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LA VOIX DE SON ETRE.

Posté par othoharmonie le 5 avril 2016

 

Yoga de la Voix : D’abord, il y a un Silence prodigieux, le silence d’Or, où dore la Conscience absolue.

Soudain ce Mystère se met à rêver et son rêve vibre de toutes parts dans l’éternité.
La bouche de l’infini s’ouvre, le cri de naissance de l’univers OM remplit l’espace.
Plus rien n’est stable, la lumière apparait, ainsi que les mondes, et les créatures.

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Il y a dans cette succincte approche de l’origine du monde d’après les Védas, une certaine relation avec la théorie scientifique du Big Bang, qui se résume à une succession de « changements d’états » de l’univers. Comme dans le jeu de la conscience, l’univers est en expansion. Dans le yoga, le mot même «Univers» est en expansion : «Uni vers…»
Le terme Veda dans son sens de « Révélation » correspond à l’expérience des premiers sages qui entendirent le son primordial manifesté. Il signifie aussi «Connaissance».

Les hymnes sacrés des Vedas sont uniquement scandés ou chantés, et ont chacun une atmosphère particulière. Ils peuvent être extrêmement pénétrants, au point d’être quasi-insupportables à certains auditeurs. Cette notion de «divin», contenue dans la vibration est encore bien vivante aujourd’hui en Inde, où la peur du Sacré n’existe pas encore. La transmission orale des Vedas fut compilée en livres au fil des millénaires, et l’on y trouve entre autres une description de l’atome constituant la matière. Depuis la nuit des temps, les Maîtres sont d’accord (parfait) pour dire que dans ce monde en mouvements, (impermanent), tout est vibration. Les couleurs, les formes, les mots vibrent et l’on peut mesurer leur fréquences.  Nul besoin de microscope électronique pour ces êtres étonnants, ils ont vu les particules de la matière vibrer, avec l’oeil de la Conscience.

Laissons quelques anges passer…

Il y a très longtemps et quelques secondes à peine, Gita Marg, la voie de la réalisation par la musique, était enseignée par des maitres yogi et musiciens. Pour exemples, Baba Shivananda de Rishikesh qui pratiquait la musique comme un yoga. L’illustre Hazrat Inayat Khan, qui enseignait en jonglant avec les sphères de la musique. Maharishi Mahesh Yogi, qui fit découvrir en occident la musique reliée aux lois naturelles de la Nature.

La science du son, de la musique, (Nada Yoga, ou Gita Marg) a été conçue et donnée comme moyen de recherche, pour retrouver la grande musique qui est Silence.

Le Yoga de la Voix, vient de là. C’est une branche de l’arbre du Yoga.

Pour dénommer ce type de chant complètement relié à la Conscience, et plutôt que de prendre un terme Indien, nous avons préféré unir les mots Yoga et voix, (plus appropriés en nos contrées), pour définir clairement le propos.  De par nos intérêts, les Védas et le Védanta constituent toute la saveur philosophique de cette pratique, et nos guides de coeur, Sri Aurobindo et Mère, Swami Shivananda, Swami Chidananda, Maharishi MY, Chandra Swami, Swami Brahmdev, Pandit Barun Kumar Pal, contribuent par leur bienveillance à garder authentique en nous cet aspect de la spiritualité vivante.

Le Yoga de la Voix, dont l’axe musical principal est le Gandharva (devenu musique classique Indienne), se compose des éléments suivants : Hatha yoga, Bhakti-yoga, Nada/Shabda yoga, et Jnanayoga. Reliés ensemble, ils deviennent «Gita Marg», alias «Yoga de la voix», le véhicule de notre sadhana.

C’était mieux maintenant

A l’origine, la musique modale Indienne (qui utilises des modes) était offerte aux Dieux et jouée exclusivement dans les temples. Aujourd’hui, nous avons la joie de la pratiquer comme un yoga dans l’intimité du sanctuaire intérieur.
Notre corps vibre constamment au tempo du coeur qui bat à son rythme.  

Quelle musique cela fait-il ? Comment sommes-nous accordés?
Les Maitres qui ont entendu la musique subtile de la création, ont initié la musique Gandharva, musique céleste. Ils ont appliqué l’harmonie naturelle émise par l’univers, (que l’on peut partiellement mesurer aujourd’hui*), aux règles de la musique classique Indienne.

Les modes joués (gammes spécifiques), se réfèrent au chant subtil du monde, qui va varier du lever du soleil à son couché, de la lune noire jusqu’à sa pleine croissance. Ainsi, il y a une sélection de gammes et de rythmes divers correspondant aux sons et aux pulsations de l’univers, et qui suit ses variations sur une échelle de 24 heures (prahara).

Pratiquer les différents modes Hindustani, le matin et le soir, nous fera découvrir la réalité mystérieuse de ce principe établi, et nous mettra en phase avec notre nature essentielle. Nous accostons sur un rivage mystique, il suffit de passer le mur du son.
«Qu’est ce que le mysticisme, disait Inayat Khan, simplement les lois de la vibration».
Ici et maintenant, tout commence par des chansons.

*On sait depuis peu, grâce au satellite Corot que le soleil résonne comme un tambour. Sous l’effet des mouvements turbulents des masses de gaz, son atmosphère se remplit d’ondes. Ces excitations acoustiques pénètrent vers le cœur de notre étoile.  Des milliers de fréquences ont ainsi été détectées.
Faut-il en conclure que le soleil pète de joie?

Pratique (rappel).

Le Yoga de la Voix est une pratique d’harmonisation par le son utilisant les techniques vocales de la musique classique Indienne, la science des Ragas, les mantras, et divers aspects du chant dévotionnel indien. Le chanteur apprend rapidement à se situer dans un espace vocal précis, monter et descendre dans l’échelle des gammes (mode), guidé en continu par la note de référence du bourdon (tanpura). L’étude des modes principaux, de chants sacrés en Sanskrit, autant que la simple psalmodie de Mantras, tous porteurs de richesses et d’émotions, contribuent à une expérience globale du son.

Au cours des séances, douces où intenses, nous voguons en musique dans le présent. Nous abordons avec précision les fréquences des notes, et la musique qui se situe entre les notes. Nous utilisons le potentiel vibratoire de la voix naturelle que nous développons dans un univers micro-tonal merveilleux. Nous sommes les instruments d’une musique savante et infiniment énergétique. Nous affinons notre écoute, il y a notre voix, la voix du groupe et la voix d’ensemble. Il y a le chapelet d’Unité (mala) que nous tissons de nos perles de musique.

L’effet, les fées, les faits

Vive la créativité, ne limitons pas notre pouvoir symphonique à quelques coups de grosse caisse. Nous découvrons l’ivresse de chanter dans nos profondeurs, au plus haut de nos aspirations. Le goût de la liberté revient. La richesse sonore contenue dans le chant d’un mode est porteuse de douces sensations et révèle la vibration comme une amie intime. On se connait, on se reconnait. Je me berce moi même, je suis la mère et l’enfant, je suis l’enfant qui berce sa mère.

Très vite et sans recourir à une concentration soutenue, l’attrait de la musique aidant, nous voyons (observons) le Silence s’élever comme un soleil, surgir en nous comme une rosée de délicatesse et de tranquillité. Nous percevons que ce «vide» étrange n’est pas l’absence de bruit autour de nous, mais un élément vivant et sensible de notre face intérieure. La face cachée de la surface. Quand le tumulte disparait, il y a communion de l’être avec le son et union avec le Silence. On se remplit goutte à goutte, note à note, le vent des pensées souffle au loin. Le système nerveux, le coeur sont apaisés, les centres subtils sont harmonisés, le masque noir de nos préoccupations favorites est tombé.  Nous goûtons la grâce d’un repos profond, des larmes coulent, de la joie monte. Nous nous retrouvons. L’ état d’absorption méditatif survient naturellement. Un genre de «transe-en-danse» résultant des notes sur le chemin. Expériences du témoin où l’on saute la barrière des pensées pour faire l’école buissonnière de la raison.

Relaxation finale

Allongé, un brin de musique entre les dents, on se surprend à contempler le présent.
Un Silence essentiel, vibrant et réconfortant nous salue, au seuil du temple où notre nom est Unité, où l’on a pas à devenir, simplement être.

Les tests des neurosciences mettent en évidence les changements cérébraux qui interviennent pendant la méditation, où la synchronisation des ondes du cerveau est possible, (notamment les ondes alpha et gamma). La méditation induit la cohérence, stimule la mémoire, et accentue la concentration. Elle a bien sûr d’autres effets dont la transcendance, qui est le sujet du Yoga.

Rien ne vaut la pratique personnelle, (pas d’intermédiaire, nous sommes l’acteur de notre propre évolution) pour aller à notre propre rencontre.  Ce que nous vivons dans l’état d’apaisement, n’est pas ce qui vient de nous, mais ce qui vient à nous. Il s’agit d’universel, d’Unité. Cela échappe au contrôle mental qui est bien content de lâcher et de recevoir. Il a bien droit à des vacances. Dès que la Conscience est nourrie, nous ne manquons plus de rien et nous éprouvons un bien-être qui babille au bras de l’allégresse.

MUSIQUE BIO

Musique Bio

L’usage des instrument acoustiques* (en accompagnement des séances, ou pendant les relaxation musicales), est primordial car ils vibrent, ils sont vivants. De la terre, du métal, de la peau, du bois, des cordes en cuivres, acier, boyau. Le son joué est naturel, direct, et non filtré, synthétisé, généré, échantillonné, compressé, numérisé, etc. Cette restitution idéale de la musique participe à l’harmonisation générale. Pas de nappes ici, on joue directement sur la table (d’harmonie). On sort du son flatteur mondialisé pour retrouver la beauté et la subtilité du son naturel. C’est important, et ça fait du bien, car les instruments sont des miroirs de la voix. De plus nous avons à rééduquer nos oreilles malmenées par le bombardement médiatique, les bruits horribles de toutes nos machines, et les formats audio de plus en plus réduits et comprimés. Retour à l’appréciation simple et consciente du son, de la musique nuancée en quelques notes et avec une seule voix. Cela suffit pour nous bouleverser. Il y a une différence entre le fait d’entendre et celui d’écouter. Ces considérations concernent la pratique en question, en aucun cas nous ne portons des jugements de valeurs sur les autres musiques (j’utilise aussi des synthés dans mes CD).

TAMPARA*Tanpura, esraj, vishraj, khôl, tablas.

Le sanskrit, qui est le verbe des chants pratiqués, apporte aussi une énergie particulière, cette langue révélée n’a pas été altérée et déformée au fil du temps, et même sans comprendre la signification des mots, la vibration de ce langage agit sur celui qui écoute et transforme sa perception du présent. C’est une langue vivante, créatrice, et le pouvoir des mantras en atteste.

Hatha-yoga
Les séances de Hatha-Yoga, principalement composées d’étirements et de respirations, sont douces et relaxantes. Elles aident à l’enracinement et nous rendent plus aptes à focaliser l’attention sur le chant. Par la conscience tournée sur le souffle et les sensations, nous ouvrons des passages subtils, les nadis, et l’énergie se met à pétiller en nous, amplifiant notre chant, ses résonances et le massage interne procuré. Il ne s’agit pas là d’apprendre de nouvelles contorsions, de dépasser les limites du physique, mais plutôt d’intégrer en douceur les vagues de la mer intérieure éveillée par nos voix. De sentir une fluidité nouvelle dans nos mouvements, une liberté qui s’ouvre à l’Infini.

Redécouvrir la Joie du mouvement. Le mouvement conscient, qui, comme le chant, est fait d’instantanéité, et nous porte à expérimenter le présent plus pleinement, plus intensément. Comme un enfant ! Et tout naturellement, le mental se dénoue, se dissout, nous sentons l’unité de nos êtres, comme en chantant l’unité de nos voix, reliés les uns aux autres dans l’harmonie du vivant. C’est ainsi que nous réinventons la simplicité dans notre vie, que le coeur s’ouvre, et laisse passer la Lumière.

Tais toi, t’es Toi

Nous passons notre vie à répéter les expériences, nous attendant à des résultats nouveaux. Un jour, entre les envie de rien et le désir de tout, il y a un appel au calme, et si nous sommes déterminés, ouverts, nous marcherons vers un autre point de vue, nous ne serons plus plongé au coeur du tumulte. Le but du yoga est de révéler que le rêve éveillé dans lequel nous nous projetons est aussi illusoire que le rêve qui a lieu dans le sommeil. Si on coupe les moteurs du projecteur, le mouvement sur l’écran s’arrête, l’image disparait. Le rêve est fini. Silence, on ne tourne plus. La Conscience redevient stable.

La musique est idéale pour se relier à l’âme, à l’essentiel, à l’Unité.
Comme vous l’aurez deviné, nous en sommes convaincus.

Rishidwar

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Il n’y aura pas de week-end de chant en France cette année de Septembre 2013 à Mai 2014. Nous allons faire un pas de plus dans notre chemin en restant en Inde pour une durée de 9 mois environ (le temps de renaître).

Swami Brahmdev, l’hôte principal de l’ashram d’Aurovalley, nous a invité à passer une année avec lui. Il nous a proposé de monter et diriger une école de musique qui sera ouverte aux enfants de l’école, aux résidents et aux visiteurs.

Nous y développerons des ateliers spéciaux Yoga de la Voix.
Nous offrirons également notre musique pour des célébrations et des concerts méditatifs.

Par ailleurs nous avons programmé un stage intensif sur place, et nous voyagerons vers le sud de l’Inde en février pour donner deux autres stages, à Auroville et au Kérala.

Logiquement, nous reviendrons pour nos stages d’été en France.

All Life is Yoga.  Belle vie. OM

Nathalie et Adam
www.yogadelavoix.com

nouveau CD «CONTRASTES», Musiques modales d’Ici et Maintenant
CDgraphie et autres articles sur le site www.yogadelavoix.com

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ECOUTER NOS BESOINS ET CEUX DES AUTRES

Posté par othoharmonie le 11 juillet 2015

 

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Comment favoriser une qualité de relations qui va permettre de répondre aux besoins des autres, en étant motivé par l’élan du cœur ? En pratiquant la CNV ! 

La Communication NonViolente [CNV] est le nom choisi par Marshall B. Rosenberg pour désigner un processus fondé sur une approche spirituelle, qu’il a initié dans les années ‘70, s’inspirant, notamment, des travaux du psychologue Carl Rogers et d’Abraham Maslow, ainsi que des religions orientales. La non-violence ou ahimsa est une référence au mouvement de Gandhi. L’empathie, apport majeur des travaux de Carl Rogers, est au cœur de ce processus. Marshall Rosenberg s’appuie également sur les travaux de l’économiste chilien Manfred Max-Neef, qui a, tout comme lui, analysé les besoins humains. 

Bases spirituelles
«Il est important de voir que la spiritualité est au coeur de la CNV, et de garder cela à l’esprit quand on apprend les étapes du processus. L’art de vivre que j’essaie d’enseigner est véritablement une pratique spirituelle.» 
Marshall B. Rosenberg 

Pour Rosenberg, la CNV est avant tout une pratique spirituelle. Il l’a conçue pour essayer d’être conscient de ce qu’il appelle l’«Energie Divine d’Amour» [Beloved Divine Energy] et parvenir à s’y connecter. La CNV est un moyen de faire don de son amour à l’autre, cette interaction étant la forme humaine la plus proche d’une connexion spirituelle.
Pour Rosenberg, l’absence de reliance avec cette énergie est la cause de la violence dans le monde. Il affirme que notre éducation et notre conditionnement culturel, notamment au sujet de Dieu, nous ont déconnectés de Lui. Il reprend les propos de Walter Wink, disant que le «politique» a utilisé le «religieux» pour interpréter les livres saints et justifier l’oppression et la domination. Selon lui, la CNV permet de surmonter ce conditionnement de notre éducation. 

Processus de CNV
Continuellement remise en question selon son auteur même : «la CNV est la combinaison d’un langage, d’une façon de penser, d’un savoir-faire en communication et de moyens d’influence qui servent mon désir de faire 3 choses :
– me libérer du conditionnement culturel qui est en discordance avec la manière dont je veux vivre ma vie ;
– acquérir le pouvoir de me mettre en lien avec moi-même et autrui d’une façon qui me permette de donner naturellement à partir de mon cœur ;
– acquérir le pouvoir de créer des structures qui soutiennent cette façon de donner».

Thomas d’Ansembourg, dans son livre «Cessez d’être gentil, soyez vrai !», propose également le processus initié par Marshall Rosenberg. Il vise à aider à clarifier ce que nous vivons, il n’est pas l’empathie, mais y donne accès, il n’est pas qu’une simple écoute : il s’agit de se relier efficacement à soi et à l’autre. En voici la brève description :

O pour Observation : décrire la situation en termes d’observation partageable ;
S pour Sentiment : exprimer les sentiments vécus dans cette situation ;
B pour Besoin : clarifier le(s) besoin(s) ;
D pour Demande : faire une demande avec ces critères : dans l’instant présent, réaliste, réalisable, négociable, précise et formulée positivement. 

Dans son ouvrage «Guérir», David Servan-Schreiber décrit la CNV en termes relativement simples. Selon lui, le premier principe de la CNV est de remplacer tout jugement par une observation objective, afin d’éviter les réactions habituelles de son interlocuteur face à une critique. Le second principe est d’éviter tout jugement sur son interlocuteur pour ne parler que de ce que l’on ressent, l’autre ne pouvant contester cela. L’effort consiste alors à décrire la situation en commençant ses phrases par «je», pour être «dans l’authenticité et l’ouverture». 

Un exemple pour bien comprendre
Deux amis se sont donné rendez-vous. Le premier est arrivé 20 minutes avant l’heure fixée, et le deuxième arrive 40 minutes après l’heure fixée… 
Réaction habituelle : «Non, mais tu as vu à quelle heure tu arrives ? Tu aurais pu me prévenir au moins !» Cela ne laisse que peu d’ouverture. La personne ne s’exprime pas dans le sens du processus.
Alternative possible :
1. Observation : «Nous avions rendez-vous ici il y a 40 minutes, cela fait une heure que je suis ici.»
Attention à la communication para-verbale afin de rester collé à la réalité le plus possible dans l’énonciation. 

2. Sentiment : «Je suis en colère d’avoir attendu comme cela car…» Commencer la phrase par «je» afin de prendre la responsabilité de ses sentiments. Dire «je me sens» plutôt que «je sens» peut favoriser la distinction entre des jugements et l’expression de ses sentiments. 

3. Besoin : «…ça aurait du sens pour moi d’employer mon temps de manière plus utile». Être à l’écoute du besoin/des besoins qui est/sont à l’origine du sentiment que vous éprouvez. Notons, au passage, les 9 besoins fondamentaux [selon Manfred Max-Neef] recouvrant à peu près toute la palette des besoins humains : 1. Besoins physiologiques, bien-être physique ; 2. Sécurité ; 3. Empathie, compréhension ; 4. Créativité ; 5. Amour, intimité ; 6. Jeu ; 7. Repos, détente, récupération ; 8. Autonomie 9. Sens, spiritualité. 

4. Demande : «Est-ce que tu veux bien me dire maintenant, au cas où cela arriverait une prochaine fois, si tu es d’accord de me prévenir quand ton retard dépasse 5 minutes ?» Conclure par une demande présente, claire en se posant la question : «Qu’est-ce que j’ai envie que la personne fasse pour contribuer à ce que mon besoin soit satisfait ?», dans l’instant présent, concrète, ouverte, réaliste et réalisable. Dans la mesure du possible, il est proposé de respecter ces étapes afin d’être clair. 

Du mental au coeur
La Communication NonViolente vise à nous aider à développer l’écoute de l’autre comme de nous-même. La CNV n’est pas un «truc», un simple protocole, elle est avant tout une pratique de communication exigeant d’être vécu le plus souvent et le plus pleinement possible. On l’aura compris, afin d’éviter que le processus soit purement «mental», l’exploration de la CNV nécessite la participation véritable de notre coeur… Bonne pratique ! 

Olivier Desurmont

Paru dans l’Agenda Plus N° 203 de Décembre 2008- abonnement du blog de Francesca 

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Vos responsabilités lors d’un RITUEL

Posté par othoharmonie le 21 juin 2015

 

RITUELLors d’un rituel d’Ostara avec mon groupe païen local plutôt ouvert, l’un des anciens de la tribu s’est fait prendre en train d’envoyer des textos. Je suppose que personne n’aurait rien dit s’il s’était agi d’un débutant; mais puisque cette personne était censée s’y connaître un peu mieux, une bonne dizaine de gens est venue m’en parler par la suite. Il est évident que jouer avec son portable pendant un rituel est impensable, chacun le sait même s’il n’est pas irréprochable. En ce qui concerne nos responsabilités pendant un rituel, il y a quelques fondamentaux, comme les portables, la prise de parole intempestive et la concentration sur ce qui se passe. Je ne voudrais pas enfoncer des portes ouvertes, mais quand nous participons à un rituel nous avons aussi des devoirs en dehors de l’étiquette générale du cercle. Il est facile de l’oublier, surtout si l’on n’a pas un rôle actif dans le rite. Je vois trop souvent des gens qui se contentent de regarder passivement un rituel plutôt que d’y participer réellement.

Ce qui rend le Paganisme unique, c’est sa spiritualité interactive. L’une des choses que je détestais dans le christianisme de ma jeunesse était la passivité des rites dans les églises d’inspiration protestante. Il y a la prière et le sermon du pasteur, et tout cela en se contentant d’être assis et d’écouter. Je suppose que je prenais part à ces chants aux accents funèbres, mais la plupart du temps ils me faisaient somnoler. Je sais bien que ce n’est pas le cas dans toutes les églises, mais même dans les congrégations les plus actives j’ai le sentiment que les gens ne sont pas là pour faire partie du spectacle mais seulement pour le regarder. Dans le paganisme, nous faisons toujours partie du spectacle, même sans prononcer de phrases rituelles ou invoquer les quatre directions. Nous avons la responsabilité de nous engager et d’ajouter notre énergie à l’action en cours. Même quand on assiste au pire rituel possible, nous avons l’opportunité de toucher du doigt quelque chose qui dépasse la banale réalité du quotidien. Invoquer les directions/gardiens des tours devrait toujours être une expérience de groupe.

Quand quelqu’un invoque l’élément eau, il faut s’ouvrir à cet élément, le visualisez, le sentir autour de nous; il n’est pas nécessaire de parler pour invoquer un élé- ment. Appropriez-vous l’appel de la direction en y participant, et le tout sans avoir un produire le moindre son. On n’est pas absent de l’action seulement parce qu’on y a pas un rôle parlant bien défini. Il en va de même pour la création du cercle. Quand le cercle se construit, « voyez-le » par l’esprit, ressentez le pouvoir qui jaillit de l’athamé ou de l’épée. Ce n’est pas le moment de bâiller, c’est le moment de s’investir. Le même type de procédé fait surface au moment de l’appel de la déité. Même si le projecteur n’est pas braqué sur vous, vous faites partie de l’action. Quand quelqu’un appelle la déité votre cœur devrait se joindre à cet appel. Votre esprit doit visualiser ce dieu ou cette déesse, tenter de ressentir son pouvoir présent dans le cercle avec vous et tous les autres participants. Vos chances de réellement atteindre Freya sont bien plus grandes lorsque chacun l’appelle à son propre niveau.

 Cela ne signifie pas que vous deviez fermer votre cerveau à ce disent les meneurs du rituels, cela signifie simplement que vous devriez cheminer à leurs côtés. L’une des phases les plus difficiles du rituel est de susciter l’enthousiasme pour des choses qui, à la base, ne vous intéressent pas. Les «parties centrales» des rituels peuvent consister en des tas de choses différentes : des projets artistiques, du théâtre sacré, des danses, des chants, de la divination, des sorts, de la méditation guidée, de la montée d’énergie, et la liste peut s’étendre à l’infini. Certaines de ces pratiques peuvent même être réalisées de nombreuses manières, et vous trouverez sûrement des activités qui ne sont pas votre tasse de thé. Demeurer attentif dans ces moments est particulièrement difficile, mais c’est ce que doit faire un bon participant lors d’un rituel. Quand je suis coincé dans une activité qui ne m’intéresse pas particulièrement je fais face à la situation en tant qu’adulte et traite le problème comme une journée chez mes beaux-parents ; je joue le jeu.

Cela peut ne pas paraître une solution valable, mais ça vaut toujours mieux que de s’isoler de l’action. Ce n’est pas vraiment mon truc que de fabriquer des cœurs quand Imbolc se transforme en une pseudo foire artisanale de la Saint Valentin, mais je vais y participer. Quand je participe, j’essaie de dissimuler mon petit moi cynique et de guetter le positif qui peut apparaître, et, à ma grande surprise, cela arrive souvent. Parfois je me retrouve transporté dans mes jeunes années d’école élémentaire, ou bien je peux avoir une interaction avec quelqu’un que je ne connaissais pas auparavant, ou que je ne connaissais pas bien. Quelle que soit la situation, rien de bon ne peut venir du fait de rester assis à bouder dans un coin seulement parce qu’on s’est mis à faire quelques chose qui ne nous branche pas. Si l’activité du cercle est plus réflective, je joue là aussi le jeu, tout en laissant mon esprit divaguer quelque peu.

Par exemple, il y a un chant que beaucoup de gens autour de moi aiment pratiquer, mais, malgré tous mes efforts, je n’arrive pas à entrer dedans. À mes yeux, ça sonne comme un truc tout droit sorti de la bouche d’un chef suédois (bork ! bork ! Bork!), mais je me dois d’y participer. Alors je ferme mon esprit, j’essaie de psalmodier autant de mots que possible, et je rentre en moi. (Je dois le faire pour ce chant en particulier, sinon j’ai le fou rire.) Le chant parle-t-il d’une déité ? Si tel est le cas, alors je recherche par l’esprit cette déité. J’essaie de faire en sorte d’être immergé dans le chant, même si je trouve l’eau désagréable, et qui sait ? Peut-être que quelque chose de positif en ressortira. Tant que je garde une oreille sur le rituel je peux chasser les choses dont je ne raffole pas sans que personne ne s’en rende compte (du moins jusqu’à aujourd’hui). Lors de grands rituels la mise en place du rite est souvent une mise en scène sacralisée, la représentation du combat entre le Roi Chêne et le Roi Houx.

Quand je regarde ce type d’activité je la vois à travers une lentille sacrée. Ce n’est pas mon ami Angus qui brandit une épée, c’est le Roi Chêne en personne. J’essaie de trouver cette petite parcelle du divin à l’intérieur du cercle et alors je l’amplifie. Il arrive que des rituels ne soient pas au point; on n’y échappe pas. C’est peut-être à cause du temps, d’un manque de préparation, ou de beaucoup d’autres facteurs. Mais même devant le pire rituel du monde, nous devons essayer d’aider nos amis et nos partenaires dans le cercle. Projeter des énergies négatives lors des rituels ne fera qu’empirer les choses. Essayez de rester positifs et de projeter de bonnes vibrations vers les gens qui animent le rituel; cela peut suffire à surmonter la difficulté. Le bien appelle le bien, et si nous nous concentrons sur le bon plutôt que sur le mauvais, c’est le bon qui l’emportera.

Confidences de  par Jason Mankey, traduit par Carnún pour le Magazine LUNE BLEUE

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Les rites des fêtes

Posté par othoharmonie le 6 juin 2015

 

WICCA1Traditionnellement c’était lors des processions que les égyptiens sortaient la statue et que le peuple pouvait en profiter. Bien entendu, ceux qui font le culte domestique chez eux ne font pas de procession. Toutefois, le netjeriste célèbre les fêtes importantes du calendrier égyptien à savoir l’ouverture du Nouvel An par exemple appelé le Wep Renpet. C’était la montée des eaux (ou la crue du Nil) source de richesse et la fin de la sécheresse – et des maladies – pour les anciens égyptiens.

D’où son importance. La Kemetic Ortodoxy donne une date variable selon l’année car ils la calculent selon le lever héliaque de sothis, donc certains se basent sur eux. D’autres se fixent sur le 19 Juillet, date donnée par les égyptologues. D’autres encore préfèrent choisir comme dé- but d’année le solstice d’été. L’essentiel est de marquer cet événement. Les netjeristes marquent également les 5 jours épagomènes, naissance des Dieux Osiris, Horus, Isis, Nephtys et Seth pendant la période dite Akhet à partir du 1er de l’an égyptien.

L’officiant pare les statues de vêtements différents ou s’il ne le fait pas quotidiennement, c’est l’occasion de le faire en ces jours particuliers puis dédie aux Divinités un rituel d’offrande. La fête de l’ivresse est également célébrée par les netjeristes car elle fait référence au mythe d’Hathor et de Sekhmet, le 16 juillet. Le mythe relatant l’histoire d’Hathor chargée par son père Rê de raisonner les Hommes devenus incontrôlables, et qui se change en Sekhmet, une lionne féroce assoiffée de sang et répandant la mort où qu’elle aille. Il est important de noter ici que, comparé à d’autres traditions néo-païennes qui ont « adoucit » le caractère de Sekhmet en la définissant comme une Divinité caractérielle mais bonne quand même, le netjeriste se fie plutôt aux textes anciens transmis par les égyptologues, et considère Sekhmet comme l’archétype du Feu qui ravage tout, et de la mort foudroyante par la maladie.

Elle fait donc partie des Divinités dangereuses dont il ne faut pas provoquer le courroux. Toutefois, elle peut être invoquée pour la guérison, comme il était coutume chez les médecins égyptiens anciens, car qui répand la maladie, est capable de guérir. Ce sera un rôle également attribué à Serket (Déesse scorpion) qui guérira des morsures de scorpions, puis Aset ensuite (pour la guérison) dans la spiritualité égyptienne, que le netjeriste reprendra pour le culte à ces Divinités. Pour en revenir au mythe de la fête de l’ivresse, c’est Thot (Djehouty) qui a l’idée de tromper Sekhmet en mettant de la bière de couleur rouge (ou du vin selon les sources) dans des jarres afin que la lionne s’apaise.

Sekhmet tombe dans le piège et avale tout l’alcool, devenant ivre. L’ivresse la transforme alors en un félin doux et maternel : Bastet. Les offrandes seront donc, entre autres, des boissons alcoolisés afin de marquer cette fête. D’Août à septembre, le netjeriste peut célébrer la fête Hopet soit à Amon (il est inutile de faire une célébration de cette fête par jour, un seul est suffisant pour marquer l’événement). Les mystères d’Osiris marquent une période importante et symboliquement c’est le renouvellement de la vie après la mort. L’éternité qui était si chère aux égyptiens antiques.

En Egypte Antique, les officiants reproduisaient la scène du Dieu Osiris assassiné par son frère Seth, et ressuscité par Isis. Par cette résurrection, Osiris devient immortel et donne accès à l’immortalité à celui qui dans son trépas, et après les périples du jugement final, arrive à lui.

 C’est une période idéale pour le netjeriste afin de méditer sur le cycle éternel de la vie puis de la mort et de la vie à nouveau. On célèbrera également les fêtes de la fertilité des Dinivités telles que Aset ou Hathor avec des offrandes de lait (période de Septembre à Octobre) etc. Le culte aux ancêtres (akhou en égyptien) : | « Va afin que tu sois AKH, que | tu exerces une maîtrise en tant | que Netjer et comme héritier | légitime d’Osiris » (Texte des pyramides) En Egypte Antique, les anciens rendaient hommage à leurs ancêtres, devenus des « sages ». Ils leur offraient de l’eau, entre autres, car de cette manière ils s’assuraient qu’ils ne manquaient pas d’être régénérés. Certains netjeristes dressent un autel aux ancêtres, et honorent leur mémoire.

La magie égyptienne ou HEKA : La magie faisait incontestablement partie de la vie des anciens égyptiens. Elle est étroitement liée à leur spiritualité, car ils passaient leur temps à préparer leur voyage dans le monde de l’au-delà et ne sachant pas ce qui s’y trouve, ils mettaient toutes les chances de leur côté afin que tout se déroule pour le mieux.

Mais, ils se servaient de la magie également dans leur vie de tous les jours. La confection d’amulettes autant pour le défunt que pour le vivant, les envoûtements contre tout ennemi, les charmes d’amour etc étaient fréquemment pratiqués. Parmi les amulettes funéraires les plus connues, on retrouve : Le Tit ou nœud d’Isis, symbole de son sang menstruel, qui était glissé/ou dessiné dans le sarcophage du défunt afin de lui procurer la protection d’Isis ; Le Djed ou Pilier d’Osiris (colonne vertébrale) permettait au défunt de sortir de cet état de « cadavre », de retrouver la santé dans le monde de l’au-delà ; L’Oudjat ou Oeil d’Horus, était une protection contre tout ennemi ; Le scarabé « Khépri » puisqu’il était le symbole du Soleil naissant à l’Est, donnait au défunt la force de commencer une nouvelle existence, et la puissance du Dieu soleil Rê ; Le netjeriste dans sa pratique, peut inclure ses symboles afin de renforcer son rituel, en les dessinant les hieroglyphes sur des supports tels que le papyrus, ou encore en possédant ces amulettes.

A noter que certains netjeristes ne pratiquent pas forcément la magie. Tous ces rites décrits doivent être réalisés avec conviction, et dans l’Amour du Divin. Tout doit être fait avec cœur (« ib » en égyptien). Rien n’est fait pour l’apparence, ou pour l’esthétique, en d’autres termes la superficialité n’a pas sa place dans le netjerisme.

 Sources : Papyrus de Berlin 3055 « Rituel du culte journalier en Egypte » de Alexandre Moret

« Ouab » par Besa alias Marina Nebe Rasca « Denderah XIV » de Sylvie Cauville

Livre des morts et Textes des pyramides « Egypte ésotérique » de René Lachaud

Recherches personnelles de Maryline alias « Hemet Netjernit Aset », netjeriste

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Adéla Tremblay Sergerie distingue le degré d’évolution des gens

Posté par othoharmonie le 25 mai 2015

 

evolutionPour être capable de distinguer le degré d’évolution de ceux à qui on parle, il faut développer un sens d’analyse et de psychologie positif.

L’évolution d’un être se reflète dans ses paroles et ses gestes.

Un raisonnement illogique, un scepticisme irraisonné ou de la superstition indique une évolution de 2 à 3 degrés. Une foi aveugle à tout ce qui semble à la mode, à ce qui est établi, à ce que la masse croit, dénote une évolution de 4-degrés.

Une curiosité intellectuelle et une contestation positive des lois ou des coutumes établies qui lui paraissent injustes est un signe que la personne est évoluée au 5ème degré. Un désir insatiable de connaître, un sens créateur actif, un amour de l’humain qui se traduit par la volonté de l’aider, correspond au 6ème degré.

Pour comprendre le degré d’évolution du prochain, il faut connaître ce que donne l’évolution.

L’homme évolué au degré 1 est primitif, c’est-à-dire qu’il se plaît seulement dans la matière. Il ne cause que de choses temporelles, il est sensuel, il ne pense qu’aux plaisirs des sens : Nourriture, boire, sexualité. Quand on dit évolution, on dit un degré d’évolution à partir de l’intelligence normale d’un homme raisonnable mais non encore spirituel.

Au degré 2, l’homme est encore sensuel, mais il a de la spiritualité, il croit en un être supérieur, il s’en fait un Dieu.

Au degré 3, l’homme est encore sensuel, il est plus ou moins spirituel et il découvre le rapport entre Dieu et toute chose.

Au degré 4, l’homme commence à perdre de sa sensualité, il est susceptible de grande spiritualité, il s’intéresse à la connaissance des oeuvres de Dieu, il a des intuitions.

Au degré 5, l’homme devient d’une sensibilité raffinée, il parle de l’Univers comme d’un tout, il est spirituel mais raisonné. Il devient adulte dans ses conceptions, ses actes et même ses sentiments. Le psychisme a de plus grandes intuitions. Il peut même communiquer avec le monde invisible.

Au degré 6, il spiritualise les réactions des sens, il idéalise les sentiments, il devient universel par la pensée, il se place comme une antenne entre Dieu et la matière. Il communique facilement avec l’invisible. Ce degré est le plus haut de l’évolution.

Lorsqu’il a atteint son plein développement, l’homme devient un maître, il observe les 12 grandes lois divines, il est la réplique humaine de la divinité. Pour connaître le degré d’évolution d’un homme, il s’agit de lui parler, de causer de choses et d’autres et on reconnaît alors son degré d’évolution.

Extrait des 12 Lois Cosmiques

http://bibliothequecder.unblog.fr/2014/09/06/les-douze-lois-cosmiques/  

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Le mythe de la communauté païenne

Posté par othoharmonie le 27 février 2015

balteL’idée que les « païens » forment une grande communauté est au mieux une Belle utopie, au pire, une cruelle illusion. Il n’y pas de Communauté Païenne. Il y a des communautés, des groupes qui évoluent les uns à côté des autres, avec leurs similitudes et leurs différences. Il y a des païens. Ce n’est que de l’extérieur que nous avons l’impression que tout est merveilleux, que les gens s’aiment et font avancer les choses ensemble, pour le plus grand bien. Imaginez une vitrine avec une étiquette sur la porte. De l’extérieur, tout à l’air harmonieux, intéressant, bien rangé et super chouette. Et puis de l’autre côté, vous vous posez des questions. Vous ouvrez la porte de la vitrine pour y voir de plus près, et là, c’est le drame. 

On regroupe souvent les pratiques sous de larges appellations : Le Druidisme, la Wicca, les Asatru, les Khémites, les machins, les trucs, les bidules. En fait, ce sont des termes extérieurs, et il n’y a qu’en étant à l’extérieur de la vitrine qu’on peut les employer, en pensant que ça reflète la réalité de son contenu. La porte ouverte, vous vous rendez compte que, non seulement c’est souvent effroyablement compliqué, mais que en plus, l’immense majorité des objets de la vitrine ne peuvent pas se sentir et qu’il y a une prolifération de groupements, sous-catégories et subtilités. C’est comme dire « les Chrétiens » :  Catholiques ? Protestants ? Orthodoxes ?

Et puis : Protestants oui, mais Adventistes du 7ème jour ? Luthériens ? Pentecôtistes ? Presbytériens ? Il n’y a que quand on ne connaît pas que l’on ne fait pas la différence, c’est tellement plus simple de tout simplifier (et que d’avouer qu’on n’y connaît en définitive pas grand chose). 

Je suis toujours mitigée quand je lis des critiques virulentes portant sur tel ou tel cheminement spirituel/axe religieux. Pas parce qu’on n’a pas le droit d’avoir un avis, au contraire, mais parce que souvent, j’ai l’impression que plus les avis sont virulents, plus ils masquent surtout une profonde méconnaissance du sujet attaqué. J’ai rarement lu de critiques constructives se présentant comme absolue, d’une part. D’autre part, j’ai l’impression que l’axe de critique est souvent uniquement bilatéral : il y a d’un côté de la ligne, le sujet attaqué et à l’autre bout, la pratique ou l’avis personnel de la personne. Rarement on voit entrer en ligne de compte d’autres types de pensée, d’expérience ou des « comparaisons théologiques complexes » alors que ça permettrait de placer la réflexion sur un angle plus large. 

L’axe de pratique le plus souvent attaqué se trouve être la Wicca. Parmi les reproches -justifiés ou non, je m’en fous c’est pas le propos- adressés, il y a « ce n’est pas une spiritualité, ça ne se base que sur des pratiques magiques » et on met en opposition une pratique plus dévotionnelle et mystique. Ok. Dans le postulat énoncé, « la pratique magique » c’est « mal » et la pratique dévotionnelle, c’est « bien » et présenté sans plus de contexte, ou  l’exemple, on tient une opposition qui se défend. Tout devient nettement plus complexe si on ajoute un autre axe. Par exemple, allez parler de pratiques dévotionnelles et mystiques sur un forum Asatru à tendance folkloriste, et là, le paradigme va vite se corser : on vous répondra que vous êtes, grosso modo, encore un de ces wiccans new-âgeux / chrétien (véridique). Qui est le lapin en tutu maintenant ? Vous ? Le « Wiccan de base » ? Ou l’Asatru qui  dit par ailleurs dans d’autres postes que, en substance, il a peur d’Odin et il préfère pas attirer son attention pour   pas crever de mort violente ? Plus on rajoute d’inconnus dans l’équation, plus elle devient complexe et moins on peut faire de catégorisations. (Note par rapport à l’exemple : j’ai eu l’occasion d’éplucher, par une sorte de  curiosité un peu maso un forum de ce type et j’ai vu texto ce type de réaction. Je précise folkloriste parce que certains membres de ce forum américain l’étaient, et que c’est d’eux que provenaient les réactions les plus virulentes. Voilà pour le contexte.) 

Dans le fond ce n’est pas grave, au pire, c’est chiant, c’est énervant, parfois c’est blessant. C’est surtout un peu triste parce qu’on est mal barrés. Parce que si je comprends ce qui peut susciter tous ces reproches, qui ont très souvent un fond de vérité -que la virulence d’un propos tend finalement à desservir-, vous ne pouvez pas changer les gens, et heureusement quelque part. On est obligé de composer avec toutes les catégories et on n’est pas obligé d’aimer tout le monde, d’être d’accord. 

Je pense qu’il y a une seule chose que l’on peut faire si l’on souhaite vraiment un jour une « communauté », si tant est que cela soit possible, si tant est que cela soit souhaitable : APPRENDRE.

téléchargement (1)Apprendre à connaître les autres religions, spiritualités, les autres sentiers, les autres points de vues. Je pense que c’est important, de ce point de vue là, de faire une distinction entre « son apprentissage au niveau pratique personnel » et « l’apprentissage extérieur ». Apprendre en sortant de son propre cadre. Ne pas se cantonner à ses propres pratiques, ne pas se contenter de se torturer les méninges pour savoir « comment on définirait tel ou tel concept » parce qu’en tant que telle, sans contexte, une définition ne veut rien dire. Une définition peut être établie, mais toujours en gardant à l’esprit qu’elle n’est jamais une vérité générale applicable à tous les possibles. Elle est seulement valable dans un contexte C si une situation S regroupe X aspects. 

Par contre, on peut apprendre les différentes religions du monde (‘païennes’ ou non), leurs cadres historiques, leurs évolutions, les cultures auxquelles elles se rattachent. S’intéresser aux différentes traditions païennes (si je puis dire) sans essayer de les travailler à sa sauce pour les intégrer dans sa pratique, sans forcément vouloir être d’accord avec elles, sans gommer ce que l’on aime pas puisqu’ici, apprentissage s’entend au sens d’« ouverture intellectuelle à l’autre ». Pas d’« appropriation/acceptation/compréhension du sentier de l’autre parce que ça j’aime bien et que je veux le même sur ma cheminée. » Cela éviterait déjà beaucoup d’accrochages : je ne fréquente plus les forums aujourd’hui, mais avec le recul, je comprends mieux pourquoi il m’est arrivé de voir certaines situations dégénérer ou de me faire claquer le beignet parce que je croyais que le peu que je savais s’appliquait à tout le monde. Ne partez pas du principe que l’autre voit ce que vous voulez dire ou qu’il pense comme vous. 

Plus on connaît quelque chose, plus on tend à nuancer, et avec la nuance, vient la possibilité de conversation, de discussion -sans pour autant avoir pour but de « ranger l’autre à son avis » et de maturation. Parce qu’en se montrant moins catégorique, on tend aussi à être moins gratuitement critique et plus constructif. Cela ne veut pas dire abdiquer son opinion personnelle : on a le droit de ne pas être d’accord avec tout, et le droit de le dire, mais à mes yeux il y a un monde entre dire « nous ne sommes pas d’accord avec cela et nous trouvons telle attitude dangereuse pour X raisons » et dire « on devrait obliger telle personne à fermer définitivement sa gueule. » Malheureusement, dès que l’on parle de communauté, on induit implicitement la notion d’amalgame, et comme de l’extérieur, il ne faut pas se faire d’illusions, nous sommes tous rangés sous l’étiquette de «païens», je comprends que certaines réactions se fassent virulentes, par peur d’être assimilées à telle ou telle frange avec laquelle on n’a rien à voir. (Mais ce genre d’assimilation/généralisation est en fait courante, c’est pratiquement le mécanisme de base par rapport à l’inconnu, notamment dès qu’il est question de religions. Pour le coup, l’étymologie du terme religion est méchamment ironique.) 

Personne ne « fera » l’hypothétique communauté païenne de demain.

Et heureusement. Ce n’est pas un groupe, un forum, un truc miraculeusement sorti de terre ou du web qui fera tout rentrer magiquement dans l’ordre. Je pense que la seule réponse, la seule solution, c’est d‘être avant de faire. 

Travailler à avoir l’attitude que l’on aimerait que les autres aient avec nous avant de vouloir « fédérer » ci ou ça.

« Pratiquer » avant de chercher comment on définirait sa pratique. Être un peu plus cool et prendre les choses sous un angle moins personnel. Ne pas tout ramener à soi. Accepter et reconnaître ses erreurs. Essayer de réfléchir avant d’écrire et préférer le factuel au personnel. S’étaler moins sur les réseaux sociaux. Trouver le juste milieu entre se laisser marcher sur les pieds et taper un scandale public au moindre pet de travers. Laisser les gens tranquilles si on ne les aime pas et du moment qu’ils ne viennent pas nous chier dans les bottes, ne pas aller chier dans les leurs. De toutes façons, vous ne ferez jamais l’unanimité, quoi que vous fassiez, disiez, pensiez. Quand vous l’ouvrez, pensez que vous l’ouvrez pour vous et laissez votre armure de paladin au placard, ne commencez pas à vouloir parler pour tous les X de France et de Navarre : beaucoup auront juste envie qu’on les laisse tranquille sans les inclure par extension dans un débat dont ils se foutent éperdument. 

 

Retrouvez les articles d’Aranna Renard sur son blog : http://lacailleach.wordpress.com

 

 

 

 

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Initiation, Coven et Wicca

Posté par othoharmonie le 11 février 2015

 

 

Man climbs to heavensCet article naît de la nécessité profonde de mettre les choses au clair, car Valentina Voxifera Ferracioli s’est souvent retrouvée impliquée dans de folles discussions sur les réseaux sociaux et en général sur les plateformes de partage (forum etc). Et, lors de ces entretiens virtuels, elle s’est aperçue du manque absolu d’information quand on parle de certains sujets, en particulier quand on touche les concepts d’initiation, de Coven et de Wicca dite « traditionnelle » (donc en général Wicca gardnerienne et/ou alexandrienne) qui semblent mystérieusement être la première préoccupation de beaucoup d’éclectiques et les ennemis de certains. Vous pouvez donc imaginer ma souffrance, étant gardnerienne/alexandrienne, en voyant défiler devant ses yeux une série de fantasmes, de clichés et de mythes infondés. Ses raisons expliquées, elle commencera par le concept d’initiation qui semble être le plus controversé.

 

Mode d’emploi : INITIATION Wicca… CETTE INCONNUE

 

Dans l’ère des sorcières virtuelles, je ne peux pas m’empêcher de remarquer l’utilisation toujours plus fréquente de mots grandiloquents souvent accompagnés par des titres assez discutables : prétendus Grands Magiciens et Sorcières ou Prêtres et Prêtresses avec un tas d’initiations, et qui changent leur tradition comme ils changent leurs vêtements ; Initiés réincarnés d’Isis qui passent au mysticisme christo-païen pour ensuite arriver à mêler traditions religieuses et mouvements politiques (ça existe je vous le jure !), et qui se sentent de grands élus. Donc, initiés, initiés, initiés partout. C’est bien facile de se cacher derrière un pseudo et de se faire passer pour quelqu’un d’autre. 

Comme d’habitude la vie réelle  est bien différente. Je reste assez perplexe devant l’abus du mot « initiation », un terme qui est utilisé abusivement par certains non-initiés et même par certains initiés, quelle ironie ! J’ai eu l’occasion de parler avec des gens qui disaient chercher désespérément une initiation wiccane, quand je leur ai posé la question « dans quelle tradition ? » la réponse a été « je ne sais pas, je cherche simplement une initiation », et là j’ai compris qu’à la base il n’y avait pas une véritable recherche d’un chemin ni une véritable conscience, mais un simple désir de broder en or « le canevas banal » de leur existence, atteints par une fièvre initiatique. Quand on leur donne ce qu’ils cherchent, souvent ils deviennent des « accumulateurs compulsifs d’initiations », donc l’important c’est d’accumuler et on cherche partout et n’importe où pour en avoir d’autres. Il y a une véritable course à l’initiation. 

De l’autre côté il y a chez certains initiés (heureusement pas beaucoup) la tendance à considérer l’initiation comme un titre honorifique, quelque chose qui les détache de la « plèbe », une occasion pour essayer de donner un sens à leur vie. Je suis désolée de vous contredire, mais l’initiation n’est pas un titre glorieux ni un titre à collectionner, c’est avant tout une question de responsabilité, au début envers nous puis quand on passe les autres degrés c’est aussi une responsabilité plus « large », envers nos initiés. 

Et donc, vous ne vous êtes jamais demandés qu’est-ce que c’est l’initiation? Avant tout il faut un prémisse : en rentrant dans le cadre des expériences humaines subjectives on ne pourra jamais être exhaustif au sujet de l’initiation, donc je ne prétends pas vous donner une image complète d’une expérience si vaste mais juste un aperçu général. L’initiation, au sens large et selon le dictionnaire de l’Académie française, est l’ « Admission à la connaissance de mystères religieux et à la participation au culte sacré. » en tout premier résultat, et puis encore : « Action de délivrer ou d’acquérir les premiers éléments d’un art, d’une technique, d’une science, les rudiments d’une discipline ». Parfait, comme définition de base c’est assez satisfaisant, mais l’initiation est bien plus qu’une admission officielle. L’initiation peut se passer sur deux niveaux : le niveau personnel/intérieur et le niveau collectif. Quand on parle au niveau personnel il s’agit d’un réveil intérieur, « un réveil de l’âme à une conscience supérieure » comme défini par R. Steiner dans La Science de l’Occulte2, c’est la rencontre entre le Soi et le Divin, notre expérience personnelle et intime avec les Dieux.

 

Cette rencontre peut arriver de manière spontanée sans qu’il y ait une cérémonie

et sans nous introduire dans une tradition religieuse précise, ce sera donc un auto-réveil pendant lequel on découvre notre côté divin, même si une initiation traditionnelle peut aider à accélérer le processus bien sûr. Ce phénomène est à la base de toute expérience mystique (qu’elle soit chrétienne, juive, islamique, païenne, etc.). Si l’on pense par exemple aux expériences des grands mystiques on pourra sûrement retrouver une base commune : l’étincelle divine, le contact et l’union avec Dieu. 

L’initiation collective appartient plus spécifiquement à des traditions religieuses, pour comprendre ce point il faut introduire un concept très cher à l’ésotérisme occidental : le concept d’ « esprit du groupe ». L’origine du mot « religion » est latine et dérive du verbe religo, religare qui signifie « lier, connecter, unir », donc on peut dire qu’une religion unit principalement l’homme à dieu et sur un niveau plus humain, elle unit les gens. Selon le concept « d’esprit du groupe » qui est à la base de toute religion, quand un certain nombre de personnes se    regroupent en partageant une même idée, une même croyance, un même but, il se crée une entité ou égrégore qui s’alimente au fur et à mesure que les gens pratiquent ensemble, et dans le temps cette entité devient toujours plus forte et identitaire (pensez seulement au Judaïsme). 

Pour avoir accès à cet égrégore et pour rentrer dans l’esprit du groupe d’une religion il faut passer par une cérémonie de passage, d’initiation qui change selon la tradition de référence et qui réveille dans la conscience du postulant le sens d’appartenance et la volonté d’entreprendre un nouveau cheminement. Dans la Wicca cela s’applique au concept de Coven qui est plus petit en terme numérique mais également puissant. 

images (4)Chaque Coven a son « esprit du groupe »

qui se construit avec la pratique constante, le partage et la transmission des connaissances, traditions et croyances entre les membres. Pour avoir accès à ce corpus il faut être initié, donc être admis à ce grand esprit commun, qui marche comme un grand moteur dans lequel chaque membre met une partie de ses énergies. 

En magie l’union fait la force et quand dans un Coven l’harmonie et la Volonté règnent, tous les travaux magiques deviennent effectifs et donnent de grands résultats sans trop d’efforts.

Bien sûr on n’atteint pas un tel niveau tout de suite, mais après une longue période de pratique et de travail en groupe.

 

LE COVEN

Dans le dernier paragraphe on a introduit le concept de Coven, pour ceux qui ne s’y connaissent pas bien en terminologie, au sens large ce mot désigne des sorcières qui se regroupent pour fêter et pour célébrer des rituels, mais tout comme pour l’initiation, c’est plus que cela. 

Le Coven est assimilable à une famille, une famille spirituelle dans laquelle on a été adopté et qui appartient elle-même à une plus grande famille qui est la tradition d’appartenance, et dans laquelle les membres ont construit un rapport très fort entre eux au-delà du degré d’initiation de chacun et dont l’intensité peut être comprise seulement en la ressentant (donc croyez-moi sur parole). Je vois qu’il y a une tendance, alimentée par la désinformation, à considérer le Coven comme quelque chose de sectaire où la liberté de chacun est constamment menacée par la présence des deux Grands Prêtres qui semblent assumer dans ce cas toutes les caractéristiques d’un couple de tyrans. Rien de plus faux, chaque Coven est autonome donc cela pourrait bien se passer, il faut être réaliste, mais ce n’est pas la norme. Les Grands Prêtres sont comme des « parents » spirituels, ce sont des guides et ils nous montrent un des chemins possibles mais au final c’est à nous de marcher, chaque membre a sa démarche et on la respecte. 

D’habitude on préfère avoir un Coven bien assorti avec différents points de vue et différentes habilités afin que chacun puisse enrichir le groupe en apportant sa propre expérience et en la partageant. Le mot clé est vraiment « partager », seulement en partageant on peut alimenter l’égrégore ou esprit du groupe dont on parlait auparavant. Le fait de rentrer dans l’esprit du groupe implique déjà le partage de quelque chose : à l’intérieur du Cercle chaque membre enlève ses barrières psychiques et instaure un rapport d’union et de coopération avec la psyché des autres en un acte extrême de confiance, c’est pour cela qu’au premier degré d’initiation on rentre pour la première fois dans le Cercle avec deux mots parfaits « Parfait Amour et Parfaite Confiance », et quand on s’engage longtemps en ce sens, cela peut se passer de manière tout à fait spontanée même à l’extérieur du Cercle sous la forme de petits phénomènes de télépathie, de synchronicité, de rêves synchronisés, etc. 

Comme le dit si bien Vivianne Crowley dans son livre Wicca, The Old Religion in the New Millennium : « Il est plus facile que tout cela se passe dans un groupe coopératif que dans un groupe compétitif, quand le groupe n’est pas autoritaire et quand les gens s’aiment bien ». C’est aussi pour cette simple raison qu’il y a une sélection plus ou moins stricte pour entrer dans un Coven. 

SEXUALITÉ, SKYCLAD ET AUTRES FANTASMES

Il n’y a pas longtemps, je me suis retrouvée au sein d’une discussion très animée sur un groupe virtuel français dédié à la Wicca, dans laquelle quelqu’un disait que les gardneriens et les alexandriens étaient des pervers sexuels parce qu’ils pratiquent skyclad. Étant gardnerienne et alexandrienne à la fois je me suis sentie doublement impliquée. Encore une fois je vais expliquer pour ceux qui ne connaissent pas la terminologie: skyclad est un terme anglais qui signifie « vêtu de ciel », une manière poétique et très british de désigner la nudité rituelle. À l’intérieur de la Wicca presque tout le monde sait que dans les branches traditionnelles (mais ce n’est pas exclusif à ces branches) la nudité rituelle est très pratiquée, et c’est problématique pour certains païens d’abandonner la vieille forma mentis qui lui a été inculquée dans l’enfance et pendant la jeunesse selon laquelle un corps nu est nécessairement un instrument sexuel, et donc il faut le cacher à tout prix. Pour comprendre à fond cette pratique il faut abandonner les préjugés et comprendre qu’il n’y a aucune implication sexuelle à la base de la nudité et surtout à l’ère de la pornographie virtuelle et des clubs privés je ne vois pas pourquoi il faudrait avoir recours à la religion et à la spiritualité:  si on veut « s’amuser » il n’y a pas de soucis, on peut toujours organiser une soirée informelle chez soi tranquillement sans honte, et donc on n’a pas besoin de se justifier en ce sens.

 

La pratique skyclad donc sert principalement à rapprocher les membres d’un Coven en créant une intimité profondeon montre aux autres notre vraie nature en Parfaite Confiance, en laissant derrière nous notre quotidien, notre condition sociale dont les vêtements sont un symbole et nos soucis par rapport à notre corps, puisqu’à l’intérieur du Cercle tous les membres sont égaux. En même temps, être familiarisé avec son corps nous aide à avoir un rapport meilleur avec nous-mêmes et à considérer notre corps dans sa beauté puisque « belles sont pour les Dieux toutes les choses ». La pratique skyclad fut introduite par Gerald Gardner qui avait longtemps fréquenté les milieux intellectuels naturistes anglais, dans les années 1940 donc bien avant la révolution des années 1960 (pour ceux qui nous prennent pour des hippies), et qui a tout simplement décidé d’insérer cet aspect dans la liturgie wiccane : selon sa théorie les sorcières ont toujours pratiqué nues parce que les vêtements empêcheraient les énergies dégagées par les corps lors des rituels de se répandre à l’intérieur du cercle. 

téléchargement (2)En tout cas, qu’elle soit une pratique attestée ou non, il y a ceux qui utilisent une robe rituelle et il y a ceux qui se déshabillent mais le but principal est le même: abandonner le quotidien pour se plonger dans le sacré. 

Un autre grand souci sur lequel je vois le plus souvent fantasmer c’est la question du Grand Rite, en effet il y a des rituels sexuels à l’intérieur de la Wicca mais c’est normal dans une religion qui célèbre la nature et le Divin dans la nature : la sexualité ne fait-elle pas partie de la nature ? L’énergie qui se produit lors d’un rapport sexuel peut être utilisée pour des finalités magiques bien sûr, mais le Grand Rite qui est un rituel d’une beauté étonnante peut être effectif ou symbolique et surtout n’est pas un rituel que l’on fait en légèreté quand on n’a rien à faire ou simplement pour s’amuser. Bien que de nos jours le Rite symbolique, le geste de plonger l’athamé dans la coupe, soit le plus utilisé, s’il y un couple déjà uni dans la vie qui est proprement préparé, au bon degré et donc conscient de ce que cela implique, le Rite effectif peut bien être effectué. 

INITIÉS VS. ÉCLECTIQUES

Quand on discute sur les plateformes virtuelles de partage, j’ai souvent l’impression qu’il y a idéalement deux grandes factions : les éclectiques et les initiés. 

J’avoue que je n’aime pas trop cette impression, ayant été éclectique pendant 5-6 ans de ma vie, je ne comprends pas cette « guerre virtuelle ». D’un côté il faut dire qu’il y a certains éclectiques qui n’ont pas encore une idée précise de la Wicca mais qui s’élèvent déjà au degré de maître, et il n’y a rien de plus dangereux qu’un maître inconscient surtout pour ceux qui commencent à s’approcher de ce chemin. De l’autre côté il y a chez certains initiés un esprit « identitaire » trop fort qui empêche l’ouverture vers les non-initiés, et pour la Wicca initiatique il n’y a rien de plus dangereux que la fermeture. Entre ces deux extrêmes, comme je le dis souvent, la bonne route passe au milieu. Il faut se rappeler que l’on est tous des êtres humains, l’initiation ne nous rend pas plus grands, plus forts ou plus savants que les autres, mais en même temps il faut se rappeler que cette spiritualité n’est pas un jeu où il faut démontrer qui sont les plus grandes et puissantes sorcières comme celles des séries télévisés. Ce qui est important c’est de ne pas tomber dans la vision « je-m’en-foutiste » qui considère un parcours éclectique sérieux et un parcours initiatique comme équivalents, ce sont deux chemins différents et ils doivent le rester. Chacun a sa démarche. 

La Wicca est un parcours expérimental, même si l’on est en « compagnie » chacun marche de ses propres pieds, chacun construit son rapport personnel avec le Divin, pour arriver à un même but commun par des chemins très différents. Ce n’est pas une compétition à qui arrive le premier, en tout cas courir sur une route en amont ce n’est pas sage.

 

Références:

Butler, W. E. – Magic: Its Ritual, Power and Purpose, Thoth publications Crowley, Vivianne – Wicca: A Comprehensive Guide to the Old Religion in the Modern World, Element Books Ltd Fortune, Dion – Applied Magic, RedWheelWeiser

Steiner, Rudolf – La Science de l’Occulte, Triades

1. v. 27 “Au lecteur” Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire (1857)

2. Rudolf Steiner (1861-1925), membre et conférencier de la Société Théosophique et puis fondateur de l’anthroposophie.

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La Labradorite

Posté par othoharmonie le 13 décembre 2014

 

Pierre : Labradorite

Autres noms : Carnatite, hafnefjordite, mauilite, radauite, silicite, spectrolite, pierre de lune arc-en-ciel (ancienne appellation désormais «interdite»)

 labradorite

Étymologie : Son nom, donné par Foster (en 1780), vient d’un lieu de gisement type : la région du Labrador, au Canada.

 

Composition chimique : (Ca,Na)(Si,Al)4O8 → Feldspath (Aluminosilicate de Calcium)

Couleurs : incolore, jaune pâle à jaune foncé, orange, vert pomme, vert clair à vert foncé, rouge, multicolore, bleu foncé-vert doré sur fond sombre.

 

Gisements : Australie, Canada, Etats-Unis, Finlande, France, Groenland, Italie, Madagascar, Mexique, Russie, Scandinavie, Ukraine

 

Disponibilité : Dépend de la couleur, la variété multicolore est la plus difficile à trouver. Les bleues-vertes (avec des teintes jaunes) sont les plus fréquentes.

 

Recommandations : Il est recommandé de «nettoyer» la pierre après chaque utilisation en raison de sa forte capacité d’absorption des énergies négatives (eau courante, argile, sel…). A recharger au soleil ou à la lune selon votre ressenti (certains considèrent que les pierres de couleurs froides sont plus sensibles à l’énergie lunaire). Particulièrement recommandée pour les thérapeutes et les énergéticien-nes.

 

Magie : Permet d’aligner le physique et l’étherique. Protège les différents corps, prévient les fuites énergétiques et écarte les énergies indésirables de l’aura (notamment les formes-pensées). La labradorite élève la conscience, aide à accéder au savoir ésotérique (notamment concernant les vies antérieures) et favorise la transformation énergétique d’un corps. Stimule les potentiels psychiques et affine la sensibilité radiesthésique.

 

Psychologie : Équilibre le sens analytique et rationnel avec la vision intérieure et intuitive. Favorise l’originalité et la confiance dans l’univers. Cette pierre aide à bannir la peur, le sentiment d’insécurité et les déceptions. Elle permettrait d’intégrer les problématiques venant de l’enfance. Favorisant la passion et la persévérance, elle diminue le stress et équilibre l’humeur.

 

Guérison : Développe les facultés d’auto-guérison, renforce les défenses immunitaires. Augmente la vitalité, facilite la circulation du sang et régularise le métabolisme. Aiderait dans le syndrome pré-menstruel, l’élimination de verrues (en l’apposant et la laissant en place quelques instants), le rhume, la goutte, les rhumatismes et la pression artérielle. Elle serait aussi efficace pour ce qui touche aux yeux, au cerveau ainsi qu’aux vertèbres.

 

ATTENTION : ces indications ne remplacent en aucun cas un avis médical !

 

Position : A placer selon les besoins. Pour activer les chakras des mains, avant une séance de soin énergétique ou pour fortifier ses boucliers énergétiques, il est conseillé de tenir un galet de labradorite dans chaque main pendant une dizaine de minutes. Cette pierre est aussi associée aux chakras du troisième oeil, de la couronne et du coeur.

 

Et aussi :

• Porter une labradorite au niveau du plexus favoriserait l’amitié.

• Dans la tradition amérindienne, la lumière intérieure de la labradorite serait le reflet des couleurs célestes. Ainsi, elle s’élève au-dessus du monde, se parant de la protection et des secrets divins.

• Chez les nordiques, cette pierre était supposée emmagasiner les rayonnements des aurores boréales. Ils l’utilisaient fréquemment pour des pratiques magiques.

• Les finlandais, notamment, l’auraient appelée « pierre de la lune noire » et l’offraient aux esprits de la terre en l’enfouissant dans le sol.

• La spectrolite est aussi surnommée en Finlande «pierre du chaman».

• Les algonquins (amérindiens) l’utilisèrent dans le passé (fouilles archéologiques l’attestant sans certitude sur l’usage).

• Certains mythes actuels prétendent que les personnes attirées par la labradorite auraient vécu en Atlantide. Le contact avec la pierre éveillerait en elles des dons tels la clairvoyance, la créativité, la perspicacité et la connaissance ancestrale.

Bibliographie :

Catalogue Minérales do Brasil

Guide pratique des pierres de soin, Ronald Boschiero

Encyclopédie des cristaux, Judy Hall, Guy Trédaniel

Les pierres qui guérissent – guide pratique de lithothérapie, Philip Permutt, Le courrier du livre

La Force des pierres, Edith Schaufelberger, auto-édition

http://fr.wikipedia.org/wiki/Labradorite

http://roselyne-83.spiritualite.over-blog.com/article-labradorite-pierres-de-soins–43572260.html

http://juliaboschiero.over-blog.com/article-labradorite-47411215.html

http://gelsomineraux.canalblog.com/archives/2011/06/13/18279034.html

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Celui qui rêve est un petit peu chamane

Posté par othoharmonie le 6 décembre 2014

 

Proverbe des Indiens kagwahiv

Le chamanisme repose sur la croyance en un monde et un individu doubles. D’un côté nous avons la réalité ordinaire et profane, nos corps solides et tangibles, les structures démontrables par la science. De l’autre, nous trouvons des concepts canstockphoto7803217incertains – «brumeux» entendra-t-on, voire «fumeux» – d’une réalité non ordinaire, qui parfois correspond à notre univers et qui est le lieu de résidence et d’action des esprits, des divinités, de forces ressenties – et par là même «vraies» – bien que leur existence soit invérifiable. L’homme renferme en lui cette dualité, ou bipolarité, puisqu’à son corps se rattache une autre forme immatérielle que nous nommons de façon générique : «âme». Parfois, cette âme est multiple : ainsi la croyance que la petite âme s’en va lors du sommeil et visite les rêves pour revenir au réveil, et que la grande âme nous quitte à notre mort. Ce concept s’avère un pré-requis à la pratique du chamanisme. Comme il est très souvent accepté par les communautés païennes et, plus largement, par les personnes qui vivent une spiritualité, nous ne nous étendrons pas plus longtemps dessus. Mais il faut garder à l’esprit que la raison d’être du chamane réside dans cet autre monde, jumeau du nôtre, inaccessible aux profanes : seul le chamane peut passer les frontières, chevaucher le tambour et marcher sur la piste du Rêve… 

Le passage d’un monde à l’autre

L’ethnologue Michel Perrin constate que l’une des plus importantes caractéristiques du chamane réside dans son statut de passe-muraille : «Le chamanisme suppose que certains humains savent établir à volonté une communication avec l’invisible»1. Les événements qui annoncent et valident l’accession d’un homme profane au rôle de chamane sont des marqueurs de cette ouverture à la réalité non ordinaire. 

Il existe deux façons d’interférer vis-à-vis de cet autre monde : on peut construire une relation privilégiée avec des «esprits auxiliaires» (l’image d’Épinal nous les présentera en tant qu’animaux de pouvoir, mais il peut aussi s’agir de défunts, d’esprits des plantes, d’esprits vaincus et soumis à la volonté du chamane-guerrier…) ou envoyer (une partie de) son âme dans la réalité non ordinaire. Pour cette dernière, les métaphores du voyage sont couramment employées : on «chevauche le tambour», et le merveilleux cheval Sleipnir, monture d’Odin, serait une représentation du savoir chamanique de ce dieu connu pour pratiquer la magie. Souvent, les deux méthodes d’interaction sont employées. 

En tant qu’interlocuteur privilégié de cet univers inaccessible et qui, pourtant, pèse de son poids et des actes de ses habitants sur le nôtre, le chamane a un rôle social de premier ordre. Il agit pour le bien de la communauté dans son entier (bonnes chasses, récoltes abondantes, pluies, guerres, protection contre les épidémies…), mais aussi à la demande de particuliers. Dans ce cas, son office consiste à guérir, libérer du mauvais sort, accompagner un défunt ou protéger une naissance. De façon plus générale, à ces deux échelles, sa responsabilité est de trouver et d’expliquer la raison des malheurs ainsi que le cheminement qui les a rendus effectifs afin de les dénouer et de les éviter. Le chamane «veille à l’équilibre du monde et au bien-être des hommes». 

Les pétales de la marguerite

Les signes qui indiquent l’intérêt des esprits pour un humain en particulier peuvent prendre diverses formes. 

Néanmoins, toutes sont reliées à la même cause : l’ouverture à la réalité non ordinaire. Il est aussi important de souligner qu’on n’est chamane qu’une fois que les esprits (esprits animistes, âmes des défunts, divinités…) ont reconnu et accepté l’aspirant. De plus, l’importance sociale du chamane, l’envie et la défiance qu’il suscite rendent l’épreuve nécessaire afin que la communauté admette le nouveau statut du prétendant. Trois voies mènent au titre de chamane : la génération spontanée, provoquée par une divinité ou non ; la quête de savoir, la recherche active de ces connaissances ; la transmission familiale. Parfois, elles se cumulent. Et quelle(s) qu’elle(s) soi(en)t, elle(s) doi(ven)t être validée(s) par les esprits. On peut susciter ce choix par des actes, des pratiques, des comportements, le mot de la fin reste indépendant de notre volonté et de nos efforts. La sensibilité d’un homme ou d’une femme à l’autre monde pourrait être représentée comme le coeur d’une marguerite : ouvert, vibrant et entouré de pétales. Chacun de ces pétales naît du coeur et chacun est un symptôme, distinct des autres. Les signes d’élection peuvent se manifester sous la forme de : 

– rêves particulièrement forts et de visions ;

– maladies qui sortent de l’ordinaire, particulièrement longues ou dont on ne peut se débarrasser (maux de gorge à répétition…). Les syncopes et les crises d’agitation intenses ont une place privilégiée dans le creux de ce pétale-ci. Les premières seraient provoquées par le passage instantané de l’âme dans la réalité non ordinaire, les secondes par la rencontre brutale de l’âme avec l’esprit qui s’associera bientôt au futur chamane. La nature de la maladie et la zone touchée (gorge, oreilles…) présageraient de pouvoirs spécifiques que le malade acquerra par la suite ; 

– intolérance à certains aliments (dans ce cas, les aliments en question appartiennent à un système symbolique propre à la société de la personne) ;

– une presque mort (noyade, hypothermie…) ou un évanouissement prolongé. Ce signe représente une apothéose dans la ronde des symptômes puisqu’il signifie, chez certains peuples, que les esprits réclament l’initiation de la personne. 

Plus un individu accumule de ces preuves d’une sensibilité exacerbée vis-à-vis de la réalité non ordinaire, plus la

probabilité est grande qu’il devienne chamane. 

images (2)L’apprentissage

En théorie, le savoir essentiel est le savoir transmis par les esprits. La communication avec les habitants de la réalité non ordinaire ouvre les portes à un apprentissage distillé par l’autre monde. La légitimité du chamane ne repose-t-elle pas sur son respect et sa compréhension de leurs coutumes, de leurs modes de fonctionnement ? Toutefois, dans la pratique, un apprentissage a lieu. Il peut durer très longtemps, jusqu’à plusieurs années, parfois à l’écart du monde des hommes (d’ailleurs, le jeûne et l’abstinence auxquels se soumettent certains disciples dénotent une volonté de rompre avec la réalité ordinaire). Le passeur de frontière doit en effet assimiler rites et pratiques, mais aussi développer une grande connaissance des mythes de son peuple, qui l’aideront dans ses interprétations et qu’il mettra en actes vis-à-vis des siens afin d’apporter une nouvelle optique à tel ou tel événement, dans l’éclairage de la logique des esprits. 

Des artifices permettent à l’apprenti de voyager plus facilement. Les rythmes joués par des hochets ou des instruments de percussion – les fameux tambours chamaniques – sont les montures les plus fréquentes dans nos contrées. Des tribus et des peuples utilisent de manière traditionnelle certaines substances qui modifient l’état de conscience : les Huichol du Mexique consomment le peyotl ; les Yagua du Pérou une décoction à bases de lianes d’ayahuasca, dont les effets sont combinés aux propriétés du tabac ; les Guajiro utilisent le tabac et les Desana, en Colombie, le vixó et le yajé. Il existe d’ailleurs des plantes interdites, comme le kieri chez les Indiens huichol : si un chamane est soupçonné d’en prendre, on en déduit qu’il s’est engagé sur la voie de la sorcellerie. Il ne met alors plus ses connaissances en oeuvre pour le bien de la communauté et l’équilibre du monde, mais selon ses propres désirs. 

Dès que le chamane atteint un certain niveau de maîtrise, il abandonne ces truchements végétaux et déclenche les passages par sa propre volonté. De même, on remarquera que l’une des différences entre un candidat potentiel et un impétrant, indépendamment des terreaux culturels, réside dans le contrôle par le chamane de la communication, qui se fait alors de façon «volontaire et actif5». Le chamane est donc caractérisé par son rôle de pont entre deux mondes, y compris entre celui des hommes et celui des femmes. Afin d’obtenir une connaissance totale, il expérimente et vit les deux genres : on prête souvent au chamane des attitudes et/ou des accoutrements ambivalents, voire une pratique du travestisme. La nature mixte ou bisexuelle des esprits auxiliaires ou des chamanes mythiques des origines renforce et légitime cette vision traditionnelle. En outre, une telle complémentarité lui permet de représenter le genre humain dans son entier face au monde des esprits. La compréhension et la réunion de cette distinction si profonde entraînent un savoir global, «une totalité autrement impossible». 

Parler aux esprits, parler aux hommes

Afin de communiquer avec les esprits, les chamanes doivent se rendre dans la réalité non ordinaire. Dans le même temps, ils inscrivent leur voyage dans notre propre monde grâce à des sons, des attitudes, voire à de véritables mises en scène de leurs péripéties. Les ethnologues voient là une façon de guérir par le théâtre, dans la continuité des catharsis provoquées par les représentations antiques. À l’opposé, nous nous rappellerons une pratique commune dans le néochamanisme qui consiste à danser avec son animal de pouvoir afin de l’incarner dans cette réalité, ce qui permet au chamane de se rapprocher de lui tout en faisant plaisir à l’animal, et donc de raffermir leur lien. 

Il existe aussi des chants chamaniques qui se divisent en deux types, chacun ayant son utilité. Le premier correspond à des chants structurés, parfois très longs, et enseignés à l’identique de génération en génération. Il éclaire les chemins qui mènent à l’autre monde. Le second type ne s’apprend pas, il consiste en une  improvisation qui véhicule la parole des esprits. Souvent, les deux s’entrecroisent dans une même séance. Ces chants s’adressent à la fois aux esprits, aux puissances de l’autre monde, et aux humains qui assistent à la cérémonie et participent ainsi par leur simple présence à la transcription des volontés issues de la réalité non ordinaire dans le profane. 

La communication dirigée vers les hommes peut passer par des formes extrêmes qui correspondent à la transe et à l’extase ou, plus discrètement, par une modification corporelle, par un changement de langage, du rythme du chant ou des instruments, par l’imitation d’un animal, par des mouvements spécifiques… Bien sûr, il ne s’agit pas là d’une communication claire, mais qui participe plutôt d’un langage symbolique (tant par le corps que par les sons). 

Homme-médecine : traquer et chasser

Comme nous l’avons vu, les rôles du chamane auprès de la collectivité sont nombreux : aider à la bonne chasse et aux récoltes abondantes, à la guerre et, en temps de paix, à la protection des siens (certaines pratiques consistent à échanger l’âme des animaux tués avec des âmes humaines, que le chamane va chercher dans un village lointain, ou encore à extirper les maladies et à les envoyer sur une autre tribu afin de l’affaiblir et de purifier son propre village). Il veille à ce que les esprits soient satisfaits, tant ceux des plantes et des bêtes que ceux des défunts. Enfin, il oeuvre à un niveau individuel en soignant les maladies et les troubles mentaux. L’un comme l’autre ont deux causes possibles : le départ de l’âme ou l’introduction dans une personne d’un esprit pathogène.

L’âme est amenée à se scinder lors d’événements ressentis comme choquants. Il peut s’agir d’un traumatisme de guerre, d’un viol, de harcèlement moral, d’une humiliation, d’une douleur importante (se casser la jambe) ou de la première expérience infantile du «non». La partie de l’âme qui est porteuse de la violence de cette expérience s’en va alors dans une des strates de la réalité non ordinaire. La scission peut aussi se produire sous le coup d’un vol, un rapt psychique commis dans le but de s’approprier la force vitale d’un autre. Dans notre société, ce méfait est souvent commis en toute inconscience par des personnes pour qui le concept d’âme est étranger et qui ne réfléchissent pas sur les fluctuations d’énergie qu’elles peuvent ressentir. Dans ce cas, le chamane devient traqueur, il suit la piste du morceau d’âme disparu et la ramène au malade. Il s’agit d’une technique d’«endorcisme» (terme utilisé par M. Perrin) que l’on nomme couramment le recouvrement d’âme. 

Un esprit peut entrer dans notre corps, souvent pour combler un vide créé par le départ d’un morceau d’âme ou par un affaiblissement de notre condition, comme ceux provoqués par le stress. Il faut alors le chasser, l’exorciser,soit en se rendant dans la réalité non ordinaire, soit en retirant le mal par une technique comme la succion, laquelle aspire l’intrus qui doit ensuite être neutralisé. Les questions que pose le néo-chamanisme par rapport à ces pratiques se concentrent sur les méthodes à utiliser. Chez les peuples pour qui chasser est une question de survie et l’astuce le meilleur moyen de s’adapter aux aléas de la nature, la fin justifie souvent les moyens. Les chamanes ne se préoccupent pas de considérations morales comme nous avons pu en développer et utilisent volontiers la ruse et la force pour obtenir le rétablissement de leur patient. Les néo-chamanes préféreront la  patience et la négociation. Ils ne chercheront pas à détruire l’esprit pathogène mais à l’éloigner, au moins le temps de consolider le trou dans l’âme qui constituait sa niche. 

Animal totem ou animal de pouvoir ?

images (3)Sans oublier les autres époux non ordinaires…

Maintenant, penchons-nous sur les esprits auxiliaires, et dans un premier temps, sur les animaux. Tout le monde connaît l’expression «animal totem». Cependant, ce terme renferme de nombreux sens, parfois accordés à tort.

L’animal totem est l’animal qui nous correspond. Il résume nos qualités, nos défauts, nos capacités et les dons que nous possédons dans tel ou tel domaine. Il demeure le même tout au long de notre vie, puisqu’il est nous. 

Le néo-chamanisme parlera plus facilement d’animal de pouvoir. Il s’agit cette fois-ci d’esprits qui nous aident tant qu’on a besoin d’eux, dans un domaine et pour des tâches auxquels ils sont liés symboliquement. Un chamane en aura plusieurs, attachés à des capacités différentes (untel pour les interactions avec les hommes, un autre pour la magie, encore un pour approcher les défunts…) et avec des caractères distincts. Ils n’existent pas nécessairement dans notre réalité, mais habitent au moins l’imaginaire collectif, tels les licornes et les sphinx. Un animal de pouvoir, comme son nom l’indique, apporte conseil, secours et puissance dans la réalité non ordinaire. 

Il ne reste en principe qu’une partie de l’existence, mais certains peuvent se tenir à nos côtés jusqu’à la fin.

L’esprit auxiliaire peut s’avérer unique – ou, du moins, un esprit principal et incontournable. Celui qui exige qu’un homme ou une femme soit initié(e) en l’accablant de malheurs et/ou d’une maladie, qui le réclame, deviendra l’époux(se) de cet élu(e). Souvent, un tel guide appartiendra à l’autre sexe, même s’il s’agit d’un animal ou d’une plante. Et on les dit jaloux… Le pendant de cette exclusivité accorde un lien plus fort entre le chamane et son esprit auxiliaire grâce à cette intimité. Une intimité qui peut être provoquée, dans le cas d’esprits adjuvants multiples, par des pratiques telles que la danse d’incarnation, dont nous avons déjà parlé. Les esprits auxiliaires se présentent aussi comme des éléments (pluie, soleil, arc-en-ciel…), de simples voix ou des petits hommes vivant dans une montagne. Certaines traditions chamaniques où l’on consomme des substances afin de faciliter les voyages auront des plantes comme interlocuteurs. Ainsi, l’absorption d’ayahuasca a pour but la rencontre avec l’esprit de cette plante. Une fois que l’aspirant a montré patte blanche, il va pouvoir interagir avec l’ensemble des esprits végétaux et apprendre leurs propriétés. Dans d’autres régions, l’aide va apparaître sous l’identité d’un aïeul, ancien chamane lui-même. Ailleurs encore, le chamane devra conquérir des esprits qui seront alors ses subordonnés, à moins qu’ils ne l’approchent et ne demandent à se mettre à son service une fois que preuves auront été données de ses compétences ! 

De très nombreuses possibilités existent et il serait fastidieux de toutes les énumérer. Nous terminerons avec un dernier cas intéressant : les chamanes huichol ont tous pour auxiliaire principal le dieu cerf Kauyumari. Je ne peux m’empêcher de comparer cette approche avec l’hégémonie de la figure du loup en France. Beaucoup de personnes qui s’intéressent à une spiritualité liée à la nature rapportent leur amour du loup, l’affection qu’elles portent pour diverses raisons à cet animal qui parcourt davantage notre paysage culturel que l’humus de nos forêts. Il existe une tradition très forte de l’homme-loup en Europe, qu’on parle de bisclavret, du roi Lycaon ou d’úlfhedhnar (l’un des aspects du berserkr), et particulièrement dans notre pays. De là à prétendre que le loup serait une sorte d’esprit auxiliaire constitutif de notre coin de continent, il y a un grand pas que je ne franchirai point, mais qui me donne envie d’enfiler mes bottes ! 

Le rôle social dans le néo-chamanisme

Nous avons vu que la légitimité du chamane en ce monde-ci se fonde sur sa reconnaissance par sa communauté.

Mais qu’en est-il au sein du néo-chamanisme, quand l’essentiel de la fonction sociale se résume à la participation à des stages et à des réunions, qui tournent parfois à une vingtaine de participants reclus dans une salle peu éclairée d’un immeuble parisien ? Vous me direz que vingt, c’est déjà une petite communauté. Alors, quand les sessions se déroulent à six ou sept personnes, ou quand on «chamanise» pour soi-même ? D’autant que le chamane, dans son acceptation traditionnelle, n’est pas censé exercer au milieu de ses confrères (bien qu’il existe des rassemblements – les chamanes mongols en profitent même pour se lancer des défis et décider lors de concours qui est le plus puissant d’entre eux), mais être une exception au coeur des siens, qu’il aide par son ouverture singulière à la réalité non ordinaire. 

«On a constaté que dans certaines sociétés soumises au changement naissait un chamanisme pour soi : chacun exprime son désir d’être chamane ou chacun se prétend chamane sans avoir été reconnu par un chaman confirmé3.» Comment comprendre cette génération spontanée massive ? La perte de la spiritualité explique-t- elle à elle seule cette ruée vers le chamanisme ? Ne pourrait-il pas s’agir plutôt d’immenses semailles dont l’autre monde espère que naîtront quelques grands chamanes, qui pourront guider leur communauté ? Une hypothèse improbable, qui laisse néanmoins rêveur… 

Quoiqu’il en soit, le néo-chamanisme diffère profondément du chamanisme par cette coupure sociale. Les adeptes du premier ont une approche individuelle des pratiques, centrée sur un mieux-être personnel. S’ils viennent à en parler autour d’eux, une réaction de rejet peut se produire car les gens percevront ces idées comme quelque chose d’étranger à leur société, une menace. Alors que les gardiens du second se trouvent au coeur de leur communauté et assurent la continuité des rites et des croyances. Dès lors, comment ceux qui soutiennent un chamanisme occidental peuvent-ils se positionner ? Doivent-ils se revendiquer d’une tradition du terroir – même à moitié inventée sur des bases reconstituées – de concepts chamaniques encore vivaces tels ceux des Mongols ou des Amérindiens, ou ne vaudrait-il pas mieux qu’ils jettent aux orties ces miroirs de fumée pour en revenir aux conseils et aux révélations des esprits auxiliaires propres à nos régions ? D’ailleurs, peuvent-ils se permettre, tout simplement, de revendiquer quoi que ce soit et de briguer une place dans notre société ? D’un autre côté, cela ne constituerait-il pas une sorte de devoir, de passage obligé pour valider son statut de chamane ? 

Cheminer sur les sentiers de l’autre monde

Quoiqu’il en soit, le simple apprentissage d’arpenter la réalité non ordinaire ne fera pas de nous des chamanes, au sens où l’entendent les ethnologues et ces peuples qui ont su garder leur tradition vivante. Par contre, nous expérimentons l’autre monde et affinons notre sensibilité à celui-ci, qui peut alors nous toucher même lorsque nous nous croyons entièrement revenus dans la réalité ordinaire. Cela s’avère souvent perturbant… Mais si vous avez le bonheur de vous lier à un (ou plusieurs) esprit auxiliaire, alors vous vous sentirez soutenu, plus fort et plus sûr de vous. 

S’initier au néo-chamanisme est un merveilleux voyage, plein de surprises et de rencontres pas toujours agréables ; toutefois, il ne faut pas hésiter à prendre la route si les paysages décrits dans ce modeste guide vous ont interpellé ! Que vos guides soient perspicaces et votre périple extraordinaire ! 

L’origine du mot «chaman»

Le terme de «chaman» provient de «çaman», un mot issu de la langue des Toungouses, ou Evenk, une ethnie du peuple mongol. Une étymologie possible, bien que fort contestée, se réfère au mot «ça» qui signifie «connaître», le çaman étant alors «celui qui sait». Une autre possibilité serait la dérivation à partir d’une racine verbale signifiant «s’agiter, bondir, danser». On estime encore qu’il s’agirait d’une corruption du mot sanscrit «sramanas» («ascète»), qui désigne des prêtres bouddhistes qui oeuvrent dans des tribus au Nord de la Chine. De nos jours, le terme s’est répandu au point de représenter un générique pour des pratiquants qui portaient des noms traditionnels, notamment en Amérique latine et du Nord (les fameux medecine men). 

Texte issu du Magazine « Païens d’aujourd’hui » 

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Créer son système magique

Posté par othoharmonie le 29 novembre 2014

 

Les symboles du passé et du présent…

SI comme moi vous désirez développer votre propre système magique, il convient de vous pencher sur votre passé et notamment votre enfance. Pourquoi ? Parce que le meilleur support

pour votre système magique personnalisé,  c’est votre vie, les symboles qui l’ont marquée et qui vous font vibrer. Ce sont les clés de votre monde, de votre Être, de votre magie.

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Quand je pense à créer mon système magique, je vise à construire quelque chose qui me correspond à 100%. C’est finalement, pour moi, la vraie différence avec un système dit «traditionnel» où l’on s’adapte à un existant. On cherche des  choses en nous qui rentrent en résonance avec les concepts, puis on les «calque» dessus. On fait les liens mentaux et spirituels nécessaires, un peu comme l’on traduit un langage étranger en notre langue maternelle. La langue de l’Être. 

Créer son système magique implique, majoritairement, que l’on part de soi, on fonde de zéro sur des bases symboliques qui nous sont propres. Et à moins que vous ne soyez né(e) dans une famille possédant une bibliothèque remplie d’ouvrages ésotériques, vous avez plutôt grandi avec des symboles plutôt exotériques. Concrètement : des films, des livres, des jeux vidéo, des faits marquants de votre vie, vos rêves, vos cauchemars, etc. Je suis convaincu que tout ce qui fera de nous des praticiens efficaces est en nous et à chaque instant de notre vie, depuis ses débuts. C’est la culture de l’Être, vous avez en vous les graines qui ne demandent qu’à germer, si vous décidez de les faire passer de l’ombre à la lumière… 

Mais ce ne sont que des films / jeux / livres…

Ils sont bourrés de symboles qui vous ont ému, marqué. Ce qui est lié à l’émotionnel, est très probablement lié au plan Astral, par exemple. Plus encore, ce sont ces évènements, ces choses qui vous ont aidé à devenir ce que nous sommes aujourd’hui. N’est-ce pas la meilleure preuve qu’ils ont un fort potentiel ? Combien d’entre nous (de ma génération, 90) ont été influencés, par exemple, par les films de Tim Burton, les Disneys, ou encore des jeux comme les Final Fantasy, Zelda, et autres ? Et plus anciens, mais non moins inévitables, les contes et légendes (Grimm par exemple) ? 

Les artistes qui sont à l’origine de ces oeuvres sont influencés, consciemment ou inconsciemment, par des symboles de leur esprit. Pour moi, la création artistique est une manifestation des énergies extérieures ou intérieures. Je ne crois pas une seule seconde que toute oeuvre artistique soit le résultat d’un vide énergétique. Derrière ces symboles, il y a de l’énergie, des mondes/sphères énergétiques, voire des entités, qui cherchent à s’exprimer, à  exister. Personnellement, je ne doute nullement de leur influence, de leur existence et de leur « utilisabilité ». 

Il faut ajouter à cela les effets du phénomène égrégorique (voir la vidéo de Vincent Lauvergne qui explique ce qu’est un égrégore et son atelier sur comment en concevoir un). En effet, je pense  par exemple au monde de Tim Burton, des millions de personnes l’utilisent, le reconnaissent aisément. Le monde de Tim Burton continue d’inspirer des milliers d’artistes qui contribuent à augmenter le potentiel énergétique de ce « monde énergétique », tout comme les fans. Et aujourd’hui, les symboles qui découlent de ce qui n’était qu’une simple vue d’artiste, peuvent être bel et bien utilisés en magie, peu importe que certains trouveront cela peu sérieux voire ridicule. Je vous invite à essayer, faîtes-vous votre propre opinion, je suis certain que vous serez très surpris des résultats…

 Le monde est composé d’énergie. Le monde est infini, c’est un agglomérat de mondes et de sphères d’énergies dont nous sommes plus ou moins les architectes.

 Leur utilisation dans votre système 

Dans ma vision de la création d’un système magique, nous pouvons utiliser plusieurs choses pour structurer notre magie. Des archétypes / valeurs : j’ai eu l’occasion de travailler avec des archétypes magiques (gloire, force, justice, peur, mort, etc.) et j’ai eu des résultats étonnants avec. C’est Le livre des pouvoirs, de De Thanateros, Frater Luminis Negri qui m’a donné de bonnes méthodes pour les utiliser en magie. De par leur « neutralité culturelle » et leur universalité, les archétypes peuvent être conjugués avec tous les systèmes magiques, dont le vôtre. Ils peuvent être personnifiés de la manière dont vous le désirez, ce sont des alliés précieux et efficaces. Par exemple : quel personnage symbolise le plus la force pour vous ? 

Les sphères/mondes énergétiques : prenez un monde énergétique (l’univers d’un film par exemple, ou d’un artiste) et essayez de le décrire. Que vous évoquent-ils ? Quels aspects positifs pouvez-vous en tirer ? Quels sont leurs éventuels aspects négatifs dont vous devrez vous méfier (ou utiliser à des fins plus borderline…) ? 

La musique : à chaque instant de notre vie, des musiques nous accompagnent. Il nous arrive souvent, d’ailleurs, d’associer la découverte d’une musique à un moment de notre existence, à une épreuve. Plus encore, certaines musiques manifestent chez nous d’incroyables ressentis.

Ce sont d’excellents outils, pour se connecter à nos souvenirs et à des énergies avec lesquels nous avons un lien particulier. Les odeurs : combien de fois vous êtes vous dit que ce parfum vous rappelle un moment de votre vie ? Faites une petite liste des senteurs qui vous évoquent des souvenirs ou des sensations claires. Utilisées pendant un rituel, elles pourront stimuler vos visualisations et renforcer vos actions, de la même manière qu’un encens spécifique, relié au travail que vous effectuez. Des objets : nous avons tous des objets insolites qui ont marqué notre enfance et qui peuvent servir de connexion avec des ressentis ou des souvenirs de votre passé, qui pourront vous aider dans votre pratique. Est-ce qu’il y a également des objets qui sont pour vous la manifestation concrète d’un symbole ou d’un archétype ? (exemple : une épée pour la notion de force, une balance pour la justice). N’hésitez pas à les recenser pour les utiliser dans vos rituels. En association avec les classiques athamés, coupes, baguettes, cela renforcera les possibilités et les effets…

Comment les découvrir ? 

Comme dans tout chemin spirituel, l’introspection est la clé de son développement. «Connais-toi toi-même» est un très bon credo. D’autant plus si l’on souhaite développer son système basé sur nos ressentis et principalement le symbolisme de notre inconscient ! 

Je vous conseille donc de faire une synthèse de différentes choses qui rentrent en résonance avec vous :

- Des valeurs et archétypes qui correspondent à votre personne

- Des symboles ésotériques ou exotériques avec lesquels vous vous sentez à l’aise

- Des mondes/sphères énergétiques que vous avez envie de découvrir (exemple : le monde artistique de Tim Burton)

- Des entités/personnages qui vous ont marqué et avec qui vous voudriez travailler

- (Complémentaire) Des musiques qui vous évoquent les éléments ci-dessus

- (Complémentaire) Des senteurs/parfums en relation

- Toute autre chose qui vous aidera à vous connecter à ces symboles   

 Petits conseils / avertissements nécessaires

Je pense nécessaire de préciser certaines choses à propos de cette démarche de conception   d’un système personnel. Des avertissements qui s’adressent surtout à un public débutant dans le domaine de l’ésotérisme. 

* Conservez votre esprit critique : nous avons tous eu des « grands moments de révélation », ou des ressentis tellement importants que nous les avons potentiellement mis sur un piédestal, telles des vérités absolues. Même chose pour les « messages d’entités ». Il convient de toujours avoir un recul sur nos ressentis, de les méditer et de les approfondir pour s’assurer que l’on ne s’appuie pas sur une branche qui menace de craquer. Quand on crée un système magique cohérent, on s’appuie sur des bases solides. 

Le recul, le doute, l’esprit critique et la raison sont vos gardes-fous, ils sont ceux qui vous garderont de vous enfermer dans votre monde et potentiellement dans des illusions qui peuvent avoir raison de votre équilibre mental. Si vous avez besoin d’exemples, il y en a suffisamment chez des occultistes modernes reconnus qui ont finit en asile psychiatrique, ou qui sont morts dans des conditions pour le moins… étranges. Explorer votre inconscient et travailler avec les énergies n’est pas un jeu; gardez-cela en tête. 

* Gardez les pieds sur terre : un bon ancrage est ess-en-tiel dans ce travail. Cela veut dire, sortir s’aérer la tête, vivre sa vie physique, passer du temps avec vos proches et vos amis, vous vider la tête. Faire des activités hors-éso. Travailler votre connexion avec les énergies terrestres, matérielles, qui vous éviteront de vous replier sur vous-même, dans votre monde et de vous faire perdre le sens des réalités. Une vie équilibrée est le cadre idéal d’une spiritualité épanouie. 

* N’imposez pas votre système comme une vérité absolue : gardez en tête que votre système est construit sur-mesure par vous et pour vous. D’autres personnes arriveront aux mêmes résultats que vous avec d’autres méthodes. Il marche du tonnerre pour vous ? Grand bien vous face ! Mais ne soyez pas prétentieux en hurlant sur les toits que votre système est la référence absolue. En plus d’être faux, ce serait un bel exemple d’immaturité. Respectez les croyances des autres et les plus intelligents d’entre eux respecteront les vôtres. Il n’y a pas de mauvais système, il y a surtout de l’incompréhension entre les utilisateurs. Seuls les résultats comptent. 

Soyez humbles et respectez donc le credo du magicien : savoir, vouloir, oser, se taire. * Créer son système magique est le travail de toute une vie : concevoir quelque chose d’assez solide pour être exploité nécessite beaucoup de travail. Un travail dans la durée, régulier, qui nécessite beaucoup d’investissement, de recherches, de tests pratiques. Tout s’affine et se complète avec le temps, votre parcours de vie. Si vous pensez qu’en quelques heures de travail vous allez avoir quelque chose IMGP3254 (Copier)d’exploitable, vous allez être très déçu ! ne vous découragez pas de voir qu’il y a toujours des zones d’ombres, des incertitudes et des doutes sur votre système. Concentrez-vous sur les résultats obtenus, améliorez votre système au fur et à mesure. Aucun chercheur n’a  trouvé la bonne formule du premier coup, mais après des tests, des erreurs et des analyses qui ont fait avancer le tout. Pardonnez-vous vos erreurs, car si vous y mettez votre coeur et de la bonne volonté, vous verrez que le travail paie toujours; et ne vous motivera que plus pour  continuer !

* Pratiquez, pratiquez, pratiquez : le meilleur conseil que l’on ne m’ait jamais donné. La théorie

ne suffit pas, la pratique est le seul moyen d’éprouver votre système et de l’améliorer. N’hésitez pas, ne soyez pas paranoïaques sur les éventuels risques (à vous de bien vous préparer et ne pas faire n’importe quoi n’importe comment) et vous y arriverez !

 

Retrouvez les articles d’Aldénor Aube-Ardente sur son site : http://www.aube-ardente.fr

 

 

Publié dans Créativité, PENSEE MAGIQUE - LEITMOTIV et RITUELS | Pas de Commentaires »

En Occident, l’homme descend du sage

Posté par othoharmonie le 1 octobre 2014

 

Non, l’Orient n’a pas le monopole de la sagesse !

La sagesse n’est pas une affaire occidentale. On le répète un peu partout. Pour trouver cette denrée rare, une seule direction : l’Orient. Chez les Occidentaux, circulez, il n’y a rien à voir. Tout au plus quelques vestiges plus ou moins décomposés, dans les poubelles de l’histoire. Rien d’autre.

  images (5)Voilà ce que je souhaite contester. Car c’est devenu faux, si jamais ce fut vrai un jour. Reste à dire pourquoi. Un coup d’œil sur l’économie mondiale suffit pour savoir que l’industrie, les techniques et les machines, désormais, habitent en Orient. Pas un ordinateur, pas une tablette, pas un téléviseur ou un baladeur qui ne vienne de Chine, du Japon ou de Corée du Sud. L’Asie est technologique, financière et conquérante. Ironie de la mondialisation et ruse de l’histoire globale : les ingénieurs sont passés à l’Est. On pourrait alors imaginer que la sagesse « revient » à l’Occident, comme un retour et comme une responsabilité. Industriellement déclinant, l’Occident serait en passe de devenir le musée des anciennes formes de sagesses orientales. Le Tibet une fois entièrement bétonné, couvert de tôle ondulée et de drugstores chinois, l’esprit du Toit du monde se réfugierait sur les rives de la Dordogne ou dans les vallées de Californie.  

On en finira donc avec ce vieux cliché : l’Occi­dent fabrique des machines, l’Orient des sages. Cet­te fable a même été répandue par des auteurs illustres. Ainsi, à la fin du xixe siècle, l’Indien Vivekananda, le disciple de Ramakrishna, disait carrément : « Lorsque l’Oriental veut s’instruire de la construction des machines, il vient s’asseoir au pied de l’Occidental et apprendre de lui. Lorsque l’Occident veut s’instruire de l’esprit de Dieu, de l’âme, de la signification et du mystère de l’univers, il doit pour apprendre aller s’asseoir au pied de l’Orient. » 

C’était une commode division du « métier de vivre » : aux uns la mécanique, aux autres la spiritualité. La contrée des ingénieurs s’opposait au pays des gourous. Le foyer mythique de la sagesse contrastait avec la patrie, non moins mythique, de la science, de la technique et de la raison. Il est temps de quitter ces images simplistes et déformantes, ces clivages East and West qui ont traversé – du siècle des Lumières à celui des Beatles – nos récits et nos pensées.  

Arrêtons donc de croire qu’il existe, côté occidental, la domination et, côté oriental, le renoncement. Il n’y a pas sur un versant le projet de soumettre la matière et le monde, et sur l’autre le recueillement dans la présence ou la vacuité. Tous ces vieux matchs Occident-Orient paraissent obsolètes, qui faisaient entrer en compétition matière contre esprit, monde présent contre outre-monde, relatif contre absolu, raison contre intuition. On rangeait l’Occident du côté des choses, de l’objectivité et de l’incroyance. Et l’Orient du côté de l’Absolu, des sagesses et des saluts. Encore une fois, c’est terminé. Il n’est pas sûr que la réalité ait jamais été ainsi, mais il est certain que ce n’est vraiment plus le cas.  

On se souvient de plus en plus qu’il y eut des sagesses d’Occident. En 1959, le philosophe anglais Bertrand Russell fut l’un des premiers à consacrer un ouvrage aux penseurs de l’Antiquité grecque sous le titre « Wisdom of the West » (« Sagesse d’Occident »). Il ne considérait pas leurs œuvres comme des vestiges archéologiques. Reste à comprendre, même de manière provisoire, quelle pourrait être la spécificité occidentale dans la sagesse. Aurait-elle un avenir, si oui de quel type ? Questions difficiles à résoudre. Rien n’interdit d’essayer. A mes seuls risques et périls, cela va sans dire.  

L’occident, un artéfact ? 

Demander si l’Occident a encore un rôle à jouer dans le domaine des sagesses, quelque chose à dire et à faire qui soit sien, suppose un préalable : admettre que l’Occident existe. Aujour­d’hui, on répète volontiers, chez les gens qui ont de l’instruction, que c’est une notion illusoire et même dangereuse, un artéfact culturel, un objet idéologique et politiquement néfaste – un mirage à écarter.  

Une brève mise au point n’est donc pas inutile. Il existe une pluralité d’acceptions du terme « Occident ». On peut donner à ce mot un sens géographique (là où le soleil se couche, et de manière délimitée : l’Europe de l’Ouest), un sens religieux (au Moyen Age : la chrétienté), un sens politique (pendant la guerre froide : le camp capitaliste), un sens économique et culturel (l’Europe, les Etats-Unis) ou encore un sens social et anthropologique : aujourd’hui « l’occidentalisation » couvre la planète des mêmes outils techniques, des mêmes laboratoires de recherche, des mêmes modes de vie.  

On doit évidemment être vigilant envers les usages suspects d’une prétendue identité occidentale. L’idée d’une « défense de l’Occident » a fait les beaux jours des extrêmes droites et devint une bannière des fascismes. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour nier toute réalité et toute consistance à l’héritage culturel et historique de la pensée dite occidentale. Au cœur de cet héritage, il y a des singularités, des éléments spécifiques. Certains constituent les lignes de force d’une sagesse possible. Essayons de les rassembler. 

Mort et transfiguration des sages grecs 

images (6)Les écoles de l’Antiquité grecque et romaine ne cherchaient pas la vérité pour elle-même. Ces écoles de sagesse élaboraient, autant que des savoirs et des sciences, des disciplines de vie visant à l’amélioration de soi. Il ne s’agissait pas d’activités distinctes – ici la connaissance théorique, là la transformation de soi –, mais d’une seule et même démarche. Sophos, en grec ancien, signifie tout autant « savant » que « sage ». La sophia est un savoir-sagesse. Ces deux faces que nous opposons sont, pour un Grec de l’Antiquité, rigoureusement indissociables. Le royau­me des sages ne fait qu’un avec l’empire des savants. Toute connaissance vraie transforme celui qui la détient. Et même la connaissance proprement mathématique implique une transformation morale. Car il n’existe pas, dans pareille perspective, de science sans conscience : il n’y a qu’une seule et unique « sapience ».  

Toute l’Antiquité occidentale – Athènes, Rome, Alexandrie… – est habitée de cette conviction, sept ou huit siècles durant. Epicuriens, stoïciens, cyniques, sceptiques, ne cessent de la répéter, de génération en génération. La figure du sage est centrale, la sagesse constitue l’idéal à atteindre, le modèle de la vie humaine dans sa perfection réalisée. Somme toute, la seule vie humaine pleine, conforme aux potentialités de l’humain, est celle du sage.

La figure du sage s’est effacée derrière celle du saint, à mesure que l’Occident se christianisait. A un idéal purement humain s’est substituée la soumission sacrificielle à la volonté divine. Même si le saint peut avoir bien des traits communs avec le sage, et même des comportements identiques, il s’inscrit dans une perspective radicalement différente.  

La figure du sage, en Occident, a été également concurrencée, au point d’être presque effacée, par l’idéal moderne du philosophe pur théoricien, artisan du concept, nullement soucieux de la transformation de soi-même. En se détachant de toute perspective pratique, la philosophie a été livrée à l’abstraction sans fin.  

Le frère jumeau du philosophe pur théoricien sera le scientifique, dernière figure de la rupture avec le sage. L’homme de science décrit le monde tel qu’il est, indépendamment de nous et de toute considération morale. La connaissance qu’il détient n’est pas censée le transformer, quand bien même elle peut changer la face du monde. On voit donc naître, depuis le personnage de Faust jusqu’aux romans fantastiques contemporains, une silhouette inimaginable dans l’Antiquité, celle du savant fou.  

La figure du sage grec, recouverte ou mise à l’écart par les figures du saint, du philosophe pur théoricien et de l’homme de science, n’a malgré tout jamais vraiment disparu. On la voit ressurgir sous diverses formes à la Renaissance, à l’âge classique, au siècle des Lumières, plus tard encore, travaillant du dedans l’histoire européenne. Elle affleure plus visiblement chez certains philosophes, tels que Montaigne, Spinoza, Schopenhauer, Nietzsche ou Wittgenstein.  

S’il est possible aujourd’hui d’envisager son retour, sous une forme évidemment transformée, c’est dans le contexte d’un Occident où le christianisme décline et où la sainteté ne parle plus, où la philosophie purement théorique vacille, où l’objectivité scientifique se fissure. Reste donc à esquisser, toujours à titre expérimental et provisoire, les premiers traits d’un sage occidental du XXIe siècle – encore virtuel, évidemment. Quatre traits, pour l’instant. 

Un sage qui argumente et convainc 

Sa première particularité est de tenir des discours argumentés. En Occident, la rationalité est émancipatrice parce qu’elle est parlante. Changer l’existence, orienter autrement le cours du désir, modifier les valeurs ou le rapport à soi-même nécessitent d’expliquer, parler, démontrer, convaincre. Pas seulement de méditer ou de donner l’exemple.  

Le sage, ici, sera donc d’abord celui qui utilise méthodiquement sa raison. Il n’en tirera pas seulement des propositions vraies, des résultats mathé­matico-scientifiques, mais aussi des moyens de dissiper les illusions, faux-semblants, faux objectifs, mirages de toutes sortes. Et de défaire ainsi les angoisses où nous nous débattons à cause de ces fantasmagories, sans motif  réel. 

Cette tradition de la démonstration dissipatrice et apaisante est ancienne. Ainsi, l’objectif d’Epicure est de « calmer la tempête de l’âme » par la philosophie qui nous débarrasse de la crainte illusoire des dieux, de l’inquiétude factice de la mort. Et ces raisonnements sont inséparables d’une parole ordonnée, logiquement élaborée.

Là encore, le vocabulaire compte : logos, en grec, comme chacun sait, désigne à la fois la raison et la parole. Le « sage-savant » est celui qui vit selon cette « parole-raison ». Nous avons donc affaire à une idée double. D’une part, seule la pensée logique et rationnelle peut véritablement conduire à la sagesse ; d’autre part, la connaissance vraie est nécessairement parlée, articulée, exposée. 

C’est là un écart incontestable avec l’intuition silencieuse des éveils d’Orient, qui sont presque toujours au-delà ou en-deçà du proférable, liés à l’extinction de la parole. En Inde, le Bouddha ou Shankara – sans parler de Nagarjuna – ont aussi un usage constant et méthodique de la logique. Mais elle n’est ni première ni dernière et toujours subordonnée à un silence, antérieur ou postérieur, originel ou final.  

Au contraire, la primauté de la raison parlante, sa domination et son règne semblent caractériser l’Occident comme sagesse et comme science. Dans son histoire, d’Aristote à Freud, on trouverait bien peu d’acheminement vers la sagesse sans une pratique de l’analyse rationnelle. Inversement, aucun grand système rationnel occidental n’est exposé sans une certaine ombre de sagesse qui lui colle à la peau, si l’on peut dire. Il reste toutefois à la faire passer dans la totalité de nos gestes quotidiens. Ce qui implique un entraînement. 

Un sage qui s’entraîne tous les jours 

Deuxième trait majeur de la sagesse en Occident : l’existence d’exercices spécifiques pour faire entrer les paroles vraies dans les faits – patiemment, par la répétition et l’entraînement. Les énoncés de la sagesse rationnelle constituent comme des patrons, au sens de la couture – des plans, des modèles, sur lesquels l’existence est à façonner. Aperçues par la raison, les vérités sont encore à faire advenir, petit à petit, dans les rouages du quotidien. 

La réussite de cette transformation n’est ni immédiate ni simple. Ni même assurée. L’exercice est lent. La résistance des matériaux appartient inévitablement au parcours. Le philosophe français contemporain Pierre Hadot (1922-2010) – qui fut professeur au Collège de France et influença notamment Michel Foucault – a mis en lumière le rôle central de ce qu’il a nommé « exercice spirituel ». C’était sa manière de traduire l’aïskèsis des Grecs – laquelle n’est pas ce que nous appelons aujourd’hui « l’ascèse », faite le plus souvent de renoncement et de mortification, mais simplement l’entraînement, le training. De même que sportifs ou musiciens doivent faire entrer dans les muscles et les tendons les gestes qui conviennent, le sage doit faire passer les énoncés-clés dans la réalité quotidienne – physique, psychologique, sociale.  

Par exemple, chaque soir, le stoïcien se demande si, dans la journée, il s’est comporté conformément aux principes qui sont les siens. Ne s’est-il pas laissé aller à la colère, au mépris des autres, à l’emportement inutile ? Ou bien il tente d’adopter « le point de vue d’en haut », de contempler la vie comme du sommet de la montagne voisine, pour prendre conscience de la relativité des événements, de la petitesse de nos existences, du caractère minuscule et risible, par rapport à l’immensité du tout, de ce qui nous trouble et nous agite.  

Ces exercices et quelques autres – comme celui de l’ancrage dans l’instant présent – sont de véritables leviers de la transformation. Ils balisent et guident le cheminement vers un état plus sage, ou entretiennent ce qui est déjà acquis. A la sagesse soudaine, foudroyante, s’opposent ces édifices construits bout par bout, à la longue. Au lieu du satori subit, le fitness de sapience jour après jour. 

Il existe évidemment des exercices spirituels ou des équivalents dans d’autres traditions. Toutefois, le caractère méthodique, répétitif, quasiment sportif de l’entraînement à la sagesse ­cou­plé à la rationalité ne semble pas avoir d’équi­valent strict dans d’autres aires culturelles. Ailleurs, on trouve de multiples pratiques corporelles qui font presque défaut à la tradition occidentale. L’exercice spirituel à l’occidentale est à comprendre comme une manière d’inscrire, à force de répétition et d’entraînement, une vérité logique dans la chair, dans les attitudes du corps, dans l’affectivité.  

Mais il n’est jamais certain que cela marche. Il se pourrait que la sagesse se révèle une tâche impossible, un vain rêve. Commencer à être sage, serait-ce reconnaître qu’on ne peut pas l’être ? Voilà une démarche paradoxale : la destruction du rêve devient positive, la déception se fait allègre. Là encore, une histoire ancienne se réactive. Les stoïciens disaient déjà, tout en poursuivant leur quête de sagesse, qu’il se pourrait qu’aucun homme ne soit jamais vraiment devenu sage Cette forme de corrosion critique, l’Occident la connaît et la pratique mieux que personne. 

Un sage critique et corrosif 

Critique, négative, éventuellement destructrice, telle est encore la sagesse occidentale. Les autres sagesses – le bouddhisme constituant une exception relative – sont toutes centrées sur un cœur de doctrine. En Occident dominent des aspects corrosifs, insoumis, subversifs. Voyez Diogène de Sinope crachant au visage des riches, Erasme célébrant la folie ou Schopenhauer conchiant les professeurs de philosophie : les sages occidentaux sont souvent plus irrespectueux que sereins, plus iconoclastes que pacifiés.  

Dogmes, conventions, préjugés, croyances, rien ne se trouve à l’abri : la raison parlante peut, tout le temps, tout remettre en cause. Sans oublier, évidemment, de mettre à l’épreuve la raison elle-même. Etrillée, critiquée elle aussi, sans complaisance ni faux respect. L’outil ne saurait se soustraire à l’examen : il serait curieux qu’il fût inoxydable, alors qu’il oxyde tout.  

A la pointe ultime du geste de sagesse occidental, on trouvera donc une possibilité permanente d’attaque de toutes les valeurs et institutions, de tous les savoirs et acquis. Il faut souligner cette manière très étrange de ne jamais être arrivé, installé, de toujours s’efforcer de défaire ce qu’on a édifié, en le corrodant du dedans. Il n’est aucune norme, aucune méthode, aucun régime politique qui n’ait été soumis à cette forme singulière de corrosion, d’oxydation de la critique rationnelle. En Occident, pas d’anti-oxydant ! 

Le risque, évidemment, étant de tout détruire, de ne rien laisser debout. Entre l’espace libéré des erreurs anciennes et le champ de ruines des vérités défaites, il arrive qu’il ne soit pas simple de faire passer une distinction claire et nette. Autrement dit, cette sagesse décapante est toujours susceptible de se retrouver du côté du néant, de la négation pure, de la destruction nihiliste.  

En fait, c’est un beau risque. Car il faut s’exposer à l’errance, à la désolation et à la mort pour se donner les moyens de faire éclater tous les carcans, de briser toutes les clôtures, d’extirper tous les enracinements. Si on veut se libérer de tout ce qui asservit l’existence, en Occident, il convient effectivement de risquer le néant. C’est un risque, encore une fois, mais qu’il faut allègrement porter, endurer, assumer, sans en faire toute une histoire, toute une tragédie habitée de pathos et d’angoisse.  

S’il existe quelque chose comme une sagesse occidentale, elle ne peut être close sur un dogme, une doctrine, une seule vérité. Elle se confond plutôt avec l’ouverture à des aventures indéfiniment nouvelles. Elle est toujours sur le point de s’annuler, de s’autodétruire – c’est ce qui la fait perdurer. Un certain négatif assure sa longévité. 

Un sage politique 

images (7)Dernier point : si l’homme occidental, demain, descend du sage, ce sera par le biais du politique. Le temps des ascètes solitaires n’est plus. Il n’y a d’avenir pour la figure du sage que réinscrite dans l’histoire, confrontée aux défis actuels, mêlée aux luttes pour un monde moins inhumain. Ce ne sont pas le retrait, la fuite hors du présent, l’indifférence à l’histoire, qui peuvent lui permettre d’avoir un avenir. C’est tout l’inverse.  

Ici, il reste beaucoup à inventer. Le point de départ est sans doute une curieuse boucle Orient-Occident. Car l’hybridation du sage et du politique, on ne l’a pas assez remarqué, est pour une part un effet de l’occidentalisation du monde. Gandhi en fut un des pionniers, mais pas en résistant d’entrée de jeu à l’Empire britannique – en découvrant au contraire les textes fondateurs de la sagesse indienne à Londres, en traduction anglaise. Il aura fallu cette boucle pour que démocratie à l’européenne et sagesse à l’indienne s’engagent dans une étrange et nouvelle confluence. 

Le quatorzième dalaï-lama aura prolongé cette voie en renonçant au pouvoir temporel absolu dont il était investi par tradition, en abandonnant son droit féodal sur les terres et les gens, en instaurant la démocratie, en luttant pour l’indépendance du peuple tibétain. D’autres leaders modernes ont, eux aussi, esquissé cette voie – Martin Luther King, Nelson Mandela, Aung San Suu Kyi. On pourrait les considérer comme des hybrides : ce sont des figures spirituelles engagées dans des luttes politiques, ce sont aussi bien des militants politiques dont la stature déborde de leurs actions militantes. Il y a des chances que cette lignée d’hybrides ne soit pas stérile. Mais nul ne sait encore de quelle manière. J’ai la faiblesse de croire qu’elle réserve encore à la vieille Europe quelques surprises. 

En résumé, il se pourrait bien que la figure du sage, en Occident, soit à la fois derrière nous et devant nous. Estompée depuis les Grecs par les dominations du christianisme, de la philosophie abstraite et des scientifiques, elle a des chances de renaître à mesure que ces dominations déclinent. Alors se développerait une forme de sagesse rationnelle, soutenue par un entraînement constant, à la fois critique et corrosive, mais aussi politique et solidaire. Et la sagesse, peut-être, redeviendrait une affaire occidentale. Hypothèse, cela va sans dire.  

par Roger-Pol Droit

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La méditation vers la lucidité silencieuse

Posté par othoharmonie le 11 septembre 2014

La méditation est une pratique spirituelle menant à la paix intérieure,à la vacuité de l’esprit et à l’unification à notre nature véritable…

images (5)Tour d’horizon

Le terme méditation, du latin meditatio, désigne une forme de pratique spirituelle.

Même si ce terme est souvent utilisé pour décrire l’attention portée sur un objet de pensée [par exemple : méditer un principe philosophique dans le but d’en approfondir le sens], son objectif premier est avant tout une attention tournée vers l’intérieur afin de s’affranchir de la pensée et réaliser son «identité spirituelle». 

Les différentes pratiques méditatives impliquent généralement que l’adepte amène son attention sur un seul point de référence qui sera, tôt ou tard, abandonné pour seulement «laisser la conscience observer la conscience». 

Les pratiques méditatives se retrouvent au coeur de nombreuses philosophies et religions : dans l’hindouisme, le bouddhisme, le taoïsme, le yoga, l’islam, la chrétienté, ainsi que d’autres formes plus récentes de spiritualité. 

Les techniques de méditation sont multiples. Elles peuvent cependant être classées selon leur foyer d’attention : une zone corporelle spécifique ou le déplacement d’une zone à une autre, une perception précise, un objet spécifique présélectionné profane ou religieux, le nom d’une déité ou d’un concept inspirant la paix, le souffle, un son, une incantation ou un mantra, une visualisation, le vide de tout concept ou vacuité,… 

Dans l’hindouisme Il y a plusieurs types de méditation décrites dans l’hindouisme, citons les deux principaux courants :

- le Védanta, dans lequel le Jñâna-Yoga a pour méthode principale l’investigation du Soi [le célèbre « Qui suis-je ? »] afin de retourner à la source des pensées jusqu’à notre Réalité transcendante ; – le Yoga, dans lequel la méditation [dhyâna] est recommandée pour calmer les fluctuations du mental. Elle est l’avant dernière des 8 phases développée dans les Yoga-Sûtra de Patañjali : elle se place après la concentration [dhâranâ, fixation de l’esprit sur un seul point] et avant la contemplation [samâdhi, état d’union avec l’Être ou d’absorption dans l’Absolu]. 

Dans les pratiques hindouistes, il existe de nombreuses propositions de méditation avec support : observer la lumière qui pénètre par le sommet de la tête [chakra coronal] et s’identifier à cette lumière, écouter l’infrason dans l’oreille interne  [nâda], parcourir l’intérieur du corps par la sensation, rester dans une posture spécifique avec une position de main codifiée [mudrâ], etc… 

Pour que le mental parvienne au calme, au détachement des désirs du monde et cesse de vagabonder, le pratiquant évoluera vers la méditation sans support. Bien que certains adeptes s’y adonnent dès le  commencement de leur quête, la méditation sans support est une voie évidemment plus abrupte que celle avec support. Il s’agit ici de développer l’état de présence afin de rester totalement conscient dans l’ici et maintenant et disponible à l’épanouissement spontané du silence intérieur. 

Dans le bouddhisme La méditation a toujours été centrale au bouddhisme. Le Bouddha historique a d’ailleurs obtenu son éveil spirituel par la méditation. La plupart des formes de bouddhisme distinguent deux classes de pratiques pour atteindre l’illumination : – Samatha, ou tranquillité, qui développe la capacité de focaliser l’attention en un seul point ;

- Vipassana, ou vision supérieure, vue pénétrante, qui développe la perspicacité et la sagesse en dévoilant la vraie nature de la réalité. 

Le but ultime de la méditation bouddhique est l’atteinte du nirvâna. Ce terme est au-delà de toute description et ne peut être défini que comme la fin de toutes formes d’ignorance. Dans le zen Le zen est une forme de bouddhisme mahâyâna qui insiste davantage sur la méditation et particulièrement sur la posture/pratique dite de zazen. Pour ses adeptes, la pratique elle-même est déjà réalisation, pratique et éveil sont comme la paume et le dos de la main. Pour le zen, il suffit de s’asseoir, immobile et silencieux, pour s’harmoniser avec l’illumination du Bouddha… 

Dans la Chrétienté

Chez les moines orthodoxes l’hésychasme ou «prière du coeur» est une prière silencieuse invoquant le nom de Jésus au rythme de la respiration. Par son rapport au corps, il est l’équivalent chrétien de certaines techniques de méditations orientales. 

Dans l’Islam

Il existe deux concepts de méditation dans l’Islam :

- le premier, issu du Coran, est appelé taffakur, c’est-à-dire la réflexion sur les sourates ou la contemplation de la Création ;

- l’autre, développé par les Soufis, est une pratique mystique appelée Mouraqaba ou «exercice de vigilance» : l’adepte, en assise et les yeux fermés, concentre son attention sur un point unique. Ce point est généralement la visualisation du Cheikh, le maître soufi, qui est considéré comme un pont entre le monde de l’illusion et celui de la réalité. 

La méditation transcendantale  La méditation transcendantale est une technique de relaxation et un mouvement spirituel fondé à la fin des années ‘50 par Maharishi Mahesh Yogi. Elle est présentée comme une «technique de relaxation profonde et de développement de la conscience». Elle se pratique quotidiennement, lors de séances de 15 à 20 minutes durant lesquelles le pratiquant répète mentalement un mantra, c’est-à-dire un mot qui est théoriquement intime et adapté à sa personnalité. Au fur et à mesure de la séance, le mantra doit s’estomper pour laisser l’esprit aller naturellement à la source de sa conscience propre. Cette expérience est unique et personnelle. Le mantra est révélé par l’instructeur après une brève cérémonie. 

Lucidité silencieuse sans support Dans la spiritualité contemporaine, comme par exemple dans les enseignements de Krishnamurti, Jean Klein ou, plus récemment, Eckhart Tolle, le terme de méditation désigne un état de lucidité silencieuse sans support, une vigilance où les constructions mentales sont absentes. Ces enseignants donnent ainsi quelques directions de méditation : 

- l’attention vide de toute attente, de toute anticipation ; en quelque sorte, une attention innocente, notre tranquillité naturelle ;

- l’observation ouverte, sans jugement, sans comparaison ni interprétation ; nous ne pouvons l’objectiver ; - la liberté : la compréhension se situe habituellement dans notre tête, mais «être» la pure compréhension n’a plus rien à voir avec la tête, c’est une perception globale transcendante.

 

Recherches scientifiques

Certains psychothérapeutes ou scientifiques tel que Jon Kabat-Zinn s’intéressent à la méditation dans ces applications psychothérapeutiques, comme par exemple : la MBSR [réduction du stress par la pleine conscience] ou la MBCT [thérapie cognitive par la pleine conscience]. 

images (6)La psychothérapie cognitivo-comportementale propose ainsi aux personnes souffrant de ruminations mentales, de stress ou d’anxiété, une forme de méditation qui se rapproche du zazen, mais dont les éléments «spirituels» ont été supprimés. Cette technique augmenterait le bien-être, la bonne humeur, la capacité à «faire face» et améliorerait le sommeil. La MBCT réduirait en outre le risque de rechute dépressive. Certaines études* prouveraient également l’efficacité de la méditation en complément d’un traitement médical classique dans

la guérison de maladies : diminution des douleurs chroniques, amélioration des défenses immunitaires et des effets du traitement thérapeutique classique dans les cas de cancer, de troubles gastriques et intestinaux ou même de fibromyalgie et de sida. 

Dans le cadre des recherches scientifiques ou philosophiques sur la nature de la conscience, certains auteurs défendent l’importance de la méditation comme pratique introspective, à travers laquelle le chercheur peut observer son propre flux de pensées et acquérir un savoir autrement inaccessible. Le Dr. Susan Blackmore défend par exemple la thèse, sur base de sa propre pratique du zazen et de ses recherches scientifiques, selon laquelle la conscience et les perceptions humaines seraient pure illusion. 

Selon David Orme Johnson, directeur de la faculté de psychologie à l’Université Internationale Maharishi, des études scientifiques ont été publiées sur la Méditation Transcendantale et le programme TM-Sidhi, dans plus de 160 revues scientifiques. 

D’autres études médicales spécifiques ont également été réalisées afin de déterminer si certaines pratiques méditatives pouvaient être associées à la psychothérapie. Dans la majorité des cas, les conclusions étaient positives, sous réserve que les objectifs de la thérapie  soient bien sûr en accord avec les effets de la méditation proposée… 

Olivier Desurmont

* 4 études rigoureuses tirées de «Journal of Behavioral Medicine», «Psychosomatic Medicine», «General Hospital Psychiatry» & «Brain, Behavior, and immunity». Références : «La méditation bouddhique» de Jean- Pierre Schnetzler chez Albin Michel, «La Vision profonde : De la Pleine Conscience à la contemplation intérieure» de Thich Nhat Hanh chez Albin Michel,  «Le livre de la méditation et de la vie» de Krishnamurti, Livre de poche, «Approches de la méditation» d’Arnaud Desjardins, La Table Ronde et Wikipedia. 

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Provoquer les esprits

Posté par othoharmonie le 1 septembre 2014

 

images (9)De celui que la postérité a fini par nommer simplement “Monsieur Gurdjieff”, on a dit énormément de choses ; pour autant, plus les informations s’accumulent, plus il devient clair que, de cet étrange Caucasien au regard magnétique, nous ne savons rien. La vie n’est réelle que lorsque “Je suis”, ainsi s’intitule la troisième et dernière partie de son opus magnum, Du tout et de tout. Or, l’étude de sa biographie tourmentée donne le tournis, tant il semble se plaire à multiplier les masques et les identités contradictoires. La période la plus fascinante de sa vie, la plus environnée de merveilleux, est sans conteste sa jeunesse. D’elle, nous ne connaissons que ce qu’il a bien voulu en laisser transparaître à travers ses récits contradictoires où le factuel se noie dans l’allégorique et le burlesque. Né, selon les recoupements les plus cohérents, au début de l’année 1866 dans le quartier grec d’Alexandropol, ville arménienne alors située en territoire russe, près de la frontière turque, Gurdjieff entame son itinéraire spirituel au sein de l’Église d’Arménie. Au début des années 1880, après avoir échappé par deux fois à la mort, celui qu’on surnomme alors “Tatah” ou “le Basané” comprend qu’il est sur Terre pour percer le secret de la vie humaine et organique. De 1885 à 1907, il parcourt alors le Monde ancien, de la Crète au Tibet, d’Alexandrie aux confins du Caucase, en quête d’une tradition spirituelle authentique. À Constantinople et en Anatolie, il fréquente les tekkes (“monastères”) de divers ordres soufis : les mevlevis d’une part, héritiers du grand maître persan Djalâl al-Dîn Rûmî, plus connus sous le nom de “derviches tourneurs” ; les bektashis ensuite qui, par leur pensée cosmologique et leurs rituels, se rattachent aux cultes angéliques du Kurdistan rural. On sait que Gurdjieff, dans sa jeunesse, a été très impressionné par les rites d’un de ces groupes kurdes, les yézidis. Ces derniers, un des rares groupes non islamisés de la région, vénère l’ange suprême, Malâk Tawûs ou “Ange-Paon”, à qui Dieu a délégué la direction du monde. L’identification de cet ange de lumière à Lucifer a valu aux yézidis le surnom extrêmement hostile d’“adorateurs du diable”.

Il semble que Gurdjieff soit ensuite allé à Jérusalem tenter de rencontrer des cercles esséniens, ainsi qu’en Égypte.

Une initiation multiforme

Au début du XXe siècle, on croit retrouver sa trace dans les monastères des “Bonnets rouges”. On surnomme ainsi les lamas de l’école bouddhique la plus ancienne du Tibet, les Nyingmapa, par opposition aux “Bonnets jaunes” de l’école réformée ou Gelugpa.

Ils se caractérisent par un enseignement tantrique et ésotérique très profond, à la symbolique souvent mortuaire. Mais la tradition de laquelle se réclame explicitement Gurdjieff est une mystérieuse “confrérie des Sarmoung”, qui aurait été fondée à Babylone au milieu du troisième millénaire avant l’ère commune, aurait perduré en Asie centrale jusqu’à aujourd’hui et dont Gurdjieff aurait retrouvé la trace grâce à des manuscrits découverts dans un monastère d’Ani, l’antique capitale arménienne. Du point de vue historique, l’existence de ce groupe n’est attestée que dans les écrits de Gurdjieff lui-même. À partir de 1908, il s’installe en Russie et mène une double vie. D’une part il amasse une fortune confortable à travers des trafics divers : tapis, caviar, bétail…

De l’autre il se présente sous les traits outrés d’un instructeur en sciences surnaturelles, afin de tester la réceptivité du public russe. Simultanément, il élabore son propre système philosophique et symbolique et attire à lui son premier cercle de disciples : l’écrivain Ouspensky, auteur d’un Tertium Organum qui présente des affinités troublantes avec ses propres idées ; le médecin clinique et psychologue Stjoernval et son épouse ; le compositeur Thomas de Hartmann et son épouse Olga ; Alexandre et Jeanne Salzmann ; ou encore le mathématicien Andrei Zaharoff. À ce groupe, dont l’effectif varie de six à trente, il transmet l’intégralité de son enseignement entre 1916 et 1920, notamment à l’été 1917, dans la station thermale caucasienne d’Essentouki, où est entreprise une session de six semaines d’expérimentation psychosomatique intensive qui restera comme l’événement fondateur de la diffusion de cet enseignement. C’est également durant cette période, à l’automne 1919, que le groupe reçoit un nom : l’Institut pour le développement harmonique de l’homme.

Un enseignement radical 
L’enseignement qui est délivré sous l’égide de cet institut comporte deux aspects, l’un théorique, l’autre pratique, et l’équilibre entre les deux est déterminant pour comprendre la physionomie des différents groupes gurdjieviens qui apparaîtront par la suite. Le constat de principe est simple et radical : l’être humain, dans son état de veille habituel, est un être en sommeil qui n’atteint pratiquement jamais la conscience. L’homme est une machine qui réagit mécaniquement aux stimuli du monde extérieur, sans être maître ni du monde ni de lui-même. Il se trompe lorsqu’il dit “Je”, parce qu’il ne possède en général pas ce point fixe et éternel d’où il pourrait envisager l’ensemble de son existence. Il n’est fait que de moi-s éparpillés, inconsistants et souvent contradictoires qui se manifestent au gré des circonstances. S’il n’atteint pas la conscience, cette multitude de personnalités qui l’habite se désagrège avec la mort, atteinte du même pourrissement que le corps.

Cet impermanence du moi, à laquelle seule l’habitude fournit un semblant de réalité, est une vérité observée aussi bien par le bouddhisme et le soufisme que par la philosophie européenne, d’Augustin à Husserl, en passant par Descartes, Hume, Kant et bien d’autres, bien que l’enseignement qui est dispensé sur ces penseurs passe systématiquement sous silence la portée existentielle et mystique de cette recherche d’un « Je » transcendantal.

Les quatre corps 
Gurdjieff, à la suite de la majorité des systèmes religieux, identifie quatre niveaux de l’expérience humaine, quatre “corps” : le corps charnel, support des sensations ; le corps astral, support des émotions ; le corps mental, support des pensées ; et le corps causal, support de la volonté et de la (vraie) conscience. À partir de là, il définit quatre voies de travail sur soi-même pour parvenir à la conscience : la voie du fakir, qui consiste à devenir maître de son corps ; la voie du moine, qui travaille sur ses émotions ; la voie du yogi, qui enseigne la vacuité des productions intellectuelles ; et enfin la Quatrième Voie, ou “Voie de l’homme rusé”, qu’il se propose d’enseigner au monde après l’avoir lui-même menée jusqu’à son terme. Contrairement aux trois premières, elle n’exige pas de se retirer du monde, bien au contraire : pour la suivre, il faut, au sein même de la réalité quotidienne, effectuer un travail de détachement vis-à-vis de son corps, de ses émotions, de ses pensées. Le “travail”, ainsi que Gurdjieff nomme simplement sa méthode, commence par des “exercices de sensation” ou “rappel de soi” qui consiste à focaliser son attention sur différentes parties du corps, afin d’en obtenir une conscience détachée. À ce travail s’ajoutent rapidement d’autres exercices de maîtrise des émotions ou de calcul mental compliqué, l’étape la plus élevée consistant à effectuer simultanément cette focalisation de l’attention sur le corps, les émotions et les pensées, afin de déconstruire les automatismes qui affectent ces trois centres. Ce travail trouve son expression la plus complète dans les danses symboliques élaborées par Gurdjieff et De Hartmann. Celles-ci sont assez clairement inspirées des rituels soufis, et de nombreuses représentations furent par la suite mises sur pied, avec l’intention avouée de lever des fond pour l’Institut. Les effets du travail sont aisés à deviner : épuisement physique et mental produisent des états de conscience modifiée permettant une perception dépersonnalisée du monde et de l’individu. La déconstruction de la personnalité est une donnée constante du travail, Gurdjieff imposant à ses élèves les tâches qui les rebutaient le plus, forçant les aristocrates à s’astreindre aux travaux les plus ingrats, privant de boisson les bons vivants et forçant les tempérants à boire des quantités phénoménales d’alcool. Au-delà de cette discipline simultanément fakirique, monastique et yogique, on trouve chez Gurdjieff un système symbolique d’une grande complexité, centré sur une compréhension de l’univers à partir de l’octave musicale et de l’ennéagramme. Ce dernier symbole synthétise la « loi de trois », qui régit l’éternité, et la “loi de sept”, qui gouverne l’ensemble des phénomènes du monde. Riche en enseignements arithmétiques et harmoniques, ce symbole joue chez Gurdjieff un rôle analogue à l’arbre séphirotique chez les cabalistes ou à la croix de lumière chez les mystiques chrétiens ; et, comme eux, il a été abondamment récupéré par divers groupuscules occultistes ou parapsychologiques.

Des livres rares 
Tout ce système théorique est décrit avec force détails dans les Fragments d’un enseignement inconnu d’Ouspensky, dont Gurdjieff approuva la publication.

images (10)En surimpression de ce symbolisme vient se greffer une riche mythologie, oscillant entre le profond et le grotesque, qui est développée dans les Récits de Belzébuth à son petit-fils. Truffé jusqu’à la moelle de néologismes abscons, c’est un livre provocateur : il offense les bonnes mœurs et le goût littéraire, mais peut aussi être l’occasion d’un choc initiatique. Mais ces deux œuvres majeures, les Fragments et le Belzébuth, ne parurent que l’année de la mort de Gurdjieff, en 1949 ; durant les trente années qui précèdent, l’enseignement fut essentiellement oral. En 1922, alors qu’Ouspensky, qui s’est désolidarisé de la personne de Gurdjieff mais non de sa pensée, anime déjà à Londres des cercles d’étude à l’orientation clairement théorique, le maître fait acheter à Avon, dans la forêt de Fontainebleau, un ensemble de bâtisses dénommé Le Prieuré des Basses-Loges où se rassemblent quantité d’élèves ainsi qu’une foule d’émigrés russes. Une vie communautaire s’instaure, faite de travail et d’activités manuelles éprouvantes, qui attire curieux et enthousiastes de tous âges et de toutes classes. Parmi eux, on croise Alfred Richard Orage, brillant autodidacte britannique fondateur de l’influente revue New Age, ou Katherine Mansfield, écrivain néo-zélandaise de notoriété mondiale qui mourra au Prieuré, persuadée d’avoir gagné l’immortalité, ou tout du moins le repos de l’âme ; même Aleister Crowley, l’infâme occultiste anglais fondateur du satanisme moderne, y fut reçu quelques heures avant de se faire éconduire comme un malpropre. Jusqu’à sa fermeture en 1935, le Prieuré est le centre de l’activité gurdjievienne. Orage commence, au début de l’année 1925, à enseigner aux États-Unis. Cette période est féconde autant que brouillonne : l’enseignement gagne chaque semaine de nouveaux adeptes des deux côtés de l’Atlantique, mais le maître est visiblement insatisfait. Il se brouille avec Orage et Ouspensky, navigue entre l’apparence du maître vénérable et mystérieux et celle du charlatan infréquentable. Alors que son enseignement est médiatiquement très exposé, il joue à brouiller les pistes, d’autant qu’il a commencé d’écrire Du tout et de tout. Après la fermeture du Prieuré, et en l’absence d’autre point de chute pour l’Institut, Gurdjieff s’installe à la fin des années trente dans un Paris bientôt soumis à l’occupation allemande. Là, dans son petit appartement, il pourvoit aux besoins des nécessiteux de tous bords grâce aux ressources du marché noir et inaugure un nouveau rituel, le « toast aux idiots ». Chaque soir ou presque, lors d’agapes surréalistes, chacun doit lever son verre aux quelque seize catégories d’idiots accessibles aux humains – Dieu étant l’Unique Idiot. À cette époque, le maître n’enseigne plus directement, se contentant en général de superviser de loin les groupes qui se réclament de lui. Quand il meurt, le 3 novembre 1949, il laisse derrière lui des centaines d’adeptes et une littérature abondante.

Il a laissé une empreinte profonde dans la spiritualité contemporaine. De nombreux mouvements, des plus ouverts aux plus sectaires, s’en réclament ou recyclent ses idées. Son influence musicale, à travers De Hartmann puis Schaeffer, le fondateur de la musique concrète, reste son legs le plus précieux.

En fin de compte, c’est bien en “Maître de danse” provocateur et éveilleur, que Gurdjieff aura marqué le plus durablement notre siècle.

G.-I. Gurdjieff : Figure hautement charismatique de la première moitié du XXe siècle, celui qui voulait qu’on se souvienne de lui comme d’un “maître de danse” déchaîne aujourd’hui encore la controverse. Très habile à confondre les indélicats, sachant prêcher outrageusement le faux pour forcer ses disciples à se mettre en quête de la vérité, perçu par les observateurs de passage comme par ses élèves les plus proches, tour à tour, comme le détenteur d’une sagesse profonde ou comme un illusionniste machiavélique, Georges Ivanovitch Gurdjieff n’a pas fini de provoquer les esprits

À lire :

  • Gurdjieff parle à ses élèves , éd. du Rocher.
  • Récits de Belzébuth à son petit-fils , éd. du Rocher.
  • Rencontres avec des hommes remarquables , éd. du Rocher.
  • La vie n’est réelle que lorsque « Je suis » , éd. du Rocher.
  • Fragments d’un enseignement inconnu , P. D. Ouspensky, éd. du Rocher.
  • Gurdjieff, J. Moore, éd. du Seuil : la meilleure biographie parue.

Monsieur Gurdjieff , Louis Pauwels, éd. Albin Michel.

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Pour une télévision ouverte au sacré

Posté par othoharmonie le 14 juillet 2014

 

par Yves Rasir

images (7)Nous souffrons tous de la médiocrité de la télévision et de l’aveuglement de ses dirigeants qui, pour de fausses vraies raisons d’Audimat, bloquent les projets qui pourraient apporter de vraies réponses aux êtres assoiffés de sens que nous sommes. Puisse l’entretien qui suit, témoignant d’une réussite médiatique différente – l’émission « Noms de dieux » du Belge Edmond Blattchen -, ouvrir des portes…

Média de l’immédiat, la télévision brasse l’écume des jours en négligeant souvent les courants profonds qui dirigent l’Histoire. Aux affamés de nourritures spirituelles, l’« Église Cathodique » donne rarement la chance de se rassasier. Jamais peut-être, la « folle du logis » n’a autant mérité sa réputation d’objet insensé, vecteur d’un redoutable décervelage. Mais l’envahissement du petit écran par la futilité connaît d’heureuses exceptions. En Belgique, l’émission «  Noms de dieux  » accueille chaque mois un personnage-clé de la pensée contemporaine, qui vient confier – longuement – sa foi et ses espoirs à Edmond Blattchen. Rencontre avec le journaliste créateur de cette émission publique, postée au carrefour des valeurs.

Nouvelles Clés : Quelle est la genèse de votre émission ?

Edmond Blattchen : Avant de présenter « Noms de dieux », j’ai animé pendant quelques années l’« Écran-Témoin », l’équivalent belge des « Dossiers de l’Écran ».

Dans ce rôle, j’ai eu l’occasion de me pencher sur des thèmes comme « Les juifs aujourd’hui », « Les nouveaux apôtres » ou « Les libre-penseurs ». Lors de ce dernier débat, deux participants avaient cité la phrase de Malraux : « Je pense que la tâche du prochain siècle, devant la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintégrer les dieux ». Ce fut le point de départ de ma méditation.

N. C. : On cite habituellement une autre phrase de Malraux : « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas »…

E. B. : On dit aussi « religieux » ou « mystique ».
Les deux intervenants voulaient précisément faire un sort à cette phrase qui, selon eux, n’a jamais été prononcée. J’ai fait des recherches personnelles et je n’ai effectivement jamais retrouvé, dans un texte de Malraux ou l’une de ses interviews, le propos qu’on lui attribue. Je ne prétends pas qu’il n’ait jamais dit cela, mais je dis que le propos qui se rapproche le plus et qui est certain, c’est la phrase citée ci-dessus. C’est un extrait d’un entretien accordé en 1955 à un hebdomadaire danois, qui interrogeait des intellectuels occidentaux sur le thème de l’apocalypse, dix ans après Hiroshima – entretien qui fut traduit et publié à l’époque par l’Express.

N. C. : Cette citation est donc à l’origine du projet ?

E. B. : Elle m’a beaucoup fait réfléchir – comme citoyen et comme professionnel des médias. L’évolution technologique du métier de journaliste nous prive de recul par rapport à l’information que l’on traite. Il m’a semblé important d’essayer d’introduire dans une grille de programmes télé, une émission de réflexion sur le siècle – celui qui se termine et celui qui va commencer -, une émission qui ne soit pas soumise au diktat du polaroïd, qui nous donne le temps de chercher du sens dans le tourbillon de l’actualité. De la secte japonaise Aoum aux scandales politiques belges et français, il y a tant d’événements qui posent aujourd’hui la question du sens ! Avec une curiosité teintée de scepticisme, la hiérarchie de la RTBF ( La télévision publique francophone belge) m’a permis deconcrétiser cette ambition.

N. C. : Une émission unique en son genre dans le paysage audiovisuel ?

E. B. : En toute modestie, je crois que oui. En Belgique comme en France, il existe des émission dites « concédées » aux catholiques, aux protestants, aux israélites ou aux musulmans. Petite particularité belge, nous avons aussi l’émission « La Pensée et les Hommes » produite par l’Action Laïque, la famille des libre-penseurs. Mais ce sont des émissions confiées, si je puis dire, aux différentes chapelles. Dans un esprit très « service public », « Noms de dieux » est un espace pluraliste, puisque tous les courants de pensée y sont représentés à travers les invités – qui ne sont pas seulement des penseurs patentés ou des figures de proue de telle ou telle institution, mais aussi des « artisans de la spiritualité » qui ne représentent qu’eux-mêmes. Je pense à une Annick de Souzenelle, à un Arnaud Desjardins ou à un Amin Maalouf.

N. C. : Et ce rendez-vous mensuel a trouvé son public ?

E. B. : Depuis sa création, l’émission a déménagé trois fois dans la grille. Son horaire a toujours été tardif, malgré quoi l’audience est satisfaisante dans un contexte concurrentiel acharné, puisque la Belgique est un pays câblé à 95 %, où l’on peut capter une trentaine de chaînes. Nous avons un public de fidèles qui regardent la plupart des émissions, les enregistrent, s’échangent les cassettes.

La RTBF les rediffuse plusieurs fois à différentes heures de la journée sur ses deux chaînes, et TV5 fait de même. Faibles à l’audimat, nous tirons notre épingle du jeu en audience cumulée. Cela transparaît clairement dans le volume de courrier. Nous recevons beaucoup de lettres de France, mais aussi de Grèce, du Liban, de Scandinavie, d’Arabie, des États-Unis…

Souvent émouvantes. Un correspondant algérien nous a écrit son bonheur d’avoir vu Eugen Drewermann, symbole d’une liberté d’expression impensable chez lui. Nous recevons beaucoup de témoignages de gratitude, mais la plupart nous écrivent parce qu’ils veulent en savoir plus.

N. C. : « Noms de dieux » est devenu une sorte d’ombudsman de la spiritualité, un « service-consommateur » pour les chercheurs de sens ?

E. B. : Ce serait prétentieux de dire ça. À notre petite échelle, nous faisons cependant office de « bureau d’information ». Exemple : un téléspectateur non juif nous demande s’il pourrait suivre des cours de Talmud. Nous le mettons en contact avec un cercle hébraïque qui organise des conférences. Après le passage du Dalaï-Lama, des tas de gens nous ont demandé des renseignements sur le bouddhisme tibétain et nous leur avons donné des adresses, des pistes de lecture. Tous les téléspectateurs peuvent nous commander la bibliographie complète de nos invités, généralement assortie d’ouvrages généraux.

Après Arnaud Desjardins, nous avons par exemple établi une liste d’ouvrages d’introduction à l’hindouisme et aux spiritualités orientales. Pas nécessairement des livres universitaires.

Cela peut être un Marabout-Flash, la collection « Points-Sagesse » du Seuil ou les collections « Spiritualités » d’Albin Michel… À chacun de poursuivre son chemin.

N. C. : Ce regardde l’Occident qui se tourne vers l’Orient est-il perceptible de votre poste d’observation ?

E. B. : Très nettement. Il y a un besoin, à mon sens très positif, d’exotisme – dans la spiritualité, comme dans le tourisme ou la gastronomie. Nos contemporains savent que la table ne se limite plus au steak-frites ou au cassoulet, mais qu’il y a d’autres goûts à portée de bouche. De même, ils s’intéressent aux traditions venues d’ailleurs. Les hommes et les femmes déçus par les réponses formelles et figées données par les Églises aux grandes questions de l’existence se tournent vers des spiritualités qui leur semblent plus tolérantes. Les gens d’aujourd’hui sont en attente, non pas de réponses définitives, mais de pistes possibles pour étancher leur soif de sens – sens de leur vie individuelle, de leur couple, leur pays, leur planète… -, avec le risque, c’est vrai, d’une dérive syncrétique empruntant sauvagement à différentes traditions. Je ne suis pas sûr qu’on élève l’art culinaire en mélangeant n’importe quels ingrédients. Mais c’est intéressant. Puisque nos estomacs prennent du plaisir à des saveurs contrastées, pourquoi nos esprits n’en feraient-ils pas autant ?

N. C. : Cette curiosité tous azimuts n’est-elle pas aussi une indice de confusion identitaire, en fin de compte peu productive ?

E. B. : Si, à force de chercher un sens à son existence, on se perd dans la fréquentation frénétique de courants de pensée comme on passe d’une auberge à l’autre, alors oui. Mais la quête de Dieu me semble beaucoup plus passionnante qu’auparavant, parce qu’elle nous invite justement au voyage. C’est fatigant, on peut y perdre la raison, traverser le désert, mais l’enjeu est à la mesure du périple. « Connais-toi toi-même et tu connaîtras les lois de l’Univers et des Dieux », disait Socrate. Je crois beaucoup à l’importance du travail intérieur. Se pétrir soi-même pour faire de soi une brique intéressante de l’édifice humain. Quand je vois l’itinéraire – que certains qualifieraient de « cahotique » – d’un Jean-Yves Leloup, on pourrait dire qu’il ne sait pas ce qu’il est. De l’hindouisme à l’orthodoxie en passant par chez les dominicains, il a vécu une spiritualité de boule de flipper. Mais en même temps, il a fallu qu’il parcoure ce labyrinthe pour se trouver lui-même.

N. C. : Votre émission n’est-elle pas inéluctablement élististe ?

E. B. : Je crois pouvoir répondre par la négative. Notre public n’est sans doute pas le même que celui d’un talk-show de TF1, mais nous recevons pas mal de lettres – très touchantes d’ailleurs – de gens peu scolarisés qui nous confessent leur ignorance, leur maigre bagage intellectuel. Beaucoup de téléspectateurs découvrent des invités pour la première fois. Notre mission de chaîne généraliste nous permet d’attirer des gens qui, sans cela, n’auraient jamais été en contact avec telle ou telle manière de penser.

images (8)Comme l’émission est pluraliste, les barrières entre religions s’effacent : les cathos regardent les réformés, les athées militants découvrent le bouddhisme… Je trouve cet intérêt (très moderne) pour la différence plutôt réjouissant. D’autre part, l’essentiel ne s’embarasse pas d’une formulation compliquée: quand je demande à l’abbé Pierre ce que signifie « aimer son prochain » et qu’il me répond : « Servir en premier le plus souffrant », mon petit garçon de dix ans comprend parfaitement !

N. C. : D’aucuns interprètent le renouveau spirituel comme la résurgence des vieilles angoisses millénaristes. On ne vous reproche pas d’exploiter ce créneau ?

E. B. : Cette idée ne m’a jamais animé. Mais il est clair que l’émission comble un besoin.

Le XIXe siècle était positiviste à tout crin. Le XXe siècle a cru pouvoir remplacer les religions par la science et on a prophétisé la mort de Dieu. Aujourd’hui encore, certains espèrent la victoire de l’homme sur la mort. Mais quand bien même la médecine y parviendrait, la question demeure : quelle vie et pour quoi faire ? En 1995, nous sommes confrontés à une surinformation de l’horreur. Plus on en sait sur le monde environnant, moins on en sait sur le monde intérieur. Si j’exploite le créneau de l’âme, je m’en félicite.

N. C. : L’ appétit spirituel qui marque notre époque ne révèle-t-il aussi pas une profonde inculture ?

E. B. : Certainement. En Angleterre, un enfant qui sort d’école primaire sait ce qu’est un musulman ou un bouddhiste, ou que les anglicans ne sont pas les seuls chrétiens. La culture religieuse devrait entrer beaucoup plus tôt dans les programmes scolaires. Il est inadmissible aujourd’hui d’avoir son bac sans savoir pourquoi un juif observe le Sabbat, ni ce qui sépare un sunnite d’un chiite. L’histoire de l’Église devrait faire partie de l’enseignement. Pourquoi des élèves n’iraient-ils pas visiter une mosquée, un ashram, une synagogue, un temple maçonnique ? Il faut démocratiser le savoir spirituel car les défis de demain réclament des hommes réellement tolérants. Or la tolérance est inséparable de la connaissance de l’autre.

Je redoute que l’ignorance n’aboutisse à nier les différences. Or, les médias ont une lourde responsabilité en faisant l’économie de la question spirituelle. Le danger existe de voir demain les Églises s’isoler dans des citadelles médiatiques. L’Église catholique songe par exemple à fonder sa propre chaîne de télévision par satellite. Si l’on veut éviter que les grandes multinationales de la spiritualité reprennent la direction des âmes, il faut respiritualiser l’information.

N. C. : Selon quels critères choisissez-vous vos invités ?

E. B. : Critère principal, le pluralisme : des gens d’ici et d’ailleurs, d’une confession ou d’une autre, des gens de terrain et des représentants officiels, des croyants et des non-croyants… Mais je n’aime pas cette expression : des gens qui ne croient en rien, ça n’existe pas.

Un homme sans Dieu est-il pour autant un homme dépourvu de foi ? Je fais encore partie de la génération qui allait au cours de religion pendant que les « mécréants » restaient dehors. Cette vieille dualité me paraît profondément injuste. J’ai découvert des libre-penseurs pétris de spiritualité, comme Georges Van Hout, un homme extraordinaire qui a animé pendant quarante ans les émissions laïques de la télévision belge. À l’inverse, il y a dans les Églises des matérialistes quis’ignorent, des « fonctionnaires de Dieu », comme dirait Drewermann. Il est temps d’en finir avec les stéréotypes !

N. C. : « Noms de dieux » affiche la couleur mais ne se cantonne pas dans les hautes sphères de la métaphysique…

E. B. : Le magazine se définit comme un mensuel de réflexion sur l’avenir de nos systèmes de valeurs. Il y a place pour la philosophie au sens large, la morale, la religion, mais aussi l’économie, la politique, l’écologie… Au nom de quel idéal vais-je agir en tant qu’électeur ? Quelles valeurs influencent mon comportement de consommateur ? En faisant cette émission, j’ai l’impression de parler de la vie de tous les jours. Si la spiritualité sert à savoir si Platon est mieux que Socrate ou Luther meilleur que Saint-Augustin, cela n’a aucun intérêt. Du moins à la télévision. C’est pourquoi j’ai un faible pour les invités qui incarnent très concrètement les valeurs qu’ils défendent.

N. C. : Hors de l’action point de salut ?

E. B. : Je ne dénigre absolument pas la contemplation qui est une dimension importante de la spiritualité chez les carmes, les chartreux ou les soufis. Mais une spiritualité qui se désintéresse du prochain me semble complètement dénaturée. Finalement, le grand message de toutes les traditions est identique : la compassion chez les bouddhistes, la charité chez les juifs et les chrétiens, la fraternité chez les francs-maçons… Croire en Dieu, c’est très facile.

La question la plus difficile, c’est : est-ce que je crois en l’Homme, est-ce que je suis capable d’aimer mon prochain ? Et mon prochain, ce n’est pas seulement le SDF à qui on fait l’aumône. C’est le collègue de bureau antipathique, l’automobiliste qui vous fait une queue de poisson, le conjoint infidèle. Ce qui me dérange dans les spiritualités New-Age, c’est leur côté narcissique, centré sur l’épanouissement personnel. Bien sûr, il est illusoire de vouloir aimer les autres sans s’aimer soi-même. Mais un individu solitaire n’est pas solidaire. Aussi, les tentations très actuelles pour la pure mystique m’inquiètent un peu ; quand je vois des jeunes files se shooter aux chants attribués à Sainte-Hildegarde, je m’interroge. Par contre, j’aime beaucoup la cohérence des jésuites qui conjuguent constamment la prière et l’action.

N. C. : Sur votre plateau, avez-vous eu l’impression de rencontrer des sages ?

E. B. : Je pense que le Dalaï-Lama est un sage. Qu’Arnaud Desjardins ou sœur Emmanuelle sont des sages. Je ne dis pas que les autres ne le sont pas. Mais dans le sens oriental, le sage est celui qui arrive à surmonter des passions empoisonnantes telles que la jalousie, l’envie, le mesquinerie. Comment ne pas voir à travers le Dalaï-Lama quelque chose qui est de l’ordre de la sagesse absolue ? Sérénité ne veut pas dire passivité ni pacifisme radical.

Quand l’abbé Pierre dit « ta gueule » à Jean-Marie Le Pen, il ne perd pas, pour moi, sa qualité de sage. La sagesse, à mon sens, c’est ne jamais renoncer à aimer l’autre.

N. C. : Avez-vous vécu, en compagnie de vos invités, desmoments de grâce ?

E. B. : J’en citerai un seul qui s’est déroulé hors-antenne. Lorsque le Dalaï-Lama s’est levé à la fin de l’émission, il est allé saluer individuellement chaque membre de l’équipe. Depuis la maquilleuse jusqu’au cameraman en passant par le porteur de câble. De la même manière, il a adressé à tous le même sourire, la même gentillesse. C’est à des moments pareils que l’on mesure l’incarnation du bien. Cette idée que l’obscur, le sans-grade, celui qu’on n’entend ni ne voit jamais, est aussi important. Que chacun est égal à chacun. Pour moi, c’était aussi le signe de la parfaite harmonie entre l’idéal et la personne du leader tibétain.

images (9)N. C. : Hostile envers les étiquettes, pourquoi acceptez-vous celle d’agnostique ?

E. B. : Je l’accepte si l’on s’entend sur les mots.
Quand Paul Ricœur dit qu’il est agnostique et croyant, il surprend beaucoup de monde, mais il ne commet pas de contresens. Il veut dire par là qu’il met des limites à sa foi mais qu’il ne renie rien de son passé protestant.

Beaucoup croient que l’agnosticisme consiste à déclarer que la raison est inapte à saisir l’être de Dieu et donc qu’il est vain d’en chercher la présence. Au contraire, l’agnostique peut être celui qui accepte les limites de son intelligence, n’adhère à aucune vérité révélée mais refuse de s’arrêter dans sa quête de sens. Oui, je pense que Dieu est hors de portée mais je fais le pari de Pascal. Il y a quelques années, je ne faisais pas ce pari. J’ai beaucoup évolué.

Renseignement : Edmond Blattchen

Noms de dieux – RTBF – Palais des Congrès B-4020 Liège

La Vie devant Soihttp://devantsoi.forumgratuit.org/

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L’Ultramodernité du spirituel

Posté par othoharmonie le 14 juillet 2014

 

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par Marc de Smedt et Patrice van Eersel

Nouvelles Clés interroge Frédéric Lenoir sur sa formidable fresque d’histoire et de psychosociologie du phénomène religieux : Les Métamorphoses de Dieu (éd. Plon).

Nouvelles Clés : Dieu n’est pas mort, dites-vous, il se métamorphose. Le sacré prend de nouveaux visages… ou bien revêt des habits très anciens, mais dans tous les cas, le résultat est, selon vous, que nous vivons actuellement “ l’une des plus grandes mutations religieuses que l’homme ait jamais connues. ” Une mutation qui nous mettrait en résonance avec le 16ème siècle et la Renaissance, c’est-à-dire avec les débuts de la modernité, que vous prenez soin de distinguer de ses développements ultérieurs. Il y aurait eu plusieurs modernités ?

Frédéric Lenoir : Que sont les premiers modernes ? Des gens comme Pic de la Mirandole, pour qui l’homme doit être parfaitement libre de ses actes et de ses choix, y compris de ses choix religieux – ce qui, à l’époque, est une révolution considérable -, chacun doit exercer sa raison, son esprit critique… mais cela ne le ferme pas au sacré, bien au contraire ! L’être libre, conscient de son incomplétude, est en quête de quelque chose de plus grand que lui.

Il se passionne pour toutes les sciences, toutes les langues, toutes les traditions. Il relit la Bible, plonge dans la kabbale, expérimente l’alchimie, l’astrologie et tous les langages symboliques qu’ont explorés les cultures humaines et dont il découvre, ébloui, qu’ils sont à sa disposition. Cette émergence à la liberté de conscience, ce désir de tout expérimenter, s’accompagnent d’une immense soif de tolérance. Là, nous trouvons Montaigne, qui sait allier ses convictions catholiques profondes avec une acceptation des opinions les plus différentes, voire les plus opposées à la sienne.

Cette modernité première, je pense que nous sommes en train d’en retrouver l’esprit en ce moment même, mais riche de cinq siècles de folle traversée – d’où ma proposition de l’appeler “ultra-modernité” : ce n’est pas une “post-modernité” qui serait en rupture avec les idéaux de la Renaissance, bien au contraire : la caractéristique n°1 n’a pas changé, c’est l’autonomie du sujet, l’individu reste LA référence. En revanche, je la distingue d’une modernité seconde, qui a lentement émergé au 17ème siècle, s’est affirmée au 18ème, pour devenir hégémonique au 19ème… Avec Descartes en effet, on scinde le monde en deux : d’un côté la foi en Dieu, l’imaginaire, le symbolique, qui deviennent des affaires privées, sans prise sur le monde physique ; de l’autre côté, la science, en pleine ascencion, qui étudie une nature désenchantée, habitée par des hommes-machines doués de raison, et qui va prendre le pouvoir. Ce deuxième temps de la modernité est systématisé par les Lumières. Kant ou Voltaire sont aussi croyants que Descartes, mais leur Dieu, lointain et froid architecte de l’univers, n’a plus qu’un ascendant moral sur les hommes. Leur quête principale, guidée par la raison, entièrement accaparée par une laïcisation du décalogue (la loi kantienne) et par la recherche scientifique, n’a plus rien à faire du symbolique ou de la Kabbale. Un siècle plus tard, le scientisme règne, moteur des grands systèmes athées et aboutissement logique de la scission entre foi et raison. Feuerbach, Marx, Nietzsche, Freud, chacun à sa façon, tirent la leçon des Lumières: si le “grand architecte” n’a plus de rapport réel avec le monde, si l’on ne peut même plus raisonner sur lui, c’est donc quon peut se passer de lui, il n’est plus qu’une idole ! C’est l’apothéose du mythe de la modernité. Sa caricature. L’homme ne se rend pas compte qu’il se coupe de la nature, de son corps, pour ne plus être qu’une sorte de cerveau qui, finalement, a réponse à tout et peut apporter le bonheur à l’humanité entière. L’illusion du progrès rationnel triomphe avec le marxisme et ses lendemains radieux… Là-dessus, l’humanité se prend sur la figure le siècle le plus violent de l’histoire humaine – d’Auschwitz au clonage, en passant par le Goulag et Hiroshima – et nous nous retrouvons, à l’aube du troisième millénaire, à nous interroger.

Remettre en cause les fondements de la modernité, à commencer par la liberté individuelle ?

Certainement pas. Mais revenir sur la coupure entre l’humain et la nature, entre l’esprit et le corps, entre la raison et l’émotion ? Certes oui.

La nouvelle modernité est donc modeste et mûre. Adulte. Tolérante. C’est-à-dire qu’elle accepte les limites du rationnel, du scientifique, de la technologie, et du coup, le sacré redevient possible. C’est d’ailleurs pourquoi j’estime que les chercheurs qui ont travaillé sur l’imaginaire, sur le mythe, sur les archétypes, etc., Carl G. Jung, Mircea Eliade, Gilbert Durand ou Edgar Morin, sont ceux qui ont le mieux compris de qu’était l’essence de la modernité débarrassée de son propre mythe. Ils ont su nous rendre la dimension dont nous avions été amputés.

N. C. : Comme si un cycle se bouclait ? C’est vrai que, depuis une trentaine d’années, nous avons souvent l’impression de vivre une Renaissance – avec ses bons et ses mauvais côtés : ouverture à toutes les explorations possibles et transdisciplinarité, métissages de cultures, mais aussi guerres de religions et mise en esclavage de peuples entiers…

F. L. : Les trois vecteurs de la modernité au 16ème siècle n’ont jamais été aussi présents qu’aujourd’hui : individualisme, raison critique et mondialisation. Ils sont même en régénérescence partout. Pourquoi ?

Parce qu’on a quitté le mythe de la modernité triomphante. Le scientisme, qu’il soit libéral ou marxiste, s’écroule. C’était une utopie. Du coup, l’esprit critique se réveille et, au contact du réel, s’aperçoit que celui-ci est beaucoup plus complexe que ce qu’on croyait. Nous redécouvrons la distinction que faisaient les anciens de la scholastique thomiste entre la ratio et l’intellectus : la première, c’est la logique pure, mathématique, alors que le second intègre, à la façon orientale, la sensibilité, l’émotion, la contemplation. Aujourd’hui, de tous bords – de la recherche scientifique au monde de l’entreprise – nous arrive l’idée qu’il faut remplacer l’intelligence froide et corticale par une intelligence plus vivante, plus émotionnelle : les neuropsychologues disent même que nous avons plusieurs cerveaux, liés à notre ventre ou à notre cœur ! Et nous nous apercevons que l’on peut parfaitement vivre dans l’autonomie, dans la raison critique, tout en avançant dans une quête de sens enracinée dans l’expérience du corps. En toutcela, nous rejoignons la première modernité de la Renaissance.
Un Pic de la Mirandole se sentirait parfaitement à l’aise aujourd’hui !

Maintenant, parlons des nouvelles guerres de religions. La plupart des médias prennent tout à l’envers. Ils disent : “Aujourd’hui, ce qui domine dans les religions, c’est l’intégrisme, le fanatisme, la violence.” Mais non ! Ouvrons les yeux : ce qui domine, par-delà l’incendie des apparences, c’est juste l’inverse ! Partout, dans toutes les cultures, inexorablement, les gens s’approprient le religieux, chacun à sa façon. Y compris dans l’islam : du Maroc à l’Indonésie, en passant par l’Iran, les jeunes veulent pratiquer leur religion librement, parfois sans bien s’en rendre compte. C’est cela qui, au fond, dans toutes les religions, rend folle la très petite minorité des intégristes, prêts à des actes d’une violence inouie plutôt que d’accepter l’évolution vers la liberté. Que cette dernière se dresse contre la domination culturelle de l’Occident est une autre histoire – ou contre celle des aînés : ainsi peut-il arriver que des jeunes filles revendiquent de porter le voile pour défier leurs parents, telles les deux sœurs d’Aubervilliers, dont le père est un juif athée et la mère une catholique kabyle !

N. C. : Les intégristes eux-mêmes n’inventent-ils pas des formes totalement inédites, par plus fidèles, par exemple, à l’islam originel, que les nazis ne l’étaient à la culture germanique préhistorique ?

F. L. : Bien sûr, il y a reconstruction. Et ce n’est pas un hasard si les premiers “barbus” algériens sortaient plutôt de facultés de science ou d’institut de technologie que d’écoles de théologie ou de philosophie : leur “ retour aux origines ” est souvent autodidacte, ignorant et fantasmatique. De toute façon, sur le très long terme, ce que l’on retiendra de notre époque dans l’évolution du religieux, c’est le passage des grandes traditions culturelles dépendant de groupes, d’ethnies, de nations… à des pratiques personnelles, d’individus désireux de s’approprier le sens. Ils peuvent rester catholiques, juifs, musulmans – ce sera une appartenance culturelle. Mais ils vont vivre ce catholicisme, ce judaïsme ou cet islam chacun à sa manière. C’est une révolution colossale. Et une crise considérable pour les Églises.

Les deux tiers des Européens et les trois quarts des Américains se disent croyants, mais de moins en moins pratiquent.

Or, ce mouvement semble sans retour…

N. C. : Si chacun se bâtit un “ kit religieux ” à sa mesure, la confusion syncrétique sera totale…

F. L. : D’abord, aucune religion n’a échappé au syncrétisme. Le bouddhisme est un syncrétisme. Et le christianisme, formidable mélange de foi juive, de droit romain, de philosophie grecque ! Et l’islam donc, alliage extraordinaire de croyances arabes anciennes et d’emprunts judaïques et chrétiens ! Toutes les religions sont syncrétiques. Seulement, il y a deux types de syncrétismes. Le premier élabore une nouvelle cohérence en se confrontant aux contradictions, ou aux accélérations, que sa combinaison singulière apporte. Le second demeure dans la mollesse d’un collage non digéré. Inintelligent. Inorganique. Sans colonne vertébrale. D’où le défi redoutable de la modernité : à chaque individu de savoir organisersa propre cohérence, et ceci dans un monde où l’“offre religieuse” devient pléthorique et où les possibilités de collages confus se multiplient.

N. C. : Vous disiez qu’un Pic de la Mirandole se sentirait à l’aise aujourd’hui. Avec son éclectisme et son goût pour le merveilleux, on le retrouverait donc dans les réseaux New Age – auquel vous consacrez d’ailleurs un chapitre central dans votre livre, pour le meilleur et pour le pire !

F. L. : Sauf que Pic de La Mirandole et les grands humanistes de la Renaissance avaient une exigence intellectuelle que n’ont pas la plupart de ceux que l’on regroupe, souvent avec condescendance, sous le terme de “New Age” – syncrétisme, il faut dire, particulièrement mou, en particulier aux États-Unis. La confusion mentale me semble l’un des principaux défauts de ce mouvement – les deux autres étant l’égotisme (le monde ramené à mon bonheur) et le relativisme (l’idée paresseuse que toutes les croyances se valent à travers l’espace et le temps).
Cela dit, je trouve l’intention du New Age très bonne : elle consiste à aller chercher dans toutes les traditions ce qui peut nous parler et nous permettre de vivre une expérience d’éveil. Mais l’expression New Age me semble avoir fait son temps. Je lui préfère “Réenchantement du monde”, où je vois le meilleur de cet élan très vaste, qui joue en effet un rôle capital dans l’ultra-modernité spirituelle. De quoi s’agit-il ?

Le premier à avoir parlé du “désenchantement du monde” est Max Weber. Pour lui, le processus était fort ancien, puisqu’il le faisait démarrer avec la Bible et la propension des juifs à rationnaliser le divin. Je ne suis pas d’accord, mais une chose est sûre, c’est qu’avec la “modernité seconde” dont je parlais tout à l’heure, celle du “Grand Horloger” des philosophes des Lumières, le monde a peu à peu perdu son immense aura magique – ce qui a contribué à éteindre toutes sortes de correspondances liant les gens à la nature, au vécu, au corps. Ce désenchantement a atteint un paroxysme au 20ème siècle. Jusqu’à la nausée de la société de consommation, où tout est observable, manipulable, déchiffrable, rationnalisable, marchandisable… Mai 68 peut être décrypté comme un besoin de réenchantement. Mais bien avant, c’est tout le mouvement romantique ! Dès le 18ème siècle en effet, certains esprits refusent le “refroidissement” de la modernité cartésienne ou kantienne.

Un Goethe, par exemple, a clairement l’intuition des dangers de la modernité scientiste. Plus tard un Lamartine aussi. Ou un Hugo. Ceux qui chercheront le plus à réintroduire le sens du mythe, de l’imaginaire et du sacré, à réhabiliter cette partie de l’homme niée par les Lumières, sont certainement les grands romantiques allemands, de Novalis aux frères Grimm. Mais la révolution industrielle commence à peine et les romantiques – au rang desquels il faut compter les premiers écologistes américains, Thoreau, Emerson, etc.- sont relégués dans la catégorie des poètes inoffensifs. Si bien que le message philosophique dont ils sont porteurs va passer à d’autres types d’acteurs sociaux : les cercles ésotériques de la fin du 19ème siècle, dont la Société théosophique est l’une des expressions les plus abouties – avec le prolongement antroposophique de Rudolf Steiner…

N. C. : Steiner, que vous n’hésitez pas à comparer à Pic de la Mirandole, encore lui…

F. L. : Mais oui, c’est un personnage étonnant, dont l’éclectisme rappelle l’esprit de la Renaissance ! Et donc le New Age – le Réenchantement du Monde – ne sort pas du néant : il s’inscrit dans un courant historique précis. Un courant qui aujourd’hui rejaillit un peu partout à la surface et qu’à mon avis, on ne peut pas bien analyser selon les grilles de la sociologie religieuse globale, mais selon celles d’une psychosociologie qui est à inventer. Je trouve en effet que les anciennes catégories – catholicisme, judaïsme, libre-pensée, athéïsme… ou new age – sont trop réductrices et laissent échapper l’essentiel.

Quand on analyse le vécu réel, la phénoménologie religieuse contemporaine nous montre qu’au fond, il y a deux types de religiosités, qui traversent toutes les autres catégories : la première ouverte, la seconde fermée. Cette dernière regroupe tous ceux qui ont vitalement besoin de certitudes et de vérités absolues : on y retrouve les fondamentalistes, les intégristes, les orthodoxes d’absolument toutes les religions – et cela comprend bien sûr une nuée de sectes, mais aussi les athées militants. Alors que la première catégorie concerne des individus qui, tout en vivant une relation profonde au sacré, assument l’incertitude de la modernité parvenue à maturité, qui implique du doute et une quête permanente : il ont des convictions, mais se disent qu’elles sont peut-être provisoires et que des convictions différentes peuvent être aussi légitimes – et cela comprend donc de nombreux agnostiques en recherche. Et vous remarquerez ceci : tous les gens de religiosité ouverte s’entendent bien entre eux, quelles que soient leurs traditions. Même chose d’ailleurs pour ceux de religiosité fermé – même si leur façon de “ bien s’entendre entre eux ” peut être de se haïr et de se faire
la guerre, comme les intégristes protestants façon Bush et les intégristes musulmans façon Ben Laden.

N. C. : Je suppose que vous vous situez vous-même dans la catégorie ouverte… Pourriez-vous nous dire deux mots de votre propre parcours ?

F. L. : J’ai eu la chance de grandir dans un milieu familial d’un catholicisme très ouvert, non pratiquant mais en grande recherche morale. Mon père est un proche de Jacques Delors et du courant personnaliste. Je lui dois énormément. J’avais treize ans, quand il m’a offert Le Banquet de Platon. J’ai tout de suite été passionné par la philosophie. Jusqu’à 17 ans, les présocratiques, Épicure, les stoïciens, Aristote ont merveilleusement répondu aux questions existentielles que je me posais. J’ai alors éprouvé le besoin de me tourner vers l’Orient et ce fut de nouveau – via Arnaud Desjardins – un voyage extraordinaire, jusqu’à ma découverte de Chogyam Trungpa et des bouddhistes tibétains, et aussi des mystiques, Maharishi, Shankara, etc. Arrivé là, je me suis dit qu’il était déraisonnable de ne rien savoir de Jung. La lecture de ce dernier m’a poussé à me

plonger dans l’astrologie – qui tient un formidable discours symbolique sur l’homme – et dans l’univers prodigieux des mythologies et des lois de synchronicité qui les régulent. J’avais alors 19 ans et j’étais passionné par toutes les religions, sauf le catholicisme. Pour moi, c’était vraiment la dernière des traditions qui pouvaient m’intéresser ! Je trouvais ça puritain, bloqué, nul, bref “catho”. Ce qui m’est arrivé alors était totalement imprévisible. J’avais accepté l’idée de passer quelques jours dans un monastère cistercien breton, pour expérimenter l’écriture dans le silence. Un lieu superbe, où je me suis tout de suite senti très bien, parmi des religieux et des religieuses qui respiraient la santé et l’intelligence. J’ai commencé à travailler quand un malaise a soudain surgi. Un malaise grandissant, qui m’a donné une furieuse envie de partir. J’étais sur le point de le faire, quand ma conscience m’a mis au défi de trouver une explication à ce qui se passait. Mon goût du défi et un certain amour propre m’ont donc fait rester.

À quoi devais-je donc me confronter ? Une vieille Bible poussiéreuse traînait là. Je l’ai ouverte au hasard et suis tombé sur le Prologue de Saint Jean. À peine avais-je commencé à le lire que le ciel m’est tombé dessus : pleurant toutes les larmes de mon corps, j’ai senti monter en moi un amour incroyable. J’avais envie d’embrasser le monde entier ! J’avais vingt ans. Je venais de rencontrer le Christ cosmique dont parle Saint Jean. Vingt ans plus tard, je puis dire que ce qui s’est inscrit en moi ce jour-là est indélébile.

N. C. : On vous connaît pourtant surtout pour vos écrits sur le bouddhisme !

F. L. : C’est que mon parcours intellectuel, lui, a continué, en philosophie et en sociologie.

Ma thèse sur “ le bouddhisme et l’Occident ” était une façon de mettre mes centres d’intérêt en confrontation. Sur le plan conceptuel en effet, il n’y a pas plus différent que bouddhisme et christianisme. C’était parfait. Je vais toujours vers le contraire de ce que je crois pour mettre mes convictions à l’épreuve. J’ai donc exploré deux univers étrangers l’un à l’autre, qui m’ont nourri à des niveaux différents. Mais je n’ai pas bougé dans ma conviction profonde. Je prie le Christ tous les jours.

N. C. : Un Christ un peu abstrait… ?

F. L. : Oh non ! le Jésus des Évangiles, dont je crois qu’il est en même temps un Christ qui dépasse toutes les religions, y compris la révélation chrétienne : le Logos qui éclaire tous les hommes et s’est incarné à un moment donné sous cette forme. C’est pourquoi je me dis chrétien. Sinon, je serais agnostique. Cela dit, je pratique aussi la méditation zen, tout simplement parce qu’elle m’aide à me déconnecter des soucis, du mental agité. Depuis vingt ans, tous les jours, je prends donc la posture et pratique une respiration… un peu indienne, en fait ! Puis je me mets en présence du Christ, j’ouvre l’Évangile, je lis un passage et enfin je prie, face à une petiteicône. Pour moi, le religieux se définit fondamentalement par la pratique et l’expérience de plusieurs niveaux de réalité…

N. C. : … dont le centre est là, en nous, et pourtant nous échappe toujours ?

F. L. : Notre conception du “centre”, c’est-à-dire de Dieu, a considérablement évolué en quelques générations. Pour un nombre croissant de nos contemporains, le divin se conçoit désormais beaucoup plus dans une sorte d’immanence, d’intimité extrême. Et en même temps, paradoxalement, nous sommes allés chercher en Orient des catégories philosophiques comme la “vacuité” ou le “dépassement de la dualité”, qui nous ont permis de repenser le monothéisme de façon plus parlante, mais aussi plus impersonnelle. Nous y avons d’ailleurs retrouvé toute une approche de la religiosité alternative occidentale : celle de Maître Eckhart ou les mystiques néo-flamands, pour qui Dieu est avant tout ineffable et ne peut se définir que négativement, par tout ce qu’il n’est pas.

Ce qui nous ramène à cette caractéristique de l’ultramodernité : l’acceptation de l’incertitude, avec une maturité suffisante pour ne pas nous paniquer face à l’idée d’Inconnaissable.

N. C. : On sent bien cette exigence de l’Orient vis-à-vis de l’Occident dans le mouvement
“jew-bu , ou les bouddhistes rappellent aux juifs que l’ineffabilité du Tétragramme n’est pas
un détail.

images (6)F. L. : L’exigence est indispensable. On critique volontiers la France pour sa fermeture d’esprit, son intolérance, son scepticisme. Mais je pense qu’elle peut jouer un rôle important dans l’émergence de la nouvelle spiritualité, précisément parce qu’elle ne gobe pas tout – comme le fait par exemple le Brésil, où la confusion des mélanges peut atteindre des sommets inimaginables. Nous sommes assez vaccinés contre les amalgames fous.
Du coup, si quelque chose passe chez nous, c’est du sérieux !

À lire de Frédéric Lenoir :

Les métamorphoses de Dieu , éd. Plon

  • Rencontre du bouddhisme et de l’Occident , éd. Albin Michel
  • La promesse de l’ange , avec Violette Cabesos, éd. Albin Michel
  • Mal de terre , avec Hubert Reeves, éd. du Seuil

Le livre des sagesses et Encyclopédie des religions , avec Ysé Tardan-Masquelier, éd. Bayard

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Tendances qui changent le monde

Posté par othoharmonie le 11 juillet 2014

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Partout dans le monde, des initiatives émergent, révélatrices d’une prise de conscience ou d’une volonté d’explorer d’autres réalités. Médecine holistique, yoga, sagesse, chamanisme, médiumnité… Rendez-vous dans 11 pays, à la découverte de 11 tendances. Grand format.

Royaume-Uni : le yoga, signe de réussite sociale

C’est un article du Times qui le dit : en Grande-Bretagne, les signes de réussite sociale ne sont plus les sacs de designers italiens, mais l’entretien de sa forme. « Rien ne dit plus le succès que de courir 10 kilomètres en moins de 47 minutes » ou de pratiquer le yoga deux fois par semaine, écrit la journaliste Farrah Storr en février 2013.

Bras ciselés, moral harmonieux… Aujourd’hui, près de 400 000 britanniques pratiquent régulièrement le yoga, sous la conduite de plus de 10 000 professeurs. Selon Jonathan Satin, manager de Triyoga, le plus grand centre de yoga du Royaume-Uni, l’intérêt ne cesse de se développer depuis cinq ans. « Nous avons commencé en 2000 dans le quartier londonien de Primrose Hill avec 65 ou 70 cours par semaine, explique-t-il. Aujourd’hui, nous en avons 100. Nous venons aussi d’ouvrir une succursale à Covent Garden. Cette croissance devrait se poursuivre. Aux Etats-Unis, le nombre de pratiquants augmente de 25% par an ! » A condition de continuer à proposer un enseignement de qualité – « c’est la clé. »
Face à un tel engouement, une offre spécifique pointe son nez : celle du yoga au bureau. A Londres, la société Yoga4Business propose des cours de yoga et de méditation en entreprise, collectifs ou particuliers.« Le but du yoga est d’équilibrer le corps et l’esprit », afin d’être mieux dans sa vie, y compris professionnelle, rappellent les créateurs de Yoga4Business. « Des études réalisées en Grande-Bretagne en 2011 montrent que le yoga renforce le bien-être émotionnel, la vitalité et la résistance au stress – première cause d’arrêts maladie longue durée au Royaume-Uni. Ces absences, et la baisse de productivité qu’elles induisent, coûtent 26 milliards de pounds par an à l’économie britannique. Si les entreprises apportaient plus d’attention et de soutien moral à leurs salariés, ces coûts pourraient diminuer d’un tiers. » Bientôt des tapis de yoga à la place des machines à café ?

Russie : Médium Academy


Tous les samedis, la France s’enthousiasme pour The Voice. Le vendredi soir en Russie, un programme teste aussi les meilleures voix… venues de l’au-delà. Diffusée sur la TNT, la Bataille des médiums en est à sa treizième saison. Issus d’un casting réalisé aux quatre coins du pays, où accourent 5000 candidats, treize médiums confrontent leur efficacité. Retrouver un objet ou une personne perdue, décrypter le passé, prédire l’avenir : lequel fera preuve des capacités les plus extraordinaires ?

Quand il publie Transurfing en 2010, le physicien russe Vadim Zeland surfe-t-il aussi sur l’intérêt de ses compatriotes pour les mystères du psychisme ? Son originalité est de proposer une technique de développement personnel fondée sur les lois de la physique quantique. Puisque selon cette nouvelle perspective scientifique, la réalité n’a pas d’existence matérielle figée, le champ des possibles est infini, l’intention de l’observateur influe sur le résultat observé, nous détenons le pouvoir de modeler nos vies. Je pense donc je créé ? En Russie, le livre rencontre un succès phénoménal. Deux tomes suivent en 2011 et 2012, tous sont traduits et édités à l’étranger.

Produit en 2010, le documentaire russe Water, le pouvoir secret de l’eau bouscule aussi les frontières de la science. La réalisatrice Anastasyia Popova y explore les facultés de l’eau à garder l’empreinte des influences extérieures. « On a remarqué que les émotions positives augmentent les propriétés énergétiques de l’eau et les stabilisent, alors que les émotions négatives les réduisent », y témoigne par exemple Konstantin Korotkov, professeur de physique à l’Université de Saint-Pétersbourg… En Russie comme ailleurs, l’heure est venue de nourrir l’intérêt du public « d’informations sérieuses et de clés de compréhension », dit le portailOsoznanie.org.

Inde : le retour de la conscience

« Tous les jours on voit fleurir de nouveaux livres et programmes télé sur la conscience. Le bien-être est devenu un business, chacun y va de sa pratique », témoigne la journaliste indienne Rathi Menon. La philosophie et les techniques spirituelles de l’Inde ont nourri le monde ; après s’en être longtemps détournée pour favoriser un modèle de réussite matérielle à l’occidentale, la population locale semble redécouvrir son patrimoine. « C’est l’engouement du moment ! » sourit Rathi Menon.

Elle-même partie fait de la communauté d’Osho. « Un médecin m’a recommandé un de ses livres, au moment où des problèmes de santé récurrents m’avaient plongée dans une profonde dépression », raconte-t-elle. La journaliste se traîne jusqu’à une librairie, se plonge dans l’ouvrage… C’est la révélation. Sans y perdre son indépendance d’esprit, elle trouve dans les conseils du gourou et dans la pratique de la méditation une force de vie, une intelligence du monde, un art de le considérer avec amour et empathie.

Comme elle, de plus en plus d’indiens, au gré de l’essor économique et de l’apparition du stress, retrouvent le chemin des enseignements spirituels et des techniques de transformation intérieure. « Notre ambition est d’aider les gens à expérimenter et exprimer leur part divine », indique Sadhguru Jaggi Vasudev, fondateur de la très en vogue Isha Foundation. En remettant au goût du jour la pratique du yoga physique, de la méditation, de la respiration… « Le souffle a des trésors à révéler, confirme Sri Sri Ravi Shankar, leader de Art of Living, pilier du développement personnel en Inde. Durant notre sommeil nous évacuons la fatigue, mais pas les tensions ancrées plus profondément. La respiration nettoie notre système de l’intérieur. »
Dans un pays où les rapports sociaux restent durs, les nouveaux gourous tentent aussi d’éveiller les consciences au respect, en intervenant auprès de politiciens, de dirigeants d’entreprise, de détenus ou d’agriculteurs. « L’engouement ne suffit pas, il doit s’incarner et porter ses fruits au quotidien », rappelle Rathi Menon.

Brésil : l’au-delà fait son cinéma

Depuis Central do Brasil et la Cité de Dieu, le cinéma brésilien peinait à attirer les foules. 2010, nouveau souffle : un blockbuster sur la police d’élite de Rio explose le box-office, de même qu’un film sur une bourgeoise qui s’encanaille… et deux autres sur l’au-delà et la médiumnité.
Le premier, Chico Xavier, retrace le parcours du plus célèbre médium brésilien, depuis son enfance jusqu’à sa mort : ses premières visions, son ascension, son dévouement, sa générosité, les séances de psychographie où il reçoit des lettres dictées par des défunts… 3,6 millions de spectateurs en six semaines.
Le second, Nosso Lar (notre demeure), est l’adaptation du livre le plus célèbre de Chico Xavier. Il retrace la découverte de la vie post-mortem et du monde spirituel par le médecin André Luiz, tel qu’il les aurait lui-même décrites, depuis l’au-delà, à Chico Xavier. Le film dépasse les 4 millions d’entrées – soit plus qu’Avatar au Brésil.
Pour Christian Boudier, directeur de projets audiovisuels à Rio et ex-journaliste au Film Français, ces succès sont symptomatiques de « l’ancrage profond du spiritisme dans la culture et la société brésiliennes ». Car si cette « science de la nature, du destin des esprits et de leurs relations avec le monde corporel » (dixit un pratiquant) est née en France au XIXe siècle, elle s’est surtout développée au Brésil, où la médiumnité et le culte des esprits ont toujours fait partie du paysage.
Jusqu’à y compter aujourd’hui six millions d’adeptes et vingt millions de sympathisants. « Il existe des associations de journalistes spirites, de juristes spirites, de médecins spirites », indique le Dr Giancarlo Lucchetti, membre de l’une d’elles. Et de cinéastes spirites ? En 2011, ont fleuri sur les écrans brésiliens O filme dos espiritos (Le film des esprits), histoire d’un homme qui reprend goût à la vie grâce au Livre des esprits d’Allan Kardec, et As mães de Chico Xavier (Les mères de Chico Xavier), parcours de trois femmes en détresse dont les routes se croisent auprès du célèbre médium.

Suisse : les guérisseurs s’affichent

Saviez-vous qu’en Suisse, l’un des plus gros succès en librairie de ces dernières années était le guideGuérisseurs, rebouteux et faiseurs de secrets en Suisse romande, publié en 2008 par Magali Jenny ? Pour répondre à la demande, l’auteure a même sorti un second tome en 2012, incluant de nouveaux portraits, témoignages et adresses.

L’engouement est révélateur : non seulement d’un intérêt du public pour ces êtres capables de soulager la douleur par quelques gestes ou mots mystérieux, mais de leur possible compagnonnage avec la médecine conventionnelle. En Suisse désormais, de nombreux services d’urgence et de radio-oncologie disposent ouvertement de listes de guérisseurs de confiance, soit pour faire eux-mêmes appel à leurs services face à un cas désespéré, soit pour les tenir à disposition des patients qui en feraient la demande. « Les hôpitaux pratiquent une médecine de premier recours, dans des conditions de grande détresse et d’incertitude, et n’ont pas réponse à tout. Si une solution existe, et manifestement il y a des gens que les guérisseurs aident, il serait idiot de ne pas y recourir », commente le président de la Fédération des médecins suisses.
A condition bien sûr que le guérisseur n’interfère en aucun cas avec les soins prodigués par l’hôpital. « Méfiez-vous de ceux qui affirmeraient être en mesure de vous guérir à coup sûr ou vous demanderaient d’arrêter un traitement médical lourd au profit de leur art », écrit Magali Jenny. « Nous ne sommes qu’un complément », confirme une guérisseuse romande.
Reste qu’en Suisse, il n’est plus rare de voir un patient atteint d’un cancer faire appel à un barreur de feu pour atténuer les effets de sa chimiothérapie, de son propre chef ou sur recommandation de son médecin – lorsque celui-ci a acquis la conviction, individuelle, que ce peut être utile. Prochaine étape : une sensibilisation au « secret » dès la faculté de médecine ?

Etats-Unis : architectes et médecins, main dans la main

Les américains n’ont aucun problème à mélanger les genres. Pour développer la compassion chez les jeunes, le psychiatre Richard Davidson participe à la création d’un jeu vidéo. Pour booster le leadership éthique, la Harvard Business School se tourne vers la méditation « pleine conscience ». Dans cette dynamique, de plus en plus de facultés de médecine américaines s’ouvrent aux approches holistiques de la santé.

 

Déjà dotée d’un Centre pour la médecine intégrative, l’Université d’Arizona vient de lancer une joint-venture entre ses facultés de médecine, d’architecture, d’urbanisme et d’environnement. « La science a prouvé que le stress, en déréglant les défenses immunitaires, favorise la maladie. Pour guérir, les patients ont besoin d’un environnement qui stimule leur système, pas qui le plombe. Pourquoi les hôpitaux ne ressemblent-ils pas à des spas ? » interroge le Dr Esther Sternberg, spécialiste en neuro-immunologie et auteur du livreHealing Spaces : The Science of Place and Well-Being.

Bruit, lumière, température, densité, aménagement, verdure… Quels sont les facteurs qui augmentent le stress et ceux qui le réduisent ? Comment agissent-ils sur le corps humain ? « Des dispositifs non-intrusifs, de type smartphones, smartpens ou smartsocks, vont nous permettre de mesurer en temps réel les réponses comportementales et biologiques face à l’environnement quotidien », indique le Dr Sternberg.

Forte de ces résultats, l’équipe pluridisciplinaire établira des standards à destination des professionnels et des autorités, puis formera les prochaines générations d’architectes, de designers et d’urbanistes, afin que le facteur « santé » devienne central dans la conception des hôpitaux mais aussi des bureaux, des maisons, des écoles… Des villes en général. « Ce type d’édifice coûte plus cher au départ, mais le retour sur investissement est largement bénéfique », souligne le Dr Sternberg, tant socialement qu’économiquement. Beau dehors, bien dedans.

Corée du Sud : des chamanes au café

A Séoul en novembre 2012, 300 chamanes défilent dans les rues de la capitale sud-coréenne pour obtenir leur Journée nationale. Anecdotique ? Pas tant que ça. Au pays du Matin-Calme, l’engouement pour les 

 

Tendances  qui changent le monde dans UNE TERRE D'ALLIANCE 623

 nouvelles technologies n’a pas détrôné le culte des ancêtres et des esprits de la nature. Depuis des siècles, le chamanisme y est pratiqué, essentiellement par des femmes – les Mudangs. Aujourd’hui encore, 40% de la population fait régulièrement appel à ces messagères des esprits, formées de mères en filles ou désignées lorsqu’elles sont enfants. 
Guérir, prédire, conseiller, conjurer le mauvais sort, attirer la bonne fortune… Un problème survient ? Une étape importante se profile, tel le lancement d’un projet professionnel, un mariage, une naissance ou l’installation dans un nouveau logement ? Allo la Mudang, pour obtenir l’aide et la bienveillance des esprits.
Dans les quartiers branchés et étudiants de Séoul, les cafés de voyance, complémentaires aux maisons de voyance classiques et aux cérémonies de transe pratiquées en privé, ont le vent en poupe. « Traditionnellement, le chamanisme attirait surtout les gens d’un certain âge et de classes défavorisées », indique la journaliste Eva John dans un article de Libération (mars 2013). Aujourd’hui, sa version moderne rencontre un franc succès, tant auprès des jeunes diplômés que des employés, des stars du showbiz que des hommes politiques.

« Jaehuyn et Minkyung, 26 et 24 ans, sont venus tester leur comptabilité amoureuse », écrit par exemple Eva John. Inquiets pour leur avenir, d’autres s’enquièrent de leur réussite professionnelle. Amour, santé, travail : le tarif varie selon les sujets abordés. Et ça marche. Entre 50 000 et 300 000 chamanes officient actuellement en Corée du Sud. Beaucoup de leurs rituels ont été inscrits au patrimoine immatériel de l’Unesco. Certaines Mudangs ont même été déclarées « trésor national vivant » par l’Etat coréen.

Italie : l’exorcisme ne connaît pas la crise

Débordée ! L’Eglise italienne ne sait plus comment gérer la recrudescence des demandes d’exorcisme. « Face aux sollicitations, la curie de Milan a doublé son nombre d’exorcistes, passé de six à douze, et mis en place un numéro vert pour trier les appels », indique la journaliste Ariel Dumont sur MyEurop.info en décembre 2012.

 

En Vénétie, une task-force de treize prêtres œuvre d’arrache-pied. Exorciste officiel du Vatican et de l’archidiocèse de Rome, le Père Gabriele Amorth ne chôme pas non plus. Son dernier livre, Ma bataille contre Satan, paru en janvier 2012, est un best-seller. Sur la TNT, la Conférence épiscopale italienne diffuse également une émission nommée Vade Retro, consacrée à l’exorcisme. Au programme : des témoignages, des conseils et des prières. 

Satan aurait-il décidé de s’acharner sur l’Italie ? Attention, prévient Monseigneur Mascheroni, évêque auxiliaire à Milan et responsable du Collège des exorcistes : les « vrais phénomènes diaboliques » restent rares. « Les personnes de tout âge et de toute origine sociale qui font appel à un exorciste sont en proie à un profond désespoir. Ce sont souvent les parents qui appellent pour dire que leur fils ne va plus à l’école, qu’il se drogue, qu’il se rebelle contre l’autorité parentale », rapporte Ariel Dumont.
Ou des gens qui, suite à des échecs successifs ou des épreuves douloureuses, pensent être possédés ou qu’on leur a jeté un sort. « Tout cela n’a rien à voir avec le diable mais nous essayons de les aider, par l’écoute et la consolation », indique Monseigneur Mascheroni – jusqu’à leur conseiller, parfois, de s’adresser à un psy.

Sous des aspects spectaculaires, le phénomène est donc surtout révélateur de la crise qui frappe le pays : économique, sociale, morale… Face aux difficultés, la population réalise que le matérialisme et le « toujours plus » ne fait pas de nous des êtres complets, solides. Qu’il est urgent de retrouver d’autres ancrages, notamment du côté des valeurs humaines et de la spiritualité.

Mexique : à l’école de la sagesse

De ses voyages, la mexicaine Gilda Henriquez Darlas a acquis la conviction que les tensions naissent de l’incompréhension. De ses années de travail sur la conscience et la structure cognitive de l’esprit, elle a cherché à identifier un modèle d’éducation qui ancre l’empathie dans les comportements.
Exit les leçons de morale, la méthode qu’elle imagine est fondée sur l’expérience. « Les valeurs et l’éthique ne peuvent être l’objet d’un enseignement théorique ; elles sont le résultat d’une transformation de conscience », clame-t-elle. Premiers pas en Inde en 1998. Positifs. En 2006, le modèle s’implante au Guatemala, puis au Mexique.

 

Deux heures par semaine, pendant trois ans, des enfants de 4 à 6 ans commencent par se relier à leur intériorité, via des exercices de concentration et d’observation – regarder la flamme d’une bougie, suivre le flux de leurs pensées, exécuter des mouvements de tai-chi, goûter des aliments ou écouter des sons les yeux fermés…
Cap ensuite sur la découverte de la subjectivité. Des jeux de questionnement les amènent à se rendre compte que de toute expérience, chacun crée un objet mental qui lui est propre, et qu’il est impossible de connaître celui des autres sans le leur demander.

Suit l’apprentissage de l’interdépendance, par des exercices qui interrogent les conditions d’existence d’un événement. « Qu’a-t-il fallu pour que tel objet se retrouve dans la classe ? » interroge par exemple l’enseignante. Quelqu’un pour l’amener, un autre pour l’acheter, le distribuer, le fabriquer… Jusqu’à s’apercevoir que tout est lié.
Par des jeux de co-création ou de mise en situation, les enfants découvrent aussi comment leur attitude impacte celle des autres. La troisième année, ils testent même leurs capacités sur des simulateurs, qui les confrontent à des problèmes écologiques, sociaux ou idéologiques. Efficace ? « Chez nos élèves, ce sens de l’intersubjectivité et de l’éthique devient véritablement un réflexe », se félicite Gilda Henriquez Darlas.

Japon : mangas, la revanche des esprits

Connaissez-vous les Yōkai ? Dans la mythologie japonaise, ces êtres surnaturels, étranges et mystérieux, s’invitent dans nos vies sous forme de créatures polymorphes. Issus de la culture animiste des premiers habitants de l’archipel, ils ont été mis au placard à la fin du XIXe siècle, par soif de modernité à l’occidentale, avant de renaître dans les années 50 sous le crayon du mangaka Shigeru Mizuki – auteur notamment deKitaro le repoussant, dont le héros est un chasseur de Yōkai. 

 

Egalement signé Shigeru Mizuki, le Dictionnaire des Yōkai recense pas moins de 500 créatures surnaturelles, preuve de leur importance dans la culture japonaise. « Là-bas, les fantômes sont très réels, ils font partie d’une vision du monde où tout dans la nature a un esprit », commente l’un des experts du Manga Café (Paris). 

Depuis, la tendance ne faiblit pas. Aujourd’hui encore, les mangas débordent de monstres et d’esprits, tantôt retors ou bienveillants. « On les trouve partout, dans les livres destinés aux jeunes comme dans ceux pour adultes », confirme l’expert du Manga Café. Le pacte des Yōkai, par exemple, raconte l’histoire d’un garçon capable de voir des entités immatérielles. Gros succès au Japon, Mokke met en scène deux sœurs, l’une qui les attire, l’autre qui les détecte… Comment vivre ces différences ? Qu’ont-elles à nous apprendre sur la complexité du monde et le sens de la vie ?

« On trouve aussi de plus en plus de vampires et de zombies », note l’expert du Manga Café. Venues d’autres cultures mais popularisées internationalement par le cinéma, les séries télé et les jeux vidéo, ces créatures confirment le goût des japonais pour le surnaturel, sans détrôner les histoires de fantômes et de chamanes plus traditionnelles. « N’oublions pas que The Ring, dont l’adaptation américaine a cartonné, est au départ un film japonais, inspiré de la tradition fantastique nippone », conclut l’expert du Manga Café.

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Belgique : ça vibre en cuisine

« Que ton aliment soit ton médicament », recommandait déjà Hippocrate il y a 2500 ans. Et s’il était aussi une source de plénitude, non seulement corporelle mais intellectuelle, sociale, émotionnelle, spirituelle ? C’est l’idée que défend un courant belge de nutrition, porté notamment par le cuisinier Pol Grégoire et la naturopathe Martine Fallon.
« Selon la médecine énergétique chinoise, de l’équilibre métabolique naît l’équilibre émotionnel, explique Martine Fallon dans ses livres, ses cours, ses conférences et ses cures. Cinq saveurs sont à prendre en compte : l’acide, l’amer, le doux, le piquant et le salé. Chacune correspond à des organes, des zones du corps et des traits de caractère. Le salé, par exemple, est lié au rein. En équilibre, c’est le courage et la ténacité. En déséquilibre, c’est la peur ou le renoncement – et des cernes sous les yeux ! » 

 

Le bien-être et la vitalité passent donc par l’équilibre de ces saveurs… et l’utilisation de bons ingrédients. « Comme nous, les aliments sont dotés d’une énergie vitale, plus ou moins chamboulée par ce qu’ils traversent, indique Martine Fallon. Selon l’ingénieur André Simoneton, les aliments frais et sains vibrent autour de 7000 Angstroms, comme un être humain en forme. » Jackpot pour une eau bue à la source, des fruits et des légumes bios cueillis à point ; zéro pointé pour un soda industriel ou une pizza surgelée ! « Une consommation excessive de ces produits vides en bonnes ondes entraîne en nous une déperdition énergétique, premier pas vers la maladie. »

Sans devenir des « ayatollahs du manger correct », mieux vaut donc éviter « les aliments trop transformés, les cuissons trop agressives, les impétrants chimiques, tout ce qui nous plombe et nous pollue », au profit de produits frais, naturels, locaux et de saison, « gorgés de cette énergie cosmique qui nous nourrit tous. »Jusqu’à acquérir la clairvoyance et la force de faire des « choix de vie qui nous tirent vers le haut ». Pour nous, pour la planète, le changement de conscience passe par le contenu de nos assiettes.

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PETITS DÉLICES MAGIQUES

Posté par othoharmonie le 26 juin 2014

 

Voici quelques délices magiques, tout spécialement inspirés du merveilleux livre des plantes sauvages médicinales d’Anny Schneider, considérée par les experts comme étant une vraie bible de références :

L’ASARET – pour stimuler la passion de votre conjoint.

LE BOULEAU BLANC – pour atténuer l’égoïsme d’un proche.

LA BRUNELLE – pour tirer un trait sur le passé.téléchargement (8)

LA BUSSEROLE – aiguise le don de double vue.

LA CAMOMILLE – augmente la confiance en soi et l’espoir en demain.

LA CATAIRE – pour se débarrasser d’une dépendance aliénante.

LE CHARDON – pour soigner un animal bien-aimé.

LA CHICORÉE – pour combattre la possessivité et la jalousie.

LA CONSOUDE – pour protéger le voyageur des imprévus néfastes.

LE CRESSON – pour vous sevrer de la nicotine.

L’ÉGLANTIER – stimule la joie qu’on aurait perdue.

LE FRAISIER – pour les timides excessifs.

LE GAILLET – atténue l’insomnie, les douleurs, guérit les piqûres, les morsures et ouvre l’être à sa spiritualité.

LA LOBÉLIE – utilisée pour des philtres d’amour amérindiens.

LA LUZERNE – portée sur soi, pourra atténuer les soucis reliés au manque d’argent.

LA MAUVE – semée sur une tombe, elle assurera le repos de l’âme du (de la) défunt(e).

LA MENTE POIVRÉE – propriétés digestives incontestées et aussi aphrodisiaques.

LA MOLÈNE – idéale pour les asthmatiques et fait fuir les démons à l’Halloween.

LE MOURON DES OISEAUX – donne la paix de l’esprit, éveille la conscience et stimule la libido et la fertilité.

LA MYRTILLE – pour contrer la maladie de l’Alzeimer.

LE NOYER – bon pour le cœur, la virilité et chasse les rhumatismes.

LA PENSÉE SAUVAGE – protection immunitaire, stimule l’intuition et le génie créateur.

LA POTENTILLE ANSÉRINE – pour aller pleinement de l’avant.

LE RAIFORT – porte bien son nom, il augmente la vigueur masculine.

LA REINE DES PRÉS – volupté et succès de vos nuits amoureuses.

LE SAPIN – plutôt que de jeter votre sapin, faites bouillir quelques branches et inhaler ses vapeurs afin de fortifier vos poumons contre les froids de l’hiver.

LA SAULE – favorise le pardon et l’acceptation.

LA SROFULAIRE – plus que toute autre, protège du malin et des mauvais esprits. On l’accroche aux maisons et au cou des enfants pour attirer sur eux la protection des fées.

LE SUREAU – posséderait de légendaires vertus antirhumatismales.

LE TREFLE ROUGE – pour aider ceux qui sont envahis par toutes sortes de peurs.

LE VARECH – fut parfois utilisé comme cure amaigrissante mais certaines restrictions s’appliquent en raison de quelques contre-indications avec certains aliments.

LE LANGAGE DES HERBORISTES

images (9)UNE INFUSION : est une sorte de tisane, elle peut se prendre chaude ou froide et parfois même glacée. Deux c. à thé d’herbe dans deux tasses d’eau; laisser infuser dix minutes en remuant de temps à autre, puis filtrer et finalement, ajouter un peu de miel si elle est un brin amère.

UNE DÉCOCTION : fait à partir des éléments durs de la plante tels que les racines, l’écorce, les graines, qu’il est nécessaire de faire bouillir ou mijoter pour en retirer les essences.

UNE TEITURE MÈRE : ce sont des herbes que l’on conserve jusqu’à deux ans dans une petite quantité d’alcool. Cette préparation aura nécessité que le mélange soit masséré durant deux  semaines, puis dynamisé, donc fortement agité chaque jour et finalement filtré et embouteillé dans un petit flacon de verre.

CATAPLASME : il s’agit d’une quantité d’herbes écrasées et mélangées à une pâte faite soit de farine de blé ou de maïs, avec un peu d’eau, qu’on applique sur la peau. On la recouvre par la suite d’un chiffon ou d’une gaze pour le soulagement d’une plaie, d’une ecchymose, d’une entorse, etc.

SAVIEZ-VOUS QUE LUMBAGO, ARTHRITE ET SPAGHETTIS NE VONT PAS NÉCESSAIREMENT ENSEMBLE?

C’est hélas bien vrai! Et dire que je raffole des spaghettis! Il est vraiment dommage que mes articulations me fassent parfois souffrir, d’autant plus que j’ai appris au fil de mes lectures qu’il serait préférable d’éviter les aliments suivants : la viande de bœuf, la tomate, les poivrons, le fromage et les pâtes de blé entier.

C’est donc dire qu’avec une telle mise en garde, il reste bien peu d’aliments pour composer le reste d’une bonne sauce à spaghetti n’est-ce pas? Pour me consoler, je me réserverai tout de même le fin plaisir de ce plat, occasionnellement, et j’arroserai ce dernier d’un excellent vin, à titre compensatoire évidemment. Donc, un peu de sagesse d’accord mais peut-être avec une petite touche de délinquance.

Voilà qui complète cette première partie sur les propriétés magiques des plantes. Pour en savoir davantage, consultez les volumes suivants :

RÉFÉRENCES

PLANTES SAUVAGES MÉDICINALES. Anny Schneider. Éditions de l’homme.

LE GUIDE DES PLANTES MÉDICINALES. Tamara Kircher et Jade Britton. Éditions Modus Santé.

L’ARMOIRE AUX HERBES. Jean Mary. Édition du Jour.

LES HERBES MÉDICINALES LES PLUS PUISSANES ET LES PLUS EFFICACES. B. Ticli. Éditions de Vecchi.

LE GUIDE ANI-DOULEURS NATURELS. Richard Thomas. Éditions Modus Santé.

LES PLANTES ET LA SANTÉ selon l’Ayurveda, la MTC et la phytothérapie occidentale. Pénélope Ody.

LA BIBLE DES HERBES. Peter Mchoy et Paméla Westland. Éditions Konemann

LES REMÈDES NATURELS. Laurel Vukonic. Éditions France Loisirs.

100 PLANTES 1000 USAGES. Yves Rocher. Éditions Marabout.

 Le livre de 304 pages « Comment Reconnaître et Créer Vos Coïncidences Magiques »
épanouira votre vie à son maximum plusieurs centaines de témoignages le prouvent
Mme Céline Jacques     
http://www.edition-celinejacques.com/

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Un Passeur de sagesses

Posté par othoharmonie le 4 juin 2014

 

téléchargement (6)Il a rendu les traditions spirituelles orientales accessibles aux esprits occidentaux en quête de sens. Il a également fondé le premier ashram français, puis est devenu l’un des grands médiateurs de la quête intérieure.

Bien qu’il ait écrit une vingtaine de livres de référence, Arnaud Desjardins se veut plutôt homme d’images : réalisateur télé pendant vingt-deux ans, ce sont sa capacité à observer le monde et son âme de journaliste qui lui ont permis de s’immerger dans les grandes traditions spirituelles.

Participation aux groupes de réflexion et d’enseignement ésotérique créés par G. I. Gurdjieff, séjours en ashrams, retraite dans un monastère trappiste, périples au cœur du bouddhisme tibétain : ce fils de protestants, diplômé de Sciences Po, multiplie les expériences intérieures. Sa rencontre avec le maître indien Swâmi Prajnanpad sera décisive : cet ancien professeur de physique, au fait de l’œuvre de Freud, l’initie à la voie d’une transformation intérieure inéluctable.

De retour en France, il publie ses “Chemins de la sagesse”, qui transmettent son expérience personnelle et l’essence des textes sacrés.

Pensées

La connaissance de soi
Grande leçon issue de l’adyatmayoga, l’enseignement de Swâmi Prajnanpad : le fondement de ce qu’on appelle « vie spirituelle » n’est autre que la psychologie, c’est-à-dire la connaissance du mental, qui englobe pensées et émotions. Mais la comparaison s’arrête là, car si le but en psychologie est de se connaître et d’essayer de devenir ce que l’on est, dans l’adyatmayoga, on recherche la disparition de l’ego. Dans les deux cas cependant, le propos reste de mieux vivre.

L’état sans ego ou la non-dualité
Essentiel, mais difficile, car il est inadmissible pour l’homme moderne de concevoir une réalité où son individualité n’aurait plus de place. Le paradoxe est le suivant : chaque être est unique, mais chacun voudrait inconsciemment que l’autre lui ressemble, qu’il agisse en conformité avec ses désirs, donc son ego. De cette dualité naît la souffrance. Le travail consiste donc à rechercher l’unité, à ne faire qu’un avec l’univers, car l’énergie est unique. Pour cela, il ne faut pas tenter de « tuer » l’ego mais, au contraire, assumer tous ses désirs, puis réaliser que la plénitude parfaite et durable ne peut être atteinte dans cette voie. Alors, seulement, les désirs tombent d’eux-mêmes. « La disparition de l’ego consiste en une mort à soi-même tel que nous nous connaissons aujourd’hui, une mort et une résurrection déjà si totales, que la mort du corps physique n’y enlève rien. »

L’état sans émotions
Les émotions définissent l’ego. Distinguer entre ce que l’on aime ou pas est source de joies et de souffrances. La libération consiste à s’affranchir de ces réactions : une chose n’est ni belle ni laide, elle est seulement à sa place. Sans émotions, est-on encore vivant ? « Oui, répond Arnaud Desjardins, car la mort de l’ego est la véritable naissance, la découverte de ce qui est au fond de nous. » C’est l’éclatement de la prison étroite du « je » qui libère une perception plus juste du monde.

La vigilance
téléchargement (7)Etre présent, attentif, conscient, savoir à chaque instant ce qui se passe en nous et autour de nous. Cette aptitude se développe et croît peu à peu par l’exercice de la méditation. Seule la vigilance permet de ne plus se laisser emporter par les émotions. Cette attitude n’a rien de spectaculaire, mais elle change tout. Ces moments de conscience, Arnaud Desjardins les appelle des « souvenirs » : on se souvient de soi-même, de son but, dusens de sa vie, et on reste maître de soi. Ainsi, on n’est capable de sentiments qu’en abandonnant les émotions.

 Trouver son maître
Comme en thérapie, on ne peut s’engager sur les chemins de la sagesse sans être guidé par un être d’expérience ayant fait le chemin. Il stimule, bouscule, écoute et répond aux questions. « Si une personne ne réunit pas ces compétences, elle n’est en aucun cas un maître, mais un de ces aveugles guidant les aveugles… » Le maître ne révèle pas sa qualité par des prodiges spectaculaires, mais par sa réponse à une demande juste. Comment trouver son maître ? Par recommandation, en lisant des livres sur le sujet, au gré de retraites, etc. Puis le disciple s’arrête à celui qu’il reconnaît comme tel.

De même que nous sommes déjà nus sous nos vêtements, l’amour est déjà notre réalité fondamentale voilée par les craintes et les espoirs de l’ego.

Arnaud Desjardins

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La recherche spirituelle vaut d’être vécue

Posté par othoharmonie le 27 avril 2014

 

Depuis plus de quarante ans, à travers ses films, ses livres et les lieux de recherche qu’il a ouverts, Arnaud Desjardins transmet le message des grandes traditions orientales, du soufisme au bouddhisme tibétain. Alors que paraît sa biographie, il dresse avec nous le bilan d’une existence vouée à la sagesse.

Pascale Senk

images (2)Psychologies : Après toutes ces années de pratique spirituelle et la création de trois ashrams, diriez-vous que vous êtes un gourou ?

Arnaud Desjardins : Si j’étais dans un dîner mondain, je n’emploierais certainement pas ce terme, qui est devenu maudit à cause du phénomène des sectes ! Je dirais que je suis écrivain. Si, en revanche, mon interlocuteur semble s’intéresser à la spiritualité, alors oui, je lui dirais que j’ai consacré mon existence à cela : faire diminuer une certaine forme de souffrance. Le « guru », en hindi, c’est à la fois « celui qui a de l’expérience » et « celui qui disperse les ténèbres ». Pour moi, c’est l’un des mots les plus précieux qui soient. Il existe dans toutes les civilisations sous des noms différents : c’est le « cheik » en arabe, le « pir » en persan, le maître spirituel à qui l’on s’adresse dans toutes les traditions pour recevoir une éducation émotionnelle et spirituelle. Ce travail intérieur, je l’ai d’abord expérimenté sur moi, grâce à l’aide d’un maître indien, Swâmi Prajnânpad. Depuis 1974, j’enseigne comme lui comment « se transformer de fond en comble ».

Et selon vous, les sagesses orientales donnent des clés pour cette transformation ?

Oui, mais pas seulement elles. C’est pour cela que j’ai cherché, partout, dans les groupes Gurdjieff comme dans les Evangiles, dans le bouddhisme tibétain comme chez Maître Eckhart. Et ce qui m’a passionné, c’était de découvrir peu à peu que ces enseignements si différents se rejoignaient sur plusieurs points essentiels, qui sont vraiment des clés pour se transformer. Trois sont fondamentales. C’est d’abord « connais-toi toi-même ». Ensuite, « vis dans l’ici et maintenant ». Enfin, « accepte ce qui est », que mon maître Swâmi Prajnânpad traduisait par : « Il faut dire oui à l’indiscutable réalité de l’instant. »

Vous insistez particulièrement sur cette acceptation inconditionnelle du réel…

C’est cela, la pratique spirituelle, l’ascèse. Cela veut dire s’exercer. Accepter ce qui se passe à l’intérieur de notre être, devenir beaucoup plus présent, attentif, le plus souvent possible et notamment dès que nous nous sentons affectés soit par une émotion négative, soit par une émotion euphorique, qui peut tout autant nous aveugler. Accepter aussi ce qui est. Je me réveille un matin et mon enfant est malade ? Je m’exerce à ne pas perdre mon énergie dans des conflits intérieurs, comme : « Mais pourquoi l’ai-je sorti sans manteau hier ? Pourvu qu’il n’ait rien ! » Non : pas de discussion, pas de décalage avec la réalité. J’appelle immédiatement le médecin. Apparemment, le comportement est le même que pour n’importe qui, mais l’attitude intérieure est totalement différente.


Dit comme cela, ça a l’air simple…

La simplicité, c’est l’aboutissement. Un swâmi hindou, à qui j’avais demandé, lors de l’un de mes premiers voyages en Inde, « qu’est-ce que c’est la spiritualité ? », m’avait répondu dans un éclat de rire : « Quand il pleut, j’ouvre mon parapluie. Quand il cesse de pleuvoir, je le referme. » Voilà : l’acceptation de ce qui est, l’action juste ensuite. Mais pour parvenir à une telle attitude intérieure, le chemin est très long, très difficile.

Pourquoi ?

Parce que nous vivons la plupart du temps dans l’illusion. Les enseignements traditionnels tiennent des propos extrêmement durs sur notre condition humaine ordinaire. Ils parlent « d’aveuglement », de « sommeil » de « non-vérité ». Il nous faut sans cesse faire des efforts pour revenir au réel, parce que nous sommes soumis à une certaine forme d’esclavage, celui de notre mental tortueux. Cela, la plupart des chercheurs spirituels ne l’entendent pas vraiment. Or, je le répète : il faut se remettre complètement en cause pour avancer, c’est l’affaire d’une existence entière. Cet engagement sur la voie n’est pas seulement une activité bénéfique que l’on ajouterait à notre existence comme des cours de piano. C’est toute notre existence qui doit se confondre avec la voie spirituelle. Chaque épreuve, chaque moment de ma vie devient alors un point d’appui sur lequel j’exerce ma vigilance et ma compréhension.

Et qu’est-ce qui peut motiver dans cette ascèse si difficile ?

L’envie de se développer dans la ligne de l’être, et non dans celle de l’avoir. Et la rencontre directe avec des personnes qui ont déjà accompli ce travail. Vous savez, Swâmi Prajnânpad, mon guru, n’était à peu près rien, socialement parlant. Mais nous, ses quelques disciples français qui avions des moyens financiers, eh bien je peux vous dire que nous étions des mendiants à côté de lui, des infirmes du cœur… Un jour, je l’ai vraiment compris. Je sortais de l’ORTF, où je travaillais, et il pleuvait des trombes. Je ratai le bus. Mon mental se mit à tourner en vrille. Intérieurement, je ne cessais de me plaindre : « Pourquoi dois-je vivre ça, à attendre sur le trottoir, après une journée de travail, etc. ». A ce moment-là, un producteur très célèbre à l’époque est passé devant moi, confortablement installé dans sa limousine. Je râlais de plus belle : « Oui, évidemment, moi je suis sur le trottoir, trempé, pendant que d’autres… » Et soudain, du plus profond de moi, une question est montée : « Arnaud, de quoi as-tu le plus envie dans ta vie ? Veux-tu ce que possède ce producteur ou bien ce que vit Swâmi Prajnânpad ? » Eh bien, la réponse, évidente, ne s’est pas fait attendre. Et je me suis immédiatement apaisé.


De ce qu’avait votre maître, que désiriez-vous ?

La liberté, la plénitude, la présence. Il était comblé et ne demandait rien. C’était lui le plus riche d’entre nous. Et ce qui dominait chez lui, comme chez tous les maîtres authentiques que j’ai approchés, c’est l’amour. Non pas « l’amour émotion » dans son sens galvaudé d’aujourd’hui, mais un amour profond, une bienveillance, un sentiment qui a à voir avec la bonté, l’intelligence du cœur. Ma fille, qui avait 4 ans à l’époque, a demandé à celui que nous appelions Swâmiji s’il possédait des pouvoirs miraculeux comme certains yogis. Il lui a répondu : « Infinite love, infinite patience » (« Amour infini, patience infinie »). Aujourd’hui, je réalise à quel point c’était vrai. Donc, c’est cela qui motive : trouver quelqu’un qui vous donne envie de ce qu’il est et non de ce qu’il a.

Vous avez expérimenté cette transformation promise par les enseignements spirituels. De quoi est-elle faite ?

Je dirai d’abord qu’il y a une diminution de l’égocentrisme et que, donc, notre perception du monde, des autres, devient plus vaste. Il y a aussi la disparition progressive de ces émotions qui sont toujours liées à « moi, mes souffrances ; moi, mon bonheur ; moi, ma réussite » ; la neutralisation de toutes sortes de pensées inutiles qui sont des projections, des peurs, des illusions ; et ainsi de plus en plus d’ouverture spontanée et aisée aux autres, de plus en plus de présence au moment présent.

Et cela, même dans les pires circonstances ?

Oui. En juillet 2000, j’ai eu un gros problème, un œdème pulmonaire aigu. Peu à peu, je sentais l’eau monter dans mes poumons comme si j’allais mourir noyé. Les secours n’arrivaient pas. Jusque-là, je ne savais pas si je serais capable de « dire oui à la mort ». Et bien, après toutes ces années d’exercice de l’acceptation, je n’ai pas résisté. J’étais calme, entièrement prêt à cette nouvelle expérience. Ce que nous enseignent les spiritualités, « vivre dans le climat du oui », opérait encore. En cela, je veux témoigner : même si j’ai réalisé tous mes rêves d’enfant, comme celui de réussir, d’avoir du succès, de connaître des gens célèbres, de voyager, l’aventure qui de loin reste la plus importante, celle qui surpasse toutes les autres, c’est cette transformation intérieure.

Arnaud Desjardins

Arnaud Desjardins

En quête… au bout du monde

Avant d’être une quête, la vie d’Arnaud Desjardins a d’abord été menée par le goût de l’enquête. Très touché dans ses jeunes années par la lecture des livres de la collection Spiritualités vivantes, qu’avait fondée Jean Herbert aux éditions Albin Michel, ce jeune fils de protestants austères n’avait de cesse de vouloir vérifier si les sages dont parlaient les textes existaient vraiment.

Devenu réalisateur de télévision, il entreprend son premier voyage en Inde en 1959 à bord d’une Peugeot Break. C’est pour lui le début d’une série de rencontres avec des hommes et des femmes remarquables, comme Swâmi Ramdas ou Mâ Anandamayi. En 1965, il rencontre celui qui sera son maître, Swâmi Prajnânpad. En 1968, l’ORTF diffuse ses films (AshramsLe Message des Tibétains). Arnaud Desjardins devient célèbre. Pendant quelques années, il se partage entre sa carrière professionnelle, sa vie familiale – il a eu deux enfants avec Denise Desjardins et une aventure médiatisée avec Dalida – et sa quête spirituelle, qui l’amène à faire de fréquents séjours en Asie.

En 1974, son maître l’encourage à ouvrir un ashram. Depuis cette date, Arnaud Desjardins se consacre à la transmission de ce qu’il a appris. A Hauteville, en Ardèche (écrire aux Amis de Hauteville, 07800 Saint-Laurent-du-Pape), il accueille à la fois des personnes en recherche spirituelle et des philosophes ou des représentants de diverses religions, qui souhaitent partager ensemble l’essentiel des spiritualités, dans un profond souci de tolérance et d’ouverture à l’autre.

La puissance du cœur : Extrait de La Voie du cœur (La Table ronde, 1987).

« Naturellement, un bébé sur le sein d’une maman émerveillée se sent aimé. Naturellement, si vous êtes dans les bras d’une femme ou d’un homme qui ne vous a jamais déçu et qui vous redit une fois encore : “Tu es le grand amour de ma vie”, vous vous sentez aimé. Mais l’expérience réelle, dont on ne peut parler, au sujet de laquelle on peut à peine tenter de dire quelque chose, le vrai silence intérieur, la découverte ultime, est un état dans lequel on se sent intensément aimé alors même que nous serions entourés de gens qui ne nous aiment pas, qui nous considèrent comme un ennemi, qui essaient de nous critiquer ou de nous faire du tort. »

A lire……

D’Arnaud Desjardins : EXTRAIT

• Les Chemins de la sagesse
Les premiers textes rédigés entre 1968 et 1972 : Desjardins, disciple, comprend les fondements de la spiritualité hindoue. Un ouvrage essentiel (La Table ronde, 1999).

• Pour une vie réussie, un amour réussi
Et si la vie à deux était aussi une voie spirituelle ? (La Table ronde, 1992).

• Arnaud Desjardins, l’ami spirituel de Jacques Mousseau (Perrin).
La vie d’Arnaud Desjardins est balisée par une succession de crises intérieures et de voyages au bout de l’Asie. Jacques Mousseau, son biographe, est parvenu à restituer à la fois la profondeur des interrogations et la couleur des paysages, qui devaient marquer à tout jamais cette âme en recherche. Ses heures d’entretiens avec Arnaud Desjardins et ses proches permettent une plongée authentique dans cette vie toujours à contre courant et assoiffée de liberté.

A voir…..

Parmi les documentaires d’Arnaud Desjardins :

• Le Message des Tibétains
Deux parties : le bouddhisme et le tantrisme.

• Himalaya, terre de sérénité
Tous ses films sont disponibles en cassette vidéo : Alizé Diffusion, BP3, 07800 Saint-Laurent-du-Pape.

Peur de la mort ou de la vie ?

Extrait de L’Audace de vivre (La Table ronde, 1989).

« “Vous n’avez pas peur de la mort, vous avez peur de la vie.” Un jour, cette réponse s’est imposée à moi : la peur de la mort est d’autant plus grande qu’on n’a pas osé vivre. Si vraiment vous n’avez plus peur de la vie, vous ne pouvez plus avoir peur de la mort parce que vous avez découvert en vous-même ce qu’est vraiment la Vie – non pas votre vie, mais la Vie unique et universelle qui nous anime, avec cette évidence que cette vie est indépendante des naissances et des morts. »

Parution Arnaud Desjardins : de juillet 2009

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Religion : désormais, c’est chacun son kit

Posté par othoharmonie le 21 avril 2014

 

images (5)Les uns croient en Dieu, les autres pas. Leur point commun : tous se sont constitué un kit spirituel singulier. Sur leur autel, des objets variés qui les inspirent et les incitent à ne pas se contenter de la seule réalité matérielle.

Une vieille bible et un kouglof

Pierre Lassus, 54 ans, directeur d’une association de protection de l’enfance :

Sur son bureau, entre des piles de dossiers, une petite bible en cuir rouge racorni. Visiblement, elle sert beaucoup. « Je peux la saisir n’importe quand et lire un passage de l’Evangile, saint Jean par exemple, c’est mon préféré. » Ce texte peut-il encore aider Pierre, lui qui reçoit chaque jour de nouveaux signalements de maltraitance à enfants ? « Encore plus que ça : il m’inspire ! » Protestant d’obédience luthérienne, il croit d’abord en un homme, un rabbin nommé Jésus. « Grâce à lui, je me rappelle qu’il y a une part de divin en chacun d’entre nous, et que nous nous devons de la rechercher. » Pierre s’en rapproche au cours de cultes dépouillés. « L’été, près de la plage des Charentes où nous passons nos vacances, il y a une petite chapelle. Le dimanche, le pasteur vient de Rochefort pour célébrer le culte. Parfois, il y a à peine quatre ou cinq personnes. Mais toujours, après l’office, on boit l’apéritif ensemble et la femme du pasteur sert un kouglof qu’elle a fait cuire le matin. Pour moi, il n’est guère de moments plus spirituels que celui-ci. »

Une clé de sol en fil de fer et une bougie

Hélène Lafontaine, 37 ans, chanteuse :

« Je me suis vraiment acceptée comme chanteuse quand j’ai compris que ma voix était un talent qui m’avait été donné. » 
Un vrai don des dieux que cette voix de contre-alto, grave et puissante. Métisse originaire de Guadeloupe, fille d’une lignée de chanteuses pieuses, Hélène a d’abord été attirée par la chanson française avant de retourner aux chants sacrés. Dans les mariages et les baptêmes, chanter est pour elle l’occasion de vivre pleinement sa spiritualité. « On ne me voit pas, je suis près de l’organiste, je peux fermer les yeux. Le silence, dans les églises, est comme le sel de l’eau de mer qui vous porte. Il aide ma voix à se déployer. »

Bien que chrétienne, Hélène ne souscrit pas à toutes les formes de ce courant religieux. Elle aime se ressourcer chez elle, dans la solitude, en position du lotus. « Avec une bougie, car la lumière m’éclaire de l’intérieur. » Croit-elle ? « Oui. En la dimension sacrée des choses, même dans les actes quotidiens les plus banals. » Une manière de regarder différemment la réalité : « L’autre jour, je marchais, désespérée, dans la rue. Je me demandais si je devais continuer à chanter ou pas, si je ne me trompais pas de chemin, etc. Mon pied a buté sur un petit objet qui traînait sur le trottoir : une clé de sol en fil de fer ! J’avais la réponse à ma question. »

La photo d’un Indien tirant à l’arc et une tête de femme couronnée

Titien Gallen, 57 ans, écrivain et professeur de yoga :

Il a les épaules larges, du souffle, semble bien ancré dans son corps. Initié au yoga et à la sophrologie, le travail intérieur, pour lui, commence par le corps. « J’ai su très tôt qu’il faut respirer quand on a des problèmes. » « Inspiration » pourrait d’ailleurs être le mot clé de son parcours. « La poésie m’a servi de seconde mère », résume cet écrivain. Chez lui, une tête gothique de dame couronnée qui trône en haut de la bibliothèque le lui rappelle régulièrement : « Elle représente pour moi la source de la pensée. » Originaire d’une famille de catholiques pratiquants – dont deux prêtres –, Titien Gallen se définit aujourd’hui comme un spirituel laïc. « J’aime avant tout les symboles, qu’ils soient égyptiens, chrétiens ou soufis, ils entrent en résonance intime avec moi.  » Pour l’heure, tout son être est happé par le Grand Esprit des Indiens d’Amérique du Nord.

Pour ces peuples, l’homme est toujours en devenir, il doit apprendre à s’orienter, à entretenir des relations conscientes avec tous les éléments, tout en gardant le contact avec son centre. C’est ce que je vis au quotidien. » Attention et recentrage sont donc la base de sa pratique, ils lui permettent de « reprendre contact avec le Tout qui nous habite et qui est au cœur de chaque être vivant rencontré ». Dieu ? « Peu importe son nom. Il est la source du souffle et de la conscience. L’important est de s’y reconnecter. » Une question, pour lui, de « responsabilité spirituelle ».

“La Petite Voix” d’Eileen Caddy et un verre d’eau pure

Georgette List, 83 ans, ostéopathe :

Toute petite, elle croyait déjà à sa bonne étoile et s’émerveillait de l’ordre naturel des choses : « La danse si parfaite des planètes, le retour si régulier du printemps après l’hiver, etc. Comment ne pas se poser de questions ? » Elle a 16 ans lorsque son père lui donne à lire des ouvrages de la théosophe Helena Blavatsky. « Je les ai littéralement “bus” en deux jours, avec l’impression de connaître déjà tout ce qu’ils contenaient. » Débute alors une longue étude de l’enseignement ésotérique. Elle se marie quand même selon la tradition catholique : « Je l’ai fait avec un maximum de conscience et de joie. Pour moi, le Christ est un symbole de l’homme dans sa perfection. » D’ailleurs, Georgette croit en l’étincelle divine qui est en chacun de nous.

« Certains l’appellent leur ange gardien. A mes yeux, c’est l’âme ou le moi supérieur, une énergie positive qui m’aide, me soutient quand j’ai un désir sincère de participer à la force d’amour qui fait vivre le cosmos. » Pour Georgette, la pratique consiste à se mettre en contact avec cette puissance divine et à la remercier régulièrement. « Chaque matin, je bois au lever un verre d’eau pure. Je le fais consciemment, en remerciant la Terre pour cette source de vie qu’elle nous offre. » Puis elle lit une page de méditation de La Petite Voix d’Eileen Caddy (Souffle d’or) : « Je suis persuadée que l’on peut aider le monde rien que par la qualité de ses pensées. » Même si elle pense parfois à la mort, Georgette n’en a pas peur : « J’irai simplement me reposer de toutes ces expériences souvent difficiles qui ont enrichi ma vie. »

Une icône et un zafu

Olivier Jarreton, 29 ans, documentaliste :

« Chrétien de foi et bouddhiste de cœur ! » annonce-t-il joyeusement pour résumer sa vie spirituelle. Né dans le catholicisme, il avoue avoir connu de « grands moments de creux » avec sa religion d’origine, mais s’être rapproché d’elle grâce aux activités de groupe. « J’ai animé pour ma paroisse des après-midi de rencontres avec des enfants de toutes origines et je me suis découvert une passion : expliquer le christianisme à ceux qui n’en sont pas ! » Loin de la foi du charbonnier, il pratique avant tout l’exégèse et l’interprétation. « J’aime trouver un sens aux textes sacrés – la Bible, bien sûr mais aussi le Coran ou le Talmud – et suivre leurs implications dans la vie quotidienne. »

Au hit-parade de ses valeurs domine l’écoute. Il a fait des études de psychologie, participe à des groupes de développement personnel :  » Accueillir vraiment les mots de l’autre est une pratique hautement spirituelle. » Il y a dix ans, deux de ses meilleurs amis se sont convertis au bouddhisme. Se prenant au jeu de la confrontation d’idées, il s’est mis à aimer la philosophie du Bouddha. « L’idée que la réalité n’est pas vraiment la réalité m’enthousiasme. » Résultat : il se rend chaque mercredi soir au dojo de son quartier et médite une heure et demie. « C’est une expérience irremplaçable. Je suis très bavard de nature et sur mon zafu, dans la salle de méditation, j’apprends à ressentir la présence des autres sans leur parler. Mieux : le zen m’aide à être plus présent dans mes prières catholiques. » Car, pour Olivier, tous les chemins continuent à mener à Rome.

Une photo de mon frère disparu et un jeu de Yi-King

Eric Tong-Cuong, 37 ans, publicitaire :

Il tient entre ses mains la photo de son frère, mort d’un cancer à l’âge de 16 ans. « Sa mort a provoqué chez moi un rejet brutal du catholicisme. J’avais 19 ans. J’ai demandé à Dieu qu’il épargne mon frère. Il n’a pas daigné lever le petit doigt. » Suivent alors dix années de désarroi : « Puisque la mort pouvait survenir de manière si absurde, ma vie n’avait plus de sens. Mon athéisme était une révolte. » La reconstruction spirituelle d’Eric se fait au fil d’une série de rencontres qui le conduisent à reconsidérer la croyance au sens large. Dans le cadre de ses études de commerce, il suit des cours de parapsychologie. « Nous avions affaire à des phénomènes que la science ne parvenait pas à expliquer. Et pourtant, ça existe. » Plus tard, alors qu’il n’y croyait plus, il rencontre le grand amour. « Ça existe aussi ! » admet-il, émerveillé.

Dans le même temps, Eric noue un dialogue intime avec son frère. « Il m’accompagne. Sa présence non incarnée est pour moi le signe de l’existence de Dieu. » Réconcilié avec le catholicisme, Eric se sent également proche du bouddhisme. « Je me réfère souvent au Yi-King (le Classique des mutations, manuel de divination chinoise, ndlr) sans croire à la valeur prédictive des cartes, mais parce que l’ambivalence de leur contenu m’aide à choisir un chemin. « Au fond, le décès du frère d’Eric a agi comme un accélérateur de sa spiritualité. » Aujourd’hui, je peux comprendre cette phrase de la Bible : “Il est mort pour vous.”


« Le Banquet” de Platon et ma souris d’ordinateur

Florence Jagréaux, 30 ans, attachée commerciale :

Un grand-père grec, un proche franc-maçon : Florence ne pouvait pas échapper au culte de l’esprit sous toutes ses formes. « Pour moi, la spiritualité, c’est tout ce qui m’éloigne du matérialisme ambiant, de mon appétit jamais rassasié d’avoir plus. C’est tout ce qui m’aide à prendre du recul par rapport à ma vie. » Dans son panthéon, les livres : « Le Prophète de Khalil Gibran, Le Banquet de Platon que j’ai lu dans une collection à dix francs… Ils m’ont aidée à me poser les bonnes questions car ils parlent aussi de ma vie. Ce ne sont pas de pures digressions intellectuelles. » Et Internet : « Depuis deux mois, je surfe des heures entières et, à partir de mes trouvailles, je me constitue des dossiers personnalisés sur des thèmes qui m’intéressent. » Cette façon de « se déconnecter du quotidien tout en ayant les pieds sur terre » suffit-elle à son besoin de transcendance ? « Je sais que je crois en quelque chose, mais je ne sais pas encore la nommer. » On insiste, Florence s’essaye encore : « C’est la force qui nous pousse à faire les choses bien. »

Foire aux cultes sur le Net

ame indienneL’esprit de Dieu souffle-t-il sur Internet ? C’est ce que laisse entendre une enquête du Barna Research Group, un institut de sondage californien. Elle révèle en effet que de plus en plus de jeunes utilisent le web pour entreprendre une démarche religieuse et trouver des réponses à leurs questions existentielles. Et les (res)sources ne manquent pas : toutes les religions, Eglises et groupes spiritualistes ont compris qu’au troisième millénaire la bonne parole se propagerait forcément via la toile informatique mondiale. Exemple : l’Annuaire de la francophonie religieuse et spirituelle présente un listing organisé par catégories de 2 927 sites ! Techniques de méditation bouddhiste, versets bibliques commentés, exposés théologiques multiconfessionnels, forums animés par des pasteurs, prêtres, rabbins… rien n’est négligé. Bien sûr, il en est dans le monde virtuel comme dans la vie réelle : chacun prêche pour sa chapelle. Et dans ce que certains considèrent comme une « foire à la spiritualité », se glissent des sectes encore plus difficiles à repérer. Une bonne nouvelle : grâce au réseau planétaire, les nouvelles générations ne pourront plus croire en leur Dieu comme si celui des autres n’existait pas.

Erik Pigani

 

  • A lire
  • Mon âme indienne, Le Souffle d’Or

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Sexualité et spiritualité

Posté par othoharmonie le 19 février 2014

 

Cette canalisation a été présentée à une séance publique le 17 Avril 2005 à Haaren, Pays-Bas,). Le texte a été légèrement remanié pour une meilleure lecture.

Pamela Kribbe

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Le sujet dont j’aimerais parler aujourd’hui a eu un grand impact sur vous tout au long de votre histoire terrestre. Il s’agit de la sexualité et comment elle est vécue par les hommes et par les femmes.

Ce n’est pas un sujet facile. La sexualité s’est chargée de beaucoup de jugements, de peurs et d’émotions. Il n’y a presque plus d’aspects en elle qui soit spontané et évident. Cela revient à dire que l’aspect candide de la sexualité, celui de l’enfant innocent qui explore librement, a été perdu. Vous êtes pleins de peurs et d’émotions quand il s’agit de vous exprimer sexuellement.

C’est de ce fardeau que je veux parler dans ce message, mais j’aimerais d’abord dire un mot sur ce que signifie la sexualité dans une perspective spirituelle.

La sexualité, ce sont les énergies masculine et féminine qui dansent ensemble. A l’origine, c’était plus qu’un acte physique. Elle était conçue pour être une danse où tous les niveaux ou aspects de vous-même et de votre partenaire participent.

Je distinguerai quatre niveaux ou aspects qui peuvent jouer un rôle dans cette danse des énergies.

Les quatre aspects de l’expérience sexuelle

D’abord, il y a le niveau physique, l’aspect du corps physique. Le corps est innocent. Il connaît l’attirance et le désir sexuels et cela est présent spontanément dans le corps. Le corps cherche la gratification de ses désirs et c’est l’humain, ou la conscience de l’âme dans l’humain, qui détermine le mode d’application et de manifestation du désir sexuel. Là encore, le corps est innocent. Il connaît l’attirance et le désir. Il n’y a rien de mal à cela. Ce peut être une source de plaisir, de jeu et de réjouissance. Mais le corps ne peut choisir par lui-même de quelle façon il va exprimer son énergie sexuelle. C’est vous, l’être humain, qui en avez la charge et le corps a besoin de votre direction.

Si vous voulez vivre la sexualité de la manière la plus aimante, le siège de la direction sera placé dans le coeur. Quand vous laisserez votre coeur s’occuper de votre énergie sexuelle, elle trouvera son expression la plus joyeuse. L’alternative est de laisser vos pensées (jugements) ou vos émotions diriger le courant sexuel et vous verrez que cela causera divers blocages dans votre énergie, mais j’en parlerai par la suite.

Le second aspect de la danse sexuelle que je distinguerai est le niveau émotionnel. L’union sexuelle est un acte profondément émotionnel. Si vous ignorez cet aspect, vous ne serez pas pleinement présent dans l’acte et vous vous couperez de la signification réelle de la sexualité.

Dans le message précédent « Gérer les émotions », nous avons beaucoup parlé du sujet des émotions. Nous avons mis en lumière les puissantes énergies de la peur, de la colère et de la tristesse et vu comment elles pouvaient vous déstabiliser. Quand l’une de ces puissantes émotions est à l’oeuvre dans une relation entre deux personnes et n’est pas reconnue consciemment et exprimée, elle surgira lorsqu’ils seront dans l’intimité. Peut-être que ces émotions causeront de puissantes réactions de résistance ou de fermeture au moment de votre intimité physique, ou bien le corps sera incapable de ressentir de l’attirance ou de l’excitation.

Chaque fois qu’il y a ces blocages physiques ou psychologiques, il est important de les gérer au niveau où ils sont apparus : au niveau émotionnel. Si vous essayez d’enlever des symptômes physiques sans tenir compte de la dynamique émotionnelle sous-jacente, vous ne respectez pas votre corps ni vous-même. Quand votre corps refuse l’intimité, il vous dit purement et simplement qu’il y a un blocage émotionnel. C’est peut-être dû à un problème entre votre partenaire et vous, ou bien à un choc émotionnel du passé. Peu importe, il est nécessaire de s’en occuper avec une attention bienveillante avant que l’énergie sexuelle puisse circuler librement.

Après le niveau émotionnel, il y a le niveau du coeur, qui est le siège de la sensibilité. Dans le même message, nous avons fait la distinction entre les émotions et les sentiments. Ceux-ci relèvent de l’intuition et de la sagesse intérieure. Vos sentiments vous parlent en doux murmures, emplis de sagesse et de compassion. Les émotions sont de nature plus spectaculaire et nous les appellons des réactions d’incompréhension, car c’est essentiellement ce qu’elles sont : des explosions dues à l’incompréhension de ce qu’il vous arrive.

Lorsque le coeur est ouvert entre deux partenaires sexuels, il y a entre eux de la confiance, de l’amour et de la sécurité. Lorsque le coeur est présent dans une rencontre sexuelle, vous permettez à votre intuition de percevoir ce qu’il se passe entre vous au moment de votre intimité physique. Vous ne cachez pas vos émotions, vous parlez d’elles ouvertement. De vieilles douleurs peuvent remonter à la surface et sont acceptées comme telles. Vous êtes accepté tel que vous êtes et ce genre d’acceptation est la plus grande puissance de guérison qui existe. Lorsque vous reliez l’énergie de votre coeur à celle de votre sexe, cela apporte la guérison à un endroit qui en a bien besoin.

Cependant, le coeur peut aussi jouer un rôle subtil en vous empêchant de vivre la sexualité de manière joyeuse et aimante. Le coeur a pu se fermer aux joies de la sexualité pour diverses raisons. Premièrement, il peut y avoir dans le coeur un désir de s’élever au-dessus de la réalité physique de la terre. Deuxièmement, il peut y avoir des dogmes religieux à l’oeuvre qui empêchent le coeur de s’ouvrir à ce qu’est réellement la sexualité. Je vais maintenant parler de ces deux éventualités.

Le coeur peut avoir une forte inclination à s’élever au-dessus du plan dense de la réalité matérielle. C’est une sorte de nostalgie. Il peut y avoir là un rêve d’unité qui ne vise pas du tout à l’union sexuelle, mais recèle en fait un rejet subtil des réalités de la terre (ainsi que de la sexualité). Nombre d’entre vous ont la mémoire de l’énergie d’amour et d’harmonie vécue sur des plans immatériels avant de s’incarner sur terre. Votre coeur réclame à grands cris l’aisance et la légèreté de cette vibration. Vous essayez d’absorber cette énergie en méditant. Bien souvent, les chakras du haut (le coeur, la gorge, le troisième oeil et le chakra-couronne) sont activés de cette façon. Ils s’ouvrent, alors que les chakras du bas (le plexus solaire, le nombril et le coccyx) vitaux pour votre vie terrestre, sont plus ou moins laissés à l’abandon.

De manière moins naturelle, cela se produit aussi quand vous prenez des drogues. Quand vous prenez des substances qui favorisent l’expansion du mental, les chakras du haut sont artificiellement déchirés et il vous est possible de vivre une expérience temporaire d’extase et de béatitude qui vous fait oublier l’aspect dense et lourd de la réalité terrestre.

Même si le désir et l’aspiration à la transcendance sont compréhensibles, il est important de faire la paix avec la réalité terrestre. Autrement, vous allez créer une séparation artificielle entre les parties supérieure et inférieure de votre champ d’énergie. Vous allez préférer rester avec votre conscience dans la partie supérieure de votre aura et vous allez développer une résistance subtile ou manifeste envers la réalité du corps, des émotions et de la sexualité. Cela crée un déséquilibre dans votre champ d’énergie. Lorsque vous êtes ainsi nostalgiques, essayez de ressentir la raison et le but de votre présence sur terre maintenant. Votre raison d’être ici n’est pas de transcender la terre mais d’amener le Foyer ici-bas. C’est un voyage sacré.

La seconde raison qui pousse le coeur à fuir la sexualité, ce sont les dogmes religieux, souvent en provenance de vies passées. Il y a eu probablement des vies où vous avez prononcé des voeux de chasteté, où l’on vous a enseigné à vous sentir coupable ou honteux des plaisirs du corps et de la sexualité. Ces énergies peuvent encore traîner dans votre coeur. A cause d’elles, vous pouvez avoir des jugements négatifs ou une résistance à l’intimité physique. Ces jugements et ces sentiments ne reposent pas sur la vérité. Une fois encore, je souhaite dire que le corps est innocent. L’attirance, le désir et tous les processus physiques qui vous font désirer l’union physique sont sains et naturels. Les déséquilibres qui se produisent dans le domaine de la sexualité sont presque toujours dus à des aspects non-physiques dont je viens de parler.

Le quatrième et dernier aspect est mental. Au niveau mental, il peut y avoir des croyances morales ou spirituelles qui vous empêchent d’apprécier la sexualité. La plupart sont de nature religieuse.

Au niveau spirituel, vous pouvez avoir l’impression que le corps physique est une prison. La réalité non-physique des « plans supérieurs » (comme vous les appelez), est si glorifiée que la réalité physique est sous-évaluée. C’est fréquent chez les artisans de Lumière. C’est surtout parmi eux qu’il y a une résistance au plaisir et à la jouissance que peut donner la sexualité. Cela provient en partie des croyances morales et religieuses et en partie d’une simple inexpérience de cet aspect de la vie. La plupart des âmes d’artisans de Lumière ont passé de nombreuses vies comme prêtres, religieuses ou analogues, retirés de la communauté, sans partenaire ni famille. Ils se sont tellement concentrés sur le spirituel qu’ils ont négligé la sexualité.

Chez les gens spirituels ou religieux, il y a souvent un manque de respect pour le corps dans son expression naturelle. C’est vraiment regrettable car de notre côté, c’est l’expression dans la matière qui est considérée comme le voyage le plus sacré qu’une âme puisse entreprendre. Semer et récolter les graines de votre divinité si loin de votre Foyer dans la réalité de la matière et de la forme est une entreprise sacrée. C’est un acte créateur divin des plus élevés.

Peut-être avez-vous déjà été présent au chevet d’un mourant ou avez-vous été témoin d’une naissance. A ces moments, l’âme entre ou sort de la danse avec la matière. Ces deux instants sont entourés d’une atmosphère sacrée. Vous pouvez percevoir cela comme un silence profond et enveloppant, empli de dignité, qui annonce l’arrivée ou le départ de l’âme. De notre côté du voile, il y a le respect le plus profond pour ce que vous faites à ces moments. La danse avec la matière est sacrée. Et vous la détestez si souvent !

La sexualité dans sa vraie signification est une danse dans la matière qui en même temps, s’élève au-dessus de la matière. Dans une expression sexuelle équilibrée, vous transcendez la réalité matérielle sans l’ignorer ou la refouler, sans abandonner les trois chakras du bas et sans chercher l’extase uniquement à travers les chakras du haut. Une sexualité complète intègre tous les niveaux de votre être. La sexualité comble le fossé entre la matière et l’Esprit.

Lorsque deux personnes sont physiquement intimes de manière aimante, toutes les cellules de leur corps vibrent un peu plus vite, elles commencent à danser un peu. Une voie d’accès est ouverte vers une réalité énergétique qui a une vibration légèrement plus élevée et un sentiment plus léger. Après une union sexuelle où votre être tout entier participe (votre corps, votre mental et votre âme), vous vous sentez en paix et joyeux. C’est une extase paisible. Les cellules de votre corps ont goûté l’énergie de l’amour et à cet instant, vous avez rapproché de vous la réalité de l’amour. Vous avez canalisé l’énergie divine de l’Amour qui souhaite si ardemment s’écouler en vous et qui a le plus grand respect pour votre nature sexuelle.

Si l’énergie des quatre niveaux s’écoule ensemble lors d’une union sexuelle, c’est un acte de création divin. Il est tout naturel que des enfants naissent d’une telle union. Quand la danse du masculin et du féminin s’accomplit de façon si joyeuse, seules la bonté et la douceur peuvent naître d’elle. Si un enfant est conçu de cette façon, il entre dans les réalités de la terre sur une piste d’amour et de lumière. C’est l’accueil le plus aimant qu’une âme puisse recevoir sur terre.

Parce que les énergies sexuelles sont si précieuses, nous vous demandons : s’il vous plaît, gérez votre sexualité avec respect. Quand il y a des problèmes, des peurs ou des tensions autour d’elle, ne jugez pas la sexualité elle-même, n’y renoncez pas, car c’est une parcelle de vous qui est naturelle et sacrée.

Vu sur http://www.choix-realite.org/

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Sur les traces de peuples anciens

Posté par othoharmonie le 7 janvier 2014

Des preuves découvertes tout autour du monde d’une espèce humaine hautement évoluée d’avant l’Âge de Glace exigent une reconnaissance scientifique de sociétés du passé à la technologie et à la culture avancées…

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L’anthropologue d’Houston, le Dr Semir Osmanagich (né en Bosnie en 1960, mais résidant à Houston au Texas, NdT), fondateur du parc archéologique de Bosnie, site archéologique le plus actif au monde, déclare qu’il existe des preuves scientifiques irréfutables d’anciennes civilisations à la technologie avancée qui ne nous laissent aucun autre choix que de changer les archives de notre histoire. Une datation de monuments autour du monde révèle de manière décisive qu’ils ont été construits par des civilisations avancées il y a plus de 29.000 ans.

« Si l’on reconnaît que nous sommes témoins d’une preuve fondamentale de civilisations avancées remontant à plus de 29.000 ans et si l’on examine leurs structures sociétales, le monde va devoir reconsidérer sa compréhension du développement de la civilisation et de l’histoire, » explique le Dr Semir Osmanagich. « Des données formelles du site de la pyramide bosnienne révélées en 2008 et confirmées cette année par plusieurs laboratoires indépendants par des tests au radiocarbone, lui donnent un âge minimum de 29.400 ans, +/ – 400 ans. »

Les tests de datation au radiocarbone ont été faits par le laboratoire Radiocarbone de Kiew, en Ukraine, sur des matériaux organiques trouvés sur le site de la pyramide bosnienne. Le Dr Anna Pazdur, physicienne de l’université polonaise de Silésie l’a annoncé pour la première fois lors d’une conférence de presse à Sarajevo en août 2008. Un professeur d’archéologie classique de l’université d’Alexandrie, le Dr Mona Haggag a nommé cette découverte « l’écriture de nouvelles pages sur l’histoire de l’Europe et du monde ». La date de 29.000 ans par le C14 du parc archéologique de Bosnie a été obtenue grâce à un morceau de matériau organique retrouvé dans une couche d’argile à l’intérieur du revêtement de la pyramide. Il a été précédé d’un échantillon daté de 24.800 ans obtenu pendant la saison de fouilles 2012 sur un matériau situé au-dessus du béton (le matériau de construction s’apparente à une sorte de béton romain, NdT), signifiant que le profil de construction de cette structure remonterait à presque 30.000 ans. 

« Les anciens peuples qui ont construit ces pyramides connaissaient les secrets de la fréquence et de l’énergie. Ils utilisaient ces ressources naturelles pour développer des technologies et réaliser des constructions à des niveaux dont nous n’avons jamais été témoins sur terre, » a dit le Dr Osmanagich. Des preuves montrent clairement que les pyramides ont été construites comme d’anciennes machines à énergie alignées avec le réseau énergétique de la terre, fournissant une énergie de guérison et aussi de l’électricité.

Le site texan de Rockwall

Aux Etats-Unis, des historiens de l’antiquité apportent des informations aussi stupéfiantes ! Par exemple la découverte de Rockwall près de Dallas au Texas, n’est qu’une démonstration, de la manière de réexaminer d’anciens mystères qui en révéleront davantage sur notre passé. La série populaire H2 (History 2) Mise à jour de l’Amérique ancienne a filmé récemment un épisode sur Rockwall qui sera diffusé en fin d’année. Le site texan est un mur complexe et massif construit il y a plus de 20.000 ans et recouvert de sept étages souterrains de terre. La question est « par qui cette structure a-t-elle été construite et dans quel but », et le plus important, « comment la connaissance laissée par ces civilisations passées peut-elle aider à façonner notre avenir » ? (Ce mur est une structure rectangulaire d’un peu plus de 5 km de large sur plus de 9 km de long, recouvrant une surface d’environ 52 km², NdT)

Des traces récentes, ou la redécouverte d’anciennes civilisations ont stimulé une curiosité naturelle pour les origines de l’homme comme le reflète un récent reportage des médias et de la télévision.  L’édition de novembre 2013 du National Geographic : Les 100 plus grands mystères révélés – Anciennes civilisations mises à jour dit :

« Les cultures laissent parfois derrière elles des mystères qui déconcertent les cultures ultérieures, des pierres levées à des manuscrits codés, indications que d’anciens peuples avaient vraiment un objectif bien défini ».

Des scientifiques progressistes continuent leur quête de connaissance de notre passé, qui servira à déterminer un meilleur avenir. Dans son livre L’archéologie interdite, Michael Cremo, le célèbre auteur, émet la théorie que le savoir sur des Homo-sapiens évolués a été supprimé ou ignoré par l’establishment scientifique parce qu’il contredit les points de vue actuels sur les origines de l’homme qui ne s’accordent pas avec le paradigme dominant. L’œuvre de Cremo a été décrite comme « une ressource utile d’enseignement, qui soulève un large éventail de questions concernant un transfert de savoir, à coup sûr provocateur. » Les critiques l’ont unanimement apprécié.

Göbekli Tepe à l’est de la Turquie

Les résultats indiquent clairement que des civilisations humaines avancées identiques étaient présentes sur tout le globe à cette époque de l’histoire. Par exemple, Göbekli Tepe situé en Turquie orientale est un vaste complexe d’énormes cercles de pierre mégalithiques d’un rayon d’environ 10 à 20 mètres, beaucoup plus grand que le célèbre Stonehenge de Grande-Bretagne. Les fouilles qui ont commencé en 1995 ont révélé par datation au radiocarbone au moins 11.600 ans d’âge. L’archéologue allemand le Dr Klaus Schmidt de l’Institut d’Archéologie d’Allemagne à Berlin, a pratiqué des fouilles de ces cercles mégalithiques préhistoriques récemment découverts en Turquie.

« Göbekli Tepe est l’un des sites néolithiques les plus fascinants au monde », affirme le Dr Schmidt. Mais comme il l’explique dans un récent article, pour comprendre les nouvelles découvertes, les archéologues ont besoin de travailler en étroite relation avec des spécialistes en religion comparée, en théorie architecturale et artistique, en psychologie cognitive et évolutionnaire, avec des sociologues et autres spécialistes.

« C’est l’histoire complexe de communautés primitives largement peuplées, de leurs importants réseaux et de leur compréhension commune de leur monde, peut-être même les premières religions organisées et leurs représentations symboliques du cosmos », selon l’article de Klaus Schmidt.

En dehors des structures mégalithiques, on a découvert des dessins et gravures représentant des animaux de nature préhistorique comme des dinosaures et autres animaux sauvages. Il n’y a que quatre cercles partiellement nettoyés étant donné que les fouilles n’ont commencé qu’en 1995, mais on pense qu’il y a un total de 50 cercles cachés sous terre. Ces vastes monolithes, s’élançant à 7 mètres de haut et pesant 25 tonnes, sont situés au cœur de ce que nous percevons comme l’origine de la civilisation. Cette découverte offre une nouvelle direction vers la réelle histoire de la terre et de nos anciennes civilisations.

« Le but de notre recherche archéologique n’est pas de simplement déterrer tous les cercles mégalithiques mais de tenter d’imaginer leur but, » ajoute Schmidt.

La pyramide bosnienne, huitième année : preuve de civilisations avancées remontant à plus de 30.000 ans

La vallée des pyramides en Bosnie, aujourd’hui dans sa huitième année de fouilles s’étend sur 6 km² dans un bassin fluvial à Visoko, à 40 km au nord-ouest de Sarajevo. Constituée de quatre anciennes pyramides d’une taille presque trois fois celle de Gizeh et d’un complexe de tunnels souterrains étendu, de nouvelles découvertes tous les ans continuent de révéler la preuve d’une histoire très différente de l’humanité. La pyramide centrale du Soleil s’élève à la colossale hauteur de 220 mètres et possède une masse de plusieurs millions de tonnes. Par comparaison la Grande Pyramide de Khéops sur le plateau de Gizeh fait 146 mètres de haut, faisant des pyramides bosniennes les plus grandes et les plus anciennes connues de la planète. Depuis le début des recherches sur le site bosnien, le Dr Osmanagich a étonné les scientifiques et la communauté archéologique en rassemblant une équipe interdisciplinaire d’ingénieurs, de physiciens et de chercheurs du monde entier pour une investigation ouverte et transparente du site, dans le but de tenter de découvrir la vraie nature et le but de ce complexe pyramidal.

« Voilà une culture inconnue qui présente arts, sciences et technologies hautement évolués, capable de construire des structures vraiment massives ; nous pensons démontrer leur capacité à exploiter des ressources de pure énergie, » commente Tim Moon, qui a rejoint récemment Osmanagich en tant qu’archéologue en chef sur le site de Bosnie.

Le projet archéologique a révélé une autre découverte significative cette année dans le complexe de tunnels connu sous le nom de Ravne. En creusant profondément sous une ligne de crête conduisant à la pyramide du Soleil, l’équipe a déterré plusieurs roches mégalithiques. Une énorme pierre d’un poids estimé à 25 tonnes a été découverte à environ 400 mètres dans un labyrinthe. « C’est une découverte immensément significative », commente Moon. « Nous voici avec une pierre massive, peut-être une construction en céramique, enfouie sous des centaines de milliers de tonnes de matériau. Nous en sommes au repérage de murs de fondation autour de son périmètre et de blocs de pierre taillée. » Une grande quantité d’artefacts ont été enfouis dans les tunnels associés conduisant au site, incluant des effigies peintes sur pierre, des objets d’art et une série de hiéroglyphes ou d’anciens textes gravés sur les murs du tunnel.

Le Dr Osmanagich souligne qu’il est temps de commencer à partager des connaissances pour pouvoir comprendre notre passé et en retirer un savoir.

« Il est temps pour nous d’ouvrir notre esprit à la vraie nature des origines et destructions de la civilisation de cette planète. Notre mission est ici de réaligner la science avec la spiritualité pour progresser en tant qu’espèce et cela nécessite d’ouvrir un chemin de connaissance partagée ».

Les visiteurs sont les bienvenus à la vallée bosnienne des pyramides et la fondation offre un programme pour les bénévoles pendant la saison de fouilles, de juin à septembre chaque année.

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Quelques liens pour aller plus loin :

Le site sur les pyramides de Bosnie :

http://pyramidesbosnie.com/ (choisir la version française)

Vidéo diffusée sur le BBB, interview de Semir Osmanagich :

http://bistrobarblog.blogspot.fr/2013/09/dernieres-revelations-sur-la-pyramide.html

Source : Messages… Terre Nouvelle

Texte extrait du site © 2006-2013 – Terre Nouvelle : www.terrenouvelle.ca/Messages

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Daniel Meurois et développement personnel

Posté par othoharmonie le 15 décembre 2013

 

 

téléchargement (12) - Écoutez un extrait du témoignage de Daniel Meurois présenté lors du grand Télésommet du développement personnel et du mieux-être. 

Auteur de 33 livres, Daniel Meurois est un écrivain de renommée mondiale qui, depuis plus de 30 ans, explore le domaine de l’expansion de la conscience. Il est réputé pour ses ouvrages qui sont des témoignages vécus abordant, entre autres, la multidimensionnalité des mondes, la structure énergétique du corps humain et la conception hologrammique de l’univers. Ses ouvrages consacrés aux enseignements cachés du Christ et aux Esséniens, lui donnent également une incontestable notoriété. 

Laissons Daniel raconter son point de bascule, cet événement important qui a transformé sa vie…

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Il est des moments dans une vie où il faut trouver la force de déployer ses ailes… Tel est le sens du récit personnel que je vous confie ici. Au-delà de mes premières expériences de décorporation, j’ai choisi de raconter pour la première fois comment, dans un élan de confiance totale, j’ai décidé de consacrer ma vie entière à l’écriture dans le domaine d’une spiritualité nouvelle, abandonnant ainsi toute sécurité matérielle et bravant tous les avis contraires.

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Qu’est-ce que l’Écologie intérieure ?

Posté par othoharmonie le 25 novembre 2013

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Pourquoi parler d’écologie intérieure ? Que signifie cette expression ?

Pendant de nombreuses années, les préoccupations écologiques furent considérées par la majorité comme secondaires et accessoires, et les écologistes militants comme de gentils rêveurs, utopistes et « pas sérieux ».

Aujourd’hui la situation s’est inversée : à la suite d’une succession ininterrompue de drames, menaces et catastrophes (marées noires, maladie de la « vache folle », trou dans la couche d’ozone, perturbations climatiques…), plus personne de sérieux ne nie actuellement la gravité des atteintes à l’environnement, ni le bien-fondé des revendications écologiques. Si un nombre chaque jour croissant de personnes se tournent vers l’écologie et adoptent dans différents domaines de leur vie quotidienne (alimentation, habitat, santé, transports, travail…) des comportements écologiques, c’est parce qu’elles ressentent intuitivement que cette approche de la vie fournit des réponses nouvelles, fécondes et pertinentes aux cruciaux problèmes actuels.

L’écologie pourrait-elle constituer ainsi le fondement d’une nouvelle société ? Quelle est sa logique interne et en quoi diffère-t-elle des idéologies qui ont prévalu jusqu’alors ?

Depuis des décennies, le mode de pensée dominant en occident est un culte quasi-magique rendu au « progrès », à la science et au développement, l’idée que l’homme doit soumettre et maîtriser la nature et qu’il peut lui imposer toutes ses volontés, enfin la croyance quelque peu naïve que la technologie, telle une déité toute-puissante, nous sortira miraculeusement de toutes nos difficultés. Le credo, inlassablement répété par les médias et gouvernants, tient en peu de mots : toujours plus de croissance, de production, d’activité et de consommation. Le résultat est connu : toujours plus de pollution, d’extinction d’espèces animales et végétales et de maladies dites « de civilisation ».

Le point de vue écologique sur le monde et le rôle que l’être humain peut y jouer, est radicalement différent.
Originellement, l’écologie est la discipline qui étudie le fonctionnement des écosystèmes. Or un écosystème ne peut perdurer que si chaque forme de vie qui le constitue joue son rôle dans cet ensemble complexe ; mais il dégénère et dépérit lorsqu’une espèce sans prédateur (comme l’être humain) l’envahit et s’approprie toutes ses ressources, rompant par-là son fragile équilibre. L’attitude et le regard écologiques envers le monde se traduisent ainsi par une volonté de connaître et préserver la nature et les multiples espèces qui la peuplent, ainsi que par le respect de sa diversité, sa richesse, son équilibre et sa complexité.

Si l’on veut être cohérent, cette même attitude de respect doit s’appliquer également à l’être humain lui-même. C’est la raison pour laquelle les écologistes le plus souvent mangent bio, ne fument pas et s’abstiennent de s’intoxiquer par des substances ou des médications chimiques. Le respect de la nature va ainsi de pair avec le respect de soi comme d’autrui : on peut dès lors parler d’écologie personnelle et d’écologie collective, d’écologie du corps (respect de son intégrité), d’écologie de l’esprit (développement de l’autonomie de pensée) et d’écologie psychique (écoute et acceptation de ses émotions, désirs, rêves et intuitions). L’écologie intérieure peut alors se définir comme la connaissance et le souci de soi, le respect de sa propre nature intérieure, c’est-à-dire de son monde instinctif, affectif, émotionnel et intuitif, si oublié, occulté ou dévalorisé dans la société contemporaine.

Pour réaliser à quel point cette écologie intérieure est importante, voire vitale pour l’actuelle humanité, essayons de comprendre les comportements anti-écologiques : pourquoi l’être humain pollue-t-il la planète où il réside, agresse-t-il la nature et maltraite-t-il les animaux ? Que se passe-t-il dans la tête et dans le cœur par exemple, d’un agriculteur qui épand sur ses propres terres, des pesticides hautement toxiques ou encore d’un employé de laboratoire qui torture des animaux, pour des expériences d’un intérêt très contestable ? Comment expliquer ces agissements ?

Les réponses pourront être variées : l’ignorance, le conformisme, l’appât du gain mais surtout la coupure de la sensibilité.
Dès lors qu’il se reconnecte à son cœur et qu’il écoute ses sentiments, l’être humain ne peut plus agir ainsi. C’est parce qu’il a négligé et méprisé la sphère du sentiment, au nom de la toute puissante et sacro-sainte « raison » que l’homme en est arrivé à des comportements dénués de sagesse et d’intelligence véritable.

Ainsi, la sensibilité, le cœur et l’affectivité, loin d’être des tares ou des faiblesses, constituent bien au contraire une sauvegarde, une protection et une garantie à l’encontre des errements et folies de ce monde. Harmoniser ses émotions, recontacter son intuition, effectuer le voyage initiatique vers son être véritable, tel est le cheminement qui amène à devenir authentiquement humain. Les émotions qui agitent le cœur et le mental des hommes et des femmes, sont donc aussi importantes que l’air qu’ils respirent ou la nourriture qu’ils ingèrent, car elles déterminent leurs pensées, attitudes, choix et décisions. C’est pourquoi l’écologie intérieure, personnelle et essentielle, s’avère être la condition, la racine ou la source de l’écologie extérieure, sociale et environnementale.

L’homme contemporain utilise quotidiennement des technologies hautement sophistiquées (téléphone mobile, ordinateur…), voyage en quelques heures à l’autre bout du monde, sait instantanément ce qui se passe à Pékin, New-York ou Buenos Aires, mais ignore le plus souvent ce qui se passe au fond de son propre cœur et comment il fonctionne émotionnellement, occupé du matin au soir par ses multiples activités. Ainsi le problème auquel l’humanité se trouve aujourd’hui confrontée, est qu’elle a atteint un niveau de développement scientifique et technique, bien supérieur à son degré de sagesse, de conscience et de maturité, ce qui se traduit par un usage si souvent inapproprié, dangereux et destructeur de son savoir technologique : fission nucléaire, agriculture chimique, O.G.M., nanotechnologies…

C’est ce décalage entre culture mentale et culture psychique, savoir intellectuel et savoir du cœur, qui se trouve à l’origine de la quasi-totalité de nos difficultés et dysfonctionnements actuels. L’être humain cherche partout fébrilement des remèdes à la crise, des solutions politiques, économiques, financières ou technologiques, en évitant soigneusement la question de son propre comportement et sans jamais remettre en cause son erreur initiale, qui est de s’être détourné, coupé ou éloigné de lui-même, de son être intérieur, de sa nature ultime. L’urgence aujourd’hui n’est donc pas de découvrir une nouvelle technologie miraculeuse, ni un prétendu sauveur providentiel, encore moins de consommer toujours davantage pour faire repartir la croissance, mais de combler notre retard ou déficit de croissance intérieure, psychique ou spirituelle .

Aussi l’Écologie intérieure pourrait-elle se résumer ainsi : être naturel, c’est-à-dire spontané, authentique et sincère, accepter, écouter et développer tous les aspects de soi (corps, sexualité, affectivité, intellectualité et spiritualité) et devenir un être libre, sage et efficace, apte à jouer son rôle et exercer son talent spécifique, dans la mutation ou transition vers une société plus évoluée, plus harmonieuse et plus respectueuse de la vie sous toutes ces formes.

Pour marque-pages : permalien.

par Yann Thibaud

extraits de « L’Éveil de l’humanité (L’Écologie Intérieure 

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Les chaînes de prières

Posté par othoharmonie le 5 novembre 2013


Les chaînes de prières dans Chemin spirituel dieu6Bien sûr, Dieu est le plus grand guérisseur de tous, et un chœur de voix lui demandant à l’unisson de nous faire grâce de son pouvoir guérisseur et de sa compassion peut s’avérer une force extraordinaire. Donc, si vous n’avez jamais initié ou été le bénéficiaire d’une chaîne de prières n’en dites pas de mal avant d’avoir essayé.

Plusieurs églises, temples et centres de spiritualité à travers le pays ont déjà organisé des chaînes similaires. L’une des chaînes de prières testée pas Sylvia Browne est en circulation depuis plusieurs années et a rejoint environ 250 000 personnes via son numéro de téléphone au bureau et son site Internet :  www.sylvia.org

Tous les jours, à six heures du matin (heure du Pacifique), un membre de son personnel recueille les messages sur le répondeur du bureau, qui reçoit les appels vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et prend en note les noms de tous ceux à travers le monde qui souhaitent être inclus dan la prière du jour. Il n’est pas nécessaire de préciser la nature du problème, et de toute façon, pour des raisons de confidentialité, il est hors de question de demander à quiconque de laisser de telles informations sur un répondeur automatique. Il suffit simplement de laisser le nom de la personne qui a besoin d’une aide particulière.

La liste de noms est immédiatement communiquée aux cinquante ministères qui composent son église non confessionnelle, Novus Spirtus. Chacun de ces cinquante ministères communique les noms à cinquante membres de la chaîne de prières, qui la communiquent à leur tour à cinquante autres membres, et ainsi de suite (notez que la même liste est publiée sur son site Internet via le cyberministère de Novus Soiritus). A neuf heures du matin (heure du Pacifique), à l’heure de la triple Trinité (trois fois Trois), peu importe où nous nous trouvons sur oa planète, nous récitons une prière pour chacun des noms qui apparaissent sur la liste :

Mon Dieu,

Où que soit la douleur, dans le corps, l’esprit ou l’âme,

Aide cette personne à s’en libérer

dans la blanche lumière curative de l’Esprit Saint.

Amen.

Ses filières débordent de lettres de gens qui ont été guéris grâce à sa chaîne de lettres et d’autres chaînes du même genre. A nouveau, si vous êtres sceptique, laissez-lui vous rappeler ceci : vous ne risquez rien à essayer. Et qu’avez-vous à perdre, si ce n’est le prix d’un appel interurbain et l’extraordinaire force d’un demi million de voix qui s’élèvent jusqu’à Dieu en votre nom ?

Extrait du livre : Aller-retour dans l’Au-delà  de Sylvia Browne aux éditions Ada 

 

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