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La méditation est psychothérapique à elle seule

Posté par othoharmonie le 29 octobre 2015

 

arbre MEDITATIOND’après la spiritualité bouddhiste, toutes les souffrances humaines puisent leur origine dans notre ignorance. Avoir conscience des limitations que celle-ci nous impose est un soin, puisque c’est tendre à se libérer de la souffrance et se diriger vers le chemin de l’illumination.

L’in des moyens pour acquérir un tel savoir sur soi, c’est l’étude du mental par la contemplation. Plus il est observé avec finesse, e t mieux on en comprend les tournures, en particulier celles qui nous font souffrir. C’est à ce titre que les techniques de méditation sont un excellent outil pour développer la connaissance de soi, en tant que préalable indispensable aux changements. On peut comparer le méditant à un photographe en train de régler son appareil pour prendre un paysage : Il dirige son objectif sur un paysage intérieur, et non sur le monde qui l’environne : il s’auto-observe. Ce n’est jamais facile car ce n’est pas une attitude spontanée.

Il se met en format « grand angle » : il élargit le champ de sa vision intérieure à tous les phénomènes qui s’y déroulent (pensée, images mentales, souvenirs, sensations, émotions…). Il effectue une mise au point de l’image la plus nette possible. Quand le brouillard du mental se dissipe, il discerne avec plus de netteté la réalité des objets qui composent le paysage….

Du coup, méditer développe les capacités de discerner avec lucidité nos habitudes nocives ; et même de les déraciner pour certains auteurs. Comment cela est-ce possible ? Ces habitudes qui nous maintiennent sous leur emprise sont désignées d’un même terme par le bouddhisme et les thérapies cognitives : ce sont des conditionnements.

Ils sont comme un tourbillon marin qui happe le sujet dans son mouvement circulaire. Plus il s’en éloigne, plus il se donne les chances de l’observer globalement et de se soustraire à son influence. Pour faire le parallèle avec les psychothérapies, l’observation du mental est une qualité que les thérapeutes cherchent à développer chez leurs patients. Cet atout, l’insight (compréhension – discernement) permet d’affiner la connaissance de notre moi et de ses tourments. S’observer, c’est commencer d’aller mieux.

Ensuite, tout comme en médiation, mieux s’observer permet de cerner nos faiblesses, dans l’intention d’apprendre de nouvelles façons d’agir ou de penser, plus épanouissantes pour l’individu.

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles : méditer garantit de trouver ce qui ne va pas et de le déraciner pour être mieux. Mais en affinant simplement la définition « d’être mieux », bien des auteurs sont en désaccord, en particulier ceux qui sont à la fois psychologues et enseignants en médiation bouddhiste. Sans manière, l’un d’entre eux soutient dans un article au titre parlant « Même les meilleurs méditants ont de vieilles plaies à penser » – qu’en dépit des nombreux potentiels de la méditation, elle est moins efficace, voire sans effet dans plusieurs troubles du bien-être où les thérapies classiques s’avèrent indiquées : phobies, troubles sexuels, deuil, affirmation de soi, développement des habiletés et communiquer, épanouissement professionnel, etc. Dans la même veine, une autre enquête a recherché chez des méditants zen de longue date les causes de résistances à leur avancée spirituelle. C’est la colère qui fut évoquée en premier lieu.

Cette idée n’est peut-être pas en accord avec certaines pratiques spirituelles dont le but est justement de prendre conscience que le « moi » n’est qu’une illusion. Cette prise de conscience perturbante est d’ailleurs l’une des raisons des montées d’angoisse des débutants, quelle que soit la solidité de leur moi d’origine.

Francesca du blog http://othoharmonie.unblog.fr/

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MAHABALIPURAM ET SES TEMPLES RUPESTRES

Posté par othoharmonie le 5 septembre 2014

 

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Quelque part, sur la côte de Coromandel 1, face à l’Extrême-Orient, se dressent les vestiges de la cité la plus mystérieuse de l’Inde du Sud. Un site remarquable, en bordure de l’océan qui forme le sud du golfe du Bengale, classé patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO tant ses falaises et ses rochers de granit furent le support et la matière d’une architecture et d’un art sculptural issus du génie d’un peuple disparu. 

L’ancien port de la dynastie des Pallava  nous a laissé des oeuvres inégalées dans le monde indien pourtant si riche en temples magnifiques. Des architectes et des sculpteurs ont transformé de grands rochers affleurant des sables en sanctuaires, en temples et en grottes finement sculptées et ornées des divinités du panthéon hindou, contant les antiques histoires mythologiques impliquant les dieux et leurs compagnes célestes : le sommeil cosmique de Vishnu, les aventures magiques de Krishna, l’omniprésence de la déesse, les emblèmes de Shiva et les avatars de Vishnu. 

Ces merveilles ornent les parois millénaires des grottes rupestres taillées dans les falaises de granit.

La plus longue falaise offre aux pèlerins le plus grand bas-relief du monde, datant du VIe siècle :« la Pénitence d’Arjuna ». Il nous conte le récit légendaire de la descente du Gange, tiré du Mahâbhârata, l’un des textes fondateurs de l’hindouisme avec le dieu Shiva recevant sur sa tête le Gange afin d’en amortir la puissance. La fresque de pierre ne mesure pas moins de 27 mètres sur 9, et demeure inachevée, comme d’ailleurs bon nombre de temples de ce site .

 

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 Deux kilomètres plus loin, se dresse l’extraordinaire ensemble dit des « 5 Rathas », site composé d’énormes rochers affleurant, transformés en temples et en sanctuaires sculptés, flanqués d’un grand éléphant, d’un lion et d’un taureau. Le génie des sculpteurs pallava atteint là son sommet, mais on constate que certains de ces temples ne sont pas terminés, les colonnes demeurent grossières et certains sanctuaires n’y sont pas encore creusés. Quel événement dramatique a pu donner, il y a plus de 1200 ans, un coup d’arrêt à cette entreprise hors du commun ? 

Jamais le travail ne fut repris ; le chantier fut laissé en l’état ; personne n’est venu ensuite parachever la gigantesque entreprise commencée au début de notre ère, sur cette côte. Cette tradition de la taille de la pierre a trouvé un regain de gloire grâce aux écoles de sculptures ouvertes il y a quelques dizaines d’années dans la ville, les oeuvres produites de nos jours ont conservé la qualité artistique de celles qui ornent les parois des temples rupestres ; et les martèlements des ciseaux de centaines de sculpteurs retentissent sans interruption de l’aube au crépuscule dans certaines rues de la ville. 

Face à la mer, protégée par une digue récente qui lui a évité d’être endommagé par le tsunami du 26 décembre 2004, le Temple du Rivage est le seul qui soit construit de pierres et non excavé d’un gros rocher comme tous les autres sanctuaires de la ville. Bâti au VIe siècle, il est le premier temple maçonné en Inde. Avant lui, le génie indien se contentait, si l’on peut dire, de creuser les falaises et de créer de vastes et somptueux sanctuaires au creux des montagnes de pierre, comme ce fut le cas pour les fabuleuses grottes d’Ajanta et d’Ellora, dans le centre de l’Inde. Sur ce rivage battu par les vagues, l’on commença à tailler des pierres afin de bâtir des temples libérés de l’emprise des falaises ; on créa une architecture nouvelle.

 

LA CITÉ DES 7 PAGODES

La ville côtière de Mahabalipuram, maintenant rebaptisée « Mamallapuram », était autrefois un port renommé et florissant, dont les textes attestent l’existence et l’activité dès le début de l’ère chrétienne. Ce port antique avait une vocation internationale, il envoyait navires et marchandises vers le Sri Lanka, l’Asie du Sud-Est et même la Chine. Des pièces romaines à l’effigie de l’empereur _ èodose y furent trouvées ainsi que des débris d’amphores. Un célèbre moine bouddhiste, Vajradanth, y embarqua afin de porter le Dharma en Chine. Sous le règne de la dynastie des Pallava, qui dominait alors une grande partie du sud de l’Inde, la cité devait être vaste et prospère. Elle s’étendait  vraisemblablement sur plusieurs kilomètres, depuis le sanctuaire des 5 Rathas au sud jusqu’à la grotte sculptée de faces de lions et de dragons dédiée à la déesse Durga la Terrible, située 3 km au nord . Le port proprement dit devait se trouver dans la lagune qui s’étend toujours derrière les falaises, avec un canal d’entrée donnant sur la mer. Ce qui reste de la splendeur de cette cité n’est qu’une infime partie des bâtiments, entrepôts et palais qui devaient en être la parure.

 

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Il est vraisemblable que Mamallapuram soit l’un des ports indiens ayant exporté l’hindouisme et ses brahmanes, le bouddhisme et ses moines, le sanskrit ( la langue des textes sacrés ) et leurs  connaissances architecturales vers l’Asie du Sud-Est. Il a permis, dès le VIIe siècle, la naissance de l’art et de la culture hindous dans cette partie de l’Asie ; celle-ci allait fleurir d’une façon magistrale dès le IXe siècle à Angkor, coeur de l’empire Khmer, au Cambodge actuel.

 

La légende et les traditions locales parlent de la Cité des 7 pagodes, c’est-à-dire 7 temples semblables à celui qui, de nos jours, orne le rivage, seul survivant d’un groupe dont on parle toujours et dont les voyageurs européens, dès le XVIIe siècle, avaient signalé l’existence dans les récits légendaires.

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LE 26 DÉCEMBRE 2004

Soudain la mer se retira et à la surprise des pêcheurs affairés sur le rivage, laissa place à une immense plage qui se découvrit vers le large… C’est à ce moment que l’on put apercevoir des structures de pierres à la surface, à 800 m du rivage, là où d’habitude il n’y avait que quelques remous d’écume provoqués par la rencontre de la houle et d’un récif fort poissonneux. Le retrait des eaux avait révélé l’existence, en pleine mer, de l’une des 7 pagodes de la légende. 

Puis la vague arriva, terrible, elle envahit soudain la plage, fracassa les pirogues, emporta tout, détruisit les restaurants qui bordaient la mer et n’épargna pas ceux qui travaillaient à repriser leurs filets de pêche. L’eau s’engouffra loin dans les terres et modifia la ligne du rivage à jamais. En se retirant, la marée du tsunami emporta avec elle des tonnes de sable et découvrit dans sa course vorace d’autres vestiges enfouis depuis plus d’un millénaire sous les sables de la plage et de la lande. Deux autres fondations de temples anciens refi rent alors surface. L’un d’eux est situé à quelques centaines de mètres du Temple du Rivage, les vestiges en ont été dégagés mais aucune fouille sérieuse n’est entreprise alentours. 

L’autre, apparu dans la lande à 100 m de la mer, non loin de la « Durga Cave », au pied d’une grosse roche qui affleurait des sables, révéla les vestiges d’un sanctuaire important qui semble être très ancien, peut-être antérieur au Temple du Rivage. Là aussi les fouilles n’ont pas été approfondies. Non loin du Temple du Rivage, des rochers sculptés surgirent également du sable de la plage, dévoilant un bas-relief de cheval et d’éléphant, l’effigie d’un lion et quelques êtres grimaçants associés à Durga, la déesse au lion. Cela nous fait trois pagodes… Où sont les 4 autres ? 

Mais le point le plus mystérieux de ces révélations demeure celui-ci : Que font ces ruines à près de 800 mètres du rivage actuel ? Sont-elles uniques ?

 

INVESTIGATIONS SOUS-MARINES

Lorsque Graham Hancock 3, auteur du livre « Civilisations englouties », vint sur les lieux quelques années auparavant, il eut l’idée judicieuse d’interroger les pêcheurs. Connaissaient-ils l’existence de ruines sous-marines le long de la côte ? Il lui fut répondu que c’était, à leurs yeux, une évidence quotidienne, et que c’était précisément au-dessus de ces amas de pierres qu’ils préféraient pêcher car les poissons y avaient élu domicile. 

Les instances scientifiques n’avaient pas attendu le tsunami pour effectuer des recherches au large du Temple du Rivage, les traditions locales et les plongées préliminaires effectuées par l’équipe de G. Hancock, 4 ans avant la vague, étaient suffisamment probantes pour que le « NIO » indien ( National Institut of Oceanography ) retourne sur les lieux avec une équipe scientifique mieux armée à laquelle se sont joints les meilleurs spécialistes de la « Scientific Exploration Society » britannique. 

Après avoir délimité au sonar la zone probable, ils découvrirent une crête rocheuse semblable à celle où se trouvent le bas-relief et les sanctuaires rupestres de la côte. Ce promontoire immergé se poursuit sur près de 2 km parallèlement à la côte. Or cette dorsale rocheuse se situe à plus de 700 m du rivage actuel. Des dizaines de sites furent alors choisis pour effectuer des plongées exploratoires. Un certain nombre d’entre eux révéla en effet de vastes structures bâties : fondations plates-formes et long murs, escaliers et éboulements de grosses pierres taillées. Un rocher en forme de lion apparut dans sa gangue d’algues et de madrépores 4. Ces investigations mirent à jour un ensemble architectural très vaste : les fondations d’une ville portuaire avec ses temples et ses édifices de pierres, suffisamment étendus pour laisser la place aux 5 Temples engloutis dont parle la tradition.

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LES SANGAMS ET LES CITÉS

ENGLOUTIES DU TAMIL NADU …/… DWARKA LA CAPITALE

DE KRISHNA

…/…

Par JEAN_BERNARD CABANÈS PARU DANS LE N°63 de Sacrée Planète

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3 – Graham Hancock est l’auteur de best-sellers internationaux. Il est reconnu comme un penseur non conventionnel qui soulève des questions controversées sur le passé de l’humanité.

4 – Madrépore : de la famille du corail dur, ressemble à l’anémone de mer mais possède un exosquelette.

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La pleine conscience

Posté par othoharmonie le 25 août 2014

 

 

Aujourd’hui de nombreuses études scientifiques démontrent les bienfaits de la pleine conscience pour prévenir les rechutes dépressives. Des études ont montré des effets de la pratique de la méditation chez les moines bouddhistes sur le fonctionnement cérébral en augmentant l’activité des zones des émotions positives, et peuvent en partie expliquer pourquoi cette thérapie peut aider les personnes qui souffrent de dépression.

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Dr Yasmine Lienard, psychiatre à Paris

Interview du Docteur Yasmine Lienard (photo ci-contre), psychiatre à Paris, spécialiste, entre autre, de la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (MBCT-Mindfulness Based Cognitive Thérapy-). 

Comment peut-on définir la pleine conscience ?

Le terme vient de l’anglais « mindfulness ». Il s’agit d’un état d’esprit où l’on est véritablement présent, où l’on observe tout ce qui est dans l’instant, sans jugement de valeur et en acceptant tout ce qui se passe. Ainsi faisant, on se met en rapport aux choses. Cela se travaille avec la méditation : la pleine conscience peut durer une minute, mais bien plus longtemps si l’on s’aide de la méditation

Par exemple, peut-on se retrouver en pleine conscience sous la douche ?

Oui, tout à fait. On peut être en pleine conscience à tout moment. C’est tout simplement être là, présent à ce que l’on fait, aux sensations corporelles, aux sons et à ce qui nous environne dans l’instant présent.

Les enfants peuvent-ils être en état de pleine conscience ?

C’est vrai que l’état de pleine conscience peut donner l’impression de retourner en enfance, où l’on était très présent. On regardait un oiseau sans se demander s’il est beau ou laid, on le regardait en s’émerveillant, un point c’est tout. Je ne pense toutefois pas que les enfants soient continuellement en état de pleine conscience, car ils ont du mal à se fixer dans le moment présent. La pleine conscience est avant tout une démarche volontaire de porter son attention sur les choses en dehors de l’esprit.

En quoi la méditation peut développer cette aptitude de pleine conscience ?

Ce n’est pas naturel d’être en pleine conscience. L’humain a très vite fait de poser des hypothèses, réfléchir, raisonner, ce qui le coupe de la conscience de l’instant. Se maintenir en pleine conscience est un entrainement de l’esprit. Dans ce sens, plus l’on pratique la pleine conscience à travers la méditation, plus on peut être présent en dehors de la méditation.

A qui cela profite-t-il et quel bénéfice peut-on tirer de la pleine conscience ?

Le bénéfice est général, tout le monde a intérêt à être plus présent. Aujourd’hui, on a tendance à être beaucoup ailleurs et à avoir du mal à être en rapport aux choses mais aussi aux autres. La pleine conscience permet donc d’être plus présent et ouvert à ce qui est véritablement plutôt que dans les illusions de son esprit. Par exemple, lorsque l’on est face à un tableau, on se met  en rapport avec l’expérience que l’on est en train de vivre à l’instant, comme les vibrations ressenties par les couleurs que l’on voit, plutôt que de le juger ou de lui mettre une étiquette de beau ou de laid. La pleine conscience est donc une façon de sortir de la représentation conceptuelle qu’on a souvent des choses et de les voir vraiment.

Y a-t-il un rapport avec la spiritualité ou les énergies extérieures ?

Pas du tout ! La pleine conscience n’est pas de l’ésotérisme, c’est au contraire très élémentaire. Il s’agit d’être attentif à ce qui se passe au moment où ça se passe. Rien ne vient de l’extérieur comme quelque chose de fabriqué. On ne fait que s’ouvrir à la réalité et non à créer un état de transe. Par contre vous parlez de spiritualité. On fourre tout dans ce terme, mais le spirituel est ce qui est en rapport à l’esprit, donc en ce sens pratiquer la méditation de pleine conscience a à voir avec un travail sur son esprit. Mais il n’y a aucune croyance à la quelle on s’accroche, c’est bien le contraire : on se détache de toutes ses croyances.

Comment aborder la pleine conscience la première fois ?

Il peut être utile de l’aborder avec des livres et des stages, mais ça dépend de notre but. D’une manière générale, mieux vaut être guidé, car au début, seul, c’est difficile. La pleine conscience est une voie développée dans certaines méthodes thérapeutiques de la dépression, car les dépressifs ont du mal à être dans le temps présent. Dans ce cas, le travail est très encadré et il est recommandé de le faire avec un professionnel de la maladie mentale car il y a un protocole strict à respecter. Mais on peut s’entraîner à la pleine conscience dans des stages de MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction Program) axé sur la gestion du stress ou alors dans un centre de méditation vipassana si c’est plutôt dans une optique de développement personnel ou de mieux être.

Vous parlez de thérapie, que soigne-t-on avec la pleine conscience ?

D’une manière générale, la pleine conscience peut être utile pour tous types de troubles anxieux ou dépressifs, ce que l’on appelle les névroses. Il peut être utile d’apprendre aux gens à être plus dans la réalité.
Elle est utilisée pour les troubles graves de la personnalité ou les problèmes d’addiction. Pour la schizophrénie, il existe une thérapie basée sur la pleine conscience qui a montré une diminution des hospitalisations mais encore une fois, cela doit être fait avec un professionnel et dans le cadre d’un protocole. Méditer n’est pas la panacée à toutes les maladies mentales !

Comment se développe la pleine conscience en France ?

Par rapport aux États-Unis, nous sommes très en retard. La pleine conscience peine à se développer en France, car nous sommes très, très, très stressés, mais aussi car nous sommes beaucoup plus cartésiens. Les Français sont imprégnés de l’esprit rationnel et scientifique et ont donc du mal à penser de manière plus nuancée. Nous avons également extrêmement peur des dérives sectaires.

téléchargement (12)Qu’aurait pensé Freud de la pleine conscience ?

Il aurait fallu que je puisse discuter avec lui ! Il y a aujourd’hui des psychanalystes qui sont beaucoup dans le « laisser parler ». Le patient s’installe et parle. La pleine conscience, c’est exactement l’inverse. On ne veut pas être  dans le mental, on veut apprendre à être dans son corps. Il y a tout de même des points communs, à commencer par le fait que le « moi » est au centre du travail. Il y donc un lien entre Freud et la pleine conscience, tout comme il y en a entre Freud et le bouddhisme. Car la méditation est une voie de libération de l’égo, de la représentation de soi qui nous enferme. On peut donc méditer en faisant une analyse, cela peut bien se compléter, je pense.

http://www.femininbio.com

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Thich Nhat Hanh : le plus grand maître du bouddhisme

Posté par othoharmonie le 31 mai 2014

 

C’est un pacifiste éclairé. Né Nguyen Xuan Baoen 1926, Thich Nhat Hanh fonde, en 1950, l’Institut des hautes études du bouddhisme An Quang. En 1966, son appel contre la guerre du Viêt Nam le contraint à l’exil. En 1969, réfugié politique, il s’installe en France. Depuis 1982, il délivre son enseignement au Village des Pruniers, la communauté bouddhique qu’il a créée. Rencontre rare avec un vrai sage. 

Propos recueillis par Anne Laure Gannac

téléchargement (5)Sa lutte non violente contre la guerre du Viêt Nam, son pays, avait fait de lui un ennemi majeur aux yeux des dirigeants et une source d’influence pour Martin Luther King, entre autres. Plus de quarante ans plus tard, Thich Nhat Hanh reste un maître inégalable. Des millions de bouddhistes et de laïcs suivent son enseignement via ses livres, ses conférences ou ses retraites données chez lui, en France, au Village des Pruniers.

Il a créé ce centre bouddhique en 1982, seize ans après avoir été contraint à l’exil par le gouvernement vietnamien. C’est là que nous le rencontrons, tôt le matin, dans une grande salle peuplée de moines et moniales et de laïcs venus des quatre coins du monde pour une retraite de quelques jours, semaines ou mois. D’un pas lent, arrive Thây (« maître »), un petit homme de 87 ans qui en paraît 60, à l’air inébranlable. Avant de donner un enseignement, il invite, sans rien dire, à une méditation, puis à quelques gestes de gymnastique – dont il expliquera qu’il ne les fait pas « pour être en forme », mais pour le plaisir de se sentir vivant. Une occasion parmi d’autres de pratiquer la pleine conscience, principe central du bouddhisme.

A lire

La Force de l’amour (Albin Michel, 2008), livre dans lequel Soeur Chân Không raconte son parcours auprès de Thich Nhat Hanh.

Plus tard, nous obtenons un rendez-vous dans son ermitage : assis à son bureau, à la lueur rougeâtre d’une lampe et face à une forêt de pins, Thây réalise des calligraphies. L’image semble sortie d’un conte bouddhiste ancestral.

Soeur Không, sa plus ancienne compagne de route et cofondatrice du Village des Pruniers, et soeur Dinh, son autre bras droit, nous invitent à nous asseoir face au maître, qui nous a rejointes en silence. On aimerait que cet homme, qui a échappé par miracle aux bombes françaises, américaines, puis aux mains des communistes et à la douleur de l’exil, nous parle de lui. La voix douce et ferme, il répond : « “Moi, moi”, il n’y a pas de soi séparé. »

Psychologies : Votre nouvel ouvrage porte sur l’enfant intérieur, une notion de psychologie. Comment la définissez-vous en tant que bouddhiste ?

Thich Nhat Hanh : Quand vous plantez une graine de maïs dans le sol, elle pousse et se transforme en plante. Alors, vous ne voyez plus la graine. Elle est pourtant toujours vivante. Lorsque vous regardez un adulte, l’enfant est bien là, même si vous ne pouvez pas le voir. Souvent, cet enfant a souffert et continue de souffrir. Pour le guérir, il faut commencer par le voir, reconnaître sa tristesse, puis lui parler en l’entourant de votre tendresse, en pleine conscience. Ainsi, vous l’apaiserez.

Vous considérez-vous comme un thérapeute ?

T.N.H. : Dans notre tradition, on nomme le Bouddha « le roi des guérisseurs ». Car le dharma [l’enseignement du Bouddha, ndlr] a pour fonction de guérir les gens : la colère, le désespoir ou la jalousie sont leurs maladies. Le bouddhisme a, depuis l’origine, une approche psychologique. On y parle de la « conscience du tréfonds », qui correspond à l’« inconscient ». C’est là que résident les graines de ces « maladies », qui ne sont des maladies que si nous laissons leur énergie nous nuire sans utiliser la pleine conscience. Elle seule permet de se guérir, et de guérir les autres.

« Prendre soin de son enfant intérieur » n’est donc pas qu’une démarche individuelle…

T.N.H. : Non, car l’enfant intérieur est un enfant collectif. Il est une continuité des enfants intérieurs de votre père, de votre mère et de tous vos ancêtres. Si vous pouvez apaiser le vôtre, vous apaiserez aussi les leurs. Vous pratiquez non seulement pour vous, mais pour vos ancêtres.

Dans votre enseignement, ce matin, vous avez dit : « Si vous n’êtes pas heureux, c’est à cause de vous, parce que vous n’utilisez pas la pleine conscience ». Croyez-vous vraiment que cela soit suffisant ?

T.N.H. : La marche méditative, la respiration consciente vous permettent d’être vraiment là. Et si vous êtes vraiment là, alors vous reconnaissez les conditions du bonheur que vous possédez. En profiter devient enfin possible. Tout de suite !

Pouvez-vous me parler de vous enfant ?

T.N.H. : [Long silence.] Regardez cette photo au mur [il désigne de la tête un portrait de lui, en noir et blanc, enfant à l’air grave et serein]. Cet enfant a eu des parents très aimants et il avait seulement 16 ans quand il est devenu moine ! [Rires.]

Vous voulez dire que vous n’avez pas d’enfant intérieur blessé ? Vous êtes pourtant passé par des guerres…

T.N.H. : Des guerres terribles… Cela nous fait souffrir. Mais cela nous aide, aussi. Quand, à l’école, des amis ont été tués par des soldats, il est devenu évident que l’on ne pouvait pas se contenter de réciter des sutras. Il fallait agir. Ainsi nous est venue l’idée du « bouddhisme engagé » : on a organisé des groupes de jeunes moines et laïcs pour créer des hôpitaux, des écoles… Cela aide à soigner les blessures physiques et mentales : celles des autres et les siennes. Il faut apprendre à savoir souffrir afin de souffrir moins.

Qu’est-ce que ça signifie, « savoir souffrir » ?

T.N.H. : C’est ne pas chercher à fuir sa souffrance, mais l’accepter, la regarder en pleine conscience. Puis l’utiliser pour en tirer une énergie positive : la transformer et, ainsi, se transformer.

 

L’utilité de la « communauté » (sangha) paraît évidente dans des conditions de guerre. Mais aujourd’hui et ici, à quoi sert-elle ?

T.N.H. : Au village, nous organisons des retraites pour plus de mille personnes : pour aider un tel groupe à se transformer, un maître, même talentueux, ne peut pas suffire ; il a besoin d’une sangha qui génère une énergie collective de compassion et de pleine conscience. Je pense qu’il en va de même pour les thérapeutes : s’ils s’organisaient en communautés de pratique, ils aideraient mieux les gens.

Est-ce la sangha qui vous a aidé à supporter la souffrance de l’exil, dès 1966 ?

T.N.H. : Au fil de la pratique, on en vient à reconnaître que notre pays n’est pas telle partie de la planète et que nos concitoyens ne sont pas que des Vietnamiens, mais aussi des Français, des Anglais, des Américains… Il n’y a plus de discrimination.

C’est ce que vous appelez l’« inter-être » : vous dites que nous ne « sommes » pas, mais que nous « inter-sommes »…

T.N.H. : L’inter-être n’est pas une philosophie, c’est une vision profonde que l’on acquiert en tournant son regard vers la nature. Par exemple, la science a découvert que matière et énergie « inter-sont » : l’une peut devenir l’autre. Si les chrétiens et les musulmans se regardent en profondeur, ils découvriront cette nature de l’inter-être et la guerre cessera.

Cela fait un demi-siècle que vous diffusez ce message de paix, y compris auprès des plus puissants, mais nous sommes encore loin d’un monde sans guerre !

T.N.H. : Parler de paix aux puissants, c’est facile, mais cela ne suffit pas. Il faut que chacun applique cette loi de l’inter-être dans son quotidien. Et pour cela, il faut s’organiser en sanghas, c’est-à-dire pratiquer la pleine conscience ensemble : en famille, à l’école, dans l’entreprise, au conseil municipal…

Lors de votre enseignement, vous avez expliqué le lâcher-prise, en utilisant la métaphore du vacher qui doit lâcher ses vaches s’il veut moins souffrir. N’est-ce pas décalé, dans un contexte de crise où les gens souffrent moins de « trop posséder » que du manque de travail et de ressources ?

T.N.H. : Souvent, on pense que l’on ne peut pas lâcher telle personne ou telle propriété parce que l’on ne pourra pas continuer de vivre sans elle. Mais peut-être est-ce en s’en détachant que l’on souffrira moins. Alors, il faut avoir assez de courage pour pouvoir la laisser aller. Mais toutes les possessions ne constituent pas des obstacles au bonheur ! Seule est une « vache » la possession que vous ne savez pas lâcher. Car elle fait de vous son esclave.

 

Que conseillez-vous, alors, pour « bien » lâcher prise ?

T.N.H. : Dressez une liste, par écrit, de toutes vos « vaches », ces choses mais aussi ces connaissances que vous croyez très importantes, car si vous ne pouvez pas lâcher une connaissance, vous ne pourrez pas arriver à une plus élevée. Puis regardez-les en pleine conscience. Et entraînez-vous à les laisser s’éloigner. Cela vaut avec tous les attachements. Dans le couple ou dans la relation parent-enfant, l’amour véritable consiste à cultiver la liberté des uns et des autres.

Certains vous qualifient d’« être éveillé » ou de « bouddha ». L’êtes-vous ?

T.N.H. : Tout le monde l’est ! Car tout le monde a une conscience. Vous aussi, si, lorsque vous marchez, vous êtes consciente de votre pas, vous êtes un être éveillé ! Mais, selon votre pratique, vous pouvez l’être à 10 %, à 20 %, à 40 % de votre temps. Et 40 % ou 50 %, c’est déjà beaucoup ! Il faut garder un peu de boue pour pouvoir faire pousser le lotus. La souffrance sera toujours là, car tant qu’il y a de la vie, il y a de la souffrance. Mais celui qui pratique apprend à la transformer dans la joie et dans la paix.

Comment préparez-vous l’« après-Thây » au Village des Pruniers ?

T.N.H. : Je ne vais pas mourir. [Il éclate de rire.] Si vous regardez autour de vous, vous pourrez me voir dans les moines et moniales. Mais ils vont aussi pratiquer le lâcher-prise : des États-Unis à Hong Kong, partout les sanghas travaillent déjà seules. Et notre tradition doit continuer d’évoluer en se nourrissant des sciences et de la psychologie.

images (7)Vous n’avez pas d’héritier direct ?

T.N.H. : Tous le sont. On va comme une rivière, non comme des gouttes d’eau. Comme on l’a dit au Parti lors de notre retour au Viêt Nam : « Les vrais communistes, c’est nous ! » [Il rit.]

En 2005, pour la première fois depuis trente-neuf ans, Thich Nhat Hanh a obtenu la permission de se rendre au Viêt Nam, où chacun de ses déplacements, attirant des milliers de personnes, a été très encadré par le gouvernement. 

 

A lire

Prendre soin de l’enfant intérieur 
Qui ne porte pas en lui ses blessures d’enfant ? Le grand maître du bouddhisme nous guide pas à pas pour apaiser la colère, la peur, la tristesse qui hantent encore nos vies d’adulte, et les transformer en une force de réconciliation et de compassion (Belfond).

 

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Notre potentiel oublié

Posté par othoharmonie le 10 mai 2014

Pour une nouvelle spiritualité

Voilà presque deux siècles qu’au nom de l’idéologie du progrès, la société occidentale (aujourd’hui étendue à la planète entière) a cru trouver le bonheur et le sens de l’existence, dans une production et une consommation sans limite de biens et de produits, jusqu’à l’épuisement programmé des ressources de la Terre qui accueille l’humanité. Sortir de cette impasse suicidaire implique de transformer radicalement nos modes de vie et de pensée.

C’est pourquoi la crise généralisée que nous traversons n’est pas seulement économique, financière, énergétique ou politique : elle est d’abord structurelle, culturelle, civilisationnelle et (osons le mot) spirituelle ; elle est la conséquence d’une idéologie absurde, réduisant l’être humain à un agent économique, sorte de créature robotique ayant pour seule finalité de produire et consommer, niant par là sa dimension affective, sensible, intuitive et idéaliste ; elle signe le désastre du matérialisme, l’échec d’un monde dédié au culte du profit, la fin d’une illusion, mais aussi peut-être la naissance d’un monde différent, plus sage, plus heureux et plus libre, comme la métamorphose de la triste chenille en somptueux papillon.

Notre potentiel oublié

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http://www.youtube.com/watch?v=b6uAb2RVo5k

 

Les peuples qui nous ont précédés et qui eurent au moins le grand mérite de nous léguer une planète habitable, n’étaient pas, quant à eux, des obsédés de la croissance et du pouvoir d’achat. Leurs centres d’intérêts étaient d’une toute autre nature : ils se passionnaient pour des questions mystiques et métaphysiques et entreprirent, par de multiples voies, de connaître et développer les aptitudes et potentiels de la conscience et de l’esprit.

Aussi, sur tous les continents et dans toutes les cultures, peut-on trouver le récit ou le témoignage d’êtres s’étant affranchis des limitations de la conscience ordinaire et faisant montre de qualités et capacités exceptionnelles : une joie et un amour constants et sans limite, une totale sérénité et un niveau élevé de discernement et de sagesse.

Cet état résultant d’un changement intérieur radical, se trouve qualifié par des mots très variés : ainsi en Orient, on parle dans le bouddhisme d’éveil ou d’illumination, dans l’hindouisme : de libération ou de réalisation, et dans d’autres traditions (soufisme, taoïsme et même chamanisme) on trouvera des termes équivalents ; en Occident, on recourt aux concepts quelque peu différents de sagesse ou de sainteté, mais les états que ces divers mots tentent de traduire, s’avèrent proches ou similaires, car ils constituent une réalité universelle, un potentiel offert à tout être humain, quels que soient sa culture, son origine ou son parcours.

Le véritable bonheur serait-il donc l’Éveil ?
En quoi consiste-t-il exactement et comment en faire l’expérience ?
Comment reconnaître les « éveillés » ? Passent-ils devant une commission chargée de les évaluer, les authentifier et leur délivrer une certification ou une autorisation d’exercer ?

Il n’existe heureusement pas de bureaucratie de l’Éveil. Le rayonnement, la bonté et l’amour qui émanent des éveillés sont les seules sources de la fascination qu’il suscitent. Pour qui a eu la chance de les rencontrer ou même de les voir en photo ou en vidéo (notamment par les livres et films d’Arnaud Desjardins), ce qui frappe est d’abord la profondeur et l’intensité de leur regard, à la fois doux et puissant, aimant et conscient.

L’amour que manifestent les éveillés a ceci de remarquable et d’inhabituel, qu’il touche chacun intimement et parfois de façon bouleversante, tout en étant parfaitement impersonnel, offert également à tous les êtres qu’ils rencontrent.

Cette manière d’aimer nous est la plupart du temps inconnue, tant elle diffère de ce que nous nommons généralement « amour », sentiment possessif, exclusif et jaloux, accordé à certains et pas à d’autres, susceptible de se muer, s’il est contrarié, en haine, mépris ou même indifférence.

L’amour ressenti par un être éveillé est au contraire patient, immuable, paisible et inconditionnel (accordé sans condition), parce qu’il ne dépend pas de l’autre mais de soi et résulte simplement de la joie d’être, de la reconnexion à la source intérieure et éternelle de sagesse et de bonté.

N’étant plus sujets aux projections, illusions et fantasmes qui altèrent généralement le mental humain, ayant atteint un plan de conscience situé au-delà des émotions aliénantes, ils perçoivent le réel avec clarté et précision, et s’y adaptent d’instant en instant, avec aisance, naturel, grâce et fluidité.

Autrement dit, ils improvisent constamment, ce qui ne manque pas de décontenancer ceux qui ne s’autorisent pas pareille liberté. Leurs paroles, actes et décisions ne se fondent pas sur l’application de principes, règles ou commandements, mais sur la perception directe et immédiate de chaque situation et sur l’appréciation intuitive de la meilleure conduite à tenir, pour le plus grand bénéfice de chacun.

En raison de la joie, l’énergie et la sérénité qu’ils émanent, les éveillés sont souvent l’objet d’un immense respect, voire même d’une intense vénération, pouvant aller jusqu’au culte de la personnalité.

Or l’adulation ou l’idolâtrie n’aide en rien à progresser sur la voie de l’Éveil. C’est même le contraire car, aussi longtemps que l’on mettra un autre être sur un piédestal en chantant ses louanges, on niera sa propre beauté et sa propre lumière, en les projetant sur son gourou de prédilection.

Pourtant, l’Éveil ne nous est pas inconnu : nous en avons tous eu des aperçus, ne serait-ce que fugitivement, durant quelques minutes, heures ou semaines dans des circonstances particulières, au cours d’un voyage, au plus fort d’une relation amoureuse, pendant un intense épisode de création artistique ou durant un séjour au cœur de la nature…

Il nous est ainsi tous arrivé de ressentir soudain et sans savoir pourquoi, une immense joie et une profonde paix, éprouvant le sentiment de la perfection de l’instant présent et d’être un avec le monde, l’univers et la vie, puis de perdre cette connexion, de refermer les portes du sublime et de retomber dans les illusions et limitations de la conscience ordinaire.

C’est pourquoi l’Éveil nous appartient et nous concerne tous : il existe en chacun à l’état latent ; il est notre nature véritable, notre identité ultime, essentielle et ineffaçable, qui ne peut nous être retirée, quels que soient nos torts, erreurs, défauts ou insuffisances.

L’Éveil n’est donc pas l’apanage, ni la propriété exclusive de quelques ermites en lévitation dans une grotte de l’Himalaya ou de gourous fameux, entourés de leurs nombreux disciples dans de vastes ashrams.
L’Éveil est le devenir et la vocation de l’humanité toute entière, notre rêve perdu, notre mission oubliée et la raison d’être de notre présence sur Terre.

Dans les milieux dits spirituels, l’Éveil est généralement conçu comme un évènement grandiose, impressionnant, spectaculaire, réservé à quelques êtres prédestinés et quasiment inaccessible au commun des mortels.

EI3_couvCette conception élitiste et hiérarchique de l’Éveil, qui conduit à le placer en-dehors de l’existence quotidienne de chacun, hors de portée de la majorité des humains, ne correspond pourtant pas à la réalité : pour qui en a fait l’expérience concrète et effective, le processus d’Éveil revêt de multiples formes, différentes pour chacun: il peut être immédiat ou graduel, comporter des avancées et des reculs, des ombres et des lumières ; il est mystérieux, progressif, incontrôlable et imprévisible.

Le temps est venu, sans doute, de démythifier, désacraliser et démocratiser l’Éveil et de comprendre qu’il s’agit d’une possibilité universelle, chacun d’entre nous pouvant dès lors être légitimement qualifié d’éveillé en puissance ou en devenir, d’intermittent de l’Éveil comme il est des intermittents du spectacle.

Extraits de Le bonheur de l’Éveil  (L’Écologie Intérieure 3) par Yann Thibaud.

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Spiritualité : A chacun son autel

Posté par othoharmonie le 29 avril 2014

 

Objets rituels, divinités protectrices, photos ou souvenirs d’êtres chers disparus… Regroupés dans un coin de la maison, ils constituent un espace de recueillement et de méditation. Exemples d’une spiritualité personnalisée.

Erik Pigani

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Les « autels personnels », ces espaces sacrés installés au cœur de la maison, n’ont jamais fait partie des traditions occidentales. Tout au plus les grandes familles de l’aristocratie possédaient-elles – et possèdent parfois encore – leur propre chapelle, intégrée au château… Les moins fortunés suspendaient au mur un crucifix, une représentation de la Vierge ou quelque statuette de saint protecteur. L’autel, lui, était réservé aux églises, et seuls les prêtres avaient le droit d’y officier.

En Orient, il en va tout autrement. Chaque famille a son propre espace spirituel, un lieu plus ou moins richement décoré où sont rassemblés objets rituels, divinités protectrices, souvenirs des ancêtres, offrandes diverses. On en voit, par exemple, dans les restaurants chinois. Depuis que le monde occidental s’est ouvert aux religions et philosophies orientales, au bouddhisme notamment, on a vu émerger une spiritualité plus « personnalisée ».

Certains ont adopté un espace qui concrétise leurs croyances et leur foi et devient comme un reflet de leur vie intérieure. Nous avons mené une enquête sur ces autels personnels qui engendrent de nouveaux rites. Sept personnes d’horizons différents nous racontent pourquoi elles ont créé leur propre lieu de spiritualité.

« Un petit coin de ma vie sous ma coiffeuse… »

Madeleine, consultante en recrutement :

« Ma chambre est extrêmement petite. Aussi, faute de place, j’ai installé mon autel… sous ma coiffeuse ! Ce manque d’espace me permet pourtant de faire le vide, d’installer la paix en moi. J’y ai placé quantité d’objets qui comptent pour moi, en majorité des bibelots rapportés de voyage : des petites statuettes de divinités hindoues et tibétaines, des pierres sacrées indiennes, une plume et un “attrape-rêves” (Amulette indienne censée protéger des mauvais rêves) d’Amérique du Nord, une bougie norvégienne, un brûle-parfum hindou, du sable, des cartes postales représentant des personnages sacrés. Certains objets représentent aussi des gens que j’aime. C’est un véritable petit coin de ma vie, de mes souvenirs, qui me permet de me relier à moi-même et de retrouver mon véritable “soi” – dans le sens jungien du terme, c’est-à-dire l’unité de mon être –, que je n’ai pas souvent l’occasion de fréquenter au cours de mes journées de travail !

Comme je ne maîtrise pas la pratique des longues méditations, mes visites durent entre cinq et quinze minutes, plusieurs fois par semaine. Je m’assieds sur un coussin face à mon autel, et je me penche légèrement en avant pour être immergée dans cette ambiance. Ces moments sont courts, mais précieux. Lorsque je traverse une passe difficile, quel que soit l’endroit où je suis, le simple fait de visualiser cet espace me permet de retrouver la sérénité. »

« Je suis tombée amoureuse du dieu Ganesh »

Marie-Edith, conseillère à l’emploi :

« Je suis allée en Inde pour la première fois en septembre 1999, pour mon anniversaire. J’y suis arrivée juste au moment de la fête de Ganesh, divinité la plus aimée des Indiens. C’est ce dieu qui exauce les souhaits et permet de surmonter les épreuves de la vie. Je suis quasiment tombée amoureuse de lui ! Lorsque j’y suis retournée un an plus tard, une amie m’a offert cette très belle statue qui le représente. A la maison, j’ai une trentaine de statuettes… plus une petite figurine que j’ai toujours dans ma poche ! C’est peu à peu que s’est constitué cet espace, avec une lampe à huile allumée en permanence, un bougeoir marocain. J’ai d’ailleurs beaucoup de bougies allumées parce que, pour moi, la lumière représente l’énergie.

En dépit des apparences, mon autel n’a rien de religieux au sens strict du terme. Cela fait très longtemps que j’ai entrepris une recherche sur moi-même, un parcours spirituel. Pour moi, dans l’univers, il y a une seule force, que chacun peut voir de la couleur qu’il veut. Je me sens reliée à elle, et peux me recueillir dans n’importe quel endroit. Je n’ai donc pas besoin d’un lieu de prière spécifique. D’ailleurs, chez moi, j’ai plusieurs “espaces” en rapport avec mes émotions et mes découvertes de la vie. Un petit coin africain, parce que je suis allée en Afrique, un coin “pierres”, parce que je me sens très proche de la philosophie des Indiens d’Amérique du Nord… Sur mon bureau, j’ai un bouddha… »

« Cette Vierge a trouvé naturellement sa place sur la cheminée »

Marcella, retraitée :

« Je n’ai jamais pensé installer un “coin prière”. C’est plutôt lui qui, jour après jour, s’est imposé à moi. Tout a commencé avec le cadeau d’une collègue artiste : une magnifique Vierge à l’enfant en terre cuite, sculptée par elle et qui avait été exposée dans un musée. Il y a douze ans, lorsque nous avons déménagé, elle a trouvé naturellement sa place sur le coin gauche de la cheminée du salon qui est, pour toute la famille, la pièce la plus importante. Je ne l’ai pas fait exprès mais, curieusement, cette statue est visible de tous les endroits du rez-de-chaussée. Dès le début, j’ai pris l’habitude de la fleurir, d’allumer une bougie. Puis j’ai commencé à y faire régulièrement une pause, en priant intérieurement pour les miens et la famille de cette artiste qui m’avait fait ce cadeau extraordinaire.

Depuis longtemps, je faisais mes “dévotions“ à sainte Rita – l’avocate des causes désespérées, que ma belle-famille vénère – dans une petite église. J’y allais lors de circonstances difficiles pour trouver calme, réflexion et courage. Et j’avais toujours le petit livret de prières à sainte Rita dans mon sac. Il a trouvé sa place à côté de l’autre sculpture, en véritable pierre taillée, qui représente la “fuite en Egypte”. Lorsque ma sœur est décédée, c’est là, et non sur les rayonnages de la bibliothèque avec les autres photos de famille, que j’ai placé son portrait. Ce coin de cheminée est mon lieu de recueillement, et une bougie y brûle désormais en permanence. Il est, en lui-même, une “présence” dans la maison. »

« J’ai été fascinée par la magie qui se dégage de cette vieille photo de mon arrière-grand-père »

Michèle, chef de projet informatique :

« Mon espace sacré est très personnel, puisqu’il est essentiellement constitué de photos de famille en noir et blanc. Le grand portrait du centre, c’est un arrière-grand-père dont je ne connais même pas le nom ! J’ai été fascinée par la magie que dégage cette très vieille image retouchée. Pour moi, elle représente mon ancêtre. Juste en dessous, ce sont mes parents lorsqu’ils étaient jeunes, une photo que j’ai développée moi-même après avoir retrouvé des négatifs sans savoir ce qu’ils contenaient. J’ai aussi des photos du mariage de mes grands-parents paternels et maternels. Les avoir placés sur mon autel est une façon pour moi de les remercier de m’avoir permis de venir au monde. Le fait que mon père, décédé il y a un an, soit dans mon espace sacré le rend extrêmement présent.

J’y ai également placé un bouddha et quelques objets rituels : un cendrier avec des feuilles de sauge – une plante réputée protectrice –, de l’encens, un crucifix, une icône, un mandala, et un attrape-rêves que j’ai rapporté des Etats-Unis. Mais ce n’est pas un autel figé : chaque objet prend du sens au fur et à mesure de mon évolution. Je les change et les déplace souvent. C’est un espace “évolutif”, devant lequel je me recueille lorsque le besoin s’en fait sentir, et qui m’aide chaque jour à vivre en pleine conscience. »

Patrick, éducateur« La liste des noms de nos disparus les rend présents »

Patrick, éducateur :

« Pour moi, le risque de l’autel trop matérialisé est de vivre sur deux niveaux de vie différents – spirituel et matériel – qui ne se rejoignent qu’aux moments de prière, alors qu’ils devraient être intégrés au quotidien. Dans notre pièce principale, une icône est accrochée au mur ; juste en dessous, une veilleuse, pour la symbolique de la flamme ; à côté, un tableau avec les noms des amis, des connaissances et des parents décédés, pour établir une présence hors de l’espace-temps. Pour nous, ce lieu témoigne de l’autel intérieur, là où l’humain et le divin peuvent se rencontrer à tout moment, cet endroit en nous où les différences entre les religions s’effacent pour laisser place à la prière vraie.

Je pratique la “prière de Jésus” (tradition qui remonte au ive siècle et qui consiste à invoquer le plus souvent possible le nom de Jésus), dont les orthodoxes connaissent l’extraordinaire pouvoir thérapeutique. On peut, en effet, joindre une demande de guérison – de l’être, de la mémoire, de la sensibilité – ou des bénédictions pour ceux que nous aimons et, plus encore, pour ceux qui semblent ne pas nous aimer. Ainsi, notre croyance permet de transformer les sentiments négatifs en force de vie. Voilà pourquoi l’autel personnel est d’abord une attitude du cœur, ensuite un lieu nécessaire pour nos sens et pour une liturgie commune. »

« Au centre de mon espace sacré, il y a les deux dimensions de la femme que j’aimerais sentir fusionner en moi »

Sylvaine, pianiste :

« A un moment particulier de ma vie où je me cherchais, j’ai éprouvé le besoin d’avoir un espace sacré, le plus personnel et le plus calme possible. Il y a là une bibliothèque avec les livres les plus importants de mon parcours spirituel, un divan et un coussin de méditation. Dans un coin, j’ai une photo du temple de Philae, des citations, le zodiaque égyptien du temple de Dendera… Lorsque je médite, je me place au centre de la pièce et me tourne vers ce que je peux appeler mon “autel”. Dessus, un brûle-encens et un bol tibétains, et des objets personnels : la représentation de mes rêves, un collage de photos que j’ai fait et qui symbolise ma recherche intérieure, et le mandala de mon thème astrologique, qui m’aide à retrouver le respect de moi-même et à cheminer vers le non-jugement.

Au centre, j’ai placé, en photo, les deux dimensions de la femme – la femme de chair et la femme spirituelle – que j’aimerais sentir fusionner en moi. Sur la gauche, une photo du Bodhisattva, la divinité hindoue qui a réussi la fusion entre ces deux dimensions. Mon autel représente exactement mon cheminement actuel. Paradoxalement, il m’aide à m’incarner. »

« Une bougie brûle en permanence pour les sinistrés de Toulouse »

Dominique, esthéticienne :

« Il y a une dizaine d’années, j’ai eu l’occasion de faire un stage de peinture d’icônes organisé par un groupe orthodoxe. Dans leur tradition, on dit “écrire”, et non “peindre” une icône, parce que l’on se réfère aux textes des Evangiles. Ce travail, qui “apprend à pénétrer le mystère de sa propre vie”, comme le disent les orthodoxes, a déclenché en moi le besoin d’effectuer un parcours spirituel. Je suis catholique de naissance, mais je me suis sentie fondamentalement attirée par ce culte. J’ai “écrit” moi-même les trois icônes qui se trouvent contre le mur. Posé sur la Bible, il y a le “Livre des saints”, qui me permet, chaque jour de découvrir les éléments essentiels de la vie de l’un deux. Et une bougie brûle en permanence. En ce moment, c’est pour ceux qui ont souffert de l’explosion de l’usine AZF, à Toulouse, où je vis.

J’ai également le livre des offices du jour ainsi que le recueil de toutes les prières à saint Michel, l’archange protecteur, dont on a bien besoin en ce moment ! Enfin, il y a la croix de sainte Brigitte, une sainte irlandaise, parce que je me sens attirée par la branche orthodoxe celte. Mon petit espace sacré me permet non seulement de me recueillir, mais aussi de me sentir reliée et en communion avec tous ceux qui prient à la même heure dans d’autres lieux. »

Musée : exposition à Düsseldorf

Internet : www.museum-kunst-palast.de

Le nouveau Museum Kunst Palast, à Düsseldorf, en Allemagne, a été inauguré le 2 septembre dernier avec une exposition exceptionnelle, Altäre(Autels). Celle-ci regroupe soixante-huit autels et sanctuaires contemporains du monde entier. Un périple étonnant dans les manifestations les plus bigarrées des croyances.

 

http://www.psychologies.com/

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12 séances guidées de méditation

Posté par othoharmonie le 23 avril 2014

avec Fabrice Midal

« Méditer, c’est comme rentrer à la maison. Et nous en avons tous besoin. » Ces mots, aussi simples que profonds, sont révélateurs du ton des 12 séances guidées de méditation que livre Fabrice Midal dans son nouveau livre audio.
12 séances guidées de méditation  dans Méditation medit2© Csaba Attila Kontár

Donner à chacun les clés d’authentiques retrouvailles avec sa propre humanité, tel est le beau projet que s’est fixé Fabrice Midal dans cet audiolib Méditations. Parce que la pratique de la méditation est indépendante de tout dogme et de toute croyance, elle est un chemin privilégié pour la rencontre avec la liberté d’être soi, en toute sérénité. 

Le philosophe spécialiste du bouddhisme vous aide à trouver ce chemin à travers 12 séances guidées de méditation en se refusant à tout folklore mystificateur, et au travers d’un apprentissage adapté aux Occidentaux. 

Un livret complète les deux CD et aborde les origines de la méditation, mais répond aussi à toutes les questions pratiques que l’on se pose concernant le temps à y consacrer, la posture à adopter ou le rôle capital de la respiration.
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Philosophe reconnu par ses pairs, Fabrice Midal enseigne la méditation depuis plus de quinze ans. Dans un cadre rigoureusement laïc, il a fondé l’Ecole occidentale de Méditation, où il dirige de nombreux séminaires et colloques présentant une approche de la méditation en rapport avec notre vie quotidienne. 

Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages dont Risquer la liberté (Seuil), Et si de l’amour, on ne savait rien(Albin Michel) dessinant, à partir du bouddhisme mais aussi de la philosophie occidentale et de l’esthétique moderne, une approche de l’intériorité rigoureuse et stimulante pour notre temps. 

Méditation, 12 Méditations guidées pour s’ouvrir à soi et aux autres, deux CD accompagnés d’un livret chez Audiolib.couv_607 dans MéditationMéditations, Fabrice Midal
Audiolib (Octobre 2011 ; 64 pages)
Collection : Bien-être et vie pratique

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Religion : désormais, c’est chacun son kit

Posté par othoharmonie le 21 avril 2014

 

images (5)Les uns croient en Dieu, les autres pas. Leur point commun : tous se sont constitué un kit spirituel singulier. Sur leur autel, des objets variés qui les inspirent et les incitent à ne pas se contenter de la seule réalité matérielle.

Une vieille bible et un kouglof

Pierre Lassus, 54 ans, directeur d’une association de protection de l’enfance :

Sur son bureau, entre des piles de dossiers, une petite bible en cuir rouge racorni. Visiblement, elle sert beaucoup. « Je peux la saisir n’importe quand et lire un passage de l’Evangile, saint Jean par exemple, c’est mon préféré. » Ce texte peut-il encore aider Pierre, lui qui reçoit chaque jour de nouveaux signalements de maltraitance à enfants ? « Encore plus que ça : il m’inspire ! » Protestant d’obédience luthérienne, il croit d’abord en un homme, un rabbin nommé Jésus. « Grâce à lui, je me rappelle qu’il y a une part de divin en chacun d’entre nous, et que nous nous devons de la rechercher. » Pierre s’en rapproche au cours de cultes dépouillés. « L’été, près de la plage des Charentes où nous passons nos vacances, il y a une petite chapelle. Le dimanche, le pasteur vient de Rochefort pour célébrer le culte. Parfois, il y a à peine quatre ou cinq personnes. Mais toujours, après l’office, on boit l’apéritif ensemble et la femme du pasteur sert un kouglof qu’elle a fait cuire le matin. Pour moi, il n’est guère de moments plus spirituels que celui-ci. »

Une clé de sol en fil de fer et une bougie

Hélène Lafontaine, 37 ans, chanteuse :

« Je me suis vraiment acceptée comme chanteuse quand j’ai compris que ma voix était un talent qui m’avait été donné. » 
Un vrai don des dieux que cette voix de contre-alto, grave et puissante. Métisse originaire de Guadeloupe, fille d’une lignée de chanteuses pieuses, Hélène a d’abord été attirée par la chanson française avant de retourner aux chants sacrés. Dans les mariages et les baptêmes, chanter est pour elle l’occasion de vivre pleinement sa spiritualité. « On ne me voit pas, je suis près de l’organiste, je peux fermer les yeux. Le silence, dans les églises, est comme le sel de l’eau de mer qui vous porte. Il aide ma voix à se déployer. »

Bien que chrétienne, Hélène ne souscrit pas à toutes les formes de ce courant religieux. Elle aime se ressourcer chez elle, dans la solitude, en position du lotus. « Avec une bougie, car la lumière m’éclaire de l’intérieur. » Croit-elle ? « Oui. En la dimension sacrée des choses, même dans les actes quotidiens les plus banals. » Une manière de regarder différemment la réalité : « L’autre jour, je marchais, désespérée, dans la rue. Je me demandais si je devais continuer à chanter ou pas, si je ne me trompais pas de chemin, etc. Mon pied a buté sur un petit objet qui traînait sur le trottoir : une clé de sol en fil de fer ! J’avais la réponse à ma question. »

La photo d’un Indien tirant à l’arc et une tête de femme couronnée

Titien Gallen, 57 ans, écrivain et professeur de yoga :

Il a les épaules larges, du souffle, semble bien ancré dans son corps. Initié au yoga et à la sophrologie, le travail intérieur, pour lui, commence par le corps. « J’ai su très tôt qu’il faut respirer quand on a des problèmes. » « Inspiration » pourrait d’ailleurs être le mot clé de son parcours. « La poésie m’a servi de seconde mère », résume cet écrivain. Chez lui, une tête gothique de dame couronnée qui trône en haut de la bibliothèque le lui rappelle régulièrement : « Elle représente pour moi la source de la pensée. » Originaire d’une famille de catholiques pratiquants – dont deux prêtres –, Titien Gallen se définit aujourd’hui comme un spirituel laïc. « J’aime avant tout les symboles, qu’ils soient égyptiens, chrétiens ou soufis, ils entrent en résonance intime avec moi.  » Pour l’heure, tout son être est happé par le Grand Esprit des Indiens d’Amérique du Nord.

Pour ces peuples, l’homme est toujours en devenir, il doit apprendre à s’orienter, à entretenir des relations conscientes avec tous les éléments, tout en gardant le contact avec son centre. C’est ce que je vis au quotidien. » Attention et recentrage sont donc la base de sa pratique, ils lui permettent de « reprendre contact avec le Tout qui nous habite et qui est au cœur de chaque être vivant rencontré ». Dieu ? « Peu importe son nom. Il est la source du souffle et de la conscience. L’important est de s’y reconnecter. » Une question, pour lui, de « responsabilité spirituelle ».

“La Petite Voix” d’Eileen Caddy et un verre d’eau pure

Georgette List, 83 ans, ostéopathe :

Toute petite, elle croyait déjà à sa bonne étoile et s’émerveillait de l’ordre naturel des choses : « La danse si parfaite des planètes, le retour si régulier du printemps après l’hiver, etc. Comment ne pas se poser de questions ? » Elle a 16 ans lorsque son père lui donne à lire des ouvrages de la théosophe Helena Blavatsky. « Je les ai littéralement “bus” en deux jours, avec l’impression de connaître déjà tout ce qu’ils contenaient. » Débute alors une longue étude de l’enseignement ésotérique. Elle se marie quand même selon la tradition catholique : « Je l’ai fait avec un maximum de conscience et de joie. Pour moi, le Christ est un symbole de l’homme dans sa perfection. » D’ailleurs, Georgette croit en l’étincelle divine qui est en chacun de nous.

« Certains l’appellent leur ange gardien. A mes yeux, c’est l’âme ou le moi supérieur, une énergie positive qui m’aide, me soutient quand j’ai un désir sincère de participer à la force d’amour qui fait vivre le cosmos. » Pour Georgette, la pratique consiste à se mettre en contact avec cette puissance divine et à la remercier régulièrement. « Chaque matin, je bois au lever un verre d’eau pure. Je le fais consciemment, en remerciant la Terre pour cette source de vie qu’elle nous offre. » Puis elle lit une page de méditation de La Petite Voix d’Eileen Caddy (Souffle d’or) : « Je suis persuadée que l’on peut aider le monde rien que par la qualité de ses pensées. » Même si elle pense parfois à la mort, Georgette n’en a pas peur : « J’irai simplement me reposer de toutes ces expériences souvent difficiles qui ont enrichi ma vie. »

Une icône et un zafu

Olivier Jarreton, 29 ans, documentaliste :

« Chrétien de foi et bouddhiste de cœur ! » annonce-t-il joyeusement pour résumer sa vie spirituelle. Né dans le catholicisme, il avoue avoir connu de « grands moments de creux » avec sa religion d’origine, mais s’être rapproché d’elle grâce aux activités de groupe. « J’ai animé pour ma paroisse des après-midi de rencontres avec des enfants de toutes origines et je me suis découvert une passion : expliquer le christianisme à ceux qui n’en sont pas ! » Loin de la foi du charbonnier, il pratique avant tout l’exégèse et l’interprétation. « J’aime trouver un sens aux textes sacrés – la Bible, bien sûr mais aussi le Coran ou le Talmud – et suivre leurs implications dans la vie quotidienne. »

Au hit-parade de ses valeurs domine l’écoute. Il a fait des études de psychologie, participe à des groupes de développement personnel :  » Accueillir vraiment les mots de l’autre est une pratique hautement spirituelle. » Il y a dix ans, deux de ses meilleurs amis se sont convertis au bouddhisme. Se prenant au jeu de la confrontation d’idées, il s’est mis à aimer la philosophie du Bouddha. « L’idée que la réalité n’est pas vraiment la réalité m’enthousiasme. » Résultat : il se rend chaque mercredi soir au dojo de son quartier et médite une heure et demie. « C’est une expérience irremplaçable. Je suis très bavard de nature et sur mon zafu, dans la salle de méditation, j’apprends à ressentir la présence des autres sans leur parler. Mieux : le zen m’aide à être plus présent dans mes prières catholiques. » Car, pour Olivier, tous les chemins continuent à mener à Rome.

Une photo de mon frère disparu et un jeu de Yi-King

Eric Tong-Cuong, 37 ans, publicitaire :

Il tient entre ses mains la photo de son frère, mort d’un cancer à l’âge de 16 ans. « Sa mort a provoqué chez moi un rejet brutal du catholicisme. J’avais 19 ans. J’ai demandé à Dieu qu’il épargne mon frère. Il n’a pas daigné lever le petit doigt. » Suivent alors dix années de désarroi : « Puisque la mort pouvait survenir de manière si absurde, ma vie n’avait plus de sens. Mon athéisme était une révolte. » La reconstruction spirituelle d’Eric se fait au fil d’une série de rencontres qui le conduisent à reconsidérer la croyance au sens large. Dans le cadre de ses études de commerce, il suit des cours de parapsychologie. « Nous avions affaire à des phénomènes que la science ne parvenait pas à expliquer. Et pourtant, ça existe. » Plus tard, alors qu’il n’y croyait plus, il rencontre le grand amour. « Ça existe aussi ! » admet-il, émerveillé.

Dans le même temps, Eric noue un dialogue intime avec son frère. « Il m’accompagne. Sa présence non incarnée est pour moi le signe de l’existence de Dieu. » Réconcilié avec le catholicisme, Eric se sent également proche du bouddhisme. « Je me réfère souvent au Yi-King (le Classique des mutations, manuel de divination chinoise, ndlr) sans croire à la valeur prédictive des cartes, mais parce que l’ambivalence de leur contenu m’aide à choisir un chemin. « Au fond, le décès du frère d’Eric a agi comme un accélérateur de sa spiritualité. » Aujourd’hui, je peux comprendre cette phrase de la Bible : “Il est mort pour vous.”


« Le Banquet” de Platon et ma souris d’ordinateur

Florence Jagréaux, 30 ans, attachée commerciale :

Un grand-père grec, un proche franc-maçon : Florence ne pouvait pas échapper au culte de l’esprit sous toutes ses formes. « Pour moi, la spiritualité, c’est tout ce qui m’éloigne du matérialisme ambiant, de mon appétit jamais rassasié d’avoir plus. C’est tout ce qui m’aide à prendre du recul par rapport à ma vie. » Dans son panthéon, les livres : « Le Prophète de Khalil Gibran, Le Banquet de Platon que j’ai lu dans une collection à dix francs… Ils m’ont aidée à me poser les bonnes questions car ils parlent aussi de ma vie. Ce ne sont pas de pures digressions intellectuelles. » Et Internet : « Depuis deux mois, je surfe des heures entières et, à partir de mes trouvailles, je me constitue des dossiers personnalisés sur des thèmes qui m’intéressent. » Cette façon de « se déconnecter du quotidien tout en ayant les pieds sur terre » suffit-elle à son besoin de transcendance ? « Je sais que je crois en quelque chose, mais je ne sais pas encore la nommer. » On insiste, Florence s’essaye encore : « C’est la force qui nous pousse à faire les choses bien. »

Foire aux cultes sur le Net

ame indienneL’esprit de Dieu souffle-t-il sur Internet ? C’est ce que laisse entendre une enquête du Barna Research Group, un institut de sondage californien. Elle révèle en effet que de plus en plus de jeunes utilisent le web pour entreprendre une démarche religieuse et trouver des réponses à leurs questions existentielles. Et les (res)sources ne manquent pas : toutes les religions, Eglises et groupes spiritualistes ont compris qu’au troisième millénaire la bonne parole se propagerait forcément via la toile informatique mondiale. Exemple : l’Annuaire de la francophonie religieuse et spirituelle présente un listing organisé par catégories de 2 927 sites ! Techniques de méditation bouddhiste, versets bibliques commentés, exposés théologiques multiconfessionnels, forums animés par des pasteurs, prêtres, rabbins… rien n’est négligé. Bien sûr, il en est dans le monde virtuel comme dans la vie réelle : chacun prêche pour sa chapelle. Et dans ce que certains considèrent comme une « foire à la spiritualité », se glissent des sectes encore plus difficiles à repérer. Une bonne nouvelle : grâce au réseau planétaire, les nouvelles générations ne pourront plus croire en leur Dieu comme si celui des autres n’existait pas.

Erik Pigani

 

  • A lire
  • Mon âme indienne, Le Souffle d’Or

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MANIFESTE POUR UNE NOUVELLE SPIRITUALITÉ

Posté par othoharmonie le 30 décembre 2013

par Yann Thibaud

(téléchargez la version PDF de ce manifeste)

citation Forum

Voilà presque deux siècles qu’au nom de l’idéologie du progrès, la société occidentale (aujourd’hui étendue à la planète entière) a cru trouver le bonheur et le sens de l’existence, dans une production et une consommation sans limite de biens et de produits, jusqu’à l’épuisement programmé des ressources de la Terre qui accueille l’humanité. Sortir de cette impasse suicidaire implique de transformer radicalement nos modes de vie et de pensée.

C’est pourquoi la crise généralisée que nous traversons n’est pas seulement économique, financière, énergétique ou politique : elle est d’abord structurelle, culturelle, civilisationnelle et (osons le mot) spirituelle ; elle est la conséquence d’une idéologie absurde, réduisant l’être humain à un agent économique, sorte de créature robotique ayant pour seule finalité de produire et consommer, niant par là sa dimension affective, sensible, intuitive et idéaliste ; elle signe le désastre du matérialisme, l’échec d’un monde dédié au culte du profit, la fin d’une illusion, mais aussi peut-être la naissance d’un monde différent, plus sage, plus heureux et plus libre, comme la métamorphose de la triste chenille en somptueux papillon.

Notre potentiel oublié

Les peuples qui nous ont précédés et qui eurent au moins le grand mérite de nous léguer une planète habitable, n’étaient pas, quant à eux, des obsédés de la croissance et du pouvoir d’achat. Leurs centres d’intérêts étaient d’une toute autre nature : ils se passionnaient pour des questions mystiques et métaphysiques et entreprirent, par de multiples voies, de connaître et développer les aptitudes et potentiels de la conscience et de l’esprit.

Aussi, sur tous les continents et dans toutes les cultures, peut-on trouver le récit ou le témoignage d’êtres s’étant affranchis des limitations de la conscience ordinaire et faisant montre de qualités et capacités exceptionnelles : une joie et un amour constants et sans limite, une totale sérénité et un niveau élevé de discernement et de sagesse.

Cet état résultant d’un changement intérieur radical, se trouve qualifié par des mots très variés : ainsi en Orient, on parle dans le bouddhisme d’éveil ou d’illumination, dans l’hindouisme : de libération ou de réalisation, et dans d’autres traditions (soufisme, taoïsme et même chamanisme) on trouvera des termes équivalents ; en Occident, on recourt aux concepts quelque peu différents de sagesse ou de sainteté, mais les états que ces divers mots tentent de traduire, s’avèrent proches ou similaires, car ils constituent une réalité universelle, un potentiel offert à tout être humain, quels que soient sa culture, son origine ou son parcours.

Le véritable bonheur serait-il donc l’Éveil ?
En quoi consiste-t-il exactement et comment en faire l’expérience ?
Comment reconnaître les « éveillés » ? Passent-ils devant une commission chargée de les évaluer, les authentifier et leur délivrer une certification ou une autorisation d’exercer ?

Il n’existe heureusement pas de bureaucratie de l’Éveil. Le rayonnement, la bonté et l’amour qui émanent des éveillés sont les seules sources de la fascination qu’il suscitent. Pour qui a eu la chance de les rencontrer ou même de les voir en photo ou en vidéo (notamment par les livres et films d’Arnaud Desjardins), ce qui frappe est d’abord la profondeur et l’intensité de leur regard, à la fois doux et puissant, aimant et conscient.

L’amour que manifestent les éveillés a ceci de remarquable et d’inhabituel, qu’il touche chacun intimement et parfois de façon bouleversante, tout en étant parfaitement impersonnel, offert également à tous les êtres qu’ils rencontrent. Cette manière d’aimer nous est la plupart du temps inconnue, tant elle diffère de ce que nous nommons généralement « amour », sentiment possessif, exclusif et jaloux, accordé à certains et pas à d’autres, susceptible de se muer, s’il est contrarié, en haine, mépris ou même indifférence. L’amour ressenti par un être éveillé est au contraire patient, immuable, paisible et inconditionnel (accordé sans condition), parce qu’il ne dépend pas de l’autre mais de soi et résulte simplement de la joie d’être, de la reconnexion à la source intérieure et éternelle de sagesse et de bonté.

N’étant plus sujets aux projections, illusions et fantasmes qui altèrent généralement le mental humain, ayant atteint un plan de conscience situé au-delà des émotions aliénantes, ils perçoivent le réel avec clarté et précision, et s’y adaptent d’instant en instant, avec aisance, naturel, grâce et fluidité. Autrement dit, ils improvisent constamment, ce qui ne manque pas de décontenancer ceux qui ne s’autorisent pas pareille liberté. Leurs paroles, actes et décisions ne se fondent pas sur l’application de principes, règles ou commandements, mais sur la perception directe et immédiate de chaque situation et sur l’appréciation intuitive de la meilleure conduite à tenir, pour le plus grand bénéfice de chacun.

En raison de la joie, l’énergie et la sérénité qu’ils émanent, les éveillés sont souvent l’objet d’un immense respect, voire même d’une intense vénération, pouvant aller jusqu’au culte de la personnalité. Or l’adulation ou l’idolâtrie n’aide en rien à progresser sur la voie de l’Éveil. C’est même le contraire car, aussi longtemps que l’on mettra un autre être sur un piédestal en chantant ses louanges, on niera sa propre beauté et sa propre lumière, en les projetant sur son gourou de prédilection.

Pourtant, l’Éveil ne nous est pas inconnu : nous en avons tous eu des aperçus, ne serait-ce que fugitivement, durant quelques minutes, heures ou semaines dans des circonstances particulières, au cours d’un voyage, au plus fort d’une relation amoureuse, pendant un intense épisode de création artistique ou durant un séjour au cœur de la nature… Il nous est ainsi tous arrivé de ressentir soudain et sans savoir pourquoi, une immense joie et une profonde paix, éprouvant le sentiment de la perfection de l’instant présent et d’être un avec le monde, l’univers et la vie, puis de perdre cette connexion, de refermer les portes du sublime et de retomber dans les illusions et limitations de la conscience ordinaire. C’est pourquoi l’Éveil nous appartient et nous concerne tous : il existe en chacun à l’état latent ; il est notre nature véritable, notre identité ultime, essentielle et ineffaçable, qui ne peut nous être retirée, quels que soient nos torts, erreurs, défauts ou insuffisances. L’Éveil n’est donc pas l’apanage, ni la propriété exclusive de quelques ermites en lévitation dans une grotte de l’Himalaya ou de gourous fameux, entourés de leurs nombreux disciples dans de vastes ashrams. L’Éveil est le devenir et la vocation de l’humanité toute entière, notre rêve perdu, notre mission oubliée et la raison d’être de notre présence sur Terre.

Dans les milieux dits spirituels, l’Éveil est généralement conçu comme un évènement grandiose, impressionnant, spectaculaire, réservé à quelques êtres prédestinés et quasiment inaccessible au commun des mortels. Cette conception élitiste et hiérarchique de l’Éveil, qui conduit à le placer en-dehors de l’existence quotidienne de chacun, hors de portée de la majorité des humains, ne correspond pourtant pas à la réalité : pour qui en a fait l’expérience concrète et effective, le processus d’Éveil revêt de multiples formes, différentes pour chacun : il peut être immédiat ou graduel, comporter des avancées et des reculs, des ombres et des lumières ; il est mystérieux, progressif, incontrôlable et imprévisible. Le temps est venu, sans doute, de démythifier, désacraliser et démocratiser l’Éveil et de comprendre qu’il s’agit d’une possibilité universelle, chacun d’entre nous pouvant dès lors être légitimement qualifié d’éveillé en puissance ou en devenir, d’intermittent de l’Éveil comme il est des intermittents du spectacle.

L’imposture religieuse

MANIFESTE POUR UNE NOUVELLE SPIRITUALITÉ dans Nouvelle conscience 220px-Black_and_White_7_-_Augusto_De_Luca_photographerQui veut connaître l’Éveil ou souhaite entamer une « démarche spirituelle », sera généralement amené à s’adresser aux professionnels de la profession, c’est-à-dire aux autorités connues et reconnues en la matière, revêtues, selon le cas, de robes blanches, jaunes, rouges, brunes, noires ou même violettes.

L’enseignement prodigué consistera alors invariablement en une impressionnante accumulation de dogmes, doctrines, préceptes, rituels, interdits, observances et commandements, qu’il s’agira d’intégrer, réciter et appliquer, sans qu’à aucun moment, il ne soit question de s’interroger sur leur validité et leur bien-fondé. Aussi, loin de se libérer du fardeau des réflexes émotionnels et idées préconçues (qui constituent le principal obstacle sur la voie de l’Éveil), on en adoptera de nouveaux et l’on ajoutera ainsi un manteau d’aliénation de plus, sur ceux si nombreux déjà existants. Et en s’efforçant d’adopter le comportement souhaité, pour être conforme aux exigences de la nouvelle idéologie que l’on aura adoptée, on ne fera que s’éloigner encore davantage de son inspiration personnelle, de sa sagesse spontanée et de sa liberté d’esprit, de parole et d’action.

Car la logique suivie par les traditions religieuses et spirituelles, s’avère toujours la même, fondée sur l’idée que l’être humain est inapte à déterminer par lui-même la bonne manière de vivre, et qu’il doit par conséquent appliquer les idées et pratiques, que des autorités supérieures, supposées plus sages et éclairées que lui, auront établies et élaborées à sa place et pour son bien : aussi les dogmes et doctrines lui prescrivent-ils quoi penser, les prières et livres saints quoi dire et les rituels et commandements quoi faire. Comment pourrait-on devenir libre, en renonçant à sa souveraineté et en abdiquant systématiquement de son aptitude à exercer cette même liberté ? Ne pourrait-on imaginer une autre forme de spiritualité, non-religieuse, non-superstitieuse et non-dogmatique, fondée non plus sur le sacrifice, l’obéissance et la répétition de formules toutes-faites, mais sur le plaisir, l’expérience personnelle et l’autonomie de pensée ?

L’histoire des spiritualités montre bien que les êtres les plus évolués et éveillés, de Socrate à Krishnamurti en passant par le Bouddha, Tchouang-Tseu ou le Christ, furent chaque fois considérés comme des hérétiques et des dissidents par les autorités de leur temps, parce que, du fait même de leur Éveil, ils osèrent remettre en cause les croyances et idées alors communément admises. Le Bouddha par exemple, insatisfait des enseignements de ses maîtres de méditation, décida, peu avant son illumination, de ne se fier qu’a sa propre expérience et de découvrir par lui-même la vérité ultime.

Ainsi est-il possible d’aborder et de vivre les processus spirituels et états d’expansion de conscience, de manière libre et autonome, en-dehors du carcan étouffant et aliénant des dogmes et des rituels. Or cette démarche est précisément celle de l’expérimentation scientifique, dont le principe est d’étudier le réel sans tabou, interdit ou préjugé. Science et mystique, rationalité et spiritualité sont ainsi deux domaines, approches ou démarches, non seulement conciliables et compatibles, mais encore complémentaires et intimement liées, comme l’ont montré par exemple les récents développements en physique quantique. 

La spiritualité, l’Éveil et la connaissance de soi ont dès lors vocation à être réintégrés au sein du vaste édifice de la culture humaine, à ne plus être considérés comme des sujets tabous, mais à devenir un objet de recherche et de débat, à être étudiés, expérimentés et enseignés comme une discipline à part entière, de manière rigoureuse et approfondie, au même titre que les mathématiques, les langues ou la géographie.

Sortir l’Éveil du ghetto des milieux spirituels, permet de lui redonner sa véritable place, son enjeu réel, qui est de constituer le socle, la racine ou la fondation des cultures et civilisations. En effet, il suffit de considérer avec attention les chefs d’œuvres qui nous furent légués par les sociétés passées, en architecture, musique ou poésie par exemple, pour percevoir que leurs auteurs avaient manifestement atteint un haut niveau d’Éveil et d’évolution. Et l’on pourrait multiplier les exemples, de Pythagore à Einstein en passant par Léonard de Vinci ou Victor Hugo, pour montrer que les grands esprits ayant marqué l’histoire des sciences et des arts, furent pour la plupart des intuitifs inspirés, mystiques et visionnaires, des explorateurs de la conscience autant que de la matière.

L’Éveil est ainsi la source du savoir, la condition de l’esprit, l’origine du génie, la puissance de la création.
C’est pourquoi l’Éveil est la patrie des artistes, philosophes, chercheurs et découvreurs, inventeurs, novateurs et révolutionnaires. Tous participent à leur manière, qu’ils en soient ou non conscients, à l’Éveil de l’humanité, à son émancipation des geôles mentales, psychiques et culturelles, qui la retiennent depuis si longtemps prisonnière. L’Éveil est la clé de la transformation du monde ; il est le facteur auquel on ne pense pas ; il est le moyen autant que le but, la carte autant que le territoire d’un nouveau monde à inventer, imaginer, créer et édifier.

Un puissant vent de liberté souffle aujourd’hui sur le monde. Les dernières dictatures s’effondrent l’une après l’autre, car les peuples de la Terre n’acceptent plus que leur dignité et leur liberté soient méprisées et bafouées. Partout sur la planète, des hommes et des femmes s’éveillent à ce qu’ils sont vraiment, font prévaloir la voix de leurs sentiments sur celle des traditions et du conformisme, et parlent, agissent, se rebellent, proposent et mettent en œuvre des solutions innovantes et modes de vie différents, que l’on qualifiera de différentes manières : alternatives, décroissance, écologie, altermondialisme, transition…
Du fait même de l’accumulation de crises multiples, chacun se trouve aujourd’hui amené à réfléchir, s’interroger, questionner et remettre en cause les pseudo-certitudes et dogmes vacillants du modèle dominant. Ainsi, c’est l’humanité toute entière, qu’elle l’ait ou non souhaitée, qui se trouve maintenant mise en présence d’ un mouvement généralisé d’Éveil de conscience, mettant peu à peu en pièces tous les repères et idées, sur lesquels elle s’était jusque-là construite.

Dès lors, chacun est confronté à ce choix : s’ouvrir, se transformer, s’accomplir et s’éveiller, ou bien se fermer, se nier, se mentir et se perdre. S’il nous faut sortir de l’impasse matérialiste et inventer un autre monde et un nouveau contrat social, il reste à savoir quel pourrait être le visage d’une société spiritualisée, éveillée ou éclairée : allons-nous être sommés de devenir de parfais dévots, arborant un éternel sourire mièvre et béat ? Va-t-il falloir adhérer et se soumettre à un nouveau culte, de nouvelles églises ou obédiences ?

Le retour du religieux (plus ou moins mâtiné d’intégrisme) et l’idéalisation de la tradition ne peuvent constituer des réponses adéquates au besoin de sens et de transcendance, tout simplement parce que ceux-ci ont amplement apporté la démonstration de leurs échecs et de leurs impasses ; ils ont abondamment fait la preuve de leur incapacité à générer un véritable épanouissement individuel et collectif. La religion n’a certainement pas pour objet l’Éveil et l’accomplissement de l’être humain, mais tout au contraire son asservissement et son enfermement dans la prison des croyances imposées et des rituels répétitifs. Au lieu de le libérer de ses chaînes, elle en forge de plus grosses encore. Elle l’abaisse quand elle devrait l’élever. Elle lui fait croire en sa faiblesse, sa petitesse et son indignité, au lieu de lui montre sa puissance, sa grandeur et sa beauté.

La religion est par essence totalitaire, puisqu’ elle décrète des dogmes arbitraires et des croyances déraisonnables, obligeant par-là celles et ceux qui y adhèrent, à se couper de leur ressenti intérieur et à renoncer à une pensée libre et souveraine. Historiquement, elle s’est le plus souvent avérée un outil de domination, de conditionnement et d’infantilisation des masses, au service des intérêts des possédants et des puissants. L’imposture de la religion consiste à se présenter comme la continuatrice, la dépositaire et la représentante officielle du message des éveillés, alors qu’elle n’en fournit qu’une version tronquée, falsifiée et corrompue, trahissant et dénaturant leurs véritables enseignements.

Prenons l’exemple du christianisme, la religion majoritaire et dominante en Occident : le message du Christ, tel qu’il apparaît dans les Évangiles, est un message révolutionnaire d’amour inconditionnel et d’émancipation de toutes les barrières et frontières mentales et institutionnelles. Or, en son nom et après sa mort, fut créée par les prêtres et les « pères de l’église », une religion incroyablement oppressive et violente, prêchant exactement le contraire de sa pensée, c’est-à-dire à la fois l’intolérance (persécution des païens, des hérétiques, des prétendues « sorcières », des cathares, inquisition, croisades, guerres de religion…) et le mépris de soi (culpabilisation du corps, du désir et de la sexualité, dépréciation de la femme, apologie du sacrifice, de l’obéissance, de la souffrance, des privations, etc.).

La prétendue spiritualité conçue comme un combat contre soi, ne peut évidemment conduire qu’à la dureté, l’amertume, la frustration et la rigidité. Et une démarche dite spirituelle, consistant pour l’essentiel à s’imposer toutes sortes d’impératifs et d’interdits (du type : « je ne dois pas dire ceci ; je ne dois pas penser cela… ») ne conduit évidemment pas à l’Eveil, mais bien plutôt à l’aliénation, la confusion et l’auto-dépréciation. Beaucoup, dans les milieux spirituels ou du développement personnel, entreprennent ainsi, avec les meilleurs intentions du monde, de se contrôler constamment, de surveiller férocement les moindres de leurs pensées et paroles, afin de se conformer aux injonctions qui leur sont faites, d’être « dans le cœur », « dans l’amour » et de ne surtout pas être « dans le mental » ou « dans le jugement ».

Cette dictature intérieure permanente, cette guerre envers soi-même, ne permettent assurément pas de s’émanciper et se réaliser, mais conduisent au contraire à perdre sa spontanéité, son naturel, sa joie de vivre, son humour et sa liberté de pensée. Il s’ensuit un véritable cercle vicieux : plus l’on se contrôle et s’oblige à n’avoir que des pensées et paroles correctes et autorisées, plus l’on perd la connexion avec soi et sa propre sagesse intuitive ; on se sent alors de plus en plus perdu et l’on se réfugie d’autant plus dans des réponses et idées toutes-faites, émanant d’autorités extérieures, dont on s’appliquera à intégrer, réciter et appliquer les préceptes et commandements.

Le problème posé par ce qu’il faut bien appeler la pseudo-spiritualité, provient d’un malentendu, issu d’une ignorance du fonctionnement émotionnel humain et de l’existence même de l’inconscient. Ce n’est pas en tournant le dos à son ombre, qu’on la fera disparaître. Ce n’est pas en niant et refoulant ses émotions douloureuses et ses tempêtes intérieures, que l’on s’en libérera comme par magie, mais bien en les ressentant et les acceptant, ce qui provoquera leur transmutation ou transformation harmonieuse. C’est pourquoi l’authentique spiritualité ne consiste pas à appliquer un vague code moral, un ensemble de règles, principes et rituels, mais à vivre un voyage intérieur, un itinéraire de transformation, menant progressivement, par la guérison du cœur, à l’Éveil de l’être intérieur.

Chacun souhaite vivre, connaître et ressentir l’amour universel et inconditionnel, mais ce sentiment ne peut être obtenu de force, par la volonté et le contrôle, au risque de n’être qu’une caricature, un simulacre, un amour faux, qui s’avère au final oppressif, hypocrite et dictatorial. Il s’agit donc d’abandonner l’ancestrale posture patriarcale de lutte et de domination envers autrui comme envers soi, pour expérimenter et développer une nouvelle attitude, d’essence féminine, d’ouverture, de lâcher-prise et d’acceptation de ce qui est en soi, comme de ce qui est en l’autre. Autrement dit, il nous faut réapprendre l’abandon, la douceur, la spontanéité et la simplicité, être vrai, nous accepter tels que nous sommes; et nous découvrirons alors notre indéniable beauté, notre remarquable sagesse et notre indéfectible Eveil.

Tel un poisson tournant en rond dans son triste bocal, l’homme ou la femme d’aujourd’hui étouffe et désespère dans un monde absurde, dépourvu de sens comme de finalité, et se tourne alors à raison vers la spiritualité ; mais les versions qui lui en sont le plus souvent proposées, ritualistes, dogmatiques et disciplinaires, se révèlent finalement comme autant de murs ou d’impasses, tout aussi sclérosantes et aliénantes, si ce n’est davantage.

Une nouvelle culture

Voilà des millénaires que l’être humain est en guerre : en guerre contre le monde extérieur, contre ses rivaux, le clan d’en face ou le pays d’à côté ; en guerre contre la nature, le « gibier », les animaux étiquetés « nuisibles », les « mauvaises herbes », les microbes et virus ; en guerre surtout contre lui-même, son corps, ses émotions, ses désirs et même ses pensées.
Dans les domaines du sport, de la politique ou de l’économie par exemple, le vocabulaire guerrier et la logique de l’affrontement sont systématiquement utilisés : on parle ainsi d’écraser, vaincre, dominer, humilier, laminer ou éliminer le concurrent, l’ennemi ou l’équipe adverse ; il s’agit de trouver la faille, l’angle d’attaque, la bonne stratégie, d’être impitoyable, un leader, un winner, un killer, etc.

On est loin de l’écoute, de l’empathie et de la coopération, conditions indispensables de toute vie en société !
Quand l’être humain va-t-il enfin cesser le combat et se réconcilier avec lui-même et avec le monde ?
Et en quoi pourraient donc consister une culture de paix et même une culture de l’Éveil ?

Chaque culture est simplement la traduction dans la matière concrète, du niveau de conscience, degré d’Éveil ou stade d’évolution, atteint et manifesté par un peuple, un groupe ou une société. Ainsi existe-t-il un art mortifère et un art inspirant, une politique d’oppression et une politique d’émancipation, une économie d’asservissement et une économie d’accomplissement, des modes de vie destructeurs et des modes de vie responsables, des technologies polluantes et des technologies écologiques… Faisons un rêve, imaginons (comme l’auraient dit Lennon ou Luther King), un monde où un nombre chaque jour croissant d’hommes et de femmes se mettent à l’écoute d’eux-mêmes, s’éveillent à leur être véritable, font prévaloir la voix de leur cœur sur celle d’idéologies extérieures, et entreprennent dès lors de réaliser leur rêve sacré ; où, par l’écoute de soi, des autres et de la nature, s’invente et s’élabore peu à peu, une nouvelle culture de douceur, de plaisir et de sagesse; et où se construit, malgré tous les obstacles, une société de dialogue, de partage et de coopération entre les individus, entre les classes, nations et cultures, ainsi qu’avec les différents peuples non-humains.

Ce monde, c’est le nôtre ; et cette époque, c’est maintenant !
Car, malgré les messages anxiogènes et démoralisants des médias, cet Éveil de l’humanité est bel et bien en cours aujourd’hui, à travers d’innombrables initiatives positives, individuelles ou collectives, chacun pouvant le voir et le créer, en soi et autour de soi. L’Éveil de conscience des peuples et des individus est ainsi le pont entre les mondes, le moyen et le moteur de la transition des âges ou de la mutation sociétale et planétaire.

Héritière du Christ et du Bouddha, comme de Woodstock ou de mai 68, la nouvelle culture spirituelle, que chacun pressent, attend et espère, ne consiste pas à prendre des poses ou des manières « spirituelles » ou à afficher un éternel sourire béat, mais à être vrai, naturel, intuitif et créatif, à œuvrer plutôt que travailler, à inventer plutôt qu’appliquer, à réfléchir plutôt que répéter, et à écouter son corps, honorer sa sexualité, vivre ses émotions, exercer sa pensée et expérimenter l’expansion de sa conscience. La nouvelle culture de vie qui s’en vient, ne vise pas à formater et enfermer l’être humain dans des moules et schémas répétitifs et restrictifs, mais à lui procurer les conditions idéales pour se connaître, se comprendre, se trouver, se transformer et se réaliser, exprimer ses plus remarquables et brillants potentiels et manifester sa nature éveillée, accomplie et unifiée.

La nouvelle spiritualité, libre, intuitive et spontanée ne conduit donc pas à être l’esclave d’un gourou, d’un groupe ou d’une doctrine, mais à devenir un humain adulte, évolué, actif et autonome, et à remplacer le rituel par l’expérience, les superstitions par la connaissance, la dévotion par l’estime de soi, l’obéissance par le dialogue, la prière par l’intuition et la discipline par l’inspiration.

C’est pourquoi le surgissement de l’Éveil n’est pas réservé ou confiné aux lieux conçus à cet effet (ashrams, monastères, ermitages etc.), mais s’invite insolemment dans tous les espaces de la vie sociale, et particulièrement ceux où les enjeux sont complexes, délicats, subtils et considérables : lieux associatifs, militants ou communautaires, salles de spectacle, ateliers d’artistes, studios de cinéma, universités, assemblées délibératives, salles de rédaction…

La réflexion, l’invention, l’imagination, l’illumination, la poésie, la spontanéité, la sensualité et le désir, sont ainsi les outils ou chemins multiples et inattendus de l’Éveil de l’humanité, qui lui permettront d’explorer et expérimenter la spiritualité essentielle et éternelle, celle de la vie, la joie, la jouissance et l’extase !

 La méditation naturelle

Si, comme l’affirment les éveillés eux-mêmes, l’Éveil est ce que nous sommes, notre nature intime et notre réalité ultime, alors il n’est nul besoin de recourir à des techniques complexes ou des initiations exotiques ou ésotériques, pour retrouver la mémoire de notre identité véritable. Nul besoin en effet de discipline sévère, de pratiques rigoureuses ou de connaissances secrètes pour être soi-même, mais simplement le désir sincère de connaître et comprendre ce qui se passe en soi.

Or, dans notre monde, tout semble fait pour qu’à aucun moment, il ne soit possible de se livrer à cette exploration intérieure, l’esprit étant constamment occupé par de multiples activités et les rares moments de repos, meublés par le son de la radio, de la télévision ou de l’ordinateur. Même les instants consacrés à la méditation sont le plus souvent employés à se conformer à des techniques, protocoles ou systèmes, consistant à se focaliser sur un son, un objet , un symbole, une idée, un endroit du corps, etc. Or, pour que l’être intérieur ou le moi profond puisse se manifester, encore faut-il lui en laisser la possibilité et, pour cela, se tourner vers l’intérieur et s’ouvrir à ce qui survient spontanément en soi. 

Lorsque l’on entreprend de se connaître et que l’on porte son attention sur son monde intérieur, on est d’abord frappé par sa richesse et son foisonnement : sensations, pulsions, émotions, pensées, désirs, sentiments se succèdent continuellement et (apparemment) sans ordre, ni logique, faisant penser à une jungle grouillante de vie. Si l’on est adepte de la guerre contre soi, on s’efforcera alors de mettre au pas et faire défiler en rangs bien ordonnés, ce peuple intérieur décidément trop indiscipliné et exubérant ; autrement dit, on tentera, en vue de méditer, de chasser ses pensées (parce qu’elles émanent du « mental », cette sorte d’entité dégoûtante et monstrueuse, censée être la cause de tous nos maux !), de nier ses pulsions et de masquer ses émotions ; et l’on n’aboutira qu’à brider, brimer et briser sa nature intérieure, ses envies, ses instincts, son besoin de bonheur, de joie, de liberté, sa créativité, sa sagesse et son esprit.

Mais si l’on accepte son monde intérieur tel qu’il est, en se contentant de le percevoir avec intérêt, bienveillance et neutralité, alors il reprendra forme et sens : les pensées, dès lors qu’elles sont écoutées, honorées et prises en compte, peuvent s’approfondir, quitter le plan superficiel des réactions émotionnelles et réflexes conformistes, pour donner lieu à des prises de conscience émanant de la sagesse intérieure, s’avérant être source de compréhensions, révélations et inspirations appropriées ; les émotions perçues, acceptées et libérées, se transmutent alors en paix, joie et plénitude ; quant aux désirs, si leur substrat émotionnel se transmute, ils s’approfondissent également et deviennent des intuitions justes et pertinentes, provenant des couches profondes de la conscience.

Ainsi ce que l’on pourrait appeler la méditation libre, naturelle ou spontanée, au lieu d’imposer un ordre arbitraire et artificiel à ses pensées, désirs et sentiments, consiste simplement à les accepter, les laisser être et suivre leur cours naturel, que l’on ne peut déterminer par avance, mais qui aboutit toujours à une réorganisation, réharmonisation et clarification de l’esprit.
Méditer ne consiste donc pas à adopter le look, la posture et les manières du méditant, à singer un modèle ou à devenir une statue vivante, mais au contraire à perdre ou déconstruire les déguisements sociaux, repères et croyances obsolètes, pour laisser resplendir la magnificence du moi véritable. C’est ainsi que, couche après couche, strate après strate, la méditation authentique permet de se libérer de ces vieux vêtements usés et inutiles, qui recouvrent et masquent le soleil intérieur.

Voilà maintenant quelques décennies que la méditation est devenue à la mode ; et s’est peu à peu diffusée, dans les médias notamment, l’image stéréotypée du méditant installé dans une posture impeccable, accompagnée de l’idée naïve et simpliste que cette seule position immobile allait amener magiquement et automatiquement le bien-être et la sérénité.
En réalité, la méditation est une attitude intérieure, consistant à être constamment conscient de ce qui se produit en soi et autour de soi ; et c’est le développement de cette « conscience-témoin », qui va préparer le terrain et rendre possible l’émergence progressive de l’être intérieur et la venue d’états d’Éveil et d’expansion de conscience. C’est pourquoi la méditation se pratique tout le temps ou jamais : elle ne consiste pas à s’asseoir en tailleur à horaires déterminés en suivant un protocole précis, mais à être à chaque instant attentif à ce qui advient ; elle est une dynamique intérieure qui se met en place, lorsque l’on commence à percevoir sereinement ses propres fonctionnements, comme le spectacle du monde.

220px-Circe_Offering_the_Cup_to_Odysseus dans Nouvelle TERRELa meilleure position de méditation est simplement celle qui permet le mieux de se détendre, se relâcher, s’ouvrir et lâcher prise, ce qui implique qu’elle sera différente pour chacun et selon le moment de la journée. Ce qui montre bien que la posture de méditation n’a pas l’importance quelque peu fétichiste qu’on lui accorde, c’est que les états d’expansion de conscience, en pratique, surviennent n’importe quand et n’importe où, dans le courant de la vie, au moment même où l’on se détend et où l’on lâche prise, au restaurant, dans un ascenseur, sur le périphérique, en faisant du ski, en se promenant dans la rue…
L’Éveil comme l’amour ne connaît pas de loi ; il ne dépend pas d’une technique ou d’un enseignement, mais au contraire de l’oubli ou du renoncement à toute croyance, certitude ou idée préétablie.

La méditation, au final, n’est autre que la manière normale et naturelle de vivre, connecté à soi, conscient, centré et attentif à toutes choses, adoptant dès lors naturellement un comportement juste, moral, adapté et efficace. Et c’est faute de cette vision juste, faute d’être reliés à leur sagesse intuitive, que les êtres humains adhèrent à des idéologies guerrières, obéissent à des traditions cruelles et irrationnelles ou se livrent à des activités malsaines, iniques ou prédatrices. Aussi, la science de la conscience ou l’art de l’esprit que constitue la méditation, est-elle la clé méconnue qui changera le monde, pour peu que l’on s’affranchisse d’une conception archaïque et figée de la pratique méditative, qui l’identifie à cette étrange manie de rester le plus longtemps possible dans une position rigide, statique et hiératique, sorte d’exploit masochiste, absurde et inutile.

C’est par l’expansion de la conscience et la connaissance de soi, que l’être humain pourra changer profondément et durablement, et sortir alors des multiples impasses actuelles. Chacun, tôt ou tard, sera amené à se tourner vers son propre esprit et à percevoir son propre fonctionnement ; et ce d’autant plus que se diffusera une nouvelle conception de la méditation, plus simple, plus aisée et accessible à tous, perçue non plus comme un cérémonial contraignant et fastidieux, mais comme un changement de regard sur soi et sur le monde, une découverte du bonheur d’être, de sentir et de vivre.
Car la vie est l’essence même de la méditation ; et la méditation n’est rien d’autre que l’expérience consciente de la vie.

L’Éveil de l’humanité

L’Éveil, tout comme la vie, connaît mille couleurs, mille nuances et mille déclinaisons.
Aussi, ne l’emprisonnons pas dans des définitions restrictives, des conceptions figées, des catégories fermées. Sachons le reconnaître derrière les multiples fards, voiles et déguisements qu’il se plaît à emprunter. L’Éveil est partout, dans le chant du poète, l’extase des amoureux ou les cris de joie des enfants. Cessons donc d’opposer éveillés et non-éveillés ; cessons d’idolâtrer les premiers et de mépriser les seconds ; renonçons à situer les uns et les autres d’un côté ou de l’autre de la barrière, car celle-ci est parfaitement imaginaire.  Même les éveillés les plus remarquables continuent chaque jour d’évoluer et de se transformer, car la vie est sans fin. L’Éveil est la matière même de nos vies ; il n’est pas une chimère à attendre ou à espérer, mais une réalité à découvrir, défricher, explorer et ressentir, dès maintenant, dès aujourd’hui. L’Éveil est l’énergie, la conscience et le signal du nouveau monde.

Aussi nous faut-il, pour le manifester, passer de l’état de disciple à celui de maître, reflétant ce que nous sommes en réalité et de toute éternité ; ce qui ne signifie nullement monter sur une estrade et nous faire adorer, mais assumer et exprimer notre vérité profonde, notre nature essentielle, notre indéfectible Éveil, chacun à sa manière et selon son inspiration. Beaucoup vivent l’époque actuelle comme un calvaire ou une épreuve, en maugréant, rechignant et trainant les pieds. Pourtant, en raison même de ses difficultés et incertitudes extrêmes, elle nous offre l’occasion idéale pour nous éveiller et nous accomplir à une vitesse accélérée. Sans doute avec le recul, ce temps apparaîtra-t-il comme une des plus fantastiques écoles d’évolution et d’Éveil, qu’il soit possible de connaître et d’expérimenter.

Alors, profitons-en pleinement ; et soyons aux premières loges pour assister et participer au fascinant spectacle de la mutation planétaire. 

L’Éveil est ainsi notre droit, notre fête, notre défi et notre aventure.
L’Éveil est le changement qui vibre, pulse et court dans les printemps du monde entier, les événements joyeux, vivants et drôles, les mouvements spontanés, ludiques et imprévisibles.
L’Éveil est le sang qui coule dans nos veines, le torrent de vie qui irrigue nos cœurs, l’amour irrépressible qui émeut, bouleverse, transperce et illumine.
L’Éveil est la vocation, l’aspiration, la chance et le devenir de tout être vivant.
L’Éveil est la clé, le programme, le déclencheur et le mode d’emploi du monde à venir.

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Bouddhisme et Bonheur

Posté par othoharmonie le 24 décembre 2013

 

bouddhisme-et-bonheur

Auteur : Matthieu Ricard
Un film de Guido Ferrari

« Partout où la vie s’épanouit dans l’univers, la souffrance est présente : maladie, vieillesse, mort, séparation d’avec ceux qu’on aime… Mais la souffrance ne possède pas un caractère absolu, et le malheur n’a pas de causes immuables. S’il est difficile de changer le monde, il est toujours possible de transformer notre manière de le percevoir. La méditation ne consiste pas simplement à ‘vider son esprit’ ou à se détendre pendant quelques instants des tensions de la vie quotidienne. « 

Un film de Guido Ferrari – Témoignages et photos de Matthieu Ricard

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Synopsis:
. langue française seulement de C’est Notre esprit Qui Traduit-les Circonstances extérieures, Bonnes ou Mauvaises, salle Bonheur ou en mal-être. Changement de l’ONU, même minime, Dans la manière de Percevoir et d’interprète Le Monde Transforme considérablement la qualité de CHAQUE instant de Notre existence. Certes partout ou la vie s’épanouit DANS L’UNIVERS, la souffrance Est présente: maladie, vieillesse, mort, séparation d’avec CEUX Que l’on aime … MAIS LA SOUFFRANCE NE PAS possédé ONU caractere Absolu, et Le Malheur N’A PAS DE provoque immuables. S’Il Est difficile de le changeur monde, il Est Toujours possible de transformateur Notre manière de le Percevoir. La meditation NE PAS SIMPLEMENT : Consiste à un Vider esprit ou a se détendre pendentif Quelques instants des tensions de la vie quotodienne. C ‘EST ONU processus de familiarisation AVEC UNE NOUVELLE MANIERE D’ETRE ET UNE entrainement Qui Permet de cultiver les-qualités Index thématique Fondamentales, Comme l’altruisme, la compassion, la joie de vivre et. l’Equilibre Emotionnel Pourquoi TANT hésiter à Notre égard Tourner Vers l’interieur? C’EST POURTANT bien au coeur de la nature meme de l’espirit Que l’sur may s’ouvrir au Potentiel de serenite Qui est Toujours présent au plus les profond de soi. Ailleurs Par, les études récentes en neurosciences – sous les auspices du Dalaï Lama et de l’Institut Mind and Life – Que montrent les émotions positives et le bonheur de Sont en grande party le resultat d’expertise juin Acquise.

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Manifeste pour une nouvelle Spiritualité

Posté par othoharmonie le 25 novembre 2013

images (1)par Yann Thibaud

extraits de « L’Éveil de l’humanité (L’Écologie Intérieure 3) »

Voilà presque deux siècles qu’au nom de l’idéologie du progrès, la société occidentale (aujourd’hui étendue à la planète entière) a cru trouver le bonheur et le sens de l’existence, dans une production et une consommation sans limite de biens et de produits,  jusqu’à l’épuisement programmé des ressources de la Terre qui accueille l’humanité. Sortir  de cette impasse suicidaire implique de transformer radicalement nos modes de vie et de  pensée.

C’est pourquoi la crise généralisée que nous traversons n’est pas seulement économique, financière, énergétique ou politique : elle est d’abord structurelle, culturelle, civilisationnelle et (osons le mot) spirituelle ; elle est la conséquence d’une idéologie absurde, réduisant l’être humain à un agent économique, sorte de créature robotique ayant pour seule finalité de produire et consommer, niant par là sa dimension affective, sensible, intuitive et idéaliste ; elle signe le désastre du matérialisme, l’échec d’un monde dédié au culte du profit, la fin d’une illusion, mais aussi peut-être la naissance d’un monde différent, plus sage, plus heureux et plus libre, comme la métamorphose de la triste chenille en somptueux papillon.

Notre potentiel oublié Les peuples qui nous ont précédés et qui eurent au moins le grand mérite de nous léguer une planète habitable, n’étaient pas, quant à eux, des obsédés de la croissance et du pouvoir d’achat. Leurs centres d’intérêts étaient d’une toute autre nature : ils se passionnaient pour des questions mystiques et métaphysiques et entreprirent, par de multiples voies, de connaître et développer les aptitudes et potentiels de la conscience et de l’esprit.

Aussi, sur tous les continents et dans toutes les cultures, peut-on trouver le récit ou le témoignage d’êtres s’étant affranchis des limitations de la conscience ordinaire et faisant montre de qualités et capacités exceptionnelles : une joie et un amour constants et sans limite, une totale sérénité et un niveau élevé de discernement et de sagesse. Cet état résultant d’un changement intérieur radical, se trouve qualifié par des mots très variés : ainsi en Orient, on parle dans le bouddhisme d’éveil ou d’illumination, dans l’hindouisme : de libération ou de réalisation, et dans d’autres traditions (soufisme, taoïsme et même chamanisme) on trouvera des termes équivalents ; en Occident, on recourt aux concepts quelque peu différents de sagesse ou de sainteté, mais les états que ces divers mots tentent de traduire, s’avèrent proches ou similaires, car ils constituent une réalité universelle, un potentiel offert à tout être humain, quels que soient sa culture, son origine ou son parcours.

Le véritable bonheur serait-il donc l’Éveil ?

En quoi consiste-t-il exactement et comment en faire l’expérience ?

Comment reconnaître les « éveillés » ? Passent-ils devant une commission chargée de les évaluer, les authentifier et leur délivrer une certification ou une autorisation d’exercer ?

Il n’existe heureusement pas de bureaucratie de l’Éveil. Le rayonnement, la bonté et l’amour qui émanent des éveillés sont les seules sources de la fascination qu’ils suscitent. Pour qui a eu la chance de les rencontrer ou même de les voir en photo ou en vidéo (notamment par les livres et films d’Arnaud Desjardins), ce qui frappe est d’abord la profondeur et l’intensité de leur regard, à la fois doux et puissant, aimant et conscient.

L’amour que manifestent les éveillés a ceci de remarquable et d’inhabituel, qu’il touche chacun intimement et parfois de façon bouleversante, tout en étant parfaitement impersonnel, offert également à tous les êtres qu’ils rencontrent.

Cette manière d’aimer nous est la plupart du temps inconnue, tant elle diffère de ce que nous nommons généralement « amour », sentiment possessif, exclusif et jaloux, accordé à certains et pas à d’autres, susceptible de se muer, s’il est contrarié, en haine, mépris ou même indifférence.

L’amour ressenti par un être éveillé est au contraire patient, immuable, paisible et inconditionnel (accordé sans condition), parce qu’il ne dépend pas de l’autre mais de soi et résulte simplement de la joie d’être, de la reconnexion à la source intérieure et éternelle de sagesse et de bonté.

N’étant plus sujets aux projections, illusions et fantasmes qui altèrent généralement le mental humain, ayant atteint un plan de conscience situé au-delà des émotions aliénantes, ils perçoivent le réel avec clarté et précision, et s’y adaptent d’instant en instant, avec aisance, naturel, grâce et fluidité.

Autrement dit, ils improvisent constamment, ce qui ne manque pas de décontenancer ceux qui ne s’autorisent pas pareille liberté. Leurs paroles, actes et décisions ne se fondent pas sur l’application de principes, règles ou commandements, mais sur la perception directe et immédiate de chaque situation et sur l’appréciation intuitive de la meilleure conduite à tenir, pour le plus grand bénéfice de chacun.

En raison de la joie, l’énergie et la sérénité qu’ils émanent, les éveillés sont souvent l’objet d’un immense respect, voire même d’une intense vénération, pouvant aller jusqu’au culte de la personnalité.

Or l’adulation ou l’idolâtrie n’aide en rien à progresser sur la voie de l’Éveil. C’est même le contraire car, aussi longtemps que l’on mettra un autre être sur un piédestal en chantant ses louanges, on niera sa propre beauté et sa propre lumière, en les projetant sur son gourou de prédilection.

Pourtant, l’Éveil ne nous est pas inconnu : nous en avons tous eu des aperçus, ne serait-ce que fugitivement, durant quelques minutes, heures ou semaines dans des circonstances particulières, au cours d’un voyage, au plus fort d’une relation amoureuse, pendant un intense épisode de création artistique ou durant un séjour au cœur de la nature…

Il nous est ainsi tous arrivé de ressentir soudain et sans savoir pourquoi, une immense joie et une profonde paix, éprouvant le sentiment de la perfection de l’instant présent et d’être un avec le monde, l’univers et la vie, puis de perdre cette connexion, de refermer les portes du sublime et de retomber dans les illusions et limitations de la conscience ordinaire.

C’est pourquoi l’Éveil nous appartient et nous concerne tous : il existe en chacun à l’état latent ; il est notre nature véritable, notre identité ultime, essentielle et ineffaçable, qui ne peut nous être retirée, quels que soient nos torts, erreurs, défauts ou insuffisances.

L’Éveil n’est donc pas l’apanage, ni la propriété exclusive de quelques ermites en lévitation dans une grotte de l’Himalaya ou de gourous fameux, entourés de leurs nombreux disciples dans de vastes ashrams.

L’Éveil est le devenir et la vocation de l’humanité toute entière, notre rêve perdu, notre mission oubliée et la raison d’être de notre présence sur Terre.

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Notre potentiel oublié

Posté par othoharmonie le 6 juillet 2013

Notre potentiel oublié dans LECTURES Inspirantes cat_animation

Les peuples qui nous ont précédés et qui eurent au moins le grand mérite de nous léguer une planète habitable, n’étaient pas, quant à eux, des obsédés de la croissance et du pouvoir d’achat. Leurs centres d’intérêts étaient d’une toute autre nature : ils se passionnaient pour des questions mystiques et métaphysiques et entreprirent, par de multiples voies, de connaître et développer les aptitudes et potentiels de la conscience et de l’esprit. Aussi, sur tous les continents et dans toutes les cultures, peut-on trouver le récit ou le témoignage d’êtres s’étant affranchis des limitations de la conscience ordinaire et faisant montre de qualités et capacités exceptionnelles : une joie et un amour constants et sans limite, une totale sérénité et un niveau élevé de discernement et de sagesse.

Cet état résultant d’un changement intérieur radical, se trouve qualifié par des mots très variés : ainsi en Orient, on parle dans le bouddhisme d’éveil ou d’illumination, dans l’hindouisme : de libération ou de réalisation, et dans d’autres traditions (soufisme, taoïsme et même chamanisme) on trouvera des termes équivalents ; en Occident, on recourt aux concepts quelque peu différents de sagesse ou de sainteté, mais les états que ces divers mots tentent de traduire, s’avèrent proches ou similaires, car ils constituent une réalité universelle, un potentiel offert à tout être humain, quels que soient sa culture, son origine ou son parcours. 

Le véritable bonheur serait-il donc l’Éveil ?
En quoi consiste-t-il exactement et comment en faire l’expérience ?
Comment reconnaître les « éveillés » ? Passent-ils devant une commission chargée de les évaluer, les authentifier et leur délivrer une certification ou une autorisation d’exercer ?

Il n’existe heureusement pas de bureaucratie de l’Éveil. Le rayonnement, la bonté et l’amour qui émanent des éveillés sont les seules sources de la fascination qu’il suscitent. Pour qui a eu la chance de les rencontrer ou même de les voir en photo ou en vidéo (notamment par les livres et films d’Arnaud Desjardins), ce qui frappe est d’abord la profondeur et l’intensité de leur regard, à la fois doux et puissant, aimant et conscient.

L’amour que manifestent les éveillés a ceci de remarquable et d’inhabituel, qu’il touche chacun intimement et parfois de façon bouleversante, tout en étant parfaitement impersonnel, offert également à tous les êtres qu’ils rencontrent. Cette manière d’aimer nous est la plupart du temps inconnue, tant elle diffère de ce que nous nommons généralement « amour », sentiment possessif, exclusif et jaloux, accordé à certains et pas à d’autres, susceptible de se muer, s’il est contrarié, en haine, mépris ou même indifférence. L’amour ressenti par un être éveillé est au contraire patient, immuable, paisible et inconditionnel (accordé sans condition), parce qu’il ne dépend pas de l’autre mais de soi et résulte simplement de la joie d’être, de la reconnexion à la source intérieure et éternelle de sagesse et de bonté.

N’étant plus sujets aux projections, illusions et fantasmes qui altèrent généralement le mental humain, ayant atteint un plan de conscience situé au-delà des émotions aliénantes, ils perçoivent le réel avec clarté et précision, et s’y adaptent d’instant en instant, avec aisance, naturel, grâce et fluidité. Autrement dit, ils improvisent constamment, ce qui ne manque pas de décontenancer ceux qui ne s’autorisent pas pareille liberté. Leurs paroles, actes et décisions ne se fondent pas sur l’application de principes, règles ou commandements, mais sur la perception directe et immédiate de chaque situation et sur l’appréciation intuitive de la meilleure conduite à tenir, pour le plus grand bénéfice de chacun.

En raison de la joie, l’énergie et la sérénité qu’ils émanent, les éveillés sont souvent l’objet d’un immense respect, voire même d’une intense vénération, pouvant aller jusqu’au culte de la personnalité. Or l’adulation ou l’idolâtrie n’aide en rien à progresser sur la voie de l’Éveil. C’est même le contraire car, aussi longtemps que l’on mettra un autre être sur un piédestal en chantant ses louanges, on niera sa propre beauté et sa propre lumière, en les projetant sur son gourou de prédilection.

Pourtant, l’Éveil ne nous est pas inconnu : nous en avons tous eu des aperçus, ne serait-ce que fugitivement, durant quelques minutes, heures ou semaines dans des circonstances particulières, au cours d’un voyage, au plus fort d’une relation amoureuse, pendant un intense épisode de création artistique ou durant un séjour au cœur de la nature…

Il nous est ainsi tous arrivé de ressentir soudain et sans savoir pourquoi, une immense joie et une profonde paix, éprouvant le sentiment de la perfection de l’instant présent et d’être un avec le monde, l’univers et la vie, puis de perdre cette connexion, de refermer les portes du sublime et de retomber dans les illusions et limitations de la conscience ordinaire. C’est pourquoi l’Éveil nous appartient et nous concerne tous : il existe en chacun à l’état latent ; il est notre nature véritable, notre identité ultime, essentielle et ineffaçable, qui ne peut nous être retirée, quels que soient nos torts, erreurs, défauts ou insuffisances.

L’Éveil n’est donc pas l’apanage, ni la propriété exclusive de quelques ermites en lévitation dans une grotte de l’Himalaya ou de gourous fameux, entourés de leurs nombreux disciples dans de vastes ashrams. L’Éveil est le devenir et la vocation de l’humanité toute entière, notre rêve perdu, notre mission oubliée et la raison d’être de notre présence sur Terre.

Dans les milieux dits spirituels, l’Éveil est généralement conçu comme un évènement grandiose, impressionnant,  spectaculaire, réservé à quelques êtres prédestinés et quasiment inaccessible au commun des mortels. Cette conception élitiste et hiérarchique de l’Éveil, qui conduit à le placer en-dehors de l’existence quotidienne de chacun, hors de portée de la majorité des humains, ne correspond pourtant pas à la réalité : pour qui en a fait l’expérience concrète et effective, le processus d’Éveil revêt de multiples formes, différentes pour chacun : il peut être immédiat ou graduel, comporter des avancées et des reculs, des ombres et des lumières ; il est mystérieux, progressif, incontrôlable et imprévisible. Le temps est venu, sans doute, de démythifier, désacraliser et démocratiser l’Éveil et de comprendre qu’il s’agit d’une possibilité universelle, chacun d’entre nous pouvant dès lors être légitimement qualifié d’éveillé en puissance ou en devenir, d’intermittent de l’Éveil comme il est des intermittents du spectacle.

MANIFESTE POUR UNE NOUVELLE SPIRITUALITÉ par Yann Thibaud extraits de « L’Éveil de l’humanité (L’Écologie intérieure 3) »

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Nouveau siècle, spiritualité nouvelle ?

Posté par othoharmonie le 29 juillet 2011


Nouveau siècle, spiritualité nouvelle ? dans ChannelingPour assumer le patrimoine spirituel du vingtième siècle qui s’est éteint, Robert Besson nous invite à répondre à une question essentielle : Que sommes-nous capables de faire du siècle nouveau ? Sa réflexion nous permet de faire le point pour faire valoir notre part d’héritage à l’aube du nouveau siècle.
 


par Robert Besson
 

 

Les grands courants de l’histoire ne viennent pas se briser sur les frontières conventionnelles des siècles et des millénaires. L’an mil, objet de fantasmes et de terreurs, n’a pas inauguré, en Occident, une ère nouvelle de spiritualité mais vu se prolonger, au fil des siècles, à travers continuités et ruptures, recherches et débats, les voies ouvertes par les grands messages fondateurs, ici du christianisme, là de l’islam, ailleurs de l’hindouisme et du bouddhisme à quoi se sont ajoutées, à partir notamment du XVIIIe, des formes nouvelles de spiritualités en marge des religions instituées. Il n’en est pas moins vrai que chaque grande période historique apparaît, avec le recul, marquée par des caractères dominants qui la distinguent des autres. Et des esprits lucides s’interrogeaient déjà au début des années 1900 : « Que sommes-nous capables de faire du siècle nouveau ? » 

 

Que faire du siècle nouveau ? 

A nous de reprendre, à l’aube des années 2000, cette interrogation majeure. Mais en précisant d’emblée deux points. Le champ de notre recherche, d’abord : à travers toutes les dimensions, souvent étroitement dépendantes, du phénomène humain, nous n’examinerons ici que la dimension spirituelle. Notre problématique, ensuite : est-ce de « faire » qu’il s’agit, terme qui paraît remettre à la seule initiative de l’homme le façonnement du visage spirituel du XXIe siècle, ou s’agirait-il plutôt de « recevoir l’héritage du XXe siècle, de l’assimiler, de l’assumer ? 

 

C’est dire qu’il nous faut, préalablement, nous interroger. D’une part qu’entendons-nous par spiritualité, puisque c’est elle que nous prenons en compte ? D’autre part, est-ce d’un héritage de croyances, d’images et d’institutions qu’il nous faut prendre possession, ou d’une inspiration créatrice, source vivante de toutes les spiritualités, qu’il nous appartient de réanimer à notre souffle ? Ceci fait, nous serons alors en droit d’examiner les caractères prévisibles de la spiritualité du XXIe siècle. La spiritualité, c’est à dire ? 

 

La spiritualité est adhésion vécue à des significations, des émotions et de valeurs qui ne relèvent pas seulement de l’utilitaire et du rationnel. Elle donne à l’âme un espace où vivre, elle anime en nous un foyer de vie intérieure qui peut vivifier la relation à soi-même, aux autres et au monde. Certains la tiennent pour essentiellement religieuse à tort, sans doute. Car elle est présente à l’émerveillement devant le monde, à la tendresse, à l’art, à la poésie, à la méditation contemplative, à l’oubli de soi dans l’action désintéressée à C’est dire qu’elle n’est pas nécessairement religieuse au sens confessionnel du mot mais qu’elle peut s’épanouir tout entière en marge des appartenances confessionnelles et des rites. Elle relève d’une dimension fondamentale de l’âme humaine, en amont de toute catégorie culturelle et de toute option métaphysique. Un agnostique peut être un homme de recherche spirituelle et de spiritualité. 

 

Dans le labyrinthe de l’existence

 

 2012Imag3 dans En 2012-2013 et après 2016En un sens, la spiritualité est éveil à des intuitions et des émotions essentielles qui nous viennent par d’autres voies que les vérités empiriques ou scientifiques. Et dans le labyrinthe de nos existences, peut-être avons-nous davantage besoin, au quotidien, de nourritures psychiques vivifiantes que de certitudes intellectuelles, toujours fragiles. Les unes nous donnent à « vivre » ; les autres ; vérités scientifiques et philosophiques, légitimes et nécessaires, elles aussi, nous donnent à comprendre et à connaître. Et il est vrai que les grandes religions de l’humanité ont été des centres puissants de diffusion d’une spiritualité nourrie de croyances, d’images et d’émotions mystiques, et tournées vers un absolu transcendant. Toute la part affective et intuitive de l’homme y puisait des nourritures essentielles. Mais d’autres expériences humaines relèvent aussi d’une spiritualité authentique et forte, même si elle n’est pas explicitement formulée comme telle : richesse émotionnelle qui peut illuminer l’âme de chacun, sentiment de notre appartenance quasi fusionnelle au tout, révélation d’une présence et d’une richesse sensorielle des choses immédiates qui se dérobaient au regard utilitaire, dévoilement d’un sens caché de nos vies, ferveur créatrice, exigence ressentie d’une transformation graduelle de soi vers plus de sérénité et de chaleur humaine, capacité de sacrifier sa vie pour une cause désintéressée 

 

Ainsi la spiritualité, quelles que soient les sources où elles puisent, alimente une vie de l’esprit plus riche et plus forte qui fait contrepoids aux nécessités de l’action dans le monde et lui apporte une assise intérieure, un point d’appui, une poussée de sève. 

 

Héritage spirituel ou inspiration créatrice ?

 

 En fait, hériter spirituellement ce n’est pas seulement recevoir, conserver pieusement et transmettre à son tour. Les idées sont portées par le mouvement de la vie qui continue à les façonner comme le mouvement de la mer façonne les galets. Hériter, c’est donc assumer, expérimenter, faire sien, ployer à la courbure des besoins de son temps, refonder à neuf pour soi-même à la lumière d’une expérience intérieure qui vise, précisément, à retrouver l’élan et l’inspiration des grands créateurs spirituels. Assumer ainsi le patrimoine spirituel reçu, c’est faire valoir notre part d’héritage, à travers semences et labours, comme le paysan fait fructifier le lopin de terre reçu de ses ancêtres. Comment ? D’abord en explorant avec ferveur les richesses spirituelles léguées par le passé. Et c’est déjà une aventure exaltante pour l’esprit mais qui réclame un effort personnel. Peut-être aussi en privilégiant dans cet héritage certaines vérités humaines capitales qui font écho à nos propres intuitions, les éclairent et les confirment. Peut-être encore en nous inspirant de certaines démarches spirituelles élaborées par telle ou telle tradition qui peuvent nous aider à cheminer à notre tour sur la voie de la sagesse et de l’expérience profonde, ou même en découvrant certaine figures spirituelles du passé qui, par leur rayonnement et leur force d’exemplarité, peuvent vivifier en nous les forces de l’esprit. 

 

Quelle spiritualité pour le XXIe siècle ? 

Poser cette question, c’est d’abord tenir pour évident que la spiritualité est une dimension nécessaire et permanente de notre civilisation. C’est aussi s’interroger, à la fois en historien et en sociologue, d’une part sur les courants spirituels du XXe siècle qui semblent porteurs d’avenir, et d’autre part sur les tendances et les besoins de l’esprit contemporain que toute spiritualité doit prendre en compte. Vaste perspective qui déborde largement les dimensions de cet article ! Nous ne pouvons, ici, qu’ébaucher quelques vues bien simplificatrices. 

 

Il est clair, par exemple, qu’une spiritualité ouverte et en accord avec notre temps ne peut tourner le dos à l’esprit scientifique ni refuser de prendre en compte les acquis de l’investigation de la science. Elle ne saurait, non plus, condamner l’action nécessaire pour l’édification d’un monde meilleur. Mais à l’opposé, dans un univers menacé par un rationalisme excessif et le vertige qui saisit bien des esprits, fascinés par des progrès techniques spectaculaires, il est urgent d’affirmer avec force le droit d’expression de l’affectivité, de l’intuition et des valeurs qui en découlent. Urgent aussi, contre les urgences illusoires engendrées par la civilisation de la rentabilité et du profit, de rappeler sans cesse la légitimité de la vie intérieure, du recueillement et du silence contemplatif. 

 

La spiritualité du XXIe

 

 Il apparaît également évident que le XXIe doit en finir avec toutes les spiritualités déshumanisantes. Lesquelles ? Celles qui cherchent à subordonner l’individu à un groupe de pression ou à un maître à penser, créant ainsi une dépendance psychique dépersonnalisante. Celles qui se retranchent dans une citadelle de dogmes et jettent l’anathème sur les autres courants spirituels taxés d’hérésie ou d’aberration. Celles qui entendent exercer une mainmise sur l’esprit public. Celles qui se défient du bonheur humain et ne voient de salut que dans l’ascétisme et la crucifixion du « moi ». 

En somme, tout laisse à penser que la spiritualité du XXIe se reconnaîtra à certains traits déjà perceptibles comme ceux-ci ….:

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Neutraliser Les Problèmes

Posté par othoharmonie le 10 juillet 2011

  

 

LA PURETÉ FONDAMENTALE DE L’ESPRIT par SA SAINTETÉ LE DALAÏ LAMA 

Extraits de son livre LEÇONS D’AMOUR, p. 27 à 38 – Plon 2006 

 

Neutraliser Les Problèmes dans Méditation 38228_dalai-lama-une

Analysons maintenant les émotions conflictuelles comme la convoitise, la haine et la jalousie. Ces comportements découlent de la vision erronée que les objets existent comme des entités indépendantes, alors qu’en réalité, il n’en est rien. La force d’une telle ignorance génère toutes ces émotions désagréables. Le maître yogi indien Dharmakirti répond à l’analyse que nous venons d’effectuer pour savoir si l’ignorance et les problèmes qui l’accompagnent sont intrinsèques à la nature même de l’esprit en disant : « La nature de l’esprit est une claire lumière. Les souillures sont superficielles. » La nature de la conscience la plus profonde et la plus subtile est pure. La colère, l’attachement sont accessoires et ne subsistent pas dans l’essence de l’esprit. Nous l’appelons l’esprit inné et primordial de la claire lumière. Il est aussi surnommé la nature du Bouddha, car il rend possible l’illumination. Il se trouve à la racine de toute conscience. Nous exprimons tous de la compassion à des degrés de développement et d’ampleur différents. L’intelligence nous guide pour distinguer le bien du mal. Voilà les conditions indispensables pour atteindre l’illumination. 

 

Après avoir admis que les souillures ne sont pas gravées dans l’esprit, s’y opposer et les éliminer est possible en créant des antidotes, des attitudes qui vont agir comme des médicaments pour les combattre. Si les souillures étaient indissociables de l’esprit, les pensées négatives – la colère, la haine, etc. – devraient persister dans l’esprit aussi longtemps qu’il existe. Mais ce n’est pas le cas. Vous n’êtes probablement pas en colère tandis que vous lisez ces lignes et que vous réfléchissez. L’esprit peut s’affranchir des penchants comme la colère et l’attachement. 

 

Parfois, dans notre vie, nous ressentons de la colère et de l’attachement. À d’autres moments, du détachement, de la satisfaction, de l’amour et de la compassion. Le désir et la haine envers une personne ou une chose ne s’expriment jamais au même moment. Ces deux attitudes s’opposent. Quand l’une prend de l’envergure, l’autre s’affaiblit. 

 

La connaissance de la nature ultime des choses consolide l’amour et la compassion. L’ignorance conçoit les objets de manière erronée en leur attribuant une existence intrinsèque. Quelle que soit la force de la haine ou de la fierté, ces attitudes négatives naissent de l’ignorance. La méprise sur la nature des êtres et des choses est à l’origine de la haine et du désir. Heureusement, les sentiments qui s’opposent à la haine et au désir s’expriment, qu’il y ait ou non une conception erronée d’une existence indépendante des choses. 

 

Lorsque l’ignorant et le sage observent un phénomène, leurs perceptions s’opposent. La sagesse s’appuie sur la vérité et l’ignorant sur de mauvais principes qui provoquent une vision déformée de la réalité. Renforcer la sagesse affaiblit l’ignorance. La sagesse amoindrit la méprise sur la nature des choses et des êtres jusqu’à la disparition totale de l’ignorance. 

 

Drag and drop me   LE TOURMENT EST INTÉRIEUR  Drag and drop me 

Les événements extérieurs ne sont pas à l’origine de notre souffrance. L’esprit non maîtrisé est la cause de toute souffrance. L’apparition d’émotions conflictuelles dans notre esprit pousse à des actes négatifs. Les émotions et les visions erronées recouvrent l’essence pure de l’esprit. Leur force nous pousse alors à commettre des fautes qui engendrent inévitablement la souffrance. Nous devons éliminer, consciemment et avec soin, de telles attitudes dommageables. Agir comme si nous devions disperser les nuages, pour qu’un ciel bleu éclate. Les actes nuisibles cessent avec la disparition des attitudes, émotions et conceptions dommageables. Le grand yogi tibétain Milarépa (XIe-XIIe siècle) disait: « Naître, naître de l’univers; se dissoudre, se dissoudre dans l’univers. « Il faut être à l’écoute de sa conscience pour savoir détruire les idées mal fondées et donner une impulsion pour revenir à une réalité plus profonde. Le ciel existait là avant que les nuages ne l’envahissent et il sera encore là lorsqu’ils se seront dissipés. Même si les nuages recouvrent chaque centimètre carré jusqu’à l’horizon, il est toujours là. 

 

L’eau, aussi sale qu’elle puisse être, est par nature propre et non polluée. De la même façon, l’essence d’un esprit, fût-il troublé, n’est pas souillée. Les émotions conflictuelles comme la haine ne peuvent pas affecter l’esprit de claire lumière. La prochaine fois que la haine surgira, sortez de cette exaltation mentale et observez la haine en pleine action. Dans « Je hais … », la « haine » et le « moi » sont liés l’un à l’autre. Et pourtant, en vous plaçant en tant qu’observateur, vous avez écarté légèrement la haine. Toutes les anomalies qui ont provoqué cet état d’emportement se révèlent alors. 

 

Pour réaliser cet exercice, il faudra d’abord développer vos aptitudes à surveiller vos pensées. Tant que votre conscience conceptualise, il est difficile pour la pensée d’observer la pensée. En devenant capable d’observer les pensées dès qu’elles naissent, le potentiel de la conscience à se concentrer sur elle-même augmente progressivement. Et, dès que surgit une expression de haine, l’esprit ne verse plus dans la colère. En étant proche de la conscience, à la fois comme expert et objet expertisé, vous pouvez dorénavant reconnaître ce que l’on appelle la « conscience ordinaire », non affectée par le fait d’aimer ou de ne pas aimer, de désirer ou de ne pas désirer. Quand l’esprit n’est pas sollicité par ses multiples fonctions, sa clairvoyance se manifeste. Et si vous persistez, cette capacité de clairvoyance se développera. La haine se mélange lentement à l’essence de la conscience, car la nature profonde de la haine est aussi lumière et connaissance. 

 

Le flux de vos idées et de vos pensées ne doit pas être interrompu intentionnellement. Ne vous laissez pas emporter par elles et ne laissez pas votre esprit se fondre en elles. Alors l’esprit reprendra sa forme originelle pour que la clairvoyance se révèle. Et sa pureté fondamentale s’exprimera. 

Lorsque vous comprenez que la claire lumière est l’essence de votre esprit, des qualités de plus en plus grandes telles que l’amour se déploient. La transformation spirituelle n’est pas motivée par l’environnement extérieur. Il ne sert à rien d’accumuler encore et encore plus d’objets matériels: vous resterez insatisfait. 

 

La libération est atteinte par la connaissance de l’essence ultime de l’esprit lui-même. Personne et rien d’autre ne peut nous l’accorder. Le bonheur s’acquiert avec la maîtrise de l’esprit. Sans elle, le bonheur est inaccessible. Nous ne serons pas affligés ou nous ne causerons pas de souffrance si nous avons confiance dans la luminosité fondamentale de la nature de l’esprit, la claire lumière. 

 

Drag and drop me   L’ESPRIT DIAMANT  Drag and drop me 

Cette claire lumière, fondamentale et lumineuse, est l’origine de tout esprit, à jamais indestructible, inaltérable comme un diamant. Pour le bouddhisme, cet aspect de l’esprit est permanent dans le sens où il est perpétuel, sans aucune interruption. Il a toujours existé et existera à jamais. Il n’est pas un phénomène qui naît de la causalité. 

 

Notre esprit d’origine est pur, naturellement libre de tout problème. Les phénomènes purs et impurs apparaissent à l’intérieur de cet esprit comme les manifestations de sa spontanéité. Le rayonnement sans entrave de l’esprit est appelé la compassion. Les actions compatissantes émergent de sa nature spontanée et de sa pureté. 

 

L’esprit diamant est libre de toute souillure, comme un ciel couvert de nuages, même s’il émet des sentiments bons ou mauvais comme le désir, la haine ou la confusion. L’eau peut être très sale: sa nature profonde reste claire. De la même manière, toute émotion conflictuelle, quelle que soit sa puissance, générée par l’esprit diamant est un artifice. L’esprit fondamental est perpétuel et demeure non affecté par les souillures. 

 

L’esprit diamant originel possède toutes les qualités spirituelles extraordinaires comme l’amour ou la compassion illimités. Elles se manifestent seulement lors de circonstances particulières. Dans un sens, aux prémices du commencement, nous étions « illuminés », dotés d’un esprit à l’origine profondément bon. 

 

Drag and drop me    ÉVALUER NOTRE SITUATION PRÉSENTE Drag and drop me 

 

Cette renaissance humaine se fait dans un corps qui sera l’instrument nécessaire pour atteindre plus facilement tous les buts, qu’ils soient provisoires ou définitifs. Il ne faut pas gâcher cette vie. Cette renaissance parmi la myriade de formes de vie possibles dans ce monde est tellement unique et avantageuse! Votre potentiel intérieur ne sera pas pleinement réalisé si vous ne vous employez qu’à atteindre une meilleure existence pour vos prochaines renaissances, ou si vous cherchez seulement à vous libérer individuellement des liens qui vous attachent à la souffrance. Sous cette forme humaine, vous devez faire tout ce qu’il est possible pour achever un développement spirituel total et parfait. 

 

Méditation 

  1. Méditez sur votre potentiel actuel pour effectuer un développement spirituel : vous avez un corps humain, l’enseignement spirituel est à votre portée. Vous avez la capacité d’intérioriser les enseignements spirituels. Vous possédez un esprit diamant. 

  2. Appréciez les opportunités présentes pour exercer une pratique spirituelle. 

  3. Établissez comme motivation le souhait d’aider, en dehors de vous-même, tous les êtres vivants. 

  4. Ayez pour but d’aider les autres. 

 

Sa Sainteté le Dalaï Lama 

 

dalai-lama_toulouse2011_copie dans Méditation

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Comprendre le Bouddhisme

Posté par othoharmonie le 15 janvier 2011

Titre

POUR COMPRENDRE LE BOUDDHISME – UNE INITIATION A TRAVERS LES TEXTES ESSENTIELS 

Auteur

Bercholz et 

Kohn Chödzin  

Sherab Samuel 

 

 

                         POUR COMPRENDRE LE BOUDDHISME 

 

             UNE INITIATION A TRAVERS LES TEXTES ESSENTIELS 

 

Pour comprendre le bouddhisme

Traduit par Michèle Garène, Basile Lagides, Bernard Seytre 

Préface de Bernardo Bertolucci 

 

 

Il y a deux mille cinq cents ans, un prince renonce au monde, il découvre le secret de la fin de toutes les souffrances et devient le Bouddha. 

 

Depuis, des millions d’hommes ont suivi son enseignement, et pourtant, que savons-nous vraiment du fondateur du bouddhisme, un des grands guides de l’humanité, et de la foi qu’il a inspirée ? 

 

Ce livre rappelle l’étonnante aventure du Bouddha et l’histoire du bouddhisme ; il en illustre les grandes idées par des textes souvent bouleversants, explique les mots clefs, fournit les références indispensables. 

 

Pour comprendre le bouddhisme, sans la moindre exclusive, donne la parole à toutes les tendances ; Petit Véhicule, Grand Véhicule, Tantrisme tibétain, Zen… on trouvera ici aussi bien les paroles du Bouddha que les textes de maîtres contemporains. 

 

Ce livre d’initiation est né d’un souhait de Bernardo Bertolucci, à l’occasion de la sortie mondiale de Little Buddha. Le cinéaste voulait offrir au grand public une voie d’accès au sens profond de son film, et expliquer tout ce qu’il avoue n’avoir pu dire par les seules images. Ainsi, dans ce livre, chacun pourra découvrir le message bouddhique, dans toute sa grandeur et sa simplicité. 

 

 

Le film :  LITTLE BOUDDHA sorti en 1993 de Bernardo Bertolucci

Photo : Comprendre le Bouddhisme dans A et B Bernardo-Bertolucci

Synopsis

Jesse Conrad, neuf ans, vit à Seattle avec un père ingénieur, Dean, et une mère enseignante, Lisa. Un jour, ils reçoivent la visite surprise d’une délégation de moines bouddhistes venue du royaume himalayen du Bhoutan sous la conduite du lama Norbu et de son adjoint Champa. Les moines sont persuadés que Jesse pourrait être la réincarnation d’un de leurs plus éminents chefs spirituels. Ils lui offrent alors un livre narrant la vie de Siddhartha, et ce, en attendant sa visite dans l’Himalaya.

 

Commentaire

On peut partager le film en deux. D’un coté l’histoire de Jesse, un petit américain supposé être la réincarnation d’un grand lama et de l’autre, l’histoire du prince Siddhartha qui deviendra le futur bouddha.

 

VIDEO de Little Bouddha :  Image de prévisualisation YouTube

 

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si vous aussi vous voulez vous procurer ce livre, vous le trouverez ICI : 

http://www.amazon.fr/Pour-comprendre-bouddhisme-Samuel-Bercholz/dp/2221077547 

 

 

bouquins

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Le silence noble : le silence qui guérit

Posté par othoharmonie le 15 décembre 2010

  

 

 

Après la méditation du soir et jusqu’à la fin du petit déjeuner, le lendemain, nous restons en silence au sein de la communauté. Nous appelons cette période « noble silence ». Cela nous aide à calmer notre esprit et à nous préparer à un repos réparateur et à un réveil en pleine conscience le lendemain. Dans cette atmosphère sereine, nous avons l’occasion de regarder plus en profondeur en nous-mêmes. Nous pouvons voir plus clairement nos blessures et le silence devient juste le baume guérisseur dont nous avions besoin. Le silence est aussi un moyen de nous reposer et de conserver notre énergie. 

 

Pendant que nous sommes en silence, nous continuons de regarder les autres autour de nous et de sourire : c’est une forme de communication authentique ! Nous pouvons écrire un message pour communiquer avec un frère ou une Sœur, si c’est absolument nécessaire. 

 

 

Une petite vidéo :  India 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

puis une autre encore : India 

Image de prévisualisation YouTube 

 

Afin que l’art de vivre dans la pleine conscience puisse s’enraciner en vous durant votre séjour et devenir par la suite une part vitale de votre vie quotidienne, on vous demande de venir pendant une semaine au minimum. Si vous ne pouvez pas rester une semaine, vous avez la possibilité de venir pratiquer le week-end.

Les enseignements mettent l’accent sur la pratique avec la Sangha* afin de bénéficier des bienfaits de l’énergie collective, les retraitants participent pleinement à toutes les activités programmées. Il est demandé aussi que tous respectent les 5 Entraînements à la Pleine Conscience, et veuillent donc bien s’abstenir de fumer et de boire de l’alcool.

Un jour par semaine est décrété comme jour de paresse de la semaine ; c’est un jour où il n’y a pas d’activités programmées, ni de cloche de rappel sauf celles invitant aux repas. Le jour de paresse est une occasion de laisser les choses se dérouler de façon naturelle tout en restant dans la Pleine Conscience. C’est l’occasion de faire un pique-nique entre amis(es), une promenade, de lire, ou simplement de se reposer et de prendre plaisir à vivre cette journée tout en restant dans l’ambiance de la retraite. La salle de méditation est disponible pour ceux qui souhaitent y pratiquer.

Les langues principales utilisées au Centre, sauf l’hindi,  sont l’anglais comme vous le savez,  un peu le français. La traduction des enseignements en plusieurs autres langues est tout à fait possible. 

 

 

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* NB Sangha : Le terme Sangha (sagha, n.m.) qui peut être traduit par communauté, désigne, dans son sens le plus restreint, la communauté spirituelle des arya-bodhisattva (on distingue ainsi quatre types d’êtres nobles selon le degré de détachement qu’ils ont atteint), ou bien les arya (supérieurs) ayant déjà atteint une perception directe de la vacuité des phénomènes, première des terres de bodhisattva, (un niveau certain de réalisation spirituelle). Ce terme peut aussi désigner évidemment toute la communauté monastique. On parle alors du « Sagha sublime », objet du refuge bouddhique, par opposition au « Sangha ordinaire ». Enfin, Sangha est, au sens large l’ensemble des pratiquants du bouddhisme

Le Sangha est un des trois lieux de refuge dans lesquels tout bouddhiste se place quotidiennement. 

 

 

 

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Le jour de paresse

Posté par othoharmonie le 5 décembre 2010

  

 

Le jour de paresse, il n’y a pas d’activité particulière. Nous pratiquons comme nous le souhaitons. Nous pouvons faire la méditation marchée seul ou avec un ami, nous asseoir dans la forêt pour méditer. Certains lisent, d’autres écrivent à leur famille ou à leurs amis. 

 

C’est l’occasion de regarder en profondeur notre pratique et nos relations avec les autres. Ce regard sur nous-mêmes est souvent très enrichissant et révélateur. Quelquefois, nous pratiquons avec trop de volonté, cela entraîne une rigidité et une perte d’harmonie en nous. Ce jour de paresse est idéal pour rétablir l’équilibre … Reconnaître que nous avons simplement besoin de nous reposer ou de pratiquer avec plus d’assiduité, est parfois la chose la plus importante à faire. Un jour de paresse est l’occasion pour nous-mêmes et pour la Sangha* d’apprécier la pratique à notre propre rythme. Le jour de paresse est un jour très calme pour chacun d’entre nous. 

 

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*NB  / Sangha : Le terme Sangha (sagha, n.m.) qui peut être traduit par communauté, désigne, dans son sens le plus restreint, la communauté spirituelle des arya-bodhisattva (on distingue ainsi quatre types d’êtres nobles selon le degré de détachement qu’ils ont atteint), ou bien les arya (supérieurs) ayant déjà atteint une perception directe de la vacuité des phénomènes, première des terres de bodhisattva, (un niveau certain de réalisation spirituelle). Ce terme peut aussi désigner évidemment toute la communauté monastique. On parle alors du « Sagha sublime », objet du refuge bouddhique, par opposition au « Sangha ordinaire ». Enfin, Sangha est, au sens large l’ensemble des pratiquants du bouddhisme

Le Sangha est un des trois lieux de refuge dans lesquels tout bouddhiste se place quotidiennement.

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Respirer

Posté par othoharmonie le 5 décembre 2010

Notre respiration est un terrain stable et solide sur lequel nous pouvons prendre refuge. Quel que soit notre état d’âme, nos pensées, nos émotions et nos perceptions, notre respiration est toujours avec nous comme une amie fidèle. Chaque fois que nous sommes entraînés par une émotion forte ou perdue dans nos soucis ou dans nos projets, nous retournons à notre respiration pour calmer et libérer notre esprit. 

 

Nous prenons conscience du flux d’air qui entre et sort de notre nez, nous sentons combien notre respiration est légère, naturelle, calme et paisible. À tout moment, pendant que nous sommes en train de marcher, de jardiner, de laver la vaisselle … nous pouvons retourner à cette source de vie paisible. Et nous pouvons réciter la gatha* suivant : 

 

 » J ‘inspire et je sais que je suis en train d’inspirer 

J’expire et je sais que je suis en train d’expirer. » 

 

Nous n’avons pas besoin de contrôler notre respiration; il suffit de l’observer telle qu’elle est réellement. Elle peut être longue ou courte, profonde ou superficielle. Peu à peu, avec la pratique, elle deviendra naturellement plus lente et plus profonde. La respiration consciente unit notre corps et notre esprit et nous apporte l’énergie de la pleine conscience à chaque instant de notre vie. 

 

 

avatar papillon

*NB : Une gâthâ (sanskrit: gāthā; chinois : ou gātuó 伽陀 ; japonais : ge ou kada) désigne dans le bouddhisme une poésie en vers, un hymne. Le Khuddaka Nikaya contient les recueils d’hymnes des moines et moniales de la première communauté bouddhiste, appelés respectivement Theragatha et Therigatha. Ce genre occupe une place importante dans la littérature Zen

Exemple, la gâthâ de l’impermanence, de Daisetz Teitaro Suzuki : 

« Toutes les choses composées sont impermanentes 

Et soumises à la naissance et à la mort, 

Mettez fin à la naissance et à la mort, 

Et vous parviendrez à une tranquillité bien heureuse. »

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Introduction au Bouddhisme (3livres)

Posté par othoharmonie le 27 novembre 2010

Titres

1.     LA VOIE DE LA LUMIERE 

2.     LA GRANDE PAIX DE L’ESPRIT 

3.     L’ART DU BONHEUR 

Auteur

 

Le DALAÏ LAMA 

 

 

                                             1.   LA VOIE DE LA LUMIERE 

 

 

La Voie de la lumière : Une introduction au bouddhisme

De quoi ça parle

 

Dans ce livre fondamental pour la compréhension du bouddhisme, le Dalaï-Lama analyse un texte renommé de l’un de ses prédécesseurs, le troisième Dalaï-Lama, pour nous éclairer sur l’essence de la vie. 


Issu de la tradition d’enseignement du Lam Rim
(étapes de la Voie vers l’Eveil), La voie de la lumière indique clairement comment accéder à l’éveil. Il nous rappelle que cette voie passe par les grands sujets de méditation et l’importance des progrès spirituels


Ce livre s’adresse à toute personne qui souhaite aller plus loin que la simple étude du bouddhisme tibétain. 

 

Cet enseignement du Dalaï-Lama, fondé sur un texte renommé de l’un de ses prédécesseurs, Sonam Gyatso, troisième Dalaï-Lama, met en évidence d’une façon claire et brillante tous les rouages de la dynamique bouddhiste de l’éveil. Des différents types de motivations pour aborder le chemin jusqu’à la pratique tantrique, en passant par la rencontre avec le maître, le Karma ou la production de l’esprit altruiste d’éveil, toutes les étapes sont expliquées et placées dans la perspective générale de l’évolution spirituelle. Un ouvrage à la fois pédagogique et inspirant, qui permettra de situer les multiples aspects de la pratique et de l’étude bouddhiste, et de les approfondir à la lumière de l’expérience du Dalaï-Lama et des grands maîtres qui l’ont précédé. En annexe, plusieurs textes présentent l’œuvre et la vie de Sonam Gyasto ainsi que les principaux accomplissements de chacun des quatorze Dalaï-Lamas. 

 

L’auteur :       photo Tenzin Gyatzo foto 2.jpg

Le dalaï-lama (tibétain : ཏ་ཱལའི་བླ་མ་, Wylie : tala’i blama ; en sinogrammes traditionnels 達賴喇嘛 ; en sinogrammes simplifiés 赖喇嘛 ; en pinyin Dálài Lǎmá) est reconnu par les Tibétains comme le plus haut chef spirituel (religion) du Tibet et une émanation du bodhisattva de la compassion, il est devenu le chef temporel (politique) du gouvernement du Tibet depuis le XVIIe siècle jusqu’à la première moitié du XXe siècle, puis chef de l’Administration centrale tibétaine encore à ce jour. 

 

À l’époque du 14e dalai lama, Tenzin Gyatso (1935), après une guerre sino-tibétaine, l’armée populaire de libération a envahi le Tibet en 1951. Le dalaï-lama resta au Tibet jusqu’en 1959, date à laquelle il fut contraint de s’exiler en Inde, après le soulèvement tibétain de 1959

 

Souvent, le Dalaï-Lama dit de lui qu’il est un simple moine, ni plus ni moins. Dans son exil à Dharamsalla au nord-ouest de l’Inde, il s’adonne essentiellement à la méditation et aux prières. Par ailleurs, il voyage beaucoup dans le monde pour donner des conférences, à l’occasion de rencontres bouddhistes ou encore pour rencontrer des hommes politiques. 

 

 

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Introduction au Bouddhisme (3livres) dans C et D dalai%20lama%20livres

                                        2.   LA GRANDE PAIX DE L’ESPRIT 

 

 

 

La vision de l'éveil dans la grande perfection

De quoi ça parle

La Grande Paix de l’Esprit retrace le chemin spirituel dans son intégralité, depuis les notions d’éthique, qui forment le socle commun à toutes les religions et à tous les hommes épris d’humanisme, jusqu’aux enseignements les plus élevés du Dzogchen, en passant par la philosophie bouddhiste fondamentale qu’est la compassion. 


Invité en 2000 à Lérab Ling, dans le Languedoc, le dalaï-lama a livré les principes clés du bouddhisme devant une assistance de dix mille personnes. Imprégné de l’ambiance chaleureuse de l’événement, ce livre d’une grande fluidité, directement issu de la transmission orale du bouddhisme tibétain, offre au lecteur une dimension inédite de l’esprit du dalaï-lama, en même temps qu’il lui propose une vision panoramique de l’enseignement du Bouddha. 

en même temps qu’il commentait, avec une érudition et une clarté remarquables, le texte magistral du maître tibétain du quatorzième siècle, Longchen Rabjam dit Longchenpa : Trouver le confort et l’aise dans la méditation de la Grande Perfection


Lors d’une rencontre entre deux maîtres éminents du bouddhisme tibétain, Sogyal Rinpoché a dit : 

«Nous avons tous été touchés par la profondeur, la pertinence et la limpidité de ces enseignements ; certains ont d’ailleurs affirmé qu’ils étaient parmi les plus remarquables qu’ils aient eu l’occasion d’entendre. Avoir pu recevoir ces enseignements du dalaï-lama fut un événement exceptionnel dans la vie de toutes les personnes présentes.»

 

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 dans C et D

 

 

 

 

 

                                                    3.   L’ART DU BONHEUR 

 

 

 

 

Sagesse et sérénité au quotidien

 

 

 

 

De quoi ça parle :

 

 Le bonheur est, selon le Dalaï-Lama, le but de toute notre existence. Mais cet « art du bonheur », mélange surprenant de sagesse plusieurs fois millénaire et de bon sens, nous est-il réellement accessible ? 


C’est bien ce que nous prouvent ces entretiens désormais célèbres entre Sa Sainteté le Dalaï-Lama et Howard Cutler, psychiatre américain, en nous offrant des réflexions et des conseils concrets que nous pouvons tous appliquer pour vaincre l’anxiété et la colère, pour surmonter les obstacles de l’existence et le découragement en puisant dans notre source de paix intérieure. Nous vous présentons ici quelques-uns des passages les plus éloquents de ce remarquable best-seller où la plus grande figure spirituelle du monde contemporain et prix Nobel de la paix, partage le sens profond de la spiritualité et de ce qui fait notre bonheur au quotidien. 

 

Le chemin vers le bonheur et la sérénité est de travail et de volonté. Nous viendrait-il à l’idée qu’un apprentissage quelconque puisse se faire sans effort ? Alors sur le métier cent fois remettons notre ouvrage.  L’exemple et les livres du Dalaï-lama lama nous entrainent vers notre essence intime qui nous apprend à nous accepter tels que nous sommes et nous permet de mieux vivre notre vie. 


Et si nous commencions nos journées par cette simple petite phrase :

« Je ne vais pas gâcher cette journée. Je vais l’employer de manière plus positive. » 

 

 

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Croisée des religions en Inde

Posté par othoharmonie le 12 novembre 2010

VIDEO : Image de prévisualisation YouTube

Croisée des religions en Inde 

l’Inde est un monde où l’on vit ému du matin au soir et du soir au matin, que ce soit par des situations, des sourires, des mains tendues, des circonstances…  des enfants, des bébés, des vieillards, des femmes, des lépreux, ou bien encore des paysages, réconciliés que nous devenons finalement avec l’âme du monde. 

Le Rajasthan, point central de ralliement de toutes les religions du monde….. 

Il y a 81% d’hindous, 12% de musulmans, 2,3% de chrétiens, 1,9% de sikhs, 0,7% de bouddhistes, 0,5% de jaïnas, 0,4% d’autres. 

Croisée des religions en Inde dans VOYAGE EN INDE 22

La différence fondamentale entre la culture indienne et la culture européenne tient au fait que la civilisation indienne a un but spirituel. 

Ses formes et ses rythmes, d’une richesse et d’une diversité prodigieuses, sont tous orientés vers ce but, et c’est ce qui lui donne son caractère unique. Car même ce qu’elle partage avec d’autres cultures, doit à cette orientation une marque d’originalité saisissante, une grandeur singulière. L’aspiration spirituelle a été la force directrice de cette culture, le cœur de sa pensée, sa passion dominante. Elle a non seulement fait de la spiritualité le but le plus élevé de la vie, mais elle a essayé, autant que le permettaient les conditions où se trouvait alors l’humanité, d’orienter la vie tout entière vers la spiritualité. 

Elle ne s’est donné aucun nom, car elle ne s’est fixé aucune limite sectaire ; elle n’a réclamé aucune adhésion universelle, n’a affirmé aucun dogme unique et infaillible, n’a établi aucune voie ou porte de salut étroites et exclusives ; c’était moins une croyance ou un culte qu’une tradition, toujours plus large : celle de l’esprit humain en quête de Dieu. Immense champ de possibilités aux multiples facettes, aux multiples étapes, permettant de s’édifier soi-même, de se découvrir soi-même, elle avait quelque droit de se donner le seul nom qu’elle connût : la religion éternelle, sanâtana dharma. Ce n’est qu’en appréciant ce sens et cet esprit de la religion indienne à sa juste, à son exacte valeur que nous pouvons arriver à une compréhension du sens et de l’esprit véritables de la culture de l’Inde

Les prêtres hindous ne sont en effet que de simples officiants, sans la moindre autorité ecclésiastique ni pouvoirs disciplinaires, et les pandits de simples interprètes du shâstra, nullement des législateurs ou des chefs religieux. En outre, comment peut-on qualifier l’hindouisme de religion alors qu’il admet toutes les croyances, allant jusqu’à autoriser une forme exaltée d’athéisme et d’agnosticisme, et qu’il permet toutes les expériences spirituelles possibles, toutes espèces d’aventures religieuses ? 

Seule la loi sociale est chose fixe, rigide, catégorique, claire et précise, et encore varie-t-elle selon les castes, les régions, les communautés. C’est la caste qui gouverne, non l’église ; mais même la caste ne peut punir un homme pour ses croyances, lui interdire l’hétérodoxie ou l’empêcher de suivre une nouvelle doctrine révolutionnaire ou un nouveau chef spirituel. Si elle excommunie le chrétien et le musulman, ce n’est pas pour leurs croyances ou leurs pratiques religieuses, mais parce qu’ils rompent avec la règle et l’ordre social.

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On en a donc conclu qu’il n’existe pas de religion hindoue, mais seulement un système social hindou assorti d’un lot de croyances et d’institutions des plus disparates. Le fameux dicton selon lequel l’hindouisme est une masse de traditions folkloriques barbouillée d’un faible vernis métaphysique, est peut-être le jugement définitif que porte en la matière l’esprit occidental superficiel

 Le malentendu provient de ce que le mental indien et l’intellect occidental « normal » ont de la religion des points de vue totalement différents. Le fossé qui les sépare est si vaste que seules pourraient le combler une formation philosophique très souple et une vaste culture spirituelle ; mais les formes établies de la religion et la démarche rigide de la pensée philosophique en Occident ne réservent aucune place, et n’offrent même aucune chance ni à l’une ni à l’autre

Toutefois, la tradition religieuse indienne n’est pas seulement la forme d’un système socio-religieux, comme l’imagine futilement le critique ignorant. Si grande puisse être son importance au moment d’une nouvelle orientation sociale, si obstiné soit le mental religieux conservateur dans son opposition à tout changement important ou radical, le cœur de l’hindouisme demeure une discipline non pas sociale, mais spirituelle

Le penseur religieux indien sait quant à lui que les vérités les plus hautes, les vérités éternelles sont des vérités de l’esprit

Les vérités suprêmes ne sont ni les conclusions rigides du raisonnement logique, ni les affirmations d’un credo, mais les fruits de l’expérience intérieure de l’âme. La vérité intellectuelle n’est que l’une des portes ouvrant sur l’enceinte du temple. Et du moment que la vérité intellectuelle orientée vers l’Infini doit, de par sa nature même, comporter de multiples aspects, et non se limiter à un seul, les croyances intellectuelles les plus diverses peuvent toutes être également vraies, car elles reflètent les différentes facettes de l’Infini. Si distantes l’une de l’autre soient-elles intellectuellement, elles constituent néanmoins autant d’issues latérales par lesquelles le mental peut recevoir un faible rayon de la Lumière suprême. Il n’est pas de religions vraies ou fausses, toutes les religions sont vraies à leur manière et à leur niveau. Chacune est l’une des mille voies menant à l’Éternel Un

Nous constatons que certaines religions, comme le sikhisme notamment, sont inclues dans la famille védique, bien qu’elles aient aboli l’ancienne tradition sociale et en aient inventé une nouvelle, tandis que les jaïns et les bouddhistes, bien qu’observant les coutumes sociales hindoues et se mariant avec des hindous, ont été traditionnellement considérés comme non-hindous, parce que leur système et leur enseignement spirituels représentaient à l’origine une négation de la vérité du Véda et rompaient avec la tradition védique. Au sein des quatre éléments constitutifs de l’hindouisme, il existe des différences, majeures ou mineures, entre hindous appartenant à diverses sectes, écoles, races et communautés ; néanmoins, l’unité domine à tous les niveaux – dans l’esprit général, le type et la forme de base, le tempérament spirituel –, et cela crée dans cette vaste fluidité une immense force de cohésion et un puissant principe unificateur

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Cette Vérité devait être vécue, il fallait même en faire l’idée maîtresse de la pensée, de la vie et de l’action. Reconnaître ainsi et rechercher quelque chose ou quelqu’un de Suprême, présent derrière toute forme, est l’unique, l’universelle croyance de la religion indienne, et si elle a pris tant d’aspects, c’est justement parce qu’elle était aussi vivante. Seul l’Infini justifie l’existence du fini, et le fini n’a aucune valeur en soi, séparément, aucune existence indépendante

Ce Moi, ou cet Être existant en soi, est l’unique réalité suprême ; tout le reste n’est qu’apparence, ou n’est vrai qu’autant qu’il s’en remet à cela

Il s’ensuit que réaliser son moi et réaliser Dieu sont la grande affaire de l’être humain vivant et pensant. Toute vie et toute pensée sont en fin de compte un moyen pour progresser vers la réalisation du moi et la réalisation de Dieu

N’y aurait-il rien d’autre à ajouter en faveur du génie spirituel de l’Inde ou du droit qu’a sa civilisation de prétendre au premier rang en tant que culture spirituelle, qu’un seul fait suffirait à le justifier : non seulement cette vaste, cette immense vérité spirituelle fut envisagée en Inde avec la plus grande audace, ressentie et exprimée avec une exceptionnelle intensité, approchée par toutes les voies possibles, mais on en fit consciemment la grande idée exaltante de la vie, le centre même de toute pensée, le fondement de toute religion, le sens secret et le but déclaré, ultime, de l’existence humaine. Cette vérité proclamée n’est pas particulière à la pensée indienne ; elle a été perçue et recherchée par les esprits et les âmes les plus nobles dans le monde entier. 

En Inde, l’athée et l’agnostique n’ont jamais été persécutés. Le bouddhisme et le jaïnisme, considérés comme des religions non orthodoxes, ont pu se voir dénigrées ; mais elles pouvaient cohabiter librement avec les croyances et les philosophies orthodoxes. Dans sa soif de vérité, l’Inde leur donnait toutes leurs chances, mettait à l’épreuve toutes leurs valeurs ; et ce qui de leur vérité était assimilable trouvait sa place dans la continuité générale et sans cesse élargie de son expérience spirituelle

Si la conscience universelle peut approcher le Suprême, ou le Divin, en perçant à travers la Nature tout entière, intérieure aussi bien qu’extérieure, chaque âme individuelle peut aussi L’atteindre, trouver Cela en elle-même, en son cœur spirituel où se trouve ce quelque chose qui est profondément uni à l’Existence divine unique, ou lui est en tout cas intimement relié. Pour la religion indienne, l’essentiel est que nous puissions croître et vivre de telle sorte que nous émergions de l’Ignorance qui cache à notre mental et à notre vie cette conscience-de-soi, et devenions conscients de la Divinité en nous-mêmes. Ces trois éléments réunis constituent l’intégralité de la religion hindoue, sa signification la plus profonde et, s’il est besoin d’un credo, son credo

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Si l’Inde vous intéresse vous aussi, j’aimerais tant vous conseiller sur ces lectures : http://www.jaia-bharati.org/livres/revue-livres.htm  et : publié aux Éditions Buchet Chastel – LA SPIRITUALITÉ INDIENNE ET LA VIE –  par Sri Aurobindo

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L’architecture en Inde

Posté par othoharmonie le 10 novembre 2010

L’ARCHITECTURE EN INDE 

L’architecture indienne souffre de préjugés qui la décrivent à tort comme surchargée et répétitive. En fait, cette architecture indienne obéit à des proportions, des règles qui échappent à l’oeil occidental. 

 

L’architecture religieuse est souvent perçue comme étant l’architecture indienne, ce qui est évidemment faux, même si paradoxalement on peut effectivement dire que l’architecture indienne est affaire de religion. 

L’Inde garde dans ses monuments le souvenir des peuples et des religions qui, tour à tour, l’ont dominée, tout en conservant les caractères généraux qui lui sont propres : la richesse des détails, la patience du travail et l’adresse de l’exécution. Jusqu’au IIIe siècle av. J.-C.. l’Inde n’a pas connu l’usage de la pierre, et ses fragiles édifices en bois ont tous disparu ; mais les premières constructions en pierre ont essayé de copier les monuments en bois. 

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II serait difficile de déterminer les bases de l’architecture indienne : les règles imposées par les lois religieuses aux architectes leur indiquaient plutôt la disposition et l’importance des édifices que leur forme. On les trouve dans les chap. XXVI et XXVII du Matsya, le plus important des Puranas. Quant à l’ornementation, elle devait être exclusivement hiératique, et frapper sans cesse l’imagination ardente de peuples dont la civilisation a été rendue stationnaire par la chappe de plomb que font peser sur elle les traditions religieuses.  

Les monuments religieux de l’Inde se divisent en trois classes, les temples souterrains, les rochers taillés et sculptés, et les temples en matériaux rapportés. Ce sont trois périodes distinctes et successives de l’art; mais aucune construction actuelle ne paraît remonter plus haut que le VIIIe siècle de notre ère.  

Les forteresses, comme dans les autres contrées de l’Asie, renfermaient le palais des rois et le temple des dieux, et elles occupaient un espace considérable. Le palais de Madourèh n’a pas inclus moins d’un mille de circonférence, et il contient dans son enceinte des bois, des étangs, des jardins, des galeries, des maisons, et un magnifique temple, dont le soubassement est en pierres de taille et la partie supérieure en briques vernissées; ce temple a 37 m de largeur à sa base et 50 m de hauteur. Les palais se composent ordinairement de petites cours entourées de bâtiments, quelquefois découvertes, mais le plus souvent plantées d’arbres : une colonnade en forme de cloître règne autour de chaque cour. 

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Les plus grands de tous les travaux des Indiens, ce sont peut-être leurs réservoirs : les uns, creusés dans le sol et près des villes, servent aux bains et à l’irrigation; les autres sont formés par des vallées dont on a comblé les issues par des digues immenses. II y a encore en Inde une espèce de puits d’une profondeur considérable et d’une grande largeur, ronds eu carrés, entourés de galeries jusqu’au niveau de l’eau, et où on descend par de larges degrés. Il faut enfin compter, parmi les monuments de l’architecture indienne, des colonnes et des arcs de triomphe carrés, élevés en l’honneur des héros victorieux, et des ponts dont les piles, formées d’énormes blocs, sont jointes les unes aux autres par des pierres de taille un seul morceau.  

la Perse également y concourt, pour une part encore mal déterminée. Les oeuvres de l’art bouddhique se répartissent en cinq catégories : piliers (lats), édifices commémoratifs (stupas ou topes), balustrades, églises (chaityas), monastères (viharas). 

Les piliers et les traverses, fouillés par d’habiles ciseaux, se sont parés de motifs, de figures, de scènes qui marquent une fine observation de la nature et de la vie. A chacune des issues se dresse une porte monumentale (torana) construite sur le même principe, à l’imitation d’une charpente, mais chargée à profusion d’emblèmes, de figures, d’animaux réels ou fantastiques. 

Les jaïnistes, en architecture comme dans l’histoire, ont cruellement souffert de leurs ressemblances avec le bouddhisme. Longtemps pris pour une simple secte   la confession rivale, ils se sont vu dérober jusqu’à l’honneur des constructions qu’ils avaient élevées. Les études faites leur ont du moins restitué quelques-uns de ces titres usurpés. 

Les jaïnites ont introduit ou développé particulièrement deux formes architecturales : le dôme creux, substitué à la coupole massive des bouddhistes, et l’arche horizontale, bien différente de l’arche à voussure des Romains. Ils ont également adopté, de concert avec l’hindouisme, la tour connue sous le nom de sikra, de forme curviligne, couronnée d’un coussin débordant, l’amalaka, qui porte un dôme plat de courbure inverse et d’où s’élève un gracieux pinacle, souvent en forme de vase. L’aspect général d’un temple jaïniste est à peu près constant : une galerie d’enceinte, qui rappelle le vihara bouddhique, est percée de cellules en réduction, ou plutôt de niches qui abritent la même statue de saint répétée à un nombre considérable d’exemplaires 

Les musulmans, constructeurs passionnés, mais économes, ne se sont pas fait faute d’emprunter aux temples jaïniques les matériaux de leurs mosquées. Mais les jaïnistes, d’autre part, ne dédaignent pas d’emprunter à l’art musulman les dômes en bulbe des Moghols qui supplantent les sikras, et l’arche foliée en pointe. Les musulmans, en pénétrant dans l’Inde, y apportèrent les formes et l’inspiration de l’art arabe; le contact entre deux cultures si distinctes et si fortement trempées ne pouvait manquer d’enfanter des merveilles. Les dynasties musulmanes ont couvert l’Inde de splendides édifices, mosquées, palais, tombes, trop nombreux pour les décrire en détail, trop variés pour se prêter à une esquisse d’ensemble. 

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Pour construire leurs mausolées et leurs mosquées, les envahisseurs musulmans avaient besoin des bâtisseurs indiens, sculpteurs virtuoses habitués à construire des temples en pierre. Se constitue ainsi un art indo musulman, synthèse entre les styles et les techniques des deux cultures. Sous Akbar, l’architecture influence le style de nombreux palais, en particulier au Rajasthan, et l’art de la miniature, venu de Perse, se répand dans tout l’empire. 

Si les constructions bouddhiques du Nord marquent l’influence grecque, perse, peut-être même assyrienne, les temples dravidiens rappellent étrangement l’Egypte; le gopoura, par sa forme et son objet, répond exactement au pylône égyptien; les grands mandapas et les salles aux mille colonnes reproduisent jusque dans le détail les salles hypostyles. Tout, jusqu’au mode d’agrégation, jusqu’à l’impression de labeur gigantesque, est commun à ces deux architectures. La distance des temps exclut l’hypothèse d’une influence directe. Faut-il croire à une simple rencontre de hasard, ressource toujours aisée? 

Les premiers orientalistes, frappés par le nombre des analogies, n’hésitaient pas à admettre des rapports historiques entre l’Egypte des pharaons et l’Inde des brahmanes. La critique sévère a écarté ces ambitieuses spéculations. 

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La décadence et la chute des Moghols a laissé le champ libre à l’invasion de l’art européen, admis d’abord à titre de curiosité et imposé ensuite par la force des armes. Le mauvais goût britannique a peuplé l’Inde de monuments soi-disant grecs ou romains ou italiens fort propres à corrompre l’esthétique la plus fine et la plus sûre.  

Le style du Nord ou indo-aryen a une origine énigmatique. Ses formes originales ne suggèrent pas de comparaison ni de rapprochement. temple indo-aryen n’a pas de colonnes; le premier comporte un vaste développement de constructions; le second est réduit au sanctuaire proprement dit. Le temple du Nord est en général carré à l’intérieur, mais souvent modifié à l’extérieur par une addition de projections parallèles; en avant un porche de forme à peu près cubique aussi est surmonté d’un toit pyramidal. 

La pensée spirituelle indienne intègre l’homme et le cosmos, le cosmos étant directement lié à l’existence humaine. Fondée sur cette connaissance, la civilisation indienne a toujours respecté l’environnement. Les principes typiques comprennent une conception adaptée au climat, l’utilisation de matériaux locaux et durables, la récupération de l’eau, etc. La conception architecturale est spécialement sophistiquée, après des milliers d’années de raffinement. Les éléments architecturaux, comme les cours, les groupes de construction, les tours de ventilation, les terrasses sur les toits et les jaalis (treillis de pierre), sont utilisés pour atténuer les effets du climat et sont devenus des éléments sociaux et culturels. Le défi est de concilier ces méthodes traditionnelles et les innovations technologiques.

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L’éveil du Bouddha

Posté par othoharmonie le 21 octobre 2010

Titres

L’EVEIL DU BOUDDHA 

Auteur

Tom LOWENSTEIN 

 

                                                L’EVEIL DU BOUDDHA 

 

 

L'éveil du Bouddha

 

Contrairement à d’autres religions, le bouddhisme est pacifique et, en général, très tolérant. Il n’a jamais été belligérant comme l’ont été presque toutes les philosophies, devenues religions, et qui se sont alliées au pouvoir politique. Mis à part la destinée humaine, qui se situe dans la réalité du nirvana, le savoir bouddhique est un savoir humain dont on a fait un savoir religieux. Ce dernier est fondé sur la foi en Bouddha, celui qui a connu et parcouru la seule voie possible pour l’être humain, celle du nirvana. Le but de la vie, pour le bouddhisme, c’est de ne plus exister comme moi, contrairement à l’occidental qui persiste à exister en tant que moi, cause de la souffrance. Dans les sociétés occidentales, qui ont été façonnées par la philosophie grecque et le christianisme, la souffrance n’est pas perçue comme dans le bouddhisme. Il est évident que sans la conscience du moi, il n’y a pas de souffrance, car la disparition du moi signifie la disparition de la souffrance. La solidarité de l’être humain avec un univers conçu comme autonome, ainsi que l’abnégation du moi, sont des valeurs que l’on retrouve dans la philosophie bouddhique. La philosophie occidentale, quant à elle, met davantage l’accent sur la personne, n’ayant aucun lien avec l’univers. 

 

 

 

L’auteur : photo L'éveil du Bouddha dans L à  N tom-lowenstein

Tom Lowenstein 

 

 Tom Lowenstein : Australie comptables fiscalistes – est l’un des plus respectés et les conseillers financiers dont l’association avec les arts s’étend sur 30 ans. His first arts client was John Olsen, arguably Australia’s most acclaimed contemporary artist. Son premier client a été arts John Olsen, sans doute l’Australie artistes contemporains les plus acclamés

  

Tom  concentre maintenant ses efforts en tant que Managing Partner de Lowensteins Gestion des arts et de Directeur exécutif de l’Australian Inc Association des Artistes 

Ses domaines de spécialisation comprennent impôt sur le revenu, impôt sur les gains en capital, les entreprises et conseils en placements, planification fiscale et successorale et conseils en fiscalité internationale.  Tom est une autorité en matière de fiscalité et de planification fiscale dans le domaine des arts visuels, arts du spectacle, artistes et autres éléments créatifs Il a écrit de nombreux articles et a donné des conférences dans les domaines de l’art d’investissement, la pension de retraite, et les dons de biens culturels du programme

 

 

  

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http://www.amazon.fr/L%C3%A9veil-du-Bouddha-Tom-Lowenstein/dp/3822854395 

 

 

 

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Moi Bouddha

Posté par othoharmonie le 9 août 2010

Titre :  MOI BOUDDHA 

Auteur : 

José FRECHES  

  

Moi Bouddha

                      Moi Bouddha dans E à  K 416717630_L

Son nom est universellement célèbre, mais il reste un inconnu ; par le talent de José Frèches, pour la première fois, Bouddha nous raconte sa vie… 

On croit connaître Bouddha, mais on connaît surtout le bouddhisme. Or, à l’origine de ce courant de pensée adopté par des centaines de millions d’individus, il y a un homme. 

Un petit Indien choyé, héritier d’une illustre famille de guerriers, née au VIè siècle avant Jésus-Christ, qui grandit entouré de tendresse et de luxe, qui apprend à chasser, qui découvre l’amour. Il s’appelle Siddharda Gautama. 

Mais bientôt, Siddharta prend conscience de la réalité de la vie en Inde ; les castes, la misère, l’injustice… Et il se rebelle contre son existence dorée, si éloignée de la condition de ses semblables. 

Alors il quitte tout, famille, fortune, domestiques. Vêtu comme un mendiant, il part à la rencontre des autres hommes. De jour en jour il vit rebuffades et aventures, d’abord seul puis rejoint par les disciples les plus inattendus, progressant peu à peu sur la Voie de la Connaissance. 

Son charisme et son discours à la fois exigeant et généreux bouleversent ceux qui le croisent. Et tout d’un coup, de cet homme seul naît le bouddhisme. 

Avec les Mémoires imaginaires, José Frèches nous fait découvrir la vraie vie et la vraie parole de Bouddha, un être passionnant, émouvant et finalement très proche de nous. 

En annexe de ce live, vous y trouverez le Grand Sermon du Bouddha 

C’est dans le parc des Gazelles de Bénarès que le Bouddha délivra son premier grand sermon, qu’on s’est efforcé ici de rendre le plus proche possible du langage et du mode d’expression qui devaient être ceux du Bienheureux. 

La situation de tous les êtres relève des Quatre Nobles Vérités la Noble Vérité de la Douleur, 

la Noble Vérité de l’origine de la Douleur, la Noble Vérité de la cessation de la Douleur 

et enfin la Noble Vérité du chemin qui mène à la cessation de la Douleur…. 

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Et Si vous voulez, vous aussi, vous procurer ce livre, vous le trouverez ici :  

http://www.priceminister.com/offer/buy/16257760/Freches-Jose-Moi-Bouddha-Livre.html

 000201CD dans E à  K 

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