L’homme ne se rend pas compte qu’il se coupe de la nature, de son corps, pour ne plus être qu’une sorte de cerveau qui, finalement, a réponse à tout et peut apporter le bonheur à l’humanité entière. L’illusion du progrès rationnel triomphe avec le marxisme et ses lendemains radieux… Là-dessus, l’humanité se prend sur la figure le siècle le plus violent de l’histoire humaine – d’Auschwitz au clonage, en passant par le Goulag et Hiroshima – et nous nous retrouvons, à l’aube du troisième millénaire, à nous interroger.

Remettre en cause les fondements de la modernité, à commencer par la liberté individuelle ?

Certainement pas. Mais revenir sur la coupure entre l’humain et la nature, entre l’esprit et le corps, entre la raison et l’émotion ? Certes oui.

La nouvelle modernité est donc modeste et mûre. Adulte. Tolérante. C’est-à-dire qu’elle accepte les limites du rationnel, du scientifique, de la technologie, et du coup, le sacré redevient possible. C’est d’ailleurs pourquoi j’estime que les chercheurs qui ont travaillé sur l’imaginaire, sur le mythe, sur les archétypes, etc., Carl G. Jung, Mircea Eliade, Gilbert Durand ou Edgar Morin, sont ceux qui ont le mieux compris de qu’était l’essence de la modernité débarrassée de son propre mythe. Ils ont su nous rendre la dimension dont nous avions été amputés.

N. C. : Comme si un cycle se bouclait ? C’est vrai que, depuis une trentaine d’années, nous avons souvent l’impression de vivre une Renaissance – avec ses bons et ses mauvais côtés : ouverture à toutes les explorations possibles et transdisciplinarité, métissages de cultures, mais aussi guerres de religions et mise en esclavage de peuples entiers…

F. L. : Les trois vecteurs de la modernité au 16ème siècle n’ont jamais été aussi présents qu’aujourd’hui : individualisme, raison critique et mondialisation. Ils sont même en régénérescence partout. Pourquoi ?

Parce qu’on a quitté le mythe de la modernité triomphante. Le scientisme, qu’il soit libéral ou marxiste, s’écroule. C’était une utopie. Du coup, l’esprit critique se réveille et, au contact du réel, s’aperçoit que celui-ci est beaucoup plus complexe que ce qu’on croyait. Nous redécouvrons la distinction que faisaient les anciens de la scholastique thomiste entre la ratio et l’intellectus : la première, c’est la logique pure, mathématique, alors que le second intègre, à la façon orientale, la sensibilité, l’émotion, la contemplation. Aujourd’hui, de tous bords – de la recherche scientifique au monde de l’entreprise – nous arrive l’idée qu’il faut remplacer l’intelligence froide et corticale par une intelligence plus vivante, plus émotionnelle : les neuropsychologues disent même que nous avons plusieurs cerveaux, liés à notre ventre ou à notre cœur ! Et nous nous apercevons que l’on peut parfaitement vivre dans l’autonomie, dans la raison critique, tout en avançant dans une quête de sens enracinée dans l’expérience du corps. En toutcela, nous rejoignons la première modernité de la Renaissance.
Un Pic de la Mirandole se sentirait parfaitement à l’aise aujourd’hui !

Maintenant, parlons des nouvelles guerres de religions. La plupart des médias prennent tout à l’envers. Ils disent : “Aujourd’hui, ce qui domine dans les religions, c’est l’intégrisme, le fanatisme, la violence.” Mais non ! Ouvrons les yeux : ce qui domine, par-delà l’incendie des apparences, c’est juste l’inverse ! Partout, dans toutes les cultures, inexorablement, les gens s’approprient le religieux, chacun à sa façon. Y compris dans l’islam : du Maroc à l’Indonésie, en passant par l’Iran, les jeunes veulent pratiquer leur religion librement, parfois sans bien s’en rendre compte. C’est cela qui, au fond, dans toutes les religions, rend folle la très petite minorité des intégristes, prêts à des actes d’une violence inouie plutôt que d’accepter l’évolution vers la liberté. Que cette dernière se dresse contre la domination culturelle de l’Occident est une autre histoire – ou contre celle des aînés : ainsi peut-il arriver que des jeunes filles revendiquent de porter le voile pour défier leurs parents, telles les deux sœurs d’Aubervilliers, dont le père est un juif athée et la mère une catholique kabyle !

N. C. : Les intégristes eux-mêmes n’inventent-ils pas des formes totalement inédites, par plus fidèles, par exemple, à l’islam originel, que les nazis ne l’étaient à la culture germanique préhistorique ?

F. L. : Bien sûr, il y a reconstruction. Et ce n’est pas un hasard si les premiers “barbus” algériens sortaient plutôt de facultés de science ou d’institut de technologie que d’écoles de théologie ou de philosophie : leur “ retour aux origines ” est souvent autodidacte, ignorant et fantasmatique. De toute façon, sur le très long terme, ce que l’on retiendra de notre époque dans l’évolution du religieux, c’est le passage des grandes traditions culturelles dépendant de groupes, d’ethnies, de nations… à des pratiques personnelles, d’individus désireux de s’approprier le sens. Ils peuvent rester catholiques, juifs, musulmans – ce sera une appartenance culturelle. Mais ils vont vivre ce catholicisme, ce judaïsme ou cet islam chacun à sa manière. C’est une révolution colossale. Et une crise considérable pour les Églises.

Les deux tiers des Européens et les trois quarts des Américains se disent croyants, mais de moins en moins pratiquent.

Or, ce mouvement semble sans retour…

N. C. : Si chacun se bâtit un “ kit religieux ” à sa mesure, la confusion syncrétique sera totale…

F. L. : D’abord, aucune religion n’a échappé au syncrétisme. Le bouddhisme est un syncrétisme. Et le christianisme, formidable mélange de foi juive, de droit romain, de philosophie grecque ! Et l’islam donc, alliage extraordinaire de croyances arabes anciennes et d’emprunts judaïques et chrétiens ! Toutes les religions sont syncrétiques. Seulement, il y a deux types de syncrétismes. Le premier élabore une nouvelle cohérence en se confrontant aux contradictions, ou aux accélérations, que sa combinaison singulière apporte. Le second demeure dans la mollesse d’un collage non digéré. Inintelligent. Inorganique. Sans colonne vertébrale. D’où le défi redoutable de la modernité : à chaque individu de savoir organisersa propre cohérence, et ceci dans un monde où l’“offre religieuse” devient pléthorique et où les possibilités de collages confus se multiplient.

N. C. : Vous disiez qu’un Pic de la Mirandole se sentirait à l’aise aujourd’hui. Avec son éclectisme et son goût pour le merveilleux, on le retrouverait donc dans les réseaux New Age – auquel vous consacrez d’ailleurs un chapitre central dans votre livre, pour le meilleur et pour le pire !

F. L. : Sauf que Pic de La Mirandole et les grands humanistes de la Renaissance avaient une exigence intellectuelle que n’ont pas la plupart de ceux que l’on regroupe, souvent avec condescendance, sous le terme de “New Age” – syncrétisme, il faut dire, particulièrement mou, en particulier aux États-Unis. La confusion mentale me semble l’un des principaux défauts de ce mouvement – les deux autres étant l’égotisme (le monde ramené à mon bonheur) et le relativisme (l’idée paresseuse que toutes les croyances se valent à travers l’espace et le temps).
Cela dit, je trouve l’intention du New Age très bonne : elle consiste à aller chercher dans toutes les traditions ce qui peut nous parler et nous permettre de vivre une expérience d’éveil. Mais l’expression New Age me semble avoir fait son temps. Je lui préfère “Réenchantement du monde”, où je vois le meilleur de cet élan très vaste, qui joue en effet un rôle capital dans l’ultra-modernité spirituelle. De quoi s’agit-il ?

Le premier à avoir parlé du “désenchantement du monde” est Max Weber. Pour lui, le processus était fort ancien, puisqu’il le faisait démarrer avec la Bible et la propension des juifs à rationnaliser le divin. Je ne suis pas d’accord, mais une chose est sûre, c’est qu’avec la “modernité seconde” dont je parlais tout à l’heure, celle du “Grand Horloger” des philosophes des Lumières, le monde a peu à peu perdu son immense aura magique – ce qui a contribué à éteindre toutes sortes de correspondances liant les gens à la nature, au vécu, au corps. Ce désenchantement a atteint un paroxysme au 20ème siècle. Jusqu’à la nausée de la société de consommation, où tout est observable, manipulable, déchiffrable, rationnalisable, marchandisable… Mai 68 peut être décrypté comme un besoin de réenchantement. Mais bien avant, c’est tout le mouvement romantique ! Dès le 18ème siècle en effet, certains esprits refusent le “refroidissement” de la modernité cartésienne ou kantienne.

Un Goethe, par exemple, a clairement l’intuition des dangers de la modernité scientiste. Plus tard un Lamartine aussi. Ou un Hugo. Ceux qui chercheront le plus à réintroduire le sens du mythe, de l’imaginaire et du sacré, à réhabiliter cette partie de l’homme niée par les Lumières, sont certainement les grands romantiques allemands, de Novalis aux frères Grimm. Mais la révolution industrielle commence à peine et les romantiques – au rang desquels il faut compter les premiers écologistes américains, Thoreau, Emerson, etc.- sont relégués dans la catégorie des poètes inoffensifs. Si bien que le message philosophique dont ils sont porteurs va passer à d’autres types d’acteurs sociaux : les cercles ésotériques de la fin du 19ème siècle, dont la Société théosophique est l’une des expressions les plus abouties – avec le prolongement antroposophique de Rudolf Steiner…

N. C. : Steiner, que vous n’hésitez pas à comparer à Pic de la Mirandole, encore lui…

F. L. : Mais oui, c’est un personnage étonnant, dont l’éclectisme rappelle l’esprit de la Renaissance ! Et donc le New Age – le Réenchantement du Monde – ne sort pas du néant : il s’inscrit dans un courant historique précis. Un courant qui aujourd’hui rejaillit un peu partout à la surface et qu’à mon avis, on ne peut pas bien analyser selon les grilles de la sociologie religieuse globale, mais selon celles d’une psychosociologie qui est à inventer. Je trouve en effet que les anciennes catégories – catholicisme, judaïsme, libre-pensée, athéïsme… ou new age – sont trop réductrices et laissent échapper l’essentiel.

Quand on analyse le vécu réel, la phénoménologie religieuse contemporaine nous montre qu’au fond, il y a deux types de religiosités, qui traversent toutes les autres catégories : la première ouverte, la seconde fermée. Cette dernière regroupe tous ceux qui ont vitalement besoin de certitudes et de vérités absolues : on y retrouve les fondamentalistes, les intégristes, les orthodoxes d’absolument toutes les religions – et cela comprend bien sûr une nuée de sectes, mais aussi les athées militants. Alors que la première catégorie concerne des individus qui, tout en vivant une relation profonde au sacré, assument l’incertitude de la modernité parvenue à maturité, qui implique du doute et une quête permanente : il ont des convictions, mais se disent qu’elles sont peut-être provisoires et que des convictions différentes peuvent être aussi légitimes – et cela comprend donc de nombreux agnostiques en recherche. Et vous remarquerez ceci : tous les gens de religiosité ouverte s’entendent bien entre eux, quelles que soient leurs traditions. Même chose d’ailleurs pour ceux de religiosité fermé – même si leur façon de “ bien s’entendre entre eux ” peut être de se haïr et de se faire
la guerre, comme les intégristes protestants façon Bush et les intégristes musulmans façon Ben Laden.

N. C. : Je suppose que vous vous situez vous-même dans la catégorie ouverte… Pourriez-vous nous dire deux mots de votre propre parcours ?

F. L. : J’ai eu la chance de grandir dans un milieu familial d’un catholicisme très ouvert, non pratiquant mais en grande recherche morale. Mon père est un proche de Jacques Delors et du courant personnaliste. Je lui dois énormément. J’avais treize ans, quand il m’a offert Le Banquet de Platon. J’ai tout de suite été passionné par la philosophie. Jusqu’à 17 ans, les présocratiques, Épicure, les stoïciens, Aristote ont merveilleusement répondu aux questions existentielles que je me posais. J’ai alors éprouvé le besoin de me tourner vers l’Orient et ce fut de nouveau – via Arnaud Desjardins – un voyage extraordinaire, jusqu’à ma découverte de Chogyam Trungpa et des bouddhistes tibétains, et aussi des mystiques, Maharishi, Shankara, etc. Arrivé là, je me suis dit qu’il était déraisonnable de ne rien savoir de Jung. La lecture de ce dernier m’a poussé à me

plonger dans l’astrologie – qui tient un formidable discours symbolique sur l’homme – et dans l’univers prodigieux des mythologies et des lois de synchronicité qui les régulent. J’avais alors 19 ans et j’étais passionné par toutes les religions, sauf le catholicisme. Pour moi, c’était vraiment la dernière des traditions qui pouvaient m’intéresser ! Je trouvais ça puritain, bloqué, nul, bref “catho”. Ce qui m’est arrivé alors était totalement imprévisible. J’avais accepté l’idée de passer quelques jours dans un monastère cistercien breton, pour expérimenter l’écriture dans le silence. Un lieu superbe, où je me suis tout de suite senti très bien, parmi des religieux et des religieuses qui respiraient la santé et l’intelligence. J’ai commencé à travailler quand un malaise a soudain surgi. Un malaise grandissant, qui m’a donné une furieuse envie de partir. J’étais sur le point de le faire, quand ma conscience m’a mis au défi de trouver une explication à ce qui se passait. Mon goût du défi et un certain amour propre m’ont donc fait rester.

À quoi devais-je donc me confronter ? Une vieille Bible poussiéreuse traînait là. Je l’ai ouverte au hasard et suis tombé sur le Prologue de Saint Jean. À peine avais-je commencé à le lire que le ciel m’est tombé dessus : pleurant toutes les larmes de mon corps, j’ai senti monter en moi un amour incroyable. J’avais envie d’embrasser le monde entier ! J’avais vingt ans. Je venais de rencontrer le Christ cosmique dont parle Saint Jean. Vingt ans plus tard, je puis dire que ce qui s’est inscrit en moi ce jour-là est indélébile.

N. C. : On vous connaît pourtant surtout pour vos écrits sur le bouddhisme !

F. L. : C’est que mon parcours intellectuel, lui, a continué, en philosophie et en sociologie.

Ma thèse sur “ le bouddhisme et l’Occident ” était une façon de mettre mes centres d’intérêt en confrontation. Sur le plan conceptuel en effet, il n’y a pas plus différent que bouddhisme et christianisme. C’était parfait. Je vais toujours vers le contraire de ce que je crois pour mettre mes convictions à l’épreuve. J’ai donc exploré deux univers étrangers l’un à l’autre, qui m’ont nourri à des niveaux différents. Mais je n’ai pas bougé dans ma conviction profonde. Je prie le Christ tous les jours.

N. C. : Un Christ un peu abstrait… ?

F. L. : Oh non ! le Jésus des Évangiles, dont je crois qu’il est en même temps un Christ qui dépasse toutes les religions, y compris la révélation chrétienne : le Logos qui éclaire tous les hommes et s’est incarné à un moment donné sous cette forme. C’est pourquoi je me dis chrétien. Sinon, je serais agnostique. Cela dit, je pratique aussi la méditation zen, tout simplement parce qu’elle m’aide à me déconnecter des soucis, du mental agité. Depuis vingt ans, tous les jours, je prends donc la posture et pratique une respiration… un peu indienne, en fait ! Puis je me mets en présence du Christ, j’ouvre l’Évangile, je lis un passage et enfin je prie, face à une petiteicône. Pour moi, le religieux se définit fondamentalement par la pratique et l’expérience de plusieurs niveaux de réalité…

N. C. : … dont le centre est là, en nous, et pourtant nous échappe toujours ?

F. L. : Notre conception du “centre”, c’est-à-dire de Dieu, a considérablement évolué en quelques générations. Pour un nombre croissant de nos contemporains, le divin se conçoit désormais beaucoup plus dans une sorte d’immanence, d’intimité extrême. Et en même temps, paradoxalement, nous sommes allés chercher en Orient des catégories philosophiques comme la “vacuité” ou le “dépassement de la dualité”, qui nous ont permis de repenser le monothéisme de façon plus parlante, mais aussi plus impersonnelle. Nous y avons d’ailleurs retrouvé toute une approche de la religiosité alternative occidentale : celle de Maître Eckhart ou les mystiques néo-flamands, pour qui Dieu est avant tout ineffable et ne peut se définir que négativement, par tout ce qu’il n’est pas.

Ce qui nous ramène à cette caractéristique de l’ultramodernité : l’acceptation de l’incertitude, avec une maturité suffisante pour ne pas nous paniquer face à l’idée d’Inconnaissable.

N. C. : On sent bien cette exigence de l’Orient vis-à-vis de l’Occident dans le mouvement
“jew-bu , ou les bouddhistes rappellent aux juifs que l’ineffabilité du Tétragramme n’est pas
un détail.

images (6)F. L. : L’exigence est indispensable. On critique volontiers la France pour sa fermeture d’esprit, son intolérance, son scepticisme. Mais je pense qu’elle peut jouer un rôle important dans l’émergence de la nouvelle spiritualité, précisément parce qu’elle ne gobe pas tout – comme le fait par exemple le Brésil, où la confusion des mélanges peut atteindre des sommets inimaginables. Nous sommes assez vaccinés contre les amalgames fous.
Du coup, si quelque chose passe chez nous, c’est du sérieux !

À lire de Frédéric Lenoir :

Les métamorphoses de Dieu , éd. Plon

  • Rencontre du bouddhisme et de l’Occident , éd. Albin Michel
  • La promesse de l’ange , avec Violette Cabesos, éd. Albin Michel
  • Mal de terre , avec Hubert Reeves, éd. du Seuil

Le livre des sagesses et Encyclopédie des religions , avec Ysé Tardan-Masquelier, éd. Bayard

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Les pouvoirs infinis de la conscience

Posté par othoharmonie le 13 juillet 2014

 

Psychiatre américain de réputation mondiale et invité d’honneur à l’INREES pour la conférence du mercredi 13 Octobre 2010, Stanislav Grof a posé les bases de la psychologie transpersonnelle, menant avec son épouse Christina des recherches consacrées aux états de conscience modifiés depuis des décennies.
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Thomas Kuhn, dans son ouvrage « La structure des révolutions scientifiques » explique que la science ne suit pas un parcours linéaire mais évolue par étapes. Entre chaque étape, on trouve des périodes, dont chacune est caractérisée par un consensus établi par le monde universitaire et accepté par tous, définissant ce qui est considèré alors comme étant la réalité. Durant chaque période, les scientifiques appliquent le paradigme existant. Mais il se produit parfois des « anomalies », des phénomènes qui ne peuvent pas être expliqués par la vision du monde en cours. Physique, chimie, psychologie… toutes les composantes de la science connaissent à un moment donné ce débat. Le dernier en date a eu lieu au début du siècle dernier, lorsque la physique de la relativité a dû faire place à la physique quantique. Un changement de paradigme se profile alors, qui peut durer plusieurs décennies durant lesquelles le monde scientifique dans son immense majorité oppose une très forte résistance. Nous sommes actuellement, nous dit Stanislav Grof, dans l’une de ces périodes-clé. Ses travaux, qui s’inscrivent dans un nouveau paradigme, bousculent. Il a choisi d’en parler avec humour : « Certains de mes collègues ne comprennent pas comment un médecin peut avoir recours à la psychologie transpersonnelle, ou écrire un ouvrage avec ce titre invraisemblable « Voyage au-delà de mon cerveau » ! » (ndlr : référence au livre du Dr Jill Bolte Taylor, paru en 2008). 

Pour nous présenter la synthèse de ses études sur les états de conscience non ordinaires, Stanislav Grof a choisi de parler tout simplement de ce qu’il a vécu : des histoires extraordinaires mais avérées, qui démontrent l’existence d’une psyché élargie et d’une conscience distincte du cerveau. 

La conscience n’est pas le cerveau

Né d’une famille sans affinités religieuses, il s’est passionné très tôt pour Freud et la psychiatrie. Sa formation médicale a été des plus matérialiste et, après quelques années d’analyse freudienne, il sent qu’il fait fausse route : intuitivement, il sait qu’il y a autre chose à découvrir. 

Il est dans cet état d’esprit lorsqu’un colis arrive au département de psychiatrie de Prague où il travaille, adressé au Directeur de l’établissement et accompagné d’une lettre. Un laboratoire allemand envoyait dans ce paquet plusieurs ampoules de LSD 25 et proposait aux membres du département de mener des recherches avec cette substance tout en communiquant leurs conclusions au laboratoire. La lettre suggérait : « peut être pouvez-vous l’utiliser comme un outil éducatif, le donner aux psychiatres, psychologues, étudiants en psychiatrie afin qu’ils passent quelques heures dans le monde de leurs patients… » 

Cet événement fut déterminant pour le jeune chercheur, qui dès lors réalisa avec son Directeur de recherches de très nombreuses expérimentations, sur lui-même et avec des patients, effectuant de nombreuses analyses avant, pendant et après afin d’obtenir des modèles. « c’était une source d’exploration tout à fait passionnante ! ». Au cours d’une de ses expériences avec le LSD 25, Stanislav Grof vécut notamment une expérience marquante, explorant des niveaux de conscience qu’il appellera « non ordinaires ». A cet instant, il eut l’intuition « à un niveau cellulaire » que ce qu’il avait appris à l’Université sur la conscience n’était pas exact : la conscience n’est pas un phénomène physique ; elle est quelque chose de fondamental qui agit au niveau du cerveau mais ce n’est pas le cerveau. « Il a fallu des années avant d’obtenir une démonstration scientifique de ce que j’avais expérimenté, notamment par les expériences de sorties du corps et surtout les EMI (Expériences de mort imminente) ou ce qui peut arriver à des personnes au seuil de la mort. » Depuis, des milliers de témoignages de personnes qui ont vécu des états de conscience modifiés (lors de comas, d’EMI ou d’intervention chirurgicale) ont été collectés, confirmés par un grand nombre d’expériences documentées. Ces personnes voient ce qui se passe au même dans la pièce, parfois même ce qui se passe à ce moment à plusieurs kilomètres de là. Mêmes interrogations et confirmations devant les témoignages de personnes aveugles, au seuil de la mort, ayant précisément décrit leur environnement suite à une EMI, ce que le psychologue Ken Ring appelle la « vision de l’esprit » (Mindsight). 

Inconscient individuel et inconscient collectif archétypal

Mais si notre conscience peut se « promener » lorsqu’elle est dans cet état particulier, jusqu’où peut-elle aller ? Au fil de leurs travaux, Stanislav et son épouse élargissent la carte de la psyché, que l’on croyait jusque là limitée à la mémoire postnatale. Ils démontrent qu’on peut revivre notre propre naissance, notre vie intra-utérine et jusqu’à notre conception au niveau cellulaire ! Une véritable révolution. « Nous savons que c’est possible, c’est maintenant aux neurophysiologistes de nous dire où cette mémoire est enfouie… Nous savons par la biologie que nous n’avons pas besoin d’un cortex pour avoir de la mémoire, la mémoire est une propriété intrinsèque à la matière vivante, Eric R. Kandel a reçu le prix Nobel en 2000 pour ses études sur la mémoire d’une limace de mer… Donc, on accepte qu’une limace ait de la mémoire, mais pas un être humain nouveau-né ! » 

Les découvertes ne s’arrêtent pas là. S. Grof constate que nous pouvons non seulement revivre des événements nous concernant directement et enfouis dans nos archives mémorielles, mais également des événements datant de plusieurs générations avant notre naissance biologique. Les personnes décrivent alors, avec une précision étonnante, une époque, un lieu disparu, toutes informations vérifiées et documentées ensuite par des recherches généalogiques, historiques, géographiques ou par l’étude des légendes et mythologies dans le monde. 

Carl Gustav Jung l’avait pressenti : nous disposons d’un inconscient non seulement individuel mais également collectif. Et même archétypal : dans ces états modifiés de conscience, de nombreuses personnes voient des personnages ou des royaumes mythologiques ou archétypaux qui leur est impossible de connaître intellectuellement. 

images (17)Les émergences spirituelles pour guérir

Mais le psychiatre pressent la dimension spirituelle de la conscience. Il rencontre alors des enseignants spirituels, moines tibétains, bouddhistes de la tradition zen, chamanes, chrétiens bénédictins… et étudie ce qu’il appelle « les technologies du sacré », comme les techniques de méditation profonde. Il découvre avec Christina que ces explorations peuvent être un mécanisme puissant de guérison pour nombre de pathologies étiquetées comme des « psychoses » ou « états psychotiques ». Eux préfèrent les nommer « émergence spirituelle » ou « urgence spirituelle », des termes qui parlent bien d’un état de crise mais aussi d’une opportunité de passer à un autre niveau de conscience et de guérir. « On peut véritablement aider les gens à traverser ces crises plutôt que de supprimer les symptômes, même si le thérapeute n’y croit pas. Ne pas laisser les gens aller vers ça serait les priver d’une guérison possible. » En 1980, Christina fonde le réseau d’urgence et d’émergence spirituelle, qui met en contact des personnes traversant des crises de cet ordre-là avec des professionnels capables de les accompagner. 

« Quand nous aurons acquis cette nouvelle vision du monde, quand l’émergence de ce nouveau paradigme sera effective, ces expériences ne seront plus des anomalies mais des éléments normaux de notre nouveau monde. » Pour Stanislav Grof, l’important n’est pas de savoir ce qui crée ces émergences spirituelles mais de savoir comment accéder à ces nouvelles sources de guérison. 

Pour aller plus loin : « l’ultime voyage » et « Quand l’impossible arrive » (Editions Tredaniel)

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QUID DES MAUVAISES NOUVELLES

Posté par othoharmonie le 6 juillet 2014

 

Faits divers, récits de guerre et de terreur, étalage incessant d’injustices et de turpitudes humaines…  Ce torrent qui, à n’en pas douter, charrie nos émanations les moins réjouissantes pourrait aisément nous emporter avec lui. L’auteur des Nouveaux collectifs citoyens: pratiques et perspectives (Yves Michel Editeur) analyse ce phénomène.

Ivan MALTCHEFF

 images (22)Il est aujourd’hui courant parmi les personnes engagées dans la transformation sociétale et personnelle de se référer à cette maxime fameuse attribuée à Gandhi de «devenir soi- même le changement que l’on désire pour le monde».  Je propose d’appliquer ce principe au déferlement quotidien de mauvaises nouvelles qui, jour après jours, nous rend addicts!  Grâce aux spécialistes de la publicité et de la communication, nous savons que la répétition d’un message permet de l’inscrire durablement dans notre esprit.  Ceci est largement démontré pour les produits de lessive comme pour les hommes politiques.  Nos communicants nous apprennent également que, si ces messages s’impriment si facilement, c’est uniquement parce qu’ils rencontrent un écho favorable de notre part. 

La fabrique de «La Réalité»

Une question pour la santé de l’esprit s’impose donc: avec quelles informations acceptons-nous de nourrir nos esprits?  A qui, à quoi consentons-nous «de louer notre temps de cerveau disponible» si bien défini par un ancien patron de chaîne télévisuelle?  Il est inexact de dire que les informations diffusées par les médias reflètent «La Réalité».  Elles reflètent des choix, pour certains conscients et pour d’autres inconscients, basés sur des critères allant de l’audimat à la sélection de données qui confortent les systèmes de croyances dominants.  Très souvent, le choix de l’information contribue à démontrer ce que l’on cherche à priori.  Tout le reste, ce qui ne sert pas cet objectif est soit ignoré, soit pas même perçu.  C’est ainsi que dans le traitement de l’information s’opère un premier choix de sujets à fort contenu conflictuel ou problématique, souvent déprimants ou mortifères. 

Une poubelle qui brûle

Si l’on en croit les spécialistes, les nouvelles positives et porteuses d’espérance ne suscitent pas la même excitation auprès du public puisqu’elles ne se vendent pas.  Un second choix s’opère ensuite sur le traitement de l’information: plutôt que de vouloir présenter les différentes facettes d’une situation pour un même type d’évènement, seule la facette à forte sensation émotionnelle de préférence choquante et instantanée sera mise en avant.  C’est ainsi qu’une manifestation de quelques jeunes en colère qui brûlent des drapeaux devant l’ambassade américaine fait le tour des caméras alors qu’au même moment plusieurs manifestations pacifiques d’envergure restent invisibles.  Rendre compte de la totalité des faits ou actions est impossible.  Un parti pris préside à la sélection de l’information.  Quel est- il?  Une poubelle qui brûle en banlieue retiendra l’attention alors que le travail patient de citoyens et d’associations sur le terrain n’est même pas mentionné.  Le monde entier est inondé, minute après minute, des moindres informations sur le conflit israélo-palestinien et sur les exactions des groupes islamistes violents.

 Le plat de la désespérance

Qui a entendu parler des Congrès Mondiaux pour la Paix entre Imams et Rabbins qui se tiennent depuis environ 10 ans?  Les dizaines de milliers de rencontres, d’actions de transformation et de propositions positives de la société civile en pleine effervescence silencieuse passent inaperçues (lire à ce sujet le dernier numéro spécial de Kaizen sur la France en Transition) alors que la manifestation de personnes en colère contre la hausse des charges est un sujet qui fait dire que la France est au bord de l’implosion.  C’est comme si seuls la violence, la colère et le désespoir étaient des choses sérieuses ou pouvaient permettre de transformer les choses.  Si nous n’osons pas croire que l’espérance, le bonheur et les réalisations de transformations peuvent vraiment changer quoi que ce soit, alors nos médias ont raison de nous servir le plat de la désespérance, de la misère humaine et de la colère.

Je me demande souvent si les actions de transformations positives, créatrices de joie, de bonheur et l’absence de problèmes nous intéressent vraiment.  Imaginons des médias qui diffuseraient des informations constructives tout au long de la journée: seraient-ils crédibles?  Serions-nous aussi intéressés?  L’exploration de l’inconnu, du nouveau, du rêve que nous portons en nous nous mobilise-t-elle plus que l’exposition de nos souffrances?  Je ne suis pas tout à fait certain de notre réponse.  De façon consciente ou inconsciente, nous sommes devenus «addicts» à la négativité ambiante sinon comment expliquer cette consommation massive de stupéfiantes mauvaises nouvelles. 

Se débrancher de l’énergie négative

Dans notre regard existe une chose qui se consolide en croisant celui des autres.  Ainsi, nous pouvons voir dans nos vies le triste ou le gai, le triste avec un regard gai ou le gai avec le regard triste, ou encore plus rien du tout.  Cela dépend de notre façon de considérer le monde: quel regard utilisons-nous et de quel point de vue nous plaçons-nous? 

«La Réalité» est une construction interactive avec notre environnement.  A quoi ressemble donc notre création?  Nous réapproprier notre pouvoir d’agir et de changer en soi et autour de soi passe par la prise de conscience de cette dépendance.  Cette prise de conscience nous amène, lorsque nous n’en pouvons plus, à nous débrancher de ce type d’énergie afin de réorienter notre pouvoir créateur vers autre chose que la triste contemplation d’un monde qui se meurt.  Dès que la porte commence à se fermer sur ces dépendances, nous sommes libres de nous intéresser aux multitudes de transformations positives et porteuses d’espérances qui fleurissent aujourd’hui sur notre planète.  Jamais nous n’avons eu autant d’informations à ce sujet. Il suffit de regarder et de choisir.  Il faut oser sortir de l’intoxication des émotions et de la pensée. 

Tous co-créateurs

Mon propos n’est pas de nier que les évènements mortifères existent réellement mais de nier que ces évènements constituent la réalité.  C’est comme si, pour décrire la vie d’un quartier ou d’un village sur une journée, on concentrait en les amplifiant tous les heurts, les propos déplacés, les procès d’intention, les échecs, les accidents et les décès en ignorant tout le reste.  Objecter que changer de regard peut permettre d’ignorer ces situations mais pas de les éviter ni de modifier leur réalité est possible.  C’est oublier que nous sommes tous co-créateurs, à la fois conscients et inconscients de ce qui arrive autour de nous.  Sinon qui d’autre que nous, collectivement, a créé la société dans laquelle nous vivons?  En choisissant délibérément d’orienter notre attention, notre regard, notre pensée, notre énergie, notre action vers ce que nous voulons pour le monde, nous contribuons à le changer.  On pourrait aussi tenter de culpabiliser en pensant que la seule façon d’aider un mourant, c’est de rester à son chevet.  Certainement, mais pas en mourant avec lui… 

La «Une» de demain…

Il y a un monde qui se meurt avec une partie de nous-mêmes.  C’est celui basé sur la prédation, la conquête, la guerre, le prosélytisme, la domination, les murs de séparation (homme- nature, masculin-féminin, esprit-matière, terre- étoiles), les vérités uniques, l’individu isolé du monde, l’égologie.  C’est lui qui agonise en direct sous nos yeux.  Mais il y a aussi un monde téléchargement (9)qui naît avec une partie de nous-mêmes.  Il est fondé sur l’équilibre, l’interdépendance de toutes choses, la reliance, la coopération, les vérités multiples incluses dans l’unité, la non séparation (homme- nature, masculin-féminin, esprit-matière, terre-étoiles), la paix intérieure et extérieure, l’écologie.  Ce monde ne fait pas encore la une de l’information!  Nous sommes dans le passage et il nous appartient de savoir choisir quel bout du tunnel nous intéresse.  Avez-vous choisi?

 L’ouvrage de référence 

«Les nouveaux collectifs citoyens» disponible aux éditions du Souffle d’Or   
Retrouvez Ivan Maltcheff sur www.impulse.fr  ou lui écrire: ivan.maltcheff@club-internet.fr

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Tao : la voie du bon sens

Posté par othoharmonie le 31 mai 2014

 

Privilégier l’être au paraître, écouter sa nature profonde, s’accorder à l’univers… L’enseignement de Lao Tseu n’a jamais été si moderne. Quelques principes simples pour vivre sereinement.

Pascale Senk

images (5)Tao… trois lettres pour dire l’axe central de l’univers, « d’où tout part et où tout revient ». Trois lettres pour une philosophie orientale qui va bien à notre époque. Certains d’entre nous la pratiquent peut-être sans le savoir, car cette doctrine ancestrale donne des clés pour vivre dans l’énergie, la prospérité et l’authentique. Moins connue que le bouddhisme, souvent confondue avec le zen, le tao nous indique « ce qui marche » pour favoriser la vie. « Il émousse ce qui tranche, démêle les nœuds, discerne dans la lumière, assemble ce qui, poussière, se disperse », écrivait son fondateur Lao Tseu. Le sinologue Cyrille Javary est plus direct : « Tao veut dire “voie”, mais on pourrait presque le traduire par “machin”, explique-t-il. Avec lui, les Chinois ont inventé le pragmatisme souriant. » Voici huit principes du tao. A utiliser sans modération.

Rechercher l’essence, fuir l’apparence

A lire aussi

Les leçons de vie du tao  Si cette voie spirituelle séduit de plus en plus en Occident, c’est sans doute parce qu’elle répond avec simplicité et modernité à nos aspirations existentielles (…).

« Celui qui ne perd pas sa racine peut durer », Lao Tseu

Les taoïstes ont recherché la véritable nature des choses, une démarche qui invite à aller au-delà des apparences. Ainsi, en plein mois de novembre, les Chinois voient déjà le printemps. Ils savent qu’il faut retourner la terre pour préparer les futures floraisons. Le tao privilégie l’être au paraître. « Un taoïste aujourd’hui recherche la simplicité en tout. Aux meubles alambiqués, il préfère la beauté d’un bois brut, explique Gérard Edde, auteur du Chemin du tao (La Table ronde). Aux vêtements synthétiques, la pureté du coton. »

Savoir que l’on est relié au monde et que les rythmes du monde sont en soi…

« Grand est le ciel, grande est la Terre, grand, l’être » « Tao Te King », 25

Le tao offre la vision d’un monde holistique, car il part de l’existence d’un flux d’énergie commun, le « ch’i », qui baigne aussi bien le soleil, les planètes que chaque être humain. « Tout homme, parce qu’il se sait en interaction avec toute chose vivante, se sent donc à sa place dans l’univers », explique Galya Ortega, spécialiste du massage taoïste. Cette conscience du ch’i est à la base de nombreuses techniques aujourd’hui très prisées : le feng shui, qui cherche à harmoniser le ch’i d’une habitation avec l’énergie des personnes qui y vivent, ou l’acupuncture, qui travaille sur les points énergétiques du corps afin d’accorder le « climat intérieur » de chaque individu avec la saison qui arrive, et prévenir ainsi les maladies.

En toute chose, reconnaître la danse du yin et du yang

« Le yin est ce qui a envie de devenir yang, et le yang, ce qui a envie de devenir yin », Cyrille Javary

Vivre le tao, c’est avoir conscience de ces deux énergies contraires, nées du vide primordial et qui se relaient sans cesse : le yang – qui correspond à la dureté, la masculinité, l’action, l’être, la lumière – succède au yin, qui incarne le féminin, la douceur, la passivité, les ténèbres, le non-être, la nuit. Dans toute situation, l’une de ces forces succédera à l’autre. Aussi, pour trouver l’harmonie, on recherchera sans cesse le point d’équilibre entre les deux. En cuisine, on élaborera des menus qui associent aliments yin (sucre, fruits, légumes verts, etc.) et yang (viande, œufs, fruits de mer, etc.). Dans la vie quotidienne, on alternera des temps de repos (yin) et d’action (yang), de retour à soi (yin) et d’extériorisation (yang). « Et le tao nous rappelle que se retirer, attitude très yin, peut aussi être une stratégie puissante, car c’est ce qui permet de restaurer l’énergie yang », affirme Cyrille Javary. Parfois donc, reculer, c’est progresser.

S’accorder aux cycles

« Les quatre saisons changent et se transforment continuellement l’une en l’autre. C’est ainsi qu’elles peuvent accomplir la durée du temps » « Yi King », hexagramme 32

Toute chose vivante est soumise à des cycles de destruction et de régénération. Les événements n’échappent pas à cette loi de la mutation : chaque aventure de la vie a ses propres temps d’action et d’immobilisation. La thérapeute américaine Diane Dreher, auteur de The Tao of Womanhood (Quill, New York) affirme que « la sagesse, c’est de savoir reconnaître la fin d’un cycle, de ne pas se battre contre l’incontournable et de savoir quand bouger ». Dans la journée, par exemple, à quelle heure nous sentons-nous au top de notre énergie ? A quel moment décline-t-elle ? Selon Diane Dreher, nous sommes plongés dans la confusion quand nous avons négligé de repérer à quel moment de son cycle en est telle ou telle relation affective ou situation professionnelle qui nous pose problème. Le tao peut alors se faire réconfortant puisqu’il nous chuchote à l’oreille : « Il n’y a qu’une chose qui ne change pas, c’est que tout change tout le temps. »

Résoudre les oppositions

« Sous la pluie, voir le soleil brillant. Dans les flammes, boire à la source fraîche », Anonyme

Pour nous cartésiens, qui pensons en termes de bien ou mal, noir ou blanc, le tao permet de délier les conflits cornéliens qui nous emprisonnent. « Le un se divise toujours en deux » : toute situation se déliera à un moment en une situation yin et une situation yang, rien dans la vie n’est univoque. Le tao nous propose donc de pratiquer la double vision. William Martin, auteur d’un bréviaire taoïste à l’usage des parents d’aujourd’hui (Parents’s Tao Te King - Marlowe and Company, New York), invite à prendre en compte cette dialectique des antagonismes dans l’éducation d’un enfant : « Si vous voulez que vos enfants soient généreux, vous devez d’abord les autoriser à être égoïstes. Si vous voulez qu’ils soient disciplinés, vous devez d’abord les laisser être spontanés. […] Une qualité ne peut être pleinement apprise sans la pleine compréhension de son opposé. »

S’asseoir et oublier

« Le sage rejette toute influence et demeure centré » « Tao Te King », 12

L’un des écrivains taoïstes les plus créatifs, Doctor Barefoot, se définit comme un « guerrier spirituel » (Guerrier urbain, manuel de survie spirituelle - J’ai lu). Individualiste, il méprise la politique car il sait que le travail intérieur prime sur tout et que pour agir en accord avec le tao, il faut d’abord être à l’écoute de sa nature profonde. « N’oubliez jamais : tout ce que vous voyez à la télévision, tout ce que vous lisez sur le Net, dans la presse ou dans les livres, tout ce que vous entendez à la radio, tout (y compris mon guide) est la pensée d’un autre. » Pour lui comme pour les ermites du VIe siècle avant J-C, la sagesse vient de l’intuition intérieure. Pour contacter celle-ci, une seule voie : entrer dans le silence intérieur et méditer. « C’est la “voie de l’eau”, explique Gérard Edde. On ne médite pas pour gagner plus de sagesse ou de sérénité mais, au contraire, on s’assoit pour perdre chaque jour quelque chose : une idée erronée, un mauvais comportement, une émotion conflictuelle… et ainsi rejoindre l’unité primordiale. »

SOURCE http://www.psychologies.com/

 

 

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Qu’est ce que le développement spirituel ?

Posté par othoharmonie le 29 avril 2014

 

Se fondre dans la beauté d’un paysage ou d’une musique en ayant la sensation de fusionner avec l’univers, communiquer de cœur à cœur en se sentant relié à l’autre par un sentiment brûlant de fraternité, se tenir dans le silence d’un lieu de culte et percevoir son énergie bienfaisante…. Ces expériences diverses, que chacun d’entre nous, croyant ou pas, a vécues au moins une fois dans sa vie, sont autant de portes qui s’ouvrent sur une autre façon de voir et d’être. Qu’elles soient qualifiées de transpersonnelles, de transcendantales ou encore de mystiques, elles ont toutes un point commun : elles nous procurent une sensation de plénitude et d’accroissement intérieur. Si elles surviennent souvent fortuitement, elles peuvent aussi être programmées et cultivées. Les diverses traditions spirituelles disposent d’outils pour accroître notre conscience, nous relier à la dimension verticale de l’existence, et changer notre regard sur les autres et le monde. Voir, sentir, comprendre au-delà du monde matériel, telle est la proposition du « développement spirituel ».

Flavia Mazelin-Salvi

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Une « dissolution » de l’ego

Le développement personnel, selon les mots du philosophe Michel Lacroix, est constitué par « des activités de renforcement du moi orientées vers la réussite ». Le point commun de toutes les méthodes proposées? Mobiliser les potentialités de l’individu pour « lui permettre d’agir avec efficacité », afin d’obtenir des résultats réels: plus d’amour, de succès, de confiance en soi ou de guérison… en réduisant son stress, en contrôlant ses émotions ou encore en améliorant sa communication. Parallèlement à ce courant largement répandu, en existe un autre qui s’intéresse non plus à l’affirmation du moi mais au contraire à ce que Michel Lacroix appelle son « potentiel de dissolution ». Le philosophe définit cette voie comme une croissance de l’être orientée vers le transpersonnel, c’est-à-dire une expansion qui dépasse les limites du moi. Il s’agit alors de « troquer le réalisme de la réussite contre la possibilité de se relier à un autre niveau de la réalité ». Le psychologue américain Abraham Maslow, qui a imaginé la pyramide des besoins de l’homme, affirme que la joie procurée par ces états de fusion avec le monde est « l’un des buts de la vie, ce qui fait sa valeur et la justifie ». Selon le psychothérapeute allemand Karlfried Graf Dürckheim, lors de ces expériences, c’est notre « être essentiel » que nous contactons.

Un quotidien plus fraternel

« Notre conscience du moi n’est qu’un élément de l’ensemble de notre conscience, mais elle prend des allures de monarque et mène un combat perpétuel avec notre être profond. Tant que le moi conserve sa suprématie, la paix n’est pas possible », écrit l’Allemand Willigis Jäger, moine bénédictin et maître zen qui dirige L’École de vie intérieure, un centre interconfessionnel en Allemagne. Tant que l’ego est seul aux commandes, les luttes internes et externes pour acquérir plus de pouvoir, de prestige ou de succès nous empêchent de cultiver des relations plus fraternelles avec les autres. Il n’est évidemment pas question ici de jouer à l’apprenti mystique, mais d’essayer, à l’aide de divers exercices, de dépasser les frontières de sa personnalité ordinaire, de son égo, pour s’ouvrir à une dimension plus vaste, plus sensible et plus généreuse de l’existence. « Le chemin spirituel qui ne conduit pas au quotidien et à nos semblables est une voie erronée, écrit Willigis Jäger. Percevoir la plénitude de la vie qui anime tout permet de ressentir les souffrances et les joies de l’autre comme si elles étaient les nôtres. » C’est dans cet esprit de partage que nous avons conçu ce guide, dans lequel se côtoient, sans se fondre ni se heurter, différentes voies. Certains lui reprocheront son côté patchwork, auberge espagnole, mais nous avons voulu, dans un monde déchiré par le fanatisme, les nationalismes et la xénophobie, apporter, à notre niveau, la preuve que le métissage, y compris spirituel, est la plus grande de nos richesses.

Article de Flavia Mazelin-Salvi

Paru en juillet 2011 sur http://www.psychologies.com/

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Religion : désormais, c’est chacun son kit

Posté par othoharmonie le 21 avril 2014

 

images (5)Les uns croient en Dieu, les autres pas. Leur point commun : tous se sont constitué un kit spirituel singulier. Sur leur autel, des objets variés qui les inspirent et les incitent à ne pas se contenter de la seule réalité matérielle.

Une vieille bible et un kouglof

Pierre Lassus, 54 ans, directeur d’une association de protection de l’enfance :

Sur son bureau, entre des piles de dossiers, une petite bible en cuir rouge racorni. Visiblement, elle sert beaucoup. « Je peux la saisir n’importe quand et lire un passage de l’Evangile, saint Jean par exemple, c’est mon préféré. » Ce texte peut-il encore aider Pierre, lui qui reçoit chaque jour de nouveaux signalements de maltraitance à enfants ? « Encore plus que ça : il m’inspire ! » Protestant d’obédience luthérienne, il croit d’abord en un homme, un rabbin nommé Jésus. « Grâce à lui, je me rappelle qu’il y a une part de divin en chacun d’entre nous, et que nous nous devons de la rechercher. » Pierre s’en rapproche au cours de cultes dépouillés. « L’été, près de la plage des Charentes où nous passons nos vacances, il y a une petite chapelle. Le dimanche, le pasteur vient de Rochefort pour célébrer le culte. Parfois, il y a à peine quatre ou cinq personnes. Mais toujours, après l’office, on boit l’apéritif ensemble et la femme du pasteur sert un kouglof qu’elle a fait cuire le matin. Pour moi, il n’est guère de moments plus spirituels que celui-ci. »

Une clé de sol en fil de fer et une bougie

Hélène Lafontaine, 37 ans, chanteuse :

« Je me suis vraiment acceptée comme chanteuse quand j’ai compris que ma voix était un talent qui m’avait été donné. » 
Un vrai don des dieux que cette voix de contre-alto, grave et puissante. Métisse originaire de Guadeloupe, fille d’une lignée de chanteuses pieuses, Hélène a d’abord été attirée par la chanson française avant de retourner aux chants sacrés. Dans les mariages et les baptêmes, chanter est pour elle l’occasion de vivre pleinement sa spiritualité. « On ne me voit pas, je suis près de l’organiste, je peux fermer les yeux. Le silence, dans les églises, est comme le sel de l’eau de mer qui vous porte. Il aide ma voix à se déployer. »

Bien que chrétienne, Hélène ne souscrit pas à toutes les formes de ce courant religieux. Elle aime se ressourcer chez elle, dans la solitude, en position du lotus. « Avec une bougie, car la lumière m’éclaire de l’intérieur. » Croit-elle ? « Oui. En la dimension sacrée des choses, même dans les actes quotidiens les plus banals. » Une manière de regarder différemment la réalité : « L’autre jour, je marchais, désespérée, dans la rue. Je me demandais si je devais continuer à chanter ou pas, si je ne me trompais pas de chemin, etc. Mon pied a buté sur un petit objet qui traînait sur le trottoir : une clé de sol en fil de fer ! J’avais la réponse à ma question. »

La photo d’un Indien tirant à l’arc et une tête de femme couronnée

Titien Gallen, 57 ans, écrivain et professeur de yoga :

Il a les épaules larges, du souffle, semble bien ancré dans son corps. Initié au yoga et à la sophrologie, le travail intérieur, pour lui, commence par le corps. « J’ai su très tôt qu’il faut respirer quand on a des problèmes. » « Inspiration » pourrait d’ailleurs être le mot clé de son parcours. « La poésie m’a servi de seconde mère », résume cet écrivain. Chez lui, une tête gothique de dame couronnée qui trône en haut de la bibliothèque le lui rappelle régulièrement : « Elle représente pour moi la source de la pensée. » Originaire d’une famille de catholiques pratiquants – dont deux prêtres –, Titien Gallen se définit aujourd’hui comme un spirituel laïc. « J’aime avant tout les symboles, qu’ils soient égyptiens, chrétiens ou soufis, ils entrent en résonance intime avec moi.  » Pour l’heure, tout son être est happé par le Grand Esprit des Indiens d’Amérique du Nord.

Pour ces peuples, l’homme est toujours en devenir, il doit apprendre à s’orienter, à entretenir des relations conscientes avec tous les éléments, tout en gardant le contact avec son centre. C’est ce que je vis au quotidien. » Attention et recentrage sont donc la base de sa pratique, ils lui permettent de « reprendre contact avec le Tout qui nous habite et qui est au cœur de chaque être vivant rencontré ». Dieu ? « Peu importe son nom. Il est la source du souffle et de la conscience. L’important est de s’y reconnecter. » Une question, pour lui, de « responsabilité spirituelle ».

“La Petite Voix” d’Eileen Caddy et un verre d’eau pure

Georgette List, 83 ans, ostéopathe :

Toute petite, elle croyait déjà à sa bonne étoile et s’émerveillait de l’ordre naturel des choses : « La danse si parfaite des planètes, le retour si régulier du printemps après l’hiver, etc. Comment ne pas se poser de questions ? » Elle a 16 ans lorsque son père lui donne à lire des ouvrages de la théosophe Helena Blavatsky. « Je les ai littéralement “bus” en deux jours, avec l’impression de connaître déjà tout ce qu’ils contenaient. » Débute alors une longue étude de l’enseignement ésotérique. Elle se marie quand même selon la tradition catholique : « Je l’ai fait avec un maximum de conscience et de joie. Pour moi, le Christ est un symbole de l’homme dans sa perfection. » D’ailleurs, Georgette croit en l’étincelle divine qui est en chacun de nous.

« Certains l’appellent leur ange gardien. A mes yeux, c’est l’âme ou le moi supérieur, une énergie positive qui m’aide, me soutient quand j’ai un désir sincère de participer à la force d’amour qui fait vivre le cosmos. » Pour Georgette, la pratique consiste à se mettre en contact avec cette puissance divine et à la remercier régulièrement. « Chaque matin, je bois au lever un verre d’eau pure. Je le fais consciemment, en remerciant la Terre pour cette source de vie qu’elle nous offre. » Puis elle lit une page de méditation de La Petite Voix d’Eileen Caddy (Souffle d’or) : « Je suis persuadée que l’on peut aider le monde rien que par la qualité de ses pensées. » Même si elle pense parfois à la mort, Georgette n’en a pas peur : « J’irai simplement me reposer de toutes ces expériences souvent difficiles qui ont enrichi ma vie. »

Une icône et un zafu

Olivier Jarreton, 29 ans, documentaliste :

« Chrétien de foi et bouddhiste de cœur ! » annonce-t-il joyeusement pour résumer sa vie spirituelle. Né dans le catholicisme, il avoue avoir connu de « grands moments de creux » avec sa religion d’origine, mais s’être rapproché d’elle grâce aux activités de groupe. « J’ai animé pour ma paroisse des après-midi de rencontres avec des enfants de toutes origines et je me suis découvert une passion : expliquer le christianisme à ceux qui n’en sont pas ! » Loin de la foi du charbonnier, il pratique avant tout l’exégèse et l’interprétation. « J’aime trouver un sens aux textes sacrés – la Bible, bien sûr mais aussi le Coran ou le Talmud – et suivre leurs implications dans la vie quotidienne. »

Au hit-parade de ses valeurs domine l’écoute. Il a fait des études de psychologie, participe à des groupes de développement personnel :  » Accueillir vraiment les mots de l’autre est une pratique hautement spirituelle. » Il y a dix ans, deux de ses meilleurs amis se sont convertis au bouddhisme. Se prenant au jeu de la confrontation d’idées, il s’est mis à aimer la philosophie du Bouddha. « L’idée que la réalité n’est pas vraiment la réalité m’enthousiasme. » Résultat : il se rend chaque mercredi soir au dojo de son quartier et médite une heure et demie. « C’est une expérience irremplaçable. Je suis très bavard de nature et sur mon zafu, dans la salle de méditation, j’apprends à ressentir la présence des autres sans leur parler. Mieux : le zen m’aide à être plus présent dans mes prières catholiques. » Car, pour Olivier, tous les chemins continuent à mener à Rome.

Une photo de mon frère disparu et un jeu de Yi-King

Eric Tong-Cuong, 37 ans, publicitaire :

Il tient entre ses mains la photo de son frère, mort d’un cancer à l’âge de 16 ans. « Sa mort a provoqué chez moi un rejet brutal du catholicisme. J’avais 19 ans. J’ai demandé à Dieu qu’il épargne mon frère. Il n’a pas daigné lever le petit doigt. » Suivent alors dix années de désarroi : « Puisque la mort pouvait survenir de manière si absurde, ma vie n’avait plus de sens. Mon athéisme était une révolte. » La reconstruction spirituelle d’Eric se fait au fil d’une série de rencontres qui le conduisent à reconsidérer la croyance au sens large. Dans le cadre de ses études de commerce, il suit des cours de parapsychologie. « Nous avions affaire à des phénomènes que la science ne parvenait pas à expliquer. Et pourtant, ça existe. » Plus tard, alors qu’il n’y croyait plus, il rencontre le grand amour. « Ça existe aussi ! » admet-il, émerveillé.

Dans le même temps, Eric noue un dialogue intime avec son frère. « Il m’accompagne. Sa présence non incarnée est pour moi le signe de l’existence de Dieu. » Réconcilié avec le catholicisme, Eric se sent également proche du bouddhisme. « Je me réfère souvent au Yi-King (le Classique des mutations, manuel de divination chinoise, ndlr) sans croire à la valeur prédictive des cartes, mais parce que l’ambivalence de leur contenu m’aide à choisir un chemin. « Au fond, le décès du frère d’Eric a agi comme un accélérateur de sa spiritualité. » Aujourd’hui, je peux comprendre cette phrase de la Bible : “Il est mort pour vous.”


« Le Banquet” de Platon et ma souris d’ordinateur

Florence Jagréaux, 30 ans, attachée commerciale :

Un grand-père grec, un proche franc-maçon : Florence ne pouvait pas échapper au culte de l’esprit sous toutes ses formes. « Pour moi, la spiritualité, c’est tout ce qui m’éloigne du matérialisme ambiant, de mon appétit jamais rassasié d’avoir plus. C’est tout ce qui m’aide à prendre du recul par rapport à ma vie. » Dans son panthéon, les livres : « Le Prophète de Khalil Gibran, Le Banquet de Platon que j’ai lu dans une collection à dix francs… Ils m’ont aidée à me poser les bonnes questions car ils parlent aussi de ma vie. Ce ne sont pas de pures digressions intellectuelles. » Et Internet : « Depuis deux mois, je surfe des heures entières et, à partir de mes trouvailles, je me constitue des dossiers personnalisés sur des thèmes qui m’intéressent. » Cette façon de « se déconnecter du quotidien tout en ayant les pieds sur terre » suffit-elle à son besoin de transcendance ? « Je sais que je crois en quelque chose, mais je ne sais pas encore la nommer. » On insiste, Florence s’essaye encore : « C’est la force qui nous pousse à faire les choses bien. »

Foire aux cultes sur le Net

ame indienneL’esprit de Dieu souffle-t-il sur Internet ? C’est ce que laisse entendre une enquête du Barna Research Group, un institut de sondage californien. Elle révèle en effet que de plus en plus de jeunes utilisent le web pour entreprendre une démarche religieuse et trouver des réponses à leurs questions existentielles. Et les (res)sources ne manquent pas : toutes les religions, Eglises et groupes spiritualistes ont compris qu’au troisième millénaire la bonne parole se propagerait forcément via la toile informatique mondiale. Exemple : l’Annuaire de la francophonie religieuse et spirituelle présente un listing organisé par catégories de 2 927 sites ! Techniques de méditation bouddhiste, versets bibliques commentés, exposés théologiques multiconfessionnels, forums animés par des pasteurs, prêtres, rabbins… rien n’est négligé. Bien sûr, il en est dans le monde virtuel comme dans la vie réelle : chacun prêche pour sa chapelle. Et dans ce que certains considèrent comme une « foire à la spiritualité », se glissent des sectes encore plus difficiles à repérer. Une bonne nouvelle : grâce au réseau planétaire, les nouvelles générations ne pourront plus croire en leur Dieu comme si celui des autres n’existait pas.

Erik Pigani

 

  • A lire
  • Mon âme indienne, Le Souffle d’Or

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