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Deepak Chopra : gourou de la “santé spirituelle”

Posté par othoharmonie le 8 mai 2014

 

Subjuguée par sa méthode pour vivre jeune et en pleine forme éternellement, l’Amérique se déplace en foule pour l’écouter. Même si sa façon de faire rimer santé, spiritualité et rentabilité ne plaît pas à tout le monde.

Erik Pigani

images (2)Classé parmi les cent personnalités les plus marquantes du siècle par “Time”, soutenu par des dizaines de stars du show-biz, Deepak Chopra est connu dans le monde entier. Beaucoup moins dans notre pays. Pourtant, une vingtaine de ses livres ont déjà été traduits en français.  » Je suis un opportuniste heureux « , dit-il. Il y a de quoi : avec 15 millions de dollars de revenus annuels, cet endocrinologue s’est construit un véritable empire financier. Grâce à sa méthode pour  » vivre jeune et en parfaite santé éternellement « .

Son histoire

Deepak Chopra naît en 1947 à New Delhi, en Inde. Son père, cardiologue, l’envoie se spécialiser en endocrinologie aux Etats-Unis. Diplômes en poche, il devient un chef de service pragmatique et sérieux au New England Memorial Hospital. Trop ? En tout cas, suffisamment stressé pour éprouver le besoin de remonter aux sources et de consulter un médecin bien de chez lui : Brihaspati Dev Triguna. Un nom qui sonne comme une vieille formule magique, mais une sommité mondiale de la médecine ayurvédique. Diagnostic : si Deepak continue de vivre à cent à l’heure, il court droit à la catastrophe cardiaque. En pleine époque d’une médecine scientifique et triomphaliste, le retour aux sources n’est pas franchement de mise.

Mais le jeune homme suit les conseils du vieux sage et découvre, un peu stupéfait, les principes de base d’un art millénaire de la santé et d’une vie plus saine. Faire silence quelques minutes chaque matin, passer plus de temps avec femme et enfants, mâcher lentement sa nourriture, grignoter quelques amandes douces… voilà le programme de Triguna. Simple, mais efficace. Magique ? Assez pour permettre au jeune médecin de se sentir mieux dans sa tête et dans son corps, et pour lui donner définitivement le goût des techniques traditionnelles.

1984

Nouvelle rencontre décisive : Maharishi Mahesh Yogi. Authentique gourou indien, il a fondé la Méditation transcendantale, une technique de méditation traditionnelle adaptée pour les Occidentaux – les Beatles ont effectué une retraite chez lui –, et une école de bien-être et de santé basée sur l’ayurvéda. En France, cette méthode a été classée – à tort ? – parmi les sectes, mais pas aux Etats-Unis. Chopra y étudie la méditation, mais aussi les secrets des préparations de plantes, l’art des régimes alimentaires, les techniques de massage, etc.

Elève doué, il est nommé, un an plus tard, directeur d’un important centre de santé Maharishi et fonde l’Association américaine de médecine ayurvédique. Elle lui permet de rencontrer des scientifiques de haut vol, qui l’initient aux plaisirs métaphysiques de la physique quantique.

« La science nous permettra de mieux comprendre la spiritualité, dit-il. Tout au moins la physique moderne qui a dépassé les limites de la matière et pour qui l’univers est un vaste océan d’énergie, de conscience et de lumière. » Premiers livres, dont le best-seller “Le Corps quantique” dans lequel il propose une synthèse entre les développements les plus pointus de la physique, biologie, médecine, et les grands principes des philosophies spirituelles. Premières télés, premières interviews. La communauté scientifique officielle, qui n’apprécie guère le mélange des genres, réagit violemment :  » Un pur amalgame !  » s’exclament certains.

Pour réponse, le docteur Chopra déclare sur un ton péremptoire que la médecine n’est jamais parvenue à tout guérir et qu’ » en utilisant notre conscience nous pouvons demander à notre corps de ne pas vieillir « .

1993

Les Américains, subjugués, se déplacent en foule pour l’écouter. Il quitte Maharishi pour voler de ses propres ailes. A La Jolla, en Californie, il fonde un établissement de remise en forme, le très luxueux Chopra Center for Well Being (centre Chopra pour le bien-être). Spécialité : comment guérir, rester jeune et en forme grâce à l’ayurvéda, à la méditation et à mille autres trucs éprouvés du développement personnel. Certainement aussi grâce à une bonne dose de foi.  » Quand on assiste à une rémission spontanée d’un cancer, aucun scientifique au monde ne peut en expliquer le mécanisme, commente Chopra. On parle de miracle, mais ce n’est qu’une loi naturelle ! Ces guérisons montrent que l’esprit est assez puissant pour freiner ou stopper l’altération du corps. « 

Guérisons qui passent aussi par un porte-monnaie bien garni : le moindre stage de  » purification  » coûte 15 000 F la semaine. Ces tarifs semblent n’arrêter personne. Surtout quand Madonna, Michael Jackson, Liz Taylor, Bette Midler ou Demi Moore plaident en sa faveur. Mais il n’y a pas qu’eux :  » Aujourd’hui, mes collègues me soutiennent, ajoute Chopra. Depuis trois ans, je donne des conférences à la Harvard Medical School, et suis invité par les écoles américaines de médecine les plus réputées. « 

Spiritualité et.. rentabilité ?

Face à un système médical occidental affichant ses limites et ne tenant pas vraiment compte des dimensions psychologico-spirituelles de l’être humain, le système Chopra répond probablement aux aspirations profondes des âmes égarées dans la modernité. Cette fascination pourrait aussi être le reflet d’une recherche de santé en  » kit « , directement consommable.

Le Chopra Center ne désemplit pas, et son commerce de produits dérivés – livres, cassettes, CD, vidéos, vêtements, compléments alimentaires, tous labélisés  » Corps sans âge, esprit illimité  » – est florissant. Mais faire rimer spiritualité avec rentabilité ne plaît pas à tout le monde. Et pour cause : notre culture judéo-chrétienne nous a baignés dans un monde d’humilité, de pauvreté et d’abnégation où les abbé Pierre et autre mère Teresa ont été érigés en référence absolue. Le gourou de la santé vit-il alors vraiment en accord avec ses principes ?  » Tout ce que je fais, je le fais par plaisir, répond-il. Lorsque je médite, c’est parce que j’aime pratiquer cet exercice, qui me rend créatif. Lorsque je fais une heure d’exercices physiques, c’est parce que je me sens bien. En revanche, si j’ai envie de boire un café dans un aéroport, je le bois sans honte ni culpabilité. Je ne me prends pas au sérieux. « 

Les 5 principes du Dr Chopra

La médecine ayurvédique L’ » ayurvéda  » indien –  » science de la vie  » – est l’un des systèmes médicaux les plus anciens. Cette approche globale de l’être humain, qui tient compte à la fois du corps, du mental, de l’esprit, de l’environnement, s’appuie sur un ensemble de techniques spécifiques : préparations à base de plantes, massages, jeûnes, régimes alimentaires, désintoxication, exercices physiques, etc.

La guérison Pour Chopra, la maladie est le signe de conflits intérieurs : notre esprit, soumis au stress, aux incohérences de la vie moderne, séparé de sa dimension spirituelle, se fatigue et autorise virus et microbes à se développer.

Le corps quantique La matière est composée d’atomes, eux-mêmes constitués de particules subatomiques – des formes d’énergie lumineuses et immatérielles. Selon Chopra, notre esprit serait capable d’entrer en contact avec la  » mémoire  » des atomes et d’influencer leur comportement. Voilà ce qui déclenche les processus de guérison.

La méditation Chopra pratique la méditation transcendantale, fondée sur la répétition d’un  » mantra  » (un mot, une phrase) pour canaliser le flux des pensées. Pour les débutants, il conseille de s’entraîner en se concentrant plutôt sur sa respiration afin de  » vider  » son esprit. A raison d’une fois par jour pendant dix minutes, cet exercice diminue anxiété et stress, développe mémoire et créativité.

La spiritualité Elle est pragmatique. On restaure d’abord l’harmonie avec soi-même : aimer son corps, lui apporter tous les éléments nécessaires pour négocier avec les facteurs de stress, accepter les zones d’ombre de sa psyché… Ensuite, il faut développer l’amour, ses facultés d’empathie avec les autres et son environnement. Enfin, c’est reconnaître que nous sommes sur Terre pour accomplir un travail et entrer en relation directe avec notre Soi supérieur.

 SOURCE : http://www.psychologies.com

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INTÉGRATION expérience spirituelle

Posté par othoharmonie le 6 mai 2014

par James Redfield

J’ai été interviewé par téléphone à l’émission de radio Steve Maraboli et les questions venaient à chaud et lourd: Quel était exactement ce douzième émergents aperçu? Comment savez-vous qu’il se passe? Qu’est-ce qu’on ressent?Je savais que la dernière question a parlé à l’essence de l’humeur du public, et je balbutiai une réponse rapide avant de passer à une autre question, puis une autre. Pourtant, après l’entrevue, je me suis assis là sur mon canapé, en regardant à travers la fenêtre les oiseaux rouges manger à la mangeoire, mon esprit revenant à cette seule question de base. Qu’est-ce, en effet, ne se sent-elle? Sans doute, c’était le cœur de la question, ce que tout le monde voulait savoir. 

2290338036.08.LZZZZZZZPendant des années, il y a eu un flot constant de théories abstraites sur la spiritualité que tout sonnait bien, surtout au cours d’une de ces conversations nocturnes discuter de la signification de la vie. Et pendant un certain temps ce genre d’information suffisait. Mais maintenant, nous sommes les changements de vitesses. Vous pouvez le sentir. Pas plus que nous voulons pour spéculer sur le plan intellectuel.Nous voulons des informations spirituelles qui sont directement applicables à notre vie et les problèmes. Nous voulons savoir comment elle influence nos objectifs et défis. Nous voulons savoir comment il se sent dans notre conscience. Pourquoi ce changement qui se passe maintenant est assez clair. Tous les types de changements démographiques et sociaux se produisent dans le monde. L’âge chronologique moyenne dans les pays occidentaux est en hausse rapide, prêt à tous de donner plus d’urgence à des questions existentielles. Et les événements du monde semblent s’intensifier hors de contrôle, avec des émeutes et des changements de régime à l’horizon, tous les réglages apparemment jusqu’à une confrontation nucléaire imminente. 

Le pire de tout, c’est la crise financière artificielle qui rend encore nos vies économiques semblent instables, même si certains pensent que le pire est passé. Dans ces moments, nous voulons que nos percées spirituelles soient réelles et applicables, en offrant des solutions dans le monde réel, nous devons vivre po Surtout, nous devons être en mesure de «prouver ces vérités pour nous», comme ils fonctionnent au jour le jour. Pas plus de fantaisie.Pour moi, ce interview à la radio a été déterminante. Dès lors, l’application pratique est la mesure que j’ai utilisé pour décider si je pensais que le douzième Insight comme une percée spirituelle commence à émerger dans la culture humaine, était vraiment arrivée. Il n’a pas fallu longtemps pour que les éléments de preuve à venir po La prochaine jour je me suis réveillé avec un problème très pratique dans mon esprit. Notre chien bien-aimé de Bell devenait vieux, et il nous fallait trouver un autre chien de garde. Nous vivons au milieu d’une forêt profonde et complète de coyotes et parfois supporter, et nous avons dû avoir un autre chien pour nous alerter de ces animaux curieux, avant de se lancer dans de trop près. La dernière fois que nous avons regardé pour un chien, nous avons eu énoncée à vérifier méthodiquement tous les organismes de secours dans la région, un par un, mais n’avait pas eu beaucoup de chance. Donc ce matin, je me souviens en poussant un peu l’intention de prière, en demandant de l’aide. 

Ensuite, sans penser plus à ce sujet, je suis allé sur la journée, j’avais déjà prévu, se précipitant hors de la maison en direction de l’autre rendez-vous qui n’a rien à voir avec les chiens. En quelques minutes, j’avais oublié la question tout à fait. Pourtant, pendant que je conduisais sur la porte, et au sommet de la colline, une image de moi entrer dans le magasin local d’animal familier venu soudainement à l’esprit. J’ai immédiatement commencé à rejeter l’idée. Arrêt me mettre en retard. Il y aurait probablement pas de chiens de sauvetage disponibles ce jour-là. Quoi qu’il en soit, j’ai pu vérifier plus tard. Heureusement, je me suis arrêté, en n’oubliant pas de me demander pourquoi cette pensée était venu maintenant, à ce moment précis. Il n’avait pas eu lieu parce que j’avais vu la boutique; c’était un mile devant. Et mes pensées étaient sur ​​ma nomination, et non sur la recherche d’un chien. La pensée était venu dans mon esprit purement «out of the blue. » Enfin, j’ai conclu qu’il pourrait être une intuition réelle, un moment d’accompagnement spirituel. Je voudrais avoir de se lancer dans le magasin et savoir pourquoi. Quand je suis entré dans le magasin d’animaux, j’ai regardé autour et a immédiatement rencontré les yeux avec un beau mélange de laboratoire jaune, d’environ un an. Et en ce moment, je n’aurais pas pu être plus certain qu’elle devait être notre chien. Nous nommé son gingembre, et avec le recul, je dois dire qu’elle a été un trésor, aimant les enfants, et très attentive à la nuit la plus sombre. Je dois aussi dire que je n’ai pas été le même depuis que j’ai écouté cette intuition particulière. 

Non pas parce que je n’ai pas eu des intuitions qui ont porté leurs fruits avant. J’ai. Certains m’ont alerté de crises imminentes avec mes enfants. On m’a même déplacé à mettre une ceinture de sécurité, quelques minutes avant un accident de voiture. Et je parie que vous avez eu des intuitions importantes dans votre vie qui ont payé aussi. Non, je n’ai pas bougé parce que j’étais soudain l’intuition convaincu était réel. J’ai été élevée dans la sensibilisation parce que j’ai réalisé que les intuitions de guidage ne ​​sont pas seulement pour des situations dramatiques. Ils étaient disponibles pour les questions de tous les jours comme bien que, si nous ne les hausser pas loin, ou autrement les ignorer. Regardant autour plus tard à un grand nombre de conversations sur Internet, je suis tombé rapidement à la conclusion que beaucoup de gens prennent tous l’intuition plus au sérieux, et de l’appliquer à toutes les questions et les objectifs de leur vie. Dans un sens réel, nous sommes l’intégration d’une partie de notre vie mentale qui a toujours été là, attendant pour nous de mettre plus pleinement dans l’action. 

C’est une partie importante de la douzième Insight, et ça se passe vraiment. Dans notre premier compte à rebours de l’article, j’ai parlé de l’importance de la vérité, et ici dans ce deuxième article, le sujet a été l’intuition et les synchronicités importants qui peuvent avoir lieu lorsque nous suivre. Pourtant, vous verrez que nous entrons dans la douzième aperçu à travers une série d’autres intégrations, ainsi: un alignement éthique qui permettra Karma de travailler pour nous pour un changement, une intention Unicité qui dynamiser nos relations, et une influence spéciale qui peut potentiellement résoudre tous les défis qui fonce sur l’humanité. Au niveau personnel, toutes les intégrations se rassemblent pour nous donner un nouveau niveau de sécurité et assuré, même maîtrise, avec lequel se déplacer à travers la vie. Qu’est-ce que la douzième aperçu se sentir comme? Il se sent comme la clarté.

 -James Redfield 31 Janvier 2011

 Cliquez ici pour lire James prochain article de la série «Compte à rebours»

Publié dans En 2012-2013 et après 2016, Prophétie Des Andes | Pas de Commentaires »

la 12ème prophétie avec James Redfield

Posté par othoharmonie le 6 mai 2014

 

 

« Nous ne nous dirigeons pas vers la fin du monde, mais bien vers le début d’une nouvelle étape c’est-à-dire l’émergence d’une conscience plus grande alors que de plus en plus de gens intègrent dans leur vie les valeurs telles que l’authenticité et l’intégrité. Il s’agit d’un mouvement global qui se produit actuellement sur la planète, de façon quotidienne. C’est le début de la vie spirituelle dont nous parlons depuis plus d’une centaine d’années. » 

James Redfield Interview par Gilles Bédard, 

téléchargement (2)La 12e prophétie de James Redfield est le dernier d’une série de livres parus depuis 1994. Tout a commencé avec La Prophétie des Andes, pour ensuite se poursuivre avec La 10e prophétie, puis Le secret de Shambhala  la 11e prophétie et nous voilà maintenant à la douzième prophétie, où nous sont présentées les différentes étapes du développement de la conscience humaine. 

En d’autres mots, nous voilà rendus aux portes de la douzième étape, ce chiffre représentant la finalité, la complétude. En terme d’évolution, selon James Redfield, c’est ce que les Mayas nous indiquaient dans leur calendrier. Nous arrivons à la fin d’une étape et à l’aube d’une autre. 

Mais comment bien comprendre d’où nous venons et surtout comment relever avec brio le défi qui nous est maintenant présenté? C’est avec un immense plaisir que j’ai à nouveau rencontré James Redfield pour en discuter avec lui. Je vous invite donc à entrer avec nous dans l’avènement d’un nouveau monde…

À la lumière des évènements du printemps arabe survenu en 2011, comment voyez-vous les changements qui se produisent dans la société depuis quelque temps?
Nous vivons l’émergence d’une nouvelle conscience. Le printemps arabe n’est pas nécessairement spirituel, mais plutôt une révolte sociale, une nouvelle force commune, un grand désir de créer un monde meilleur et de dénoncer la corruption qu’on retrouve partout! Ce mouvement était prévisible. Les Mayas avaient aussi prédit, à la date près, l’émergence de cette nouvelle conscience sur la planète. Ainsi, les enjeux du printemps arabe nous invitent à réfléchir sur la façon dont nous pouvons affecter le monde autour de nous de façon positive.

Comme vous le constatez, tous ces mouvements populaires sont souvent matés par les forces religieuses ou militaires. Une des leçons du printemps arabe nous apprend que pour que surgissent de véritables changements, nous devons être alignés avec les lois de l’univers spirituel. Nous devons agir avec une intégrité absolue. Ce retour à l’intégrité doit soutenir tous les mouvements de réforme. Les gens sont aujourd’hui plus ouverts à parler de leur spiritualité non plus comme une idéologie, mais plutôt comme une évidence. Nous assistons à l’émergence d’une nouvelle conscience plus ancrée et plus responsable.

Comment percevez-vous l’évolution des gens depuis la toute première parution de la Prophétie des Andes?
Je crois que mon premier livre parlait de la réalité et des évidences du monde spirituel dans lequel nous vivons. Il affirmait que nous pouvions les observer principalement à travers les coïncidences, mystérieuses parfois, qui se produisent dans notre vie, et aussi par le biais de nos intuitions qui se développent au fur et à mesure que nous devenons plus conscients. Ainsi, nous découvrons un sens plus profond à notre vie, la sensation de trouver notre mission sur Terre. Ce livre nous a donc ouvert à l’idée qu’il était possible de croire à une conscience spirituelle. 

La Prophétie des Andes était ma première tentative pour décrire ce processus d’éveil à cette conscience. Évidemment, à travers la série de livres, nous sommes partis d’une compréhension intellectuelle de cet univers spirituel et aujourd’hui nous vivons l’intégration de cette réalité dans notre vie de tous les jours. Ainsi, on peut maintenant la mettre en pratique et en tirer tous les bénéfices non seulement pour nous, mais aussi pour les gens qui nous entourent. C’est cette clarté de pensée et d’action que nous découvrons et activons toujours plus dans notre vie.

Qu’est-ce que nous savons aujourd’hui que nous ne savions pas avant?

L’ingrédient manquant était de nous assurer de toujours être dans la Vérité absolue, que chacun de nos gestes, chaque parole, en soit le reflet. Je crois que la Vérité active les synchronicités. L’intention va vous attirer quelques synchronicités; la prière va vous attirer quelques synchronicités, mais jusqu’à ce que l’assise de votre vie ne soit que Vérité et transparence, vous ne serez jamais suffisamment centrés pour entendre toutes vos intuitions, agir sur elles, reconnaître les synchronicités et les interpréter avec justesse. On doit être centré dans notre Vérité et être prêt à voir évoluer cette Vérité dans nos échanges avec les autres de façon toujours plus consciente. Ça, c’est le courant de la Vie!

Comment voyez-vous l’intégration de cette nouvelle conscience dans nos vies?
La première étape de l’intégration est de comprendre réellement que la synchronicité existe et que l’attention que nous lui accordons, notre capacité de nous mettre en résonance avec cette énergie, détermine la fréquence et l’intensité avec laquelle elle se produit dans notre vie. Nous devons cultiver cette présence, réaffirmer quotidiennement notre intention d’être attentif à ces synchronicités. L’intégration complète facilite leurs manifestations quotidiennes. Vous ne pouvez pas intégrer pleinement une conscience spirituelle sans faire ces exercices d’intention. Ainsi, plus nous nous ouvrons à cette réalité des synchronicités, plus nous apprenons à développer une nouvelle vision du monde.

Nous devons aussi comprendre que ces synchronicités coulent en nous selon notre compréhension du karma, qu’il soit « bon » ou « mauvais ». Le karma n’est pas quelque chose qui nous vient d’une vie précédente et que nous traînons tel un boulet. Le karma, c’est la loi de cause à effet que nous vivons dans notre vie, ici et maintenant. C’est essentiellement nos pensées et nos actions qui déterminent le genre de personnes et d’évènements que nous attirons dans notre vie. Nous créons notre réalité en récoltant ce que nous avons semé.

Personnellement, avez-vous vécu une « percée » ou si votre intégration s’est faite au fil des années?
Toutes les synchronicités sont venues à moi, au fil des ans, sans que je les aie planifiées. Le fait d’être en lien avec tous ces évènements a fait en sorte que j’ai développé une attention et une conscience accrue qui n’a pu faire autrement que de me téléchargement (3)transformer, de me placer directement dans le courant de la Vie, de la créativité! Telle est l’émergence de cette nouvelle conscience à laquelle nous sommes tous invités. Nous pouvons, ensemble, participer à l’éclosion des valeurs essentielles que sont l’intégrité, l’honnêteté, l’authenticité, la compassion afin de faire de notre planète un véritable paradis!

Intégrale de cet article dans le DOSSIER de la parution actuellement en kiosque http://www.magazinevivre.com.

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Spiritualité : A chacun son autel

Posté par othoharmonie le 29 avril 2014

 

Objets rituels, divinités protectrices, photos ou souvenirs d’êtres chers disparus… Regroupés dans un coin de la maison, ils constituent un espace de recueillement et de méditation. Exemples d’une spiritualité personnalisée.

Erik Pigani

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Les « autels personnels », ces espaces sacrés installés au cœur de la maison, n’ont jamais fait partie des traditions occidentales. Tout au plus les grandes familles de l’aristocratie possédaient-elles – et possèdent parfois encore – leur propre chapelle, intégrée au château… Les moins fortunés suspendaient au mur un crucifix, une représentation de la Vierge ou quelque statuette de saint protecteur. L’autel, lui, était réservé aux églises, et seuls les prêtres avaient le droit d’y officier.

En Orient, il en va tout autrement. Chaque famille a son propre espace spirituel, un lieu plus ou moins richement décoré où sont rassemblés objets rituels, divinités protectrices, souvenirs des ancêtres, offrandes diverses. On en voit, par exemple, dans les restaurants chinois. Depuis que le monde occidental s’est ouvert aux religions et philosophies orientales, au bouddhisme notamment, on a vu émerger une spiritualité plus « personnalisée ».

Certains ont adopté un espace qui concrétise leurs croyances et leur foi et devient comme un reflet de leur vie intérieure. Nous avons mené une enquête sur ces autels personnels qui engendrent de nouveaux rites. Sept personnes d’horizons différents nous racontent pourquoi elles ont créé leur propre lieu de spiritualité.

« Un petit coin de ma vie sous ma coiffeuse… »

Madeleine, consultante en recrutement :

« Ma chambre est extrêmement petite. Aussi, faute de place, j’ai installé mon autel… sous ma coiffeuse ! Ce manque d’espace me permet pourtant de faire le vide, d’installer la paix en moi. J’y ai placé quantité d’objets qui comptent pour moi, en majorité des bibelots rapportés de voyage : des petites statuettes de divinités hindoues et tibétaines, des pierres sacrées indiennes, une plume et un “attrape-rêves” (Amulette indienne censée protéger des mauvais rêves) d’Amérique du Nord, une bougie norvégienne, un brûle-parfum hindou, du sable, des cartes postales représentant des personnages sacrés. Certains objets représentent aussi des gens que j’aime. C’est un véritable petit coin de ma vie, de mes souvenirs, qui me permet de me relier à moi-même et de retrouver mon véritable “soi” – dans le sens jungien du terme, c’est-à-dire l’unité de mon être –, que je n’ai pas souvent l’occasion de fréquenter au cours de mes journées de travail !

Comme je ne maîtrise pas la pratique des longues méditations, mes visites durent entre cinq et quinze minutes, plusieurs fois par semaine. Je m’assieds sur un coussin face à mon autel, et je me penche légèrement en avant pour être immergée dans cette ambiance. Ces moments sont courts, mais précieux. Lorsque je traverse une passe difficile, quel que soit l’endroit où je suis, le simple fait de visualiser cet espace me permet de retrouver la sérénité. »

« Je suis tombée amoureuse du dieu Ganesh »

Marie-Edith, conseillère à l’emploi :

« Je suis allée en Inde pour la première fois en septembre 1999, pour mon anniversaire. J’y suis arrivée juste au moment de la fête de Ganesh, divinité la plus aimée des Indiens. C’est ce dieu qui exauce les souhaits et permet de surmonter les épreuves de la vie. Je suis quasiment tombée amoureuse de lui ! Lorsque j’y suis retournée un an plus tard, une amie m’a offert cette très belle statue qui le représente. A la maison, j’ai une trentaine de statuettes… plus une petite figurine que j’ai toujours dans ma poche ! C’est peu à peu que s’est constitué cet espace, avec une lampe à huile allumée en permanence, un bougeoir marocain. J’ai d’ailleurs beaucoup de bougies allumées parce que, pour moi, la lumière représente l’énergie.

En dépit des apparences, mon autel n’a rien de religieux au sens strict du terme. Cela fait très longtemps que j’ai entrepris une recherche sur moi-même, un parcours spirituel. Pour moi, dans l’univers, il y a une seule force, que chacun peut voir de la couleur qu’il veut. Je me sens reliée à elle, et peux me recueillir dans n’importe quel endroit. Je n’ai donc pas besoin d’un lieu de prière spécifique. D’ailleurs, chez moi, j’ai plusieurs “espaces” en rapport avec mes émotions et mes découvertes de la vie. Un petit coin africain, parce que je suis allée en Afrique, un coin “pierres”, parce que je me sens très proche de la philosophie des Indiens d’Amérique du Nord… Sur mon bureau, j’ai un bouddha… »

« Cette Vierge a trouvé naturellement sa place sur la cheminée »

Marcella, retraitée :

« Je n’ai jamais pensé installer un “coin prière”. C’est plutôt lui qui, jour après jour, s’est imposé à moi. Tout a commencé avec le cadeau d’une collègue artiste : une magnifique Vierge à l’enfant en terre cuite, sculptée par elle et qui avait été exposée dans un musée. Il y a douze ans, lorsque nous avons déménagé, elle a trouvé naturellement sa place sur le coin gauche de la cheminée du salon qui est, pour toute la famille, la pièce la plus importante. Je ne l’ai pas fait exprès mais, curieusement, cette statue est visible de tous les endroits du rez-de-chaussée. Dès le début, j’ai pris l’habitude de la fleurir, d’allumer une bougie. Puis j’ai commencé à y faire régulièrement une pause, en priant intérieurement pour les miens et la famille de cette artiste qui m’avait fait ce cadeau extraordinaire.

Depuis longtemps, je faisais mes “dévotions“ à sainte Rita – l’avocate des causes désespérées, que ma belle-famille vénère – dans une petite église. J’y allais lors de circonstances difficiles pour trouver calme, réflexion et courage. Et j’avais toujours le petit livret de prières à sainte Rita dans mon sac. Il a trouvé sa place à côté de l’autre sculpture, en véritable pierre taillée, qui représente la “fuite en Egypte”. Lorsque ma sœur est décédée, c’est là, et non sur les rayonnages de la bibliothèque avec les autres photos de famille, que j’ai placé son portrait. Ce coin de cheminée est mon lieu de recueillement, et une bougie y brûle désormais en permanence. Il est, en lui-même, une “présence” dans la maison. »

« J’ai été fascinée par la magie qui se dégage de cette vieille photo de mon arrière-grand-père »

Michèle, chef de projet informatique :

« Mon espace sacré est très personnel, puisqu’il est essentiellement constitué de photos de famille en noir et blanc. Le grand portrait du centre, c’est un arrière-grand-père dont je ne connais même pas le nom ! J’ai été fascinée par la magie que dégage cette très vieille image retouchée. Pour moi, elle représente mon ancêtre. Juste en dessous, ce sont mes parents lorsqu’ils étaient jeunes, une photo que j’ai développée moi-même après avoir retrouvé des négatifs sans savoir ce qu’ils contenaient. J’ai aussi des photos du mariage de mes grands-parents paternels et maternels. Les avoir placés sur mon autel est une façon pour moi de les remercier de m’avoir permis de venir au monde. Le fait que mon père, décédé il y a un an, soit dans mon espace sacré le rend extrêmement présent.

J’y ai également placé un bouddha et quelques objets rituels : un cendrier avec des feuilles de sauge – une plante réputée protectrice –, de l’encens, un crucifix, une icône, un mandala, et un attrape-rêves que j’ai rapporté des Etats-Unis. Mais ce n’est pas un autel figé : chaque objet prend du sens au fur et à mesure de mon évolution. Je les change et les déplace souvent. C’est un espace “évolutif”, devant lequel je me recueille lorsque le besoin s’en fait sentir, et qui m’aide chaque jour à vivre en pleine conscience. »

Patrick, éducateur« La liste des noms de nos disparus les rend présents »

Patrick, éducateur :

« Pour moi, le risque de l’autel trop matérialisé est de vivre sur deux niveaux de vie différents – spirituel et matériel – qui ne se rejoignent qu’aux moments de prière, alors qu’ils devraient être intégrés au quotidien. Dans notre pièce principale, une icône est accrochée au mur ; juste en dessous, une veilleuse, pour la symbolique de la flamme ; à côté, un tableau avec les noms des amis, des connaissances et des parents décédés, pour établir une présence hors de l’espace-temps. Pour nous, ce lieu témoigne de l’autel intérieur, là où l’humain et le divin peuvent se rencontrer à tout moment, cet endroit en nous où les différences entre les religions s’effacent pour laisser place à la prière vraie.

Je pratique la “prière de Jésus” (tradition qui remonte au ive siècle et qui consiste à invoquer le plus souvent possible le nom de Jésus), dont les orthodoxes connaissent l’extraordinaire pouvoir thérapeutique. On peut, en effet, joindre une demande de guérison – de l’être, de la mémoire, de la sensibilité – ou des bénédictions pour ceux que nous aimons et, plus encore, pour ceux qui semblent ne pas nous aimer. Ainsi, notre croyance permet de transformer les sentiments négatifs en force de vie. Voilà pourquoi l’autel personnel est d’abord une attitude du cœur, ensuite un lieu nécessaire pour nos sens et pour une liturgie commune. »

« Au centre de mon espace sacré, il y a les deux dimensions de la femme que j’aimerais sentir fusionner en moi »

Sylvaine, pianiste :

« A un moment particulier de ma vie où je me cherchais, j’ai éprouvé le besoin d’avoir un espace sacré, le plus personnel et le plus calme possible. Il y a là une bibliothèque avec les livres les plus importants de mon parcours spirituel, un divan et un coussin de méditation. Dans un coin, j’ai une photo du temple de Philae, des citations, le zodiaque égyptien du temple de Dendera… Lorsque je médite, je me place au centre de la pièce et me tourne vers ce que je peux appeler mon “autel”. Dessus, un brûle-encens et un bol tibétains, et des objets personnels : la représentation de mes rêves, un collage de photos que j’ai fait et qui symbolise ma recherche intérieure, et le mandala de mon thème astrologique, qui m’aide à retrouver le respect de moi-même et à cheminer vers le non-jugement.

Au centre, j’ai placé, en photo, les deux dimensions de la femme – la femme de chair et la femme spirituelle – que j’aimerais sentir fusionner en moi. Sur la gauche, une photo du Bodhisattva, la divinité hindoue qui a réussi la fusion entre ces deux dimensions. Mon autel représente exactement mon cheminement actuel. Paradoxalement, il m’aide à m’incarner. »

« Une bougie brûle en permanence pour les sinistrés de Toulouse »

Dominique, esthéticienne :

« Il y a une dizaine d’années, j’ai eu l’occasion de faire un stage de peinture d’icônes organisé par un groupe orthodoxe. Dans leur tradition, on dit “écrire”, et non “peindre” une icône, parce que l’on se réfère aux textes des Evangiles. Ce travail, qui “apprend à pénétrer le mystère de sa propre vie”, comme le disent les orthodoxes, a déclenché en moi le besoin d’effectuer un parcours spirituel. Je suis catholique de naissance, mais je me suis sentie fondamentalement attirée par ce culte. J’ai “écrit” moi-même les trois icônes qui se trouvent contre le mur. Posé sur la Bible, il y a le “Livre des saints”, qui me permet, chaque jour de découvrir les éléments essentiels de la vie de l’un deux. Et une bougie brûle en permanence. En ce moment, c’est pour ceux qui ont souffert de l’explosion de l’usine AZF, à Toulouse, où je vis.

J’ai également le livre des offices du jour ainsi que le recueil de toutes les prières à saint Michel, l’archange protecteur, dont on a bien besoin en ce moment ! Enfin, il y a la croix de sainte Brigitte, une sainte irlandaise, parce que je me sens attirée par la branche orthodoxe celte. Mon petit espace sacré me permet non seulement de me recueillir, mais aussi de me sentir reliée et en communion avec tous ceux qui prient à la même heure dans d’autres lieux. »

Musée : exposition à Düsseldorf

Internet : www.museum-kunst-palast.de

Le nouveau Museum Kunst Palast, à Düsseldorf, en Allemagne, a été inauguré le 2 septembre dernier avec une exposition exceptionnelle, Altäre(Autels). Celle-ci regroupe soixante-huit autels et sanctuaires contemporains du monde entier. Un périple étonnant dans les manifestations les plus bigarrées des croyances.

 

http://www.psychologies.com/

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Religion : désormais, c’est chacun son kit

Posté par othoharmonie le 21 avril 2014

 

images (5)Les uns croient en Dieu, les autres pas. Leur point commun : tous se sont constitué un kit spirituel singulier. Sur leur autel, des objets variés qui les inspirent et les incitent à ne pas se contenter de la seule réalité matérielle.

Une vieille bible et un kouglof

Pierre Lassus, 54 ans, directeur d’une association de protection de l’enfance :

Sur son bureau, entre des piles de dossiers, une petite bible en cuir rouge racorni. Visiblement, elle sert beaucoup. « Je peux la saisir n’importe quand et lire un passage de l’Evangile, saint Jean par exemple, c’est mon préféré. » Ce texte peut-il encore aider Pierre, lui qui reçoit chaque jour de nouveaux signalements de maltraitance à enfants ? « Encore plus que ça : il m’inspire ! » Protestant d’obédience luthérienne, il croit d’abord en un homme, un rabbin nommé Jésus. « Grâce à lui, je me rappelle qu’il y a une part de divin en chacun d’entre nous, et que nous nous devons de la rechercher. » Pierre s’en rapproche au cours de cultes dépouillés. « L’été, près de la plage des Charentes où nous passons nos vacances, il y a une petite chapelle. Le dimanche, le pasteur vient de Rochefort pour célébrer le culte. Parfois, il y a à peine quatre ou cinq personnes. Mais toujours, après l’office, on boit l’apéritif ensemble et la femme du pasteur sert un kouglof qu’elle a fait cuire le matin. Pour moi, il n’est guère de moments plus spirituels que celui-ci. »

Une clé de sol en fil de fer et une bougie

Hélène Lafontaine, 37 ans, chanteuse :

« Je me suis vraiment acceptée comme chanteuse quand j’ai compris que ma voix était un talent qui m’avait été donné. » 
Un vrai don des dieux que cette voix de contre-alto, grave et puissante. Métisse originaire de Guadeloupe, fille d’une lignée de chanteuses pieuses, Hélène a d’abord été attirée par la chanson française avant de retourner aux chants sacrés. Dans les mariages et les baptêmes, chanter est pour elle l’occasion de vivre pleinement sa spiritualité. « On ne me voit pas, je suis près de l’organiste, je peux fermer les yeux. Le silence, dans les églises, est comme le sel de l’eau de mer qui vous porte. Il aide ma voix à se déployer. »

Bien que chrétienne, Hélène ne souscrit pas à toutes les formes de ce courant religieux. Elle aime se ressourcer chez elle, dans la solitude, en position du lotus. « Avec une bougie, car la lumière m’éclaire de l’intérieur. » Croit-elle ? « Oui. En la dimension sacrée des choses, même dans les actes quotidiens les plus banals. » Une manière de regarder différemment la réalité : « L’autre jour, je marchais, désespérée, dans la rue. Je me demandais si je devais continuer à chanter ou pas, si je ne me trompais pas de chemin, etc. Mon pied a buté sur un petit objet qui traînait sur le trottoir : une clé de sol en fil de fer ! J’avais la réponse à ma question. »

La photo d’un Indien tirant à l’arc et une tête de femme couronnée

Titien Gallen, 57 ans, écrivain et professeur de yoga :

Il a les épaules larges, du souffle, semble bien ancré dans son corps. Initié au yoga et à la sophrologie, le travail intérieur, pour lui, commence par le corps. « J’ai su très tôt qu’il faut respirer quand on a des problèmes. » « Inspiration » pourrait d’ailleurs être le mot clé de son parcours. « La poésie m’a servi de seconde mère », résume cet écrivain. Chez lui, une tête gothique de dame couronnée qui trône en haut de la bibliothèque le lui rappelle régulièrement : « Elle représente pour moi la source de la pensée. » Originaire d’une famille de catholiques pratiquants – dont deux prêtres –, Titien Gallen se définit aujourd’hui comme un spirituel laïc. « J’aime avant tout les symboles, qu’ils soient égyptiens, chrétiens ou soufis, ils entrent en résonance intime avec moi.  » Pour l’heure, tout son être est happé par le Grand Esprit des Indiens d’Amérique du Nord.

Pour ces peuples, l’homme est toujours en devenir, il doit apprendre à s’orienter, à entretenir des relations conscientes avec tous les éléments, tout en gardant le contact avec son centre. C’est ce que je vis au quotidien. » Attention et recentrage sont donc la base de sa pratique, ils lui permettent de « reprendre contact avec le Tout qui nous habite et qui est au cœur de chaque être vivant rencontré ». Dieu ? « Peu importe son nom. Il est la source du souffle et de la conscience. L’important est de s’y reconnecter. » Une question, pour lui, de « responsabilité spirituelle ».

“La Petite Voix” d’Eileen Caddy et un verre d’eau pure

Georgette List, 83 ans, ostéopathe :

Toute petite, elle croyait déjà à sa bonne étoile et s’émerveillait de l’ordre naturel des choses : « La danse si parfaite des planètes, le retour si régulier du printemps après l’hiver, etc. Comment ne pas se poser de questions ? » Elle a 16 ans lorsque son père lui donne à lire des ouvrages de la théosophe Helena Blavatsky. « Je les ai littéralement “bus” en deux jours, avec l’impression de connaître déjà tout ce qu’ils contenaient. » Débute alors une longue étude de l’enseignement ésotérique. Elle se marie quand même selon la tradition catholique : « Je l’ai fait avec un maximum de conscience et de joie. Pour moi, le Christ est un symbole de l’homme dans sa perfection. » D’ailleurs, Georgette croit en l’étincelle divine qui est en chacun de nous.

« Certains l’appellent leur ange gardien. A mes yeux, c’est l’âme ou le moi supérieur, une énergie positive qui m’aide, me soutient quand j’ai un désir sincère de participer à la force d’amour qui fait vivre le cosmos. » Pour Georgette, la pratique consiste à se mettre en contact avec cette puissance divine et à la remercier régulièrement. « Chaque matin, je bois au lever un verre d’eau pure. Je le fais consciemment, en remerciant la Terre pour cette source de vie qu’elle nous offre. » Puis elle lit une page de méditation de La Petite Voix d’Eileen Caddy (Souffle d’or) : « Je suis persuadée que l’on peut aider le monde rien que par la qualité de ses pensées. » Même si elle pense parfois à la mort, Georgette n’en a pas peur : « J’irai simplement me reposer de toutes ces expériences souvent difficiles qui ont enrichi ma vie. »

Une icône et un zafu

Olivier Jarreton, 29 ans, documentaliste :

« Chrétien de foi et bouddhiste de cœur ! » annonce-t-il joyeusement pour résumer sa vie spirituelle. Né dans le catholicisme, il avoue avoir connu de « grands moments de creux » avec sa religion d’origine, mais s’être rapproché d’elle grâce aux activités de groupe. « J’ai animé pour ma paroisse des après-midi de rencontres avec des enfants de toutes origines et je me suis découvert une passion : expliquer le christianisme à ceux qui n’en sont pas ! » Loin de la foi du charbonnier, il pratique avant tout l’exégèse et l’interprétation. « J’aime trouver un sens aux textes sacrés – la Bible, bien sûr mais aussi le Coran ou le Talmud – et suivre leurs implications dans la vie quotidienne. »

Au hit-parade de ses valeurs domine l’écoute. Il a fait des études de psychologie, participe à des groupes de développement personnel :  » Accueillir vraiment les mots de l’autre est une pratique hautement spirituelle. » Il y a dix ans, deux de ses meilleurs amis se sont convertis au bouddhisme. Se prenant au jeu de la confrontation d’idées, il s’est mis à aimer la philosophie du Bouddha. « L’idée que la réalité n’est pas vraiment la réalité m’enthousiasme. » Résultat : il se rend chaque mercredi soir au dojo de son quartier et médite une heure et demie. « C’est une expérience irremplaçable. Je suis très bavard de nature et sur mon zafu, dans la salle de méditation, j’apprends à ressentir la présence des autres sans leur parler. Mieux : le zen m’aide à être plus présent dans mes prières catholiques. » Car, pour Olivier, tous les chemins continuent à mener à Rome.

Une photo de mon frère disparu et un jeu de Yi-King

Eric Tong-Cuong, 37 ans, publicitaire :

Il tient entre ses mains la photo de son frère, mort d’un cancer à l’âge de 16 ans. « Sa mort a provoqué chez moi un rejet brutal du catholicisme. J’avais 19 ans. J’ai demandé à Dieu qu’il épargne mon frère. Il n’a pas daigné lever le petit doigt. » Suivent alors dix années de désarroi : « Puisque la mort pouvait survenir de manière si absurde, ma vie n’avait plus de sens. Mon athéisme était une révolte. » La reconstruction spirituelle d’Eric se fait au fil d’une série de rencontres qui le conduisent à reconsidérer la croyance au sens large. Dans le cadre de ses études de commerce, il suit des cours de parapsychologie. « Nous avions affaire à des phénomènes que la science ne parvenait pas à expliquer. Et pourtant, ça existe. » Plus tard, alors qu’il n’y croyait plus, il rencontre le grand amour. « Ça existe aussi ! » admet-il, émerveillé.

Dans le même temps, Eric noue un dialogue intime avec son frère. « Il m’accompagne. Sa présence non incarnée est pour moi le signe de l’existence de Dieu. » Réconcilié avec le catholicisme, Eric se sent également proche du bouddhisme. « Je me réfère souvent au Yi-King (le Classique des mutations, manuel de divination chinoise, ndlr) sans croire à la valeur prédictive des cartes, mais parce que l’ambivalence de leur contenu m’aide à choisir un chemin. « Au fond, le décès du frère d’Eric a agi comme un accélérateur de sa spiritualité. » Aujourd’hui, je peux comprendre cette phrase de la Bible : “Il est mort pour vous.”


« Le Banquet” de Platon et ma souris d’ordinateur

Florence Jagréaux, 30 ans, attachée commerciale :

Un grand-père grec, un proche franc-maçon : Florence ne pouvait pas échapper au culte de l’esprit sous toutes ses formes. « Pour moi, la spiritualité, c’est tout ce qui m’éloigne du matérialisme ambiant, de mon appétit jamais rassasié d’avoir plus. C’est tout ce qui m’aide à prendre du recul par rapport à ma vie. » Dans son panthéon, les livres : « Le Prophète de Khalil Gibran, Le Banquet de Platon que j’ai lu dans une collection à dix francs… Ils m’ont aidée à me poser les bonnes questions car ils parlent aussi de ma vie. Ce ne sont pas de pures digressions intellectuelles. » Et Internet : « Depuis deux mois, je surfe des heures entières et, à partir de mes trouvailles, je me constitue des dossiers personnalisés sur des thèmes qui m’intéressent. » Cette façon de « se déconnecter du quotidien tout en ayant les pieds sur terre » suffit-elle à son besoin de transcendance ? « Je sais que je crois en quelque chose, mais je ne sais pas encore la nommer. » On insiste, Florence s’essaye encore : « C’est la force qui nous pousse à faire les choses bien. »

Foire aux cultes sur le Net

ame indienneL’esprit de Dieu souffle-t-il sur Internet ? C’est ce que laisse entendre une enquête du Barna Research Group, un institut de sondage californien. Elle révèle en effet que de plus en plus de jeunes utilisent le web pour entreprendre une démarche religieuse et trouver des réponses à leurs questions existentielles. Et les (res)sources ne manquent pas : toutes les religions, Eglises et groupes spiritualistes ont compris qu’au troisième millénaire la bonne parole se propagerait forcément via la toile informatique mondiale. Exemple : l’Annuaire de la francophonie religieuse et spirituelle présente un listing organisé par catégories de 2 927 sites ! Techniques de méditation bouddhiste, versets bibliques commentés, exposés théologiques multiconfessionnels, forums animés par des pasteurs, prêtres, rabbins… rien n’est négligé. Bien sûr, il en est dans le monde virtuel comme dans la vie réelle : chacun prêche pour sa chapelle. Et dans ce que certains considèrent comme une « foire à la spiritualité », se glissent des sectes encore plus difficiles à repérer. Une bonne nouvelle : grâce au réseau planétaire, les nouvelles générations ne pourront plus croire en leur Dieu comme si celui des autres n’existait pas.

Erik Pigani

 

  • A lire
  • Mon âme indienne, Le Souffle d’Or

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La spiritualité, un nouveau besoin ?

Posté par othoharmonie le 19 avril 2014

 

On pressentait, depuis une vingtaine d’années, que religion et spiritualité ne se confondaient plus. Pour la première fois, un sondage exclusif Psychologies magazine/BVA en apporte la preuve. Un bon tiers d’entre nous vit déjà une spiritualité distincte de toute pratique religieuse et même, pour certains, d’une croyance en Dieu. L’occasion pour chacun, dans ces ultimes jours du siècle, de se poser une question personnelle : n’ai-je pas une vie spirituelle, peut-être même à mon insu ?
Une spiritualité à la seule échelle humaine s’éprouve aux confins de deux besoins : celui d’une vie intérieure, de la recherche silencieuse du sentiment unique d’exister ; celui de se sentir relié au monde et aux autres, et pas seulement par des nécessités pratiques ou des liens formels.

 article de Jean-Louis Servan-Schreiber

Ce siècle ne tient plus qu’à un fil. Dans quelques jours, il va s’enfoncer dans l’Histoire et, avec lui, un peu de nous-mêmes. Quel héritage nous laisse-t-il ? Pour certains, un triomphe de la science et de la technique, mais aussi un champ de ruine des valeurs et des certitudes. Pour d’autres, une ardoise neuve sur laquelle nous allons pouvoir tout imaginer et réinventer. Les deux sont vrais. Question de point de vue.

images (2)Toutes les structures qui allaient de soi pour nos grands-parents ne nous soutiennent plus guère : religions, antireligions, idéologies, doctrines, politique, syndicats, cellules, institutions (y compris école), valeurs morales et même couple et famille. Il nous en reste bien quelques bribes qui remontent çà et là, en cas d’urgence. Mais que tout cela semble fatigué, vermoulu !
Et nous-mêmes, là au milieu ? Debout et libres, certes, mais pour le moins déstructurés.

Comme le dit la chanson Clopin-Clopant de Bruno Coquatrix, « de temps en temps le cœur chancelle » quand le réel se fait trop compliqué, trop brutal à vivre. Crises, maladies, ruptures, « catas » et deuils nous cueillent sans gilet pare-balles. Les chanceux trouvent un peu d’écoute et de compréhension sur l’oreiller ou sur le divan. Pour les autres, c’est chacun sa merde. Valium ou Prozac, et l’on sent bien qu’il manque une pièce au puzzle.

Spiritualité : mot valise ?

Au tournant du siècle, on parle de plus en plus de spiritualité, mais l’on ne sait pas précisément ce que c’est. Mot valise dont on peut sortir ce qui nous arrange : écoute inspirée d’une cavatine de Schubert, méditation zen, contemplation de la voûte étoilée – avec variante collective en cas d’éclipse –, lecture de Krishnamurti, orgasmes simultanés les yeux dans les yeux, odeurs d’encens, chants rythmés pendant une visite papale… Et, pour ceux qui se sentent isolés, adhésion aux témoins de Jéhovah ?
La vie, la mort, ça ne s’enseigne pas à l’école, ça ne s’apprend plus à l’église et, en famille, on préfère regarder la télévision que se prendre la tête. Pourtant, ni vous ni moi ne pouvons y échapper.

Spiritualité ? Besoin diffus, questionnement inévitable ou soif ardente ? Si ce n’est pas la religion, ni la sagesse, ni le sacré, ni la beauté, ni l’amour, c’est quoi au juste ? Un cocktail de tout ça ? N’en vient-on pas même à parler de  » spiritualité laïque  » ? Essayons, modestement, de cerner de plus près cette expérience.Car, quelle qu’en soit la source, la spiritualité s’éprouve avant de se penser.  » Le jour de l’enterrement de mon père, j’ai senti que, forcément, bientôt, ce serait mon tour, raconte Corinne. Je me voyais déjà dans la même boîte que lui et, curieusement, j’ai éprouvé une grande paix. Comme un oui à l’inévitable.  » Quand on se sent envahi par un vécu imprévu, ce qui survient aussi dans certains moments amoureux, on peut parler de dimension spirituelle de soi-même. Corinne aurait pu, dans la même situation, éprouver de la panique plutôt qu’un apaisement. L’angoisse fait aussi partie de la spiritualité. On n’aborde pas impunément les mystères de l’existence.

Les grandes questions

Dans le temps, on priait, pour se plaindre ou implorer un coup de main ; maintenant, on avale. Notre naissance, notre mort, la souffrance, le mal, l’injustice, le sens même de notre vie : nous sommes confrontés, du début à la fin, à l’inexplicable. Pendant notre siècle s’y sont ajoutées une série de questions engendrées par la science : toute pensée n’est-elle qu’échanges chimiques dans le cerveau ? La vie n’existe-t-elle qu’ici ou peut-on l’imaginer sur d’autres planètes ? Supprime-t-on un être vivant comme nous, en cas d’avortement ? Si l’univers a 15 milliards d’années, qu’y avait-il avant, et où ? Cette grandiose complexité peut-elle résulter du seul hasard, ou obéit-elle à un projet, et lequel ? Evidemment, personne, y compris le plus savant des savants, ne peut répondre autrement que par un  » je ne sais pas  » ou un acte de foi.

Dieu peut nous offrir une hypothèse séduisante, familière – il n’est pas un athée qui ne se surprenne à dire  » Dieu merci !  » – et une seule réponse à toutes les questions. L’ennui, c’est qu’il faut y croire solidement. Une foi intermittente peut être encore plus troublante qu’un agnosticisme qui admet son ignorance. Si l’on a la foi – et ça ne se commande pas plus que l’amour –, une vie spirituelle en découle naturellement. Mais la vraie foi est rare. Et c’est là que les complications commencent, puisque les mystères n’en persistent pas moins.

Le refus de la spiritualité

A l’inverse, le refus de toute spiritualité – volontaire ou de fait – est, de nos jours, plus répandu. On refuse de s’attarder sur les questions qui dérangent ou l’on s’arrange pour les éviter. Mais rien ne garantit qu’elles ne vont pas nous assaillir avec vengeance à l’occasion de l’une des inévitables tragédies de notre parcours terrestre. C’est une des raisons pour lesquelles certaines personnes frappent à la porte d’une secte.  » Je n’avais déjà pas une très haute opinion de moi-même, mais lorsque j’ai été licencié, ça a été la panique, reconnaît Marcel. Alors, mon copain Simon m’a emmené à l’Eglise de Scientologie. Elle m’a accueilli et a su m’aider à m’en sortir. Je ne me sens plus seul.  » N’est-ce pas sur une certaine confusion entre élan spirituel et nécessité thérapeutique que prospèrent bien des sectes ?

Entre la foi, belle mais rare, et l’athéisme de conviction ou de négligence s’ouvre la vaste zone où campent la plupart d’entre nous. Un champ pacifié où l’on ne se déchire plus comme aux temps, révolus, de l’anticléricalisme – même si ce dernier renaît dans les pays où sévissent des formes d’intégrisme, comme Israël ou bien des pays musulmans. La spiritualité est affaire toute personnelle, à tel point qu’on a pudeur à en parler, plus encore que de sa sexualité. Peut-être aussi parce qu’on a du mal à expliquer ce qu’on recherche :  » Je mène une vie tellement speedée, entre les enfants et mon job, que je n’ai jamais le temps de penser à ces choses-là, explique Juliette, 30 ans. Pourtant, quand j’avais 15-16 ans, j’ai lu, dans les dernières lignes de “L’Etranger” de Camus, une phrase qui m’a frappée. Dans sa cellule, le condamné disait “s’ouvrir pour la première fois à la tendre indifférence du monde”. Il m’arrive d’y repenser et de me demander s’il faudra attendre la fin de ma vie pour m’ouvrir, moi aussi, à autre chose que les détails du quotidien. « 

Le retour au primordial

Même si l’on refuse les recettes spirituelles toutes construites des religions de notre enfance, le désir de se sentir relié à quelque chose qui nous dépasse, ou de comprendre sur quoi s’appuient les principes moraux que l’on applique tant bien que mal, ne s’efface pas. Même si le bouddhisme nous invite à reconnaître qu’il y a du sacré dans le moindre de nos gestes routiniers, pour la plupart d’entre nous, un moment de spiritualité est ce qui nous sort, par le haut, de notre quotidienneté. C’est une aspiration à se mettre en contact avec un sentiment élevé, une partie plus noble de nous-même, un lien avec l’univers ou la communauté des humains.

Ce ressenti intérieur fort vient aux uns grâce à une pratique précise, aux autres à l’improviste. Pour prier, ne faut-il pas s’agenouiller ; pour méditer, se mettre en zazen ? Ce n’est pas indispensable, mais ça facilite un changement de niveau ou d’attitude. Prière, méditation, contemplation, silence, voire chant : tous rituels pour nous mettre en contact avec la part inexprimée de nous-même. Des moines chrétiens font zazen, des athées font des cures de silence. Dans la spiritualité ne trouve-t-on pas cette pleine conscience du monde et de nous-même, trop souvent occultée par la réflexion ou la pensée ?
Dans un âge où l’on communique sans trêve, où les médias nous assourdissent, la part d’ineffable de chacun restera muette si on ne lui fait pas l’aumône d’un peu de silence. Ce qui remonte alors peut être sublime ou banal. Mais éprouver le simple sentiment d’exister, pour rien et sans but, là, dans l’instant, est un retour au primordial

Une spiritualité active

Une spiritualité active, quel que soit son cheminement, c’est un rendez-vous avec l’essentiel en soi, une exploration intérieure, une écoute de ce qui s’exprime le moins, voire une rencontre avec l’imprévu ou l’inconnu.
Car la spiritualité peut faire irruption dans notre vie comme un chat silencieux qui attendait que la porte s’ouvre. Ce sont des instants qui bouleversent une existence. André Frossard a décrit sa révélation, dans son fameux Dieu existe, je l’ai rencontré (Fayard, 1975), ou la conversion subite d’un athée sans complexes. Mais il existe une mystique sans divin, comme le relate André Comte-Sponville :  » Une grande paix, […] la suspension ou l’abolition du temps et du discours. La première fois, cela se produisit à L., la nuit, en forêt, alors que je marchais en silence, derrière quelques amis. […] Paix, grande paix. Puis, soudain, cette simplicité merveilleuse et pleine. Il me semblait que tout l’univers était là, présent, sans mystères ni questions, sans volonté ni sens, et que je m’abolissais en lui, […] cet infini présent de la présence. Béatitude. […] J’avais vécu là mon premier instant de plénitude, que je n’oublierai pas.  » (in Une éducation philosophique, PUF, 1998) Ce matérialiste n’est pas devenu, pour autant, croyant. Mais reconnaît là une véritable expérience mystique,  » presque miraculeuse « .

 Spiritualité et sagesse

Enfin se pose une question, contemporaine : quelle relation entre spiritualité et sagesse ? Elles sont cousines plus que sœurs. Bien souvent, elles se rencontrent dans une même personne et ne font pas mauvais ménage. L’une naît d’un ressenti, d’un vécu, qu’ils soient spontanés ou favorisés ; l’autre découle d’une réflexion sur l’existence, d’une philosophie incarnée. On peut vivre une spiritualité sans en tirer de conséquences éthiques, voyez les héros de Dostoïevski. Même si c’est rare, un sage n’a pas forcément de dimension spirituelle – bien qu’il connaisse toujours une forme de compassion – car son attitude peut être essentiellement rationnelle et consciente. Il y a des sages inspirés, voir mystiques, version swami indien, et des sages de pure raison, comme le stoïcien Marc Aurèle. Une spiritualité, même intense, ne constitue pas une assurance contre la souffrance. Tandis qu’une sagesse n’a de sens que si elle aide à mieux vivre, à approcher de plus près le bonheur.

Dégagée désormais de l’obligation de se référer à une religion, la spiritualité devient l’aventure possible de chacun. Une aventure aussi intime qu’imprévisible qui oscille entre une impression cosmique et le simple accès à une partie plus élevée de nous-mêmes. Elle se nourrit de beauté ou de tragique, de solitude ou de partage, de silence ou de musique. Elle peut nous rendre meilleurs ou plus vivants, elle attire ou elle inquiète. Humble ou sublime, on peut parier qu’aucune de nos vies ne se déroulera jusqu’à son terme sans que cette dimension de notre être ne se soit exprimée au moins une fois.

Chacun est un mystique qui s’ignore ?

Avez-vous déjà eu l’impression que le fonctionnement habituel de votre conscience se déréglait, vous amenant à ressentir un autre rapport au monde, à votre corps, à vous-même ? 
Si vous répondez oui et si vous pouvez clairement situer l’épisode déclencheur d’un tel état, vous faites peut-être partie des  » mystiques sauvages  » analysés par Michel Hulin, grand spécialiste de philosophie indienne et auteur de La Mystique sauvage (PUF, 1993). Parmi eux, Miss Montague, jeune femme hospitalisée en 1915, qui, lors de sa première sortie sous la véranda de l’hôpital, vécut une expérience inhabituelle : « Je ne vis aucune chose nouvelle mais je vis toutes les choses habituelles dans une lumière nouvelle. »

Ou l’écrivain John Cowper Powys, qui, regardant un objet familier, s’étonne :  » C’est comme si je n’avais jamais réalisé auparavant à quel point le monde est beau.  » Le plus souvent spontanés, ces états modifiés de conscience semblent favorisés par certaines conditions : la solitude, la convalescence, les promenades dans la nature, etc. S’ils ne mènent pas forcément à la foi en Dieu, ils obligent toujours à s’interroger sur le sens de la vie.

Pascale Senk

images (3)Gare à l’amalgame entre spiritualité et sectes

L’épanouissement d’une spiritualité individuelle, en dehors des institutions religieuses, favorise aussi la prolifération des sectes qui tentent de récupérer ces aspirations à des fins mercantiles et de pouvoir. Du fait de ces scories, l’amalgame est fréquent entre des offres de spiritualité un peu anarchiques – méditation orientale, développement personnel, nouvelles thérapies, groupes de prière, mouvance New Age – et les dérives sectaires. La plupart des groupes et des réseaux de cette nébuleuse psycho-mystico-ésotérique ont des présupposés généreux, quelquefois brouillons mais sans dangers. L’association Clin d’œil vient de lancer un manifeste pour dénoncer cette assimilation qui sert l’obscurantisme.

Pour que chacun puisse exercer son discernement face à un groupe, un prétendu thérapeute ou un maître spirituel, voici quelques critères simples à vérifier :

- Pressions pour obtenir des contributions financières.
– Intolérance du groupe qui prétend posséder l’unique vérité.
– Culte inconditionnel du leader… 
– Garder à l’esprit qu’un thérapeute ou un maître authentique cherche à rendre l’individu plus autonome. Une personnalité sectaire tente de le rendre de plus en plus dépendant de sa personne et n’hésite pas à jouer sur le registre de la culpabilité.

 

Parution sur http://www.psychologies.com/

 

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5 leçons de sagesse Massaï

Posté par othoharmonie le 18 avril 2014

 

Chercher et trouver sa cohérence intérieure, rester relié aux autres et à l’univers, c’est ce à quoi nous invite le peuple massaï. L’anthropologue Xavier Péron nous fait découvrir ce mode de vie dans son dernier livre, également manuel de développement personnel.

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D’eux, on ne connaît que leur longue silhouette au port altier drapée de rouge. Les Massaïs, un peuple d’éleveurs et de guerriers, figurants photogéniques dans Out of Africa (film de Sidney Pollack, 1986) ou des documentaires sur le Kenya. Ce que l’on ignorait, jusqu’au travail de l’anthropologue Xavier Péron, c’est qu’ils se transmettent de génération en génération une spiritualité riche, vécue au quotidien, d’une portée universelle et qui conçoit l’homme comme le cocréateur de l’univers.

Pour les Massaïs, comme dans la spiritualité amérindienne ou le taoïsme, l’humain est avant tout un être relié. Aux autres, à son environnement et à une force intelligence qui le dépasse et qu’eux-mêmes nomment Enk’Aï, « la déesse-mère, source de toute vie, explique Xavier Péron. Elle prend différents aspects, multiplie ses manifestations, et chacun est en relation collective et individuelle avec elle, par les prières, les danses, les pensées comme par les actes. Enk’Aï envoie par exemple la pluie qui nourrit les bêtes et les hommes, mais aussi les épreuves qui leur permettent de grandir spirituellement ». 

Xavier Péron

est enseignant-chercheur en anthropologie politique et expert des peuples premiers. Il est l’auteur desNeuf Leçons du guerrier massaï(Jouvence Éditions, 2013). Dans ce récit initiatique, l’auteur nous présente la spiritualité massaï et la façon de mettre en pratique ses principes au quotidien.

L’anthropologue a vécu pendant des années parmi eux, a été initié à leurs rites et, depuis trente ans, poursuit une relation spirituelle intense avec Kenny, son ami et guide massaï. « Chez eux, remarque-t-il, il n’existe ni philosophie ni dogme religieux ; ils vivent la réalité en faisant corps avec elle, tout en ayant conscience de ce qu’ils doivent apporter en tant qu’individus et membres d’une collectivité pour maintenir l’équilibre et l’harmonie dans la grande chaîne de la vie. »

Selon lui, leur spiritualité peut se traduire par ces lignes de force : vaincre ses peurs, rester relié, ne pas créer de division en soi et autour de soi, tirer parti des épreuves, faire l’expérience de ce qui est.

« C’est ce que je m’efforce de pratiquer au quotidien et qui a changé ma vie, et c’est pour cela que je me sens leur passeur en Occident. Pour les hommes séparés, dispersés, agités que nous sommes devenus, il me semble important de diffuser leur message d’appel à l’unité intérieure, à l’ouverture de la conscience, deux ferments essentiels d’un vivre-ensemble plus juste et plus humain. » C’est cette voix que nous avons eu envie de faire entendre. Non pas pour idéaliser une culture ou un mode de vie, mais plutôt pour nous nourrir et nous inspirer. En découvrant les cinq piliers de la spiritualité massaï.

Ilmao : accepter la dualité

Le terme « massaï » provient du mot ilmao (« les jumeaux »), qui exprime la croyance selon laquelle toutes les choses sont reliées à d’autres pour former des paires d’éléments complémentaires. Comme dans le tao et sa figure du yin et du yang, les contraires existent, mais ils ne sont pas antagonistes. La dualité règne à l’extérieur, comme le jour et la nuit, la pluie et la sécheresse ; et à l’intérieur de soi, où s’entrechoquent les élans altruistes et les désirs égoïstes, la peur et le courage… La refuser est, pour les Massaïs, le meilleur moyen de souffrir et d’être en conflit avec les autres. D’où la nécessaire acceptation de la dualité du monde et des êtres. Une posture qui favorise la patience et la bienveillance.

LA PRATIQUE

Identifiez vos jumeaux intérieurs. Dressez la liste de vos qualités et corrélez chacune d’entre elles à un défaut et à des comportements qui ont pu vous conduire à des échecs ou à des conflits. Exemple : « généreux » peut aller de pair avec « inconséquent », la générosité peut aussi devenir attente de réciprocité et être source de désaccord lorsqu’elle reste à sens unique. Le but est de poser sur soi et sur les autres un regard nuancé et indulgent.

Mettez en adéquation vos mots et vos actes pour éviter les dissonances et les antagonismes, sources de déséquilibre personnel et relationnel. Actes et mots doivent être jumeaux. Aucune différence entre le dire et le faire chez les Massaïs, qui savent par expérience que cette cohérence est la garantie de relations saines et durables.

Encipaï : être dans la joie

Pour les Massaïs, la joie n’est pas un but mais un point de départ. Elle est la manifestation du lien vivant qui les unit à la déesse-mère, source de toute vie. La gratitude nourrit la joie, qui, à son tour, renforce le sentiment de gratitude. Gratitude d’être en vie, de pouvoir se nourrir, de pouvoir partager les épreuves et les réjouissances… Partager et se réjouir ensemble, mettre en lumière ce qui va bien, faire preuve d’humour sont autant de pratiques qui entretiennent chaque jour la joie de vivre. Être dans la joie est également une forme de politesse que l’on doit aux autres, elle génère un confort relationnel dont chacun profite. D’ailleurs, les Massaïs ont l’habitude d’annoncer une mauvaise nouvelle en la « coinçant » entre deux bonnes. Cette formulation met du baume au coeur de celui qui la reçoit et allège le fardeau de celui qui la transmet.

LA PRATIQUE

Cultivez la gratitude au quotidien, en commençant par prendre conscience des dons, aussi minuscules soient-ils, que vous recevez. La porte que l’on vous tient, le sourire que l’on vous adresse, le repas que vous partagez… Donnez à votre tour, en conscience, du temps, des compliments, des conseils, toutes ces petites choses qui adoucissent et embellissent les journées de ceux qui vous entourent.

Positivez en « enserrant » une pensée ou un fait négatif entre deux pensées ou faits positifs, comme le font les Massaïs.

Reconnectez-vous à l’énergie de la nature. C’est elle qui nous fait nous sentir maillons de la grande chaîne du vivant. Rien de tel que de s’adosser à un arbre et de perdre son regard dans sa frondaison jusqu’à se sentir un avec lui pour retrouver sérénité et force intérieure. Deux éléments constitutifs du bonheur d’être.

Osina kishon : accueillir la « souffrance-don »

Pour aller plus loin

Xavier Péron donne des conférences d’éveil à la spiritualité massaï. Rens. :xavierperon.com.

Sans souffrance, pas d’éveil. C’est la conviction profonde des Massaïs, qui voient, dans les épreuves envoyées par Enk’Aï, l’opportunité de grandir. Un de leurs proverbes sacrés en témoigne : « La chair qui n’est pas douloureuse ne ressent rien. » Dans cette perspective, ils remercient la déesse-mère de placer l’épreuve-opportunité sur leur chemin. Leur rituel collectif consiste alors à « nouer son coeur » en faisant huit noeuds (représentant l’épreuve) sur une corde (le coeur), qu’ils vont dénouer (symbole de la résolution), montrant ainsi que, encore une fois, tout est duel et que l’on ne peut délier un problème qu’en le reconnaissant comme sien puis en affrontant la difficulté pour la résoudre.

LA PRATIQUE

Procédez comme les Massaïs, qui visualisent leurs émotions (peur, tristesse, colère, abattement, désir de vengeance…) après le rituel collectif de la corde, et les transportent vers leur coeur pour les brûler et les transformer en vive énergie, à la manière de l’alchimiste qui, dans son athanor, transforme le plomb en or.

Interrogez ensuite votre épreuve comme le Massaï qui parle à l’épreuve en ami. Que veux-tu me dire ? Quelle est ma responsabilité ? Dois-je attendre ou agir ? Quelle direction dois-je prendre ?

Notez toutes les réponses qui vous viennent spontanément sans les censurer ni les juger.

Eunoto : devenir un planteur

À la posture du constructeur, les Massaïs préfèrent celle du planteur. Alors que le premier se concentre uniquement sur la réalisation de l’objectif qu’il s’est fixé, la construction, le second plante son arbre, le soigne, mais accepte de faire avec ce qui lui échappe (le rythme de croissance, les aléas de la météo…). Concrètement, être planteur, c’est se mettre en phase avec le moment présent, s’adapter et se maintenir dans un état entre vigilance et confiance, volonté et humilité. Cette souplesse est facteur de sérénité, de patience et met à l’abri de la colère et de la déception.

LA PRATIQUE

Ancrez-vous, comme l’arbre, dans le moment présent. Les Massaïs disent : « Le passé est un pays où je n’habite plus. » Ici et maintenant, que ressentez-vous ? Comment pouvez-vous composer au mieux avec la situation et les personnes présentes ? Que charriez-vous d’inutile et de pesant du passé ? Quelles projections anxieuses vous empêchent de goûter à la saveur du présent ?

Plantez un arbre, prenez soin d’une plante. Cela vous incitera à mettre momentanément les « je veux » sur la touche et vous aidera à faire simplement avec ce qui est.

Aingoru enkitoo : rechercher le bon ordre

Être dans la justesse – dans ses mots, dans ses actions –, cela signifie pour les Massaïs être reliés à Enk’Aï. Une posture qu’exprime l’expression « avoir le regard clair et la démarche alerte ». La clarté du regard signifiant que la cohérence intérieure se voit de l’extérieur, et la démarche alerte témoignant d’un sentiment de légèreté et de sécurité dû à la certitude de marcher sur son bon chemin. Troubles, conflits, agitation sont, en revanche, les signes que l’on s’est décentré et que l’on s’est éloigné de sa « mission ». Car, pour les Massaïs, être en quête du bon ordre, c’est aussi chercher ce que l’on est venu faire sur terre.

LA PRATIQUE

Écoutez les messages de votre corps lorsque vous avez fait un choix, pris une décision.S’ils sont justes, sous les émotions superficielles (appréhension, excitation), vous devez ressentir une vague de calme, une sensation de paix intérieure, qui peut se traduire en mots par « ce n’est pas facile, mais c’est juste ». En revanche, interrogez-vous si vous ressentez des tiraillements, de l’inconfort, de l’agitation mentale et physique, et que ces sensations durent ou se manifestent chaque fois que vous pensez à votre choix ou à votre décision.

 

Parution de Février 2014 sur http://www.psychologies.com/

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Dessine-moi ton dieu

Posté par othoharmonie le 18 avril 2014

 

Un psy américain a analysé les dessins de 700 enfants du monde entier.
Sa conclusion : chacun a sa propre vision du divin et projette sur lui ses peurs ou ses espoirs face aux grands mystères de la vie.

Marie-Laure Uberti

téléchargementUn vieux proverbe hassidique dit que Dieu demeure là où l’homme veut bien le laisser entrer. Les enfants, eux, le laissent entrer volontiers, quels que soient leur religion, leur culture ou leur milieu social. Mais qui est ce Dieu ? D’où vient-il ? A quoi ressemble-t-il ? De quel sexe est-il ? Robert Landy, professeur de psychodrame à l’université de New York, figure importante du développement de cette thérapie, également comédien, écrivain et photographe, a posé ces questions à sept cents enfants du monde entier âgés de 4 à 12 ans. Il leur a demandé d’y répondre par un dessin accompagné d’une histoire.

A l’origine de ses recherches, une vilaine réflexion d’écolier.  » Un jour, ma fille Georgie revient très troublée de l’école : une de ses petites camarades l’accuse, elle et tous les juifs, d’avoir tué Jésus-Christ, raconte Landy. Après une discussion familiale autour de l’antisémitisme et de la tolérance en religion, mon fils Mackey, alors âgé de 5 ans, fait un dessin qu’il intitule : “Le juif est en prison parce qu’il a tué le Christ.” Visiblement, mon petit se débattait avec sa culpabilité amplifiée par les images du Christ crucifié. Son dessin me prouvait que l’intolérance religieuse le faisait réellement souffrir.

Cette histoire m’a beaucoup perturbé, et j’ai décidé de découvrir comment les autres enfants voyaient Dieu et supportaient cette intolérance. A la fin de mes recherches, j’ai emmené Mackey en Israël. Pendant ce voyage, il a dessiné une tout autre image de Dieu : un Romain tuait le Christ avec un sabre, un juif tuait le Romain avec un fusil, sauvait le Christ de sa croix et le conduisait dans un lieu où il trouvait la paix éternelle. Pour moi, la boucle était bouclée : mon fils avait fait la paix avec lui-même, sur un plan psychologique et spirituel. « 

L’enquête de Robert Landy

Au terme de deux ans d’enquête, Landy fait le constat suivant : le regard d’un enfant sur la spiritualité est déterminé par diverses influences, sociales, philosophiques et culturelles. Mais chaque enfant a aussi besoin de créer sa propre vision du divin pour expliquer les grands mystères du monde : d’où venons-nous, pourquoi souffrons-nous, qu’est-ce que la vie et la mort ? Pour les enfants, Dieu est  » vivant « . Et pas seulement à travers les religions traditionnelles mais aussi en tant que conscience spirituelle indépendante de toute convention. Pour nombre d’entre eux, le dessiner est un acte puissant et apaisant face à la mort, la guerre, la pauvreté. Dieu est vulnérable et très humain. Il a pourtant des ennemis. Il lui arrive d’être perdu et seul. Il travaille beaucoup et se fatigue. Il demande donc aux enfants de l’aider et le soutenir…

Les enfants projettent leurs espoirs, leurs peurs, leurs peines et leurs joies sur leur dieu. Le plus surprenant est la facilité avec laquelle ils en parlent. Peut-être parce qu’ils l’ont fait à travers des dessins, des histoires. Là se trouve le lien avec la vie spirituelle : Dieu vit dans l’imagination et non dans la partie purement rationnelle du cerveau. 
Pour illustrer son enquête, Robert Landy a choisi sept dessins parmi les plus beaux, les plus imaginatifs et les plus mystérieux. Représentant un large éventail de cultures et de religions, les petits auteurs partagent un sentiment paradoxal : Dieu est à la fois tolérant et intolérant, humain et divin, sérieux et joueur, présent et absent, créateur et créé, un et multiple, calme et agité, rationnel et irrationnel. Des représentations spontanées et sincères qui permettent à chacun de nous de se plonger dans ses propres croyances et ses propres doutes.

Comment parler aux enfants ?

Vous êtes agnostique ou vous pratiquez une spiritualité toute personnelle, d’où votre embarras face aux questions de votre enfant. Quelques réponses clés proposées par Marie Leban, psychanalyste.

Est-ce que Dieu existe ?

Soyez sincère. Dites-lui par exemple :  » Moi, je n’y crois pas, mais d’autres personnes pensent qu’il existe, comme ton grand-père. Tu peux en discuter avec lui.  » Vous pouvez aussi lui faire part de vos propres croyances :  » Moi, je ne crois pas en Dieu, mais en l’être humain.  » Cela le rassurera.

Quand et comment l’évoquer ?

S’il ne vous pose pas de questions, inutile de le devancer. S’il vous interroge, deux options : présentez Dieu comme quelque chose de merveilleux qui le dépasse, ou racontez-lui les histoires formidables d’Abraham, Moïse, Noé, etc.

Les erreurs à éviter ?

Dire que Dieu est au ciel (trop archaïque). Parler de Dieu comme l’exclusivité d’une religion (juifs, musulmans et chrétiens ont le même Dieu). Imposer des comportements ou des idées au nom de la religion.

Valérie Colin-Simard sur http://www.psychologies.com/

 

 

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Les neurones de la spiritualité

Posté par othoharmonie le 17 avril 2014

 

Différentes études ont mis en évidence une activité spécifique de certaines régions du cerveau lors d’expériences mystiques. Une piste pour expliquer les révélations de Jeanne d’Arc, Thérèse d’Avila ou nos propres croyances.

David Servan-Schreiber

téléchargement (6)Entouré de scientifiques dans un laboratoire d’imagerie fonctionnelle cérébrale, à Philadelphie, aux Etats-Unis, un méditant bouddhiste décrit ce qu’il vient de ressentir en atteignant son niveau habituel de transcendance. « Il y avait une sensation d’énergie centrée en moi, qui s’éloignait vers l’espace infini puis me revenait. Un profond sentiment d’amour. Le sentiment que les frontières autour de moi se dissolvaient ; qu’une connexion s’établissait avec une énergie et un état d’être brillant de clarté, de transparence et de joie. Je me sentais profondément relié avec toute chose. »

Lors de la même expérimentation, une religieuse franciscaine a prié pendant trois quarts d’heure : « J’ai ressenti une communion, une paix, une ouverture. Le sentiment d’être tantôt centrée dans le silence et le vide absolu, tantôt remplie par la présence de Dieu, comme s’il infiltrait tout mon être. »

Minicrises d’épilepsie

La dizaine de participants à l’étude, principalement chrétiens et bouddhistes, ont tous fait état de sensations subjectives comparables, même si leur foi était différente. Lorsqu’ils signalaient le sommet de leur expérience en tirant sur une petite corde, une substance faiblement radioactive était injectée dans leurs veines pour marquer les régions de leur cerveau en activité. Résultat : une signature neurologique spécifique, la désactivation de la zone postéro-supérieure du lobe pariétal, proche du sommet du crâne. Cette région est nécessaire à l’orientation du corps dans l’espace, de soi par rapport aux autres et au monde. Il est possible qu’en la privant de stimulation extérieure – par une concentration intense – elle soit comme « anesthésiée » et induise la sensation de dissolution du soi dans l’espace et le temps décrite par les mystiques (Newberg et Alavi in Psychiatry Research : Neuroimaging n° 106, 2001).

 

Michael Persinger, de l’Université laurentienne, au Canada, travaille depuis vingt ans sur le rapport entre les activités électriques anormales repérées dans les lobes temporaux et les expériences spirituelles (Perceptual & Motor Skills, US, n° 76, 1993). Il est aujourd’hui persuadé que celles-ci correspondent avant tout à de minicrises d’épilepsie dans les aires spécialisées du langage et des émotions. Freud, déjà, dans une préface aux Frères Karamazov (Folio Gallimard, 1973), établissait un lien entre la maladie épileptique de Dostoïevski et sa préoccupation religieuse et morale. Le même argument a été utilisé pour expliquer les révélations de saint Paul, Jeanne d’Arc ou sainte Thérèse d’Avila. Idem quant à l’immersion presque obsessionnelle – mais si géniale – dans des états modifiés de conscience, qui permettent de vivre des événements sous l’aspect de l’éternité. Par exemple, dans le cas de la madeleine de Proust, où se télescopent passé et présent. Depuis une centaine d’années effectivement, une tendance marquée à la religiosité est décrite chez les malades qui souffrent d’épilepsie du lobe temporal.

Mysticisme électrique

Le docteur Persinger ne s’est pas contenté d’une spéculation historico-clinique. Il a créé un casque électromagnétique, qui permet d’induire une activité électrique anormale dans les lobes temporaux. Certains volontaires racontent qu’à chaque stimulation, ils vivent des expériences étranges, voire « supernaturelles », telle la sensation d’être sortis de leur propre corps et de s’observer de l’extérieur, ou simplement le sentiment de la « présence tangible du divin ». Pour le scientifique, c’est la preuve que les expériences spirituelles sont avant tout la manifestation de dysfonctionnements temporaires dans certaines aires cérébrales, dysfonctionnements qui peuvent être induits par diverses circonstances : stress émotionnel, baisse d’oxygène, hypoglycémie, ou simplement fatigue. Ce serait la raison pour laquelle les rites, qui facilitent les expériences mystiques, utilisent souvent une combinaison de ces facteurs. Exemple : la flagellation chrétienne ou les pratiques solitaires des moines tibétains dans les montagnes de l’Himalaya.

Un professeur de psychiatrie spécialisé dans le traitement par électrochocs tirait de ces observations une conclusion lapidaire : « Au fond, la transcendance mystique se résume à une petite décharge électrique du tronc cérébral. Et dire que depuis cinquante mille ans, les hommes s’égorgent pour ça… » Pour lui, comme pour beaucoup de scientifiques, « Dieu » et la transcendance sont une émanation du cerveau de l’Homo sapiens ; une hallucination à laquelle les neurones sont réceptifs, et autour de laquelle les humains ont créé des systèmes de pensée plus ou moins rationnels pour la justifier. Une conclusion logique et tentante. Surtout pour nos esprits matérialistes, beaucoup plus à l’aise avec ces données observables qu’avec l’idée d’une présence immatérielle, que nos instruments ne peuvent percevoir ni objectiver. En effet, pas d’enregistrement de Dieu, pas de trace sur papier millimétré, alors que cette capacité du cerveau à créer une expérience du spirituel, elle, est parfaitement démontrable.

Mais ce raisonnement peut aussi être retourné contre lui-même. La stimulation du cortex visuel évoque des images ; celle du cortex auditif, des sons ; celle du cerveau limbique, des émotions. Et cela ne remet aucunement en doute l’existence réelle d’objets à visualiser, de sons à entendre ou de situations à ressentir. Dans un autre registre, on constate chez les consommateurs d’ecstasy une tendance à éprouver une intense émotion amoureuse envers n’importe quel partenaire disponible. Ce produit active donc les zones du cerveau impliquées dans la véritable émotion amoureuse. Mais l’existence de telles zones et le fait qu’elles puissent être stimulées ne remettent pas en question l’existence même de l’amour. Une seule conclusion légitime s’impose : notre cerveau est prédisposé à certaines expériences, dont la vision, l’audition, l’amour et… la spiritualité.

Mystère persistant

Nous savons, depuis les travaux de David Hubel et Torsten Wiesel, lauréats du prix Nobel de physiologie et de médecine en 1981, sur le cortex visuel (Nature n° 299, 1982), que les aires cérébrales dont nous ne faisons pas usage s’atrophient. On peut imaginer que les aires de réception spirituelles de beaucoup d’entre nous ont connu le même scénario.

La démonstration scientifique de la propension du cerveau à la spiritualité viendra probablement soutenir le développement en Occident de traditions telles que le bouddhisme, l’hindouisme ou le soufisme, qui apportent une sorte de « technologie » de l’expérience spirituelle. Mais il y a toutes les raisons de croire que le mystère qui persiste au-delà de la science et de la théologie restera essentiellement le même : le cerveau a-t-il créé un Dieu qu’il est apte à percevoir, ou Dieu a-t-il créé le cerveau de l’homme pour qu’il reçoive son message…

La foi et la médecine

Jusqu’à l’avènement des antibiotiques – avec l’efficacité qu’on leur connaît –, la confiance du malade dans le traitement avait toujours semblé essentielle à son succès. Armand Trousseau, un grand médecin français du XIXe siècle, disait même à ses élèves : « Soignez le plus grand nombre de malades possible avec les nouveaux médicaments avant qu’ils ne perdent leur efficacité » ; sous-entendu : «… avant que les malades n’y croient plus. » Pour bon nombre de maladies, nous savons maintenant que « l’effet placebo » – la guérison induite par la confiance – est efficace dans près de 70 % des cas si trois conditions sont respectées : le malade y croit, le médecin y croit, et leur relation est basée sur une confiance réciproque. Et la médecine moderne commence à reconnaître l’existence de l’effet inverse : que le pessimisme peut tuer.

Au-delà de la simple confiance, la ferveur religieuse semble elle aussi induire une meilleure santé générale : moins d’anxiété et de dépression, moins d’hypertension, et une durée de vie plus longue. Jung, déjà, conseillait au fondateur des Alcooliques anonymes d’inclure dans ses fameuses « douze étapes » l’acceptation d’une « puissance supérieure ». Toutefois, quand elle devient excessive, cette ferveur n’a pas que des effets bénéfiques pour la santé. Les témoins de Jéhovah n’ont pas le droit aux transfusions de sang, ni les catholiques au divorce ou à la contraception. Et la culpabilité, sur laquelle les religions prennent trop souvent leur assise, est rarement la voie royale du développement personnel.

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La Chasteté n’est pas un moyen, mais une conséquence

Posté par othoharmonie le 2 avril 2014

 

 

imagesLa plupart des cercles de culture humaine « supérieure » et les cénacles de perfectionnement spirituel considèrent la chasteté comme moyen indispensable de libération et d’épanouissement.

Certes, la science nous enseigne que les énergies sexuelles dépensées selon les normes actuelles constituent un gaspillage de forces précieuses pouvant être utilisées à des fins plus utiles. 

Mais nous constatons que dans la pratique, le fait de postuler à priori la chasteté intégrale, comme moyen indispensable de libération spirituelle, aboutit très souvent à des désastres. Nous connaissons de nombreux « spiritualistes », d’ailleurs très sincères, qui « se forcent » à la chasteté et n’en ont pas les moyens. Ces êtres mènent une vie extérieurement chaste, mais leur esprit est affreusement encombré d’images érotiques, leurs conversations témoignent d’une préoccupation maladive du problème sexuel. Certains sont atteints d’une sorte de « logorée chronique », bavards insatiables qui, par le truchement de leur volubilité libèrent maladroitement les énergies refoulées. 

En présence de tels êtres, nous sentons chez eux la flamme d’un désir qui « transpire littéralement à travers tous les pores de la peau ». Ne perdons pas de vue que la spiritualité véritable est avant tout oubli de soi même, absence du souci-de soi-même. Nous constatons que chez beaucoup d’êtres non préparés, ou plus exactement mal informés, la chasteté entraîne non seulement une cristallisation du « moi » mais une exacerbation maladive de celui-ci. Il s’agit là d’authentiques abcès psychologiques générateurs de toute une gamme de névroses. 

De tels refoulements aboutissent à un état de tension psychologique et de crispation nerveuse qui ne résolvent en rien le problème du « moi ». Ce dernier s’affirme au contraire avec arrogance sous des formes déviées. Nous ne pouvons en aucun cas considérer de telles personnes comme « spirituelles » en dépit de leur fidélité intégrale à la chasteté dont elles se réclament. Si la personne est plus « psychique » que « physique », le refoulement sexuel peut donner lieu à des phénomènes dits « mystiques » se manifestant sous la forme de visions, d’auditions psychiques, d’extases mineures qui n’ont aucune commune mesure avec l’extase de l’état d’amour véritable. 

L’attitude des Sages d’Orient à cet égard, est particulièrement sévère. Nous blâmons l’ivrogne qui s’intoxique par la boisson mais nous sommes enclins à respecter les pseudo-religieux qui s’enivrent psychiquement en subissant les charmes de leur autohypnose. Le grand mérite de l’enseignement des Maîtres du Bouddhisme Zen et du psychologue indou Krishnamurti réside dans le fait d’une mise en garde particulièrement lucide et profonde de ces dangers.

Pour eux, il y a, sous-jacente aux recherches de jouissances matérielles ou spirituelles, la même entité, la même force pernicieuse : l’avidité du « moi ». A partir de l’instant où nous prenons profondément conscience du processus opérationnel de l’égoïsme en nous, nous nous libérons de lui. Cette libération nous affranchit de tous les problèmes, non parce que nous avons cherché à les résoudre sur leurs plans particuliers mais parce que le « créateur de problèmes » que nous sommes, en transformant son optique, nous libère de toutes les fausses questions. 

Il tombe sous le sens, qu’envisagé de ce point de vue, les problèmes de la chasteté ou de la non chasteté sont secondaires. L’essentiel à résoudre est plutôt le processus du « moi » dont l’ignorance engendre les innombrables formes d’avidité et parmi elles, l’activité sexuelle.

EXTRAIT de : L’Amour Humain  A L’Amour Divin de Ram LINSSEN -  Editions ETRE LIBRE

 1953 –  http://www.revue3emillenaire.com/doc/livres/Robert-Linssen-Amour-Humain-Amour-Divin-1953.pdf

 

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Démystifier la méditation

Posté par othoharmonie le 25 mars 2014

avec Fabrice Midal

téléchargement (1)La méditation… Comment s’ouvrir à une dimension plus grande et passer du méditant grenouille à la posture du yogi ? Fabrice Midal pense que c’est en se confrontant à la réalité du monde et à nos souffrances que nous pouvons trouver le véritable bonheur. Il nous livre le fruit de 25 ans de pratique dans son livre « Frappe le ciel, écoute le bruit ».

Non, la méditation n’est pas une sorte de technique de bien-être qui nous donnerait le bonheur sans effort, ni non plus une pratique austère réservée à quelques privilégiés. Selon Fabrice Midal, la méditation peut nous permettre de trouver un chemin permettant une prise de conscience plus grande, plus mystérieuse et passionnante. Dans son livre « Frappe le ciel, écoute le bruit », le philosophe se confie pour la première fois sur son histoire et sa découverte de la méditation. Le récit d’un homme qui ne cesse de se poser des questions quant au fait d’exister… En se confrontant à ses douleurs passées et aux souffrances du monde, il nous montre que le bonheur et l’unité sont une quête de chaque instant. Entretien exceptionnel. 

Méditer : quelle est votre définition de ce mot devenu passe-partout?

Méditer, c’est développer un sens d’attention délibérée dans le moment présent tel qu’il est — attention qui inclut toutes nos perceptions sensorielles, c’est-à-dire l’entièreté de notre être. Au quotidien, nous sommes généralement focalisés sur une seule chose. Nous pensons à quelque chose ou encore regardons un objet mais sans la plénitude de notre être — en oubliant notre corps. Avec la méditation, nous développons une attention ouverte. C’est à la fois extrêmement simple mais très déconcertant, car nous n’avons pas du tout l’habitude de cultiver une telle manière de faire. 

Beaucoup d’images véhiculées donnent de la méditation une image trop exotique… Elles nous empêchent de voir qu’il y a dans la méditation quelque chose d’incroyablement concret, évident et humain. Ce qui n’empêche pas qu’elle soit la quintessence au cœur de toute voie spirituelle, mais nous le comprenons que si nous partons de son incroyable simplicité. Méditer c’est apprendre à découvrir l’ampleur magnifique et infinie du présent. 

Dans votre livre, vous dites d’ailleurs : « méditer, c’est redevenir l’enfant que j’étais qui pose une question quant au fait d’exister… » 

Si je regarde ce que j’ai appris en 25 ans de méditation, ce n’est pas ce qu’on aurait tendance à croire quand on ne connaît pas cette discipline. Elle m’a appris à retrouver un sens d’innocence, à m’interroger et à pouvoir m’étonner à neuf devant la réalité. Ce qui me semble le plus décisif et à la fois le plus oublié, c’est que la méditation n’est pas une technique pour essayer de se calmer ou se détendre ou je ne sais quoi … Méditer, c’est entrer dans un rapport profond à notre existence pour révéler un sens de présence plus grand à soi, aux autres et au monde, une plus grande bienveillance qui nous guérit de la souffrance, de la douleur et de l’isolement. Méditer, c’est ainsi éclairer, éclaircir, enrichir, éveiller notre vie toute entière. 

Et redevenir intérieurement un enfant ? 

Au fond, tout être humain a en lui une forme d’innocence, quels que soient les actes qu’il a faits. Cet état est un aspect primordial de notre être… La méditation nous aide à le retrouver et c’est absolument fondamental. Nous ne sommes pas uniquement cet homme, qui a cette vie, ce statut social, cette identité sexuelle. Il y a quelque chose de plus profond en nous, un secret. C’est d’ailleurs cette dimension de conscience plus grande que vous essayez d’explorer à l’INREES. Tout l’enjeu de mon travail, tout l’enjeu du livre, c’est d’arriver à montrer comment cette dimension de présence plus ample est à la fois très simple, à portée de main, et en même temps extraordinaire ! La méditation est sans doute la plus simple et directe manière d’entrer en rapport avec ce mystère au cœur de notre propre existence. 

Nous n’avons pas toujours l’impression que ce soit si simple…

Nous avons tendance à penser que la méditation est soit compliquée et donc hors de portée, ou à l’inverse très simple et nous perdons alors l’émerveillement devant le secret de notre propre être. Mon livre s’appelle « Frappe le ciel, écoute le bruit » et non pas « Douze leçons pour être heureux tout de suite ». Il porte un titre énigmatique car être en rapport avec cette ouverture de la conscience, c’est être du côté de cette interrogation. Cette phrase ne nous donne pas de certitude, elle nous ouvre l’esprit. 

Souvent, quand nous souffrons, c’est que nous avons perdu cette ouverture… Si vous, vous frappez le ciel, est-ce que vous entendez quelque chose ? 

Dans votre livre, vous comparez le « yogi » au « méditant grenouille ». Quelles différences ? 

C’est Francisco Varela – neurobiologiste et philosophe chilien – qui en parlait souvent quand il enseignait la méditation… C’est lui qui m’a en grande partie formé. Il disait : « Surtout, ne devenez pas comme les méditants grenouilles ! Parce que les grenouilles, elles sont calmes, elles ne bougent pas, mais ce n’est pas pour autant qu’elles sont en rapport à une ouverture réelle. » 

Méditer ce n’est pas être calme – c’est être ouvert et vigilant, présent dans la plénitude de notre être. C’est ainsi que nous pouvons être en rapport avec ce qu’il appelait de manière absolument magnifique : le présent vivant. 

Le yogi est l’être qui ne sépare pas le travail spirituel de l’engagement dans le monde. Pour lui, méditer ce n’est pas essayer d’être calme, mais transmuter les activités ordinaires en voies de sagesse. Autrement dit, le yogi pratique la méditation pour faire de chacune de ses activités une occasion d’ouvrir son esprit et son cœur. C’est une voie très parlante pour nous, car je ne suis pas sûr que la voie monastique soit aussi pertinente pour nous aujourd’hui qu’elle a pu l’être à d’autres époques pour des raisons sociales et historiques. Or c’est ainsi en Orient que la voie des yogis a été pensée, comme une alternative à la voie monastique. Une voie spirituelle pour les gens engagés dans le monde, pour les laïcs. 

Comment définir cet engagement ? Que cache-t-il ? 

C’est l’idée que toute expérience mise dans le creuset de la présence va devenir l’occasion d’une plus grande ouverture. Nous avons parfois l’idée que la méditation consiste à se protéger de la réalité : grâce à la méditation, je vais être calme ; quelqu’un va me faire du mal, je vais être calme ; on va me marcher sur les pieds, je vais être calme… C’est une idée très pauvre de la méditation. J’ai été blessé par une situation ? Quelqu’un souffre autour de moi ? Comment faire de cette expérience l’occasion d’une plus grande ouverture, d’une plus grande intelligence, d’un sursaut d’amour, d’un sursaut de générosité, d’une plus grande responsabilité ? C’est cela la voie. 

Pourquoi étiez-vous si heureux, à l’adolescence, en découvrant la méditation ? Correspond-elle aujourd’hui à l’idée que vous en aviez à l’époque ? 

Les premiers mois où j’ai pratiqué ont été très difficiles. En pratiquant, je n’ai pas du tout expérimenté l’ouverture mais plutôt d’incroyables tensions. Pourtant, c’était une expérience d’un immense bonheur parce que j’ai eu le sentiment profond d’avoir trouvé un chemin et de ne pas être condamné à la souffrance qui était alors la mienne. Je prenais conscience qu’il existe une possibilité de travailler avec son être, quelle que soit la situation. C’est vraiment une chose très importante aujourd’hui où le découragement et le cynisme règnent si profondément. La méditation montre l’incroyable imposture de ce découragement. Je crois que la méditation redonne sens à une espérance tangible et concrète dont nous avons absolument besoin. 

Comment notre souffrance peut-elle nous permettre de prendre confiance ? 

Nous croyons souvent qu’en enlevant la souffrance, ou en luttant contre elle, nous allons être heureux et avoir la paix. C’est une idée profondément agressive ! Nier la souffrance pour essayer d’atteindre le bonheur ne donne pas le bonheur. Reconnaître la souffrance, la difficulté, nos parts d’ombre, c’est ce qui donne un sens réel de plénitude. C’est complètement déconcertant ! Ce que nous apprend la méditation, ainsi que toute voie spirituelle, c’est qu’il faut entretenir un rapport de douceur avec nos souffrances. J’ai eu une enfance extrêmement difficile… Et je raconte dans ce livre comment la méditation m’a aidé à guérir de mon enfance, et comment c’est en accueillant la souffrance qu’on peut la guérir. Au fur et à mesure que je suis rentré dans la pratique, j’ai découvert d’autres zones de souffrance, d’autres zones sur lesquelles travailler. Mon chemin de 25 ans de méditation n’a pas été un chemin en permanence heureux, mais une aventure palpitante et réelle où j’ai été confronté au manque d’amour, à mes insuffisances et à nombre d’aventures. 

Pourquoi idéalisons-nous les gens qui enseignent et parlent de méditation ? 

Parce que nous manquons tellement de confiance en nous. Nous pensons que nous ne sommes pas capables de faire comme les grands sages. 

Lorsque nous regardons quelqu’un qui pratique, comme le Dalaï-Lama ou Nelson Mandela, nous sommes intimidés. Nous voyons un personnage apaisé et serein. 

Or en réalité, ils ont été comme nous. Nelson Mandela a témoigné des immenses difficultés qu’il a traversées, des doutes qu’il a eus… Il n’est pas devenu cet homme extraordinaire, qui a réussi à surmonter la haine et montrer une possibilité d’ouverture, sans une immense réflexion, sans d’immenses tourments. La sérénité se gagne en étant honnête sur ses difficultés, non pas en restant immobile et insensible. Le Dalaï-Lama pratique encore tous les jours ! 

Pourquoi est-ce que je dénonce une vision romantique de la spiritualité ? Parce qu’elle nous fait beaucoup souffrir. Nous pensons qu’il existe des gens extraordinaires qui n’ont rien à voir avec nous. Nous rêvons d’être comme eux, et par là, nous ne nous mettons pas au travail. Nous renonçons à travailler sur notre propre esprit. C’est dommage ! Toutes les personnes extraordinaires ont été exactement comme nous, elles se sont juste mises en chemin. Le chemin ne nous demande pas d’être parfaits, mais d’être vraiment ce que nous sommes. 

Un jour, vous faites une expérience méditative où le temps et l’espace ne sont pas séparés. C’est aussi ça une prise de conscience ? 

C’est une expérience très simple que nous avons tous faite, et où nous sommes dans un rapport au temps complètement autre que celui linéaire de l’horloge. La méditation nous invite à une présence et non à une succession de moments. Le passé est là comme mémoire vivante et non comme ressassement. L’avenir est là comme ouverture et non comme anticipation. Et ce rapport au temps est lié à l’espace. Dans la tradition bouddhique, l’une des choses qui m’a le plus fasciné c’est qu’ils disent que l’espace et l’esprit sont inséparables. Quand on regarde la grandeur du ciel, notre esprit est aussi vaste que lui. Dans les moments de méditation où il y a une forme de détente profonde et d’ouverture, nous sentons que notre environnement n’est plus « claustrophobique ». Nous n’étouffons plus, nous sommes en rapport avec l’espace tout entier. Comme dans l’amour : ceux qui sont loin géographiquement, nous sont pourtant proches. La méditation nous permet de comprendre que notre rapport mécanique au temps et à l’espace nous fait vivre dans un monde complètement fabriqué et faux. 

Pourquoi cette ouverture et cette nécessité de paix avec les autres, avec soi-même, nous demande-t-elle autant d’effort ? 

L’être humain est tout le temps menacé d’être. La langue française le dit : « inhumain ». C’est tout à fait étonnant… Votre chat n’est jamais « inchat ». Il est toujours chat, du matin au soir. Mais nous, combien de fois ne sommes-nous pas à la hauteur de notre humanité ? L’humanité demande un certain type de travail, très étrange car il n’est pas forcé. Nous avons à apprendre à être humain. De ce point de vue, la méditation est en quelque sorte une forme d’éthique primordiale : apprendre à écouter la plénitude et la vérité de notre être pour la laisser irradier. Nous nous plaignons du manque d’éthique dans notre société mais nous réduisons l’être humain à une machine corporelle, avec un esprit dessus. Comment pouvons-nous être éthique à partir de là ? Nous devons repenser la vérité de l’être humain. 

L’homme est devenu le seigneur de la terre et du monde, c’est ce que vous sous-entendez ? 

Exactement… Mon engagement dans la méditation, je le pense comme un engagement politique. Je crois que la méditation est aujourd’hui la dernière grande chance révolutionnaire pour notre temps. Parce qu’il s’agit en méditant de cesser l’attitude de vouloir tout contrôler et tout dominer. C’est le problème majeur de notre monde ! Je crois qu’il ne faut pas croire que l’engagement spirituel qu’implique la méditation soit un désengagement du terrestre, au contraire… C’est une célébration du couvmax_1718terrestre. La spiritualité est peut-être aujourd’hui seule à même de sauvegarder un rapport au terrestre. Et le rapport au terrestre dont je parle n’est pas un rapport de gestion du terrestre, c’est un rapport d’appréciation du terrestre ! 

Nous allons prochainement parler de la « créativité » dans Inexploré : un mot ? 

Etre créatif, c’est essayer de trouver le possible inattendu… Ca signifie être ouvert à l’inconnu qui se cache dans le moment présent et que je ne vois pas. La méditation, c’est aussi l’art de la créativité ! Sortir d’un état de crispation où nous voulons que l’instant futur soit exactement comme nous voulons le voir, et accepter de jouer et danser avec l’inattendu.

Frappe le ciel, écoute le bruit, Fabrice Midal
Éditions Les Arènes (Janvier 2014 ; 243 pages) 

 

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LA RESPONSABILITE DE L’UN A L’ÉGARD DU TOUT

Posté par othoharmonie le 23 mars 2014

 

 

De nos jours, l’être humain ne parvient même plus à se montrer tel qu’il est, refusant d’aborder le milieu social sans le port de sa « panoplie » coutumière, c’est-à-dire profession et biens de toutes espèces, puisque l’objet possédé, les idéaux, les convictions sont devenus les critères du rang social.

Lorsque nous tentons de définir les diverses entraves et influences qui agissent sur l’individu au niveau de la société, nous pourrions nous borner à constater les carences et les avantages, les inconvénients comme les facilités ; mais ce ne serait que s’intéresser aux effets, et permettre ainsi

aux causes de poursuivre leurs œuvres souterraines de subversion.

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Nous n’envisagerons pas pour l’instant la société dans son état global, mais nous nous attacherons plutôt à ce qu’est l’Homme lui-même, pris séparément, et tel qu’il se découvre avec ses problèmes continuels, ses désirs inassouvis, son besoin permanent de se prouver l’invulnérabilité de sa raison et de son intelligence. Sans cesse nous pouvons constater sa totale incapacité à faire face aux assauts constants du monde extérieur, ainsi qu’à cette expansion démesurée de la technique à l’encontre des domaines psychologiques et spirituels. 

A l’ère de l’ordinateur, une ère dépourvue de toute ouverture sur l’Essentiel, nous opposons une psychologie et une spiritualité toute encombrée de mythes et de rituels, alourdie par un archaïsme destructeur sans rapport avec une perception lucide et extrêmement vivante. Mais, et ceci nous le répétons, cette société dans laquelle nous vivons est composée de milliards d’individus, qui peuvent s’ils le veulent réellement, révolutionner et démanteler toutes les valeurs sclérosantes de l’existence. Car chacun de nous a la possibilité de prendre immédiatement position et faire que sa vie et celle des autres se dévoilent enfin dans leur réalité, libératrice et régénératrice. Par prendre position, il ne s’agit pas de déclamer bien haut la puissance d’un idéal, d’une quelconque croyance à un Dieu, au Néant, à la Patrie. De même qu’il ne s’agit pas d’invoquer l’aide ou l’appui d’un prétendu supérieur, d’une autorité, quelle qu’elle soit. 

Non, essayons plutôt de jeter un regard lucide et pénétrant sur les faits tels qu’ils sont ; sans tenter de les modifier, mais d’accueillir tout le contenu de leur histoire, afin que de ce mouvement dévoilé se détermine une action efficace et définitive.

Il devient urgent d’agir plutôt que de réagir, comme nous avons l’habitude de le faire. Et cela consiste d’abord à agir sur la totalité de notre être, jusqu’à réaliser une jonction qui fait que le travail intensif sur l’intérieur déborde et gagne sur l’extérieur, amenant avec elle un changement — progressif ou brutal — mais cependant inévitable, des conditions courantes de notre existence. Une spiritualité sans transformation totale de l’être, par une action correspondante sur tous les milieux dans lesquels nous vivons, N’EST PAS une spiritualité, car, les idées, les théories sont des choses faciles, qui ne demandent finalement aucun engagement réel, alors que l’acte total, lui, demande beaucoup plus. Il exige de nous affranchir intégralement de toutes les dépendances qui nous enchaînent aux conditions mêmes que l’on combat. Nous devons absolument vivre jusqu’au tréfonds de nous-mêmes, un déconditionnement total, car si la répétition et l’habitude génèrent l’existence, elles tuent néanmoins en même temps la puissance libératrice de la Vie. 

Rien ne doit être accepté, aucune certitude figée ou vérité « prouvée ». Chacun de nous, individuellement, a la possibilité de percer le mur des apparences et de vivre au cœur du Réel. Les siècles précédents ont prouvé par leur Histoire, que ni les gouvernements, ni les religions, ni les doctrines n’ont pu résoudre les conflits et les guerres — bien au contraire — et pourtant nous persistons à attendre d’eux une hypothétique solution. Toutes les réformes exécutées par diverses institutions et pouvoirs axés sur la suprématie et la glorification du Moi, n’amèneront que des variantes, qui modifieront peut-être certains aspects de cette société, mais ne lui feront pas franchir le pas décisif et indispensable à une véritable mutation. Ce pas à franchir est celui d’un déconditionnement du passé et du sentiment d’être séparé de l’Univers pour enfin parvenir à un vécu authentique qui nous lie par toute une myriade de ramifications à l’ensemble de la Vie Cosmique. 

L’Homme souffre d’être séparé, isolé de ces gigantesques étendues inconnues que nous offre l’immensité de l’Univers. Tel est ce sentiment puissant qui pousse tout Homme à rechercher ce cordon ombilical dont il a perdu le lien. Pourtant, seul le « Moi » crée la séparation, car à d’autres niveaux de conscience, cette séparation disparaît complètement ; mais il nous faut poursuivre beaucoup plus loin notre recherche afin de parvenir à ce « centre » où ne se constate même plus le fait d’être lié intégralement à un ensemble plus grand et merveilleusement cohérent. Le jugement doit laisser sa place à la constatation qui à son tour s’effacera afin que se détermine l’intégration même de ce qui est perçu. Il ne faut pas juger mais développer une capacité d’attention qui réside en nous afin que les choses et les êtres ne nous procurent plus les sensations et les émotions que nous recherchons. Ainsi les êtres se révèlent à eux-mêmes et à nous-mêmes sans que notre approche soit caractérisée par le seul désir de « prendre ».

 L’attention démasque une à une les profondeurs mouvantes d’un évènement ou d’une situation, et nous permet de découvrir ce que la Vie recèle de régénérescence. Elle nous apprend à ne pas juger ni condamner, ni à exiger des autres plus que nous exigeons de nous-mêmes. Car toutes sortes d’exigences deviennent très vite des violences.  L’inférieur et le supérieur, l’oppresseur et l’opprimé, etc… nous plongent rapidement dans un monde de déséquilibre où règne l’intellect. L’être se compare, se rassure, se justifie, se surestime ou s’abaisse en un illusoire manège, siège de divisions et de conflits. Ainsi accoutumés à ce fracas intérieur, les structures sociales sont devenues les formes courantes de notre civilisation, et sont le reflet fidèle de ce qui se vit dans la plupart des consciences terrestres. Bien que les diverses pressions et contraintes exercées par ces structures à des niveaux plus ou moins apparents, ne font qu’éloigner plus encore l’individu de ce qu’est la Vie. Déjà notre entrée au sein de la société s’accompagne d’un lourd handicap : celui de l’hérédité, surtout dans son aspect psychologique. Gravées dans la structure même de nos chromosomes, les distinctions raciales, ethniques et nationales nous conditionnent dangereusement. Tout ceci doit disparaître, anéanti par la lucidité de notre vision, envahi par le silence de notre conscience. 

Car si notre constatation recèle en son sein suffisamment d’énergie, l’emprise doit immédiatement s’abolir. Encore une fois, il ne s’agit pas de faire intervenir notre volonté intellectuelle, ni de faire entrer en jeu toute forme de réaction qui inéluctablement conduit à la violence. Car toute réaction, toute réponse à une stimulation intérieure ou extérieure se trouvent déjà conditionnées par la nature même de la stimulation. La nature du fait détermine par sa seule présence la nature de l’acte qui lui fait écho. Ceci est une raison impérieuse qui doit nous intimer à discerner que nous sommes la plupart du temps le produit et le résultat des diverses influences qui « percutent » notre sphère d’appréhension. D’où l’extrême nécessité d’un détachement à toute épreuve, et de l’intégration du Moi dans un « centre » vivant, où nulle différenciation ne subsiste entre l’observateur et l’observé.

Il s’agit d’un centre qui ne peut correspondre à aucun concept de situation autant spatial que temporel. 

Un centre au cœur duquel l’Energie nous offre le mouvement qui porte les mille et un reflets, les mille et une formes. La Vie est à elle-même son propre mystère, sa propre loi, et n’a pas besoin de celles qui pourraient être ajoutées par l’Homme. L’Homme se méfie de l’Homme, parce qu’il se méfie de lui-même et se trouve ainsi obligé d’avoir recours à toutes sortes de règlements, de modèles de conduites, de pratiques dictées et dissociées de l’ensemble Cosmique. Ainsi est-il inaccessible à l’enseignement constant que lui amène la Vie. Diverses tentatives expérimentales ont essayé de nous démontrer que de sournois instincts — agressivité, puissance, sexuel, conservation, etc… — conditionnaient notre comportement individuel et collectif de façon irrémédiable. Et d’en conclure que l’être humain n’était que le résultat de ces instincts. 

Mais devons-nous nous contenter de cette vision négative des choses, ne fait-elle pas elle- même partie de nos conditionnements ? Accepter ces propositions, c’est faire place à l’extension du Moi, à un fatalisme source de déceptions et d’amertume. Lorsque nous entendons briser la continuité du Moi, nous ne voulons pas nier l’aspect pratique et technique d’une position « individuelle » après que le Silence ait noyé en lui toutes peurs et désirs dans notre appréhension du Monde. Nous voulons plutôt signifier la réduction et la simplification de ce phénomène de surface dans son fonctionnement psychologique, conséquence d’une soif d’éprouver et de durer… Il n’en demeure pas moins qu’il est nécessaire pour vivre actuellement sur Terre, d’avoir la notion d’une identité sociale, alliée à diverses mémoires se rapportant strictement à des faits pratiques et techniques. Ce n’est pas la Vie qui doit être changée mais plutôt son approche. L’Homme déclare que ces redoutables forces instinctives dictent la plupart de ses comportements, et conclut au regard de notre société — et celle-ci s’empresse de le confirmer — qu’il s’agit là d’un état tout à fait naturel et irréfutable… 

Cependant, lorsque s’effectue cette brusque mutation de la Conscience et que nous nous affranchissons du poids conditionnant du passé, il s’avère évident que ceci est une méprise regrettable et dangereuse et que le fatalisme qui l’accompagne constitue une des plus grandes entraves. Il est certain que les instincts ont une existence qui leur est propre, mais de là à conclure que leur place est prépondérante, est un pas qui nous empêche d’exercer notre discernement. Car si nous parvenons à percevoir l’instant sans décalage, ni distorsion, nous pourrions constater l’existence d’une pulsion pré-mentale. Celle-ci sera noyée par l’énergie dégagée par notre lucidité. Le détachement permet de ne pas assurer un écho à son emprise, datant de millénaires de civilisation, perdant de la sorte tout pouvoir de manipulation. Jusqu’à présent aucune des solutions proposées par la société dans son ensemble ne s’est avérée efficace, lorsqu’il s’est agi de résoudre les problèmes fondamentaux qui nous sont posés. 

Chacun de vouloir conserver ses intérêts et privilèges, tant au niveau du particulier que du système. Une grande partie de l’humanité ne se nourrit pas à sa faim, alors que l’autre déborde d’abondance ; des sommes considérables d’argent sont dépensées par les grandes puissances aux seules fins de se procurer un armement de plus en plus meurtrier, sous le dérisoire prétexte qu’il ne constitue qu’un élément de sécurité. D’autre part l’utilisation à outrance de produits chimiques et de composés artificiels, polluent les villes et les campagnes, les mers et les océans, à tel point que les côtes d’alertes sont dépassées et que des solutions d’urgence s’avèrent indispensables. L’Homme poursuit sa sinistre besogne de colonisateur et de perturbateur, aux dépens de tout équilibre naturel. Rares sont ceux qui prennent réellement position, car hélas nous continuons de participer à tous les niveaux à toutes ces misères, ces violences qui se déchaînent sur notre planète. 

Nous persistons à croire que nous ne sommes pour rien dans ces processus destructeurs, et que notre responsabilité n’est pas engagée. Et pourtant, chaque partie de notre organisme, chaque pensée émise, chaque geste n’est qu’une expression particulière, un moment déterminé, dont les liens les plus subtils et les moins discernables nous rendent intégralement solidaires du Tout, de la collectivité toute entière. Mettons dès à présent en action cette interrelation du Monde et de notre propre substance, tant au niveau spirituel, psychologique, que matériel. S’il nous est possible avec suffisamment de lucidité de discerner les causes qui déterminent le cours de l’existence future d’un individu, nous pouvons également comprendre que tout pays, toute civilisation, toute race, se fixe inéluctablement par les actes qu’il entreprend, le sort et la nature de son déroulement à venir. En effet, lorsque le Moi s’est intégré dans le mouvement global de la Conscience, les notions de temps, d’espace et de causalité revêtent une toute autre ampleur. 

S’intéresser à ce qui nous est infiniment proche, c’est élargir considérablement notre champ de conscience et de perception. Vivre le présent, c’est être délivré de la mémoire aliénatrice des siècles.

La quantité s’efface au bénéfice de la qualité. Notre responsabilité n’est-elle pas entière lorsque nous agissons de manière inconsidérée mus par l’orgueil, l’agressivité, le désir d’éprouver qui en sont les critères ? Que nous en soyons conscients ou non, que nous le voulions ou non, nous participons à ce qu’est l’Univers dans la totalité de ses manifestations.

A cette participation, doit répondre un arrêt brusque, une aspiration profonde et ressentie à vouloir réellement prendre position. Une activité non pas séparée et distincte, mais telle, que le mouvement même de cette action reflète intégralement ce qu’exigent les circonstances du moment. Une action qui ne se constate pas, car elle est devenue une attitude simple et évidente, naturelle en soi. Mais n’oublions pas que la pensée est réaction, et que rien de définitif ne peut surgir de ce qui est déjà pris aux pièges de l’Espace et du Temps. Tout est changement. C’est pourquoi l’Homme doit trouver cet état de parfaite transparence et de disponibilité qui font de lui un collaborateur conscient et lucide de tout ce qui est authentique et véridique.

EXTRAIT de  L’Engagement Spirituel  – Conférences données en France, Suisse et  Belgique de Gérard Méchoulam  aux Edition Etre Libre Bruxelles 1974

http://www.revue3emillenaire.com/doc/livres/Gerard-Mechoulam-L-engagement-Spirituel-1974.pdf

 

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L’Hiver de la Spiritualité

Posté par othoharmonie le 16 mars 2014

Hiverspirituel« Essayez un instant de faire preuve d’imagination… 

Imaginez une planète ayant une orbite autour du Soleil qu’elle mettrait des centaines d’années à parcourir, au lieu des 365 jours qu’il faut actuellement à la Terre. Imaginez que vous habitiez sur cette planète et que vous puissiez y vivre votre vie entière en l’espace d’une ou deux saisons ! Cela signifierait que seul, un petit nombre d’entre vous aurait la possibilité, au cours de sa vie, d’assister à un changement de saison. Quand ce changement se produirait, cela ne serait-il pas effrayant ? Ne serait-il pas effrayant d’entamer une nouvelle saison jamais vécue auparavant ? Pouvez-vous imaginer ce que représenterait d’entrer en automne et en hiver alors que, pendant des centaines d’années, vous n’aviez connu que le printemps et l’été ? 

Essayez d’imaginer comment ce pourrait être : vous avez vécu toute votre vie, vos parents et les parents de vos parents l’ont également vécue avant vous, vous avez tous vécu des conditions à travers lesquelles la Terre se présentait sous un aspect doux et agréable. La chaleur prédominait, chaque jour les oiseaux chantaient et le Soleil et la nature tout entière célébraient la vie. Et voilà que brusquement, brutalement les arbres commencent à perdre leurs feuilles ! Alors vous vous dites : « Mais qu’est-ce qui va donc de travers ? Sont-ils malades ? Sont-ils en train de mourir ? Où s’en vont les oiseaux ? » Vous regardez ces arbres dénudés : « Oh ! Mais qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi cette obscurité, pourquoi cette grisaille, pourquoi cette impression de mort ? » 

Vous n’aviez jamais vu la chute des feuilles auparavant. Alors, pour vous, les arbres sont réellement morts – regardez-les ! Ils sont morts ou en train de mourir alentour. Toute leur vie semble avoir été sucée, ce ne sont plus que des squelettes. Et puis le Soleil ne se lève plus comme avant. Vous ne pouvez pas vous promener non plus, parce qu’il fait trop froid. L’eau du lac gèle. Votre puits lui-même gèle. Comment allez-vous boire ? Comment allez-vous faire pour cultiver la nourriture ? La Terre se meurt et l’humanité aussi. Il se pourrait que vous pensiez que vous-même êtes en train de mourir ! 

Si personne n’était là pour vous expliquer ce qui se passe, il y aurait beaucoup d’angoisse, peut-être même des suicides en masse ! Même les gouvernements seraient désemparés ! Aucune politique ne serait capable de changer le cours des choses et vous penseriez que la fin est proche ! 

À présent, imaginez une autre possibilité. Essayez d’imaginer ce qui arriverait après que quatre ou cinq générations soient passées et que l’humanité voit enfin le printemps ! Wow ! Le Ciel s’éclaire à nouveau ! Les miracles semblent soudain se succéder : les arbres n’étaient pas du tout morts ; ils étaient juste en train d’hiberner ! Le Soleil, la chaleur, et même les oiseaux, qui semblaient partis définitivement, reviennent ! Qui le savait ? Qui aurait pu le prévoir ? Les humains chantent à nouveau. Ils ont la sensation qu’une guérison miraculeuse vient d’avoir lieu et toute l’humanité commence à célébrer la Gloire du Tout-Puissant ! 

Ce n’est bien sûr qu’une métaphore. Nous l’avons choisie parce que vous connaissez tous les saisons et que vous comprenez tous les changements que la succession des saisons implique au niveau de votre vie quotidienne. Ce que nous allons vous dire, c’est ceci : vous êtes assis dans l’énergie de quelque chose que vous n’avez jamais vu auparavant, que n’ont jamais vu ni vos parents, ni les leurs ni même ceux qui les avaient précédés. Chers êtres humains, vous êtes en train d’assister à l’arrivée d’un hiver spirituel ! Jamais auparavant sur cette planète, un tel changement ne s’est produit sous cette forme.

Maître après Maître, ils sont nombreux à être venus sur la Terre avec la totalité de leur ADN renforcé et activé, de sorte qu’ils pouvaient vous donner des messages au sujet de votre propre maîtrise. Or, si vous avez bien remarqué, ils ont tous dit le même genre de choses. À l’intérieur de cultures différentes, ils avaient tous un message unique : ils vous ont dit que la réalité était bien plus vaste que ce que vous voyez en 3D. 

Ils vous ont dit qu’il y avait l’interdimensionnalité, et que vous ne deviez pas prendre de décisions basées sur ce que vous voyez mais sur ce que votre intuition vous dit être la vérité. Ils vous ont dit que vous ne deviez pas mettre votre confiance dans des hommes, mais en vous-mêmes. Ils vous ont dit que vous étiez tous égaux dans votre capacité à créer des miracles, et que la mort n’était pas réelle. Ils vous ont montré ce qu’était un ADN activé et ils se sont guéris et ils ont guéri leur entourage. Ils se sont adressés aux éléments et les éléments leur ont obéi. Ils ont parlé à des animaux et ces animaux les ont entendus. Puis ils vous ont regardés et ils vous ont dit que vous pouviez faire la même chose. Alors nombre d’entre eux furent tués parce que c’était une information qui rendait possible quelque chose pour laquelle l’époque n’était pas encore prête. 

Mais maintenant elle l’est. Car voici qu’est venu l’hiver spirituel. Rien de tout ce que vous avez parcouru depuis la Lémurie, n’a jamais comporté un tel type de changement. Les Maîtres de la Terre ont dit que vous pourriez changer votre réalité, et vous l’avez fait. Il s’est produit un changement de dimensionnalité sur cette planète et dans ce système solaire, dans cette section d’espace, à cause de ce que vous avez fait ici. 

Nous vous avons donné les notions élémentaires du magnétisme et de la gravité, et nous vous avons même parlé de l’astrologie comme en faisant partie. Nous avons expliqué comment l’information interdimensionnelle chevauche le vent solaire depuis le Soleil, puis parle à la grille magnétique et ensuite à l’ADN humain.

Ce changement vous a amenés à un endroit que beaucoup d’entre vous ont décrit comme très sombre. Quand vous regardez la planète et écoutez les nouvelles, c’est sombre ! Elle est là, n’est-ce pas… cette obscurité ? On dirait que ce n’est pas du tout une planète éclairée. On dirait que vous êtes nés et avez vécu votre vie jusqu’ici dans un climat doux, mais qu’à présent la planète a changé. Vous êtes assis là, tenant votre petite lumière dans un endroit très sombre. Qu’est-ce qui se passe ? Où est la nouvelle énergie ? 

Bon, laissez-nous vous dire que ces apparences sont réelles. Il commence effectivement à faire sombre. Les arbres sont en train de mourir… les arbres de la logique civilisée… les arbres de l’illusion de la paix… les arbres de la pensée de la vieille énergie. Le chant des oiseaux s’est arrêté et ce calme est inconfortable, n’est-ce pas ? Vous êtes inquiets, n’est-ce pas ? Vous êtes dans un hiver spirituel et c’est le premier sur la Terre ! 

Alors, que se passe-t-il ? Nous allons vous le dire : il se passe ce qui arrive quand la Terre décide de changer de dimension. Nous vous avions déjà annoncé en l’an 2000, que le potentiel de ce changement était réel. Nous vous avions dit que le Temple – ce qui est une métaphore qui désigne la conscience de la planète – serait reconstruit ; nous vous avions dit que pour la troisième fois il serait reconstruit, mais que vous auriez d’abord à en gratter et à en nettoyer la fondation. C’est ce que vous êtes désormais en train de faire et cela s’appelle un hiver spirituel ! 

Partout où vous regardez, les choses vous semblent n’avoir aucun sens, n’est-ce pas ? Vous sentez une déconnexion ! Laissez-nous vous en donner un exemple. Cela pourra vous aider à acquérir une vision plus large et à mieux comprendre ce que nous essayons de vous dire. Laissez-nous vous emmener en un endroit qui compte parmi les plus sacrés de votre planète. Il s’appelle le Mont du Temple. Quatre grandes religions de la planète le partagent. Il est sacré pour elles toutes. Le Christ lui-même a marché là, ainsi qu’Abraham alors qu’il venait d’accepter de sacrifier son fils unique. Il y a deux versions de cet événement, la version chrétienne et celle de l’Islam (ce qui rend ce lieu précieux pour tous les Chrétiens et tous les Juifs sur Terre.) On dit aussi que Mohammed se trouvait là quand il a ascensionné, là où se dresse aujourd’hui le dôme d’or de la mosquée (ce qui le rend également très précieux et sacré pour un autre milliard de personnes sur la planète). Il se trouve pourtant au milieu de la zone la plus instable de la terre… Israël. Pouvez-vous imaginer un tel défi ? 

Mêlés à tous ceux qui, avec leurs fois différentes, « marchent sur des œufs religieux », pourrait-on dire, les Palestiniens cherchent toujours leur État. Beaucoup croient qu’ils doivent réclamer la terre qui leur a jadis été enlevée. D’autres pensent que c’est inutile. Certains veulent négocier, d’autres utilisent la violence. Et la dispute fait rage, comme elle l’a fait pendant 50 ans. 

Maintenant, nous vous demandons de rester immobiles pendant un instant et de sentir l’énergie qui est à l’origine de cette situation et son potentiel d’explosion. Car c’était là l’étincelle qui devait créer l’Armageddon à peu près entre 1998 et 2001 selon votre cadre temporel. Vous ne nous croyez pas ? C’est pourtant une prophétie que l’on retrouve dans de nombreux livres sacrés écrits à travers les siècles. Ce n’est pas quelque chose que Kryeon a apporté. C’est un fort potentiel que vous avez eu pendant très longtemps, et nombre de vos religions en ont parlé et vous ont averti de la fin des temps qui en découlerait. 

Mais cela n’est pas arrivé, n’est-ce pas ? Car après la Concordance Harmonique en 1987, les choses ont commencé à changer sur votre planète. Très rapidement, la structure géopolitique s’est effondrée autour de certains des gouvernements prévus pour être les acteurs principaux dans la prophétie d’Armageddon. 

Maintenant, faites comme si vous étiez encore en Israël au Mont du Temple dans la vieille ville, puis élargissez votre champ visuel et votre compréhension jusqu’à englober le Moyen-Orient tout entier. Nous voulons que vous regardiez autour de vous pendant un instant et que vous ressentiez le mécontentement qui a mijoté et dont la cuisson a été entretenue pendant plus d’un demi-siècle. Il s’est envenimé et, en créant des polarités, il a engendré cette haine qui vous affecte tous à l’heure actuelle et qui est la cause de votre terrorisme mondial. 

Il a polarisé le frère contre le frère. Le juif et les partisans des Juifs se tiennent d’un côté et l’Islam et ses cultures de l’autre. Et le noyau central du défi est en Israël ! Cette polarisation était sensée être l’élément déclencheur de votre Armageddon, mais quelque chose d’autre est arrivé. Cette polarisation est devenue l’élément déclencheur de votre hiver spirituel – ce temps sur la Terre dont nous avons parlé : un grand changement de civilisation, un temps où il n’est plus possible de rester assis dans la prison où vous vous teniez, un temps pour le retour des Lémuriens, un temps pour la construction des Phares en vue de la tempête à venir, un temps où l’humanité doit décider de continuer ou non. 

Alors voici la question logique, chers êtres humains : avec toute la sagesse que vos Maîtres vous ont enseignée depuis des siècles, avec tout le savoir et la technologie que vous avez acquis au cours des années passées, montrez-nous le plan de paix ! En ce lieu où chacun sait qu’une explosion est en train de couver, où se trouve la solution ? Il n’y en a aucune. Aucun plan n’est adapté. Et si vous y pensez, cela vous choque, n’est-ce pas ? Comment se fait-il que chacun puisse voir le problème mais qu’aucune organisation sur Terre n’ait la solution ? Où sont les hommes sages ? Où sont les conciliateurs ?

Certains d’entre vous pensent : « Bon, nous allons quand même bien finir par trouver la solution. Nous avons de grands espoirs liés aux futurs et inévitables changements de dirigeants sur la Terre. Nous y travaillons, Kryeon. Il va y avoir cette élection aux États-Unis. Il devrait y avoir de nouveaux dirigeants, il devrait y avoir une nouvelle politique, et ensuite nous aurons un réel plan de paix. » Nous avons de mauvaises nouvelles pour vous : votre élection américaine ne fera pas un poil de différence !

En 2000, nous vous avions donné l’information que cela prendrait huit ans – c’est-à-dire jusqu’en 2008 – avant que vous ne voyiez le potentiel du Temple reconstruit. Il y a encore quatre années à tenir, Phares ! Aussi, renforcez la fondation et gardez la lampe allumée ! 

- « Alors, Kryeon, cela signifie qu’il n’y aura aucun changement dans la politique des États-Unis ? » 

- Nous n’avons pas dit cela. Peu importe qui gagnera l’élection. Vous avez encore le libre choix, mais jetez un coup d’œil sur ce choix que vous avez à faire. Le leadership des deux choix est un leadership de la vieille énergie. Ils sont taillés dans la même étoffe. Comprenez qu’il est approprié pour un plus vaste plan que votre ligne temporelle reste ainsi. À nouveau, ne désespérez pas. Au lieu de cela, envoyez de la lumière à vos dirigeants, peu importe qui ils s’avèrent être. Vous ne verrez pas de miracles pendant un temps. Vous ne verrez pas non plus encore de plans de paix. Oh, on en parlera, mais il n’y aura pas d’intention pure d’aucun côté. 

Est-ce que cela a un sens pour vous qu’Israël et la Palestine aient choisi les deux leaders qu’ils ont actuellement ? Avez-vous jamais songé à cette synchronicité : voici les deux leaders du point chaud de la terre, là où tout ce qui arrive peut déclencher des guerres, et les populations ont choisi pour leaders deux hommes de la vieille énergie qui essayent de s’entretuer depuis plus de 25 ans ! Est-ce que cela a un sens pour vous ? Où sont les pacificateurs ? Tout ce qui est devant vous va seulement servir à perpétuer l’hiver spirituel qui, en ce moment, continue à être approprié. 

Laissez- nous vous poser une autre question : si vous ne l’avez pas encore remarqué, où sont vos héros ? Il n’y en a aucun. Il n’y en a pas un seul à l’horizon. Pouvez-vous vous souvenir d’un temps comme celui-ci, sans aucun point positif d’espoir ? Il n’y aucun « héros de la paix » en vue, qu’il soit politique ou spirituel. « Mais pourtant il y en a toujours eu ! » pourriez-vous rétorquer. – Oui, mais pas au cours d’un hiver spirituel ! 

Bien sûr nous parlons métaphoriquement mais certains d’entre vous commencent à comprendre où nous voulons en venir. Écoutez : alors que l’obscurité grandit et que vous entrez dans cet hiver spirituel, un groupe important d’entre vous appelé « les Phares » a été placé ici. Il a pour mission d’empêcher le bateau de l’humanité de s’écraser contre les rochers. Ce sont les lecteurs et les auditeurs de ce message et beaucoup, beaucoup d’autres qui sont en train de s’éveiller et qui serviront de « Phares ». 

Lecteur, saisis-tu cela ? Vous êtes en ce moment même des dizaines de milliers à lire ces lignes. C’est pourquoi vous êtes ici. C’est pourquoi vous existez, pour tenir cette lumière jusqu’à la fin de l’hiver spirituel. Cela ne va pas s’améliorer encore pendant un moment. Mais ne désespérez pas. Tenez cette lumière. C’est pourquoi vous êtes venus, et pourquoi vous êtes en vie sur cette planète. 

Vous ne trouverez jamais un phare construit en un lieu sûr, n’est-ce pas ? La tempête vient, et c’est alors que vous allumez le projecteur du phare. Vous êtes là pour maintenir l’énergie de la planète dans un équilibre tel que l’humanité puisse traverser cette déconnexion et supporter cela pendant le temps approprié.

Kryeon8Dans la culture chrétienne, l’histoire dit que le Maître de l’Amour, Jésus le Juif, fut crucifié. 
C’est une histoire qui a été dite et redite de différentes façons. Jésus s’est retrouvé dans le processus de ce qu’il pensait être la mort. C’est ce que fut la crucifixion. Il était prêt à changer de dimension et à atteindre le niveau suivant, quoi que cela ait signifié pour lui, y compris le potentiel très réel de l’Ascension. Mais on rapporte que ce Maître, au lieu de lever les yeux en paix vers ce qui allait venir, appela le Ciel et dit : « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ce faisant, il montra que celui que certains ont appelé « Fils de Dieu, Divinité Suprême dans un corps humain », n’était encore qu’un simple humain. Et pourquoi a-t-il lancé ce cri de frustration ? Parce qu’il s’est senti coupé complètement et totalement de toute relation avec l’Esprit – une déconnexion totale. Il a pleuré : « Où es-Tu parti ? Qu’est-ce qui est arrivé ? Pourquoi m’as-Tu laissé ? » Le « langage » de la connexion constante à l’Esprit avait soudainement disparu, et sa planche de salut spirituelle était partie… « Le Christ » lui-même s’est retrouvé perdu. La même chose se produit lors de tous les changements dimensionnels et spirituels, et en ce moment précis, vous en avez un en marche sur la Terre. Il se nomme « l’hiver spirituel ». C’est « la nuit obscure » de l’âme de la planète Terre et c’est la première fois que cette humanité y est confrontée, mais vous êtes tous venus ici en sachant que cela pourrait arriver. 

Phares, peut-être commencez-vous à saisir pourquoi vous êtes sur cette planète ? Mais écoutez à présent : il y a quand même de bonnes nouvelles ! En réalité, les arbres ne sont pas tous morts, les oiseaux n’ont pas tous arrêté de chanter, et il y a quand même des héros. Il y en a parmi les jeunes assis ici : ils n’ont aucune idée de ce qu’ils verront durant leur vie, mais le potentiel est qu’ils vont voir les bonnes nouvelles ! Beaucoup d’entre vous les verront aussi, mais vous serez juste plus vieux de quelques années !

Nous recommandons à tous la lecture du dernier livre de Kryeon : Tome VIII (Un nouveau Don de Lumière). 

Kryeon y présente des messages exaltants qui, en combinant d’une manière unique l’amour et la physique, nous font mieux comprendre la réalité physique multidimensionnelle. 

Au moyen de paraboles et d’explications scientifiques il nous fait prendre conscience de notre retour à notre Moi véritable préterrestre, dans une approche à multiples niveaux qui satisfait et réconforte nos cœurs, nos esprits et nos âmes.

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La musique indienne, source de spiritualité

Posté par othoharmonie le 7 mars 2014

52567795La musique indienne, exotique et mystérieuse, vient nous chercher au plus profond de nous-mêmes. Mais pour les maîtres indiens, elle serait à l’origine de « tout » et s’inscrirait dans une communion avec l’Univers.

D’après les légendes, de certains saints émanaient un parfum de rose. On dit d’ailleurs qu’une fragrance musquée suivait les interprétations musicales d’Annapurna Devi. Première femme du célèbre sitariste Ravi Shankar, elle a maîtrisé l’art de la musique hindustani, musique de l’Inde du Nord, à la perfection. Source de tensions, l’admiration qu’elle suscitait lui coûta son mariage. 

Et pourtant, la tradition veut que la pratique de l’art musical indien ressemble à une ascèse spirituelle : le calme, la patience, le contrôle de soi et de sa respiration, ainsi qu’une immense humilité à l’égard du maître, sont de rigueur. Ravi Shankar Mishra, maître de bansouri, la flûte indienne, l’explique : « La première condition est l’engagement, la seconde est le « surrender », ce qui signifie de s’en remettre totalement à l’enseignement du maître. Et pour cela, il faut savoir écouter, aussi bien la musique que le maître. C’est très beau. » Si le maître transmet bien une part de technique à son disciple, son enseignement va bien au-delà car sa qualité la plus précieuse est immatérielle : il apprend à ressentir la musique et à retransmettre ce ressenti. 

Un son tellurique à l’origine de tout

Depuis la nuit des temps, dans toutes les sociétés, la musique vient toucher les profondeurs de l’âme humaine, et en Inde l’apprentissage de l’art musical exige le déploiement d’une grande intériorité. Des qualités comme le calme et la patience ne sont pas seulement nécessaires pour tenir une posture durant plusieurs heures ; c’est grâce à sa pleine attention au moment présent que se révèle au musicien le secret des notes. Le calme et la méditation lui ouvrent ainsi l’accès à un autre espace-temps, une autre fréquence : le son ou « nada » en sanskrit. « Il s’agit du yoga Nada, le yoga du son, c’est une méditation », commente Ravi Shankar Mishra. « En Inde, la musique est un domaine très spirituel. Toutes les compositions musicales proviennent de ce son subtil, « Nada ». C’est ici que réside le secret de la musique indienne. »

La tradition musicale indienne considère que toutes les notes de musique se fondent et jaillissent d’un seul son pur et absolu : le son « AUM », chanté par tous les yogis d’Inde et du Tibet. De ce son pur naîtrait tous les autres ; primordial, il serait à la fois le principe, le pouvoir et la source de toute création. De très faible intensité, il peut se rapporter à la vibration sonore permanente « AUM… » émise par la terre, découverte par des chercheurs japonais en 1998. Ce son mystérieux est inaudible aux oreilles ordinaires ; seuls ceux dont la conscience est profondément tournée vers l’intérieur, en méditation, peuvent le saisir. Kabir, le saint soufi, l’appelait la « musique inaudible », et Ravi Shankar Mishra souligne le paradoxe : entendre ce son exige le silence. « Il ne peut y avoir de bonne musique sans silence intérieur. Au fur et à mesure de la pratique, ce silence s’établit dans le musicien, grâce à des techniques de yoga et à la dévotion, et en écoutant de belles compositions. Cette dernière constitue une part fondamentale de l’apprentissage. »

Une musique pour communier avec l’univers

Dans sa plus pure tradition, l’art musical indien s’inscrit en communion avec l’univers entier, qui, avec ses sons et ses formes, n’est autre que pure harmonie. Sur les pas de son cheminement musical et spirituel, le musicien devient canal d’expression de cette harmonie universelle en jouant des « ragas ». Ce mot sanskrit se traduit par « passion », et représente un groupe de sons caractérisés par un état émotionnel. Compilés dans les textes millénaires des Védas, en particulier les textes des Samaveda, les ragas détiennent un grand pouvoir : leur structure, génératrice d’une atmosphère particulière telle que la nostalgie, l’amour ou l’exaltation, confère au musicien qui les joue la faculté de transformer son environnement aussi bien physiquement que psychologiquement. La force des éléments peut être ainsi démultipliée sous l’effet de la musique d’un raga. 

L’exemple surprenant de Tansen, célèbre musicien de la cour du roi Akbar au XVIème siècle, est souvent cité par les maîtres de musique pour ses prodiges : il pouvait provoquer la pluie en jouant le « Raga Megh », ou Raga pour la saison des pluies, ou savait allumer une lampe en jouant le « Raga Dipika », ou Raga de la flamme. Si de tels exemples semblent un brin mythique, pour des maîtres indiens tels que Ravi Shankar Mishra il s’agit bien « du pouvoir des ragas »

La croyance en de tels pouvoirs, développés grâce à une pratique assidue, ne se limite pas à l’Inde. Ainsi, au Tibet, les écrits d’explorateurs rapportent comment des lamas tibétains, au moyen du son de leurs cors, de leurs trompettes et des battements de tambours, pouvaient disperser des nuages chargés de pluie, ou au contraire les concentrer et provoquer les averses. Le pouvoir serait ainsi contenu dans les sons, bien plus que dans les mots. 

En connexion étroite avec le cosmos, les ragas s’associent également à certains moments de la journée et des saisons. « Certains ragas se jouent le matin, d’autres le midi ou le soir », explique le maître de flûte indienne. Au point que « s’il est joué au petit matin alors qu’il est destiné à la nuit tombée, le Raga excellemment interprété par un grand musicien recouvre celui-ci d’obscurité », écrivait le sanskrite et spécialiste de musique indienne, Alain Daniélou. 

Pour le musicien dont le plus profond de l’être vibre avec les rythmes sacrés de l’univers, les enchaînements de notes ne peuvent se réduire à une suite d’intervalles de sons saccadés. Au contraire, chaque note constitue une vibration provenant de l’intérieur du musicien, créant comme un arrondi d’une note à l’autre, de sorte qu’au contact de la vibration intime de l’interprète, le résultat d’ensemble exalte une harmonieuse unité, au plus près du rythme cosmique. Le musicien partage ainsi avec les membres de son public une fréquence vibratoire, et si ces derniers sont suffisamment réceptifs, alors le temps se suspend et devient méditation, rétablissant ordre et harmonie. Un langage de l’univers.

Francesca en parle sur le forum / LA VIE DEVANT SOI

SOURCE de l’article http://www.inrees.com/

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L’avènement du Paradis sur Terre

Posté par othoharmonie le 6 mars 2014

 

images (2)Depuis la fin des années quatre-vingt, un puissant vent de changement souffle sur notre belle planète. Concrètement, l’humanité tout entière se rend de plus en plus compte que le temps s’accélère, que nos pensées ont un impact réel sur la réalité qui nous entoure et que notre état de santé est directement influencé par le stress aussi bien que par nos états d’âme.  

Sur le plan environnemental, il semble que la nature soit en pleine rébellion, les catastrophes naturelles se multipliant aux quatre coins du globe. Certains blâment la pollution et l’exploitation outrancière des ressources naturelles, d’autres y voient les signes avant-coureurs de l’apocalypse. Et si nous assistions tout simplement à la renaissance du Paradis sur Terre, promis depuis la naissance de l’humanité ? Que tous ces « symptômes » planétaires ne soient que des petites « secousses » semblables à celles d’un poussin cherchant à faire craquer sa coquille ; des « contractions » inhérentes et nécessaires pour favoriser l’« accouchement » d’un Nouveau Monde, plus sain et plus lumineux ?

 Examinons tout cela de plus près. Notre monde change. Les mentalités se transforment. Il semble que des populations entières se sentent de plus en plus à l’étroit dans le « carcan » des normes sociales et politiques « tolérées » depuis des générations… celles-ci ne faisant plus aucun sens lorsque l’on s’ouvre à une vision davantage globale et universelle.  

Partout, en Orient comme en Occident, des groupes et des communautés entières sortent de l’ombre pour faire entendre leur voix (comme cela se passe actuellement au Tibet par exemple). Des manifestations pacifistes et des méditations mondiales s’organisent (telle celle du 17 juillet 2007), regroupant des millions de personnes aspirant à un monde meilleur.  

Les livres portant sur la spiritualité ou le Nouvel Âge abondent et font de plus en plus d’adeptes. Les conférences et formations sur les Lois Universelles se multiplient (telle la loi de l’Attraction dont le film « Le Secret » donne un bref aperçu). N’est-ce pas là la preuve tangible de l’émergence d’une nouvelle conscience ? 

C’est à la fois merveilleux, fabuleux et extraordinaire! Enfin chaque personne sur Terre a la possibilité de retrouver le sens profond de son incarnation, son unique mission ici-bas : emmagasiner le plus d’énergie possible pour en faire bénéficier l’humanité, la planète tout entière !  

La fin de la dualité ?  

Depuis des siècles, notre monde est séparé en deux clans, comme si la plupart des âmes s’incarnant sur Terre ne parvenaient à retenir qu’une partie de la mission qui leur a été confiée.  

D’une part, nous avons ceux qui focalisent toute leur attention sur la nécessité « d’emmagasiner de l’énergie » sous toutes ses formes: des avoirs, des biens, de l’argent, du pouvoir, etc.  

À l’opposé se retrouvent tous ceux qui se donnent sans compter pour les autres, allant même jusqu’à s’oublier pour « faire bénéficier l’humanité, la planète tout entière » des meilleures conditions possibles… Peut-être certains d’entre vous se reconnaîtront-ils parmi eux ? Ce sont ceux qui donnent jusqu’à leur chemise pour aider une personne en difficulté, s’impliquent dans leur milieu, leur quartier, leur pays pour faire bouger les choses et permettre d’améliorer les conditions de vie de leur semblables ou encore se portent à la défense de l’environnement et/ou des animaux en voie de disparition…  

Or, si les premiers vous semblent être entièrement dans le tort, peut-être vous rendez-vous compte que les seconds ne font pas mieux : le fait de négliger leurs propres besoins, de vivre seulement dans le rêve et l’utopie et/ou de ne pas être bien enraciné sur le plan matériel ne contribue-t-il pas à maintenir en place le climat général de dualité… ceci allant même jusqu’à alimenter un certain ressentiment envers « les autres », ceux du premier groupe ? Combien de guerres ont-elles été déclenchées pour des motifs prétendument « bienveillants » ou « spirituels » ?  

Heureusement, tout cela est en train de changer de part et d’autre. Des quantités de gens qui ne juraient que par la sécurité matérielle et le pouvoir de l’argent se posent désormais d’innombrables questions existentielles sur le sens de la vie et des événements qui les affectent : « Pourquoi suis-je tombé malade ? Pour quelle raison ma femme m’a-t-elle quitté ?

Pourquoi est-ce que je ne parviens pas à communiquer sainement avec mes enfants, mon patron, mes amis, etc. ? ». Et les « pourquoi » mènent irrémédiablement aux « comment » : « Comment faire pour retrouver la santé ? Comment entretenir des relations plus épanouissantes avec mes proches ? Comment faire pour être enfin heureux et bien dans ma peau ? ». Leurs vibrations s’élèvent à mesure que leur esprit s’éveille à la prise de conscience que tout part d’eux-mêmes.  

À l’autre bout du spectre, dans le « second plateau de la balance », ceux qui étaient irrémédiablement tournés vers les autres se rendent compte qu’ils ont tendance à « se vider » en donnant continuellement de leur énergie autour d’eux. De plus en plus de personnes, au cours de leur cheminement spirituel, prennent conscience de l’importance du juste équilibre entre « donner et recevoir ». Ils réalisent qu’au-delà des gestes généreux posés autour de soi, les gens ne retiennent bien souvent que le témoignage contradictoire de celui qui se « sacrifie » afin que les autres se portent mieux. La plupart finissent par apprendre à « prêcher par l’exemple » : que le fait de « souffrir » pour ou avec l’autre ne lui enlève pas sa souffrance, mais qu’au contraire le fait de vivre dans la joie, la sérénité et l’abondance demeure le plus puissant incitatif pour l’autre à trouver en lui les solutions qui lui sont propres. 

Bref, les mystiques et les éveillés « descendent » de plus en plus dans la matière, tandis que les matérialistes « élèvent » chaque jour davantage leur cœur, leur esprit et leur conscience.

Visualisez les premiers dans le plateau de la balance qui s’abaisse tranquillement et les deuxièmes dans celui qui se hisse inexorablement vers le ciel. A un moment donné, les deux plateaux finiront sans aucun doute par se rencontrer en un point central, situé dans le juste milieu, en parfait équilibre… N’est-ce pas là le principe même de « l’équilibre au point zéro » qui a fait coulé tant d’encre vers la fin des années quatre-vingt-dix ?  

Il suffit d’une seconde de lucidité…  

Imaginez que tous ceux qui ont les « moyens » financiers et le « pouvoir » de changer le monde rencontrent enfin face à face ceux qui nourrissent depuis longtemps la « vision » et les « préceptes » d’un monde meilleur… Que l’élan des « âmes humaines » qui s’ouvrent à l’énergie universelle et s’élèvent dans la lumière s’allie enfin à celui des « êtres spirituels » qui s’incarnent de plus en plus profondément sur le plan humain.  

Il suffirait d’une seule intention de prière pour la paix dans le monde, partagée sincèrement par l’ensemble de l’humanité, pour que l’harmonie se rétablisse aux quatre coins du globe. Il suffirait d’une simple prise de décision unanime, solidaire, pour que la pollution cesse et qu’un grand nettoyage se produise en un clin d’œil partout sur Terre. La pensée crée. La pensée collective transforme.  

Nous assistons actuellement à une première dans l’histoire de notre planète : l’énergie divine et céleste « descend », se densifie dans la matière au même rythme que l’énergie tellurique et planétaire s’allège et se purifie vibratoirement. Tout redevient possible à mesure que la conscience prend racine dans tous les êtres vivants sur la planète. Le Paradis sur Terre n’est plus une potentialité, mais bien une réalité en train de se manifester sous nos yeux.  

2012 sera-t-elle l’année de cet accouchement planétaire tant attendu ? Pourquoi pas !  

Toutefois, c’est aujourd’hui que ça se passe !  

Dès maintenant vos pensées, vos actions et vos sentiments peuvent faire une différence dans la balance ! Visez l’équilibre, veillez à maintenir votre harmonie intérieure, évoluez constamment dans la paix du cœur… et il en sera ainsi partout autour de vous, en débutant par votre entourage, votre famille, vos amis, votre quartier. Tous ont besoin que vous leur donniez un avant-goût du Ciel sur Terre. C’est facile : il vous suffit de prendre soin de vous, de cultiver la joie et le bonheur à chaque instant, de savourer pleinement le moment présent… en croyant fermement que « tout est déjà accompli ».  

Vous n’avez donc plus rien à « faire », il vous suffit « d’être » bien, en santé, en harmonie, dans l’allégresse. L’humanité entière compte sur vous : emmagasinez l’énergie céleste dans tout votre être et rayonnez-en à chaque seconde dans tous les domaines de votre vie.  

Tel est l’ultime secret du bonheur… à la fois personnel et planétaire !!!

 

Pour la version anglaise de ce texte, cliquez sur :

http://www.biancagaia.com/en/Channeling.htm#2012

Texte de Bianca Gaïa/Diane LeBlanc,

publié dans la revue québécoise Cheminement, Cheminement édition mai-juin 2008,

aussi disponible sur www.biancagaia.com. Vous êtes invité à faire circuler ce texte

à condition d’en respecter l’intégralité, y compris ces quelques lignes 

 

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c’est quoi la Spiritualité Laïque

Posté par othoharmonie le 3 mars 2014

 

 images (3)

La Spiritualité Laïque , c’est la prise de conscience de l’unité spirituelle de l’espèce humaine par delà les formes distinctives. Elle est un chemin de connaissance de soi adapté à notre époque et capable d’utiliser l’essence même des enseignements libérateurs du passé qu’ils soient d’Orient comme d’Occident. Sur ce chemin, l’accent est principalement mis sur le fond, l’unité de la conscience impersonnelle, par delà les hypostases ou symboles de divinités qui sur ce chemin n’ont pas réellement d’importance. Il s’agit ici de laver les mots, laver les concepts et libérer l’esprit des croyances et du savoir (s-avoir) qui sont des entraves à la connaissance de soi. Dans l’esprit d’un Socrate : « Connais-toi toi-même et tu connaitras l’univers et les dieux. »l’humain est une représentation miniature du cosmos. En ce sens que par le principe d’analogie s’il se connaît lui-même, il connaît directement (par une connaissance de première main) le fonctionnement de l’univers et s’harmonise avec lui. Remontant ainsi à la conscience universelle il perçoit directement l’aspect illusoire et temporaire de la croyance en un dieu personnel. Car il a compris que le besoin d’un dieu personnel existe uniquement tant que l’être s’identifie à sa personnalité de surface et n’a pas encore eu accès à son être essence-ciel. Mais dès qu’il réalise une plongée dans ses propres profondeurs il observe que tout est UN et que la source qui lui donne vie est un océan d’amour infini qui est libre de toute éternité. Ce n’est pas l’essence de notre être qui entre en conflit avec celle des autres, mais la confusion créée par nos masques illusoires.

La Spiritualité Laïque aujourd’hui s’exprime de plus en plus, on le voit dans de nombreuses démarches intérieures. Elle s’axe principalement autour de la conscience d’être et non dans l’avoir au niveau des croyances, des techniques de méditations ou du savoir spéculatif. Elle étudie certes les avancées scientifiques, les méthodes de méditation ou de guérison qui tendent vers une compréhension des phénomènes de l’esprit. Mais elle perçoit qu’aussi bien une croyance ou un savoir théorique ne mène pas à la libération intérieure, à la connaissance du réel. Elle privilégie la connaissance de soi, l’accent est principalement placé sur l’ancrage de l’unité centrale de la conscience en soi. Une fois ce centre perçu et vécu au quotidien, alors il est possible de s’orienter vers la périphérie et de s’intéresser à la diversité des formes manifestées. Gardant toujours ce centre en soi, il n’est plus possible de dévier en prenant le doigt (la forme) pour la lune (le fond).

La Spiritualité Laïque représente à mon sens une chance pour notre époque, elle est accessible à toutes et à tous. Elle peut être vécue aussi bien par des athées que par des religieux car elle propose de les rassembler sur leur réalité intérieure par-delà les filtres conceptuels. C’est un chemin d’unification, où l’on tente de rassembler l’humanité dans ce qu’elle a en commun. Tous les êtres aspirent au bonheur, à la joie, la liberté et l’amour, ce sont des valeurs universelles qui vibrent au fond de chacun. Plutôt que de rechercher cela chacun de son côté, nous est t-il possible de tendre une main vers cet autre qui ne nous ressemble pas ?

issu du site http://www.unisson06.org/

rejoindre le forum / http://devantsoi.forumgratuit.org/

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Un nouveau paradigme social, la Spiritualité Laique

Posté par othoharmonie le 3 mars 2014

 

par Michael Abitbol 

images (2)Longtemps la spiritualité a été une composante essentiellement représentée par les diverses organisations religieuses. Toute religion intègre effectivement des éléments de spiritualité, (du latin Spiritus qui signifie « l’esprit ») en particulier dans les branches ésotériques. Si nous observons les diverses cultures religieuses du monde nous apercevons que sous les diverses formes cultuelles existe un fond commun unique. Partout sur le globe l’être humain a perçu qu’il existait un monde spirituel, il a profondément ressenti en lui cette intuition primordiale qui transformait sa vie. A chaque époque ont émergé des sages qui, à la suite d’un chemin intérieur profond et solitaire, ont tenté d’apporter un enseignement aux différents peuples contactés. Ces êtres d’exceptions proposèrent un enseignement à plusieurs niveaux afin qu’il puisse nourrir les différents types d’êtres. Un enseignement possède un aspect exotérique, qui enseigne une certaine éthique de la vie et des règles sociales qui parfois se transforment en dogme. Puis, un aspect ésotérique (là ou commence réellement la spiritualité) où un chemin intérieur et une compréhension symbolique et analogique sont enseignés. Il est arrivé qu’à la suite de l’initiateur d’un enseignement les suiveurs ne puissent maintenir le niveau spirituel de celui-ci et qu’ainsi avec le temps l’esprit se perde au profit de la lettre et du dogme. Dès qu’un enseignement perd de sa spiritualité, il se fige, se sclérose, et crée plus de souffrance qu’il n’était censé permettre de s’en dégager. A ce stade, un autre sage apparaît qui va réformer l’ancien enseignement décadent et impulser un nouveau souffle à l’humanité. Parallèlement à cela il a toujours existé des écoles initiatiques où furent formés les initiateurs des religions. Dans ces écoles, était spécialement enseigné un chemin de connaissance de soi, un chemin spirituel universel qui allait ensuite s’adapter à certains peuples selon certaines situations historiques.

La vérité est Une et ses formes d’expressions multiples

Si nous étudions de près les enseignements du monde entier nous pouvons comprendre directement qu’au fil du temps ils ont subit une altération, une dilution. Chaque religion ou enseignement est crée à une certaine époque, dans un certain contexte historique et pour une certaine population. Cet enseignement dans sa branche exotérique s’adresse au peuple qui n’est pas encore prêt pour une compréhension plus profonde et donc universelle. Puisqu’au niveau populaire il n’y a pas encore perception des mécanismes de l’ego et apprentissage de l’observation consciente de ce qui est. Le peuple se situant au niveau de la croyance interprète ainsi un enseignement temporaire (car lié à la contingence d’une époque précise) comme une vérité ineffable, or, comme le disait Bouddha : « Il n’y a rien de plus constant que le changement ».

C’est pour cette raison que l’on observe certaines religions encore très attachées à des enseignements qui étaient valables dans leur forme à l’époque où ils ont émergé, mais ne peuvent plus l’être dans le contexte actuel. Puisque les époques changent, les systèmes religieux et politiques évoluent et ce qui était valable il y a 3000 ans par exemple sur un plan exotérique peut être un frein considérable à notre époque. Mais, dans le fond, l’enseignement spirituel ou ésotérique d’une religion est intemporel, car il n’existe qu’un seul sommet pour des chemins multiples. Les mystiques arrivés à la réalisation de leur être intérieur parlent le même langage de cœur à cœur, car ils ont dépassé les formes temporelles pour s’ancrer dans l’intemporel, l’absolu, ou peu importe le nom qu’un enrobage culturel veut lui attribuer. Le mot ne sera jamais la chose qu’il décrit, l’orient a particulièrement mis en avant l’ineffabilité de l’absolue source de toute chose. La source (ou le Tao/Brahman/nature de Bouddha) est innommable, imprononçable (les amérindiens parlent de Wakan Tanka le « Grand mystère » , la pensée ne peut l’atteindre et ainsi personne, aucune religion ne peut se l’approprier. Dans les religions monothéistes, on trouve une partie de cette compréhension dans l’interdit de se représenter Dieu ou de prononcer son nom en vain. Mais cette compréhension très ésotérique fut diluée dans une conception rigoriste et ethnocentriste. Certes l’absolu sans nom ne peut être conceptualisé, mais ce n’est aucunement un dieu personnel dont il est question. Il y a eu une certaines confusions entre les conceptions de dieu personnel (utilisé pour la compréhension populaire) et la perception ésotérique qui plaçait le divin au-delà du monde de la pensée.

Krishnamurti aimait à dire que :  « Toute organisation de la vérité conditionne la vérité » comprenons ici cette vérité éternelle, les formes temporaires (au même titre que les techniques de méditations) ne sont que des outils, des aides sur le chemin, (des moyens habiles comme disait le Bouddha) de multiples doigts qui indiquent une lune commune, mais le doigt ne peut être la lune.

En occident, les religions monothéistes dans leur aspect exotérique ont mis l’accent sur un dieu personnel, possédant des attributs plus humains que divins. Le concept de Dieu personnel est un outil de méditation, tout comme par exemple en Inde dans certaines voies les divinités sont conçues comme des entités réelles. En fonction du niveau de conscience il est utile d’utiliser une divinité représentant certains attributs symboliques de la source afin de les travailler en soi. Ainsi, prier une divinité représentant la compassion permet par effet miroir et identification de faire émerger en soi les énergies de la compassion. En orient, l’existence de niveaux de conscience est encore aujourd’hui enseignée, les différentes voies cohabitent et se comprennent. Les divinités, ces dieux et déesses symboliques, sont comprises comme de multiples facettes d’une source commune, d’une conscience universelle qui donne vie à la multitude. La perte de l’unité transcendantale des enseignements amène à une fixation dans la forme. Ainsi s’il n’est plus enseigné par l’expérience directe l’existence d’un fond commun universel et impersonnel, les dérives émergent forcément. C’est ce que les guerres de religions nous ont démontré, la perte de l’unité foncière au profit de la multitude formelle. La diversité culturelle est une chance, mais elle ne peut se vivre harmonieusement qu’en prenant conscience de l’unité qui donne vie à toutes les formes. Un soleil central qui permet à de multiples rayons d’exister.

La notion de Dieu personnel n’est aucunement indispensable à la réalisation intérieure, des voies comme le taoïsme ou le bouddhisme par exemple ont développé des enseignements d’une grande profondeur sans avoir besoin d’en rester au concept/outil du dieu personnel. S’il existe des divinités, ce ne sont que des représentations symboliques d’une source universelle. Le sommet de la réalisation sur ces chemins amène au dépassement de l’illusion de la forme pour vivre le fond commun de toute chose, cette conscience qui observe dans le calme.

issu du site http://www.unisson06.org/

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LE BON SENS SPIRITUEL

Posté par othoharmonie le 2 mars 2014

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Alors ce bon sens comment peut-on l’exprimer dans le domaine de la spiritualité ?

Et bien il peut s’exprimer dans la simplicité, l’innocence du cœur et de l’esprit. On a tous en tête le sage avec sa pipe au bec qui rie de tout et parle simplement, avec des mots légers qui nous vont droit au cœur. Sans employer de tournure de phrases compliquées, de concepts théoriques lourds d’intellectualisme. Avec un vocabulaire même limité il arrive à évoquer l’illimité, voila la force du bon sens spirituel (certains grands éveillés étaient même analphabètes.) Mais ce langage si criant de vérité n’est pas toujours accessible à notre mental qui se gargarise de complexité jusqu’à se prendre les pieds dedans et faire chuter le pèlerin dans sa quête. C’est un peu le serpent qui se mord la queue. Alors voila, pourquoi a t-on inventé le savoir intellectualo-spirituel que l’on rencontre aussi dans la plupart des ouvrages modernes ? Ce savoir a son utilité. Il est un pont  si je puis dire entre l’intellectualisme complexe du mental-ego et la simplicité toute nue du sage éveillé. Ce savoir utilise les codes du mental pour l’amener vers le non-mental. Donc cela a un sens lorsque l’on est à une extrémité du chemin et de la sorte il est respectable. Prenons un exemple : si une personne croit fermement aux théories du racisme, le simple bon sens spirituel qui dit « le même sens coule dans les veines de tous les hommes » ne suffira évidemment pas à la faire changer d’avis. Dans ce cas, la souffrance et les croyances sont si profondément ancrées que le travail thérapeutique doit passer par une intellectualisation et une conceptualisation préalable, mais pour en revenir au final à l’affirmation de base, celle du bon sens. On pourrait aussi prendre comme exemple un joueur compulsif : lui dire « arrête de jouer car tu perds de l’argent » est vain, voire blessant. Il faut d’abord reconnecter tous les fils qui ont fait que ce bon sens fondamental a été perdu. Notre chance, en revanche, grâce au bon sens, est de pouvoir comprendre quasi-instantanément l’illogisme dans l’absolu de certains comportements qui nous entourent

Il nous est possible de passer à autre chose ensuite, parce que le mental-ego a tendance, s’il ne passe pas à l’étape suivante, à s’approprier ce savoir intellectualo-spirituel et à l’utiliser au même titre que toute possession, l’accumuler, s’en gaver et l’utiliser pour affirmer son hégémonie, ce qui donne des chefs de sectes (je n’emploie pas le mot gourou, car à la base ce mot se traduit simplement par « maître » en sanscrit). C’est à ce stade que le roc peut être fendu, que la coupe peut être vider, pour se libérer même de ce savoir verbalo-spirituel, aller au-delà du mental. Voila pourquoi bien souvent une personne qui ne vit que de « puissance » intellectuelle se trouve désarmée, toute nue, devant le sage qui rigole comme un enfant en disant des vérités si naturelles (simpliste pour l’intello.) On dit bien que l’homme du commun a les yeux de l’adulte et la conscience de l’enfant et que le sage a les yeux de l’enfant et la conscience de l’adulte. Ce qui est tout à fait différent, car les yeux de l’adulte jugent, sont sérieux, graves, mais derrière la conscience de l’enfant reste puérile, déchirée par les frustrations, les blessures du moi. Tandis que le sage avec les yeux de l’enfant regarde la vie sans cesse émerveillé, avec des yeux rond comme des billes, lumineux de gaieté. La conscience d’adulte chez le sage est celle de l’être qui a appréhendé toutes les facettes de l’existence humaine, est ressorti de nombreuses morts psycho-spirituelles et en a percé la compréhension.

Le sage, le libéré vivant, ne vit que de bon sens spirituel, d’une simplicité qui ferait fondre tous les icebergs de l’intellect. Ici, on est très loin de tous les débats d’idées, politique ou religieux. Il faut vraiment voir à quel point les théologiens (toutes religions confondues) se perdent dans leur savoir livresque, dans des théories sans fin et souvent soporifiques sur la nature de leurs dieux. C’est un exemple d’une utilisation surfaite et piégeuse du mental, qui perd de son intérêt purement « technique » pour s’imposer comme autorité. Personne ne peut déstabiliser par les mots la simplicité d’un être qui ne vit plus par les mots, mais par sa vie toute entière. Citation du Yi-King : « Le sage ne ressent pas le besoin d’influencer les êtres, il pratique l’enseignement sans paroles, c’est par ses actes qu’il transmet, et ainsi les êtres viennent à lui naturellement. » Que dire de plus … 

Extrait du site : http://www.unisson06.org/

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S’éveiller à une sexualité sacrée

Posté par othoharmonie le 19 février 2014

 

 

téléchargementLa sexualité n’est pas seulement une histoire de corps et de jouissance. Elle est aussi échange, émotions et mystère. Sans être de grands mystiques, sans pratiquer le tantra, nous pouvons intégrer une dimension sacrée à nos ébats.

Dictature de l’orgasme, tyrannie de la jouissance, marchandisation des corps… Le psychanalyste Jean-Michel Hirt, auteur de L’Insolence de l’amour, fictions de la vie sexuelle (Albin Michel, 2007), est l’un des premiers à avoir souligné les dangers d’une sexualité organique qui « ne serait en référence qu’avec elle-même », visant uniquement le plaisir pour le plaisir. « Un corps machine entretenu pour (re)produire de la jouissance, tel est le modèle dominant dans notre culture, un modèle issu de la pornographie, observe le thérapeute. Dans la mesure où la sexualité est désormais de l’ordre du profane, où l’on ne croit plus que le corps est une création divine, celui-ci est considéré comme une chose qui nous appartient et que nous pouvons donc utiliser sans engager ni affects, ni émotions, ni même conscience. »

Or, nous pouvons nous libérer de la morale et des normes pour inventer, ou réinventer, une autre sexualité. Une sexualité qui remet le corps en son centre, qui le libère, pour lui rendre toute son intelligence, sensorielle et relationnelle. « C’est là l’enjeu de ce que j’appelle l’amour sexuel, c’est-à-dire une sexualité reliée à une dimension spirituelle, et qui permet d’accéder par le corps à la chair, ce lieu des affects, des émotions, de l’intimité, poursuit Jean-Michel Hirt. Cela implique la capacité d’aller vers l’inconnu de soi et de l’autre, d’accepter d’être ému, troublé. La rencontre sexuelle peut alors être de l’ordre d’un éblouissement, convoquant les sens et l’esprit. »

La spiritualité n’est pas chose abstraite. Le sexothérapeute Alain Héril, auteur des Continents féminins, voyage au cœur du plaisir des femmes (Jean-Claude Gawsewitch, 2008), évoque la proximité entre les mots « sacrum » (os du bas de la colonne vertébrale) et « sacré ». Dans la sexualité hindouiste, la kundalini, « l’énergie sexuelle », est décrite comme un « serpent de feu » lové au niveau du sacrum et qui, se dépliant lors de la relation sexuelle, fait circuler l’énergie vitale dans tout le corps, reliant ainsi l’homme et le cosmos. « La dimension spirituelle de la sexualité ne peut être atteinte qu’en partant du corps, insiste Alain Héril. Il s’agit donc de le mettre au centre, de manière consciente et aimante. » Accéder à une dimension de soi plus grande que soi ne peut se faire que si l’on consent à prendre le risque de la relation intime. La sexualité spirituelle serait donc essentiellement une qualité de présence aimante à soi et à l’autre. S’il n’existe évidemment aucun mode d’emploi, aucune cartographie prédéfinie, six pistes peuvent toutefois nous rapprocher de cette dimension sacrée.

Considérer la spiritualité comme une quête personnelle

Pendant des années, Arouna Lipschitz, philosophe et thérapeute (lire ci-dessous), a pratiqué le tantrisme pour concilier sexualité et spiritualité, avant de se rendre compte que, dans le tantra, la relation sexuelle était certes une passerelle pour « basculer dans l’espace transcendant », mais qu’elle transformait aussi l’autre en simple piste d’envol. « Le contraire de ce que j’enseigne, où il s’agit d’incarner sa spiritualité et de vivre une sexualité fondée sur le fait d’être vraiment en relation avec son partenaire, et non d’avoir des relations avec lui », explique la philosophe.

Mêmes préconisations chez Brigitte Martel, auteure de Sexualité, Amour et Gestalt (InterÉditions, 2007) et gestalt-thérapeute, qui pointe les risques d’une sexualité sacrée soumise à de nouvelles contraintes de performance : « L’impératif d’avoir à communier ensemble dans l’extase serait l’équivalent spirituel de l’obsession de l’orgasme ou de l’érection parfaite. » La spiritualité n’est pas un adjuvant destiné à renforcer ou à sublimer une relation. « C’est une quête personnelle dont les effets vont se faire sentir dans la sexualité, et pas une quête dans la sexualité », nuance la psychanalyste Catherine Bensaid, auteure avec Jean-Yves Leloup de Qui aime quand je t’aime ? (Pocket, “Évolution”, 2007). Méditation, prière, relaxation, mais également recherche du beau, du bien, du vrai… toutes ces aspirations et pratiques favorisent l’éveil d’une conscience plus attentive, plus aimante et plus créative au moment des échanges avec notre partenaire.

Habiter entièrement son corps

Dans le tantra, comme dans les branches psychocorporelles de la thérapie, l’accent est mis sur un corps partenaire, soigné et regardé avec le maximum de bienveillance. « C’est un temple, un lieu sacré, qui nous permet d’être, d’être conscient d’être, et de pouvoir entrer en relation avec les autres, souligne Alain Héril. Se le rappeler régulièrement devrait nous faire éprouver de la tendresse pour lui. » Ainsi, en prendre soin, le toucher, le caresser augmente nos sensations et développe notre sensualité en élargissant nos zones érogènes à l’ensemble de notre corps. Le sexothérapeute poursuit : « Au moment de la rencontre sexuelle, c’est l’ensemble du corps qui va réagir, vibrer, l’“être-corps” va se dilater et se déployer, là, avec notre partenaire, et nous ouvrir à une autre dimension de nous-mêmes. »

Pour renforcer le lien avec notre corps, Brigitte Martel propose un exercice, pas aussi simple qu’il peut en avoir l’air : « Il s’agit de parler directement à notre sexe, lui dire nos attentes, nos gênes, nos plaisirs, nos peurs. Cette parole annihile les dissociations corps-sexe, et permet d’être à l’aise avec le regard, les mains et le sexe de l’autre lors de la rencontre sexuelle. »

 

Témoignage « Moi, je fais l’amour avec Dieu »

1. Le Boucher d’Alina Reyes (Points, 2009).

A LIRE

Psaumes du temps présent d’Alina Reyes
« On peut lire ces prières aussi bien en pensant à un amour humain qu’à l’amour divin, précise Alina Reyes. C’est important de ne pas quitter terre, tout en connaissant le ciel ! » (Presses de la Renaissance, 2009).

Alina Reyes, auteure de romans érotiques, nous livre le récit intime de sa rencontre avec le nouvel amour de sa vie : Dieu.

«Dieu est mon Époux, mon Aimé, mon Adoré, mon Désir d’Orient, mon Amant de feu. Moi, je fais l’amour avec Dieu. Autour de moi, mes paroles surprennent. J’ai grandi dans un milieu athée dans lequel Dieu est tabou. Pourtant, depuis mon enfance, j’ai une conscience énorme de Dieu, mais je ne savais pas le nommer. L’érotisme a été notre chemin de rencontre. L’érotisme m’a appris à être, avec les hommes, en état d’ouverture, de réceptivité, d’abandon… Toutes ces dispositions m’ont été utiles pour recevoir Dieu. Dieu approche chacun à sa façon, en lui parlant le langage qu’il comprend. Avec moi, Dieu a employé la langue charnelle et sensuelle. Mais je ne mélange pas les genres : quand je fais l’amour, je ne me mets pas à penser à Dieu, je suis pleinement dans ce que je vis en cet instant. L’érotisme est un échange. Il n’a rien à voir avec la vieille idée de Georges Bataille, pour qui le plaisir érotique vient de la transgression et jouit de la culpabilité – c’est plutôt le signe d’une grande impuissance à appréhender la joie de la chair et de l’amour. C’est comme si, pour vous initier au plaisir des fruits, on commençait par vous proposer d’en manger des pourris !

La chair n’est pas de la viande morte, mais un corps animé par une âme. Dans Le Boucher (1), mon premier roman, je parlais de “l’entrée éblouissante du Sauveur”, avec un S majuscule, pour décrire une scène d’amour. On m’avait demandé d’ôter la majuscule parce que cela pouvait être “mal interprété”. Pourtant, c’est bien ainsi que je ressentais les choses. J’en fais l’expérience chaque jour : la mystique est sensuelle, et l’amour de Dieu, érotique. Les mystiques savent tenir tous leurs sens en éveil pour communiquer avec l’être qui les dépasse infiniment. Il faut relire les textes de sainte Thérèse d’Avila ou de saint Jean de la Croix. La foi ouvre au croyant un sixième sens, le sens spirituel, qui lui permet de goûter la présence de Dieu. Le christianisme est la religion de l’incarnation, et donc de la sensualité : l’Esprit est venu en Marie, Jésus a pris chair.

Entrez dans les églises et regardez les fresques et les peintures, on y voit des corps en gloire, des vierges qui donnent le sein ! Aux premiers siècles, les pères de l’Église parlaient de Dieu en des termes très sensuels. Puis la peur de la chair, qui est une peur de la liberté humaine, a repris le dessus… Plus j’avance sur mon chemin, plus je comprends intimement la figure de Marie Madeleine (que j’explore dans mon prochain roman), d’une part, à cause du regard que l’on a porté sur elle et qui ne correspondait pas forcément à ce qu’elle était; d’autre part, parce que l’amour des hommes l’a menée, elle aussi, à l’amour de Dieu. »

 

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Sexualité et spiritualité

Posté par othoharmonie le 19 février 2014

 

Cette canalisation a été présentée à une séance publique le 17 Avril 2005 à Haaren, Pays-Bas,). Le texte a été légèrement remanié pour une meilleure lecture.

Pamela Kribbe

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Le sujet dont j’aimerais parler aujourd’hui a eu un grand impact sur vous tout au long de votre histoire terrestre. Il s’agit de la sexualité et comment elle est vécue par les hommes et par les femmes.

Ce n’est pas un sujet facile. La sexualité s’est chargée de beaucoup de jugements, de peurs et d’émotions. Il n’y a presque plus d’aspects en elle qui soit spontané et évident. Cela revient à dire que l’aspect candide de la sexualité, celui de l’enfant innocent qui explore librement, a été perdu. Vous êtes pleins de peurs et d’émotions quand il s’agit de vous exprimer sexuellement.

C’est de ce fardeau que je veux parler dans ce message, mais j’aimerais d’abord dire un mot sur ce que signifie la sexualité dans une perspective spirituelle.

La sexualité, ce sont les énergies masculine et féminine qui dansent ensemble. A l’origine, c’était plus qu’un acte physique. Elle était conçue pour être une danse où tous les niveaux ou aspects de vous-même et de votre partenaire participent.

Je distinguerai quatre niveaux ou aspects qui peuvent jouer un rôle dans cette danse des énergies.

Les quatre aspects de l’expérience sexuelle

D’abord, il y a le niveau physique, l’aspect du corps physique. Le corps est innocent. Il connaît l’attirance et le désir sexuels et cela est présent spontanément dans le corps. Le corps cherche la gratification de ses désirs et c’est l’humain, ou la conscience de l’âme dans l’humain, qui détermine le mode d’application et de manifestation du désir sexuel. Là encore, le corps est innocent. Il connaît l’attirance et le désir. Il n’y a rien de mal à cela. Ce peut être une source de plaisir, de jeu et de réjouissance. Mais le corps ne peut choisir par lui-même de quelle façon il va exprimer son énergie sexuelle. C’est vous, l’être humain, qui en avez la charge et le corps a besoin de votre direction.

Si vous voulez vivre la sexualité de la manière la plus aimante, le siège de la direction sera placé dans le coeur. Quand vous laisserez votre coeur s’occuper de votre énergie sexuelle, elle trouvera son expression la plus joyeuse. L’alternative est de laisser vos pensées (jugements) ou vos émotions diriger le courant sexuel et vous verrez que cela causera divers blocages dans votre énergie, mais j’en parlerai par la suite.

Le second aspect de la danse sexuelle que je distinguerai est le niveau émotionnel. L’union sexuelle est un acte profondément émotionnel. Si vous ignorez cet aspect, vous ne serez pas pleinement présent dans l’acte et vous vous couperez de la signification réelle de la sexualité.

Dans le message précédent « Gérer les émotions », nous avons beaucoup parlé du sujet des émotions. Nous avons mis en lumière les puissantes énergies de la peur, de la colère et de la tristesse et vu comment elles pouvaient vous déstabiliser. Quand l’une de ces puissantes émotions est à l’oeuvre dans une relation entre deux personnes et n’est pas reconnue consciemment et exprimée, elle surgira lorsqu’ils seront dans l’intimité. Peut-être que ces émotions causeront de puissantes réactions de résistance ou de fermeture au moment de votre intimité physique, ou bien le corps sera incapable de ressentir de l’attirance ou de l’excitation.

Chaque fois qu’il y a ces blocages physiques ou psychologiques, il est important de les gérer au niveau où ils sont apparus : au niveau émotionnel. Si vous essayez d’enlever des symptômes physiques sans tenir compte de la dynamique émotionnelle sous-jacente, vous ne respectez pas votre corps ni vous-même. Quand votre corps refuse l’intimité, il vous dit purement et simplement qu’il y a un blocage émotionnel. C’est peut-être dû à un problème entre votre partenaire et vous, ou bien à un choc émotionnel du passé. Peu importe, il est nécessaire de s’en occuper avec une attention bienveillante avant que l’énergie sexuelle puisse circuler librement.

Après le niveau émotionnel, il y a le niveau du coeur, qui est le siège de la sensibilité. Dans le même message, nous avons fait la distinction entre les émotions et les sentiments. Ceux-ci relèvent de l’intuition et de la sagesse intérieure. Vos sentiments vous parlent en doux murmures, emplis de sagesse et de compassion. Les émotions sont de nature plus spectaculaire et nous les appellons des réactions d’incompréhension, car c’est essentiellement ce qu’elles sont : des explosions dues à l’incompréhension de ce qu’il vous arrive.

Lorsque le coeur est ouvert entre deux partenaires sexuels, il y a entre eux de la confiance, de l’amour et de la sécurité. Lorsque le coeur est présent dans une rencontre sexuelle, vous permettez à votre intuition de percevoir ce qu’il se passe entre vous au moment de votre intimité physique. Vous ne cachez pas vos émotions, vous parlez d’elles ouvertement. De vieilles douleurs peuvent remonter à la surface et sont acceptées comme telles. Vous êtes accepté tel que vous êtes et ce genre d’acceptation est la plus grande puissance de guérison qui existe. Lorsque vous reliez l’énergie de votre coeur à celle de votre sexe, cela apporte la guérison à un endroit qui en a bien besoin.

Cependant, le coeur peut aussi jouer un rôle subtil en vous empêchant de vivre la sexualité de manière joyeuse et aimante. Le coeur a pu se fermer aux joies de la sexualité pour diverses raisons. Premièrement, il peut y avoir dans le coeur un désir de s’élever au-dessus de la réalité physique de la terre. Deuxièmement, il peut y avoir des dogmes religieux à l’oeuvre qui empêchent le coeur de s’ouvrir à ce qu’est réellement la sexualité. Je vais maintenant parler de ces deux éventualités.

Le coeur peut avoir une forte inclination à s’élever au-dessus du plan dense de la réalité matérielle. C’est une sorte de nostalgie. Il peut y avoir là un rêve d’unité qui ne vise pas du tout à l’union sexuelle, mais recèle en fait un rejet subtil des réalités de la terre (ainsi que de la sexualité). Nombre d’entre vous ont la mémoire de l’énergie d’amour et d’harmonie vécue sur des plans immatériels avant de s’incarner sur terre. Votre coeur réclame à grands cris l’aisance et la légèreté de cette vibration. Vous essayez d’absorber cette énergie en méditant. Bien souvent, les chakras du haut (le coeur, la gorge, le troisième oeil et le chakra-couronne) sont activés de cette façon. Ils s’ouvrent, alors que les chakras du bas (le plexus solaire, le nombril et le coccyx) vitaux pour votre vie terrestre, sont plus ou moins laissés à l’abandon.

De manière moins naturelle, cela se produit aussi quand vous prenez des drogues. Quand vous prenez des substances qui favorisent l’expansion du mental, les chakras du haut sont artificiellement déchirés et il vous est possible de vivre une expérience temporaire d’extase et de béatitude qui vous fait oublier l’aspect dense et lourd de la réalité terrestre.

Même si le désir et l’aspiration à la transcendance sont compréhensibles, il est important de faire la paix avec la réalité terrestre. Autrement, vous allez créer une séparation artificielle entre les parties supérieure et inférieure de votre champ d’énergie. Vous allez préférer rester avec votre conscience dans la partie supérieure de votre aura et vous allez développer une résistance subtile ou manifeste envers la réalité du corps, des émotions et de la sexualité. Cela crée un déséquilibre dans votre champ d’énergie. Lorsque vous êtes ainsi nostalgiques, essayez de ressentir la raison et le but de votre présence sur terre maintenant. Votre raison d’être ici n’est pas de transcender la terre mais d’amener le Foyer ici-bas. C’est un voyage sacré.

La seconde raison qui pousse le coeur à fuir la sexualité, ce sont les dogmes religieux, souvent en provenance de vies passées. Il y a eu probablement des vies où vous avez prononcé des voeux de chasteté, où l’on vous a enseigné à vous sentir coupable ou honteux des plaisirs du corps et de la sexualité. Ces énergies peuvent encore traîner dans votre coeur. A cause d’elles, vous pouvez avoir des jugements négatifs ou une résistance à l’intimité physique. Ces jugements et ces sentiments ne reposent pas sur la vérité. Une fois encore, je souhaite dire que le corps est innocent. L’attirance, le désir et tous les processus physiques qui vous font désirer l’union physique sont sains et naturels. Les déséquilibres qui se produisent dans le domaine de la sexualité sont presque toujours dus à des aspects non-physiques dont je viens de parler.

Le quatrième et dernier aspect est mental. Au niveau mental, il peut y avoir des croyances morales ou spirituelles qui vous empêchent d’apprécier la sexualité. La plupart sont de nature religieuse.

Au niveau spirituel, vous pouvez avoir l’impression que le corps physique est une prison. La réalité non-physique des « plans supérieurs » (comme vous les appelez), est si glorifiée que la réalité physique est sous-évaluée. C’est fréquent chez les artisans de Lumière. C’est surtout parmi eux qu’il y a une résistance au plaisir et à la jouissance que peut donner la sexualité. Cela provient en partie des croyances morales et religieuses et en partie d’une simple inexpérience de cet aspect de la vie. La plupart des âmes d’artisans de Lumière ont passé de nombreuses vies comme prêtres, religieuses ou analogues, retirés de la communauté, sans partenaire ni famille. Ils se sont tellement concentrés sur le spirituel qu’ils ont négligé la sexualité.

Chez les gens spirituels ou religieux, il y a souvent un manque de respect pour le corps dans son expression naturelle. C’est vraiment regrettable car de notre côté, c’est l’expression dans la matière qui est considérée comme le voyage le plus sacré qu’une âme puisse entreprendre. Semer et récolter les graines de votre divinité si loin de votre Foyer dans la réalité de la matière et de la forme est une entreprise sacrée. C’est un acte créateur divin des plus élevés.

Peut-être avez-vous déjà été présent au chevet d’un mourant ou avez-vous été témoin d’une naissance. A ces moments, l’âme entre ou sort de la danse avec la matière. Ces deux instants sont entourés d’une atmosphère sacrée. Vous pouvez percevoir cela comme un silence profond et enveloppant, empli de dignité, qui annonce l’arrivée ou le départ de l’âme. De notre côté du voile, il y a le respect le plus profond pour ce que vous faites à ces moments. La danse avec la matière est sacrée. Et vous la détestez si souvent !

La sexualité dans sa vraie signification est une danse dans la matière qui en même temps, s’élève au-dessus de la matière. Dans une expression sexuelle équilibrée, vous transcendez la réalité matérielle sans l’ignorer ou la refouler, sans abandonner les trois chakras du bas et sans chercher l’extase uniquement à travers les chakras du haut. Une sexualité complète intègre tous les niveaux de votre être. La sexualité comble le fossé entre la matière et l’Esprit.

Lorsque deux personnes sont physiquement intimes de manière aimante, toutes les cellules de leur corps vibrent un peu plus vite, elles commencent à danser un peu. Une voie d’accès est ouverte vers une réalité énergétique qui a une vibration légèrement plus élevée et un sentiment plus léger. Après une union sexuelle où votre être tout entier participe (votre corps, votre mental et votre âme), vous vous sentez en paix et joyeux. C’est une extase paisible. Les cellules de votre corps ont goûté l’énergie de l’amour et à cet instant, vous avez rapproché de vous la réalité de l’amour. Vous avez canalisé l’énergie divine de l’Amour qui souhaite si ardemment s’écouler en vous et qui a le plus grand respect pour votre nature sexuelle.

Si l’énergie des quatre niveaux s’écoule ensemble lors d’une union sexuelle, c’est un acte de création divin. Il est tout naturel que des enfants naissent d’une telle union. Quand la danse du masculin et du féminin s’accomplit de façon si joyeuse, seules la bonté et la douceur peuvent naître d’elle. Si un enfant est conçu de cette façon, il entre dans les réalités de la terre sur une piste d’amour et de lumière. C’est l’accueil le plus aimant qu’une âme puisse recevoir sur terre.

Parce que les énergies sexuelles sont si précieuses, nous vous demandons : s’il vous plaît, gérez votre sexualité avec respect. Quand il y a des problèmes, des peurs ou des tensions autour d’elle, ne jugez pas la sexualité elle-même, n’y renoncez pas, car c’est une parcelle de vous qui est naturelle et sacrée.

Vu sur http://www.choix-realite.org/

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La Renaissance Spirituelle

Posté par othoharmonie le 27 janvier 2014

 

 



« Lorsque vous êtes inspiré par un grand but, un projet extraordinaire, toutes vos pensées brisent leurs liens: votre esprit transcende ses limites, votre conscience s’étend dans toutes les directions, et vous vous trouvez dans un nouveau monde merveilleux et grandiose. Les forces, les facultés, et les talents qui dormaient en vous s’éveillent, et vous découvrez que vous êtes un être infiniment supérieur à celui que vous avez rêvé d’être un jour ». Philosophe indien Patanjali


 arbre du jardin

 L’âme de l’humanité se réveille tranquillement, mais surement de son état de somnolence, d’impuissance et de déraison. L’énergie spirituelle afflue à un rythme de plus en plus élevé. Pour chaque conscience qui s’éveille mille autres s’éveillent. Nous sommes en pleine renaissance, en plein renouvellement. Le soleil de la pleine conscience, de la connaissance pure des lois de la vie, brille à l’horizon. La lumière du centre de l’univers brille de plus en plus et irradie la terre d’une conscience élevée, de sagesse et d’amour. Elle se fait persistante et agit sereinement dans le cœur des hommes.

La lumière de la vérité et de la vie perce l’obscurité telle une lame de feu. La vérité libère l’âme des êtres vivants de toute erreur, de toute manipulation, de toute ignorance et redonne confiance et courage à tous les porteurs de lumière. L’humanité a dû connaître et traverser ces épaisses ténèbres pour comprendre qu’elle n’est qu’au service de la lumière et que l’ombre symbolise l’absence de vie, d’amour, de sagesse et d’intelligence. L’obscurité n’amène que la noirceur et la désolation. Il y a certes des milliers de personnes qui sont au service de ce mal et qui croient à tort que le mal est plus fort, mais sans comprendre que cela fait partie du plan divin et qu’ils sont maintenant exposés à la puissance de la lampe de l’intelligence et de la droiture céleste.

Notre origine est céleste, nous sommes des particules d’énergie lumineuse et de conscience. Notre corps est un champ de forces qui radie de l’énergie comme une étoile. Ce n’est que le voile de notre conscience limité qui nous empêche de le voir. Notre corps et notre esprit sont pollués par toutes les croyances fausses, erronées et limitatives que les agents de l’ombre nous imposent. Leur seule arme véritable est la « Peur ». La peur rétrécit notre pouvoir et nous empêche d’être libres et vibrants de lumière, d’amour et de sagesse.

Toute croyance n’est qu’un champ de connaissances qu’elle soit vraie ou fausse. Toute croyance n’est qu’amas de pensée, d’idée et de concept. Tout est question de perception, mais encore faut-il qu’elle soit bien affutée. Sachons que notre arme est la lumière du cœur, qui est le Courage, la Confiance, l’Espérance, la Science exacte (non adultéré, ni trompeuse) et la Maîtrise de soi et des forces de la nature.

Soyons Courageux et Invincible face à l’adversité, face à l’opposant sachant que la peur n’est que le manque d’assurance. Nous nous régénérons dans la confiance, dans la vérité et dans la vie. Qu’avons-nous peur de perdre ? Nous avons tout à gagner, et le prix est notre liberté, notre délivrance, notre plein potentiel spirituel et matériel.

Fortifions notre cœur et notre esprit en nourrissant notre conscience de positif et seulement de positif et apprenons l’art de la conversion alchimique en changeant nos pensées négatives par des pensées positives de courage et de confiance. Chaque fois que nous substituons une pensée négative par une pensée positive nous renforçons le positif. Chaque fois que nous nous nourrissons de nouvelle pensée positive nous créons de nouveaux neurones dans notre cerveau, ce qui contribue à la transmission de pensée positive de lumières. Ceci étant dit, il ne s’agit pas de nier le négatif, mais plutôt de le transformer. Ne faisons pas l’erreur de nous mettre la tête dans le sable. Ce qu’il faut faire est de plutôt exposé à la pleine lumière l’obscurité, car la lumière irradie la noirceur comme un puissant faisceau lumineux.

Le monde tel que nous le connaissons est en pleine transformation. Nous avons connu la révolution industrielle et technologique, et maintenant nous faisons place à la renaissance spirituelle. L’Âge de l’Esprit, de l’Intelligence et de la Compréhension. Nous retrouvons nos origines et notre pouvoir créatif. En termes clairs, l’homme va continuer ses avancés technologiques, mais en y incluant la portion humaine, c’est-à-dire, le respect de l’homme et de la nature. Nous apprenons l’interconnections entre toutes choses grâce à la mécanique quantique (la science des particules élémentaires comme les électrons, protons, quantons).

L’éveil de l’homme ne veut pas dire que le monde est parfait et que la terre est devenue un paradis. L’éveil signifie que l’homme s’éveille à son ignorance, à son arrogance, à sa bêtise pour laisser place à l’intelligence du cœur et à ses qualités intérieures. La renaissance de l’homme passe avant tout par la découverte de son origine, de son pouvoir spirituel, de l’interdépendance et les principes d’harmonies, d’ordres et de vie à l’opposée de l’entropie (désordre). C’est seulement voir les choses avec le savoir exact et véridique sans intentions pernicieuses.

C’est de chercher à toujours retrouver l’équilibre de la nature en corrigeant tout désordre ou instabilité. Quand on pense par exemple aux inégalités sociales dans la répartition des richesses et de l’écart entre riche et pauvre, on se rend compte que cela est contraire à tout principe ou loi de la vie, qui elle est coopérative et égalitaire. L’homme doit comprendre que « le bien de l’individu passe par le bien de la société et que le bien de la société passe par le bien de chaque individu ». Ce qui forme la société ce sont les individus et non le contraire. Notre monde est formé par une « Grande pyramide » ou l’élite est au sommet et nous sommes en bas. Cette vision des choses est tout à fait à l’opposé de l’univers et de la vie ou toutes choses forment un « Grand cercle », toutes choses sont reliées, unies entre elles.

On se renouvelle constamment par de nouvelles compréhensions, par de nouvelles connaissances et expérience. L’avenir et la préservation de la planète et de la vie passe par la maîtrise et le savoir des principes déjà existant à l’origine de l’univers. On n’a qu’à penser à l’électricité pour se rendre compte qu’elle était présente depuis la fondation du monde et que l’homme a seulement appris a s’en servir, ce n’est pas lui qui l’a créé, mais bien la vie avant lui.

L’homme se croit supérieur à la nature alors que la nature est de beaucoup supérieure à l’homme. Pourquoi tant d’arrogance et d’effronterie de la part de l’humanité ? Nous avons beaucoup à apprendre de la nature et des lois de la vie. Tout ce que nous avons réussi à faire est de se créer un système artificiel et virtuel. En ce sens que tout système politique, religieux, économique et social ont été créés pour servir les intérêts d’hommes égoïstes, pour leur seul pouvoir personnel.

La vie nous dit que celui qui veut gouverner se fasse le serviteur des autres et qu’aucun homme ne doit être supérieur a un autre, car nous sommes tous de la même essence, nous somme tous uniques et égaux malgré nos petites différences à la surface. Chaque personne est « libre » d’être et de faire ce qu’il veut tout en étant respectueux d’autrui et du bien-être de tous et chacun. Le positif produit du positif, de sorte que tous puissent se baigner dans l’eau de la quiétude. Ce n’est que la peur qui nous empêche d’accorder cette liberté à tous et chacune. La peur, le doute et la suspicion sont des fruits pourris. Il faut travailler et œuvrer au bien, pour le bien et que dans le bien de tous et chacun.

Renouvelons notre esprit, notre intelligence et notre cœur dans le savoir et l’expérimentation de la vie. Soyons pleinement allumée, ouvert et confiant en nos capacités et talents latents. La spiritualité est la synthèse de la science de la psyché (de l’esprit) et de la science de la vie (nature). Ce n’est pas par de vagues discours ou de fausses croyances obscures que nous renouvelons notre esprit. C’est par un vrai travail mental et émotionnel que nous nous éveillons à la vie. C’est par la maîtrise de nos pensées, de notre imagination, de notre corps et de nos émotions que nous devenons des maîtres de nous-mêmes.

Le monde est plus connecté, interdépendant  et interrelié que jamais. Nous échangeons de l’information (pensée, parole, idée, image, vidéo, musique, fichier) que ce soit par internet, par les cellulaires, par les réseaux sociaux et les systèmes de réseaux sans fil et satellitaires. La Vie est échange et partage d’information, de pensée, d’idée et d’intelligence.

Le monde est en plein renouvellement, en plein changement et avance toujours vers un Avenir supérieur, vers un Devenir selon nos aspirations les plus profondes. Restons confiant, fort et courageux envers nos capacités à transformer ce monde. Tous et chacun contribuons de diverses façons à donner une nouvelle vie à cette terre, tous et chacun avons cette force en nous qui ne demande qu’à être utilisé pour notre bien et le bien commun de tous. La fin du vieux monde approche et la renaissance est à nos portes. Il ne suffit que d’ouvrir nos cœurs et nos esprits et agir en conséquence pour que l’on traverse la grande porte de notre liberté spirituelle.

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La Vérité Universelle

Posté par othoharmonie le 11 janvier 2014

 



« La vérité est comme le Soleil, elle est vitale et énergisante et consume les mensonges »


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La vérité est tout aussi universelle que la vie et est en fait l’essence même ou l’âme de la vie. Donc tout ce qui vit, vit dans la Vérité car elle est la Réalité. Ce qui est réel est ce qui vit, et ce qui vit est l’évidence même de la force de vie. Chaque recherche et découverte d’une facette de la vérité de la vie ouvre la voie à une plus grande vérité. Aucun homme ne peut contenir toute la vérité, car elle est tout ce qui existe, et on ne peut connaître tous ses détails en une vie.

Nul esprit ne peut agir constructivement tant qu’une certaine interprétation ou explication de la vérité est acceptée comme finale ou ultime. Il n’y a pas de finalité à la vie ou à la vérité, il n’y a qu’approfondissement et développement incessant de la vérité. Le fait est que lorsque vous acceptez n’importe quoi comme final vous mettez fin au développement de votre esprit et à la connaissance. Le fait que tout le monde a accepté certaines idées spirituelles et métaphysiques comme finale est une des raisons pourquoi la véritable spiritualité est si rare.

À cet égard, il faut aussi savoir que du moment que nous regardons une vérité comme définitive nous cessons d’augmenter son étude. C’est seulement l’esprit qui est toujours à la recherche de la vérité qui peut comprendre vraiment la vérité. La vérité n’est pas enfermée dans un livre ou dans un système – la vérité est en dehors et en dedans de soi. La vérité est dans tout ce qui existe, et ce qui existe vient de la vérité qui est la vie, qui est l’énergie divine. Tout homme de science, qu’elle soit spirituelle ou physique ne fait que découvrir des éléments de la vérité. Que ce soit l’électricité ou le champ quantique – ils ont toujours existé, ce n’est pas l’homme qui les a créées. L’homme a seulement appris à s’en servir. Nous ne faisons que découvrir des morceaux de la vérité universelle. Comment un homme ou un groupe peut affirmer détenir la Vérité ? Quand la vérité entière est insaisissable par l’homme ? On ne peut détenir la vérité, mais seulement la délivrer, la libérer et la partager entre nous.

Notre plus grande erreur est de vouloir la capturer et l’emprisonner pour notre bénéfice personnel. On ne peut pas capturer la vérité comme on ne peut capturer le soleil. On peut seulement goûter aux rayons de vérité sur notre route terrestre. La vérité se cache au cœur de l’univers. Elle se cache dans les lois ou principes de base de la vie, et la vie est divine, elle est spirituelle, elle est esprit. Notre esprit curieux nous pousse toujours à vouloir chercher et trouver de ses perles de vérité, de vie et de sagesse. Car la croissance de l’âme passe par l’enrichissement, par le développement spirituel. Il est futile de chercher la vérité absolue – cherchons plutôt les abondantes vérités de la vie. Soyons ouvert, curieux et questionneur.

Tout système, qu’il soit religieux, philosophique, métaphysique ou scientifique contiennent des morceaux de vérité, mais aucun de ces systèmes ne détienne la totalité de la vérité. Tout comme chaque être humain détient des parcelles de vérité. Et quand je dis vérité, je ne parle pas de « chacun à sa vérité » en ce sens qu’elle est seulement ce que l’on veut croire, que ce soit vrai ou non. La vérité ne peut être basée sur l’erreur, elle ne peut être basée que sur des faits et des principes établis depuis la fondation du monde. Comme par exemple la loi de l’attraction gravitationnelle ou la loi du magnétisme ou toute autre loi physique ou spirituelle qui sont en fait les mêmes lois, car il n’y a qu’une loi qui est agencée en différents éléments.

Le divin est la suprême vérité, on ne peut renfermer en soi la totalité de la lumière divine, mais seulement une étincelle de vérité. La découverte et la réalisation de toute parcelle de vérité nous libèrent de toute erreur ou ignorance. Elle nous ouvre à des possibilités et connaissances sans fin. L’enfer est de nous enfermer dans des croyances ou idéologies achever. Ouvrons notre esprit et notre âme à la grande vérité pour y découvrir ses petites vérités à chaque jour que le divin nous donne la vie. Éveillons notre esprit – soyons allumés par cette vie infinie. Tout est à découvrir ou redécouvrir. On ne peut pas se lasser d’apprendre et de contempler la vie.

Par l’éveil en nous de cet intérêt, de cette sollicitude pour la vie, nous y ajoutons encore plus d’aventures et plus de vie, parce que la vie est faite de découverte, de mystère, de prodiges et de miracles. Posons-nous des questions et voyons les réponses, les éclaircissements arriver sur le chemin de notre vie.

Partons à la conquête de la vérité, de la révélation de la vie et de ses innombrables trésors. Cette quête est éternelle et elle est essentielle et vitale. Elle donne un réel sens, une réelle conscience à notre vie. La recherche de la vérité universelle est la plus grande mission qu’un être peut accomplir en y mettant tout son esprit et son cœur. Il se libère des chaines de l’ignorance, de l’insuffisance et de l’imperfection.

Extrait de : Messager Spirituel Tome 5 – Les Mystères De Votre Esprit

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MANIFESTE POUR UNE NOUVELLE SPIRITUALITÉ

Posté par othoharmonie le 30 décembre 2013

par Yann Thibaud

(téléchargez la version PDF de ce manifeste)

citation Forum

Voilà presque deux siècles qu’au nom de l’idéologie du progrès, la société occidentale (aujourd’hui étendue à la planète entière) a cru trouver le bonheur et le sens de l’existence, dans une production et une consommation sans limite de biens et de produits, jusqu’à l’épuisement programmé des ressources de la Terre qui accueille l’humanité. Sortir de cette impasse suicidaire implique de transformer radicalement nos modes de vie et de pensée.

C’est pourquoi la crise généralisée que nous traversons n’est pas seulement économique, financière, énergétique ou politique : elle est d’abord structurelle, culturelle, civilisationnelle et (osons le mot) spirituelle ; elle est la conséquence d’une idéologie absurde, réduisant l’être humain à un agent économique, sorte de créature robotique ayant pour seule finalité de produire et consommer, niant par là sa dimension affective, sensible, intuitive et idéaliste ; elle signe le désastre du matérialisme, l’échec d’un monde dédié au culte du profit, la fin d’une illusion, mais aussi peut-être la naissance d’un monde différent, plus sage, plus heureux et plus libre, comme la métamorphose de la triste chenille en somptueux papillon.

Notre potentiel oublié

Les peuples qui nous ont précédés et qui eurent au moins le grand mérite de nous léguer une planète habitable, n’étaient pas, quant à eux, des obsédés de la croissance et du pouvoir d’achat. Leurs centres d’intérêts étaient d’une toute autre nature : ils se passionnaient pour des questions mystiques et métaphysiques et entreprirent, par de multiples voies, de connaître et développer les aptitudes et potentiels de la conscience et de l’esprit.

Aussi, sur tous les continents et dans toutes les cultures, peut-on trouver le récit ou le témoignage d’êtres s’étant affranchis des limitations de la conscience ordinaire et faisant montre de qualités et capacités exceptionnelles : une joie et un amour constants et sans limite, une totale sérénité et un niveau élevé de discernement et de sagesse.

Cet état résultant d’un changement intérieur radical, se trouve qualifié par des mots très variés : ainsi en Orient, on parle dans le bouddhisme d’éveil ou d’illumination, dans l’hindouisme : de libération ou de réalisation, et dans d’autres traditions (soufisme, taoïsme et même chamanisme) on trouvera des termes équivalents ; en Occident, on recourt aux concepts quelque peu différents de sagesse ou de sainteté, mais les états que ces divers mots tentent de traduire, s’avèrent proches ou similaires, car ils constituent une réalité universelle, un potentiel offert à tout être humain, quels que soient sa culture, son origine ou son parcours.

Le véritable bonheur serait-il donc l’Éveil ?
En quoi consiste-t-il exactement et comment en faire l’expérience ?
Comment reconnaître les « éveillés » ? Passent-ils devant une commission chargée de les évaluer, les authentifier et leur délivrer une certification ou une autorisation d’exercer ?

Il n’existe heureusement pas de bureaucratie de l’Éveil. Le rayonnement, la bonté et l’amour qui émanent des éveillés sont les seules sources de la fascination qu’il suscitent. Pour qui a eu la chance de les rencontrer ou même de les voir en photo ou en vidéo (notamment par les livres et films d’Arnaud Desjardins), ce qui frappe est d’abord la profondeur et l’intensité de leur regard, à la fois doux et puissant, aimant et conscient.

L’amour que manifestent les éveillés a ceci de remarquable et d’inhabituel, qu’il touche chacun intimement et parfois de façon bouleversante, tout en étant parfaitement impersonnel, offert également à tous les êtres qu’ils rencontrent. Cette manière d’aimer nous est la plupart du temps inconnue, tant elle diffère de ce que nous nommons généralement « amour », sentiment possessif, exclusif et jaloux, accordé à certains et pas à d’autres, susceptible de se muer, s’il est contrarié, en haine, mépris ou même indifférence. L’amour ressenti par un être éveillé est au contraire patient, immuable, paisible et inconditionnel (accordé sans condition), parce qu’il ne dépend pas de l’autre mais de soi et résulte simplement de la joie d’être, de la reconnexion à la source intérieure et éternelle de sagesse et de bonté.

N’étant plus sujets aux projections, illusions et fantasmes qui altèrent généralement le mental humain, ayant atteint un plan de conscience situé au-delà des émotions aliénantes, ils perçoivent le réel avec clarté et précision, et s’y adaptent d’instant en instant, avec aisance, naturel, grâce et fluidité. Autrement dit, ils improvisent constamment, ce qui ne manque pas de décontenancer ceux qui ne s’autorisent pas pareille liberté. Leurs paroles, actes et décisions ne se fondent pas sur l’application de principes, règles ou commandements, mais sur la perception directe et immédiate de chaque situation et sur l’appréciation intuitive de la meilleure conduite à tenir, pour le plus grand bénéfice de chacun.

En raison de la joie, l’énergie et la sérénité qu’ils émanent, les éveillés sont souvent l’objet d’un immense respect, voire même d’une intense vénération, pouvant aller jusqu’au culte de la personnalité. Or l’adulation ou l’idolâtrie n’aide en rien à progresser sur la voie de l’Éveil. C’est même le contraire car, aussi longtemps que l’on mettra un autre être sur un piédestal en chantant ses louanges, on niera sa propre beauté et sa propre lumière, en les projetant sur son gourou de prédilection.

Pourtant, l’Éveil ne nous est pas inconnu : nous en avons tous eu des aperçus, ne serait-ce que fugitivement, durant quelques minutes, heures ou semaines dans des circonstances particulières, au cours d’un voyage, au plus fort d’une relation amoureuse, pendant un intense épisode de création artistique ou durant un séjour au cœur de la nature… Il nous est ainsi tous arrivé de ressentir soudain et sans savoir pourquoi, une immense joie et une profonde paix, éprouvant le sentiment de la perfection de l’instant présent et d’être un avec le monde, l’univers et la vie, puis de perdre cette connexion, de refermer les portes du sublime et de retomber dans les illusions et limitations de la conscience ordinaire. C’est pourquoi l’Éveil nous appartient et nous concerne tous : il existe en chacun à l’état latent ; il est notre nature véritable, notre identité ultime, essentielle et ineffaçable, qui ne peut nous être retirée, quels que soient nos torts, erreurs, défauts ou insuffisances. L’Éveil n’est donc pas l’apanage, ni la propriété exclusive de quelques ermites en lévitation dans une grotte de l’Himalaya ou de gourous fameux, entourés de leurs nombreux disciples dans de vastes ashrams. L’Éveil est le devenir et la vocation de l’humanité toute entière, notre rêve perdu, notre mission oubliée et la raison d’être de notre présence sur Terre.

Dans les milieux dits spirituels, l’Éveil est généralement conçu comme un évènement grandiose, impressionnant, spectaculaire, réservé à quelques êtres prédestinés et quasiment inaccessible au commun des mortels. Cette conception élitiste et hiérarchique de l’Éveil, qui conduit à le placer en-dehors de l’existence quotidienne de chacun, hors de portée de la majorité des humains, ne correspond pourtant pas à la réalité : pour qui en a fait l’expérience concrète et effective, le processus d’Éveil revêt de multiples formes, différentes pour chacun : il peut être immédiat ou graduel, comporter des avancées et des reculs, des ombres et des lumières ; il est mystérieux, progressif, incontrôlable et imprévisible. Le temps est venu, sans doute, de démythifier, désacraliser et démocratiser l’Éveil et de comprendre qu’il s’agit d’une possibilité universelle, chacun d’entre nous pouvant dès lors être légitimement qualifié d’éveillé en puissance ou en devenir, d’intermittent de l’Éveil comme il est des intermittents du spectacle.

L’imposture religieuse

MANIFESTE POUR UNE NOUVELLE SPIRITUALITÉ dans Nouvelle conscience 220px-Black_and_White_7_-_Augusto_De_Luca_photographerQui veut connaître l’Éveil ou souhaite entamer une « démarche spirituelle », sera généralement amené à s’adresser aux professionnels de la profession, c’est-à-dire aux autorités connues et reconnues en la matière, revêtues, selon le cas, de robes blanches, jaunes, rouges, brunes, noires ou même violettes.

L’enseignement prodigué consistera alors invariablement en une impressionnante accumulation de dogmes, doctrines, préceptes, rituels, interdits, observances et commandements, qu’il s’agira d’intégrer, réciter et appliquer, sans qu’à aucun moment, il ne soit question de s’interroger sur leur validité et leur bien-fondé. Aussi, loin de se libérer du fardeau des réflexes émotionnels et idées préconçues (qui constituent le principal obstacle sur la voie de l’Éveil), on en adoptera de nouveaux et l’on ajoutera ainsi un manteau d’aliénation de plus, sur ceux si nombreux déjà existants. Et en s’efforçant d’adopter le comportement souhaité, pour être conforme aux exigences de la nouvelle idéologie que l’on aura adoptée, on ne fera que s’éloigner encore davantage de son inspiration personnelle, de sa sagesse spontanée et de sa liberté d’esprit, de parole et d’action.

Car la logique suivie par les traditions religieuses et spirituelles, s’avère toujours la même, fondée sur l’idée que l’être humain est inapte à déterminer par lui-même la bonne manière de vivre, et qu’il doit par conséquent appliquer les idées et pratiques, que des autorités supérieures, supposées plus sages et éclairées que lui, auront établies et élaborées à sa place et pour son bien : aussi les dogmes et doctrines lui prescrivent-ils quoi penser, les prières et livres saints quoi dire et les rituels et commandements quoi faire. Comment pourrait-on devenir libre, en renonçant à sa souveraineté et en abdiquant systématiquement de son aptitude à exercer cette même liberté ? Ne pourrait-on imaginer une autre forme de spiritualité, non-religieuse, non-superstitieuse et non-dogmatique, fondée non plus sur le sacrifice, l’obéissance et la répétition de formules toutes-faites, mais sur le plaisir, l’expérience personnelle et l’autonomie de pensée ?

L’histoire des spiritualités montre bien que les êtres les plus évolués et éveillés, de Socrate à Krishnamurti en passant par le Bouddha, Tchouang-Tseu ou le Christ, furent chaque fois considérés comme des hérétiques et des dissidents par les autorités de leur temps, parce que, du fait même de leur Éveil, ils osèrent remettre en cause les croyances et idées alors communément admises. Le Bouddha par exemple, insatisfait des enseignements de ses maîtres de méditation, décida, peu avant son illumination, de ne se fier qu’a sa propre expérience et de découvrir par lui-même la vérité ultime.

Ainsi est-il possible d’aborder et de vivre les processus spirituels et états d’expansion de conscience, de manière libre et autonome, en-dehors du carcan étouffant et aliénant des dogmes et des rituels. Or cette démarche est précisément celle de l’expérimentation scientifique, dont le principe est d’étudier le réel sans tabou, interdit ou préjugé. Science et mystique, rationalité et spiritualité sont ainsi deux domaines, approches ou démarches, non seulement conciliables et compatibles, mais encore complémentaires et intimement liées, comme l’ont montré par exemple les récents développements en physique quantique. 

La spiritualité, l’Éveil et la connaissance de soi ont dès lors vocation à être réintégrés au sein du vaste édifice de la culture humaine, à ne plus être considérés comme des sujets tabous, mais à devenir un objet de recherche et de débat, à être étudiés, expérimentés et enseignés comme une discipline à part entière, de manière rigoureuse et approfondie, au même titre que les mathématiques, les langues ou la géographie.

Sortir l’Éveil du ghetto des milieux spirituels, permet de lui redonner sa véritable place, son enjeu réel, qui est de constituer le socle, la racine ou la fondation des cultures et civilisations. En effet, il suffit de considérer avec attention les chefs d’œuvres qui nous furent légués par les sociétés passées, en architecture, musique ou poésie par exemple, pour percevoir que leurs auteurs avaient manifestement atteint un haut niveau d’Éveil et d’évolution. Et l’on pourrait multiplier les exemples, de Pythagore à Einstein en passant par Léonard de Vinci ou Victor Hugo, pour montrer que les grands esprits ayant marqué l’histoire des sciences et des arts, furent pour la plupart des intuitifs inspirés, mystiques et visionnaires, des explorateurs de la conscience autant que de la matière.

L’Éveil est ainsi la source du savoir, la condition de l’esprit, l’origine du génie, la puissance de la création.
C’est pourquoi l’Éveil est la patrie des artistes, philosophes, chercheurs et découvreurs, inventeurs, novateurs et révolutionnaires. Tous participent à leur manière, qu’ils en soient ou non conscients, à l’Éveil de l’humanité, à son émancipation des geôles mentales, psychiques et culturelles, qui la retiennent depuis si longtemps prisonnière. L’Éveil est la clé de la transformation du monde ; il est le facteur auquel on ne pense pas ; il est le moyen autant que le but, la carte autant que le territoire d’un nouveau monde à inventer, imaginer, créer et édifier.

Un puissant vent de liberté souffle aujourd’hui sur le monde. Les dernières dictatures s’effondrent l’une après l’autre, car les peuples de la Terre n’acceptent plus que leur dignité et leur liberté soient méprisées et bafouées. Partout sur la planète, des hommes et des femmes s’éveillent à ce qu’ils sont vraiment, font prévaloir la voix de leurs sentiments sur celle des traditions et du conformisme, et parlent, agissent, se rebellent, proposent et mettent en œuvre des solutions innovantes et modes de vie différents, que l’on qualifiera de différentes manières : alternatives, décroissance, écologie, altermondialisme, transition…
Du fait même de l’accumulation de crises multiples, chacun se trouve aujourd’hui amené à réfléchir, s’interroger, questionner et remettre en cause les pseudo-certitudes et dogmes vacillants du modèle dominant. Ainsi, c’est l’humanité toute entière, qu’elle l’ait ou non souhaitée, qui se trouve maintenant mise en présence d’ un mouvement généralisé d’Éveil de conscience, mettant peu à peu en pièces tous les repères et idées, sur lesquels elle s’était jusque-là construite.

Dès lors, chacun est confronté à ce choix : s’ouvrir, se transformer, s’accomplir et s’éveiller, ou bien se fermer, se nier, se mentir et se perdre. S’il nous faut sortir de l’impasse matérialiste et inventer un autre monde et un nouveau contrat social, il reste à savoir quel pourrait être le visage d’une société spiritualisée, éveillée ou éclairée : allons-nous être sommés de devenir de parfais dévots, arborant un éternel sourire mièvre et béat ? Va-t-il falloir adhérer et se soumettre à un nouveau culte, de nouvelles églises ou obédiences ?

Le retour du religieux (plus ou moins mâtiné d’intégrisme) et l’idéalisation de la tradition ne peuvent constituer des réponses adéquates au besoin de sens et de transcendance, tout simplement parce que ceux-ci ont amplement apporté la démonstration de leurs échecs et de leurs impasses ; ils ont abondamment fait la preuve de leur incapacité à générer un véritable épanouissement individuel et collectif. La religion n’a certainement pas pour objet l’Éveil et l’accomplissement de l’être humain, mais tout au contraire son asservissement et son enfermement dans la prison des croyances imposées et des rituels répétitifs. Au lieu de le libérer de ses chaînes, elle en forge de plus grosses encore. Elle l’abaisse quand elle devrait l’élever. Elle lui fait croire en sa faiblesse, sa petitesse et son indignité, au lieu de lui montre sa puissance, sa grandeur et sa beauté.

La religion est par essence totalitaire, puisqu’ elle décrète des dogmes arbitraires et des croyances déraisonnables, obligeant par-là celles et ceux qui y adhèrent, à se couper de leur ressenti intérieur et à renoncer à une pensée libre et souveraine. Historiquement, elle s’est le plus souvent avérée un outil de domination, de conditionnement et d’infantilisation des masses, au service des intérêts des possédants et des puissants. L’imposture de la religion consiste à se présenter comme la continuatrice, la dépositaire et la représentante officielle du message des éveillés, alors qu’elle n’en fournit qu’une version tronquée, falsifiée et corrompue, trahissant et dénaturant leurs véritables enseignements.

Prenons l’exemple du christianisme, la religion majoritaire et dominante en Occident : le message du Christ, tel qu’il apparaît dans les Évangiles, est un message révolutionnaire d’amour inconditionnel et d’émancipation de toutes les barrières et frontières mentales et institutionnelles. Or, en son nom et après sa mort, fut créée par les prêtres et les « pères de l’église », une religion incroyablement oppressive et violente, prêchant exactement le contraire de sa pensée, c’est-à-dire à la fois l’intolérance (persécution des païens, des hérétiques, des prétendues « sorcières », des cathares, inquisition, croisades, guerres de religion…) et le mépris de soi (culpabilisation du corps, du désir et de la sexualité, dépréciation de la femme, apologie du sacrifice, de l’obéissance, de la souffrance, des privations, etc.).

La prétendue spiritualité conçue comme un combat contre soi, ne peut évidemment conduire qu’à la dureté, l’amertume, la frustration et la rigidité. Et une démarche dite spirituelle, consistant pour l’essentiel à s’imposer toutes sortes d’impératifs et d’interdits (du type : « je ne dois pas dire ceci ; je ne dois pas penser cela… ») ne conduit évidemment pas à l’Eveil, mais bien plutôt à l’aliénation, la confusion et l’auto-dépréciation. Beaucoup, dans les milieux spirituels ou du développement personnel, entreprennent ainsi, avec les meilleurs intentions du monde, de se contrôler constamment, de surveiller férocement les moindres de leurs pensées et paroles, afin de se conformer aux injonctions qui leur sont faites, d’être « dans le cœur », « dans l’amour » et de ne surtout pas être « dans le mental » ou « dans le jugement ».

Cette dictature intérieure permanente, cette guerre envers soi-même, ne permettent assurément pas de s’émanciper et se réaliser, mais conduisent au contraire à perdre sa spontanéité, son naturel, sa joie de vivre, son humour et sa liberté de pensée. Il s’ensuit un véritable cercle vicieux : plus l’on se contrôle et s’oblige à n’avoir que des pensées et paroles correctes et autorisées, plus l’on perd la connexion avec soi et sa propre sagesse intuitive ; on se sent alors de plus en plus perdu et l’on se réfugie d’autant plus dans des réponses et idées toutes-faites, émanant d’autorités extérieures, dont on s’appliquera à intégrer, réciter et appliquer les préceptes et commandements.

Le problème posé par ce qu’il faut bien appeler la pseudo-spiritualité, provient d’un malentendu, issu d’une ignorance du fonctionnement émotionnel humain et de l’existence même de l’inconscient. Ce n’est pas en tournant le dos à son ombre, qu’on la fera disparaître. Ce n’est pas en niant et refoulant ses émotions douloureuses et ses tempêtes intérieures, que l’on s’en libérera comme par magie, mais bien en les ressentant et les acceptant, ce qui provoquera leur transmutation ou transformation harmonieuse. C’est pourquoi l’authentique spiritualité ne consiste pas à appliquer un vague code moral, un ensemble de règles, principes et rituels, mais à vivre un voyage intérieur, un itinéraire de transformation, menant progressivement, par la guérison du cœur, à l’Éveil de l’être intérieur.

Chacun souhaite vivre, connaître et ressentir l’amour universel et inconditionnel, mais ce sentiment ne peut être obtenu de force, par la volonté et le contrôle, au risque de n’être qu’une caricature, un simulacre, un amour faux, qui s’avère au final oppressif, hypocrite et dictatorial. Il s’agit donc d’abandonner l’ancestrale posture patriarcale de lutte et de domination envers autrui comme envers soi, pour expérimenter et développer une nouvelle attitude, d’essence féminine, d’ouverture, de lâcher-prise et d’acceptation de ce qui est en soi, comme de ce qui est en l’autre. Autrement dit, il nous faut réapprendre l’abandon, la douceur, la spontanéité et la simplicité, être vrai, nous accepter tels que nous sommes; et nous découvrirons alors notre indéniable beauté, notre remarquable sagesse et notre indéfectible Eveil.

Tel un poisson tournant en rond dans son triste bocal, l’homme ou la femme d’aujourd’hui étouffe et désespère dans un monde absurde, dépourvu de sens comme de finalité, et se tourne alors à raison vers la spiritualité ; mais les versions qui lui en sont le plus souvent proposées, ritualistes, dogmatiques et disciplinaires, se révèlent finalement comme autant de murs ou d’impasses, tout aussi sclérosantes et aliénantes, si ce n’est davantage.

Une nouvelle culture

Voilà des millénaires que l’être humain est en guerre : en guerre contre le monde extérieur, contre ses rivaux, le clan d’en face ou le pays d’à côté ; en guerre contre la nature, le « gibier », les animaux étiquetés « nuisibles », les « mauvaises herbes », les microbes et virus ; en guerre surtout contre lui-même, son corps, ses émotions, ses désirs et même ses pensées.
Dans les domaines du sport, de la politique ou de l’économie par exemple, le vocabulaire guerrier et la logique de l’affrontement sont systématiquement utilisés : on parle ainsi d’écraser, vaincre, dominer, humilier, laminer ou éliminer le concurrent, l’ennemi ou l’équipe adverse ; il s’agit de trouver la faille, l’angle d’attaque, la bonne stratégie, d’être impitoyable, un leader, un winner, un killer, etc.

On est loin de l’écoute, de l’empathie et de la coopération, conditions indispensables de toute vie en société !
Quand l’être humain va-t-il enfin cesser le combat et se réconcilier avec lui-même et avec le monde ?
Et en quoi pourraient donc consister une culture de paix et même une culture de l’Éveil ?

Chaque culture est simplement la traduction dans la matière concrète, du niveau de conscience, degré d’Éveil ou stade d’évolution, atteint et manifesté par un peuple, un groupe ou une société. Ainsi existe-t-il un art mortifère et un art inspirant, une politique d’oppression et une politique d’émancipation, une économie d’asservissement et une économie d’accomplissement, des modes de vie destructeurs et des modes de vie responsables, des technologies polluantes et des technologies écologiques… Faisons un rêve, imaginons (comme l’auraient dit Lennon ou Luther King), un monde où un nombre chaque jour croissant d’hommes et de femmes se mettent à l’écoute d’eux-mêmes, s’éveillent à leur être véritable, font prévaloir la voix de leur cœur sur celle d’idéologies extérieures, et entreprennent dès lors de réaliser leur rêve sacré ; où, par l’écoute de soi, des autres et de la nature, s’invente et s’élabore peu à peu, une nouvelle culture de douceur, de plaisir et de sagesse; et où se construit, malgré tous les obstacles, une société de dialogue, de partage et de coopération entre les individus, entre les classes, nations et cultures, ainsi qu’avec les différents peuples non-humains.

Ce monde, c’est le nôtre ; et cette époque, c’est maintenant !
Car, malgré les messages anxiogènes et démoralisants des médias, cet Éveil de l’humanité est bel et bien en cours aujourd’hui, à travers d’innombrables initiatives positives, individuelles ou collectives, chacun pouvant le voir et le créer, en soi et autour de soi. L’Éveil de conscience des peuples et des individus est ainsi le pont entre les mondes, le moyen et le moteur de la transition des âges ou de la mutation sociétale et planétaire.

Héritière du Christ et du Bouddha, comme de Woodstock ou de mai 68, la nouvelle culture spirituelle, que chacun pressent, attend et espère, ne consiste pas à prendre des poses ou des manières « spirituelles » ou à afficher un éternel sourire béat, mais à être vrai, naturel, intuitif et créatif, à œuvrer plutôt que travailler, à inventer plutôt qu’appliquer, à réfléchir plutôt que répéter, et à écouter son corps, honorer sa sexualité, vivre ses émotions, exercer sa pensée et expérimenter l’expansion de sa conscience. La nouvelle culture de vie qui s’en vient, ne vise pas à formater et enfermer l’être humain dans des moules et schémas répétitifs et restrictifs, mais à lui procurer les conditions idéales pour se connaître, se comprendre, se trouver, se transformer et se réaliser, exprimer ses plus remarquables et brillants potentiels et manifester sa nature éveillée, accomplie et unifiée.

La nouvelle spiritualité, libre, intuitive et spontanée ne conduit donc pas à être l’esclave d’un gourou, d’un groupe ou d’une doctrine, mais à devenir un humain adulte, évolué, actif et autonome, et à remplacer le rituel par l’expérience, les superstitions par la connaissance, la dévotion par l’estime de soi, l’obéissance par le dialogue, la prière par l’intuition et la discipline par l’inspiration.

C’est pourquoi le surgissement de l’Éveil n’est pas réservé ou confiné aux lieux conçus à cet effet (ashrams, monastères, ermitages etc.), mais s’invite insolemment dans tous les espaces de la vie sociale, et particulièrement ceux où les enjeux sont complexes, délicats, subtils et considérables : lieux associatifs, militants ou communautaires, salles de spectacle, ateliers d’artistes, studios de cinéma, universités, assemblées délibératives, salles de rédaction…

La réflexion, l’invention, l’imagination, l’illumination, la poésie, la spontanéité, la sensualité et le désir, sont ainsi les outils ou chemins multiples et inattendus de l’Éveil de l’humanité, qui lui permettront d’explorer et expérimenter la spiritualité essentielle et éternelle, celle de la vie, la joie, la jouissance et l’extase !

 La méditation naturelle

Si, comme l’affirment les éveillés eux-mêmes, l’Éveil est ce que nous sommes, notre nature intime et notre réalité ultime, alors il n’est nul besoin de recourir à des techniques complexes ou des initiations exotiques ou ésotériques, pour retrouver la mémoire de notre identité véritable. Nul besoin en effet de discipline sévère, de pratiques rigoureuses ou de connaissances secrètes pour être soi-même, mais simplement le désir sincère de connaître et comprendre ce qui se passe en soi.

Or, dans notre monde, tout semble fait pour qu’à aucun moment, il ne soit possible de se livrer à cette exploration intérieure, l’esprit étant constamment occupé par de multiples activités et les rares moments de repos, meublés par le son de la radio, de la télévision ou de l’ordinateur. Même les instants consacrés à la méditation sont le plus souvent employés à se conformer à des techniques, protocoles ou systèmes, consistant à se focaliser sur un son, un objet , un symbole, une idée, un endroit du corps, etc. Or, pour que l’être intérieur ou le moi profond puisse se manifester, encore faut-il lui en laisser la possibilité et, pour cela, se tourner vers l’intérieur et s’ouvrir à ce qui survient spontanément en soi. 

Lorsque l’on entreprend de se connaître et que l’on porte son attention sur son monde intérieur, on est d’abord frappé par sa richesse et son foisonnement : sensations, pulsions, émotions, pensées, désirs, sentiments se succèdent continuellement et (apparemment) sans ordre, ni logique, faisant penser à une jungle grouillante de vie. Si l’on est adepte de la guerre contre soi, on s’efforcera alors de mettre au pas et faire défiler en rangs bien ordonnés, ce peuple intérieur décidément trop indiscipliné et exubérant ; autrement dit, on tentera, en vue de méditer, de chasser ses pensées (parce qu’elles émanent du « mental », cette sorte d’entité dégoûtante et monstrueuse, censée être la cause de tous nos maux !), de nier ses pulsions et de masquer ses émotions ; et l’on n’aboutira qu’à brider, brimer et briser sa nature intérieure, ses envies, ses instincts, son besoin de bonheur, de joie, de liberté, sa créativité, sa sagesse et son esprit.

Mais si l’on accepte son monde intérieur tel qu’il est, en se contentant de le percevoir avec intérêt, bienveillance et neutralité, alors il reprendra forme et sens : les pensées, dès lors qu’elles sont écoutées, honorées et prises en compte, peuvent s’approfondir, quitter le plan superficiel des réactions émotionnelles et réflexes conformistes, pour donner lieu à des prises de conscience émanant de la sagesse intérieure, s’avérant être source de compréhensions, révélations et inspirations appropriées ; les émotions perçues, acceptées et libérées, se transmutent alors en paix, joie et plénitude ; quant aux désirs, si leur substrat émotionnel se transmute, ils s’approfondissent également et deviennent des intuitions justes et pertinentes, provenant des couches profondes de la conscience.

Ainsi ce que l’on pourrait appeler la méditation libre, naturelle ou spontanée, au lieu d’imposer un ordre arbitraire et artificiel à ses pensées, désirs et sentiments, consiste simplement à les accepter, les laisser être et suivre leur cours naturel, que l’on ne peut déterminer par avance, mais qui aboutit toujours à une réorganisation, réharmonisation et clarification de l’esprit.
Méditer ne consiste donc pas à adopter le look, la posture et les manières du méditant, à singer un modèle ou à devenir une statue vivante, mais au contraire à perdre ou déconstruire les déguisements sociaux, repères et croyances obsolètes, pour laisser resplendir la magnificence du moi véritable. C’est ainsi que, couche après couche, strate après strate, la méditation authentique permet de se libérer de ces vieux vêtements usés et inutiles, qui recouvrent et masquent le soleil intérieur.

Voilà maintenant quelques décennies que la méditation est devenue à la mode ; et s’est peu à peu diffusée, dans les médias notamment, l’image stéréotypée du méditant installé dans une posture impeccable, accompagnée de l’idée naïve et simpliste que cette seule position immobile allait amener magiquement et automatiquement le bien-être et la sérénité.
En réalité, la méditation est une attitude intérieure, consistant à être constamment conscient de ce qui se produit en soi et autour de soi ; et c’est le développement de cette « conscience-témoin », qui va préparer le terrain et rendre possible l’émergence progressive de l’être intérieur et la venue d’états d’Éveil et d’expansion de conscience. C’est pourquoi la méditation se pratique tout le temps ou jamais : elle ne consiste pas à s’asseoir en tailleur à horaires déterminés en suivant un protocole précis, mais à être à chaque instant attentif à ce qui advient ; elle est une dynamique intérieure qui se met en place, lorsque l’on commence à percevoir sereinement ses propres fonctionnements, comme le spectacle du monde.

220px-Circe_Offering_the_Cup_to_Odysseus dans Nouvelle TERRELa meilleure position de méditation est simplement celle qui permet le mieux de se détendre, se relâcher, s’ouvrir et lâcher prise, ce qui implique qu’elle sera différente pour chacun et selon le moment de la journée. Ce qui montre bien que la posture de méditation n’a pas l’importance quelque peu fétichiste qu’on lui accorde, c’est que les états d’expansion de conscience, en pratique, surviennent n’importe quand et n’importe où, dans le courant de la vie, au moment même où l’on se détend et où l’on lâche prise, au restaurant, dans un ascenseur, sur le périphérique, en faisant du ski, en se promenant dans la rue…
L’Éveil comme l’amour ne connaît pas de loi ; il ne dépend pas d’une technique ou d’un enseignement, mais au contraire de l’oubli ou du renoncement à toute croyance, certitude ou idée préétablie.

La méditation, au final, n’est autre que la manière normale et naturelle de vivre, connecté à soi, conscient, centré et attentif à toutes choses, adoptant dès lors naturellement un comportement juste, moral, adapté et efficace. Et c’est faute de cette vision juste, faute d’être reliés à leur sagesse intuitive, que les êtres humains adhèrent à des idéologies guerrières, obéissent à des traditions cruelles et irrationnelles ou se livrent à des activités malsaines, iniques ou prédatrices. Aussi, la science de la conscience ou l’art de l’esprit que constitue la méditation, est-elle la clé méconnue qui changera le monde, pour peu que l’on s’affranchisse d’une conception archaïque et figée de la pratique méditative, qui l’identifie à cette étrange manie de rester le plus longtemps possible dans une position rigide, statique et hiératique, sorte d’exploit masochiste, absurde et inutile.

C’est par l’expansion de la conscience et la connaissance de soi, que l’être humain pourra changer profondément et durablement, et sortir alors des multiples impasses actuelles. Chacun, tôt ou tard, sera amené à se tourner vers son propre esprit et à percevoir son propre fonctionnement ; et ce d’autant plus que se diffusera une nouvelle conception de la méditation, plus simple, plus aisée et accessible à tous, perçue non plus comme un cérémonial contraignant et fastidieux, mais comme un changement de regard sur soi et sur le monde, une découverte du bonheur d’être, de sentir et de vivre.
Car la vie est l’essence même de la méditation ; et la méditation n’est rien d’autre que l’expérience consciente de la vie.

L’Éveil de l’humanité

L’Éveil, tout comme la vie, connaît mille couleurs, mille nuances et mille déclinaisons.
Aussi, ne l’emprisonnons pas dans des définitions restrictives, des conceptions figées, des catégories fermées. Sachons le reconnaître derrière les multiples fards, voiles et déguisements qu’il se plaît à emprunter. L’Éveil est partout, dans le chant du poète, l’extase des amoureux ou les cris de joie des enfants. Cessons donc d’opposer éveillés et non-éveillés ; cessons d’idolâtrer les premiers et de mépriser les seconds ; renonçons à situer les uns et les autres d’un côté ou de l’autre de la barrière, car celle-ci est parfaitement imaginaire.  Même les éveillés les plus remarquables continuent chaque jour d’évoluer et de se transformer, car la vie est sans fin. L’Éveil est la matière même de nos vies ; il n’est pas une chimère à attendre ou à espérer, mais une réalité à découvrir, défricher, explorer et ressentir, dès maintenant, dès aujourd’hui. L’Éveil est l’énergie, la conscience et le signal du nouveau monde.

Aussi nous faut-il, pour le manifester, passer de l’état de disciple à celui de maître, reflétant ce que nous sommes en réalité et de toute éternité ; ce qui ne signifie nullement monter sur une estrade et nous faire adorer, mais assumer et exprimer notre vérité profonde, notre nature essentielle, notre indéfectible Éveil, chacun à sa manière et selon son inspiration. Beaucoup vivent l’époque actuelle comme un calvaire ou une épreuve, en maugréant, rechignant et trainant les pieds. Pourtant, en raison même de ses difficultés et incertitudes extrêmes, elle nous offre l’occasion idéale pour nous éveiller et nous accomplir à une vitesse accélérée. Sans doute avec le recul, ce temps apparaîtra-t-il comme une des plus fantastiques écoles d’évolution et d’Éveil, qu’il soit possible de connaître et d’expérimenter.

Alors, profitons-en pleinement ; et soyons aux premières loges pour assister et participer au fascinant spectacle de la mutation planétaire. 

L’Éveil est ainsi notre droit, notre fête, notre défi et notre aventure.
L’Éveil est le changement qui vibre, pulse et court dans les printemps du monde entier, les événements joyeux, vivants et drôles, les mouvements spontanés, ludiques et imprévisibles.
L’Éveil est le sang qui coule dans nos veines, le torrent de vie qui irrigue nos cœurs, l’amour irrépressible qui émeut, bouleverse, transperce et illumine.
L’Éveil est la vocation, l’aspiration, la chance et le devenir de tout être vivant.
L’Éveil est la clé, le programme, le déclencheur et le mode d’emploi du monde à venir.

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Vers quelle nouvelle spiritualité se tourner ?

Posté par othoharmonie le 25 décembre 2013

 

images (3)N. C. : En dehors des effrayants intégrismes réactionnaires et de l’aimable butinage individualiste de type new-age, qui prend ce qui lui plaît dans chaque tradition, où voyez-vous se dégager une cohérence nouvelle ?

R. S. : Nulle part hélas. La majorité des gens du new-age sont plutôt anti chrétiens et vaguement bouddhistes, mais sans réelle pratique et totalement individualistes. Un peu de magie, un peu de méditation, un peu de médecines alternatives, cela ne donne pas la grande vision collective dont nous avons besoin pour motiver toute une société.

Personnellement, je suis chrétien, membre de l’Église d’Angleterre. Je pense que la tradition chrétienne reste très importante pour l’Europe, à condition de l’incorporer dans une nouvelle vision. Elle nous relie à nos racines. Par chance, en Angleterre, nous avons une Église libérale, ni agressive ni dogmatique, débarrassée des lourdeurs hiérarchiques passéistes des catholiques romains. Nos prêtres peuvent se marier, ou être des femmes. Cela dit, nous ne sommes pas différents du reste du monde : 8 % seulement des Britanniques vont à l’église le dimanche, dont la moitié seulement sont anglicans. 4 % de la population, ce n’est pas un mouvement de masse, surtout quand la plupart des intellectuels ont grandi dans un mode de pensée athée, anti-religieux et surtout anti-chrétien.

N. C. : Le bouddhisme a la faveur d’un certain nombre.

R. S. : Nous avons aussi une forme soft de panthéisme naturaliste et gaïesque, ou un néochamanisme. Mais certainement rien de chrétien. Bref, je ne voudrais pas être décourageant, mais je ne saurais prédire d’où sortira la solution. Selon moi, les ingrédients à synthétiser sont les suivants : la tradition chrétienne, l’expérience mystique, la méditation, une conscience écologique, une philosophie, une science et une médecine holistiques, des communautés locales, avec une relation forte à la région où l’on vit, ainsi qu’à l’histoire et aux traditions. Mais rien de tout cela ne fait partie de l’ordre du jour libéral, dont les objectifs restent fixés sur la croissance de la production, la libre circulation des personnes et des richesses, la gestion des forces de travail.

En fait, nous sommes certainement à la veille de grands changements, à une étape pré-révolutionnaire, ou pré-mutante. Et nous voyons ce qui devrait se passer. Mais que se passera-t-il réellement ? Nul ne le sait. D’habitude, les changements sont lents, étalés sur deux ou trois générations au moins. Là, ça va devoir aller très vite. Si la crise économique s’amplifie, avec un chômage massif et de graves troubles sociaux, montée de l’extrême-droite xénophobe, on peut imaginer le pire. Des régimes autoritaires reposant sur la peur. Une sorte d’éco-dictature. Je réfléchis, travaille et prie pour que cela ne se produise pas, mais…

N. C. : Peut-on croire à une mutation brusque ? Cela existe-t-il, ou l’évolution est-elle forcément graduelle ?

R. S. : En un sens, l’arrivée d’Obama a été une mutation brusque. Et il initie à l’évidence de grands changements, même si l’inertie est gigantesque… J’ai lu récemment un livre passionnant, Culture Codes – Comment déchiffrer les rites de la vie quotidienne à travers le monde , d’un psychanalyste français qui travaille aux États-Unis, Clotaire Rapaille (Ed. JC Lattès). Selon lui, pour influencer les gens, il est nécessaire de trouver le récit sous-jacent à leur culture. Les Américains sont fondamentalement religieux. Leur grand récit mythique est fondé sur l’idée du héros salvateur de la culture juive : Moïse, qui entraîne son peuple à travers le désert et l’amène jusqu’à la Terre promise. Quiconque a émigré aux États-Unis participe individuellement à cette mythologie très forte, sur laquelle se fondent toutes les Églises noires américaines. Obama vient de là. Il correspond à l’archétype de Moïse. Toute sa rhétorique est biblique. Mais ce dernier meurt avant d’atteindre la Terre promise. L’inaccomplissement est structurel, c’est une marche en avant éternelle.

———

Vous pouvez suivre la plupart des expériences de Rupert Sheldrake et voir les vidéos de ses débats, avec ses amis ou avec ses contradicteurs, sur  www.sheldrake.org 

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L’héritage spirituel d’Arouna Lipschitz

Posté par othoharmonie le 20 décembre 2013

 

            Mon héritage…

logoPour Arouna Lipschitz l’Holocauste marque notre héritage du sceau de l’impensable, elle montre aussi que l’éveil de la conscience poursuit sans relâche sa courbe ascendante. Propos recueillis lors du symposium Quel héritage spirituel pour le XXIe siècle.

 

La, il y a eu une bascule dans l’impensable. Non pas un crime contre un homme, un pays, un peuple, mais contre l’humanité, contre l’humain dans l’homme. En ce sens, nous sommes tous personnellement concernés par l’holocauste. Pour moi, il n’y a pas d’autre sens à chercher à l’holocauste que l’insensé absolu qu’il a révélé et l’atroce qu’il a engrammé dans nos cellules. Le karma ou la quête de sens ont souvent bon dos pour éviter d’être affecté ou concerné, ici et maintenant, par le mal et la souffrance des autres. Pour ce qui est de la part karmique de cet événement, laissons là donc à la justice divine. Et nous, si en tant qu’humain responsable, nous voulons transformer ce triste élément de notre héritage du XXe siècle, il nous faut avoir le courage de prendre acte de ce noir absolu qui n’a rien à voir avec la part d’ombre qu’on amène chez son psy. Cette énergie fait aujourd’hui partir de nos gènes spirituels. Il faut en prendre conscience si nous ne voulons pas que cela devienne le refoulé de l’inconscient collectif du prochain millénaire. Le bilan du siècle commence donc, pour moi, avec la question : comment entrer dans le XXIe siècle avec des cellules engrammées par l’atroce à un point tel que nous avons perdu la capacité de nous étonner devant les horreurs quotidiennes qui nous entourent encore : l’Afrique qui se meurt du sida, le Rwanda, le Kossovo, et à l’heure même ou nous parlons, Grozny ?

Il y a un vieil aphorisme spirituel qui dit que « Dieu plante le remède à côté du poison. » Le remède se trouve donc probablement dans les autres éléments de l’héritage du XXe. Siècle : la révolution féministe, psychanalytique et spirituelle.

Différents héritages

Depuis Freud, Jung et compagnie, l’héritage psychanalytique a été une grande opportunité pour mieux se connaître, mieux comprendre ses blessures narcissiques et analyser ses traumatismes psychologiques personnels. Le développement personnel a quasiment envahi toutes les couches de la population, mais dans tout ce travail intérieur, l’approche de l’autre s’est un peu perdue dans une inflation individualiste. Si ce travail psy. ne débouche pas sur notre responsabilité pour autrui, nous aurons accompli bien peu de choses avec élément psy. de notre héritage.

Venu de l’Orient : le yoga, la sagesse de l’Inde ont envahi l’Occident dans les années 70. L’éveil à la conscience non-duelle, l’illumination, via l’extase, la méditation, et l’ascèse a bouleversé notre rapport au monde et a bousculé quelque peu la psychanalyse, en nous faisant découvrir que nous avions non seulement un inconscient mais une super conscience, – une conscience des choses célestes. Et qu’en plus de nos cinq sens, il existait des sens spirituels prêts à s’éveiller. Bref, que nous n’étions pas limité à notre moi souffrant, mais que notre véritable identité est celle d’un moi souverain. Honorer cet héritage d’éveil de la conscience introduite en Occident par l’Inde et le bouddhisme, c’est s’appuyer sur lui pour aller vers les autres.

Nous passons d’un millénaire marque par le 1, c’est-à-dire par l’émergence de l’individualisme, pour le meilleur et pour le pire, au chiffre 2. Gilberte disait qu’un des messages astrologiques du XXIe siècle est la nécessite d’éveil d’une conscience collective, de ce qu’elle appelle la grande famille. Nous entrons dans l’ère dite du Verseau, eh ! bien, la grande famille, cela commence à 2, c’est-à-dire dans le couple. Et qui dit couple parle de la relation amoureuse, de l’amitié, des relation avec ses proches, ses frères et sœurs, globalement de la compétence à s’approcher de l’autre.

Une troisième voie

Pour moi le grand challenge spirituel du XXe siècle est la poursuite de la quête de la conscience non-duelle dans la dualité. Cela oblige à inventer une nouvelle mathématique spirituelle pour additionner deux plus un. Quelqu’un comme Yvan Amar, et je voudrais au passage dire qu’il manque dans un débat comme celui-là, a été jusqu’au bout de sa vie pour explorer ce défi de vivre la non-dualité dans le quotidien de la matière et de la relation. C’est aussi l’honorer que de poursuivre, ce que j’appelle, la troisième voie, une voie spirituelle dans laquelle deux ne sera plus égale à un, mais à trois : moi, le divin…. et l’autre. Ce qui revient à dire que tout en communiant avec le Tout pour devenir une présence d’esprit pour la terre, il s’agira de tenir compte de l’autre bien concrètement. C’est l’apprentissage conscient d’un penser a l’autre fraternel qui nous permettra de devenir des spiritualistes naturels, des gens biens tout simplement, très mangeables dans la société moderne, et que personne n’aura envie de manger justement.

De toutes les façons, très bientôt, grâce a la science, on comprendra qu’il n’y a rien de plus naturel que la spiritualité. « Les prophètes de demain seront les scientifiques » dit Bahram Elahi, un sage Iranien. Le troisième millénaire sera, j’en suis sûre, celui d’un dialogue entre science et spiritualité, qui éclairera la connaissance ésotérique, la rendra exotérique. La dimension spirituelle de l’homme s’en trouvera alors reconnue plus facilement comme sa nature même. A partir de la, le boulot consistera à établir une science des rencontres, de l’échange, car demain, c’est dans le relationnel que se vérifiera notre développement personnel, aussi bien que notre évolution. Et là, je crois qu’on a encore beaucoup à apprendre pour manifester nos éveils de conscience dans le corps-à-corps, le face-à-face et le tête-à-tête.

L’éthique

Pour moi, le maillon manquant entre le travail sur soi et la transformation de la cellule engrammée par l’holocauste est l’éveil du sens fraternel. La fraternité est la condition de survie de l’humanité. Le maillon manquant entre le spirituel et le monde, entre le monde et un RMI de dignité humaine. C’est l’éthique, non seulement comme la compréhension de nos droits et devoirs, mais aussi comme un nouvel éveil de conscience, une « secousse qui ordonne à dire le bien. » (Levinas). Sur la route de cet éveil qui caractérisera une « spiritualité naturelle », pour reprendre le concept de Bahram Elahi, l’exercice de valeurs qui peuvent éveiller la « pulsion du bien » (Marek Halter) est un solide bâton de pèlerin. Mais en dernière analyse je tiens à souligner que sans un nouveau rapport à la femme, toute parole du bien restera lettre morte ou fausse.

L’héritage féministe

Si éveil de la conscience aux jeux de l’inconscient, – notre part d’ombre –, et à notre identité spirituelle, – notre part lumineuse –, est le double cadeau psychanalytique et la spiritualiste offert par le XXe siècle au troisième millénaire, ils ne seront efficaces comme remède a l’atrocité qu’à la condition d’avoir transformé notre rapport a la femme. Il ne suffit pas de travailler sur soi en « psy ». – développement personnel etc. Ou en « spi ». – retraites dans le désert, méditations etc. Il faut confronter, à tout instant, le gène de persécuteur et de victime en nous. Et le rapport a la femme, que ce soit dans la relation homme-femme ou de manière plus générale, dans notre relation au féminin, en est un indicateur privilégie, dans la mesure où la femme reste encore le lieu ou la haine et la peur, l’humiliation, l’offense fondamentale faite à la différence, à l’étranger se vit au quotidien. Sans un respect minimum, voire une reconnaissance fondamentale de la femme, nous maintenons le risque d’un retour du refoulé holocaustique dans notre rapport personnel à autrui.

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