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Expérience pour éveiller l’inconditionné

Posté par othoharmonie le 11 juillet 2013

Extraits de « Le dos au Mur »

INTRODUCTION
Vous connaissez peut-être Jiddhu Krishnamurti? Mais il n’est pas « le » K. dont nous parlons ici. U.G., comme on nomme l’autre Krishnamurti est un franc-tireur de la spiritualité. Il dénie toute appartenance à l’enseignement de son homonyme. Il critique parfois même certaines affirmations de Jiddhu K. Cela ne manque pas de piquant… Et malgré tout, tous deux cherchent à éveiller l’inconditionné en chacun de ses interlocuteurs.Voici quelques extraits brefs qui vous permettront d’approcher les dires décapants d’U.G.. Des commentaires pertinents de J.M. Terdjman accompagnent en italique les dialogues.

Expérience pour éveiller l’inconditionné dans LECTURES Inspirantes images-18

Question U.G., est-ce qu’on peut dire que vous vivez dans un état sans conflit?

U.G. : Je ne suis pas en conflit disons au moins avec la société. Le monde, tel qu’il est actuellement, est ma seule réalité. La réalité ultime que l’homme a inventée n’a absolument rien à voir avec la réalité de ce monde. Vous cherchez de tous les côtés et dans tous les sens à comprendre cette réalité, que vous qualifiez d’ultime » mais ne vous gênez pas, donnez-lui tous les noms que vous voudrez; c’est cette recherche effrénée tous azimuts qui vous empêche de voir et d’accepter la réalité de ce monde tel qu’il est. Tous vos efforts pour fuir le monde tel qu’il est rendent impossible l’harmonie véritable avec les choses qui vous touchent directement.

Nous nous faisons une idée de cette harmonie. Comment vivre en ayant la paix intérieure -voilà l’idée que nous créons, mais ce n’est qu’une idée. La paix est déjà là, elle est extraordinaire. Mais vous ne pouvez jouir de cette paix intérieure parce que vous vous êtes fait une idée de ce que vous appelez « paix intérieure » qui n’a absolument rien à voir avec le fonctionnement harmonieux de ce corps. Débarrassez-vous de ce fardeau, n’essayez pas d’atteindre cette réalité, d’en faire l’expérience, de la vivre; vous verrez alors qu’il est impossible de faire l’expérience de quoi que ce soit, mais au moins vous ne vivrez pas dans l’illusion. Alors, vous accepterez qu’il n’y a rien, absolument rien, que vous puissiez faire pour avoir une expérience de quoi que ce soit -en-dehors de la réalité que nous impose la société.

Nous n’avons d’autre choix que d’accepter ce moule que la société nous impose, parce qu’il est vital de fonctionner dans ce monde d’une manière saine et intelligente. Si nous n’acceptons pas cette réalité imposée par la société, c’en est fini de nous, on termine au cabanon. Il faut donc accepter cette réalité telle qu’elle nous est imposée par la culture, la société, appelez-la comme vous voudrez; mais en même temps Il faut se rendre compte qu’on ne peut rien faire pour avoir l’expérience de la réalité [au lieu de son concept]. Acceptez tout cela et vous ne serez plus en conflit avec la société, et le désir d’être quelque chose d’autre que ce que vous êtes actuellement prendra fin aussi.

Ce but que vous vous êtes fixé, cet idéal qu’il vous faut réaliserce besoin d’être quelque chose d’autre, tout cela disparaît. Le problème n’est pas d’accepter quelque chose d’autre, d’autres valeurs ou d’autres croyances. Simplement, la quête n’est plus. Ces objectifs que la société et la culture ont placés devant nous, et que nous avions considérés comme désirables, ne sont plus. Ce besoin d’atteindre cet objectif, lui aussi n’est plus. Alors, vous êtes ce que vous êtes, sans plus.

Quand vous ne cherchez plus à devenir autre chose que ce que vous êtes, le conflit intérieur n’est plus. Si intérieurement vous n’êtes plus en conflit, il vous devient impossible de l’être avec la société. Tant que vous n’êtes pas intérieurement en paix, vous ne pouvez l’être avec autrui. Bien sûr, on peut être soi-même en paix, sans que son voisin le soit. Mais, voyez-vous, cela ne vous concernera pas. Voilà la situation : quand vous êtes sans conflit intérieur, vous devenez une menace pour la société actuelle. Vous devenez une menace pour vos voisins, parce qu’ils ont accepté le monde [le monde qu'ils connaissent et qu'ils conçoivent] comme étant la réalité -et aussi ils ont en tête un objectif bizarre qu’ils appellent « la paix ». Vous devenez une menace pour leur existence telle qu’ils la conçoivent et telle qu’ils en font l’expérience. Alors vous êtes complètement seul -pas la solitude que les gens redoutent simplement vous êtes seul.

On croit s’intéresser à la réalité ultime, à l’enseignement des gurus et des saints, aux innombrables techniques qui doivent éveiller en vous cette énergie que vous recherchez quand le mouvement de la pensée cesse que cette énergie, qui est déjà là, est libérée. L’enseignement du saint n’y fait rien, toutes les techniques imaginables non plus.

Simplement le conflit [engendré par la pensée] n’est plus. Vous ne pouvez pas comprendre.

Le mouvement là [il désigne son interlocuteur] et le mouvement ici [il se désigne ] sont une seule et même chose. Pas de différence entre cette machine humaine et tout autre machine. Elles existent ensemble. C’est la même énergie qui s’exprime là-bas et ici. En fait toute énergie que vous ressentez en pratiquant toutes ces techniques est une énergie de friction, de conflit. Cette énergie-là est créée par la friction de la pensée -le besoin de faire l’expérience de cette énergie est la cause directe de l’énergie que vous ressentez. Mais on ne peut absolument pas faire l’expérience de cette énergie-ci [cette énergie indifférenciée dont je parle]. Elle est simplement une expression, une manifestation de la vie. Vous n’avez rien à faire pour ça.

Tout ce que vous faites pour avoir l’expérience de cette énergie entrave cette énergie, qui est l’expression et la manifestation de la vie, et l’empêche de fonctionner. On ne peut pas évaluer cette énergie à l’aune de nos valeurs habituelles -différentes techniques, méditation, yoga, etc. Ne vous méprenez pas, je n’ai rien contre. Mais toutes ces techniques ne vous permettront pas d’atteindre votre objectif -l’objectif lui-même est un leurre. Si c’est la souplesse du corps que vous recherchez, c’est sûr que le yoga vous aidera. Mais ça ne sert à rien pour atteindre l’illumination, la libération, appelez ça comme vous voudrez. Même les techniques de méditation sont des activités de concentration sur soi [et d'exclusion du reste]. Vous utilisez des mécanismes qui continuent sur eux-mêmes, qui se maintiennent par eux-mêmes. Ces techniques vont à l’encontre de votre recherche de la réalité ultime; elles ne sont que des instruments d’auto-continuité. Un jour vous vous apercevrez, ou plutôt vous vous éveillerez au fait que la quête même d’une réalité ultime n’est qu’un mécanisme d’auto-continuité. Il n’y a rien à atteindre, rien à gagner, rien à réaliser.

Lorsque vous agissez en vue d’atteindre votre objectif, un mécanisme d’auto-continuité se met en place. J’utilise les mots 44 mécanisme d’auto-continuité » mais je ne veux pas dire par là qu’il y a un soi, un moi, une entité quelconque. J’utilise le mot « soi » parce qu’il n’y en a pas d’autre. C’est comme le démarreur dans votre voiture. Elle démarre toute seule, elle se maintient automatiquement dans son existence de voiture. Ce mécanisme n’existe pour rien d’autre. Tout ce que vous voulez accomplir est basé sur le moi. Je dis « basé sur le moi » et vous pensez aussitôt « attention, à éviter », parce que votre idéal est l’absence du moi. Mais tant que vous agissez en vue du non-moi, vous êtes ancré dans le moi. Quand l’énergie du désir d’aller au-delà du moi n’est plus, alors le moi n’est plus et il n’y a plus d’activité fondée sur le moi. Ces techniques, ces systèmes, ces méthodes pour atteindre l’état de non-moi, tout cela est au centre du moi.

Malheureusement, la société considère l’abnégation de soi comme l’idéal le plus élevé; l’altruiste est un atout pour la société, et la société ne se préoccupe que de sa propre continuité -maintenir le statu quo. Ainsi toutes ces valeurs, que nous acceptons et honorons, sont des inventions de l’esprit humain pour assurer sa propre continuité.

Le fait même d’avoir un but [dépasser le moi] vous permet de continuer, mais vous n’arrivez nulle part. Seulement l’espoir est là qu’un jour, grâce à je ne sais quel miracle, grâce à une aide providentielle, vous arriverez au but. Cet espoir vous permet de continuer, bien qu’en fait vous n’alliez nulle part. À un moment, vous allez comprendre que tout ce que vous pouvez faire ne mène à rien. Alors vous allez changer, essayer ceci, cela, quelque chose d’autre. Mais tentez une approche, voyez que rien n’en sort, et vous verrez que c’est vrai de toutes les autres. Croyez-moi, il faut voir cela très clairement, sans l’ombre d’un doute.

Il vous plain de vous engager dans un certain nombre de choses; à un moment donné, il vous faut bien voir que tout cela ne mène à rien. Tant que vous avez quelque chose en tête, vous suivez votre idée. [Notre "volonté", nos "décisions", loin d'être décidées librement, sont simplement la prise de conscience de nos obsessions, de notre conditionnement mental, de nos pensées. À rapprocher de la réponse de Sri Nisargadatta Maharaj le 9 janvier 1981, dans "Conscience et Absolu " (Les Deux Océans, Paris, 1998, p.49: "Que sont les pensées? -Elles sont le résultat de conditionnements antérieurs). Voir aussi plus loin, p. 75, l'identité entre pensée et volonté]. Il faut être lucide. Que voulez-vous? Je pose tout le temps la même question : « Que voulez-vous »? Vous dites : « Je cherche la paix intérieure ». Voilà un but impossible à atteindre, une contradiction dans les termes : tout ce que vous faites pour y parvenir détruit la paix qui est déjà là. Vous voyez, vous avez mis en marche un mouvement de pensée qui détruit la paix qui est déjà là. Il vous est très difficile de comprendre (ou d’accepter) que toutes vos tentatives vont précisément à l’encontre de la paix et l’harmonie qui sont déjà là. Tout mouvement de pensée, quelle que soit sa direction, quel que soit son niveau, est un facteur de destruction du fonctionnement calme et paisible de cet organisme vivant -qui n’a que faire de vos aspirations spirituelles. Il n’a que faire de vos expériences spirituelles, même les plus extraordinaires.

Une fois que vous avez eu une expérience spirituelle vous en désirerez forcément une autre, puis une autre, et finalement vous allez vouloir vivre en permanence dans cet état. Il n’y a rien de tel, le bonheur éternel, la félicité éternelle n’existent pas. Vous y croyez, parce que c’est ce qu’on vous a dit dans tous ces livres que vous lisez. Pourtant vous savez parfaitement que votre quête n’aboutit à rien. C’est ce mécanisme qui a été mis en route, cet instrument que vous utilisez, qui vous fait continuer dans cette direction parce que c’est la seule chose qu’il puisse faire. Il est le résultat de tant d’années de dur travail, d’effort et d’exercice de volonté. Vous voulez que vos efforts amènent un état au-delà de l’effort; ça ne marchera pas. Ne vous mettez pas martel en tête à propos de J’état au-delà de l’effort : il n’y a rien de tel. Vous voulez atteindre le sans-effort par l’effort -comment diable allez-vous y arriver? Vous oubliez que tout ce que vous faites, tout mouvement (de pensée), tout besoin, tout désir de quoi que ce soit, est effort.

On ne peut pas arriver à l’état-sans-effort par l’effort. Essayer de ne plus faire d’efforts est un effort en soi. C’est à devenir fou, en vérité! Vous ne vous êtes pas (encore) mis dans cette impasse. Si ça arrive pour de bon, alors vous allez vraiment devenir fou -et ça vous fait peur. Rendez-vous compte que tout ce que vous faites pour arriver à cet état-sans-effort, pour quelque raison que ce soit, est un effort. Même le désir d’éviter l’effort est aussi effort. On peut appeler état sans effort l’absence totale de volonté et d’effort -mais ce n’est pas quelque chose qu’on peut atteindre par l’effort.

Si seulement vous pouviez comprendre l’absurdité de votre quête! Changez de techniques, changez de maîtres, vous n’arriverez à rien; l’obstacle qui vous bloque n’est rien d’autre que la méthode en quoi vous mettez tous vos espoirs, voilà votre problème. Peu importe le maître que vous suivez. Si vous remettez en question son enseignement, vous n’aurez pas d’autre choix que de le remettre en question lui aussi. Mais le doute vous saisit alors : « C’est de ma faute, [si je persévère] un jour j’y arriverai ». Si vous n’y comprenez rien aujourd’hui, demain ce sera la même chose. On comprend quand le besoin de comprendre n’est plus là -maintenant ou la semaine prochaine.

Il n’y a rien à comprendre, voilà. Comprendre ne sert qu’à comprendre ce qui va arriver demain -mais pas la réalité de l’instant. Dans l’instant, il n’y a rien à comprendre du tout.

Ça peut paraître drôle, mais c’est comme ça. Vous voulez comprendre quoi? Vous n’arrivez pas à me comprendre. Ça fait vingt jours que je vous parle, et on peut continuer, mais vous ne comprendrez toujours rien. Ce n’est pas que c’est difficile. C’est tellement simple. La structure complexe [la pensée] que vous utilisez est précisément incapable de cette simplicité. Voilà le vrai problème. « Ce ne peut pas être aussi simple que ça », pensez-vous; la structure est si compliquée qu’il lui est impossible de considérer pour un instant que ça pourrait être aussi simple. Alors on va comprendre plus tard, pas maintenant. Mais demain ce sera la même chose, et dans dix ans ce sera toujours la même chose. Alors que faire? On est tous passés par là. On bascule ou on fout le camp. Si vous forcez suffisamment vous avez une bonne chance de basculer [dans la folie ] Mais vous allez vous arrêter avant.

Vous voulez comprendre quoi? Je ne dis rien de profond. Je répète la même chose tout le temps, jour après jour. Pour vous, c’est rempli de contradictions. Je dis quelque chose -que vous ne comprenez pas- et puis je dis le contraire. Vous y voyez une contradiction. En fait, il n’y en a pas. Ce que j’ai dit en premier lieu n’a pas exprimé ce que je voulais dire, alors la deuxième affirmation est une négation de la première; et la troisième est une négation des deux premières; et la quatrième une négation des trois premières. Non que j’aie quelque chose à dire. Non quej’aie dans l’idée de vous communiquer quoi que ce soit. Il n’y a rien à transmettre. Seulement une suite de négations. Non qu’il y ait quelque chose à dénier. Vous voulez comprendre. Voyez-vous, vous voulez comprendre. Il n’y a rien à comprendre. Chaque fois que vous croyez y voir un sens quelconque, j’attire votre attention sur le fait que ça n’est pas ça. Ce n’est pas non plus la doctrine du neti-neti.

Vous savez, en Inde, ils ont mis au point cette approche négative. Mais cette soi-disant approche négative est en fait une approche positive, parce qu’ils ont quand même un but en tête. Ça n’a pas marché avec l’approche positive, alors ils ont inventé ce qu’on appelle l’approche négative. « Pas ceci, pas cela ». On ne peut pas atteindre l’inconnaissable, voyez-vous, et on ne peut pas non plus en faire l’expérience par l’approche positive. Cette approche soi-disant négative ne l’est pas vraiment, parce qu’il y a toujours un but tangible -connaître l’inconnaissable, ou le désir de faire l’expérience de quelque chose- et ce quelque chose est au-delà de l’expérience. C’est une pure supercherie -on s’amuse. Tant qu’il y a un but tangible, quel qu’il soit -et on peut appeler ça approche positive ou négative c’est une approche positive.

D’accord, on s’amuse, c’est intéressant, mais soyons sérieux, ‘l’au-delà », « l’inconnaissable », il n’y a rien de tel. Si vous acceptez l’idée d’un au-delà, vous allez chercher à le connaître -à connaître l’inconnaissable. Votre intérêt est de chercher à connaître. Ce mouvement [de la pensée] va persister tant qu’il y aura le désir de faire l’expérience de quelque chose qui n’est pas du domaine de l’expérience. Il n’y a pas d’au-delà, point final. Qu’est-ce qui me permet d’affirmer qu’il n’y a rien de tel ? Comment puis-je me permettre d’être aussi catégorique? Vous comprendrez plus tard. Tant que vous êtes en quête de l’au-delà, ce mouvement persiste. C’est quelque chose qui est à votre portée, qui vous donne l’espoir que peut-être un jour par un heureux hasard vous allez avoir l’expérience de l’au-delà. Comment l’inconnaissable pourrait-il être du domaine du connu? Vous pouvez toujours courir. Même si ce mouvement (pour connaître l’inconnaissable) n’est pas là, vous ne saurez jamais ce qui est. Vous ne pouvez pas savoir ce qui est, vous n’avez aucun moyen de le saisir, d’en faire l’expérience, aucun moyen de l’exprimer.

C’est pourquoi toutes ces histoires de félicité éternelle, d’amour éternel, c’est du pipi de chat. Il est strictement impossible de saisir cette réalité, de la contenir, de l’exprimer. Un jour peut-être vous vous éveillerez au fait que cet instrument [la pensée] ne peut pas vous aider à comprendre quoi que ce soit, et qu’il n’y en a pas d’autre. Il n’y a donc rien à comprendre. Je ne veux pas donner une conférence. Aidez-moi.Vous voyez, vous auriez tort d’interpréter mes mots selon vos valeurs, selon certains codes de conduite, vous seriez complètement à côté de la cible. Je n’ai rien contre un code de moralité -les codes de conduite ont une utilité sociale, sans eux la société ne pourrait pas fonctionner. Un certain code de conduite est nécessaire pour fonctionner intelligemment dans le monde. Sinon, c’est le chaos. C’est uniquement un problème de société, pas une question d’éthique ni un problème religieux. Il faut séparer les deux choses, le monde a changé. Il faut trouver quelque chose d’autre [que les vieux interdits religieux ou moraux] pour pouvoir vivre en harmonie avec le monde qui nous entoure. Tant qu’il y aura conflit intérieur, en vous, vous ne pourrez pas vivre en harmonie avec la société. C’est à vous de faire le premier pas, en vous-même.

N’essayez pas d’interpréter mes mots dans un contexte religieux. Ce que Je dis n’a rien à voir avec la religion. Loin de moi l’idée que vous devriez devenir quelque chose d’autre que ce que vous êtes déjà. C’est impossible. Il n’est pas dans mon intention de vous libérer de quoi que ce soit. Franchement, notre conversation n’a aucun sens. Vous pouvez rejeter ce que Je dis, n’y voir qu’un non-sens, je n’y vois aucun inconvénient. Peut-être qu’un jour vous verrez clairement que l’objectif que vous avez en tête, ce but à quoi vous aspirez par tous vos efforts et la tension de la volonté, peut-être qu’un jour vous verrez que tout ça n’a absolument rien à voir avec ce dont je parle. L’ état que je décris n’est pas ce que vous voulez.

Je vous disais l’autre jour que j’aimerais vous donner juste un aperçu de cet état. Pas un aperçu dans le sens visuel. Juste vous faire toucher ça du doigt. Mais vous n’auriez aucune envie de vous en approcher, encore moins de le toucher. En revanche, ce que vous voulez, ce qui vous intéresse vraiment, n’existe pas. Vous pouvez avoir un tas d’expériences insignifiantes, si ça vous chante. Allez-y, méditez, faites ce qui vous plaît, vous en aurez des expériences. En fait, c’est encore plus facile en se droguant. Je ne préconise pas l’utilisation des drogues, mais le résultat est le même, exactement le même. Les docteurs disent que les drogues vont vous abîmer le cerveau, mais la méditation -si on fait ça sérieusement- va aussi vous abîmer le cerveau. [Ceux qui l'ont pratiquée sérieusement] sont devenus fous, ils se sont fichus dans la rivière et sont morts. Ils ont fait mille choses -ils se sont emmurés dans des cavernes- parce qu’ils ne pouvaient y faire face.

Voyez-vous, il est impossible d’observer ses propres pensées, de s’observer à chaque pas qu’on fait. Vous en deviendriez fou, vous ne pourriez pas faire un pas. Ce n’est pas ce qu’on veut dire quand on parle d’être conscient de tout -d’observer chaque pensée- comment vous serait-il possible d’observer toutes vos pensées, une à une- et pour quelle raison, je vous prie, voudriez-vous observer vos pensées? Pour quelle raison? Dans un but de contrôle? Vous ne pouvez pas contrôler la pensée. Elle a une force fantastique.

Vous pouvez vous imaginer que vous avez réussi à contrôler vos pensées, et que vous avez senti un certain espace entre ces pensées, une sorte d’état sans pensée; vous croyez alors que vous avez fait un pas en avant. Mais cet état-sans-pensée se fonde lui-même sur la pensée, il représente un espace entre deux pensées. Faire l’expérience de l’espace entre deux pensées -l’état-sans-pensée- est la preuve que la pensée était là, bien là. Elle refait son apparition après, comme le Rhône, en France, qui disparaît et réapparaît. Il est toujours là, mais souterrain. Il n’est pas navigable, mais finalement il réapparaît. De la même manière toutes ces choses que vous refoulez (avec le sentiment d’avoir eu une expérience extraordinaire) reviennent à la surface, -et alors vous sentez vos pensées revenir avec une force accrue.

Vous n’êtes pas conscient de votre respiration en ce moment. Vous n’avez pas besoin d’en être conscient. Pourquoi en auriez-vous besoin? Si c’est pour contrôler votre respiration, accroÎtre votre capacité respiratoire, etc, d’accord. Mais pourquoi être conscient du mouvement respiratoire du début jusqu’à la fin? Soudain, vous êtes conscient de votre respiration. Respiration et pensée sont étroitement liées. C’est pourquoi vous voulez contrôler votre respiration. Ainsi, d’une certaine manière, vous allez contrôler votre pensée, pendant un certain temps. Mais si vous retenez votre souffle trop longtemps, vous allez étouffer et tomber raide mort; de la même manière, si vous retenez ou bloquez le flot de pensées, vous allez étouffer et tomber raide mort, littéralement, ou au moins il y aura de sérieux dégâts. La pensée est une vibration très forte, une extraordinaire vibration. C’est comme l’atome. Il ne faut pas jouer avec ces choses-là.

Vous voulez maîtriser le flot de pensées, mais vous n’y arriverez pas. La pensée doit fonctionner à sa manière, de façon discontinue, sans suite. Cet état existe de lui-même, vos efforts ne peuvent en aucun cas le provoquer. [U. G. décrit « l’état naturel  » qui est le sien, une fois que le carcan de la structure mentale a disparu]. La pensée doit trouver son rythme naturel. Le fait même de vouloir lui donner son rythme naturel ajoute une impulsion au flot de pensées. La pensée a sa vie propre-, malheureusement, elle a créé un mouvement parallèle à l’intérieur de la vie. Ces deux mouvements, de la vie et de la pensée, sont dans un conflit perpétuel , qui ne prendra fin que lorsque le corps cessera de fonctionner.

La pensée s’est emparée du corps. Elle est le maître de la place. Elle essaye toujours de tout contrôler. C’est un domestique qu’on ne peut plus mettre à la porte, quoi qu’on fasse. Si vous l’expulsez par la force, il va tout brûler, même s’il doit périr dans les flammes lui aussi. [Il est très dangereux d’essayer de contrôler ou de bloquer la pensée. On risque la folie]. Il n’a rien à y gagner, mais c’est ce qui va vous arriver si vous essayer de le contrôler. Ne prenez pas cette image littéralement, voyez par vous-même, ne jouez pas avec tout ça. Ou alors, allez-y, jouez. Tout ça, pour vous, ce sont des jouets. 

Extrait de l’Auteur : Le Dos au Mur par Uppaluri Gopala Krishnamurti

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Parcours de Shri Sadguru Siddharameshwar Maharaj

Posté par othoharmonie le 8 juillet 2013

Parcours de Shri Sadguru Siddharameshwar Maharaj dans LECTURES Inspirantes zrn

Shri Sadguru Siddharameshwar Maharaj est l’un des plus grands saints inconnus de notre époque. Il est né en Août 1888 dans un petit village nommé « Pathri » dans le district de Sholapur, en Inde. Six jours après sa naissance, sa grand-mère eu un rêve dans lequel un grand Saint Siddheshwar apparut devant elle et lui dit que le garçon qui vient de naître est sa réincarnation et lui demande de le nommer Siddheshwar. Il ajouta qu’un jour le garçon deviendrait un grand saint.

Et ainsi son nom fut gardé Siddheshmappa. Plus tard, il fut connu comme :Siddheshwar Maharaj. Même dans son enfance il était très futé, actif et avait la capacité d’absorber les choses très rapidement. Il n’étudia pas beaucoup à l’école mais était très intelligent, astucieux et malin dans son comportement. Il était toujours très droit et parlait avec une idée réfléchie. Il ramenait ses réponses à chaque question avec un sens plein. A l’âge de 16 ans, alors même qu’il était trop jeune pour travailler, il pris le travail de comptable dans la firme Marwadi de Bijipur. Là, il rencontra son maître Shri Bhausaheb Maharaj, qui a bâti un ashram dans le petit village d’Inchgiri dans l’état du Karnataka, qui commença dans l’année 1885. Shri Bhausaheb Maharaj, comprenant les capacités mentales et les habitudes de vie de gens, commença à enseigner la méditation à ses disciples dans le monastère.

Le but principal de cet enseignement était d’atteindre la Réalité Finale. Sa méthode est connue en tant que  » Pipilika Marg » ou la voie de la fourmi dans la Mythologie Hindoue ; c’est un processus lent pour atteindre la Réalité Finale. Shri Siddharameshwar Maharaj, après avoir passé à côté de son Maître Bhausaheb Maharaj l’année 1914, méditait sur les enseignements de son Maître. En 1918, il renonça au monde et rejoignit ses quatre disciples frères pour populariser l’enseignement de son Maître. L’année 1920, alors qu’il faisait un voyage pour populariser cet enseignement, il eut l’idée que l’on pourrait aller au-delà de la méditation parce que la méditation est l’état initial pour atteindre la Réalité Finale. Ses frères disciples n’étaient pas d’accord avec Shri Siddharameshwar Maharaj, disant que leur maître Shri Bhausaheb Maharaj ne leur avait pas dit cela. Il leur dit d’accord, mais ajouta  » pourquoi n’irions-nous pas au-delà de cela ? ». Il décida de s’atteler à ce sentier ardu de son cru, les laissa, et retourna à Bijapur chez lui.

Il commença sa méditation à Bijapur sur une plate-forme élevée en forme de petit minaret, assis sur un vieux canon et médita durant neuf mois sans cesse. Puisque son Maître ne lui avait enseigné que la méditation, il n’y avait pas d’alternative pour atteindre la Réalité finale sans méditation. Ses efforts furent récompensés et son Maître le bénit. Il expliqua alors que l’on peut atteindre la Réalité Finale par le chemin de l’oiseau « Vihangam marg », en pensant que l’ignorance est survenue d’avoir entendu parler les générations successives. Rien qu’en entendant et pratiquant les enseignements du Maître et en y pensant à fond, comme les oiseaux passent d’un arbre à l’autre, on peut atteindre la Réalité Finale très rapidement. C’est le chemin le plus court pour achever la Réalité Finale. Dans les deux chemins, on a à atteindre la Réalité Finale en allant dans le Laya (dissolution de la conscience), c’est -à-dire l’absorption de soi. L’ignorance est survenue par les pensées et si les pensées sont absorbées dans la Réalité, on peut aller à la Réalité Ultime par la pensée seulement. Il fit des efforts incessants pour réaliser cette Réalité Ultime. Il dit : »j’atteindrai la Réalité Ultime même au prix de ma vie. »

Par la grâce de son Maître Bhausaheb Maharaj, il atteint le but final de la Réalité Ultime. Il commença alors à prêcher à ses disciples d’atteindre la Réalité Ultime via Vihangam Marg (le chemin des oiseaux, par la pensée). D’abord, il donna la Connaissance de la Réalité Ultime à ses disciples et leur demanda de renoncer, et de renoncer même à l’acte de renoncer. Finalement, il donna la connaissance de Vijnana– la Réalité sans pensée. Il prêchait en un langage très simple, lucide et logique, donnant des exemples dans la vie de tous les jours. Il avait l’opinion que Parmarth — comprenant la Réalité Ultime, devrait être enseignée dans un langage très simple sans user de mots pompeux et ronflants, afin de faire comprendre aux gens la Réalité Ultime. Il fit cela des années 1925 à 1936.

Finalement, il passa au-delà le 9 Novembre 1936, à Bombay, donnant une compréhension complète de la Réalité Ultime à ses disciples. C’est pourquoi ce livre est la Clé Maîtresse de la Réalisation Ultime. Ce livre explique un des chemins qui mène à la Réalité Ultime. C’est-à-dire, la connaissance que vous ne faites pas partie des quatre corps et que là demeure l’Ego de la connaissance qui devrait être dissolu dans la Réalité Ultime nommée « Laya »(Absorption).

Shri Dattatray Dharmayya Poredi a répandu une des conférences de Siddharameshwar Maharaj connue comme la « Maître-Clé de la Réalisation du Soi ».( Atmagyanachi Gurukilly). C’était l’un des disciples capables de Siddharameshwar Maharaj vivant à Solapur (dans l’état de Maharashtra, Inde) et a écrit aussi de nombreux poèmes sur Vijnana (Réalité Ultime) enseigné par le Shri Sadguru Siddharameshwar Maharaj. La Maître-Clé de la Réalisation du Soi, qui est écrite en Marathi, est traduite en anglais par Madame le Dr Damayanti Dungaji. Elle est disciple de Shri Sadguru Nisargadatta Maharaj, qui est le disciple de Shri Sadguru Siddharameshwar Maharaj. Shri Sadguru Siddharameshwar Maharaj prêcha étape par étape dans un langage très simple sur la façon d’atteindre la Réalité Ultime durant les années 1925 à 1936. Ses enseignements ont été publiés en Marathi comme « Amrut Laya ». Ces conférences ont aussi été traduites en anglais et seront publiées pour le bénéfice de ceux qui ne comprennent pas le Marathi.

extrait de l’Entretien 1  ; Autre entretien avec Shri Sadguru Siddharameshwar Maharaj  , disciple de Nisargadatta Maharaj 

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« SOIS »

Posté par othoharmonie le 18 juillet 2010

   - Nisargadatta Maharaj 

Visiteur : Je demande la bénédiction du Guru et l’implore de répondre à ma question : comment atteindre Dieu ? 

Maharaj : Ayez un besoin profond, irrépressible, dévorant de ce Dieu et vous le deviendrez, ce sera vous. Ayez cette foi et ce que vous êtes, quoi que cela puisse être, se transformera en Dieu. Ce corps n’est que nourriture, soyez un avec le principe, l’essence de ce corps. 

V : Je ne comprends pas. Comment moi, qui suis d’un niveau aussi bas, pourrai-je m’égaler à ce qui est au sommet ? 

M : Ce Dieu est-il votre créateur ? 

V : Oui. 

M : Vous avez donc jailli de ce sommet, combien de marches avez-vous descendu quand vous êtes né ? 

V : Je ne sais pas. 

M : Adorez ce « je ne sais pas » ! « Soyez » simplement, vous vous unirez au tout et deviendrez Dieu. Il n’y a pas de chemin, pas de voie, pas de moyen. 

V : Krishna, Brahma, sont-ils des mots qui ne recouvrent rien ? 

M : Ce sont des noms anciens qui font le travail qu’ils ont à faire. Chaque partie du manifesté a son rôle à jouer, ne vous en mêlez pas. Abandonnez la mémoire, abandonnez les mots. Trouvez un seul point, une seule compréhension qui fous fasse écrier « ah, c’est donc ça ! » Cela suffit ! Avez-vous trouvé un point de vérité ? 

V : La seule vérité sur laquelle je puisse m’appuyer est que je suis ici devant vous. 

M : Faux ! Tout ce que vous pouvez observer est illusoire, la réalité ne peut avoir de témoin. C’est la conviction profonde et vécue « je suis » qui est témoin. Dès son apparition « je suis » est le témoin. 

Ce n’est pas moi, ce sont les trois gunas uniquement qui vous parlent et moi je ne suis pas cela. 

V : La respiration est la seule chose qui se poursuive dans les trois états. Cette respiration est un double mouvement, expansion, contraction. N’est-elle pas comme un pont entre le moi identifié et le pur « je suis » ? 

M : Pourquoi cette question ? Trouvez pourquoi le corps et « je suis » apparaissent en même temps ? Trouvez pourquoi et comment se produit l’identification au corps, tout le reste est curiosité purement académique. 

Qu’est ce qui a grandi depuis le nouveau-né jusqu’à l’homme adulte ? 

Ce nouveau-né, d’où est-il venu, qu’est-ce qui l’a fait croître ? 

Trouvez la source de cette croissance ! Vous connaissez cet état, vous parlez à cette source, vous l’êtes. 

On est toujours seul quoi qu’il arrive. On veut y échapper et c’est pourtant là l’état primordial, originel. Etre seul c’est être un, unique et lié à toutes choses. Aimez-vous moins, aimez moins votre corps, vos possessions. Ce qui est véritablement vous n’a aucun besoin d’amour, il est amour. Lâcher prise, laissez échapper ces possessions dérisoires et l’amour s’aimera lui-même. Ce que vous croyez aimer n’a aucune réalité, l’être n’a aucun besoin d’amour ou de quoi que ce soit. 

On vous présente quelqu’un, c’est un étranger, vous l’aimez, vous l’épousez et il devient une partie de vous-même, vous vous querellez et il devient votre ennemi. C’est uniquement ce complexe psychosomatique qui détermine ce que sont les autres pour vous, cela ne peut correspondre à aucune réalité. 

Ce n’est jamais la personne qui est libérée, c’est de la personne qu’on est libéré. Les mots pointent, indiquent une direction, suivez-là mais n’emportez pas les mots avec vous. 

V : Comment atteindre la racine de la conscience ? 

M : Soyez un avec votre conscience. Cette conscience peut prendre conscience d’elle-même à travers et grâce à son ignorance. L’ignorance est le combustible de la flamme qu’est la conscience, cette flamme devient de plus en plus pure. 

Cette conscience purifiée, présente à elle-même, aussi grandiose que soit ce que révèle son champ de connaissance, n’est pas l’aboutissement. Il faut savoir que cela aussi est à transcender. Le « je suis » est le premier et le dernier point de la dualité. C’est l’ultime concept qui, lui aussi, doit être transcendé. Mais c’est du « je suis » que jaillira spontanément l’union avec le tout. 

N’oubliez pas que c’est l’ignorance qui permet à la conscience de s’ouvrir à la connaissance comme une fleur s’ouvre au soleil. 

V : Ce que vous avez dit hier sur la naissance et la petite enfance m’a beaucoup frappé. Cela tourne en moi et n’arrive pas à prendre la forme d’une question. 

M : Demeurez dans ce mystère. Retrouvez l’état de la petite enfance. Plongez votre être dans le non-être. Votre véritable nature est sans naissance. Vous êtes ce que vous ignorez, vous êtes l’état de non-connaissance. 

V : Moi, je m’efforce d’être le témoin du corps et j’arrive à me voir comme si j’étais au-dessus de moi-même. 

M : Vous ne pouvez observer qu’au travers de la conscience. Il vous faut remonter à reculons jusqu’à la source d’où vous pourrez observer, comme simple témoin, l’écoulement des évènements au sein de la conscience. 

Vous n’êtes absolument rien en tant qu’humain identifié à un corps. La seule vie possible c’est en tant que conscience dont l’apparition et la durée sont liées au corps et à la force vitale. 

V : Mais peut-on demeurer présent à la source, demeurer le témoin au cours de l’activité de sa vie professionnelle ? 

M : Oui, trouver son centre dans la conscience –témoin est possible, et même dans le travail intellectuel la conscience peut regarder agir le niveau mental. Quoi que ce soit qui ait lieu , seul le « je suis » peut savoir et peut comprendre. Il faut renier toute identité avec le corps. Lorsque vous savez que la conscience est à la base de tout ce qui existe, de quoi d’autre avez-vous besoin ? 

Sans conscience que pourriez-vous être ? 

Vous êtes continuellement le témoin de votre personnalité mais vous ne le remarquez pas. L’identification au corps et au monde n’est qu’un phénomène conscientiel mal interprété. Si vous avez compris que vous ne pouvez pas mourir, faites ce que vous voulez, allez où vous voulez, cela n’a plus aucune importance. La force vitale, l’énergie, le dynamisme, tout le pouvoir de réalisation de l’homme est dans le « je suis ». La puissance du « je suis » réunit tous les mots de toutes les langues. 

Je sais que vous avez compris tout ce que j’ai dit, le seul obstacle qui demeure est votre intimité avec le corps. La conviction que vous allez mourir un jour est le plus grave des obstacles. 

Comme mon corps se détériore et que ma force diminue, ma connaissance du « je suis » diminue également. Ma conscience est absorbée de plus en plus par le témoin impassible de cette manifestation. Profitez-en, c’est de ce niveau que surgissent les réponses qui sont données. 

En s’identifiant au cosmos, votre conscience n’a pour seul résidu que le « je suis ». Ce qui s’assied pour méditer ne peut être que la connaissance « je suis ». « Je suis la connaissance du « je suis » non formulé » est la seule approche correcte de la méditation. 

V : Pourquoi suis-je né ? 

M : Il est dans la nature de la conscience de se manifester. Il n’y a pas de cause. Le soleil se lève pour éclairer ses planètes, c’est dans sa nature. 

Si vous adorez profondément ce « je suis », vous conquerrez tous les pouvoirs sur la manifestation mais je ne vous conseille pas d’entrer dans ce circuit. La conscience agit à travers le corps, elle a des millions de formes et la toute-puissance. 

Vous êtes l’ensemble de tout ce qui existe mais votre orgueil conditionne cette splendeur aux dimensions de votre corps et vos convictions vous limitent à des formes illusoires. 

V : Est-ce que croire en Dieu n’est pas une façon d’échapper à cet orgueil ? 

M : Avoir une foi religieuse n’est qu’une complaisance émotionnelle. Croire à la naissance et à la mort également. Chacun n’est guidé et n’agit que par ses émotions. Tout ce que l’on cherche à exprimer est émotionnel. 

Que peut-on utiliser d’autre que la conscience pour s’ancrer dans la conscience ? Vous êtes le thème même de méditation de votre conscience. Si vous ne pouvez arriver à abandonner l’idée que vous allez mourir, alors acceptez cette révélation : vous êtes l’ensemble du manifesté. 

V : Comment me stabiliser dans la conscience ? 

M : Il n’y a de stabilité que dans le sans forme. Dès qu’il y a un aspect, une couleur, l’esprit est sollicité et il se limite. Dans le social c’est cela que l’on veut : du changement, des aspects variés, du mouvement. Tout cela est du jeu, du passe-temps. La conscience est en toutes choses, elle peut être perçue en tous objets car c’est elle qui maintient leur subsistance. La conscience est vécue et s’exprime à travers la totalité des formes mais elle n’est qu’une. Le feu, l’air, l’eau, peuvent-ils être réduits à une forme ? 

Vous avez actuellement compris tout ce qu’il y avait à comprendre, vous ne devez pas rester ici plus longtemps. 

Attention, qui êtes-vous ? Brahma, mais l’habitude du corps est toujours là. 

J’estime néanmoins qu’à présent vous devez pouvoir vous appuyer sur la manifestation Brahma que vous êtes. Si, après avoir écouté tout ce qui a été dit pendant ces journées, vous persistez à vous relier au corps et à être stimulé par la vie du monde, c’est votre affaire mais ce sera un grand gâchis, une grande erreur. Branchez-vous sur votre manifestation en tant qu’être. 

Il est facile de ne plus s’identifier au corps : observez le corps, observez la force vitale du souffle. Si vous pouvez l’observer, c’est que vous en êtes distinct. Comme plus tard observant la conscience vous serez au-delà de la conscience. Mais, tout d’abord, soyez un avec cette conscience. Vous ne pouvez en aucun cas vous confondre avec ce déguisement qu’est le corps. Se stabiliser dans la conscience entraîne la renonciation spontanée au physique et au matériel. J’insiste, un renoncement non délibéré, survenant de lui-même. 

Vous croyez tous à votre vie individuelle bien qu’elle soit illusoire. Voyez donc, ce que vous considérez comme vrai change continuellement ! 

Pouvez-vous m’indiquer une seule chose constante ? Seul le sens d’être existe mais vous ne parvenez pas à vous en rendre compte parce que tous vos points de comparaison sont eux-mêmes changeants. Seul, « je suis », quoi que vous fassiez, demeure nécessairement là, identique à lui-même. 

Le « je suis » est l’âme de tout l’univers. Il est dans le ver, dans l’homme, partout. Tout répète « je suis ». C’est le principe dynamique que l’on s’efforce de tuer en le limitant au corps mais il est immortel. 

Vous avez compris, il ne faut plus revenir. Vous savez sans hésitation ni doute, sans nécessité de réflexion, que vous n’êtes pas une femme. Vous le savez même en rêve. Donc, vous devez savoir tout aussi spontanément que vous n’êtes pas ce corps. 

La conscience seule accorde la conscience, adorez la comme la forme la plus haute de vous-même.

Extrait de « Sois », Editions des Deux Océans, 1983

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